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۞ VERS LA TERRE PROMISE: ESCALE A HURINDAÏ

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MessageSujet: ۞ VERS LA TERRE PROMISE: ESCALE A HURINDAÏ Sam 31 Mar 2012 - 16:50

    ۞ VERS LA TERRE PROMISE / ESCALE A HURINDAÏ ۞



Cela faisait près de deux semaines que Karlson avait quitté Valingaï. La superbe cité-état de jadis, qui avait fait trembler tout le continent de l'est, n'était plus qu'un ghetto où tentaient tant bien que mal de survivre quelques irréductibles fous qui croyaient encore à une résurrection de cette vieille acariâtre qu'était Valingaï. Des anciens fidèles du culte d'Ahmour surtout. Karlson avait d'ailleurs dû trancher quelques têtes pour se frayer un chemin jusqu'à la sortie des ruines tant ces sangsues en oripeaux l'avaient prié de rejoindre leur cause.

Le reste du voyage jsuqu'à Hurindaï s'était déroulé comme suit. Karlson avait chevauché à travers les Plaines Souffle des Khazargantes, profitant de la présence des troupeaux au Nord pour ne pas risquer d'être écrasé par ces gros bovins stupides. Il croisa la route d'un des navires à roulettes des Haïnouks. Le maître de quille lui proposa de monter à bord pour l'amener le plus près possible de l’Échine du Serpent, la chaîne de montagnes sur laquelle se dresse Hurindaï, mais le Hrejo avait sèchement refusé et avait continu sa route. Pour monter à bord, il aurait dû abandonner son cheval, mais il allait en avoir besoin pour traverser le Désert Ourou après son escale à Hurindaï. De plus, il s'agissait là d'un magnifique étalon noir des écuries royales de Valingaï, une bête superbe qui valait plus à elle seule que tout l'équipage du navire haïnouk.
Après dix jours de marche à travers les plaines herbeuses, il avait enfin atteint la lisière de la forêt de conifères qui s'étendait au pied de l’Échine du Serpent. Hurindaï n'était plus très loin désormais. La cité-état hunrindite était adossée aux plus hauts pics de l’Échine et s'étendait sur des kilomètres. Si autrefois elle avait été la forteresse inexpugnable que personne n'avait osé défier depuis plus de deux-cent ans en raison de ses remparts imprenables, à l'instar de Valingaï, elle n'était plus que l'ombre d'elle-même. Au moins avait-elle eu la chance d'avoir été quelque peu épargnée par la guerre, assez pour pouvoir être reconstruite et habitée. Il était d'ailleurs amusant de remarquer que Valingaï, qui se prétendait la plus terrible des cités-états, était tombée, écrasée sous les pattes des créatures les plus débiles et peureuses du monde, alors qu'Hurindaï tenait encore debout après avoir été terrassée par la fureur des Ahmourlaïs. Finalement, rien ne valait la puissance destructrice de la nature, et l'homme ne pouvait que rêver de l'égaler.
Il profita de la fraîcheur du sous-bois et des torrents descendants des montagnes pour prendre un peu de repos et laisser à sa monture le temps de récupérer. Il allait désormais falloir se faire discret et mentir sur son identité et sur les raisons de son voyage. Il ne craignait pas la fureur de quelques Hurndites, mais si on apprenait qu'il était un guerrier et dessinateur valinguite, c'était la cité entière qui allait le faire traquer et l'envoyer dans un cachot infesté de rats et de maladies. Une triste fin en somme. Il ne passerait que quelques nuits dans la ville, dans une petit auberge crasseuse où on ne viendrait pas lui chercher des noises. Ainsi, il ferait ses provisions et se préparerait à la traversée du Désert Ourou comme il se doit. Mourir dans le désert ne faisait pas partie de ses plans, alors il lui fallait être prêt à toute éventualité, et être frais et dispo, en pleine possession de ses moyens, pour affronter les créatures et phénomènes du désert.
Au matin du treizième jour, il arriva en vue d'Hurindaï. La cité avait pris un sacré coup depuis la dernière fois qu'il avait pu voir ses remparts, quelques années auparavant. C'était un monstre de pierres, de pierres quelques fois brisée, mais toujours un monstre. Hurindaï surplombait le seul passage praticable pour traverser l’Échine du Serpent. De titan de pierre en reconstruction des tours immenses s'élançaient vers le ciel et des ponts à l'architecture improbable étaient jetés par-dessus des précipices. Les remparts étaient couvert d'échafaudages et les anciennes portes de la ville, brisées par le pouvoir des Ahmourlaïs, laissaient l'entrée de la ville béante.
Karlson rejoint la route principale où des chariots de pierres et des paysans se bousculaient. C'était de mauvais augure. Il portait des vêtements de voyages, mais ils étaient de bien meilleure qualité que ceux des voyageurs qui se pressaient à l'entrée et son grand étalon noir à la robe brillante et au porte de tête altier ne passeraient pas inaperçus. Le Hrejo mit pied à terre, tint son cheval par la bride et se mêla tant bien que mal à la foule. Par chance, il parvint à se glisser entre deux hauts chariots couverts de bâches au moment de passer sous les yeux attentifs des gardes, si bien qu'ils ne purent le voir.
A l'intérieur de la cité, les travaux avaient bien avancé. Les remparts se concentraient autour du palais en cinq enceintes concentriques dans lesquelles les habitants se répartissaient. Les enceintes les plus éloignées étaient les plus abîmée. Quant au palais, il avait été largement pillé, mais il restait relativement intact. La famille royale, qui avait été faite prisonnière lors de l'attaque, avait dés à présent regagné les lieux et dirigeait les travaux de reconstruction.
Mais ce n'était pas au palais que Karlson désirait se rendre. Il tenait à se faire discret et il avait plus qu'assez de pièces sur lui pour lui assurer un séjour confortable. Il se dirigea néanmoins vers les bas quartiers, les plus touchés. C'est là qu'il dégota une vieille auberge qui tenait sur ses quatre murs mais dont les murs étaient noircis de suie. Un écriteau indiquait « Au cheval de somme », avec une représentation approximative et à moitié brûlée d'un puissant cheval tirant un chariot.
Le Hrejo confia son cheval au garçon d'écurie avec un regard sévère tout en lui glissant une pièce d'or dans la mains pour qu'il comprennent bien qu'il avait tout intérêt à prendre soin de la bête et gare s'il lui arrivait quelque chose. Ainsi, il passa le reste de la journée à rassembler des provisions en prévisions de la traversée du Désert Ourou.
Quand le ciel devint orangé, annonçant la lente tombée de la nuit, il rentra à l'auberge et s'assit à une table du fond, plongée dans l'obscurité.


Dernière édition par Karlson Hrejo Voïshinta le Dim 1 Avr 2012 - 22:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ۞ VERS LA TERRE PROMISE: ESCALE A HURINDAÏ Sam 31 Mar 2012 - 19:54



.:I Chien et chat: drôle de rencontre. I:.

"Je te hais, Océan! tes bonds et tes tumultes,
Mon esprit les retrouve en lui; ce rire amer
De l'homme vaincu, plein de sanglots et d'insultes,
Je l'entends dans le rire énorme de la mer

Comme tu me plairais, ô nuit! sans ces étoiles
Dont la lumière parle un langage connu!
Car je cherche le vide, et le noir, et le nu!"



Vous savez, je suis une femme qui a passé sans doute le plus de temps dehors qu’à l’intérieur des murs de la citadelle des frontalières. Combattante pacifique malgré le fait que j’avais sans doute effectué plus de combats que bon nombre de guerriers, j’adorais flâner dans la nature et découvrir tout plein de nouvelles choses qui venaient alors remplir un peu plus le savoir que j’avais emmagasiné jusque là. Bref, j’avais sillonné Gwendalavir de long en large, de gauche à droite, et aujourd’hui je ressentais une certaine lassitude. Oui, j’avais besoin de voir de nouvelles choses, de nouvelles civilisations… J’avais besoin de côtoyer l’inconnu, de découvrir ce que personne d’autre n’avait vu. Bref, je voulais du neuf, du neuf et encore du neuf…
Quittant donc la citadelle dans laquelle j’avais passé les deux derniers jours histoire de donner un peu de repos à ma monture qui semblait me tenir rancune de l’avoir un peu trop surmené, j’avais fait rapidement mes paquets, dit au revoir à ceux qui m’adressaient la parole, autrement à deux ou trois personnes, et j’avais tout attaché à l’arrière de la selle de Nocturne qui piaffait d’impatience tant je m’agitais sans mettre un pied à l’étrier.
Quand je fus enfin prête et que je me hissai d’un mouvement souple sur mon cheval qui renâcla légèrement, je quittai les hautes arches de la tour effilée, jetant un dernier regard à ce chef d’œuvre d’architecture. Peut-être qu’un dessinateur me voyait partir du haut de la vigie alors je fis bien attention à me tenir droite jusqu’à ce qu’une paire de collines viennent à me cacher. Oui, ma mère m’avait toujours demandé de montrer le meilleur de moi-même… Petit caprice de sa part qui ne s’en était pas allé malgré sa mort.

J’avais traversé la partie est de Gwendalavir en peu de temps grâce à la vitesse de ma monture et avais ralenti le temps de traverser la petite chaine de montagnes qui me séparait du lac Otolep. N’ayant aucune affinité avec l’art du dessin, nous, frontaliers, avions moins de mal à nous approcher du lac que les autres craignaient. Pour ma part, j’avais toujours pu m’approcher jusqu’au bord mais n’avais jamais osé m’y baigner… Je ne comprenais d’ailleurs toujours pas pourquoi je n’éprouvais aucun mal à m’approcher. Peut-être parce que j’étais tellement stupide dans le domaine de l’imagination que cette entité aqueuse ne devait pas me prendre pour une grande menace… Mais en tout cas, cela me faisait gagner du temps pour atteindre la bordure de plages peuplées de ports qui ouvraient sur la mer des brumes.
J’eus beaucoup de mal à convaincre un navire de m’amener de l’autre coté car ceux qui y allaient me pensaient trop faible pour survivre à ce voyage. Quand je dus me forcer à montrer un semblant de mes capacités, ils acceptèrent pour mon plus grand bonheur et je fis monter Nocturne à bord, le précédent tranquillement. La grande aventure commençait ! Mon cœur battait à mille à l’heure…

Il faisait tout juste jour quand on accosta. La lumière mordorée nous baignait de sa présence divine et un vent frais balayait nos chevelures avec délicatesse. Une prairie de petites fleurs sauvages bordait la plage de sable fin et blanc léchée par l’eau cristalline. Toutes ces beautés de la nature… je ne les voyais pas.
Penchée en avant, j’étais sur le point de rendre mon déjeuner tandis que mon teint prenait une jolie couleur verdâtre. Un marin plus sympa que les autres avait eu la délicate attention de tenir mes cheveux au cas où je me décidais enfin à restaurer mon repas. Quand les spasmes de mon estomac se calmèrent, je poussai un long soupir de soulagement, m’affaissant contre le bastingage.

La vache ! M’exclamais-je. Je prendrai plus de fruits de mer sur un bateau !

Quel étrange paradoxe ! Rigola le marin en me lâchant mes longs cheveux bleus. Tu devrais peut-être mettre pied à terre, si tu continues comme ça je ne suis pas sur que notre capitaine apprécie l’état du navire…

Haussant les épaules pour lui montrer ce que je pensais de son supérieur, j’attrapai néanmoins la bride de Nocturne, qui dit en passant avait refait la déco du pont pendant le trajet, je gagnai la terre grâce à une chaloupe et adressai mes au-revoir à tous ceux qui commençaient à décharger leur cargaison.
Me hissant sur mon cheval qui ne tanguait pas autant que le navire, j’avais encore un peu le teint vert mais le grand air me fit le plus grand bien. Décidés, nous nous dirigions plein est en direction des grandes villes dont les écrits des derniers voyageurs alaviriens avaient parlé…
Le plus dur de la traversée fut bien le désert Ourou. J’avais prévu ce problème là et avais donc fait lécher des pains de sel à ma monture (ainsi qu’à moi et je vous le déconseille si vous êtes de fins gourmets) avant de me charger d’eau à tel point que je pouvais ouvrir un stand de limonade si j’avais pensé aux citrons.
Quand nous atteignîmes l’autre coté, j’étais si fatiguée que ce fut presque avec agressivité que j’abordai les premiers passants que je vis pour leur demander la direction de la ville la plus proche. L’un d’eux, particulièrement méfiant, me fixa longuement en triturant la garde de son coutela avant de me répondre.

Y’a Hurindaï bien sur, elle est à quelques kilomètres de là… M’on avis qu’vous devriez faire gaff’, les étrangers sont pas bien vus là bas.

Ayant refait le plein d’eau dans le fleuve Lazuli, je n’étais pas aussi épuisée qu’au début et j’arrivai donc à destination sans être au bord de la mort.
Hurindan était une cité immense, ceinte de hautes murailles sur cinq niveau. Les premiers murs avaient été détruits à certains endroits mais on pouvait y voir des échafaudages acheminant de grosses pierres. C’était une ville qui se reconstruisait efficacement…
Me glissant entre plusieurs citoyens qui rentraient montés sur des mulets, j’arrivai à me faire discrète en dissimulant ma chevelure bleuté, vestige d’une expérience de dessin qui avait mal tournée par ma mère quand je n’étais qu’un fœtus, puis je découvris enfin de quel bois était fait cet endroit.
Décidant que ma visite devrait se faire progressivement, je ne gagnai pas les quartiers plus hauts placés et restai dans des lieux plus discrets où la misère pouvait parfois se faire sentir.

Etan ! Rentre tout de suite, il va faire nuit…

Une mère attrapait son petit garçon par le bras et je levai la tête pour observer le ciel se teintant de pourpre. Le crépuscule rougeoyant annonçant bientôt ce qui allait être une nuit noire, je me mis en quête d’une auberge où je pourrais me reposer sans crainte.
Apercevant un panneau à moitié brulé qui se balançait dans des grincements sinistres, je lis alors « Au cheval de somme » et peinai à comprendre la signification du dessin gravé dans le bois vermoulu. Descendant de ma monture, un garçon d’écurie se dirigea aussitôt vers moi, sans doute attiré par mes habits qui, quoique légèrement élimés, montraient ma situation financière aisée. Lui confiant la bride, je glissai plusieurs pièces d’or afin de ne pas décevoir ses attentes et poussai ensuite la porte de l’auberge.
Aussitôt, une odeur rance de bière et de nourriture me gagna, légèrement accompagnée de celle plus désagréable qu’était la sueur masculine. Des regards se tournant vers moi, ma silhouette féminine me gagna quelques clins d’œil que j’ignorai et je me dirigeai vers le fond, gardant mon capuchon sur mon visage… Et les poignées de mes deux sabres à portée de main. Effleurant l’un d’eux comme pour remplir un rituel à chaque que je venais dans un nouvel endroit, je m’assis contre le mur, en retrait.

« Niveau convivialité, nous n’avons rien à leur envier » remarquais-je, silencieusement.

Tandis qu’un serveur prenait la commande des personnes un peu plus loin, mon regard parcouru la pièce, s’arrêtant alors sur un individu isolé à quelques pas de moi. Grand et musclé, cet homme affichait une aura écrasante qui, sans m’atteindre, semblait imposer un respect évident sur les plus proches personnes assises. Si j’avais eu quinze ans, j’aurais certainement dit quelque chose comme ‘’Il est trop caaaanonnn ! Quel est son adresse que je lui envoie tout plein de lettres ! ‘’ (oui, les SMS n’existaient pas encore) mais à dix-neuf ans, ce qui pour moi était bien plus mature, je voyais en lui une personne aussi dangereuse qu’intéressante. Lançant des regards hautains sur ses compatriotes, je l’aurais pris pour un mercenaire débutant si ses habits n’avaient pas été les mêmes. Non, il était un habitant d’ici, mais il ne devait sans doute pas avoir beaucoup d’amis. Haussant les épaules, j’avais toujours été à la recherche d’aventure même si parfois j’en avais gardé les cicatrices malgré les dons prodigieux des rêveurs. Me levant alors, je me dirigeai vers lui, conscience qu’il m’avait déjà senti arriver avant que ses yeux aux iris rouges ne se tournent vers moi.

« Ha ! Une parodie de vampire ! »

Bonsoir ! Lançais-je gaiement bien que cela contrastait avec le personnage. Drôle d’endroit pour boire un verre seul, non ?

Je m’attendais évidemment à une rebuffade ou peut-être même à un signe d’agression mais j’avais toujours osé prendre des risques. Après tout, c’en était un de plus… Il fallait bien s’amuser dans la vie, non ? Contrairement à mes confrères frontaliers, le chant de ma lame dans le sang de mes ennemis ne m’avait pas toujours suffit.




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MessageSujet: Re: ۞ VERS LA TERRE PROMISE: ESCALE A HURINDAÏ Dim 1 Avr 2012 - 12:43

Cela faisait environ une heure que Karlson était attablé dans l'auberge « Au cheval de somme ». La salle commune de l'auberge était sombre. Les quelque torches accrochées aux murs de briques nues puaient la poix et répandaient une fumée âpre qui couvrait à peine l'odeur de bouc. Les hommes attablés et appuyés au comptoir riaient fort, buvaient beaucoup, mangeaient en envoyant des morceaux tout autour d'eux, postillonnaient, … Un bande de charmants gaillards dont le Hrejo se serrait fait un plaisir de trancher quelques gorges. Mais sa couverture primait et il resta là, à boire un verre de vieil alcool, celui qui lui avait semblé le plus potable de la carte. Il avait heureusement pensé à dîner en ville avant de rentrer à l'auberge. Il ne donnait pas cher de la peau de ceux qui s'aventuraient à goûter ce qui avait le nom de « ragoût » et qui ressemblait à tout sauf à un ragoût.

Karlson reprit une gorgée de sa boisson et fronça le nez. Il espérait qu'il n'y aurait pas de puces dans son lit. Au pire, il dormirait à la belle étoile ou avec son cheval, qui était bien plus propre que la moyenne des hommes qui étaient dans cette pièce. Et puis il penserait à assassiner l'aubergiste durant la nuit, histoire de lui faire comprendre à quel point il était criminel de tenir un tel établissement. Le Valinguite grimaça. Non, il ne pourrait pas le tuer, il ne pouvait tuer personne à Hurindaï. Il était là pour se préparer à la traversée du désert et rien d'autre. La discrétion était de mise ici. Il ne devait pas se faire repérer.
C'est alors qu'il était plongé dans ses pensées qu'il comprit qu'user de la meilleure des discrétion avait aussi été son erreur. Il avait choisi cette auberge pour ne pas qu'on lui pose de question. Effectivement, personne ne lui avait fait obstacle jusqu'à présent. Cependant, les regards qu'on lui lançait à la sauvette en disaient longs sur ce que les hommes de la pièce pensaient à son sujet.
Très lentement, il se pencha sur le sac à ses pieds. Ses doigts se refermèrent sur la garde de sa lame. En se redressant, il posa sur la table son arme, longue et courbe, dans son fourreau noir et enroulée dans du tissu. Au bruit que fit le cimeterre touchant le bois de la table, des voix se turent, des têtes se tournèrent et des regards se détournèrent. Bien. Son geste avait eu l'effet escompté. Maintenant que les choses étaient claires, il allait pouvoir dormir tranquille.
Cette lame lui avait été offerte par feu son maître, Ysiphyrus. Karlson ne connaissait rien de cet homme mise à part son enseignement. Il avait été pour lui le guide spirituel dont il avait besoin alors qu'il découvrait lentement la nature obscure de son être. Ysiphyrus se battait lui-même avec une monstrueuse masse qu'il soulevait comme une plume malgré sa carrure modeste. Sa peau était encore plus pâle que celle de son apprenti et ses yeux laiteux avaient l'art de transpercer tous les secrets enfouis au fond des âmes. Ce cimeterre était le cadeau qui avait signé la fin de son apprentissage. Sa lame était d'un argenté presque blanc et l'orfèvre qui l'avait manipulée y avait gravé un message dans l'ancienne langue de l'Est. Le dernier message de son maître avant qu'il ne disparaisse dans la nature. C'était la volonté d'Ysiphyrus. Il avait décidé de disparaître, alors son élève respecterait son choix et suivrait sa propre route.
Ce cimeterre était léger malgré les apparences, il coupait dans les muscles comme dans du beurre et tranchait chair et os avec une facilité déconcertante. Une lame qui avait déjà bien servi.
Karlson fit signe à l'aubergiste de lui servir un autre verre et jeta négligemment quelques pièces sur la table, comme pour lui crier tout son mépris. L'aubergiste finissait de ramasser les pièces quand toutes les têtes se tournèrent vers celle qui venait d'entrer. Il y avait peu de femmes dans l'auberge et, à l'instar des hommes, elles ne méritaient aucun regard. Celle qui venait d'entrer était différente, et pas seulement en apparences. Les rustres du comptoir la détaillaient de la tête au pied sans aucune gène et se passaient la langue sur les lèvres. Trois choses sautèrent aux yeux de Karlson. Premièrement, elle portait la même armure de cuir que certains Alaviriens qu'il avait vu dans l'arène de Valingaï, des Alaviriens qui avaient beaucoup intéressé le Valinguite par leur maîtrise du sabre. Deuxièmement, elle portait deux lames. Malgré sa frêle silhouette, la jeune femme était une guerrière et, à en voir sa démarche, il savait qu'elle était prête à agir au moindre changement de situation. Et troisièmement... pourquoi par les Ahmourlaïs gardait-elle son capuchon ? Un sourire en coin apparut sur le visage de Karlson. Si elle voulait passer inaperçue, c'était raté. Il s'attendait à ce qu'un des imbéciles sur son passage l'accoste, lui lance une remarque ou tente même de la toucher...
Mais rien ne se produisit et elle se dirigea vers le fond de la pièce. Elle n'y resta pas longtemps. Le Hrejo sentit le regard de la jeune femme se poser sur lui avec intensité. Elle se leva et se dirigea droit vers lui. Elle se posta devant sa table et il braqua sur elle ses yeux carmins.
Bonsoir ! Lança-t-elle gaiement. Drôle d'endroit pour boire un verre seul, non ?

Le Valinguite étudia la guerrière quelques instants, puis leva un sourcil. Elle semblait attendre une réponse. Karlson inspira, ferma les yeux une seconde et détourna le regard. D'un geste discret du menton, il désigna l'autre chaise de la table. C'était sa façon de l'inviter à s'asseoir. Il paraîtrait moins suspect s'il était accompagné. La jeune femme sembla surprise par l'invitation. Puis elle eut un large sourire et s'assit près de lui.

Il restèrent ainsi plusieurs minutes, sans parler, sans se regarder, jusqu'à ce que Karlson se décide enfin à briser le silence. Sa voix grave portait des notes de dangerosité qu'une guerrière aguerrie ne pouvait manquer de remarquer.
Alavirienne ?

Le Valinguite n'était pas du genre à tourner autour du pot. Il se demandait vaguement ce qu'une Alavirienne venait faire ici, car c'en était une. Elle dégageait une énergie qui lui était inconnue et semblait aussi déplacée que lui dans cet auberge pourrie.
Je vous offre un verre ?

Il fit signe au serveur de s'approcher de la table pour prendre la commande de la jeune femme et continua avant qu'elle n'ait eu le temps de répondre à ses deux questions.
Je serais curieux de savoir ce qu'une Alavirienne vient faire ici, seule, sans escorte, dans un quartier mal famé d'une ville à moitié en ruines.


Dernière édition par Karlson Hrejo Voïshinta le Dim 1 Avr 2012 - 22:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ۞ VERS LA TERRE PROMISE: ESCALE A HURINDAÏ Dim 1 Avr 2012 - 15:25



.:I Première altercation. I:.

"Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine,
Les poings crispés dans l'ombre et les larmes de fiel,
Quand la Vengeance bat son infernal rappel,
Et de nos facultés se fait le capitaine?
Ange plein de bonté connaissez-vous la haine?"



Contrairement à ce que je pensai, et je m’excuse à l’avance du cliché que j’évoquai tout à l’heure, il ne me rabroua pas d’un coup d’épée ni ne me lança une remarque particulièrement blessante. En parlant d’épée, il possédait un cimeterre de belle facture protégé dans un fourreau noir où le tissu élimé montrait là une pratique régulière et agile. Honnêtement, je n’appréciais pas ce genre de lames plates et courbe comme une corne de bélier car je les trouvais peu maniables et pas très élégantes… Mais il fallait avouer qu’elle imposait un certain respect qui, doublée par la présence de mes propres armes, certes plus fines mais tout aussi efficaces, nous permettait d’avoir une attention réduite de la part des personnes qui nous entouraient. Frontalière, je me fichais un peu que l’on me regarde car dans tous les cas, en tant que femme guerrière, il était plutôt difficile de passer inaperçu. Le seul trait de pudeur que je m’accordais, en plus des bonnes mœurs que je respectais bien sur, était ma chevelure bleutée qui m’avait valu bien des questions désagréables du style : où t’as trouvé une teinture pareille ? Ca te fait une tête de lanterne !
Bref, je préférais qu’on regarde ailleurs, vous l’aurez compris… Mais reportons notre attention sur ce qu’il se passe maintenant.

Son regard cramoisi plongea dans mes yeux bleus et je soutins l’échange sans broncher, sentant très bien l’aura d’agressivité qu’il dégageait. Et bien quoi ? Pourquoi me fixait-il sans répondre ? Franchement, au moins à Gwendalavir nous sommes un peu plus civilisés que ça… Encore que, ces stupides mercenaires arboraient le même air que lui. En parlant d’air… Moi qui voulais en changer, ce n’est pas gagner si je me retrouve avec des copies des grands méchants ici-même ! Quitter à faire tout ce voyage, autant qu’il soit instructif !

Quand il me fit signe de m’asseoir d’un mouvement de menton, j’haussai légèrement un sourcil. Prenant certainement cela comme de la surprise, moi je pensais surtout à me demander si un coup de garde dans la tête n’allait lui apprendre les bonnes manières, à savoir qu’une femme ne s’asseyait que lorsqu’elle le souhaitait ! Certes, c’était un petit caprice de ma part mais bon... Je n’allais pas rester plantée debout non plus. Je pris donc place en face de lui après un instant d’hésitation me disant que dans tous les cas, il me servirait de couverture autant que je lui servais de couverture…Bien que nos apparences originales tranchaient de beaucoup avec l’ambiance sordide de ce lieu.

Alavirienne ?

Sa voix grave me ramena à la réalité et j’hochai légèrement la tête, consciente que mentir serait inutile. Et oui, depuis l’escapade des trois plus grands dessinateurs et de leur clique, les échanges entre nos deux continents étaient plus fréquents bien qu’encore très rares dus à la terre hostile qu’il habitait. Mais moi j’aimais bien… On ne pouvait pas s’ennuyer au moins. Affichant donc un nouveau sourire bien qu’il ne semblait pas enclin à la bonne humeur, j’attendis qu’il reprenne la parole. Quand il me proposa un verre, la place médiocre qu’il occupait dans mon échelle de gens sympathiques remonta de façon considérable et j’acceptai de bonne grâce bien que la qualité des services de cette auberge n’était pas fameuse. Le principe était là et c’est tout ce qu’il comptait.
Un serveur vint alors poser deux verres en face de nous et repartit après nous avoir jeté un dernier regard suspicieux auquel je renvoyai un air doux. On me voyait comme une femme fragile, c’était très bien comme cela… Le plaisir était alors plus intense lorsque je prouvais le contraire aux imbéciles qui avaient l’idiotie de venir m’agresser.

Et oui… Répondis-je alors avant qu’il ne reparle, Alavirienne. Il est toujours enrichissant de voyager.

Me demandant alors les raisons de ma venue en ces lieux, je pris le temps de réfléchir à ma question, surtout lorsqu’il évoqua ma vulnérabilité au fait d’être seule et d’être une femme. J’avais lu dans les écrits des voyageurs venus ici que les peuples de l’est étaient de fiers guerriers quelque peu sexistes sur les bords… Au moins j’avais confirmation de ce fait et une fois encore, j’esquissai un léger sourire amusé. Néanmoins, bien qu’il fût évident qu’il soit natif de ce continent, il semblait trancher avec la banalité des autres citoyens et n’arborait pourtant aucun signe distinctif à un clan ou à une famille particulier. Bien sur, seuls les alaviriens reconnaissaient en moi une habitante de la citadelle de glace alors il n’était pas impossible que ce fut mon ignorance sur les coutumes de cette ville qui m’induise en erreur.

A vrai dire, commençais-je alors après avoir effleurait le breuvage de mon verre de mes lèvres, je suis ici en tant que voyageuse. On peut trouver cela étrange… Car il est vrai que d’autres endroits méritent plus d’attention que cette vieille cité en ruines mais je suis certaine qu’on peut trouver à se satisfaire ici… La richesse ne m’attire pas…

« Bien que j’accorde une importance primordiale à la qualité de mon armure et de mes armes » pensais-je intérieurement.

… Et même si la courtoisie ne semble pas être un principe de base ici, le reste sera peut-être, à mon plus grand espoir, plus digne d’intérêt. Quant à mon escorte…

Mon sourire s’agrandit alors. Je pouvais paraitre prétentieuse en disant que je n’avais besoin d’aucune aide, surtout que j’avais entendu parler de la volonté, ce dérivé du dessin particulièrement puissant. Mon immunité contre l’art de l’imagination était-elle efficace contre leur pouvoir ? Je l’espérai autant que je le redoutais… Car il était évident que pour un frontalier, il n’y avait que très peu de personnes capables de leur tenir tête avec une arme à la main. A ma connaissance, en excluant mes compatriotes, seule la légion noire avait une chance acceptable de s’en sortir dans un combat singulier. Bien sur, les marchombres et les mercenaires avaient leur lot de points au niveau du talent bien que j’exécrais ces derniers… Mais sans leur pouvoir, étaient-ils toujours aussi redoutables ? Encore une fois, je me montrais peut-être un peu prétentieuse…
Rabaissant mon capuchon, mes cheveux bleutés prirent une teinte presque noire à la lumière réduite des torches, m’ôtant la responsabilité de m’attirer des regards surpris.

… Et bien, pensez-vous que j’en ai besoin ? Terminais-je, mon léger sourire toujours présent.

Voyant son air un peu circonspect, j’arrêtai d’afficher mon visage pseudo-mystérieux et laissai échapper un rire cristallin.

Je rigole. Dis-je d’un ton d’excuse. C’est juste qu’une escorte est un peu encombrante… Et exagérée. Je ne suis pas un surhomme, ou une surfemme plutôt, mais je connais quelques techniques de base.

Quelques techniques de base… Il allait certainement me prendre pour une demeurée à considérer que ‘’quelques techniques de base’’ me suffiraient à m’assurer une sécurité efficace. Mais moins on en disait sur nos capacités, et mieux nous nous portions.

Sinon, repris-je tranquillement. Je m’appelle Heiwa. C’est mieux que ‘’Alavirienne’’, je pense. Et vous ? Enfin, ne me répondez pas si vous ne voulez pas… Néanmoins je serais curieuse de savoir ce qu’un voyageur vient faire ici, seul, sans escorte dans un quartier mal famé d’une ville à moitié en ruines...

Amusée, j’affichai un nouveau sourire en attendant sa réponse. En voyant sa dégaine, on pouvait supposer que ce n’était pas vraiment le genre de personne qui dévoilait ses projets, encore moins celui qui allait bavarder de la pluie et du beau temps avec une étrangère… Mais bon, qui ne tente rien n’a rien. Et même si j’étais un peu détachée de tout, ma curiosité était réelle…




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MessageSujet: Re: ۞ VERS LA TERRE PROMISE: ESCALE A HURINDAÏ Dim 1 Avr 2012 - 22:12

Karlson se tourna vers la jeune femme quand elle commençait à lui raconter qu'elle avait eu l'idée, l'envie, de se lancer, pour le plaisir, dans une traversée du Désert Ourou et une visite des terres de l'Est. Et le tout avec force sourires et un enthousiasme qui dégoulinait de partout, dans chaque mimique, dans chaque regard, … trop d'enthousiasme. Le regard du Valinguite devait en dire long sur ce qu'il pensait car elle changea lentement mais sûrement d'attitude à son égard. Elle gardait sa contenance, son air mutin, mais sa répartie se fit de plus en plus piquante.
… Et même si la courtoisie ne semble pas être un principe de base ici, le reste sera peut-être, à mon plus grand espoir, plus digne d'intérêt. Quant à mon escorte... Elle marqua une pause. Et bien, pensez-vous que j'en ai besoin ?
Le Hrejo l'observa d'un air quelque peu circonspect. Elle éclata de rire et Karlson sentit des fourmis dans ses doigts. Le besoin d'empoigner son arme certainement. Cette jeune femme se montrait de plus en plus agaçante et il commençait à se demander pour quelle raison elle avait bien pu avoir l'envie de l'approcher. D'habitude, l'air antipathique du Valinguite suffisait à écarter ce genre de personnes de son passage. Quant aux autres qui lui cherchaient des noises, un mot sec ou un regard faisaient l'affaire. Son cimeterre était mis à contribution dans les cas les plus graves. Son mode de vie et sa préparation mentale exigeaient de lui du calme et de la concentration, avoir la paix était donc primordial. Avoir un peu de compagnie, pour un bout de voyage ou pour la nuit, pouvait s'avérer agréable, mais la jeune femme n'arrêtait pas de parler et de lui sourire, même alors qu'elle lui lançait des piques.

Je rigole ! C'est juste qu'une escorte est un peu encombrante... et exagérée. Je ne suis pas un surhomme, ou une surfemme plutôt, mais je connais quelques techniques de base.
Et c'était à ces « quelques techniques de base » que servaient les deux lames qu'elle portait ? Karlson se doutait qu'il commettrait une grossière erreur en la sous-estimant. Il avait déjà remarqué à sa démarche qu'elle n'était pas une femme comme les autres. C'était une guerrière. Pas une tueuse ou une brute sanguine – ou alors elle cachait bien son jeu. Mais il sentait qu'il n'avait rien à craindre d'elle. Elle devait être du style pacifique, qui ne se battait que pour se défendre ou défendre les autres, le Hrejo se trompait rarement quand il jugeait les gens.
Sinon, je m'appelle Heiwa. C'est mieux que « Alavirienne », je pense. Et vous ? Enfin, ne me répondez pas si vous ne voulez pas... Néanmoins je serais curieuse de savoir ce qu'un voyageur vient faire ici, seul, sans escorte, dans un quartier mal famé d'une ville à moitié en ruine.
La répartie d'Heiwa tira un sourire fugace au Valinguite. Elle ne manquait pas d'audace et de culot. Enfin, dans un sens, elle ne pouvait pas savoir à qui elle avait à faire ni quel type de guerrier elle avait en face d'elle. Il avait dans ses poches des poisons mortels tels que de la ciguë et de la belladone et la lame de son cimeterre était enduite d'un mélange de piment et de sel pour que chaque fois qu'il tranche la chair sans tuer, son adversaire ait l'impression de brûler de l'intérieur.
Quand il répondit à Heiwa, sa voix état profonde et posée, et on pouvait même y décerner un certain amusement.
Mon nom est Karlson et je suis ici... pour affaires.

Il avait intentionnellement mis l'accent sur la fin de sa phrase. L'Alavirienne, si elle avait une once de jugeote, comprendrait aisément quel genre d'affaires pouvait intéresser un homme tel que lui, qui se cachait dans une auberge des bas quartiers, qui avait posé sa lame à côté de son verre et qui se tenait tapis dans l'ombre. Encore que, pour une fois, il n'était pas là pour ce genre d'affaires mais plutôt pour quitter le continent, chose qu'il cacha à Heiwa, ainsi que son origine valinguite et son nom de famille bien trop connu dans les cités-états des terres orientales.
Le reste de la soirée se passa sans heur. Pendant une heure, Heiwa lui posa des questions sur Hurindaï, les coutumes, la cuisine, … Ne se lassant jamais de son petit interrogatoire, même alors qu'elle ne recevait, la plupart du temps, que des réponses monosyllabiques du Valinguite, ou même pas de réponse du tout. Finalement, n'y tenant plus, il finit son nouveau verre d'une traite et partit se coucher, la plantant là avec un simple « bonsoir » grogné entre ses dents.

Il se dirigea vers sa chambre, traversant les couloirs sombres et étroits, son sac sur l'épaule, son arme dans l'autre main. Sa chambre était au bout du couloir et, quand il poussa la porte d'un coup d'épaule, il découvrit avec une grimace qu'il n'y avait pas de verrou. Ces Hurindites, on ne pouvait définitivement pas leur faire confiance. Honnêtement, dans le fond, les Valinguites n'étaient pas si différents. Il passa la demi-heure suivante à bricoler un verrou en utilisant une latte qu'il avait arrachée du plancher. Une fois cela fait, il évita le lit, souffla l'unique bougie de la pièce et s'assit sur la chaise en bois, un genou ramené sous son menton. Il se serra dans son manteau de voyage et s'endormit ainsi, les yeux à moitié ouverts, les doigts fermés sur la garde de sa lame.
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MessageSujet: Re: ۞ VERS LA TERRE PROMISE: ESCALE A HURINDAÏ Mer 4 Avr 2012 - 22:04



.:I Etrange séparation. I:.

"Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir?
Peut-on déchirer des ténèbres
Plus denses que la poix, sans matin et sans soir,
Sans astres, sans éclairs funèbres?
Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir?"




[hrpg] : je conclus rapidement notre rp pour que tu puisses faire le trajet de Karlson à travers Ourou et rejoindre Gwendalavir où t’attendra Viladra. Merci pour cet échange avec Heiwa !

Après avoir ôté toute l’énergie d’emmagasinement de Karlson, puisque c’était son nom, il ne craqua pas malgré mes tentatives et réussit à garder son sang froid. Fichtre, il savait mieux se contrôler que je ne le pensais. Au moins, malgré les difficultés à lui extorquer des réponses, j’en appris un peu plus sur ce continent et lorsqu’il se leva en maugréant un vague bonsoir, je lui répondis par un sourire éblouissant qu’il ne sembla pas apprécier plus que mon interrogatoire.
M’ayant quitté, je restai quelques instants de plus avant de réserver une chambre à mon tour pour y passer la nuit. Découvrant un lit plus ou moins propre, je décidai plutôt de me poser sur une chaise, étendant mes jambes sur les couvertures. Quitte à me faire bouffer par la vermine, autant qu’elle en manque le moins possible…
Otant les pièces de mon armure de plaques, je la posai précautionneusement sur la table de bois et posai mes deux sabres à portée de main. Quand je calai ma nuque contre mon manteau, je m’endormis dès que je fermai les yeux en poussant un soupir de soulagement…

Il était tard, très tard. Ou plutôt très tôt. Ma poitrine se soulevant légèrement tandis que je respirais, j’avais les yeux fermés lorsque deux silhouettes se glissèrent dans la chambre, arme au clair, portant un uniforme inconnu. Lorsque l’un d’eux approcha sa main de mon visage, le déplacement d’air que fit ce mouvement me réveilla comme une douche froide. Happant son poignet avant qu’il ne me touche, je pivotai sur mes hanches, lui brisant d’un coup sec tandis que je récupérai mes armes de ma main libre.

Mais… Que voulez-vous ?! M’exclamais-je faussement apeurée.

Trois hommes firent interruption dans la pièce, s’ajoutant au blessé et à son compatriote. L’un d’eux fit signe aux autres de rester immobile et il s’approcha de moi, un rayon de lune éclairant un visage hargneux. Il avait l’âge d’être mon père mais une espèce de hâte juvénile semblait l’habiter et ses gestes se faisaient fébrile tant il semblait avoir hâte de quelque chose.

Vous êtes en état d’arrestation, étrangère !Dit-il alors avec un plaisir pervers. Vous êtes accusée d’avoir pris contact avec un individu dangereux, veuillez nous suivre sans résister !

« Le salaud ! Moi qui pensais lui avoir pourris la soirée, voilà qu’il me gâche la nuit. Il est plus malin que je le pensais ! Attirer une milice privée jusqu’ici, faut être sacrément tordu… »

Navrée, répliquais-je, mais il n’est pas dans mes intentions de vous suivre. Je ne sais pas de quoi vous parlez, peut-être devriez-vous aller voir cet individu ?

Ma réponse ne sembla pas les satisfaire… Et leur réaction ne me plu pas en retour. Comme quoi, c’était donnant donnant. Etant donné que j’étais une femme et qu’ayant enlevé mon amure je faisais nettement moins martiale, les trois plus proches se précipitèrent nonchalamment vers moi tandis que le blessé leur laissait la place. Esquivant une attaque malhabile, j’assenai un atémis dans ses côtes flottantes, lui coupant la respiration. Se baissant sous le choc, mon genou remonta jusqu’à son visage et il s’y encastra avec un bruit désagréable qui me fit frissonner. Je ne m’y habituerai jamais…
Les deux autres eurent un peu plus de chance et ils reçurent des coups qui ne les défigureraient pas autant que leur premier copain. Les deux derniers s’étant enfuis avant que je ne m’en occupe, je secouai ma main douloureuse, remerciant l’entrainement des frontaliers. Ces hommes n’étaient pas dangereux… Mais il en existait sans doute d’autres.
Ramassant mon armure que j’enfilais rapidement, je pris mes derniers effets et sautai par la fenêtre pour me recevoir au sol trois mètres plus bas dans une roulade. Epoussetant mes habits, je rabattus le capuchon sur ma tête et me dirigeai rapidement vers les écuries.

J’étais en train d’harnacher mon cheval lorsqu’une silhouette fit son apparition et je portai instinctivement ma main droite à ma première lame. Reconnaissant là Karlson, j’en déduisis assez rapidement qu’il était lui aussi poursuivi par son comportement et lui pardonnai mentalement la faute qu’il n’avait pas commise et dont je l’avais accusée. Finalement, il m’aurait bien déçu s’il s’était montré aussi petit en me prenant par surprise.
Nous adressant à peine un regard, je n’eus pas l’envie de l’embêter comme je l’avais fait et me détournai rapidement de lui pour terminer mes préparatifs. Quand Nocturne fut près, je me juchai sur la selle et le talonnai tandis que le fuyard faisait de même derrière moi.
Nous atteignîmes les portes en même temps quand les premiers cris de poursuite s’élevèrent non loin. Sans se concerter, sans même s’adresser un regard, nous lançâmes nos montures au galop qui s’élancèrent sur les plaines au même rythme.

Décidemment… Maugréais-je, ma voix couverte par le bruit du vent qui nous sifflait aux oreilles. Même en voyage culturel faut que je me retrouve dans la…

Un écart de ma monture qui évitait un rocher me ramena à la réalité et je fis plus attention là où il mettait ses sabots. Voyant bientôt un croisement, l’un menait vers l’est, c'est-à-dire vers les pays qui m’étaient inconnus, et l’autre vers le désert, à savoir Gwendalavir. Voyant que l’homme continuait tout droit, je plongeai une dernière fois mon regard dans le sien, esquissant un sourire sardonique qui tranchait avec toutes les expressions joyeuses que j’avais affiché jusque là. Doucement, j’articulai alors un ‘’ au revoir ‘’ ironique et sans attendre de réaction, fis dévier ma monture à gauche.
Une nouvelle aventure m’attendait, et elle ne se passerait pas à ses cotés. Peut-être le recroiserais-je un jour, et si cela devait arriver, je doute que ce serait dans les mêmes circonstences…


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MessageSujet: Re: ۞ VERS LA TERRE PROMISE: ESCALE A HURINDAÏ Jeu 5 Avr 2012 - 0:21


La nuit était noire, la chambre plongée dans l'obscurité la plus totale. Karlson était immobile, sa respiration était lente et profonde et ses yeux clos. Rien ne bougeait. Et si le Valinguite semblait endormi, ce n'était pas le cas. A force de chercher le sommeil, il avait eu la certitude grandissante qu'il allait être dénoncé. Il avait manqué de prudence et de discernement. Il aurait dû faire semblant de connaître l'Alavirienne pour peaufiner sa couverture et surtout choisir une autre auberge. Il était certain que des hommes qui étaient dans la salle commune plus tôt l'avaient dénoncé, sans savoir s'il s'agissait véritablement d'un étranger ou d'un criminel, rien que pour la prime offerte pour la capture d'un guerrier valinguite vivant. S'il était capturé et interrogé, ou plutôt torturé, il suffirait d'un coup d’œil à son équipement pour qu'on devine qu'il était un assassin. Et si on faisait alors appel à un haut gradé, on découvrirait qu'il n'était pas un tueur comme les autres mais qu'il avait reçu un entraînement physique et mental particulier... Aussi était-il aux aguets. Tous ses sens étaient en éveil et sa main était serrée sur le manche de son cimeterre.

Une heure passa, puis deux, puis trois, … Des pas dans le couloir, mais pas les pas lourds et appesantis des clients de l'auberge, non, plutôt des pas lents, précis, … Il entendit le chuintement d'une lame qu'on sortait de son fourreau, des ordres chuchotés. Une main gantée se posa sur la poignée de sa porte, la tourna. La porte se bloqua, son verrou maison fonctionnait. Les paupières du Hrejo s'ouvrirent sur ses yeux rouges qui luisirent d'une lueur sanguine. La milice commença à donner des coups d'épaule sur la porte et pourtant le Valinguite ne bougeait pas. Il restait là, prostré sur la chaise de bois, face à la porte. Son sac était à ses pieds et son cimeterre dans sa main.

La porte céda et cinq hommes en armes firent irruption dans la petite chambre et s'arrêtèrent net. Naturellement, ils ne s'attendaient pas à voir un homme figé, qui ne faisait pas mine de bouger. L'un des milicien pointa son arme dans sa direction.

Karlson Voïshinta, vous êtes en état d'arrestation, au nom du roi d'Hurindaï !

Si Karlson n'avait pas été aussi calme, il aurait sursauté. Comment ces miliciens connaissaient-ils son nom ? Quelqu'un l'aurait-il... dénoncé ? Le Valinguite grimaça. L'amertume était un sentiment qu'il exécrait. Il remua les jambes et se leva, faisant craquer son cou, passa sa main libre dans ses cheveux noir corbeau et roula des épaules. Il exécrait l'amertume, et ça lui donnait une humeur de chien. Esquissant un sourire carnassier, il observa les hommes qui le fixaient d'un air incrédule.

Qui est la proie et qui est le chasseur ? Susurra le Hrejo.

Son cimeterre sortit de son fourreau en un long chuintement d'acier, dévoilant sa lame fine et élancée. Karlson s'ouvrit à l'Imagination et forma son ordre. La porte se referma d'un coup sec, enfermant les cinq miliciens avec lui dans la chambre exiguë et désormais plongée dans l'obscurité. La suite se passa très rapidement. Profitant de son habitude de l'obscurité, le Valinguite prit l'avantage sur ses cinq adversaires qui n'avaient pas idée de la personne qu'ils avaient eu l'espoir d'arrêter. Ils sortirent leurs lames, mais le noir de la chambre les gênait et, en quelques secondes seulement, ils rendirent l'âme sans comprendre.

Sans attendre l'arrivée des renforts, Karlson essuya sa lame ensanglantée sur la tenue d'un des miliciens morts et la remit dans son fourreau. Il saisit son sac, le jeta sur son épaule et ouvrit la porte qu'il avait bloquée grâce à son don. Laissant là les cinq corps inertes et lacérés de coups, il quitta la pièce. Le couloir était toujours aussi faiblement éclairé et il n'y croisa personne. Il se rendit dans la salle commune, vide à l'exception de quelques ivrognes affalés sur le bar ou étalés sur le sol, et la traversa en quelques longues enjambées. Il sortit et déboucha sur la rue. Celle-ci était dans le même état que l'intérieur de l'auberge. Normalement, un groupe de soldats faisait une ronde nocturne, mais la troupe était certainement déjà passée par ici.

Sans se presser, il se dirigea vers l'écurie où il retrouva son étalon noir. L'animal frappa le sol du sabot et secoua sa crinière. Sa robe lustrée étincelait sur ses muscles puissants. Le garçon d'écurie avait pris soin de l'animal. En entrant, il déposa une pièce d'or sur l'appui de fenêtre à son intention. Et c'est avec un certaine surprise qu'il vit Heiwa, en train d'harnacher son propre cheval. Elle s'arrêta en l'apercevant et, après un bref regard, se remit à l'ouvrage. Karlson se dirigea vers sa monture et entreprit de la brider et de la seller avant d'installer son sac et ses provisions sur sa selle. Heiwa fut prête avant lui et quitta l'écurie, le Valinguite la suivant de près.

En sortant de l'écurie, il inspira profondément l'air nocturne et frais et jeta un coup d'oeil à la lune ronde par-delà les hauts remparts d'Hurindaï. Il talonna sa monture et rattrapa Heiwa alors que les premiers cris près de l'auberge lui indiquaient la découverte des corps des miliciens et l'arrivée de renforts. Sans attendre, il poussa sa monture au galop, à l'instar d'Heiwa. Ils eurent de la chance de trouver les portes de la ville ouvertes. Tous d'eux s'élancèrent à fond de train sur la plaine, penché sur l'encolure de leur monture.

Alors que le chemin se séparait un peu plus loin en deux branches, l'une partant vers l'Est et les Plaines Souffle, l'autre vers l'Ouest et le Désert Ourou, Heiwa tourna la tête vers lui pour esquisser un sourire narquois avant de bifurquer brusquement vers l'Est. Sa silhouette disparut rapidement dans l'obscurité pendant que le Valinguite galopait vers l'Ouest, vers le désert, et vers l'Empire de Gwendalavir. Il était temps pour lui de quitter le continent. Si les miliciens de cette nuit connaissaient son nom, cela signifiait que quelqu'un l'avait dénoncé. Il soupçonnait des membres de sa famille, mais cela importait peu désormais, car un nouveau monde attendait le Hrejo.

Fin de ce RP
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