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۞ TERRE D'EXIL: EN CAPTIVITE

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MessageSujet: ۞ TERRE D'EXIL: EN CAPTIVITE Mer 11 Avr 2012 - 22:08

    ۞ TERRE D'EXIL / EN CAPTIVITE ۞



Les paupières du Valinguite s'ouvrirent fébrilement. Sa vision était floue, il apercevait à peine les torches accrochées aux murs de pierre nues qui dispensaient une lumière tamisée dans la pièce. L'air sentait le renfermé, et le sang. Il devait se trouver dans quelque cachot en sous-sol. Il savait qu'il était en danger, qu'il devait ouvrir les yeux, réfléchir et s'évader, en faisant payer cher ceux qui l'avaient piégé de préférence. Mais sa tête était pesante, ses idées n'étaient claires, sa vision carrément brouillée, et une douleur lancinante au niveau de la tempe l'empêchait de reprendre ses esprits. Il tenta de bouger, mais son corps ne répondait pas. La grande quantité de drogue qu'on lui avait administrée et les coups dont on l'avait criblé alors qu'il était inerte l'avaient terrassé.

Comment cela avait-il pu arriver ?

Il se souvenait avoir embarqué avec son cheval sur un important navire de pêche alavirien. Il avait monnayé son passage avec une importante quantité d'or, achetant par la même occasion le silence des hommes de la mer quant à ses origines. La traversée devait durer trois jours. Comme on l'avait installé dans la chambre commune de la vingtaine de marins qui œuvraient sur le navire, Karlson avait passé la plupart du temps sur la proue, seul, enfermé dans ses pensées, le regard rivé vers l'Ouest. Sa présence étrangère parmi l'équipage avait attiré les regards et alimenté les discussions, mais il ne s'était pas tracassé outre mesure de ces ragots.

Finalement, la traversée avait duré près de cinq jours complets. Alors que le soleil était descendu lentement derrière une chaîne de montagnes à l'Ouest, il avait enfin aperçu les rives de l'Empire de Gwendalavir. Certes, ça ne payait pas de mine, mais il s'attendait à mieux comme premier aperçu du continent occidental. Derrière l'épais rideau de brume apparaissait petit à petit une bourgade crasseuse, un village calé contre le porte de pêche qui prenait plus de place que toutes les habitations rassemblées. Il faisait froid et la bruine froide mouillait les vêtements et rendait le sol boueux, jalonné de flaques brunâtres et odorantes. Les animaux de ferme se promenaient dans les rues, les habitants étaient sales et aucune auberge valable n'était à l'horizon.

Grimaçant, le Valinguite était descendu pour rassembler ses affaires et prendre son cheval. Rien que l'amarrage du navire au quai avait pris une heure durant laquelle Karlson avait dû se retenir d'égorger quelqu'un. Il lui tardait de quitter ce rafiot qui empestait le poisson. Quand enfin il avait été libre de partir, il s'en était allé sans un mot, sans une pièce supplémentaire pour service rendu.


Dehors, la nuit était rapidement tombée et il était parti à la recherche d'une auberge valable qui ne sentait pas le poisson. Il avait besoin d'un bain et de manger autre chose que de la soupe et du pain sec. Malheureusement pour le Valinguite, la seule auberge du village était complète. Karlson s'était alors douté que son air sombre et taciturne n'avait pas joué en sa faveur. Il avait donc décidé de quitter l'endroit. Il avait enfourché sa monture et s'était enfoncé dans la nuit.

Suivant son instinct, il avait suivi une piste à travers les bois et s'était installé près d'une rivière où il avait enfin pu se laver de toute odeur de poisson. L'eau était glacée, mais cela lui avait fait du bien. Le lendemain matin, il pourrait prendre la route pour la capitale, grâce à la carte qu'il avait prise au capitaine du navire de pêche. Il était encore ruisselant d'eau quand il enfila son pantalon. Le froid était mordant, mais il appréciait les frissons qui le secouaient ; il se sentait vivant.


C'était alors qu'il s'était penché pour attacher ses bottes qu'il avait senti une présence étrangère. D'un geste sec, il avait tiré le poignard caché dans sa botte avant de se plonger dans l'imagination. Le Valinguite se rappelait la scène avec précision.
Flash-back

Montre-toi.

L'ordre était direct, implacable. L'ordre rencontra un mur dans l'imagination. Karlson s'immergea à nouveau dans les spires et y rencontra son adversaire. Une présence lui faisait obstacle. Bien, il allait avoir sa première confrontation avec un de ces « dessinateurs » alaviriens. Un sourire carnassier était apparu sur son visage quand il avait lancé toute sa volonté contre l'intrus. Le choc ébranla les spires et des réseaux entiers de possibles se brisèrent sur son passage. Son ennemi avait reculé et Karlson avait encore augmenté la pression sur son esprit. C'est alors qu'il était sur le point de vaincre son adversaire qu'un deuxième dessinateur rejoignit le premier. Ensemble, les deux Alaviriens se liguèrent contre le Valinguite qui commença à perdre du terrain.

D'un commun effort, ils le boutèrent hors des spires. Karlson reprit contact avec la réalité pour constater que ses ennemis avaient profité de son combat mental pour approcher. Ils étaient huit. Huit hommes vêtus de noir. Deux d'entre eux étaient les dessinateurs qui l'avaient assaillis, il pouvait le sentir. Ils se tenaient en retrait, derrière les six guerriers qui avaient tiré leurs épées hors de leur fourreau. Un des dessinateurs parla.

Les Mercenaires du Chaos te souhaitent la bienvenue en Gwendalavir, Karlson Voïshinta de Valingaï. Notre Maîtresse a hâte de faire ta connaissance.

Mercenaires du Chaos... Le nom ne lui disait rien. Une sorte de guilde certainement et, à en entendre le nom, celle-ci ne lui voulait certainement pas du bien. Il répondit sèchement à l'émissaire.

Dis à ta Maîtresse qu'elle peut garder son invitation et que si elle veut faire ma connaissance, qu'elle vienne me chercher elle-même.


Le ton lugubre du Valinguite ne sembla pas plaire au dessinateur qui, s'il avait reculé au son de sa voix, ne se démonta pas pour autant.

Malheureusement pour toi, notre ordre est de t'emmener à notre quartier général, de gré ou de force, et comme tu ne nous laisses pas le choix... Il fit un signe aux six guerriers qui l'accompagnaient. Attaquez-le. Ne le tuez pas, elle le veut vivant.

Et les six guerriers fondirent sur lui comme un seul homme. Karlson s'élança, fit un roulé boulé et attrapa son cimeterre avant de se relever et de le plonger jusqu'à la garde dans la gorge du premier Mercenaire, pile au défaut de son armure. Il retira vivement son arme du corps qui répandait une fontaine de sang dans l'herbe et se mit en garde alors que les cinq guerriers restants tournaient autour de lui, en attente d'une ouverture.

Le combat était largement inégal. Ils étaient cinq hommes en armure, alors que lui-même se battait torse nu, et ils étaient soutenus par deux puissants dessinateurs qui n'allaient pas tarder à entrer dans la danse. Karlson eut un rire suave et amusé qui fit sursauté ses adversaires. Désormais, il allait pouvoir juger de lui-même de quoi étaient capables ces Alaviriens qui avaient fait tomber la grande Valingaï.

Vif comme un serpent, le Valinguite, son poignard dans une main et son cimeterre dans l'autre, fonça vers le Mercenaire le plus proche. L'homme leva son épée à deux mains et attaqua, une botte redoutable, mais Karlson était plus dangereux encore. Il se glissa sous la lame de son adversaire et frappa de son poignard dans l'aine. Sa lame s'enfonça profondément dans la chair. Profitant de la surprise pour rendre son attaque mortelle, il tourna le poignard dans la plaie et remonta jusqu'à l'estomac. Il retira sa lame et, d'un même geste fluide, fit volte face et lança son arme qui se ficha profondément dans la poitrine d'un des dessinateurs. Plus que cinq; un dessinateur et quatre guerriers.

Les cinq hommes se concertèrent du regard. Deux hommes s'élancèrent vers le Valinguite qui bloqua leurs attaques de son cimeterre. Le niveau d'escrime de ceux-ci était haut, leurs coups puissants et précis, mais pas encore assez pour Karlson qui déjouait chaque botte et chaque audace avec une adresse renouvelée. Les lames s'entrechoquaient avec force et les trois autres Mercenaires observaient le combat en silence. Non, pas trois, deux. Le dessinateur venait de plonger dans l'imagination.

Le Valinguite réalisa ce détail trop tard. Une chaîne surgit hors du sol et s'enroula autour de son bras gauche, l'attirant vers le sol, serra ses muscles jusqu'à ce qu'il lâche son poignard. Il poussa un grognement de douleur en forçant sur son bras malmené pour garder l'équilibre. C'était de mauvais augure. Un des guerriers restants fondit sur lui, lame en avant. Karlson parvint à le désarmer et à le blesser à la cuisse, mais ne coup ne fut pas mortel. A un autre Mercenaire qui s'approchait, il décocha un atémi du pied fulgurant qui assomma son adversaire. Mais son pied touchait à peine le sol qu'une autre lourde chaîne de métal s'enroulait autour de sa jambe, de la cheville à la cuisse. Une autre encore surgit et le prit à la gorge. Le Valinguite écarquilla les yeux, porta sa main libre à sa gorge, lâchant son cimeterre. La chaîne se serra, le faisant suffoquer. Une nouvelle chaîne enserra son torse et le fit basculer sur le sol gorgé du sang de ses adversaires.

Les Alaviriens, leurs lames tendues vers le Valinguite qui se démenait pour respirer, s'avancèrent.

Eh bien, voilà le loup muselé, ricana le dessinateur.

Mais Karlson n'avait pas dit son dernier mot. De sa main libre, il parvint à faire passer un mince filet d'air à travers l'étau qui l'étranglait. Un des guerriers s'approcha après avoir observé les corps sans vie de ses compagnons et asséna un puissant coup de pied dans l'abdomen du Valinguite de sa botte renforcée de métal. Le captif cracha du sang et, toisant le Mercenaire d'un regard empli de haine, il prononça :

Meurs.

Le Mercenaire l'observa sa broncher, puis son visage se crispa en une grimace de douleur, faisant palpiter les veines sur son front. Et il tomba en un gargouillement d'agonie. Un sourire victorieux en coin, Karlson fixa le dessinateur restant, se délectant de son expression horrifiée. Ce dernier empoigna son arme et, se penchant vers lui, en abattit violemment le pommeau sur la tempe du Valinguite. Karlson perdit connaissance.

Fin du flash-back

Karlson n'était pas dans un cachot, il était dans une cage. Une fois sa vision rétablie, il avait pu prendre conscience de l'endroit où il se trouvait. Il était assis, dos contre un mur. Sa cage était en demi-cercle, d'un côté un mur droit, de l'autre une courbe de barreaux épais. Du sang presque séché, noirci, recouvrait la moitié de son visage et avait coulé sur son torse. Il se palpa la tête et grimaça.

Dans la pièce qui donnait sur sa cage, deux Mercenaires l'observaient en silence, deux hommes en armure et en armes. Quand il remarqua que le captif avait repris connaissance, l'homme le plus proche souffla quelques mots à son comparse qui sortit, certainement parti prévenir la « Maîtresse » que son prisonnier était éveillé.


Dernière édition par Karlson Hrejo Voïshinta le Jeu 12 Avr 2012 - 13:35, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: ۞ TERRE D'EXIL: EN CAPTIVITE Mer 11 Avr 2012 - 23:30



.:I ouest face à l'est I:.

"Immédiatement sa raison s'en alla.
L'éclat de ce soleil d'un crêpe se voila ;
Tout le chaos roula dans cette intelligence,
Temple autrefois vivant, plein d'ordre et d'opulence,
Sous les plafonds duquel tant de pompe avait lui.
Le silence et la nuit s'installèrent en lui,
Comme dans un caveau dont la clef est perdue."



Tout avait commencé un mois plus tôt. Et voila qu’il se tenait là, devant moi, à ma merci…

J’étais en plein préparatifs de départ lorsque l’un de mes mentaïs de bas-étage, car malheureusement il y en a, vint m’interrompre. Toquant à ma porte, lorsque je lui dis d’entrer, je vis en premier le masque métallique à la forme d’une gueule de monstre. Ces mercenaires de la génération antérieure n’avaient pas encore abandonné toutes les coutumes ridicules et inutiles… Mais j’avais déjà suffisamment épuré la guilde, je ne pouvais pas me permettre d’en tuer plus ni de dégrader certains éléments qui avaient occupé une place importante avant mon ascension. Il y avait certaines loyautés que l’on devait conserver… Mais inutile de dire que si une mission un peu périlleuse se présentait, je n’allais pas me gêner pour les y envoyer. Je disais donc…
Deux jeunes mercenaires étaient en train de tenir le haut de soie qui s’enroulait autour de mon buste, attendant que j’y glisse mes bras. Ma poitrine dissimulée par une simple bande de tissu blanc, je sentis l’arrivant se raidir de surprise presque autant que je vis ses yeux cachés derrière son masque glisser sur ma peau nue. Esquissant un sourire, je lui fis signe d’approcher avant de rentrer doucement dans le vêtement, laissant mes subalternes préparer mes autres effets tandis que j’accrochai ma longue lame noire à ma taille, battant contre mon dos. Glissant mes pieds dans mes bottes en cuir, je les laçai distraitement tandis que le mentaï se rengorgeait nerveusement avant de s’exprimer d’une voix qui manquait légèrement d’assurance.

Dame Viladra, mes hommages. Me salua-t-il en enlevant son casque avant de poser un genou à terre. Merci de m’accorder un entretien dans vos appartements, c’est un honneur.

Relève-toi et parle donc, Aioro. Répliquais-je suavement en secouant légèrement la main. Dis moi donc ce qui t’amène ici…

Comme vous le savez, commença-t-il en se redressant, nous avons placé des informateurs sur le continent de l’est depuis sa découverte… Vous nous aviez ordonné de vous prévenir si des individus se conduisaient étrangement. Nous avons donc infiltré l’une des milices de la ville d’Hurindaï et nous avons appris l’existence d’un homme qui aurait fait pas mal de dégât et dont le don de volonté est supérieur à celui des autres.

« Tu entends ça, Vila ? Ca peut être interessant de savoir qui c’est !
Leur don n’est qu’un dérivé du dessin…
Imagine il est plus fort que toi… ? T’as plus qu’à le faire tuer.
Les sentinelles ont pu tenir tête à ces personnes par le passé. Je doute que ça change pour moi…
Qui sait…
Vous me conseillerez quoi ?
Envoie trois mentaïs et fais-le tuer si jamais il s’approche de Gwendalavir. »

J’avais toujours voulu en savoir plus sur ces détenteurs de cet étrange dessin. Certes, ils avaient une imagination très réduite et ne pouvaient qu’ordonner des actions et non pas créer quelque chose. Mais leur volonté seule égalait le pouvoir des plus grands dessinateurs et cela, ce n’était pas rien… Néanmoins, ils représentaient une menace non négligeable et une chose était sur, s’ils ne se mettaient pas de mon coté, ils mourraient. Tout comme les dessinateurs, seule une poignée d’entre eux avait le pouvoir de rivaliser avec les plus puissants d’entre nous, exterminer les autres ne sera pas dur. Seulement, tout vient à point à qui sait attendre et je savais me montrer extrêmement patiente…
Retournant à la réalité je voyais que mon mentaï n’avait pas bougé, continuant de fixer derrière moi ou le sol afin d’éviter de me regarder dans les yeux. Un bel imbécile… Le genre d’imbécile qui est tellement facile à manipuler qu’on s’en lasse rapidement.

Merci, Aioro, excellent travail… Répondis-je enfin. Je veux que vous m’informiez de ses moindres mouvements. Si jamais il met un pied à Gwendalavir, je t’autorise à partir avec un de tes confrères pour me le capturer. Prends avec toi quelques envoleurs… S’il refuse de vous suivre, tuez-le.

« Le tuer ? S’ils arrivent à la maitriser tu l’auras quand même, hein ?
Ouais j’avoue, pas besoin de le tuer…
Je n’ai que faire de quelqu’un qui se dresse contre moi. J’ai suffisamment d’ennemi à exterminer…
Tu peux aussi le rencontrer et le tuer après s’il refuse toujours de comprendre.
Ma foi, pourquoi pas… »

Le mentaï s’était déjà incliné et commençait à partir lorsque je fermai la porte d’un violent courant d’air que je venais de dessiner. Sursautant, il se retourna vivement vers moi en faisant néanmoins attention de ne montrer aucun signe d’agressivité. Haussant un sourcil étonné, il se redressa afin de se tenir bien droit et attendit que je m’exprime. Kaleïs et Shaiya avaient raison… Il était inutile de le tuer trop rapidement, ce serait tout bonnement du gâchis. Après tout, s’il voulait se dresser contre moi, je pourrais toujours le faire après… Je n’avais jamais vu la couleur du sang des peuples de l’est, peut-être que la saveur en serait plus douce… qui sait ?
Laissant partir un léger éclat de rire qui troubla les deux jeunes mercenaires, je les congédiai d’un signe de main, me retrouvant seule avec le mentaï qui attendait nerveusement.

Tout compte fait, capturez-le. Vivant il me sera plus utile…

Il en sera fait selon vos désirs…

… Mais s’il meurt, je pense que vous regretterez amèrement d’avoir trahi ma… confiance. Ajoutais-je froidement malgré mon sourire.

Je… Non, ne vous inquiétez pas, vous pouvez compter sur nous !

Mon sourire s’élargissant devant la peur presque palpable qui émanait de lui, je le laissai enfin prendre congé avant qu’il ne défaille devant moi. Désormais, tout n’était plus que question de temps… Bientôt cet homme se tiendrait devant moi. Comment était-il ? Je n’avais même pas eu l’idée de lui poser la question. Quel était son nom ? Son âge ? Etait-il gros ou mince, petit ou grand ? Le physique importait peu sur le pouvoir mais en tant que passionnée de la beauté, j’y accordais tout de même une certaine importance. Je choisissais mes compagnons de lit pour leur apparence et non pour leur esprit… Mais à force de les tuer le lendemain, le choix commençait à s’amenuiser. Peut-être devrais-je aller me changer les idées ailleurs, tester de nouveaux continents. Les prouesses masculines varient souvent d’une région à l’autre. Les sudistes sont généralement plus tendres, à un point que c’en est presque endormant. L’amour n’a pas sa place chez moi, tout ce que je veux c’est du charnel et du sang. Ne me blâmez pas, au moins je ne fais pas partie de cette catégorie de femme qui souffrent le martyr à cause d’hommes ingrats… Après tout, la femme ingrate, c’est moi. Quand je pense que je le faisais ramener vivant alors que mes consciences m’avaient conseillé de le tuer dans un premier temps… Cela reflétait bien le déséquilibre mental qui m’habitait. Lâchant un nouveau rire, je dessinai un pas sur le coté et disparu.

J’avais attendu longtemps avant que cette histoire ne revienne. Des semaines étaient passées et j’en avais presque oublié l’existence de cet individu… Ce ne fut que lorsqu’Aioro reprit contact mentalement avec moi que je m’en rappelai. M’annonçant qu’ils l’avaient mis en fuite, le forçant à se diriger vers Gwendalavir, il me confirma que dès son arrivée il procèderait à sa capture. En gros, je devais attendre quelques jours avant de le retrouver dans mes geôles. Espérons qu’ils réussiraient je n’aime pas tellement l’échec… Surtout lorsqu’il vient de ma propre guilde. Mais ce fut plus ou moins un succès…

Dame Viladra ! Il vient de se réveiller.

Faisant signe à mes conseillers qu’ils pouvaient disposer, je fis un pas sur le coté et réapparu dans le couloir sombre qui menait aux prisons les plus basses. Solidement gardées, de nombreuses alarmes avaient été dessinées pour prévenir de toutes évasions et plusieurs gommeurs se trouvaient à proximité. Les Ts’lichs et Elea R’il Morienval ayant réussi à trouver le moyen de passer outre ces batraciens putrides, les mercenaires du chaos avaient reçu la possibilité de dessiner malgré leur présence. Néanmoins, ce n’était pas le cas des autres ce qui était nettement plus pratique pour nous. Malheureusement, les gommeurs n’avaient aucun effet sur les individus des peuples de l’est. Leur pouvoir devait donc être stoppé soit en les empêchant de parler, ce qui, en leur arrachant la mâchoire, ne devait pas être très compliqué, ou en opposant son propre pouvoir contre le leur. Selon son physique, je choisirai quelle solution envisager… Défigurer une laideur ne m’avait jamais rien fait. Mais si c’était le contraire, alors je serai ravie d’opposer le pouvoir de la chef des mercenaires du chaos à un rebelle en fuite…

Laissez-nous.

Le mentaï qui assurait la garde de Karlson Voïshinta, car j’avais appris son prénom entre temps, se releva vivement, surpris de me voir sortir de l’ombre. Nous délaissant, il fut forcé de remonter jusqu’en haut car je ne lui avais pas appris commencer déjouer les gommeurs. Ce privilège était accordé à un nombre restreint… Les subalternes de son genre n’avaient pas besoin de le connaître.
M’avançant alors face à la grille, je posai mes yeux argentés sur l’homme qui se tenait assis contre le mur suintant d’humidité. Les cheveux noirs qui manquaient d’entretien encadraient son visage fin et volontaire. Ses yeux sombres dénués de toute peur me fixaient avec provocation et sa musculature montrait une force physique appréciable. Oui, finalement je ne lui arracherai pas la mâchoire, il avait de la chance…
Esquissant un fin sourire, j’ouvris la porte en activant le levier placé plus loin et entrai à l’intérieur de la cage.

"Après les mercenaires qu'il a tué, il mériterait un peu de torture!
Voyons, nous ne sommes pas des sauvages...
Vraiment?"

Karlson Voïshinta… Commençais-je d’un ton doucereusement froid. Navrée que le trajet ait été aussi inconfortable… Mais votre refus de collaborer nous y a forcé. Soyez le bienvenue dans la forteresse des mercenaires du chaos, je suis Viladra Memphis, chef de cette guilde…





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MessageSujet: Re: ۞ TERRE D'EXIL: EN CAPTIVITE Jeu 12 Avr 2012 - 23:58


La porte de sa cage grinça lourdement sur ses gonds en s'ouvrant en grand. Dans l'embrasure de la porte se tenait une femme richement vêtue. Elle devait avoir dans les vingt ans. Ses longs cheveux noirs tombaient en cascade sur ses épaules, sa peau était de porcelaine, sa silhouette longiligne et toute en courbes généreuses. Dans ses yeux de titane étincelait une lueur malsaine et puissante. La « Maîtresse » des Mercenaires du Chaos, le doute n'était pas permis. Malgré son apparente jeunesse, une aura écrasante émanait d'elle. Karlson braqua sur elle ses pupilles rouges pleines de mépris. Les yeux de la jeune femme glissèrent sur lui, le détaillant lentement de la tête au pieds. L'air satisfaite, elle esquissa un sourire.

Karlson Voïshinta... Navrée que le trajet ait été aussi inconfortable... Mais votre refus de collaborer nous y a forcé. Soyez le bienvenu dans la forteresse des Mercenaires du Chaos, je suis Viladra Memphis, chef de cette guilde.


Le Valinguite, toujours au sol, adossé au mur, retroussa les lèvres en un rictus carnassier. Qui qu'elle soit, quelle que soit sa force ou son pouvoir, elle n'avait pas idée du monstre auquel elle avait à faire et, bien qu'il n'appréciait guère d'abîmer une si belle créature, Karlson allait se faire un plaisir de donner un leçon à cette inconsciente qui avait osé s'attaquer à lui. Sans se presser, il se redressa, faisant glisser la peau nue de son dos contre le mur de pierre humide, rouvrant quelques plaies sur son torse et ses épaules qui firent couler un peu plus de sang sur son blême épiderme. Ses cheveux noirs poisseux d'hémoglobine étaient plaqués sur son visage et sur ses épaules, laissant à peine paraître son faciès anguleux et agressif.

Son corps tout entier était douloureux, mais la souffrance importait peu, elle était le combustible, le carburant dont son âme avait besoin pour nourrir sa force destructrice et guider son bras meurtrier. La douleur embrasait son esprit et rendait son don encore plus dangereux. Il sentait monter en lui la chaleur dévorante et avide de sang, de toujours plus de sang. Il voulait les cris, la douleur, les suppliques. Il voulait que cette femme qui l'avait enfermé comme un animal demande pardon à ses pieds, crie grâce à ses genoux.

Il fit un pas vers elle. Elle ne broncha pas. Il approcha encore et tous d'eux s'affrontèrent du regard. Rouge et gris. Ruby et diamant. Sang et acier. Viladra ne reculait toujours pas. Et derrière elle, la porte de la cage était ouverte, largement ouverte. Il n'y avait pas un seul garde dans la pièce, elle les avait tous congédiés et, apparemment, les alentours étaient sûrs également. Sa fuite était assurée, et ces Mercenaires du Chaos qui l'avaient piégé allaient payer cher, très cher. Ils allaient payer par le sang. Il allait déchaîner sa fureur et tout détruire sur son passage. Tuer, tuer, tuer, … Son sang bouillonnait déjà dans ses veines à l'idée d'assouvir la soif de sang de sa lame. Il sentait un grondement animal résonner au creux de ses entrailles.

Il se pencha d'un coup vers sa victime, approchant brusquement son visage à quelques centimètres du sien. Il pouvait sentir l'odeur parfumée de sa peau, voir ses longs cils noirs immobiles, encadrant ses yeux de titane qui le toisaient de toute leur verve. Les bras du Valinguite étaient appuyés contre les barreaux de sa cage et la chef des Mercenaires, son corps frêle et délicat, était le seul obstacle entre lui et la liberté. Il approcha encore plus son visage ensanglanté du sien, jusqu'à ce que son souffle fasse bouger ses longues mèches noir jais autour de son visage parfaitement ovale et lisse.

La haine embrasa la puissance de son don et sa volonté brisa toutes les barrières de l'imagination, fusant à travers les spires comme un animal enragé. Les mots qu'ils prononça étaient froids comme le Nord, durs comme l'acier et aussi corrosifs que l'acide.

Hors de mon chemin, chienne.

Un sourire narquois s'étira sur le visage de Karlson alors que sa volonté heurtait la conscience de Viladra. Si elle voulait tant le garder captif, elle allait devoir l’enchaîner dans une meilleure cage et surtout, surtout... ne jamais, jamais... le sous-estimer.
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MessageSujet: Re: ۞ TERRE D'EXIL: EN CAPTIVITE Ven 13 Avr 2012 - 16:10



.:I confrontation I:.

"Dès lors il fut semblable aux bêtes de la rue,
Et, quand il s’en allait sans rien voir, à travers
Les champs, sans distinguer les étés des hivers,
Sale, inutile et laid comme une chose usée,
Il faisait des enfants la joie et la risée."



Dès que j’eus parlé, je sentis son regard écarlate se poser sur moi, détailler ma silhouette. Je sentis aussi sa colère, sa haine et sa soif de sang… Tous ces sentiments qui avaient fait ce que j’étais devenue aujourd’hui. Le genre de sentiments qui me prenaient à la gorge lorsque le chaos et la misère m’entouraient, le genre de sentiments que j’avais désormais appris à maitriser, faisant de moi la figure mondiale du mal. Pour l’instant, il était comme le prototype d’une création inachevée… La force se sentait en lui, tout comme sa volonté de fer, cette même volonté qui avait causé la mort de plusieurs de mes envoleurs et d’un de mes mentaïs. Il volonté que je prendrai un plaisir évident à écraser… Mais pour le moment, il n’était qu’un animal, un être frustre dénué de la moindre raison. Le genre d’individu que j’égorge sans état d’âme lorsqu’ils ont l’audace de s’approcher de moi… Seulement, bien qu’il ne fût encore qu’au stade primaire à mes yeux, cette puissance qu’il n’arrivait pas à contenir à l’intérieur de lui m’intéressait au plus au moins. Cette puissance je la désirais, je la voulais en moi, contre moi, sur moi. Cette puissance qui faisait de lui un être à part ne pouvait se permettre d’être gâchée… Je préférais encore le voir mort plutôt que de le voir dans le camp adverse. Les bonnes choses sont faites pour être profitables aux gens comme moi, à l’extérieur, elles sont comme un sac d’or qu’on ne ferait que regarder… Or la tentation est un sentiment que j’aime, et ce sentiment, je fais tout pour y céder avec succès… L’échec n’est pas permis dans mes rangs.

Lorsqu’il se leva, je voyais déjà dans son expression sadique ce qu’il comptait faire. Pauvre créature… Si tu avais la capacité de me battre, tu serais alors en mesure de maitriser le camp de sanguinaires le plus puissant de Gwendalavir… Et le monde serait à ta portée. Malheureusement, tu as encore du chemin à faire… Tu es comme une pierre précieuse qui n’a pas été taillé, tu n’es qu’une ombre à coté de l’obscurité que je suis devenue. Un détail, une simple esquisse…
S’approchant de moi, il me dominait d’une dizaine de centimètres malgré ma haute taille. Ses cheveux noirs assombrissaient sa peau matte, rendant l’éclat de ses yeux rouges encore plus puissant. Il s’approcha encore, me fixant avec un air narquois qui se heurta à la glace de mon regard. Il s’approcha encore une fois… Jusqu’à ce que son visage effleure presque le mien, jusqu’à ce que ses bras puissants capables d’étouffer un thul passent de chaque coté de ma fine silhouette. Je pouvais voir sa peau en détail, je pouvais voir les flammes qui brulaient dans son regard, son odeur rance où se mêlaient le sang et la sueur. Une odeur de guerrier, d’homme et de fuyard. Une odeur commune qui me délectait à l’avance… Cette présence si près de moi, ces yeux qui me fixaient… J’avais envie de les arracher.

« Reste calme, Viladra… Le descendre serait inutile.
Moi il me fait trop peur ! Je veux bien que tu le tues !
Vous n’êtes jamais satisfaites… »

Son souffle caressa ma peau, comme le souffle rauque d’une bête sauvage flairant sa proie. Mais étais-je la proie ou la chasseresse ? Faisait-il parti de ces imbéciles qui me sous-estimaient du fait de mon sexe et de mon apparence ? Ne sentait-il pas à quel point il était désavantagé ? J’avais fait de nombreuses recherches sur ces individus de l’est et leur pouvoir. Leur volonté était dévastatrice mais seule la puissance comptait. J’avais tenu tête à des sentinelles, j’avais tué des dessinateurs, massacré des maitres marchombres et annihilé tous les mentaïs qui avaient voulu ma perte. Les frontaliers se méfiaient de moi comme la peste et tous les serviteurs de l’état rêvaient de pouvoir mettre un visage sur le chef des mercenaires. J’avais conservé un anonymat implacable et répandu suffisamment de rumeurs pour que les recherches se tournent vers un individu masculin plutôt que vers une femme comme moi. J’avais profité de cette tranquillité pour étudier tous ces cobayes, ces insectes qui m’avaient servi à amener ma puissance à son apogée. Pensait-il que lui, être supérieur aux siens mais inférieur à moi avait une chance de me vaincre sur mon propre terrain ? Néanmoins j’avais rêvé de ce moment et une vague de chaleur envahit mon corps lorsque je vis les muscles de sa mâchoire, cette si belle mâchoire que je voulais arracher de mes ongles, se contracter. Il allait parler, c’en était certain… Je voulais un affrontement avec lui, voir s’il était digne de mon intérêt.

Ses mots jaillirent. Cinq mots porteurs de puissance. Ils heurtèrent mon âme, ébranlèrent ses fondations causant la panique dans l’imagination. Ces lumières écarlates détruisaient tout sur leur chemin, les spires se rétractaient à ces contacts tout en se reconstruisant une fois le danger passé. Je voyais cette force fuser vers moi, en moi. Je sentais cette chaleur extrême s’insinuer dans mon esprit tandis qu’un imperceptible tressaillement me parcourait. Et je créai ma barrière…
Mon imagination se dressa face à sa puissance, son arme se fracassant sur celle-ci, la fissurant à son point d’impact. Si une partie fut détruite, le reste s’insinua dans les brèches, avançant un peu plus jusqu’à ce qu’elle rencontre un deuxième obstacle. Dans ma vie, j’étais allée jusqu’à cinq barrière psychiques face à une sentinelle. Ce combat m’avait laissé à moitié morte mentalement comme physiquement… Jusqu’où allait-il aller ?
Ma deuxième barrière éclata après avoir absorbé encore une fois l’impacte et ce ne fut qu’à la troisième que sa puissance s’étiola, disparaissant, engloutie par mon imagination. Lorsque nous nous retirâmes des spires, des minutes semblaient avoir passé alors que quelques fractions de secondes avaient suffit. Je vis son regard briller un peu plus, peut-être de surprise car je ne m’écartais pas, peut-être de jubilation à l’idée d’avoir rencontré un être plus puissant que les autres… De la peur ? Non, il ne semblait pas avoir peur… Et c’était un bon point pour lui.

Esquissant un sourire froid, je profitai de la confusion pour créer une brusque sphère de vent qui le heurta sous le sternum, le projetant à deux mètres de moi où il regagna sa place initiale. Il n’y avait eu aucune violence particulière dans ce dessin, une simple poussée qui m’avait permis de retrouver un air plus respirable. Cette distance ramena en même temps ma noire sérénité ainsi que mon excitation. Incroyable… Son don semblait encore brut et il ne l’exploitait pas jusqu’au bout. S’il persistait, il n’était pas impossible que son niveau atteigne le mien, qui sait… Mais s’il représentait un danger, je le tuerai avant, c’était une évidence.

« Très joli combat ! Tu n’en avais pas fait depuis longtemps !
Il faut dire que les adversaires de valeur se font de plus en plus rares…
Moi j’ai eu peur qu’il te tue ! Et si tu meurs, on disparait aussi !
Pff… Depuis quand les chiens se dressent contre leur maitre… »

Voila qui fut fort excitant pour une première rencontre… Susurrais-je en caressant mon avant-bras gauche. Mes espoirs n’étaient pas infondés, tu es un merveilleux spécimen… Dommage que l’on ne t’ait pas dressé un peu plus efficacement, mais j’ai toujours eu de l’intérêt à la discorde…

Laissant échapper un petit rire glacial qui se répercuta dans les couloirs tortueux, les torches s’agitèrent comme soufflées par un vent apparu de nulle part avant de réinstaller une luminosité normale. Un rire qui paraissait porteur de mort. Le genre de rire que mes ennemis n’aiment pas entendre… Mais pour moi, il était comme un soulagement. J’avais eu tant peur de me retrouver devant un être inutile, devant quelque chose d’inintéressant et voila qu’il avait réussi à briser trois de mes barrières mentales. Trois… Un bon chiffre pour un début. Les mentaïs étaient les seuls à égaler ce niveau, parfois à aller plus loin. Et encore, seuls les meilleurs…
Lâchant mon bras, ils n’avaient cessé de me démanger tant ma greffe avait voulu sortir. Je m’étais vue de mes doigts d’acier lui ouvrir le ventre du nombril à sa gorge. Je m’étais vue, devant son visage en miette à savourer la saveur de son sang. Mes ces visions n’étaient que de simples fantasmes et je les refoulai rapidement. Peut-être se réaliseraient-ils un jour, mais pas aujourd’hui…

Tu as mis les pieds sur un territoire qui ne t’appartient pas…

« Parce qu’il t’appartient peut-être ?
Je représente quand même l’une des menaces principales de l’empire, tout de même !
Et t’en es fière ??
Oui, un petit peu, j’avoue… »

… Selon les raisons qui t’ont poussé à poser tes pattes ici, je verrai dans quel état je te laisserai repartir… Terminais-je d’un ton badin malgré l’éclat glacial de mes yeux qui persistaient à étinceler.




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MessageSujet: Re: ۞ TERRE D'EXIL: EN CAPTIVITE Ven 13 Avr 2012 - 23:00


Karlson filait dans les spires. A une vitesse hallucinante, il traçait sa voie telle une flèche de volonté pure et implacable, dirigée droit vers la Mercenaire. Il était près de heurter sa conscience quand, au dernier moment, elle érigea une barrière dans son esprit, tentative futile pour arrêter sa fureur. Elle fut balayée comme un fétu de paille. Une deuxième barrière mentale s'éleva dans les spires. Cela devenait agaçant. Il n'était pas d'humeur pour un combat de pouvoirs. L'embuscade l'avait épuisé, cela faisait des jours qu'il n'avait pas mangé et qu'il n'avait pas dormi. Ses ressources étaient limitées. Il se concentra et donna plus de puissance à sa poussée de volonté. La deuxième barrière mentale éclata comme du verre, en un millier d'éclats qui disparurent dans l'imagination. A peine l'obstacle était-il surmonté qu'un nouveau barrage se dessina sur sa route. Le Valinguite aurait poussé un juron s'il n'était pas immergé dans l'autre dimension. La fatigue se faisait de plus en plus sentir, l'épuisement total menaçait. Cette femme était puissante, beaucoup plus puissante qu'il ne l'avait imaginé. S'il avait été prêt à ce combat, il aurait sans doute pu faire face, mais là, il devait avouer, et avec amertume, qu'il allait certainement rester plus longtemps que prévu dans cette cage. Dans un dernier accès de rage, il envoya tout ce qu'il lui restait d'énergie et de rage. Son dernier assaut fit exploser la barrière mentale de Viladra. Puis son ordre se désintégra dans les spires.

Quand il revint à la réalité, Viladra le toisait d'un air de défi. La jeune femme savait qu'elle l'avait surpassé, qu'elle venait de prouver son indéniable supériorité sur le Hrejo. Naturellement, elle savourait sa victoire sur son captif. Karlson détestait, abhorrait ce regard. Il se sentait comme un animal sauvage que son maître venait de mâter. Il n'avait pas de maître, il n'appartenait à personne, il était libre et il se jura de reconquérir sa liberté, d'une façon ou d'une autre.

D'un autre côté, elle était puissante, et elle était vraisemblablement à la tête d'une guilde puissante. Une guilde qui, apparemment, s'opposait au pouvoir en place et ne rechignait pas à trancher quelques gorges pour se faire entendre. Peut-être y avait-il moyen de tirer avantage de la situation, ou tout du moins de ne pas faire partie des gorges tranchées par les Mercenaires du Chaos.

Un dessin, comme en faisaient les Alaviriens, bascula dans la réalité. Du vent. Un coup de vent, puissant mais pas violent, le repoussa. Il fut légèrement soulevé de terre et renvoyé au fond de la cage, contre le mur. Son large dos toucha la pierre nue et humide et il reprit l'équilibre. Sans se rapprocher, en restant sagement à distance, là où Viladra l'avait repoussé.

Voilà qui fut fort excitant pour une première rencontre... Mes espoirs n'étaient pas infondés, tu es un merveilleux spécimen... Dommage que l'on ne t'ait pas dressé un peu plus efficacement, mais j'ai toujours eu de l'intérêt à la discorde... Tu as mis les pieds sur un territoire qui ne t'appartient pas... Selon les raisons qui t'ont poussé à poser tes pattes ici, je verrai dans quel état je te laisserai repartir.

Il pencha la tête sur le côté, secouant ses mèches noir jais et se mit en mouvement. Il s'avança vers la droite, puis vers la gauche, faisant les cent pas en observant la chef des Mercenaires. Inconsciemment, il se comportait comme l'animal qu'elle voyait en lui, comme un animal qui observait un autre animal, un animal qui observait une phénomène nouveau, un phénomène plus dangereux que lui peut-être, qu'il hésitait à attaquer, car il doutait de lui, il se demandait s'il était toujours le chasseur et s'il n'était pas devenu la proie.

Les paroles de Viladra faisaient petit à petit leur chemin dans son esprit. Pourquoi l'avait-elle capturé ? Était-ce pour connaître les secrets du don des prêtres ahmourlaïs ? Cela lui semblait fort probable. Après tout, ce don pouvait se révéler rudement efficace pour un tueur, il en savait quelque chose. Il réfléchissait tout en continuant à faire les cent pas, le regard toujours fixé sur la jeune femme qui, à elle seule, faisait barrage entre le Valinguite et la sortie. Il s'arrêta, grimaça, et lança un nouveau regard noir vers sa geôlière.


Mon nom est Karlson Voïshinta, je viens de la cité-état de Valingaï qui a été détruite. Ma tête est mise à prix, j'ai été trahi et il m'a fallu quitter ma terre natale.

La voix rauque de Karlson résonnait étrangement dans le sous-sol vide. Elle voulait savoir qui il était ? Eh bien elle allait être servie, surtout si elle pensait avoir à faire à un simple dessinateur valinguite.

On m'appelle le « Hrejo ». Cela signifie que je suis un banni, déclara-t-il, prononçant le dernier mot avec mépris. J'ai été choisi par un maître qui m'a enseigné la traque et l'art de la mort. Je loue mes services en échange d'argent. Ce sont les grands hommes du pays qui ont recours à mes services et nombreux sont ceux qui veulent ma tête. Je ne suis peut-être pas le meilleur dessinateur des contrées de l'Est mais j'en suis le plus grand artiste de la mort.

Les yeux écarlates du Hrejo étaient animés d'une flamme obscure et sanglante. L'épuisement l'empêchait de se concentrer et son désir de vengeance était grand. Il pouvait rester plusieurs jours sans manger et sans dormir, mais il avait besoin d'eau. Et aussi d'un bain.
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MessageSujet: Re: ۞ TERRE D'EXIL: EN CAPTIVITE Ven 13 Avr 2012 - 23:53



.:I Un pacte avec le diable. Le diable... C'est moi. I:.

"Ainsi je voudrais, une nuit,
Quand l'heure des voluptés sonne,
Vers les trésors de ta personne,
Comme un lâche, ramper sans bruit,

Pour châtier ta chair joyeuse,
Pour meurtrir ton sein pardonné,
Et faire à ton flanc étonné
Une blessure large et creuse,"



Je voyais la haine dans son regard, l’amère déception de devoir s’avouer à soi-même que l’on avait perdu. Oui, car tu avais perdu, Karlson… Et au meilleur de ta forme, peut-être aurais-tu réussi à vaincre une quatrième barrière mais depuis le temps, je ne savais même plus combien j’étais capable d’en créer. Suffisamment pour te passer la muselière, en tout cas… Mais ton pouvoir m’intéressait quand même malgré le fait qu’il ne soit pas aussi puissant que celui des sentinelles. Après tout, avec de l’entrainement, il rivaliserait sans problème avec eux. D’un autre coté, tenir tête aux sentinelles revenait à être capable de me vaincre aussi… J’avais toujours rêvé d’avoir un adversaire à ma hauteur… Enfin, pour le moment il ne l’était pas, mais avec un peu de temps il pourrait devenir très diversifiant. S’il avait été moins dangereux, je l’aurais bien amené dans mon lit… Mais précieux comme il est, je ne pouvais pas. Après tout, depuis que j’avais connu des relations charnelles avec quelqu’un d’autre qu’Akiro, je n’avais jamais pu m’empêcher de leur trancher la gorge le lendemain matin. Ca me permettait de me rassurer en considérant qu’il resterait à jamais le seul homme pour qui j’avais éprouvé quelques sentiments. Une petite faiblesse de ma part, je l’avouais…

Il faisait les cent pas dans sa cage comme un fauve cherchant une faille. D’un geste de la main, j’abaissai le levier et la porte se referma dans mon dos. M’adossant nonchalamment contre celle-ci, le fourreau de ma lame cliqueta contre le métal et je croisai les bras, attendant que ce jeune spécimen accepte de répondre. Je pouvais presque voir les rouages fumants de son cerveau s’agiter. Les mots qu’il prononcerait lui arracheraient la gorge. Il allait être forcé de me répondre, il le savait très bien… Sauf si la mort ne lui faisait pas peur. Seulement, si ça avait été le cas, il n’aurait jamais fuit comme il l’avait fait et aurait préféré périr l’arme au poing. La majorité des guerriers criaient à tord et à travers que la mort n’était rien mais lorsque je m’apprêtais à les tuer, ils se mettaient à gémir et à me supplier de les épargner… Lui au moins, il avait conscience de l’importance de la vie. Moi, je me contentais de la chérir tant que mon seigneur me l’accordait… Car un jour il me ramènerait à lui. Un jour il me hissera en haut des ténèbres et me récompensera du rôle que j’ai joué pour lui… Mais pour le moment, il était trop tôt. J’avais encore toutes mes capacités, physiques comme mentales. Il me fallait poursuivre… Jusqu’au bout. En commençant par me trouver de nouvelles pièces… Comme toi, Karlson. Tu serais… un cavalier sur mon échiquier. Ou peut-être un fou, qui sait…

Sa voix grave s’éleva, légèrement éraillé par les souffrances et les combats endurés. Il me donna son nom que je connaissais déjà. Il m’expliqua qu’il avait été trahi et que sa tête avait été mise à prix… Que sa patrie l’avait banni. Je décelais la rancœur dans ses mots et je ne pouvais que le comprendre… J’avais cru dans l’art marchombre. J’avais sacrifié mon âme sœur pour eux et au final… Ils avaient tenté de me détruire. Pourquoi ? Par peur, par incompréhension, parce que je refusais de me soumettre au conseil malgré le fait que j’avais toujours agis pour la guilde. Oui, je comprenais sa haine et son sentiment d’injustice… Mais moi j’avais choisi de me battre… Je m’étais hissée jusqu’en haut des mercenaires du chaos et j’avais arrêté de fuir. J’étais clémente aujourd’hui… J’allais lui proposer d’arrêter de fuir, lui aussi. Nous ne servions pas tout à fait les mêmes buts mais sa haine était peut-être aussi grande que la mienne. Moi je voulais purifier ce monde, le bruler jusqu’au bout pour en faire renaître un nouveau de ses cendres. Lui il voulait la justice, il voulait qu’on le reconnaisse et qu’il ne soit plus un banni. Il voulait tuer, aussi… Sa soif de sang était palpable. Je m’étais vue dans ses yeux, j’avais vu l’envie de me soumettre lorsque nous nous affrontions… Mais patience, mon mignon… Tu te hâtes trop. Il faut se montrer plus sournois que le temps lui-même…

Hrejo… Repris-je doucement, faisant rouler ce mot âpre sur ma langue.

« Le pauvre…
Il n’est pas à plaindre car ceux que l’on plaint mérite de mourir.
Tout de même, perdre tout ce que l’on possède !
On ne possède que sa vie. Le reste n’est que futilité… »

Hrejo. Répétais-je plus vivement, comme si je crachais cette sonorité. Un banni… Et bien, certaines facettes de ta personnalité m’attirent plus que je ne le pensais…

Je laissai échapper un léger sifflement de dédain entre mes dents. Trop de personnes avaient cru posséder le monde et la vie des autres au creux de leur main. Ils pensaient pouvoir jouer avec nos existences… Comme le conseil des marchombres avaient cru pouvoir jouer avec moi. Comme ceux qui avaient décidé que Karlson ne pourrait plus retourner chez lui. C’était pour échapper à ces abrutis que j’avais décidé que mon espace ne se limiterait plus à ma maison mais à la terre entière. C’était pour les éviter que je m’étais dressée contre eux au lieu de m’en éloigner… Désormais, je veillais à ce que chaque marchombre regarde autour de lui lorsqu’il mettait un pied dehors. La méfiance, la crainte, la peur… Bientôt plus personne n’oserait sortir sans craindre les mercenaires. Ca avait déjà commencé à Al’far, ça continuerait plus loin.
Esquissant un léger sourire, je voyais qu’il s’était arrêté de marcher, me regardant de ses yeux de prédateur enchainé.

Tu as besoin d’or, tu as besoin d’un endroit sur où te poser lorsque la fatigue vient… Déclarais-je alors. Tu as les mêmes besoins que tous les hommes, en somme… Même si ton endurance est admirable. Et par-dessus tout, tu as besoin de sang… Ce que je ne comprends que trop bien… Ajoutais-je légèrement sardonique. Il se trouve que je peux répondre à tout cela. En particulier pour le dernier point…

Mon sourire s’agrandit un peu plus. Après tout, nous tuions comme nous respirions. La mort était omniprésente à chaque endroit où nous allions et il arrivait même que l’on se fasse quelques coups mortels entre nous… Même si je limitais les dégâts dans les hauts rangs. Il y avait déjà beaucoup d’incapables dans mes rangs, il était inutile que les plus doués s’exterminent entre eux. Je pensais avoir trouvé là un marché, si on peut l’appeler comme cela, qui pourrait correspondre à Karlson. Seul dans ce pays, il aurait tôt fait de se faire tuer par les siens le poursuivant ou les marchombres. Les frontaliers et la légion noire n’étaient d’ailleurs pas à prendre à la légère lorsque l’on ne connaissait rien au continent… Même avec son don, le nombre le surpasserait et il périrait en quelques jours. Quelques semaines vu ses compétences… Et je ne voulais pas que ça arrive. Pas maintenant que je voyais que ses motivations pouvaient m’être profitables…
Ramenant ma chevelure en arrière d’un geste où la grâce, la violence et la nonchalance se mêlaient, je recroisai mes bras à nouveau avant de braquer mes yeux de glace dans les siens.

Voila ce que je te propose… Tu mets tes talents à mon service. C'est-à-dire que si je te demande de massacrer quelqu’un, enfant, femme, homme comme simple chien… Tu le feras. En échange tu recevras un toit, l’assurance d’être en vie plus ou moins efficacement… car mes propres hommes peuvent se montrer dangereux sauf si j’assure moi-même ta protection, du sang à satiété et l’or que tu ramasseras dans tes missions. Nous n’en avons pas besoin… Moi-même je possède une certaine réserve de part ma famille… Et nos meurtres nous ont assuré une réserve plus que suffisante.

Je marquai une légère pause, lui laissant le temps de réfléchir quelques secondes à ma proposition. Enfin, je repris la parole, mon fin sourire toujours présent malgré mes mots qui suintaient la mort.

Tu peux aussi refuser… Dis-je, ironique. Mais je suis trop honnête en ce moment pour te garantir une belle escapade. A vrai dire je pense que je te tuerai maintenant. Ce serait dommage d’abimer un si joli corps… Ca a du demander beaucoup d’entrainement pour en arriver là. L’idée de le voir dégoulinant de sang serait jouissif, mais un cadavre reste un cadavre… Une belle image inutile.



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MessageSujet: Re: ۞ TERRE D'EXIL: EN CAPTIVITE Dim 15 Avr 2012 - 0:34


Voila ce que je te propose… Tu mets tes talents à mon service. C'est-à-dire que si je te demande de massacrer quelqu’un, enfant, femme, homme comme simple chien… Tu le feras. En échange tu recevras un toit, l’assurance d’être en vie plus ou moins efficacement… car mes propres hommes peuvent se montrer dangereux sauf si j’assure moi-même ta protection, du sang à satiété et l’or que tu ramasseras dans tes missions. Nous n’en avons pas besoin… Moi-même je possède une certaine réserve de par ma famille… Et nos meurtres nous ont assuré une réserve plus que suffisante. Tu peux aussi refuser… Mais je suis trop honnête en ce moment pour te garantir une belle escapade. A vrai dire je pense que je te tuerai maintenant. Ce serait dommage d’abîmer un si joli corps… Ça a du demander beaucoup d’entraînement pour en arriver là. L’idée de le voir dégoulinant de sang serait jouissif, mais un cadavre reste un cadavre… Une belle image inutile.

Depuis le fond de sa cage, Karlson écouta la proposition de Viladra d'une oreille attentive. Il entendit la porte de sa cellule grincer, se refermer derrière le dos de l'Alavirienne. A les voir ainsi, on aurait pu penser qu'elle était à la merci du tueur, mais le statu quo avait changé, et elle ne manqua pas de le lui faire remarquer en faisant cliqueter le fourreau de sa lame contre les barreaux de la cage, de manière à lui rappeler que, si elle pouvait le tenir en joue à la seule force de son esprit, elle appréciait visiblement tout autant faire couler du sang. La prudence était de mise.

Viladra lui proposait donc un toit, la sécurité... à condition de mettre sa lame à son service. Alors c'était comme cela que ça se passait ? Elle lui proposait tout. Absolument tout. Et elle demandait bien peu en échange. Le Valinguite fronça les sourcils. On n'offrait pas une telle chance à un inconnu, sur un plateau d'argent, à moins d'avoir une idée derrière la tête, et, s'il n'était pas du genre à se laisser avoir à ce jeu-là, la jeune femme mince et à l'apparence fragile qui à elle seule faisait barrage à sa liberté, à lui, Karlson Voïshinta, l'assassin le plus craint du continent de l'Est, ne semblait pas non plus être le type de personne à faire preuve d'une telle générosité sans avoir un projet plus ambitieux à l'esprit.

Mais la proposition n'était pas une proposition. Elle n'en avait que l'apparence. La voix de l'Alavirienne, il en connaissait le ton pour l'avoir lui-même déjà utilisé par le passé. C'était une menace qu'elle proférait, une voie à sens unique. Elle savait qu'elle l'avait acculé et qu'il n'aurait pas d'autre choix sinon de dire oui et de se soumettre à sa volonté impérieuse. Et le Hrejo n'aimait pas cela, être mis au pied du mur. Meurs ou obéis, et va savoir quel sort je te réserve pour la suite.


Il releva le menton et plissa ses yeux de grenat.

Mais encore ? Il marqua une pause. Mettre ma lame à ton service ne sera pas un grand sacrifice, surtout au vu de ce que tu proposes de m'offrir en échange.

Nonchalamment appuyée sur la porte de la cage, Viladra avait croisé les bras et le fixait sans ciller, arborant le même sourire que lorsqu'elle avait réalisé sa victoire lors de leur joute mentale, ce sourire fin qui se voulait hautain mais qui cachait son profond sentiment de victoire sur son prisonnier. Si les dieux de ce monde avaient décidé de mêler grâce et violence, force et fragilité, sang et pétale, mort et plaisir, ... pour donner naissance à une être hybride et unique en son genre, il en avait devant lui l'incarnation. Lui-même ne s'était jamais considéré comme totalement humain, non, il était plutôt une créature de l'obscur, comme son maître Ysiphyrus et ses semblables restés sur le continent de l'Est. Il comprenait petit à petit qu'il avait sous-estimé Gwendalavir et ses habitants. Après tout, pourquoi ces terres seraient-elles plus pauvres en phénomènes bipèdes que les terres orientales ? En somme, beaucoup de défis en perspective. La prochaine fois que l'occasion se présenterait de se confronter à un de ses voisins alaviriens, il ne raterait pas sa chance.

Karlson se tint immobile, tourna légèrement la tête pour observer la chef des Mercenaires de biais. Ses molaires grincèrent alors qu'il serait la mâchoire et retroussait la lèvre pour découvrir une canine limée en pointe.

A quoi joues-tu ? Penses-tu vraiment pouvoir me berner si facilement ? Quelles mentions du contrat as-tu préféré taire ? Ce n'est pas pour le plaisir que tu m'as capturé, emprisonné et battu comme on mâte un chien récalcitrant parce qu'il refuse d'obéir, n'est-ce pas ? Alors, dis-moi...

Le ton avait changé, il était devenu suave, enjoué presque. Mais la voix profonde et grinçante du Valinguite, comme une lame qu'on aiguise contre la pierre, ne cachait ni sa rancœur ni son désir d'étrangler celle qui se jouait de lui, qui le manipulait tel un pantin depuis qu'il avait été jeté dans cette cage. Mais plus encore, il éprouvé de l'antipathie envers sa propre stupidité. Il se mordait les doigts d'avoir été ainsi enchaîné. Et enchaîné, il l'était au sens littéral comme au sens figuré. Il avait le choix, entre la mort et ce que Viladra lui proposait. Mais ce n'était pas un choix, car le Hrejo comptait bien vivre encore quelques années, le temps tout au moins de tenir la promesse qu'il avait faite à son maître, et que son maître lui-même avait faite à son maître, de perpétuer la tradition millénaire des artistes de la mort du continent de l'Est. Il avait bon espoir de se faire connaître ici comme il l'était sur ses terres, de se faire connaître comme ennemi notoire de l'Empire, pour que jamais les dignitaires de ce pays ne dorment sur leurs deux oreilles et qu'ils mouillent entrejambes et aisselles à chaque bruit suspect et à chaque sursaut.

Sa grimace se mua lentement en sourire carnassier. Cela, la chef des Mercenaires semblait être en mesure de pouvoir lui offrir. Le seul et unique bémol était que Karlson travaillait seul, toujours. Il n'avait confiance qu'en lui-même et refusait catégoriquement de dépendre de qui que ce soit... Voyons voir ce que Viladra allait répondre à ses questions. Ensuite, il aviserait en fonction de la réponse. Au pire, il ferait en sorte qu'elle le laisse en vie, dans l'espoir de le soumettre plus tard à sa volonté. Et quand les gardes seraient de retour, il leur ordonnerait de le libérer et tuerait tous ceux qui oseraient se dresser sur son chemin vers la sortie. Une fois dehors, il se fonderait dans l'obscurité comme il savait si bien le faire et disparaîtrait pour quelques temps, histoire de restaurer ses forces et de s'armer pour la suite des opérations.
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MessageSujet: Re: ۞ TERRE D'EXIL: EN CAPTIVITE Dim 15 Avr 2012 - 22:33



.:I Alors nous sommes donc d'accord... I:.

"Vous entendrez toute l'année
Sur votre tête condamnée
Les cris lamentables des loups

Et des sorcières faméliques,
Les ébats des vieillards lubriques
Et les complots des noirs filous."



Je voyais la méfiance dans ses yeux. La méfiance est l’hésitation… Il était évidemment qu’il allait dire oui puisque je ne lui donnais pas le choix. Mais allait-il accepter par obligation ou par intérêt ? Là était toute la question et je me doutais bien de la réponse. On ne refusait pas une offre pareille lorsqu’on était un tant soit peu intelligent… Et il n’était pas totalement abruti. Je pourrais même aller jusqu’à dire qu’il était particulièrement intelligent… Pour un homme, j’entends ; il ne fallait pas pousser trop loin…
Il avait arrêté de faire les cent pas dans sa cage et se tenait désormais immobile, dardant ses prunelles rouges sur moi comme s’il avait l’espoir que ce simple regard me fasse chuter. Malheureusement non… Il me restait encore suffisamment de ressource pour ne pas céder face à l’image d’un homme enragé dont les fers qui l’emprisonnaient le forcer à accepter un marché qui n’en était pas un.
Il s’exprima enfin, me demandant quels réels projets j’envisageais pour lui. Voyons… Pourquoi fallait-il toujours que l’on se méfie de moi-même quand je me montrais honnête ? Je ne voulais que son bien après tout… Ou plutôt, je ne souhaitais que son pouvoir. Je me méfiais trop de mes mentaïs pour leur apprendre à utiliser leur don malgré la présence de gommeurs… Ils étaient du genre à utiliser leurs facultés à tord et à travers et leur faciliter la tache pour d’éventuelles et même très fréquentes mutineries n’était pas une bonne idée. Alors un guerrier qui savait tuer en proférant que quelques mots malgré toutes les protections placées devant lui… Il y avait de quoi se montrer désirable au-delà de ce qu’on pourrait imaginer, non ?

« Si tu te montrais honnête un peu ?
Mais je l’étais !
C’est vrai que pour toi, l’omission n’est pas un mensonge…
Je ne suis pas obligée d’approfondir sur les détails…
Et bien si, dans un contrat on écrit tout ! »

Me retenant de lever les yeux au ciel tant mes deux entités intérieures avaient le don de m’exaspérer, la voix de Karlson s’éleva à nouveau, beaucoup plus chaude et beaucoup plus savoureuse à l’écoute. Evidemment, il suintait toujours la haine et la déception de s’être fait avoir aussi facilement… Mais il n’y avait pas de quoi avoir honte, il m’avait tout de même fallu plusieurs hommes pour le capturer. Evidemment, à moi seule j’aurais peut-être réussi… Mais je me montrais tout de même déçue. J’avais espéré que deux mentais seulement suffiraient. La prochaine fois je les sélectionnerai mieux… Cela ne pouvait plus durer.
Mes lèvres s’étirant un peu plus dans un sourire provocant, je passai distraitement ma langue sur ma lèvre inférieure, l’air de réfléchir. Qu’allais-je répondre à ces accusations blessantes ? Hm…

Ce n’est pas pour le plaisir… ? Relevais-je, faussement étonnée. Mais je prends beaucoup de plaisir à maitriser les hommes comme toi… Il n’y a rien de plus excitant pour moi.

Voyant son visage rester de marbre malgré le tressaillement quasi imperceptible qui parcouru son échine, je retins un léger rire. Tester ses réactions était particulièrement amusant, pour moi. Les hommes étaient du genre à ployer le genou facilement devant une femme pourvu qu’elle soit bien faite. Il fallait dire que sans trop me vanter, j’avais assujettis beaucoup d’entre eux et qu’il toujours agréable de voir qu’il restait quelques individus sensés qui comprenaient que le danger se trouvait même derrière les plus belles apparences…
Je marquai un nouveau silence, voyant que s’il restait impassible, il y avait tout de même une once d’exaspération qui se faisait sentir dans l’attente de ma réponse. Ne le torturons pas plus longtemps… j’étais désagréable, mais pas trop quand même…

Ce que je veux de toi ? Repris-je alors, mon fin sourire toujours présent, beaucoup de choses à vrai dire… Mais je suis bien trop élevée pour toutes te les dire… les bonnes mœurs pourraient m’en vouloir. Mais dans des domaines plus abordables, je souhaite maitriser le pouvoir que tu as. Il faut dire que les hommes de l’Est sont rares ici, et je remarque que c’est fort dommage …

« Viladra…
J’ai le droit de rire, non ?
Oui mais ton humour est à la limite de la politesse, là.
Je suis très polie, que je sache…
Ouais ouais bien sur. »

Je veux faire de toi une pièce maitresse de mes projets. Tu n’es pas très enclin à me suivre volontairement… Mais je pense qu’après quelques moments passés ici, tu comprendras qu’il y a beaucoup d’avantages à me connaître… Tu es inconnu aux yeux de l’empire. Ni passé, ni présent et un futur que je veux dicter… Je t’accorde une liberté de mouvements optimale avec une loyauté infaillible de ta part. Volontaire ou forcée selon toi… Il va de soi que je ferai en sorte que tes compétences martiales s’améliorent ainsi que ton don. Les jouets inachevés ne m’intéressent pas… J’ai plus tendance à savourer ceux qui sont à l’apogée de leurs capacités.

L’éclat de mes yeux lunaires s’intensifia en même temps que mon regard. Je posai une main sur le pommeau de mon épée, traçant quelques cercles régulier sur sa poignée à un rythme régulier. Il était tout de même gagnant dans le jeu… Je ne pouvais pas me montrer plus magnanime.
Quand il sembla assimiler toutes les informations, je repris une dernière fois la parole avant de lui laisser le loisir de me répondre.

Si tu acceptes, tu pourras circuler ici à ta guise. Tu te dis certainement que tu prendras la moindre occasion pour t’enfuir… Mais les alarmes dessinées m’avertiront dès que tu mettras un pied en dehors du domaine et il serait dommage que notre relation s’arrête de façon tragique. Elle semble pourtant très bien commencer, après tout…

« Si pour toi c’est une bonne relation, je me pends !
C’est ironique, ma chérie, tu t’en doutes…
Ha non, évite les surnoms… Ca me fout la trouille quand t’es comme ça.
Il va falloir se mettre d’accord, un jour… »

Traçant toujours des cercles réguliers sur la poignée ouvragée de mon arme, je continuais de le regarder droit dans les yeux, soutenant sans peine son regard assassin. J’attendais une réponse et il me semblait que je la connaissais déjà… Espérons que je ne me trompe pas. Je voulais éviter de salir mes vêtements, aujourd’hui…



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MessageSujet: Re: ۞ TERRE D'EXIL: EN CAPTIVITE Mar 17 Avr 2012 - 23:07


Prendre du plaisir à maîtriser les hommes comme lui... Excitant... Maîtriser son pouvoir... Faire de lui une pièce de ses projets... Un futur qu'elle voulait dicter... Une loyauté infaillible pour une liberté de mouvement optimale... Les mots de Viladra roulaient dans son esprit et roulaient encore et encore comme le flux et le reflux. Elle avait prononcé ces vœux en le transperçant du regard de ses yeux de titane. Alors tel était son plan, étalé devant lui. Le voile était levé sur la voie qui s'imposait à lui et l'avenir que lui réservait son alliance avec les Mercenaires du Chaos. Alliance, car même s'il acceptait de collaborer, il ne désirait pas rejoindre les rangs des chaotiques, pour puissants qu'ils soient. Il collaborerait et, s'il devenait un nouveau pion sur l'échiquier de Viladra, il comptait bien endosser le rôle d'une pièce neuve, jamais vue, un électron libre, un carnivore solitaire détaché de la meute et œuvrant dans l'ombre, en son propre nom. Il assouvirait son appétit en chassant pour elle.


La seule part du contrat qui le dérangeait n'était autre que l'autorité que Viladra décrétait, son autorité sur lui. Selon ses dires, elle deviendrai pour lui une maîtresse à contenter... Dans un certain sens, cela ne poserait aucun problème, il se ferait un plaisir de pallier à toutes ses demandes, à toutes sortes de demandes. Cependant, malgré la liberté d'action qu'elle lui proposait et les avantages qu'il trouverait dans cette collaboration, le Valinguite était et resterait un fauve enchaîné, muselé, dont elle ne lâcherait la laisse ou n'ouvrirait la cage que pour dévorer l'adversaire qu'on lui présentait et répandre autant de sang qu'elle le désirerait, et, il n'en doutait pas, elle en désirait beaucoup. C'était ce collier cranté, ce collier étrangleur et cette laisse, cette laisse qui, aussi longue qu'elle fût, restait une laisse, que cette femme séduisante et dangereuse voulait lui passer autour de la gorge. Non, qu'elle lui avait déjà passé autour de la gorge. Elle savait. Elle savait qu'il le savait. Elle tenait déjà la laisse en mains et, à chaque minute qui passait, tirait un peu plus sur le lien, jouissait de voir le collier se resserrer sur mon cou et de sentir son pouvoir sur moi. Puissante Viladra, puissante Valkyrie... tu me tiens maintenant, mais un jour je serai en mesure de reconquérir ma liberté, d'une façon ou d'une autre.

Karlson secoua la tête pour dégager les mèches noires qui bouchaient sa vue, leva le menton et huma l'air humide, l'air qui sentait le renfermé. Il promena son regard de grenat sur la pièce, sur les barreaux, sur sa cage, … sur sa geôlière. La jeune femme l'observait en silence sans se départir de son sourire, un sourire qui révélait une dentition parfaite et éclatante, une bouche sensuelle et carnassière, une bouche souriante et acérée, avec des lèvres rouges comme du sang frais. Le Hrejo inspira, faisait glisser le vent entre ses dents, entre ses lèvres craquelées. Sa réponse monta dans sa gorge, vibra dans sa gueule, et sortit de son être comme un grondement de tonnerre.
J'accepte.

Deux mots. Deux mots brefs, lâchés sèchement, qui résonnèrent longuement dans le sous-sol vide de la forteresse des Mercenaires du Chaos. Karlson ne regardait pas Viladra, il fixait le mur de pierre nue, ruisselante d'humidité. L'écho de son consentement s'atténua dans l'air, jusqu'à disparaître complètement, comme si les paroles du Valinguite n'avaient été qu'une illusion. La jeune femme avait posé le couperet sur sa nuque et il avait prononcé les mots fatidiques qui étaient les seuls à pouvoir éloigner la lame qui menaçait sa vie. C'était fait, il avait baissé les armes et cessé de se battre contre l'inévitable. Elle l'avait forcé à courber l'échine et, malgré que c'était pour lui une première et qu'il fulminait d'être ainsi bridé, il avouait qu'elle était une adversaire de taille, et cela rendait sa défaite moins douloureuse. En outre, verser du sang pour les Mercenaires du Chaos ne serait pas une véritable corvée. Si Viladra décidait de l'utiliser intelligemment et de mettre ses capacités à profit, il serait un élément efficace dans ses rangs, elle le réaliserait rapidement. Par contre, si c'était le cas contraire... Il avait perdu une bataille, mais cela ne signifiait pas encore qu'il avait perdu la guerre. Il avait encore bien des ressources...

Quand il daigna enfin se tourner vers Viladra, celle-ci arborrait le mince sourire qui lui était désormais déjà familier. Son regard gris clair, lunaire, brillait d'une lueur maligne. Alors, chef... que vas-tu faire de moi désormais ? Des mèches noires retombèrent devant les yeux carminés de Karlson alors qu'il penchait la tête sur le côté, impassible et taciturne. Il remettait son destin entre les mains de velours de la chef des Mercenaires.
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MessageSujet: Re: ۞ TERRE D'EXIL: EN CAPTIVITE Ven 20 Avr 2012 - 19:15



.:I Un premier test. I:.

"O Satan, prends pitié de ma longue misère!

Toi qui, même aux lépreux, aux parias maudits,
Enseignes par l'amour le goût du Paradis.

O toi qui de la mort, ta vieille et forte amante,
Engendras l'Espérance, - une folle charmante!

Toi qui fais au proscrit ce regard calme et haut
Qui damne tout un peuple autour d'un échafaud,

O Satan, prends pitié de ma longue misère!"



Lorsqu’il accepta, j’eus du mal à me départir de mon sourire mais je parvins à afficher à nouveau un air plus noble. Le regardant une dernière fois, je lui tournai le dos et activai la manette à distance qui fit coulisser la porte métallique. M’engageant dans le couloir sans me soucier s’il me suivait ou non, je pouvais néanmoins sentir sa présence et l’ombre de son corps s’étendait devant moi. Si j’avais été à sa place, j’aurais immédiatement attaqué dès que j’eus tourné le dos… Mais il en savait désormais assez sur moi pour savoir que ce stratagème ne marcherait pas puisqu’il ne broncha pas. Ou alors il sembla tout simplement comprendre que notre… marché était entièrement à son avantage. Du moins, c’est ce qu’il semblait croire et je n’allais pas l’en démentir.
Nous atteignîmes le premier niveau de la haute tour et les mercenaires présents tournèrent la tête vers le prisonnier, le regardant avec animosité. Il fallait dire que tous ceux qui s’étaient approché de moi ou qui faisaient parti de mon cercle privé attiraient la jalousie. La jalousie était assez mortelle chez les mercenaires… Plusieurs de mes apprentis avaient disparu et je soupçonnais fortement qu’un ou deux mentaïs les aient égorgés dans leur sommeil avant de se débarrasser des corps. Seulement, je ne pouvais pas me résoudre à les tuer… C’était dans notre nature de prendre la vie des autres. J’avais protégé Kem durant son entrainement puisqu’il était la plupart du temps avec moi mais c’était rare ce genre de cas. Karlson allait devoir se débrouiller seul pour survivre… Même si j’allais garder un œil sur les mentaïs plus puissants que lui.

Dame Viladra, souhaitez-vous une escorte ?

Une escorte… ?

Le mercenaire ignorant pâlit lorsque je posai mon regard glacé dans ses yeux et il bafouilla une excuse avant de s’éloigner précipitamment. Il avait bien fait… Un frisson avait parcouru mes mains, prêtes à l’égorger. Bien que ma réputation dépasse désormais celles des plus grands chefs des mercenaires, ma nature de femme continuait parfois à apporter quelques désagréments dans ce genre mais peu à peu ils commençaient à comprendre. Une protection… J’avais déjà pensé à avoir un mentaï plus puissant que les autres pour assurer mes arrières comme tout bon chef se doit d’en avoir, mais finalement je m’étais rendue compte qu’il valait mieux que je m’aide moi-même. Les mutineries étaient fréquentes… Faciles à contrer mais tout de même présentes. Je n’allais pas prendre le risque de placer un potentiel ennemi près de moi…
Je gagnai rapidement le neuvième étage. Il y en avait une quinzaine dans cette tour et les derniers étaient consacrés aux mentaïs et à mon espace personnel… Qu’il accède directement à ce niveau-là était déjà un honneur pour lui, mais je doute qu’il en sache quoique ce soit. Je fis rapidement défiler les pièces principales, marmonnant leur utilité.

Bains… cuisine… garde-manger… prisons pour ceux que je ne souhaite pas trop abimer… salles d’entrainement…

« Il a de la chance, il y a de belles chambres ici.
Tu pourrais ouvrir ton hôtel, bwahaha !
Beh voyons… »

Je m’arrêtai devant une porte en lui indiquant qu’il s’agissait de sa chambre. Là je l’abandonnai après l’avoir ouverte, dévoilant une pièce assez vaste où un énorme lit trônait contre un mur couvert de teinture pourpre et où à son pied était creusé une vasque d’eau fumante qui servait à son hygiène… A condition qu’il supporte la température élevée. Le reste était sobre et c’était à lui de s’occuper de la façon dont il voudrait remplir son espace. J’étais sympa en ce moment… Mais le temps qu’il resterait là dépendait de son efficacité. Et d’un autre coté, en lui accordant un traitement de faveur… Je l’exposai à la haine des autres mercenaires. Je ne vous cache pas que je le fis exprès… Il est toujours amusant de savoir comment il allait s’en sortir.

Tes armes te seront restituées dans peu de temps. Lui indiquais-je, narquoise. En général ce sont des mercenaires de bas-étage qui s’occupent de l’intendance de la forteresse… Certaines sont potables, tu peux les utiliser pour ton plaisir si tu le souhaites… Elles auront l’ordre de satisfaire tous tes besoins sans exception, après tout.

Lâchant un petit rire en l’imaginant en compagnie de deux mercenaires qui auraient sans doute du mal à se plier face à cet étranger, je me demandais s’il allait prendre le risque de se faire tuer juste pour assouvir ses besoins d’homme. Pour ma part, je n’avais aucun mal à partager mon lit avec n’importe quel homme placé sous mes ordres mais rares étaient ceux qui survivaient au lendemain… Mais ça ne les empêchait pas de continuait à quérir cet honneur suprême. Seulement pour lui, chaque contact avec l’un de mes subalternes serait une prise de risque. Il allait devoir se tailler une place et au vu de son niveau actuel, il n’était pas impossible qu’il impose un respect digne d’un mentaï de force mineure ou moyenne. Il était puissant mais il lui manquait encore de l’entrainement… Bientôt il ferait parti des meilleurs, mais pas tout de suite.

Je t’attends dans une heure dans la salle d’entrainement. Repris-je plus froidement. Je veux voir de quoi tu es capable avec du métal entre tes mains… Car le don ne fait pas tout et s’il s’agit de ton seul talent, je reverrai notre marché…

Lui adressant un dernier sourire goguenard, je fermai la porte et disparus pour réapparaitre dans ma chambre cinq étages plus haut. Me lavant, me changeant d’habit pour revêtir un ensemble de soie noire brodés de rouge et d’or, le tissu moulait mon corps me permettant une liberté de mouvement optimale. Se battre dans l’élégance… J’y accordai une importance capitale.
Mes longs cheveux couleur de jais étaient encore humides et je les ramenai en arrière à l’aide d’une broche en argent. Attrapant mon arme à la lame noire et effilée, je la passai à la ceinture de cuir de la même couleur et allai me sustenter en compagnie de quelques mentaïs qui cherchaient à se faire bien voir. Une heure passa rapidement… Et je fis un dernier pas sur le coté, réapparaissant dans la salle d’entrainement, aussi longue que large qui occupait la moitié de l’étage. Patiente, je sortis mon arme, faisant miroiter les rayons rougeoyant du crépuscule sur son métal sombre veiné d’écarlate. Si mon intuition était bonne, je n’allais pas être déçue…



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MessageSujet: Re: ۞ TERRE D'EXIL: EN CAPTIVITE Sam 21 Avr 2012 - 15:03


La porte de la cellule grinça en coulissant, s'ouvrant en grand pour laisser sortir Viladra qui s'avança sans un regard en arrière pour le Valinguite qui lui emboîta le pas sans un mot. Elle s'engagea dans un couloir sombre et il la suivit. Karlson observait en silence les couloirs qui défilaient, ne prêtait pas la moindre attention aux Mercenaires qui croisaient leur route et le détaillaient impunément. Il lisait aisément dans leurs regards toute la haine qu'ils portaient déjà à son égard, alors même qu'il n'avait décidé de collaborer quelques minutes auparavant. Ils avaient beaucoup de raisons de le haïr. A leurs yeux, il n'était qu'un étranger, un inconnu, et l'inconnu inspirait la crainte, et la crainte menait à la violence. L'homme veut toujours comprendre, et quand il ne comprend pas, il éradique. Karlson était devenu cette menace à éradiquer. Et plus encore, sa présence dans ces murs, accompagnant la chef des Mercenaires du Chaos elle-même, ne faisait qu'attiser la jalousie. Il avait le sentiment qu'il aurait dû mourir dans le sous-sol. Mais la puissance de son don semblait avoir attiré l'attention de leur matriarche, assez pour qu'elle lui épargne la vie. Son instinct lui disait qu'il allait devoir casser os et corps pour se faire une place. Il sourit intérieurement. Voilà qui n'était pas pour lui déplaire. Il avait beau faire en quelque sorte partie des Mercenaires du Chaos désormais, il avait toujours une dent contre ceux-là qui l'avaient capturé et enfermé ici.

Viladra, toujours sans un regard en arrière, l'entraînait dans un dédale de couloirs. Ils gravirent plusieurs paliers, croisant toujours plus de Mercenaires, et surtout, d'après ce que le Valinguite pouvait observer, plus ils montaient, plus les quartiers étaient cossus, vraisemblablement réservés aux tueurs les plus hauts gradés. Apparemment, il était dans les faveurs de leur chef... Il allait lui falloir prendre garde à ne pas baisser dans son estime. Au moins, il était bien parti. Son objectif, sur le long terme, était de prendre avantage de sa position, de rester dans le cercle de Viladra pour assurer sa place dans la forteresse et, par la suite, graver les échelons qui lui donneraient autorité et respect, ou plutôt, qui feraient de lui un homme craint et puissant. Être un meneur d'homme ne l'intéressait pas. Il agissait toujours en solitaire, il n'avait confiance qu'en lui et en lui seul.

Un hommes s'adressa à Viladra, Karlson n'y fit pas attention. Elle le fit pâlir d'un regard avant de reprendre sa route. Elle l'emmena au neuvième étage, et ils débouchèrent sur une série de pièces communes.

Bains... cuisine... garde-manger... prison pour ceux que je ne souhaite pas trop abîmer... salles d'entraînement...

Elle s'arrêta devant une chambre qu'elle désigna comme la sienne et précisa :

Tes armes te seront restituées dans peu de temps. En général ce sont des mercenaires de bas-étage qui s’occupent de l’intendance de la forteresse… Certaines sont potables, tu peux les utiliser pour ton plaisir si tu le souhaites… Elles auront l’ordre de satisfaire tous tes besoins sans exception, après tout. Je t’attends dans une heure dans la salle d’entraînement. Je veux voir de quoi tu es capable avec du métal entre tes mains… Car le don ne fait pas tout et s’il s’agit de ton seul talent, je reverrai notre marché…

Fermant la porte, elle le laissa seul dans sa chambre. Karlson observa les lieux. La décoration était plutôt spartiate. Les murs étaient de pierre nue, quelques meubles de bois vides étaient disposés ci et là. Mis à part, un grand lit couleur sang contre le mur et de longs rideaux dans les mêmes tons qui pendaient de part et d'autre des hautes fenêtres, la pièce était vide. Un bassin avait été creusé dans la pierre et de la vapeur émanait de son eau bouillante. Bien, il allait commencer par se laver. Ensuite, il chercherait de quoi manger léger. Il ne tenait pas à faire face à Viladra de la même manière que dans la cage. Son don était puissant, mais il n'était rien comparé à ses prouesses lame en main, et il comptait bien le lui prouver.

Il se déshabilla, se lava, désinfecta ses plaies avec des plantes et produits médicinales qu'il trouva dans un bahut près du lit et ligatura puis pansa soigneusement celles qui menaçaient de saigner trop abondamment. Il était du genre à guérir vite et ses blessures datant de sa capture ne seraient pas un handicap pour son combat. Après s'être vêtu de l'armure de cuir noire qui lui avait été apportée, il se dirigea ensuite vers les cuisines de la tour, qui étaient vides à cette heure, et grignota sur le pouce un peu de viande séchée avant de boire de l'eau fraîche à satiété. Désormais, il lui fallait récupérer ses armes. Sa lame au métal clair, gravée de runes inconnues en Gwendalavir, était un héritage de son maître et il était prêt à faire un carnage si un autre que lui osait poser les mains dessus.

Quittant la tour, de mémoire, il retourna dans les sous-sol pour demander ce qu'on avait fait de son équipement. Le Mercenaire, affalé derrière son bureau, se moqua ouvertement de lui, ce qui déplut fort au Valinguite qui, se penchant en avant, attrapa l'homme à la gorge d'une seule main et le souleva à vingt centimètres du sol. Après avoir menacé de le torturer et de le faire mourir dans d'atroces souffrances, Karlson obtint enfin de lui qu'il lui amène son cimeterre et ses poignards. La lame n'avait pas été abîmée. Les Mercenaires n'utilisant pas ce genre d'arme, elle avait traîné au fond de la remise, attendant d'être amenée au forgeron qui allait la fondre pour façonner une nouvelle lame. En apprenant ça, un sourire carnassier s'étira sur son visage. D'un coup de poing, il fit voler le Mercenaire à travers la pièce. L'homme atterrit dans un coin, assommé – inerte dans tous les cas, mort ou pas, ça n'avait pas d'importance, sa lame seule valait mieux que cents hommes comme lui.

Remontant dans sa chambre, il y rangea ses poignards avant de sortir en la fermant à clé, en route vers la salle d'entraînement. Les Mercenaires qu'il croisait ne cessaient de le toiser avec animosité, mais cela ne le dérangeait pas. La vie promettait d'être intéressante dans les murs de la forteresse de Viladra. Il arriva enfin dans la salle d'entraînement. Viladra l'attendait là, faisait étinceler la lame sombre de son épée dans la lumière rougeoyante du crépuscule. Des Mercenaires l'observaient dans un silence respectueux et ne manquèrent pas de commencer à chuchoter quand Karlson entra. Il dégaina son arme et se posta face à la chef des Mercenaires.
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MessageSujet: Re: ۞ TERRE D'EXIL: EN CAPTIVITE Dim 6 Mai 2012 - 19:52



.:I Une période de détente... avant la bataille. I:.

"..."



rp perdu dans une bête édition haha (je le retrouverai, ils sont tous enregistrés sur WORD Oo





Dernière édition par Viladra Memphis le Sam 21 Juil 2012 - 17:34, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: ۞ TERRE D'EXIL: EN CAPTIVITE Mer 9 Mai 2012 - 23:31



Karlson était entré dans la vaste arène. Les Mercenaires spectateurs avaient cessé de bouger, un murmure s'était élevé alors qu'il s'était approché de Viladra, vêtu d'une armure de cuir noir ajustée de plaque de métal, une armure de Mercenaire. Il pouvait sentir les regards appuyés des guerriers et guerrières de la forteresse, les commentaires acerbes qu'ils se partageaient, la jalousie dans les rides qui creusaient leurs fronts, … Décidément, leur chef lui avait réservé un traitement de faveur, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Il avait été gracié, engagé dans la guilde – forcé, mais ce n'était à présent qu'un détail, propulsé à un grade élevé, richement logé, …

Tss, d'une certaine façon, je peux comprendre. Après tout, s'il était sur le continent de l'Est un maître tueur, craint, à la fois haï et révéré, dont les services particuliers étaient achetés par les plus grands et grandes pour les causes les moins nobles, il était ici en territoire inconnu. Et il était surtout un animal inconnu, jamais vu en Gwendalavir, une nouvelle expérience, immaculée, inviolée, vierge de toute attache, un canevas blanc qu'elle désirait peindre de la couleur rouge sang du chaos, un minéral veiné d'or et de métaux inconnus avec lesquels elle voulait forger une dague sacrificielle, … En avait-elle seulement les moyens ?

Le Valinguite aspirait naturellement à devenir plus fort, plus dangereux, plus efficace. Mais, si le rôle de tueur qu'elle lui proposait lui convenait, il n'était pas prêt à devenir une marionnette entre les doigts de Viladra, aussi doux et fuselés qu'ils soient. C'est quand on est piégé et mis en cage qu'on réalise enfin que la liberté n'a pas de prix. En attendant, il allait devoir composer.

Posant les yeux sur lui, la Mercenaire eut une mimique amusée. Elle tira sur un cordon de soie de son vêtement et révéla sa tenue de combat. Sa tunique tomba, glissant le long de sa silhouette longiligne, découvrant le haut de son corps, nu mis à part un pan de tissu noir couvrant sa poitrine. La finesse de son corps et la pâleur de sa peau n'étaient que des illusions qui masquaient ses muscles fins mais durs comme de l'acier, un corps entraîné à tué, aussi délectable que meurtrier.

Commençons ! J'ai hâte de voir la couleur de ton sang, Karlson !

Et sa attendre, épée à la main, elle s'élança. Le Valinguite esquiva aisément sa première attaque d'un mouvement du buste, dégaina son cimeterre et frappa. Elle attaqua à nouveau et les deux adversaires oublièrent tout ce qui le entourait pour se concentrer sur le ballet de lames qu'ils partageaient. La chef des Mercenaire était redoutable, pas brutale ni féroce, mais mortellement précise et agile. Elle se mouvait et cherchait l'angle parfait et l'instant fatal pour porter son attaque, vive et implacable, telle une vipère qui guettait la faiblesse de sa proie pour planter ses crochets et envenimer sa proie. Leurs mouvements se firent de plus en plus rapides, jusqu'à ce que leurs armes deviennent floues, formant entre eux une barrière de métal presqu'invisible à l’œil nu. Les lames décrivaient dans l'air des arcs meurtriers, s'entrechoquaient, rebondissaient l'une contre l'autre pour attaquer de plus belle. Les Mercenaires du Chaos qui observaient leur valse meurtrière étaient abasourdis et éprouvaient le plus grand mal, non seulement à suivre la joute, mais également à déterminer lequel des deux combattant avait le dessus.

Même si ceci n'était qu'un entraînement, Karlson devait avouer que Viladra était une virtuose de l'épée. Certes, elle n'était pas aussi dangereuse que son maître Isyphyrus dont la mort elle-même craignait de venir cueillir la vie, mais son talent et sa fougue au combat étaient indéniables, et c'était une des nombreuses raisons pour lesquelles elle dirigeait cette guilde d'une main de fer. La première blessure, Viladra la lui porta à l'épaule gauche, du tranchant de son épée. Elle était peu profonde et n'handicapait en rien le combat, ce n'était qu'un mince filet de sang qui coulait sur une plaque de métal avant de tacher le cuir noir et neuf de son armure. A son tour, il porta une attaqua qui blessa la chef des Mercenaires. Son cimeterre décrit un arc dans l'air, capta le regard de la jeune femme et, alors qu'il allait de toute évidence frapper de face, il fit passer son cimeterre dans sa main gauche et frappa à droite. La lame traça un trait écarlate sur le bras nu et les spectateurs poussèrent des jurons.

Puis ils rompirent le combat. Viladra effectua un saut périlleux et s'écarta et tous deux laissèrent leur arme pendre le long de leur corps. La chef des Mercenaires afficha un sourire satisfait. Visiblement, les performances physiques de son prisonnier valaient la peine de l'avoir libéré. Au fond de lui, l'animal assoiffé de sang ronronna de plaisir.

C'est à cet instant qu'un imprudent s'élança vers Karlson. Il entendit distinctement le chuintement métallique de la lame qu'on tirait du fourreau. Eh bien, après l'armurier, une nouvelle occasion se présentait pour prouver aux Mercenaires qu'on ne marchait pas impunément sur ses plates bandes. Il esquissa un mouvement et... la tête du Mercenaire voltigea, atterrissant rudement contre un des murs de l'arène, laissant l'assemblée de spectateurs sans voix. Viladra avait bougé, elle avait tué un de ses hommes pour... avait-elle vraiment cru qu'il ne pourrait se défendre contre une attaque surprise.

Sur le visage du Valinguite apparut soudain la colère et la frustration. Tuer cet importun aurait été pour lui une occasion idéale, parfaite, tombée à point pour verser le sang d'un des nombreux Mercenaires qui n'appréciaient guère sa présence dans la forteresse, au sein de la guilde. Viladra éleva la voix pour allègrement menacer les siens, et il fut contraint de ravaler sa bile.

Navrée pour ce contretemps. Certains éléments de cette forteresse ont du mal à se tenir... Nous pouvons reprendre si vous voulez ou arrêter. J'ai vu vos capacité et elles me suffisent.

Karlson essuya son cimeterre et rengaina sa lame dans son fourreau, faisant rouler les muscles de ses épaules pour s'étirer et se passant distraitement une main sur la nuque. Il secoua ses cheveux couleur plumes de corbeau et fixa Viladra, non sans une certaine amertume... Si la jeune femme n'avait pas été sa supérieure mais sa véritable adversaire, il aurait rompu la trêve et se serait lancé à corps perdu dans la bataille. Malheureusement, il n'était pas là en position de force et devait se résoudre à faire profil bas, littéralement même. Il inclina la tête.

J'agirai selon vos désirs... dame Viladra...
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MessageSujet: Re: ۞ TERRE D'EXIL: EN CAPTIVITE Sam 21 Juil 2012 - 17:26



.:I Une période de détente... avant la bataille. I:.

"Comme les anges à œil fauve,
Je reviendrai dans ton alcôve
Et vers toi glisserai sans bruit
Avec les ombres de la nuit ;

Et je te donnerai, ma brune,
Des baisers froids comme la lune
Et des caresses de serpent
Autour d'une fosse rampant."



[hrp] : Désolée du retard j’ai heuuu oublié ce rp Oo Je fais une réponse de transition pour une future mission.

Le combat s’était terminé précipitamment mais j’avais réussi à conserver mon calme. Au final, trancher une tête c’était compenser le fait d’ouvrir un combat sans l’achever avec quelqu’un qui n’était ni mon élève, ni mon ennemi. Il fallait dire qu’en dehors des entrainements que j’accordais à mes élèves, il était rare que je ne tue pas ma victime à la fin. Quel petit chanceux, décidemment…
Poussant un léger soupir, je rejetai en arrière mes longs cheveux noirs désormais poissés de sang. Peut-être devais-je faire durer ce combat qui me mettait dans un état de transe… Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas détendue. Tryss et Caym mettaient tellement de temps à revenir de leur mission que ça en devenait frustrant. Les autres mercenaires ne me suffisaient plus, je voulais de la fougue, de la douleur et de l’extase… Et ce combat m’apportait tout cela, même s’il manquait cette petite touche d’excitation érotique qui faisait tout de la différence. Tant pis, je pourrai me rattraper après… J’aimais les défis.

… Selon vos désirs…

Sa voix grave me ramena à la réalité et j’haussai légèrement un sourcil. Mes désirs ? Avait-il conscience des désirs qui traversaient mon esprit ? Avait-il conscience que je n’étais pas femme à se satisfaire de peu… ? Etait-ce de la pure provocation ou une invitation au danger... ? Non, je voyais dans son maintien et dans son aura qu’il venait d’admettre l’inchangeable : j’étais plus puissante que lui et il allait falloir qu’il fasse avec. Qu’il se soumette, littéralement… Une perspective alléchante.

« Je croyais que tu aimais que l’on te résiste ?
Oui, c’est vrai. Mais de la docilité, ça ne fait pas de mal…
Les mercenaires font tous profil bas devant toi, tu dois te lasser…
Oui, c’est pour cela que mes deux petits favoris commencent à m’exaspérer de leur absence…
Qui sait, peut-être se sont-ils entretués…
…Dans ce cas, il faudra renouveler les stocks… »

Laissant échapper un léger qui fit frissonner les mercenaires spectateurs, j’avançais tranquillement vers lui jusqu’à me trouver à quelques centimètres seulement. L’envie de lever son épée contre moi à cet instant devait être insoutenable, pour lui… Mais j’aimais tant le danger. J’aimais tant la souffrance, l’incertitude, le désespoir… j’aimais ces cris de douleur et me délectais de la peur autant que de l’envie. Mes mercenaires le savaient et avaient conscience du danger lorsqu’ils se faisaient remarquer. Ceux qui partageaient mon lit ne pouvaient plus témoigner du plaisir autant que de la peur qui s’emparaient d’eux le temps de quelques heures mais des rumeurs avaient fini par filtrer. Tous savaient à quoi s’attendre s’ils leur prenaient l’envie de me séduire un peu trop vite… Seuls deux avaient réussi cet exploir. Le reste n’était que menu fretin. Mais toi, Karlson… Oui toi, si jamais j’apprenais que l’on ne t’avait pas trop gouté, fais très attention… Car j’aimais l’unique autant que la beauté.

Oui, tu agiras selon mes désirs, guerrier de l’ombre… Susurrais-je, mes lèvres frôlant son oreille avant de glisser au coin de sa bouche. Et j’espère que tes capacités pourront… me satisfaire entièrement.

Une présence familière dans mon dos me coupa et je me retournai, un sourire narquois étirant mon visage. Un homme de haute taille à la musculature imposante et aux traits fins me fixait, ses yeux d’un bleu très clair contrastant sur une peau halée. Le visage harmonieux, le corps d’un adonis, il représentait un peu le fantasme de beaucoup de femme mais son regard glacé en rebutait plus d’une. Moi j’aimais ça, et il le savait…
Maitre mercenaire, Tryss d’il Khand était à mon service depuis peu de temps. Peu bavard, rares étaient ceux qui le connaissaient mais j’avais repéré dès le début ses regards caressant mon corps, sa langue qui venait régulièrement glisser le long de ses lèvres lorsque je m’approchais de lui. J’avais vu l’attention obsessionnelle qu’il me portait et la jalousie sans borne lorsque l’un de ses confrères venait à s’approcher trop près de moi. J’aimais jouer avec lui et en retour, il m’offrait des moments de jouissance dotés d’une loyauté sans faille…

Tryss, je commençais à m’énerver tant tu tardais… Te voilà enfin de retour.

Acquiesçant silencieusement, je vis son regard glisser vers Karlson et se mettre à le jauger. Qui était-il ? Etait-il plus fort que lui ? Il y avait là un pari intéressant. Dans la science des armes, ils se valaient… Mais Karlson avait l’avantage du don, et ce n’était pas négligeable. Evidemment, j’avais beau me repaitre du sang des autres, je ne voulais pas gâcher de deux mes plus… intéressants potentiels.
Il s’approcha alors de moi, se penchant à mon oreille pour me murmurer quelques mots, sa main ne pouvait s’empêcher de frôler l’intérieur de ma cuisse en passant. Acquiesçant la tête, je me tournai vers le Valinguite une fois qu’il eut fini.

La séance est terminée, annonçais-je d’une voix maitrisée, va prendre un bain et t’habiller, dans une heure nous…

Sentant à nouveau le souffle chaud de mon favori se glisser dans mes cheveux je modifiai ma phrase.

…Non, dans deux heures nous partirons en mission. Tu m’attendras dans le hall le temps que je… finisse deux trois choses.

Quittant les lieux, suivie de Tryss, j’aurais pu le congédier avant d’élever encore plus sa frustration. Il ne m’aurait pas été moins déloyal mais sa folie m’aurait fait plaisir à voir… Seulement, il fallait avouer que je n’étais pas contre une partie de plaisir.
Posant une main sur son épaule au moment-même où il s’emparait de mon bassin pour me plaquer contre lui, nous fîmes un pas sur le coté jusqu’à ma chambre. Je me fichais éperdument des regards jaloux ou haineux des mercenaires qui venaient de sortir de la salle d’entrainement dans mon dos. Qui sait, s’ils travaillaient, peut-être que leur tour viendrait…
Ses mains furent bientôt sur mon corps, le silence ayant fait place aux halètements de mon partenaire tandis que je passai une main sur ses cheveux désormais très courts. Mes habits se déchiraient dans mon dos, tombant au sol en lambeau mais je gardai mon calme pour le moment.

Sais-tu où est Caym, Tryss ?


Je sentis son mécontentement, ses doigts qui serraient mes hanches se contracter légèrement sous ce nom qu’il haïssait. Néanmoins docile, il me répondit qu’il ne tarderait sans doute pas et je récompensai son obéissance en glissant ma main sous son tissu. Il n’était pas difficile de ressentir à ce simple contact qu’il était prêt à se glisser dans mon être pour faire de ce moment un mélange de douleur et de plaisir. Ce ne fut qu’au moment où je le sentis écarter mes jambes et plaquer son corps contre le mien, que pour une fois j’abandonnai toute résistance.

Je me tenais appuyée dans le hall, vérifiant que toutes mes armes étaient à leur place. Les cheveux encore humides du bain que j’avais pris quelques minutes avant, mon cœur battait légèrement plus vite, le rythme de mes actions précédentes imprégnant encore ma chaire. J’étais de bonne humeur, c’était une bonne chose pour Karlson… Il n’aurait pas à subir trop de mes caprices.
Tournant la tête lorsqu’un bruit de pas se fit entendre ainsi qu’un bruit métallique signalant une arme battant contre une ceinture, je tournai la tête et le vis arriver. Les yeux d’une lueur écarlate, un démarche aussi nonchalante que féline, les regards des mercenaires présents se posèrent sur lui et les plus faibles y affichèrent du mépris autant que de la crainte. Les autres le fixaient comme des loups imaginant la plus belle façon de lui sauter à la gorge mais ma présence limita toutes ces idées morbides et je m’avançai vers lui.

Ponctuel, voilà une qualité qui me plait… Remarquais-je alors. Ton cheval a été ramené, nous passerons les prendre avant de commencer… notre expédition en pays faël…


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۞ TERRE D'EXIL: EN CAPTIVITE

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