۞ LES ROIS DES VOLEURS

Karlson Hrejo Voïshinta
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Karlson Hrejo Voïshinta
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MessageSujet: ۞ LES ROIS DES VOLEURS۞ LES ROIS DES VOLEURS Empty29.06.12 23:12

    ۞ ENVAÏ / LES ROIS DES VOLEURS ۞



Cela faisait une demi-heure que le Valinguite attendait dans le hall du quartier général des Astariotes. Contrairement aux Jors et aux autres guildes d'Envaï qui se réunissaient dans des bâtiments vétustes et abandonnés, souvent en ruines, les Astariotes avaient investi une ancienne et vaste maison de maître dont ils avaient fait le haut lieu de décision de leur groupe. Mais ce palace n'était que la partie immergée de l'iceberg, car un passage bien gardé donnait sur les égouts et catacombes de la cité-état qui traversaient le sous-sol d'Envaï de long en large et permettait aux Astariotes de surgir çà et là à travers la ville pour surprendre leurs rivaux, ou de disparaître rapidement en cas d'urgence. C'était là un bien grand avantage sur les guildes rivales, mais il aurait été simpliste de penser que les autres n'avaient pas elles-mêmes quelques secrets jalousement gardés qui pouvaient s'avérer décisifs en temps de conflit...

En face de Karlson, deux hommes larges et lourdement armés gardaient une épaisse double-porte s'ouvrant sur les quartiers de Driss, l'actuel chef des Astariotes, et si ces hommes n'étaient vêtus que d'armures de cuir usagées et si leurs armes n'étaient que des épées à dents si élimées qu'elles étaient plus contondantes que tranchantes, il ne doutait pas que ces hommes fussent de véritables machines à tuer. Leur posture, leurs nombreuses cicatrices, leurs muscles noueux, leur regard perçant auquel rien n'échappait et leur façon de se tenir, prêts à réagir au quart de tour à la moindre sollicitation, au moindre soupçon, mettait en garde le Hrejo attentif. Ces brutes épaisses n'avaient pas seulement l'air de titans, c'en étaient de vrais.
۞ LES ROIS DES VOLEURS 120629104759640230

Il n'avait cependant rien à craindre ni des titans, ni de Driss, ni des Astariotes en général. Les Hrejos avaient longtemps rechigner à se lier à des roturiers et à des bandits, son maître lui-même avait souvent servi les seigneurs d'Envaï qui brûlaient de se débarrasser de quelque chef de guilde trop ambitieux. Cependant, Karlson avait trouvé bien des avantages à mettre ses services à disposition de l'ancien chef des Astariotes, et à travailler ensuite auprès de Driss qui avait tenu à entretenir les relations de sa guildes avec les artistes de la mort. Tout d'abord, qu'ils soient des bandits ou pas, les chef de guildes payaient grassement pour les services rendus. Et comme Karlson mettait un point d'honneur à remplir parfaitement ses missions, les deux partis étaient gagnants. Ensuite, il n'éprouvait désormais aucune difficulté et ne trouvait aucun obstacle sur sa route lorsqu'il parcourait les différents quartiers et territoires des guildes d'Envaï. Et enfin, les Envinites n'étaient pas rancuniers et ne lui en tenaient pas rigueur s'il servait parfois des guildes rivales. L'honneur, chez les bandits, était une chose toute relative.

C'était donc tout intentionnellement qu'il avait autrefois approché le chef des Astariotes et que les deux hommes avaient conclu un marché, marché qui avait été renouvelé à sa mort par son prédécesseur, Driss. Les deux hommes s'étaient immédiatement entendus. A l'époque, Karlson n'avait qu'une vingtaine d'année, tout comme lui, et des liens d'amitié s'étaient tissés entre eux. Entre celui qui reprenait le lourd fardeau de son père et celui qui endossait le rôle du bras armé et vengeur.

Viladra lui ayant donné le feu vert pour remplir les missions de son choix, il avait décidé de ne pas servir cette fois les Mercenaires mais d'en revenir à ses anciens employeurs. Il avait donc demandé à un mentaï qui était déjà venu sur le continent de l'Est de l'envoyer à Hurindaï d'un pas sur le côté, avec son cheval noir de jais Shi, et de là il était reparti vers Envaï. Ce n'était qu'un mois plus tard qu'il devrait se rendre à nouveau à Hurindaï où l'attendrait le mentaï pour le ramener en Gwendalavir. Il était rapidement arrivé à Envaï, et sans encombres, par des chemins et sentiers que lui seul connaissait. Arrivé le matin même, il avait loué une chambre dans une auberge des beaux quartiers où il s'était lavé de la crasse de son voyage et d'où, à pieds, il avait rejoint le territoire des Astariotes qui l'avaient mené à leur quartier général après qu'il se soit présenté.

Assis sur un haut fauteuil capitonné, il attendait que Driss finisse sa paperasse, ce qui ne dura plus très longtemps. En effet, la double-porte s'ouvrit et un page, ou plutôt un jeune Astariote auquel on confiait les tâches les plus assommantes, l'invita à le suivre. Il le mena sans un mot à travers un large couloir aux murs tapissés et l'introduisit dans le bureau de son supérieur. Driss était un homme grand, le teint mat, aux cheveux châtains et aux yeux d'un bleu pervenche dont la douce couleur ne faisait que masquer un regard littéralement perforant auquel rien n'échappait, ni les mensonges, ni les sombres intentions.

Voïshinta ! Rit l'Astariote en lui donnant l'accolade. Mon ami !

Mon ami... celui qui fait couler le sang pour ne pas que tu te salisses les mains, mais soit... Karlson répondit à son accolade. Driss le détailla de la tête aux pieds.

Voilà bien longtemps que nous ne t'avons plus vu à Envaï.

La chute de Valingaï m'a causé des problèmes et j'ai dû m'effacer pendant quelques temps.

L'explication parut convaincre Driss qui acquiesça. Il fit le tour de son bureau, s'assit et invita son interlocuteur à faire de même.

Comment se passent les affaires à Envaï ? S'enquit le Valinguite par pure formalité.

Driss fit un geste vague de la main.

Nous avons eu des démêlés avec les Jors. Ces voleurs se croient tout permis et violent régulièrement nos frontières. Fort heureusement, ce ne sont que des parasites qui vivent de rapines tandis que nous Astariotes... nous évoluons à un tout autre niveau, comme tu peux le voir.

Le sourire carnassier de Driss en disait long. Il avait beau avoir l'apparence d'un jeune homme parfait et convenable, il n'en était pas moins à la tête d'une armée de bandits, de voleurs, de mercenaires et de coupe-gorges. Il n'était pas bon d'être son ennemi. Karlson lui-même avait quelques fois ramené des proies vivantes que les Astariotes avaient conduit dans leurs geôles et allègrement torturés jusqu'à ce qu'ils avouent quelque crime qu'ils n'avaient certainement même pas commis. Les affaires étaient les affaires et le Hrejo exécutait ses missions sans poser de question. La vie était courte pour ces bandits, alors qu'ils meurent maintenant ou plus tard, peu lui importait et sa conscience s'en portait très bien.

La discussion continua ainsi pendant près d'une demi heure, puis progressa vers des affaires plus importantes. Driss tira un parchemin de son bureau et le déroula. Il expliqua à Karlson qu'un membre du conseil des Jors avait mis sa tête à prix et lui envoyait des assassins. Les assassins en question n'étaient que de vulgaire mercenaires des routes, mais l'Astariote craignait que l'homme entre en contact avec un autre Hrejo et désirait régler ce problème au plus vite. Et l'arrivée du Valinguite tombait à pic, tant et si bien que Driss lui demanda à brûle-pourpoint de lui ramener la tête de ce Jors en échange d'une belle rémunération. Avant d'accepter, Karlson s'enquit des raisons de ce conflit, et Driss lui raconta qu'il avait accidentellement tué le fils de dix-sept ans de cet homme. « Comment aurais-je pu savoir que c'était son fils ?! Ce gamin s'est infiltré dans notre quartier général et s'est jeté sur moi, un couteau à la main ! » Driss était visiblement contrarié. Il se fichait bien de la mort d'un Jors, mais il avait une guilde à gérer et la vie lui était encore trop douce pour qu'il y renonce. Karlson accepta la mission et, ayant récupéré son sourire, Driss le convia à sa table pour fêter son retour et l'invita même à séjourner dans le quartier général des Astariotes. Mais le Valinguite refusa la dernière proposition. Il ne souhaitait pas qu'on voie en lui l'assassin attitré des Astariotes.

Aussi retourna-t-il a l'auberge après cette discussion, se changea, et repartit en ville. Depuis son départ du continent de l'Est, il n'avait pas encore su se familiariser avec les poisons alaviriens, ainsi profitait-il de son passage à Envaï pour remplir ses bagages de tout ce dont il aurait besoin pour la mission à venir et pour son retour sur le continent de l'Ouest.

Une fois le soir tombé, il s'en retourna au quartier général des Astariotes et rejoignit Driss et ses quatre proches conseillers qui dînaient dans une vaste salle aux minces meurtrières et aux murs de pierre nues couverts ci et là de larges tapisseries. Une longue table rectangulaire de bois rouge trônait au centre de la pièce, couverte de plus qu'assez de bouteilles de vins, de viande et de fruits pour six personnes. Karlson fut invité à s'asseoir à la droite de Driss qui lui présenta ses conseillers. Les quatre hommes, tous plus âgés que Driss, dans la force de l'âge, détaillèrent l'inconnu. Ils devaient avoir eu vent de l'amitié de leur chef avec un Hrejo, et c'était clairement une bonne chose pour la guilde. Les Astariotes parlaient de la politique envinite, de la progression ou régression des autres guildes, de leurs projets pour l'avenir, … Karlson ne prenait que partiellement part à la discussion mais écoutait avec attention ce que disait chaque homme présent. Il se doutait que, si Driss avait insisté pour qu'il soit présent ce soir, cela signifiait qu'il doutait de l'un de ses hommes et qu'il comptait sur la vigilance du Hrejo.

C'est alors que les discussions reprenaient de plus belle, les convives s'emportant allègrement, les insultes fusant alors qu'ils commençaient à deviser sur les conflits internes, que le page qui l'avait introduit auprès de Driss le matin même se glissa timidement par la grande porte et, pâle comme un linge, tira timidement la manche du chef des Astariotes. Driss, l'air plus étonné qu'agacé, se tourna vers le garçon qui lui souffla quelques mots à l'oreille. Driss fronça les sourcils, annonça qu'il prenait congé de ses invités et se leva, faisant signe à Karlson de le suivre. Le Hrejo se leva, précédant l'Envinite hors de la pièce.
Süraby Ilseirenn
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MessageSujet: Re: ۞ LES ROIS DES VOLEURS۞ LES ROIS DES VOLEURS Empty30.06.12 17:38

Süraby suivais le voleur boiteux dans le labyrinthe de ruelles, exerçant une pression continue dans le dos de l’homme, son poignard logé entre ses deux omoplates d’où s’écoulait le sang à flots de plus en plus abondants. Le dessinateur la suivait sans dire un mot, elle ignorait le fond de sa pensée. Peut être la désapprouvait-il. Elle-même ne se reconnaissait pas, elle était calme, comme à son habitude, faisait preuve d’obstination, cela non plus ne changeait pas vraiment, mais la fatigue et l’affront qui lui avait été fait l’avais rendue froide et même implacable. D’humeur sauvage. Elle n’hésiterait pas à liquider le voleur si elle n’avait pas besoin de lui pour accéder au chef de son clan, son état actuel dénotant totalement avec sa nature pacifiste. Elle conservait cependant une attitude mesurée, continuant d’avancer, intègre à elle même.

**

- Non, désolée, mais je ne peux pas.

Son grand père se tenait devant elle, impassible. Reprendre sa place à la tête du pays ? Avait-il perdu l’esprit ? Certes sa mère avait fuit, reniant le poste, partant pour l’aventure. Süraby était sa digne fille, mais également la dernière descendante susceptible d’y avoir accès. De plus sa position de mi-faëlle mi-alavirienne lui offrait des qualités d’ambassadrice peu communes, parlant les deux langues à la perfection et ses années de vagabondage lui ayant apprit à connaître les deux coutumes mieux que n’importe quel faël.

- Je ne VEUX pas !

Il avait posé gravement la main sur son épaule, lui avait remis la lettre qui certifiait l’abandon de ses fonctions à Süraby, la prévenant ainsi qu’elle n’avait pas le choix. Elle était piégée, mise devant le fait accomplit. Le gout amer de la trahison l’envahit. Tout son être hurlait sa répulsion face à l’idée de devoir récupérer la place de son aïeul. Elle s’était dégagée, rageuse, et était partie, enfourchant El’ et disparaissant vers nulle part.
A l’image de sa liberté.


C’est à cet épisode plus ou moins décisif de sa vie qu’elle repensait en souriant lorsqu’elle avait prit place sur le pont d’un bateau Haïnouk aux cotés de Thowind. Ils s’étaient retrouvés tout à fait par hasard à Al Jeit, lieu de recueillement paisible pour Süraby. Elle avait été heureuse de retrouver une tête connue. Il lui avait fait part de sa convocation au palais impérial et la faëlle l’avait donc accompagné, en profitant pour avertir l’empereur du changement établit à la tête du gouvernement faël. Et donc de sa prise de fonctions, lui remettant la lettre signée par son prédécesseur. Elle avait rapidement accepté son sort, son accès de fureur disparaissant aussi rapidement qu’il était venu. Après tout même si elle devait assumer de nouvelles responsabilités il était hors de question d’abandonner l’indépendance qu’elle avait acquise. Prenant connaissance de la mission officielle dont était chargé le dessinateur, elle se présenta comme l’accompagnatrice de Thowind, représentant de son côté le peuple faël, offrant ainsi un mélange de cultures intéressant et on lui accorda ce premier acte politique de bonne grâce. Elle s’était une fois de plus embarquée dans une aventure sur un coup de tête. Son grand père voulait qu’elle agisse, il allait être servit... Ils partaient pour les Terres de l’Est le jour même.

Le vent caressait les hautes herbes des plaines souffle, créant ainsi l’illusion de vagues ondulantes. Süraby avait d’abord été impressionnée par la taille du navire aux grandes roues, nettement supérieure à celle du bateau qu’elle et Thowind avait pris pour traverser la mer. Puis elle avait commencé à apprécier le paysage, trouvant le confort sur le pont, accoudée au bastingage en se laissant bercée par le mouvement régulier du bâtiment. Les fils du vent avaient hésité à les prendre à bord, étant d’un naturel méfiant avec les étrangers. Mais la faëlle et le dessinateur parvinrent à les convaincre, exposant la nature officielle en tant qu’ambassadeur de leur déplacement. Le fait qu’ils n’étaient que deux dût certainement conforter les Haïnouks dans leur choix. Et petit à petit ils s’étaient ouvert aux deux émissaires, une relation de confiance s’établissant entre eux. La faëlle appréciait particulièrement de grimper au filet pour prendre de la hauteur et se fondre dans les bourrasques, aider dans l’entretient du navire et même discuter longuement avec ses habitants, jouer avec les enfants qui avait rapidement appréciée cette jeune fille au sourire espiègle. La compagnie de Thowind aussi c’était avérée agréable, elle apprécia converser avec lui. Ainsi le temps passa et vint le moment où Envaï apparue à l’horizon, le soleil haut dans le ciel se reflétant sur les parois de pierre bleu pâle de ses murailles.

Les Haïnouks arrêtèrent donc leur navire à bonne distance, justifiant leur geste par la présence de voleurs aguerrit et dangereux en ville. Intriguée par leur réaction, Thowind et Süraby remercièrent toutefois chaleureusement les fils du vent, qui les attendraient au même endroit durant le déroulement de leurs activités commerciales. Après d’innombrables avertissements au sujet du traitement à l’égard des étrangers en ville, ils prirent leur départ. Ne perdant pas de temps, les deux émissaires se rendirent aux portes de la ville et se présentèrent aux gardes en bonne et due forme. Les portes s’ouvrirent sur le regard peu amène des hommes en poste et Süraby remarqua qu’un messager s’était élancé à travers la grande rue principale certainement en direction du palais, les devançant. Elle ignorait pourquoi mais elle eu l’impression plus ou moins réjouissante que les raisons de leur arrivée n’allaient pas rester inconnues. Mais ses réflexions s’arrêtèrent là, le monde qui s’offrait désormais à ses yeux captivant toute son attention. Ils avançaient au milieu de bâtiments dont l’architecture différait de celle des villes alaviriennes, les habitations ouvragées bordaient les venelles, offrant parfois accès à des cours à la végétation entretenue. Des hautes tours à l’architecture improbable s’élançaient vers le ciel. Après avoir monté une volée de marches, ils passèrent devant une fontaine rejetant son eau dans un bassin de taille moyenne grouillant de vie. Süraby eu du mal à détacher les yeux du jeu de couleurs aux reflets vifs qu’offraient les sortes de poissons encore inconnues aux yeux des deux alaviriens. Progressant rapidement, ils furent reçu au palais sans encombre et le seigneur des lieux les accueillirent peu de temps après. Thowind entrepris d’exposer la situation et le désir de Sil’Afian d’instaurer un commerce actif entre le Gwendalavir et Envaï, présentant avec habileté les avantages de sa démarche. Süraby indiqua également que le pays faël ouvrait volontiers ses portes aux commerçant et voyageurs divers lorsque ceux-ci venait dans une démarche pacifique. Ils passèrent ainsi une bonne partie de l’après midi à traiter avec le dirigeant qui paru séduit par leur discours. Ils finirent par s’entendre et remplirent ainsi les traités de paix et les autorisations à accoster sur leurs terres respectives en passant par les alliances assurant la paix entre les deux gouvernements. Concluant leur accord par une poignée de main, le seigneur les congédia et ils purent quitter le Palais.

Süraby n’avait pas vu le temps passer. La nuit approchait malgré l’activité régnant encore en ville. Apparemment une fête ou un genre de bal été prévu ce soir. En descendant les marches, s’éloignant peu à peu du Palais, Süraby songea aux temps où elle dansait encore dans les villages alaviriens à la tombée de la nuit. Un poids c’était enfin envolé de leurs épaules. Elle sourit à Thowind :


- Je crois qu’on a bien mérité un peu de repos.

Les auberges au centre de la ville étaient magnifiques, leurs jardins rivalisant de beauté et leurs chambres atteignant des sommets de luxe inconcevable. Elles étaient donc également hors de prix, fréquentées par les nobles que l’on pouvait apercevoir en tenues extravagantes la journée, régnants en maîtres sur la ville. Les deux ambassadeurs en avaient rencontré quelques uns au palais. Ils avaient cessé de parler de la fête organisée le soir même pour les dévisager sans prendre la peine de se faire discrets. Süraby leur avait rendu leur regard, n’appréciant qu’à moitié l’intérêt malsain qu’on leur témoignait.

Ils empruntèrent donc une ruelle moins large dans le but de dénicher une auberge plus abordable et le calme soudain les laissa étourdis un instant. C’est peut être pour cela que Süraby n’entendit pas l’homme arriver. Thowind eu juste le temps de se retourner et d’éviter la lame qui fusait vers son visage, coup d’une extrême précision, certainement pas lancé au hasard. Déséquilibré, le dessinateur ne put empêcher l’homme de lui arracher le dossier qu’il tenait sous le bras. Tout c’était déroulé très vite, l’homme parti en courant, aussitôt pris en chasse par Süraby. Il tourna à un coin de rue affluant sur la route principale de la ville et, refusant de le perdre de vue, Süraby s’y engagea à son tour. Elle pila. L’homme s’enfuyait, se fondant dans la masse indistincte de la foule grouillante. Entre lui et la faëlle bientôt rejointe par Thowind, quatre hommes s’avançaient, longues épées émoussées en main, vêtu de tunique sombre. Ils avaient l’allure à la fois guerrière et furtive. L’un deux eu un sourire assassin, les saluant d’un ‘bonsoir’ amusé. C’était trop. Tout ce passait à merveille et des complications devaient apparaître une fois le plus dur du travail achevé. Ils ne pouvaient se permettre de retourner voir le dirigeant pour lui apprendre la disparition des accords. Jugeant inutile de s’embarrasser des formalités, elle jeta un coup d’œil à Thowind qui avait l’air aussi résigné qu’elle. Elle n’aimait pas la violence, mais elle n’avait pas le choix et la moue provocante de l’énergumène la poussa à agir. Offrant son plus beau sourire à l’homme, elle s’élança. Alliant la rapidité à la précision, elle se fondit à la dernière minute au sol, brisant les rotules du grand gaillard qui s’étala parterre dans un bruit sourd. Prenant appui sur ses mains, elle s’éleva et en un bon atterrit sur la nuque du blessé. Lui ne se réveillerait plus. Elle évita le coup de l’autre homme, sa musculature d’avantage développé que son compagnon, il s’acharna sur la faëlle qui, dégainant de justesse sa courte épée, se retrouva submergée un instant. Se reprenant rapidement, elle sortit un poignard et accentua la vitesse de ses coups, cherchant une faille qui ne tarda pas à apparaitre. La tête de son adversaire demeurait vulnérable, elle frappa de toutes ses forces. Sonné, l’homme ne put parer le coup de Süraby, sectionnant le tendon de son bras droit, le bruit de la lame heurtant le sol raisonna dans la ruelle. A une cinquantaine de mètres seulement les derniers passant se pressaient, ignorant tout des événements qui se déroulaient si proches d’eux. Thowind de son coté été venu à bout de ses deux adversaires. L’homme se tenait le bras, Süraby appuya la pointe de son arme sur sa gorge, le dissuadant ainsi de tenter toute escapade. Lorsqu’elle parla, elle était très calme :


- Qui t’envois ?

L’homme eu un sourire provocant entre deux grimaces de douleurs, refusant de répondre. La jeune fille se haï profondément pour ce qu’elle allait faire. Elle gifla l’homme sans défenses de son épée, entaillant profondément la joue. L’attitude de l’homme la poussait à agir ainsi. Elle se persuada que c’était la seule façon de parvenir à ses fins. Il laissa échapper une information au sujet d’un dénommé Driss. Ne laissant paraitre aucune émotion, elle enchaîna :

- Mène-nous à lui.


Les rues défilaient, et, bifurquant une nouvelle fois, Süraby fut ébahie lorsque l’homme désigna une grande maison luxueuse, très ouvragée, tout le contraire de l’idée que l’on pourrait se faire d’un repère pour leur genre d’activité qui étaient tout sauf légales. On aurait pu exiger entre autre un minimum de discrétion. Ils pénétrèrent donc dans l’enceinte, sur leur gardes. Six membres vêtus semblablement aux précédents était présents dans la salle qui faisait office d’accueil, des gardes probablement. Thowind et Süraby étaient en forme, ils les mirent rapidement hors d’état de nuire. Se concentrant, elle lança ses couteaux avec vivacité, les deux trouvant leurs cibles et les emmenant dans leur dernière chute. Le dernier n’eu pas le temps de dégainer que déjà il se pliait de douleur sous l’impacte du choc dans sa cage thoracique et Süraby n’eut qu’à l’achever en abattant le tranchant de sa main d’un coup sec sur sa nuque. En aidant Thowind à regrouper les corps dans un coin de la pièce, joignant celui inanimé de leur guide, elle constata avec horreur qu’elle avait plus tué d’hommes en un soir que dans le reste de sa courte vie. Ne laissant rien savoir de son état, elle aperçu un jeune homme derrière un comptoir qui les contemplait les yeux exorbités. Probablement le même âge que la faëlle, peut être plus âgé. Elle lui ordonna calmement d’aller prévenir Driss que Thowind kil’Muirt et Süraby Ilseirenn souhaitaient le voir. Sur le champ. Il partit aussitôt, l’air mal assuré.

Elle observa alors la pièce, des tableaux très travaillés étaient pendus au mur, probablement volés. Et elle tomba sur une jeune fille aux cheveux marron noué en un chignon duquel dépassait quelques boucles folles. Ses traits étaient durs et inexpressifs, seuls ses yeux marron renvoyaient quelque chose de bestial. Elle ne comprit qu’après qu’il s’agissait de son propre reflet. Elle rit doucement, ce qui eu un effet bienfaisant sur son corps qui se délia. A quoi avait elle penser en se rendant ici ? Elle s’était bêtement jetée dans la gueule du loup, l’endroit grouillant probablement de voleurs affirmés, aussi redoutable combattant que les autres. En plus elle s’était crispée pour rien, perdant son sang froid habituel. Consciente de son erreur, elle sourit à Thowind, détendant ses traits, en entendant des bruits de pas retentir et se rasséréna : place aux négociations, et certainement à la fuite si ces dernières tournaient au vinaigre.
Le jeune homme de tout à l’heure parut. Deux hommes le suivaient. Le premier dégageait un sentiment d’autorité incontestable. Il promena son regard cobalt dans la pièce. Tiquant légèrement sur la masse informe qu’il relia du regard à la faëlle souriante et au dessinateur impassible. Le second dégageait une aura qui intrigua Süraby, à la fois attirante et effrayante. Lorsque son regard carmin se déposa sur elle, la jeune fille du déployer tout les efforts du monde pour ne pas frissonner. Celui à la chevelure châtain, certainement Driss, prit la parole :


- Alors, puis je savoir quelles raison me valent l’honneur de votre présence ici ?

Süraby se tourna vers Thowind, conservant son flegme naturel. Celui-ci acquiesça. Elle sourit au chef des voleurs, allant droit au but le plus diplomatiquement qu’elle le put. Evidemment, le fait qu’ils aient frappés sur ses hommes contrastait avec son apparence détendue et pacifique :

- Un de vos homme nous à dérober des documents d’une importance capitale. Pourrions nous les récupérer, s’il vous plait ?

Elle avait prononcé sa requête d’une voix aimable. Elle attendit la réponse, observant les deux hommes tour à tour. Celui à l’allure de guerrier au sang froid à toute épreuve restait impassible. Peut être était-il un ami de Driss, où quelque chose s’en approchant...
Karlson Hrejo Voïshinta
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MessageSujet: Re: ۞ LES ROIS DES VOLEURS۞ LES ROIS DES VOLEURS Empty15.07.12 2:03

Spoiler:
 


Quand Driss et Karlson pénétrèrent dans le hall, précédant le petit page, ils manquèrent de trébucher sur les corps des hommes de l'Envinite. D'un geste de la main, Driss fit signe au garçon de s'en aller, les laissant seuls avec les deux personnes qui avaient soudainement fait irruption dans la demeure des Astariotes. Il s'agissait d'un homme et d'une femme et leur air si particulier les désignait certainement comme des Alaviriens. Karlson en avait côtoyé assez souvent pour pouvoir observer leur façon d'être si différente de celle des Orientaux. L'homme, un peu en retrait de sa comparse, avait des cheveux brun foncé en bataille et observait la scène, promenant ses yeux bleu sombre sur les corps, puis revenant à sa partenaire avant de se poser sur Driss et Karlson. Ce dernier décelait dans le jeune homme un je-ne-sais-quoi qui lui inspirait la méfiance, comme une force cachée. Un dessinateur peut-être ? Mais le Valinguite ne pourrait en être certain qu'une fois qu'il se plongerait dans les spires...

La jeune femme qu'il accompagnait était tout autre. Pas très grande, mais svelte et finement musclée, elle était vêtue de vêtements de cuir et de tissus qui épousaient parfaitement les courbes gracieuses de sa silhouette élancée. Sa peau était cuivrée et les doigts fermés sur la garde de son poignard étaient fuselés et dépourvus des cals solides qui paraient généralement les mains des guerriers. Les courtes mèches couleur feu qui avaient glissé sur son visage pendant la confrontation empêchaient de bien distinguer son regard. Malgré la sueur qui coulait sur sa gorge, elle releva fièrement la tête et décocha à Driss un sourire mutin avant de lancer :
۞ LES ROIS DES VOLEURS 120702103208178866

Un de vos hommes nous a dérobé des documents d'une importance capitale. Pourrions-nous les récupérer, s'il vous plaît ?

Le ton aimable qu'elle avait employé tranchait avait son regard perçant, dissimulant une menace. Mais il en fallait plus pour impressionner Driss. Ce dernier vrilla son regard bleu cobalt sur la jeune femme et leva un sourcil, arborant un sourire amusé. Menace ou pas, il savait qu'il ne craignait rien. Non seulement était-il un bretteur hors pair, le chef des Astariotes qui régneraient bientôt sur Envaï, mais il était également flanqué d'un Hrejo, Karlson Voïshinta de surcroît, le disciple unique du très notoire Isyphyrus. Cependant, Karlson lui-même était loin de se faire se genre de réflexion. Il avait observé les corps, les deux intrus, puis avait posé la main sur la garde de son cimeterre à son côté, plus par habitude que par nécessité, passant son autre main dans ses mèches noir jais. Il n'était pas là pour se battre ni pour tuer. S'il le fallait, ou si Driss le lui demandait, il dégainerait sa lame, mais ce n'était pour l'instant pas le cas. Driss lui-même rechignant à se salir les mains, il appela ses hommes qui firent irruption par deux couloirs qui desservaient le vaste hall.

Attrapez-les et emmenez-les dans les cachots.

Les hommes, quatre colosses en cuirasse armés d'épées dentelées, se ruèrent sur leurs deux victimes. Mais ces dernières se tenaient prêtes. Alors qu'une épée tendait vers sa gorge, la jeune femme bougea au dernier moment, se glissa sous la lame d'un mouvement fluide et son poignard fit le reste, le premier homme tomba, lâchant son épée, pressant ses deux mains sur sa cuisse d'où s'échappaient déjà des flots de sang. Elle avait sectionné une artère.

Comme sa partenaire se relevait pour faire face à son deuxième adversaire, le jeune homme à ses côtés fit exactement ce à quoi s'attendait le Valinguite. Il plongea dans les spires et dessina une chaîne qui se dressa comme un serpent avant de s'enrouler autour des chevilles du colosse qui le menaçait. Karlson accueillit cet exploit avec un sourire. Il posa un main sur l'épaule de Driss qui se tourna aussi vers le jeune homme. Et ce fut au tour du Hrejo de s'immerger dans les spires. Il fila dans les possibles d'un trait vif et net, droit vers sa cible. Ses lèvres remuèrent et formèrent un mot unique qui rendrait le dessinateur aussi inoffensif qu'un chaton.

Sors.

Et il fut expulsé de l'Imagination. Les yeux ronds, le jeune homme se tint coi, confus mais conservant son flegme, alors même que le deuxième garde qui le menaçait bondissait sur lui, l'écrasant au sol d'un douloureux et surréaliste plaquage. Assommé, il resta là, inerte sur le sol, le visage rouge, les yeux clos et la bouche entrouverte. Driss éclata de rire et tapant amicalement l'épaule de Karlson.

Magnifique ! Magnifique ! S'exclamait-il. Allez, frère, occupe-toi de la petite, montre-moi encore comment tu te bats !

Hochant la tête, Karlson ferma brièvement les paupières sur ses yeux carmins. Quand il les rouvrit, une lueur froide et féroce brillait dans ses prunelles écarlates. Ses doigts glissèrent le long de la garde ouvragée de son cimeterre et ses doigts se refermèrent sur sa poignée. S'en suivit un long chuintement, comme il dégainait lentement la lame ornée de runes anciennes. Il s'avança, fit signe au garde qui ferraillait avec la demoiselle de s'écarter et de lui laisser sa place. La jeune femme observa la scène d'un mauvais œil et lança un regard de défi au Hrejo. Épuisée comme elle l'était par l'enchaînement des combats, elle ne serait pas difficile à vaincre. Son grand atout était son agilité. Ses esquives étaient audacieuses et pourtant parfaitement calculées et sa vivacité lui avait permis de prendre son premier adversaire par surprise. Cependant, ses atouts étaient maintenant ce qui allait la conduire à sa perte, car, en contrepartie, elle manquait d'endurance, contrairement à Karlson qui était un combattant équilibré et qui, malgré la longue route qu'il avait parcourue, était en cet instant frais et dispos, prêt à en découdre.

D'un pas souple, il s'approcha, tint sa lame d'une main, lui fit décrire une courbe basse, rasant le sol alors qu'il se mettait en position, puis la remonta d'un même mouvement circulaire, prit sa lame à deux mains et la tint près de son visage, pointée vers son adversaire. Cette gestuelle silencieuse avait soutiré un sourire satisfait à Driss pendant que la jeune femme en face de lui se mettait en garde.

La jeune femme s'élança, feinta de côté, effectua une acrobatie et se retrouva à côté du Valinguite qui, au lieu de reculer, avança vers elle jusqu'à ce qu'ils se heurtent, leurs visages à quelques centimètres l'un de l'autre, leurs yeux vrillés dans ceux de l'autre. Mordorés. Ses yeux étaient mordorés. Ce mouvement brutal surprit la jeune femme qui hoqueta lorsque le poing du Hrejo percuta son estomac. Elle fut projetée en arrière contre un mur et, avant qu'elle ne puisse réagir, la pointe du cimeterre s'enfonça dans son épaule avant de s'en retirer d'un même mouvement fluide. Sous le choc, elle ouvrit la bouche pour parler, mais aucun son n'en sortit. Elle porta la main à son épaule et, glissant contre le mur sur lequel elle laissa une traînée rouge, se retrouva sur le sol. De l'autre côté de la pièce, Driss applaudissait.

Karlson essuya sa lame et la rengaina.

Je n'ai pas touché d'organe vital. Ne laisse pas la plaie s'infecter et tu pourras à nouveau te battre dans peu de temps.

Il avait dit ça sur un ton neutre avant de lui tourner le dos, laissant les gardes les ramasser, elle et son compagnon, pour les mener aux cachots.
Süraby Ilseirenn
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MessageSujet: Re: ۞ LES ROIS DES VOLEURS۞ LES ROIS DES VOLEURS Empty23.07.12 16:50

La pierre était froide, dure. Un peu humide certainement, comme en témoignait l’odeur de moisissure. Ils étaient plongés dans la pénombre, la seule source lumineuse présente provenait des torches faiblardes accrochées aux murs. Après les derniers évènements pour le moins mouvementés, Süraby se surprit d’apprécier le silence qui régnait en maître dans les cachots. Appuyée contre le mur de la cellule, elle pansait sa plaie du mieux qu’elle le pouvait. Elle avait rapidement arrêté de saigner et, même si elle avait sa fierté, elle devait bien donner raison au porteur de la lame qui s’était plongée dans son épaule. Son bras conservait le plus gros de sa mobilité. Elle jeta un coup d’œil à Thowind, qui reposait inerte à ses côtés. Sa respiration était cependant régulière et la faëlle ne s’inquiéta pas pour lui. Elle-même était épuisée et la perspective de s’endormir, même sur le sol dur, lui apparaissait de plus en plus séduisante. Elle se reprit. Il fallait déjà réfléchir aux moyens disponibles pour sortir d’ici. Elle était comme une louve qu’on avait mis en cage : d’humeur farouche, fatiguée, mais sauvage. Se redressant, elle tenta de se lever mais une douleur fulgurante au ventre l’en empêcha. Soulevant sa chemise pour observer les dégâts, la tache bleue violine qui s’étalait sous son plexus solaire lui soutira une autre moue déconfite. Elle ne pourrait rien faire pour cela. Elle ferma les yeux et appuya la tête sur ses genoux qu’elle avait ramenés à sa poitrine, abandonnant l’idée de remuer ne serais ce qu’un orteil. Elle ne serait pas efficace tant qu’elle ne se serait pas reposée. Süraby sombra en songeant qu’elle perdait un combat pour la deuxième fois de la soirée, et repensant aux causes de sa présence ici.

**

Driss avait eu un sourire amusé et avait appelé ses hommes, indiquant ainsi à Süraby que sa demande avait été rejetée. Elle s’était élancée, neutralisant le premier homme avec efficacité. S’il s’était effondré, les muscles de la faëlle faiblissaient. Elle se tournait malgré tout vers le second lorsque la voix de Driss les coupa dans leur élan :


- Magnifique ! Magnifique ! Allez, frère, occupe-toi de la petite, montre-moi encore comment tu te bats !

La situation prenait une tournure indésirable. Incontrôlable. Elle jeta œil noir au chef des voleurs. Il apparaissait évident qu’il savait se battre, même si envoyer ses hommes à sa place lui avait paru une solution agréable pour ne pas intervenir. Süraby n’était même pas sure de pouvoir l’emporter face à lui, surtout après s’être fatiguée lors des derniers combats. Ca ne faisait pas moins de lui un être méprisable. L’homme qu’il avait appelé se détournait du dessinateur plaqué au sol pour s’avancer vers la jeune femme. Une démarche pareille ne trompait pas : harmonieuse, assurée. Il n’était probablement pas un homme de Driss. Employé à son compte aurait été plus juste. Et si il avait balayé toute résistance d’un dessinateur du niveau de Thowind comme un fétu de paille, l’issue du combat était tout simplement scellée. Elle agit rapidement, mesurant chaque mouvement pour se rapprocher de lui. Lorsqu’elle se retrouva à son niveau, prête à agir, il bougea. Stupéfaite par la rapidité du geste, elle n’eut aucune réaction. Il se retrouva bientôt si prêt que leurs regards se croisèrent un instant. Aucune émotion ne transparaissait dans ses yeux. L’angoisse se lu t-elle dans ceux de la faëlle ? Mettant fin à ses réflexions, le poing du guerrier vint la cueillir au creux de l’estomac. L’air déserta ses poumons tandis qu’elle entrait violemment en contact avec un mur, l’impact ébranlant son corps. Elle suffoquait et son cri de douleur se perdit au fond de sa gorge lorsque la lame de l’homme traversa la chair sous sa clavicule. Portant la main à son épaule, une nuée de papillon s’agitait déjà devant ses yeux et elle luttait contre l’étau qui oppressait sa poitrine, ouvrant et fermant la bouche comme un poisson hors de l’eau. Elle se sentit glisser à terre, tentant désespérément de faire affluer l’air à ses poumons.

- Je n'ai pas touché d'organe vital. Ne laisse pas la plaie s'infecter et tu pourras à nouveau te battre dans peu de temps.

Réjouissant. La cage thoracique de la jeune femme se libéra soudainement, la laissant en proie à une violente crise de toux. Le guerrier se détourna et avança de son pas nonchalant vers Driss. Sa voix s’était révélée aussi insondable que ses yeux, son timbre grave n’exprimant aucune émotion. Celle de Driss, dégoulinante de miel, lui parvint tandis qu’elle et Thowind se faisait entraîner sans cérémonie vers les cachots. Il était visiblement ravi des exploits de son ‘frère’, s’extasiant comme un enfant face à l’efficacité de l’homme. Encore étourdie et haletante, Süraby se laissa porter jusqu’à sa cellule, ne prêtant pas attention au chemin emprunté et bien trop fébrile pour esquisser un seul geste.

**

Elle ouvrit les yeux, papillonnant un instant face à l’obscurité. Il lui fallut un moment pour retrouver sa lucidité et comprendre où elle était. La jeune femme demeurait au sol, la pierre s’étant réchauffée à son contact. Elle se morigéna intérieurement : combien de temps avait-elle passer à dormir ? Elle lança un regard circulaire au cachot. Ses yeux se posèrent successivement sur Thowind qui dormait toujours, le verrou de sa cellule et finit par l’homme posté prés de la porte sur une chaise, le trousseau de clef accroché à sa ceinture. Elle s’arrêta sur ce dernier élément, réfléchissant à une solution, bien déterminée à ne pas passer le restant de ses jours prisonnière de ses murs. De tous les plans qu’elle élabora un seul sembla réalisable, même si leur situation commençait à paraître désespérée.

Elle se leva. Si son geste, un peu trop rapide, la déstabilisa un instant, elle constata avec satisfaction que son corps avait recouvré ses forces. Elle s’étira, ses articulations craquant, raidies par le contact de la pierre. Elle jeta un coup d’œil au dessinateur inerte, vérifiant qu’il dormait encore profondément. Si ce qu’elle s’apprêtait à faire parvenait à des oreilles indésirables, la honte la poursuivrait jusqu’à la fin de son existence. Elle s’approcha des barreaux de la cellule, son regard vrillé sur le dos du garde.


- Heu… excusez moi ?

L’homme lui jeta un coup d’œil las avant de retourner à son occupation première : compter les briques du mur. Il aller falloir faire mieux. Süraby enroula ses bras autour des barreaux, consciente de la tournure ridicule que prenait la scène. Sa voix se fit enjôleuse :

- Ce doit être dur de rester ici, seul et sans aucune… compagnie.

Elle maudit l’hésitation dans sa voix, accentuant du mieux qu’elle put le dernier mot. L’homme sembla cependant mordre à l’hameçon et l’observa plus attentivement, allant jusqu’à sourire face au positionnement nonchalant de la faëlle. Son expression malsaine fit tiquer la jeune femme qui se rattrapa par un sourire charmeur. Du moins elle espéra qu’il l’était. Il dut croire qu’elle lui faisait de l’œil car les coins de ses lèvres se relevèrent un peu plus et il avança vers elle.

- Hmm, c’est vrai…

Il conservait tout de même ses distances, trop éloigné pour que Süraby puisse tenter quoi que se soit. Mesurant chaque geste, elle délia lentement le cordon de cuir qui fermait le haut de sa chemise tachée de sang, laissant entrevoir son décolleté. Un sourire entendu se dessina sur ses lèvres, elle vrilla son regard dans celui de l’homme qui se rapprocha d’elle jusqu’à ce que leurs corps ne soient séparés que de quelques centimètres. Il passa les mains dans le dos de la faëlle et descendit un peu plus bas. Résistant à l’idée de lui assener son poing dans le visage, elle passa lentement ses mains dans la nuque de l’homme, le lacet toujours dans sa main droite.

Il ne compris qu’au moment où le cordon se referma sèchement sur son cou. Il eut un brusque mouvement de recul mais la jeune femme tint bon, prenant appui sur les barreaux. Tout sourire attrayant avait disparu, et la lutte silencieuse débuta. L’homme tenta de crier mais aucun son ne sortit de sa bouche grande ouverte. Il se retourna, le cuir mit son cou à vif et il se démena comme un diable pour faire lâcher prise à Süraby qui s’accrocha d’autant plus au cordon, déterminée à en finir. Elle ne se détendit qu’après le dernier soubresaut du garde. Il glissa au sol et la captive n’eut qu’à tendre la main pour saisir les clefs. Désormais il n’était plus question de traîner. Elle réveilla Thowind en vitesse, consciente que celui-ci risquait de ne pas coopérer. Elle le convaincu cependant de faire un pas de côté pour retourner à l’ouest, il était reposé et pourrais revenir la chercher avec du renfort, car seuls face aux voleurs leurs chances étaient plus que faibles. Il ne mit pas longtemps à céder. Il disparu donc et Süraby n’attendit pas. Testant en intégralité le trousseau sur la serrure elle attendit patiemment le déclic caractéristique de l’ouverture du verrou. Il retentit à la dernière clef. Après avoir récupérer ses effets personnels, elle s’élança dans le couloir. A son extrémité un escalier aux marches défoncées s’élevait. Ne ralentissant pas sa course, elle rebondit sur la première marche, sautant aux endroits où il n’y en avait plus. Une fois parvenue en haut elle ralentit, désireuse de conserver sa discrétion. L’étage avait repris ses allures de belle maison aux tapisseries extravagantes et il ne lui restait plus qu’à chercher le hall par lequel ils étaient arrivés. Son souffle était profond, les battements de son cœur ordonnés. Des pas retentirent à sa droite, provenant du couloir adjacent. Quand ils arrivèrent elle était prête, ramassée sur elle-même. Elle bondit. Les deux hommes tombèrent sans bruit sur la moquette de velours couleur sang. Elle progressa silencieusement. Le couloir d’où provenaient les deux hommes était plus spacieux, certainement un passage général. La porte sur laquelle débouchait le couloir s’ouvrit sur un homme et le cœur de Süraby fit un bond lorsqu’elle entraperçu le hall. Rapide, elle l’assomma avant qu’il ne puisse donner l’alarme. Elle s’élança dans le hall, prête à affronter n’importe quel voleur pour sortir de cet endroit étouffant. Elle interrompu son geste. Entre elle et la porte se dressait celui que Driss prenait tant de plaisir à appeler son ami.

Il avait accès au dessin, aussi elle ne prit pas le loisir de perdre des secondes précieuses pour l’observer. Elle dégaina sa courte épée et s’avança, prudente. Elle donna le premier coup que le guerrier évita avec une facilité non feinte. Il la dominait d’une bonne tête. Ses coups étaient rapides et puissants, beaucoup trop maîtrisés au goût de la faëlle. Elle comprit que cette fois elle ne gagnerait pas, aussi elle se contenta de caler son rythme sur le sien, ne souhaitant pas s’épuiser inutilement. Elle avait de l’énergie à revendre et parait souplement les attaques de son adversaire, conservant sa technique rapide et appliquée. Elle observa le schéma du guerrier et prit de l’assurance, cessant de reculer. Voulant créer une faille, elle accéléra brutalement, et en une pirouette agile elle s’immisça dans la défense du guerrier avant de tracer une ligne de feu dans son dos. La réplique fut immédiate et elle du plonger au sol avant de bondir en arrière pour éviter le cimeterre qui rasa sa peau. Elle se redressa de toute sa hauteur, à quelques mètres de lui. Les vêtements du jeune homme laissaient deviner une musculature assez imposante, sa peau était pâle, et des mèches couleur jais encadraient son visage. Il l’observait, ses yeux carmins semblaient tout prendre et ne rien rendre. Elle lui rendit son regard :


- Je n’ai pas peur de toi.

Elle était étrangement honnête, même si sa voix c’était faite murmure. Comme pour appuyer son affirmation, Süraby leva sa lame et lança au guerrier un sourire enjoué, l’invitant ainsi à venir danser avec elle.
Karlson Hrejo Voïshinta
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MessageSujet: Re: ۞ LES ROIS DES VOLEURS۞ LES ROIS DES VOLEURS Empty29.07.12 23:21


Les hommes de Driss emportèrent les deux Alaviriens vers les sous-sols et débarrassèrent les corps des hommes tués au cours de la confrontation. Les autres furent emmenés chez le guérisseur. Driss observait le carnage avec un sourire goguenard.

Eh bien, eh bien, quelle action ce soir ! Prions pour que demain soit aussi excitant.

Il se frotta les mains et lança un regard froid sur les cadavres, puis se tourna vers Karlson. Ses yeux bleu cobalt étincelèrent. D'un geste parfaitement calculé, il lissa ses mèches brunes soyeuses en arrière, huma l'air comme un animal et roula les épaules. Le combat l'avait mis en appétit. Cela devait faire longtemps qu'il n'avait pas pu combattre lui-même. Son statut de chef des Astariotes et le protocole qui accompagnait sa fonction l'en empêchaient. Et pourtant, Driss restait un bretteur hors pair. Lame en main, peu de guerriers étaient capables de rivaliser face à sa virtuosité et sa témérité. Un style flamboyant, avec le gros défaut qui l'accompagnait, un ego surdimensionné. Karlson avait de nombreuses fois été son partenaire d'entraînement, et il pouvait reconnaître la valeur de son adversaire ainsi que ses failles.
۞ LES ROIS DES VOLEURS 120702103208178866


Le chef des Astariote le prit par l'épaule et le félicita. Il n'était jamais parvenu à vaincre le Valinguite en combat singulier et le style de l'assassin, si particulier aux Hrejos, l'avait toujours impressionné. Peu de personnes se battaient et maîtrisaient le don avec autant d'habileté. Rares étaient les gens capables de compter l'un d'eux parmi leurs amis et Driss avait toujours su tirer profit de ses amitiés. Karlson ne faisait pas exception à la règle, mais son statut de rareté faisait de lui un privilégié.

Dès que ses hommes eurent déblayé le hall, Driss invita le Valinguite à boire un verre. Il avait de nombreux projets pour sa guilde et il aurait besoin des talents de l'assassin pour les mettre en œuvre. Ils discutèrent jusque tard dans la nuit et, aux premières lueur de l'aube, l'Astariote prit congé pour se coucher, laissant au Hrejo le loisir de rester dans son quartier général. Celui-ci, peu sensible à la fatigue, se dirigea vers les archives des Astariotes. Il s'installa dans leur bibliothèque avec, sur son bureau, des papiers et recueils datant d'au moins un siècle, et une bouteille de vin rouge de la cave privée de Driss. Les parchemins étaient écrits dans la langue ancienne du continent de l'est, mais la déchiffrer ne posait aucun problème à Karlson qui y trouvait, sinon des révélations, des indices qui venaient attiser sa curiosité. Son amitié avec le chef des Astariote était un privilège dont il jouissait allègrement en disposant librement de tous les secrets des guildes d'Envaï, secrets que le gouvernement de la ville ainsi que sa milice donneraient cher pour avoir sous la main...

Les heures passaient, les premiers rayons du soleil se glissaient dans les jalousies des minces fenêtres, illuminant les particules de poussière gravitant entre les rayonnages de la bibliothèque. Un jour nouveau naissait. Chaque jour amenait son lot d'événements, et son instinct lui disait qu'il serait bien tiré hors de son étude. Les pieds sur le bureau, un main passée sur la nuque, l'assassin soupira. Des bruits de pas retentirent dans le couloir, des coups fermes sur la porte qui s'ouvrit vivement, laissant paraître un envinite trapu serrant une hache dans son poing.

Monseigneur Voïshinta ! Les prisonniers du pays de l'Ouest se sont échappés. L'homme a disparu, la femme est toujours dans le quartier général et tente une percée pour s'échapper.

Karlson passa une main dans ses mèches noir jais, bu une dernière gorgée de vin rouge sans et se leva, laissant-là les archives des Astariotes. D'un geste de la main, il congédia le garde, saisit son cimeterre posé sur la table et l'attacha à sa ceinture, puis enfila le haut de son armure de cuir noir ajustée de métal. Sans un regard pour la vaste bibliothèque de Driss, passant silencieusement dans le couloir et se dirigeant vers la source du tumulte. Il ne doutait pas que la jeune femme qu'ils avaient capturée donnait gracieusement le change aux envinites. Si elle était encore en vie quand il la retrouverait, peut-être pourrait-il s'amuser un peu... Cela faisait longtemps qu'il n'avait plus disputé de duel digne de ce nom.

Il retrouva facilement sa trace et l'attendit, juste devant la porte de sortie. Quand elle élimina les derniers gardes qui faisaient barrage entre elle et la liberté, il se posta devant la jeune femme qui, après une seconde de surprise, dégaina sa courte épée et se jeta à corps perdu sur le Hrejo. Ce dernier dégaina son cimeterre. La jeune femme était rapide, vive, se déplaçait et frappait telle un feu follet, ses cheveux bruns virevoltant autour de son visage comme un oriflamme. Si elle n'égalait pas l'assassin au combat, elle ne manquait pas d'ardeur ni de détermination. Dans ses yeux marrons aux reflets mordorés, il lisait tout son désir de liberté et tout son désespoir, le désespoir de faire face à un adversaire tel que lui alors qu'elle était épuisée et blessée, et de voir la sortie si proche... Et pourtant, elle trouvait encore la verve de le défier. Elle virevolta et attaqua, sa courte lame transperça ses vêtements et traça une longue ligne sanglante dans son dos. Le Valinguite ne grimaça même pas et continua le combat sans sembler être affecté par la douleur. Il répliqua, elle esquiva, recula et fixa son adversaire.

Je n'ai pas peur de toi, lâcha-t-elle avec un sourire.

Les pupilles de Karlson s'étrécirent, jusqu'à disparaître dans le rouge carminé de ses iris. Sa voix profonde résonna étrangement dans le hall du quartier général des Astariotes.

Dans ce cas, je ne retiendrai pas mes coups.

Et il passa à l'attaque. Ses coups se firent plus rapides et plus forts. A chaque entrechoquement des lames, il sentait le bras de son adversaire frémir sous la pression. Il lança une attaque frontale et, alors que la jeune femme ripostait, il feinta, mais ni à gauche, ni à droite. Il avait bondit et, pivotant dans l'air, son cimeterre à bout de bras, fondit sur sa cible. L'Alavirienne leva sa lame au dernier moment. Cependant, le coup était trop puissant. Elle chuta, tomba à plat sur le dos. D'un coup de pied, l'assassin la débarrassa de son arme qui atterrit dans un coin de la pièce. De sa main gauche, libre de toute arme, Karlson l'empoigna par le col, la souleva d'un main et la frappa contre le mur. Le choc coupa le souffle de la jeune femme et, alors que son regard farouche croisait les yeux rouge du Valinguite, ce dernier déplaça sa main, laissant ses doigts se refermer sur la gorge de la jeune femme. Il pouvait sentir le sang pulser dans ses artères, son cœur battre la chamade et la douceur de sa peau moite à cause de l'effort. Leurs corps n'étaient séparés que de quelques centimètres et les sens aiguisés du Hrejo ressentaient la colère de l'Alavirienne comme si c'était la sienne. Enivré par leur duel, ses sensations exacerbées le submergeaient. Le sang qui coulait le long de son dos depuis sa blessure, les battements maîtrisés de son cœur, le métal froid de sa lame et l'air comme chargé d'hémoglobine.

Leurs visages étaient tout proches. Dans les yeux de la jeunes femme brûlaient la colère, la douleur et le désir de liberté. Ce dernier était si fort qu'il attirait l'assassin tel un aimant. Sa façon de s'accrocher à la vie et de ne pas plier l'échine, même face à un combattant supérieur, était admirable. Courage ou folie ? Un sourire sardonique s'étira sur le visage du Valinguite alors qu'une lueur sanguine s'allumait dans son regard. Un grondement rauque, de haine ou d'exultation, monta de sa gorge alors qu'il appliquait son front pâle sur celui, tiède, de l'Alavirienne. Leurs souffles se mélangeaient dans le mince espace qui les séparait, mince espace qui disparut comme il caressait ses lèvres roses des siennes, et appliquait sa bouche contre la sienne, goûtant à son magnétisme animal. La jeune femme gémit, tenta de lui échapper, mais il resserra un peu plus son emprise sur sa gorge, réduisant encore le mince filet d'air qui parvenait encore à ses poumons, approfondissant leur baiser forcé, savourant toute l'amertume et la colère qu'il faisait grandir en elle.

Puis il s'écarta et, alors qu'il laissait son adversaire reprendre son souffle, celle-ci se démena et, d'un puissant coup de pied en pleine poitrine, repoussa l'assassin qui la regarda prendre ses jambes à son cou, pousser la porte de l'épaule et s'enfuir. Un sourire en coin se dessina sur le visage du Hrejo alors qu'il essuyait distraitement sa lame sur sa cuisse. Fuis, fuis, mais tu es seule à Envaï. Ton compagnon s'est enfui et les seules preuves de ton appartenance au peuple de l'Ouest qui te garantiraient la protection du gouvernement d'Envaï sont en la possession des Astariotes. Tu es seule, et je suis à tes trousses.

Et l'assassin se mit en chasse.
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MessageSujet: Re: ۞ LES ROIS DES VOLEURS۞ LES ROIS DES VOLEURS Empty04.08.12 0:51

- Dans ce cas, je ne retiendrai pas mes coups.

Faisait-il toujours preuve d’autant d’indifférence ? Il était repassé à l’attaque, alliant toujours la même rapidité, la même force, constant et impassible. Elle était presque dégoutée de constater à quel point chaque mouvement lui paraissait facile face à elle qui faiblissait à vue d’œil mais refusait farouchement de s’incliner. Elle ne trouvait plus aucune ouverture, de nouveau contrainte à reculer toujours plus. Parant et compensant les coups du tant bien que mal, arriva le moment inévitable où ses muscles ne répondirent plus, bien trop sollicités. Elle s’effondra sous le cimeterre du guerrier qui la désarma d’un violent coup de pied. Elle ne saisit qu’il l’avait attrapée par le col qu’une fois ses pieds perdant tout contact avec le sol. Elle se retrouva ébranlée contre un mur, la respiration coupée et sa vision troublée pour la seconde fois en moins de vingt quatre heures.

Tentant de reprendre son souffle, la faëlle lança un regard peu amène à son adversaire qui resta de marbre. Elle suffoquait. Luttant contre la désagréable impression de déjà-vu lorsque des papillons s’agitèrent devant ses yeux, elle tenta d’avoir une pensée lucide pour s’échapper, atteindre la porte avant qu’il ne prenne la décision de l’achever. Leurs corps étaient dans une étroite proximité, elle sentit vaguement sa main se déplacer pour saisir sa gorge. Elle dut se faire violence pour rouvrir les yeux, tenir. Ses mains saisirent le poignet de l’homme, mais ses forces abandonnaient peu à peu son corps endolori comme l’air désertait ses poumons. Les iris rouges se rapprochaient, maintenant très proches. Trop proches. La température de la pièce sembla augmenter soudainement lorsque son front se plaqua sur celui de la faëlle, un sourire effrayant étirant ses lèvres. Finalement la faëlle préférait lorsqu’il restait neutre. La situation lui échappait une fois de plus et elle ne comprenait plus rien. Ou alors comprenait trop bien. Lorsqu’il franchit la dernière limite acceptable elle voulu se cambrer, révulsée par le contact de ses lèvres sur les siennes. Pesant un peu plus sur elle ses doigts se refermèrent sur sa gorge, la réduisant à l’immobilité alors qu’il accentuait la pression de sa bouche plaquée contre celle de la faëlle. La jeune femme se crispa resserra l’emprise de ses mains. Il semblait prendre un plaisir malsain à leur embrassade forcée qui angoissa la jeune femme autant qu’il fit monter une puissante colère. Son corps entier tremblait, elle menaçait de défaillir à tout moment : trop de rage contenue, pas assez d’air... de l’air... Il relâcha enfin son emprise, replaçant un minimum de distance entre eux. L’air afflua d’un coup, relâchant tout son corps. Et avec lui une formidable bouffée d’énergie. Son pied fusa vers le torse de son adversaire avec une puissance qu’elle ne chercha même pas à maitriser. Pas sans sa permission. Jamais. Profitant de ce qu’il s’était écarté elle se rua vers la porte et l’ouvrit à la volée, souhaitant sournoisement lui avoir casser une côte ou deux même si elle savait qu’il n’aurait probablement pas le moindre bleu. Elle s’élança dans la ruelle sur sa droite, se dirigeant vers la grande rue principale et n’osant même pas jeter un coup d’œil par-dessus son épaule.

Après une courte déambulation dans les venelles d’Envaï, elle déboucha dans la grande artère, priant pour que le même monde qu’hier s’y trouve. Les habitants de la ville ne devaient cependant pas être matinaux car à part quelques passants pressés la rue était déserte. El l’entrée était bien trop éloignée pour que la jeune femme tente une quelconque évasion, qui tournerait rapidement en mission suicide. Elle dévala la rue, survolant l’escalier qu’elle remontait la veille, ne prêtant cette fois aucune attention aux poissons colorés du bassin. Etait-ce son imagination où des bruit de pas retentissaient dans son dos ? Elle entendit des cris sur sa gauche. Une aubergiste venait de jeter un homme dehors - soul, vu sa façon de parler et la difficulté qu’il éprouvait à rester debout - en lui hurlant qu’il n’avait pas intérêt à remettre les pieds chez elle avant d’être parfaitement sobre et en lui claquant la porte au nez. Saisissant sa chance, elle se précipita versle portail d’entrée ouvert et grimpa les quelques marches qui menait à la porte d’entrée de l’auberge. L’homme, qui s’appuyait sur la rambarde branlante, afficha une expression aussi niaise que repoussante. Ca voix était molle et pâteuse :


- C’est pour moi que tu cours comme ça, chérie ?

Décidément, les hommes qu’elle rencontrait à Envaï semblaient déterminés à la dégouter efficacement et définitivement de la gent masculine.

- Non, certainement pas...

L’homme afficha une mine déçue. Pathétique. Excédée, Süraby lui assena une droite qui eu le mérite de l’achever. Elle avait du faire un numéro ridicule à un pervers de garde pour se sortir de prison, c’était faite embrassée par un homme dont elle ignorait jusqu’au nom et enfin draguée par un alcoolique visiblement convaincu de son charme. Si elle en sortait un jour, la faëlle se jura de ne plus mettre les pieds dans les terres de l'est avant plusieurs siècles... Il déboula les quelques marches du perron et s’arrêta aux pieds d’un homme. Grands, les cheveux noirs, le teint pâle, les yeux carmins. Süraby évita soigneusement ces derniers, ne pouvant cependant pas réprimer un frisson d’angoisse, et se retourna vivement avant d’entrer dans l’auberge. Elle fit deux pas en avant et constata avec soulagement que la plupart des tables étaient occupées. Trois hommes bavardaient joyeusement sur la première table à droite. Plus loin une femme se battait avec son jeune enfant pour lui faire avaler le contenu d’une petite cuillère. Le regard de l’aubergiste se posa sur Süraby, interloqué. La jeune femme n’osa même pas penser à quoi elle ressemblait. Haletante, tenant à peine debout, elle devait contrastait allègrement avec le décor qu’offrait l’ambiance sereine de la pièce. Elle sourit cependant à la femme rondelette dont les lèvres s’étirèrent en un sourire bienveillant. Qui s’effaça aussitôt, bientôt suivit par celui de la faëlle. Elle sentait la présence de l’homme dans son dos, et percevait son souffle sur sa nuque. Son regard s’accrochant à une table vide, elle s’avança, luttant pour ne pas céder à la voix intérieur qui lui hurlait de ne pas tourner le dos au danger. Elle s’installa sur une chaise et observa patiemment la maîtresse de maison s’avancer de leur table en se tortillant. Mal assurée, ses yeux allaient et venait entre Süraby et celui qui avait prit place face à elle.

- Vous désirez ?

C’est alors que la jeune femme pris conscience de la sensation de picotement désagréable qui envahissait sa gorge. Elle avait soif. Elle était même assoiffée. Elle répondit sans réfléchir. La poussée d’adrénaline qui l’avait habitée quelques instants plus tôt avait disparue, laissant place à la fatigue. Après avoir répondu elle ne pourrait plus y couper, elle devrait confronter l’homme qui lui faisait face. Elle marqua une pause et détourna de la femme après avoir prononcé son dernier mot.


- Un grand verre d’eau, s’il vous plait.

Il la fixait, une expression insondable une fois de plus affichée sur son visage parfait. Elle avait cru apercevoir l'ombre d'un sourire. Apparemment elle avait dit quelque chose de drôle. Elle engagea alors une conversation étrangement inoffensive en comparaison des derniers évènements passés. Elle se félicita du choix de l’auberge. Elle était dans son élément ici, l’obscurité avait disparue, place au jour ! Elle espérait de tout cœur que le guerrier ne tenterait rien dans un lieu où la vie reprenait peu à peu. Sa présence suffisait malgré tout à faire disparaître l’enthousiasme de la faëlle. Elle se tassa au fond de sa chaise, geste visant à placer le plus de distance possible entre elle et lui.

- Quel est ton nom ?
Karlson Hrejo Voïshinta
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MessageSujet: Re: ۞ LES ROIS DES VOLEURS۞ LES ROIS DES VOLEURS Empty10.08.12 0:26


La jeune femme s'engouffra dans la rue, se ruant à l'extérieur par la porte grande ouverte. Filant à toute allure, elle disparut rapidement de la vue de l'assassin. Malgré la fatigue de ses combats et de son emprisonnement, elle avait encore la force de courir à toutes jambes dans les rues d'Envaï. Voilà qui lui promettait une chasse plus attrayante qu'il n'aurait pu le croire au premier regard posé sur l'Alavirienne. Karlson se mit en marche.

Pour s'enfuir, elle devait certainement avoir l'espoir de se fondre dans la foule des grandes artères de la métropole, mais en cette heure matinale, et en cette saison, la plupart des habitants étaient sortis des remparts de la ville et travaillaient aux champs, aussi fut-il facile de suivre sa trace à travers la ville. L'Alavirienne avait le pied léger et se faufilait habillement dans les venelles sombres et étroites, au risque d'y faire de mauvaises rencontres. Mais les gens se retournaient sur son passage, murmuraient. Il était clair que ce n'était pas une Envinite, les étrangers étaient rares à Envaï et les quelques voyageurs qui s'aventuraient ici étaient généralement chevronnés et... évitaient de courir à toute allure dans les rues, avec des vêtements déchirés, couverts de sang et de saletés.
۞ LES ROIS DES VOLEURS 120702103208178866

De ses yeux rouges, il suivit sa silhouette de liane qui se glissait de rue en rue, bondissante et infatigable. Le Valinguite la suivait d'un pas long mais tranquille, le fourreau de sa lame battant calmement contre sa cuisse, ses bottes frappant le pavé à un rythme régulier.

Brusquement, elle se dirigea vers une auberge et se campa face à l'aubergiste, un escogriffe éméché, dont la tunique trop courte laissait entrevoir un ventre proéminent de femme enceinte couvert d'une toison grise et hirsute. Ils échangèrent quelques mots jusqu'à ce que, sans prévenir, le poing de la jeune femme n'entre en contact avec sa joue mal rasée et couverte de sueur. L'homme s'effondra, tomba mollement au sol comme un sac, dégringolant les marches du perron, sa lourde carcasse arrêtant sa chute aux pieds de l'assassin. L'Alavirienne le vit et leurs regards se croisèrent brièvement, échange fugace. Elle écarquilla les yeux, fit volte-face et entra dans l'auberge où il la suivit à quelques mètres de distance. La scène qui suivit fut des plus amusantes pour le Hrejo qui n'avait jamais encore fait face à une cible d'une façon aussi délectable.

Dans l'auberge, sur ses talons, il resta juste derrière elle alors que, visiblement tendue, l'Alavirienne s'adressait à l'aubergiste dont le sourire avenant s'effaça dès que ses yeux se posèrent sur l'assassin. Il pouvait voir les cheveux sur la nuque de la jeune femme devant lui se dresser sur sa peau jusqu'à ce que, sans oser un regard derrière elle, elle pénétra dans la salle principale et se dirigea droit vers une table libre. Sans un mot, il lui emboîta le pas. Elle prit place, et lui en face d'elle.

Nerveuse, elle évitait de croiser son regard et fut distraite un instant par la tenancière qui venait prendre sa commande, à laquelle elle demanda un verre d'eau. La femme se tourna ensuite vers lui, mais voyant qu'il ne répondait pas, se détourna. L'Alavirienne, portant encore du sang séché sur le visage, se décida enfin à l'affronter en face. De minces balises violettes couvaient sous ses yeux et l'épuisement marquait ses traits. Cependant, ses iris chatoyantes avaient conservé tout leur éclat, malgré les combats, la fatigue, les coups et la captivité. Et c'est en la fixant ainsi qu'il comprit qu'elle n'abandonnerait jamais, qu'elle était de ceux qui n'avaient besoin que de la force du mot liberté pour avancer. Si Driss l'avait gardée dans ses geôles, elle aurait certainement péri. Comme ces petits oiseaux sauvages, vifs et colorés, que les enfants piégeaient et mettaient en cage pour les écouter chanter et les voir voleter avec angoisse et se heurter toujours aux barreaux. Tristes petites créatures.

La jeune femme semblait trouver du réconfort dans la présence d'autres êtres humains non-hostiles à son égard. Mais ce faible enthousiasme s'effaça vite de son visage quand elle en revint au Hrejo qui attendait sans dire un mot. Elle déglutit, reprit contenance avant d'articuler :

Quel est ton nom ?

Levant un sourcil agacé, il détourna nonchalamment la tête et balaya la pièce du regard. Décidément, s'il y avait une chose que les Alaviriens avaient à revendre, c'était bien du culot. Quelle proie serait assez folle pour tutoyer son chasseur ? Sans même la regarder, il répondit d'un ton tranchant :

Une personne civilisée commence par se présenter avant de demander l'identité d'une autre.

Il fit claquer ses doigts pour interpeller l'aubergiste qui s'approcha d'un air courroucé. Mais sa mauvaise humeur se mua rapidement en prudence quand elle vit à quel genre de client elle avait affaire. Au vu de la méfiance qu'elle exprimait, cette femme avait certainement déjà vu d'autres assassins hrejos. Tant mieux, il exécrait les déchets dans son genre qui osaient lui manquer de respect. Lui lançant une pièce d'or qu'elle attrapa au vol, il lui commanda une liqueur et, sans se faire prier, l'aubergiste s'écarta de la table.

Sur buste, il sentait les deux ceintures serties de poignards attachées sous sa tunique. Son cimeterre, il n'aurait même pas besoin de le dégainer. Le moindre mouvement suspect et la Faëlle était morte. Toujours sans regarder son interlocutrice, il prononça distinctement les mots suivants :

Mon nom est Karlson Voïshinta. Je suis un Hrejo. En mots plus simples, un assassin. Mais tu ferais une grossière erreur en me confondant avec les Mercenaires du Chaos de ton pays.
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MessageSujet: Re: ۞ LES ROIS DES VOLEURS۞ LES ROIS DES VOLEURS Empty17.08.12 23:45

Tandis qu’il levait un sourcil agacé, Süraby prit conscience de la douleur lancinante qui provenait de sa main. Fichtre, l’énergumène avait la mâchoire dure...

- Une personne civilisée commence par se présenter avant de demander l'identité d'une autre.

En temps normal, et surtout avec une personne normale, la jeune femme aurait probablement rit aux éclats. Le moins que l’on pouvait dire était que son poursuivant n’était pas réellement la personne la mieux placée pour lui donner des cours de politesse. Elle s’abstenue cependant de toute réponse, contenant la bile qui lui montait à la bouche. Il n’avait toujours pas répondu à sa question et détournait déjà le regard pour demander, ou plutôt ordonner à l’aubergiste qu’elle le servit. Süraby compatit pour la femme, il n’avait pas eu besoin de parler pour laisser entendre qu’il la méprisait. Peut être se trompait elle, mais il lui semblait qu’il prenait un plaisir exécrable à intimider le premier venu de son aura écrasante. C’était probablement cela qui le rendait détestable. Elle-même en était victime. Elle avait espéré qu’au milieu des personnes présentes dans l’auberge il ne tenterait rien - certes elle avait aussi prit beaucoup de plaisir à se retrouver en compagnie de personnes vraisemblablement inoffensives - mais elle n’était désormais plus sure de rien et n’osait plus bouger. Il demeurait imperturbable, peu importait l’endroit ou les personnes avec lesquelles il se trouvait. Ici elles différaient pourtant beaucoup de celle des voleurs.

- Mon nom est Karlson Voïshinta. Je suis un Hrejo. En mots plus simples, un assassin. Mais tu ferais une grossière erreur en me confondant avec les Mercenaires du Chaos de ton pays.

Ces paroles martelées ranimèrent l’animosité de la demi-faëlle. Etait ce du dédain ou de la fierté qui perçait dans sa voix ? Un assassin, et même d’après ses dires, comparable aux mercenaires du Chaos. Elle n’en avait jamais croisé et elle attrapait des sueurs froides rien que d’en évoquer l’idée. Elle avait entendu de nombreuses histoires à leur sujet, des histoires terribles, rumeurs destinées à terrifier les plus petits comme les plus grands. Et, comme on le lui a souvent répété, les légendes ont toujours leur part de vérité. Süraby songea aux paroles qu’elle avait lâché, il lui semblait de cela une éternité. ‘Tu ne me fait pas peur’. Si elles avaient été sincères à un moment, la jeune femme n’aurait su les réitérer avec la même conviction.

S’il avait évoqué les mercenaires il semblait que l’autre mot qu’il avait employé le différait des autres assassins. Et l’idée d’être confondu avec un serviteur du Chaos le contrariait, le répugnait. Même avec eux il était capable de mépris. Et elle était tombée entre les pattes du loup, inoffensif agneau. Le sentiment d’insécurité s’accentuait un peu plus au fur et à mesure qu’elle comprenait à quel point sa situation était dangereuse, probablement sans issue. Elle passa la main dans sa tignasse pour la dompter. Geste vain mais qui lui permit de reprendre contenance. Sa fierté la défendait de fléchir, attisait sa colère. La suffisance dont faisait preuve son interlocuteur était révoltante. Il était hors de question de le laisser croire un instant qu’il l’intimidait ou pouvait lui inspirer un sentiment autre que le mépris, et pas d’avantage de respect. Puisqu’il était dans la morale, elle continua avec un sourire restreint et un ton obligeant :


- Une personne dite civilisée n’assassine personne.

Elle marqua une pause. La fatigue se faisait un peu plus ressentir à chaque seconde. Elle devait se faire violence pour empêcher ses paupières de tomber. Elle ne s’était jamais retrouvée dans un tel état et en perdit son sourire. Elle posa les bras à plat sur la table, rejoignit ses mains et s’appuya sur ses coudes pour conserver son aplomb et empêcher ses tremblements. Toujours cordial, son ton se refroidit quelques peu.

- Pour moi assassins et mercenaires du Chaos vont dans le même sac.
Elle eut un sourire désabusé.
- Et certainement pas dans celui des personnes civilisées.
Elle entreprit de se présenter avec un sourire espiègle, puisant dans les maigres forces qu’il lui restait.
- Je m’appelle Süraby Ilseirenn.

S’il avait mentionné les mercenaires elle ignorait jusqu’où se portaient ses connaissances sur Gwendalavir et jugea inutile de s’étaler sur ses origines et son rang actuel. Réfléchir lui demandait trop d’effort aussi elle se contenta de le défier du regard, curieuse de connaître sa réaction. Il n’était pas de se genre de personnes qui s’emportent sans réfléchir. Même si elle avait conscience de jouer avec le feu, et de se consumer dangereusement, elle conservait l’espoir qu’il ne lui ferait rien. L’espoir fait vivre et elle s’estimait encore trop jeune pour mourir. Si elle se levait, elle était désormais quasi certaine que ses jambes se déroberaient pour la précipiter au sol.

Mais elle essuyait toujours le regard de l’assassin, et tentait sans succès de connaître le fond de sa pensée. Ses doigts la lançaient et elle tenta d’en calmer la douleur en les prenant dans sa main gauche. Elle les pressa contre son ventre, ne tenta même pas de dissimuler son geste. Sa faiblesse la frustrait. Son corps entier était douleur, la plaie de son épaule s’était rouverte avec ces escapades matinales et elle se tassait sur sa chaise. Elle luttait contre, mais l’engourdissement la gagnait irrémédiablement. Ni tenant plus, elle ferma les yeux et sombra.

Karlson Hrejo Voïshinta
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MessageSujet: Re: ۞ LES ROIS DES VOLEURS۞ LES ROIS DES VOLEURS Empty26.08.12 1:23


Une personne civilisée n'assassine personne. Pour moi, assassins et Mercenaires du Chaos vont dans le même sac. Et certainement pas dans celui des personnes civilisées.

Ses traits fatigués s'étirèrent une dernière fois pour lui décocher un sourire espiègle.

Je m'appelle Süraby Ilseirenn.

La jeune femme, malgré son air de défi, était pâle et prête à s'écrouler de fatigue. Karlson éclata de rire à ces mots, un rire à la fois haut comme celui d'un noble et libéré comme celui d'un vagabond. Plusieurs personnes dans la salle tournèrent vers lui des yeux inquiets. Ils n'avaient pas raté la nuance lugubre de ce rire, cette même nuance qui avait échappé à celle qui vacillait entre éveil et inconscience. Les yeux hagards, les lèvres sèches, Süraby Ilseirenn avait atteint ses limites. La jeune femme n'en avait plus pour longtemps, elle avait lancé ses dernières forces dans ses insultes, et le rire de l'assassin résonnait encore dans l'auberge que déjà elle tombait de tout son long sur la table, son visage heurtant le bois graisseux et renversant son verre d'eau. Le Valinguite la regarda tomber sans ciller. Sa main, à l'intérieur de son pourpoint sombre, caressait distraitement la garde d'un poignard à la garde finement ciselée en tête de fauve, un poignard offert par le père de Driss lui-même comme récompense.
۞ LES ROIS DES VOLEURS 120702103208178866

Autour d'eux, les Envinites fixaient toujours leur table. Un murmure s'élevait dans la vaste pièce de l'auberge. Pourtant, personne n'osait porter secours à la Faëlle. Karlson balaya la pièce de son regard rouge et les spectateurs détournèrent les yeux. Voilà qui était mieux. Au moins ceux-là étaient-ils capables de s'écraser quand ils reconnaissaient une force supérieure. Leurs vies à tous étaient en sursis, entre les mains du Valinguite. Si l'envie lui en prenait, il pouvait très bien se lever, égorger l'Alavirienne, puis s'occuper de chacun d'eux particulièrement. S'il n'était pas recherché par les anciennes grandes familles de Valingaï, il n'aurait pas hésité à étancher sa soif dans un bain de sang. Malheureusement, ses ennemis auraient vent de cette affaire, reconnaîtraient sa façon de faire au vu des mutilations des cadavres, et ne tarderaient pas à envoyer leurs sbires. Driss lui-même, aussi puissant fut-il à Envaï, ne pourrait le cacher aux yeux des espions et des assassins.

Les doigts du Valinguite cessèrent de caresser les dessins de tigre sur la garde de son poignard et se refermèrent sur la poignée couverte d'un fin tressage de cuir. Le chuintement du métal frottant contre un fourreau provoqua une vague de frisson dans l'auberge. La lame argentée capta la lumière des torches en sortant du vêtement noir de l'assassin. Une femme poussa un hoquet de stupeur mais son époux lui mit brusquement la mains sur la bouche. Un sourire satisfait s'étira sur le visage de l'assassin.

Karlson ferma les yeux, quitta ses pensées et rouvrit les paupières. Ses yeux rouges observèrent silencieusement la Faëlle inconsciente, et sa main gauche, abandonnée là sur la table. Il planta son poignard dans la fine main de la jeune femme qui ouvrit les yeux et poussa un cri de douleur. Le poignard s'était fiché dans le bois à travers sa paume. Du sang avait giclé sur sa peau rendue blême par l'épuisement. De petits perles écarlates coulaient sur son visage déformé par la souffrance.

Impassible, le Valinguite dégagea son poignard d'un coup sec et se leva, reculant sa chaise d'un geste lent, faisant deux pas vers la Faëlle hagarde qui fixait sa main.

Pour qui te prends-tu ? Glissa-t-il d'une voix suave à son oreille. Par ignorance ou par peur, plus le chien est faible, plus il aboie. Il te suffisait d'attendre bien gentiment que je passe et de te terrer dans l'ombre, mais tu n'as pas pu t'empêcher de céder à ton instinct. Quelle idée d'aboyer pour attirer l'ennemi ?

De sa main libre, il repoussa la tête de la jeune femme arrière et appliqua la lame de son poignard sur sa gorge palpitante.

Adieu, Süraby Ilseirenn.

Il leva une fois de plus son poignard au-dessus de la jeune femme, et le lui abattit en pleine poitrine. Les clients de l'auberge hurlèrent et se dispersèrent, se ruant dehors par la seule sortie du bâtiment. Süraby darda sur lui des yeux écarquillés par la souffrance alors qu'un filet de sang coulait entre ses lèvres à peine rosées, déjà pâles et tremblante. L'hémoglobine coulait entre ses seins et sur son ventre, allait jusqu'à goûter sur le plancher de l'auberge, formant une large flaque sous la table qu'ils avaient partagée quelques instants plus tôt.

Lâchant le poignard de Driss, le laissant enfoncé jusqu'à la garde dans la poitrine de l'Alavirienne, il tendit le bras, attrapa son verre de liqueur et le but d'une traite. A l'aide de sa manche, il essuya les goûtes de sang qui maculaient son visage et sa gorge. Après un dernier regard pour sa victime, il quitta la pièce. Seule la chance déciderait de la survie de la jeune femme. Serait-elle assez résistante pour attendre jusqu'à l'arrivée d'un guérisseur ? Un sourire narquois fendit le visage du Hrejo alors qu'il disparaissait dans l'obscurité d'une venelle. Qui sait... peut-être se reverraient-ils en Gwendalavir ?
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