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L'étoile au dessus du précipice [Pv]

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Faël__Membre
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MessageSujet: L'étoile au dessus du précipice [Pv] Lun 22 Juil 2013 - 20:01




« L’étoile au dessus du précipice »
La fin d’une histoire…



Ceci est la fin de l’histoire d’Eyrim, faëlle rêveuse, philanthrope, naïve quant à ses espérances sur le monde et passionnée jusqu’au fond de l’âme. Lorsque nous la trouvons ici, elle a vingt-cins ans et vécu tout ce que je n’ai pas encore eu le temps de vous conter. Cela viendra, ne vous inquiétez pas, car ceci n’est qu’une anticipation après ellipse de cette nuit qu’a vécue Eyrim.

*

Eyrim était couchée, paisiblement, étendue sur un fin drap avec pour unique bruit de fond la nuit douce et réconfortante et la respiration profonde d’Evan à ses côtés, son qui lui inspira une bouffée de tendresse. Elle se tourna une fois, puis une autre, ne parvint pas à se rendormir. Ce repos et ce calme plat lui parurent soudain insupportables.

Etait-ce cela, la vie ? Être tout simplement, sans autre compagnon que l’amour, l’amitié, et la haine qui disparaitront inexorablement à la fin ? L’existence était l’éphémère soudain aux yeux de la faëlle, la vie lui sembla tout à coup d’une fragilité déchirante qui lui évoqua l’image d’un précipice hérissé au bord duquel il faut marcher, avancer toujours sans aucun moyen de revenir en arrière, avec comme issue finale le grand saut et la chute immortelle. Le vide à ses côtés avait quelque chose d’irrésistiblement attrayant, de mortellement fascinant.

Elle se leva sans un bruit, d’un mouvement souple, et fit quelque pas hésitants. Le sol froid semblait tanguer doucement sous ses pieds nus… Cela lui sembla délicieusement grisant, comme si un alcool fort était en train de lui monter au cerveau, en annihilant peu à peu ses capacités d’analyse ou de réflexions.
La chambre lui sembla étouffante, bien trop petite pour elle et son besoin d’espace. Elle sortit, referma la porte derrière elle en veillant à ne pas réveiller Evan, sourit en songeant à l’expression qu’il aurait en ne la trouvant pas à ses côtés à son réveil.

Les quelques herbes sauvages qui poussaient là lui caressaient la plante des pieds, l’air léger la portait, la nuit était claire et cependant profonde, comme si toutes les étoiles du ciel ne suffisaient à illuminer que les pas d’Eyrim, sans pouvoir éclaircir en aucune façon le noir d’encre entre deux d’entre elles. Elle marchait comme détachée de tout, comme cheminant vers un but inéluctable qu’elle ne connaissait pas encore, ne pressentait même pas. Ses yeux habitués à l’obscurité y voyaient mieux qu’en plein jour, où le soleil était trop cru pour des prunelles aussi pâles.

Le lac s’étendait là, devant elle, miroitant l’infini. Comme hypnotisée par sa beauté, elle s’avança vers la surface liquide, miroir des cieux obscurs qui régnaient sur la nuit. L’eau et l’air se mélangeaient, se confondaient soudain dans son esprit avec un chaos diffus qu’elle ne perçut pas.

Le bout de son pied toucha l’eau froide, sans s’apercevoir de sa température. Elle fit un pas de plus vers l’immersion, et bientôt fut submergée par la pression de l’eau froide et claire sur sa peau encore tiède. Elle ouvrait les yeux sous l’eau, s’émerveillait comme si elle redécouvrait le lac, observa la faune aquatique et caressa quelques algues dansantes qui se mêlaient à ses cheveux épars du bout des doigts. Sa peau semblait claire, si claire en comparaison de tout le noir qui régnait, comme un clair obscur vivant, un contraste personnifié en une silhouette féminine…

Et puis elle se retourna, toujours sous la surface du lac Chen, et regarda le ciel au travers de cet écran liquide ; il lui sembla que c’était la plus belle chose qu’elle n’avait jamais vu. Deux petites bulles s’échappèrent de ses lèvres entrouvertes, elle les suivit du regard tandis qu’elles s’élevaient, si belles, si pures, si transparente, et surtout si implacablement éphémères… Eyrim eut envie de pleurer en les voyant crever à la surface, alors elle laissa s’échapper de son souffle une myriade de petites gouttes d’air qui filèrent toutes ensembles vers la surface et vers leur fin, fin qui arriva beaucoup trop vite aux yeux de la faëlle. Elle souffla encore un peu, en continu cette fois, pour ne pas voir le ballet s’interrompre dans sa course aux étoiles. Cela avait quelque chose de mystérieusement fascinant que de les observer exploser dans un bruit étouffé par l’eau juste en dessous de la voûte céleste où dormait un croissant de lune dont on aurait dit qu’il était ensorcelé.

Son corps ne contenait presque plus d’air, il commença doucement à s’enfoncer, lourdement et légèrement à la fois. C’était une sensation nouvelle que celle de couler, qu’elle apprécia pour le bien-être et l’abandon total qu’elle comportait. Elle se sentait comme dans un milieu ouaté, elle n’avait plus de masse, la gravité avait disparu et seule demeurait la chute amortie dont elle aurait voulu qu’elle ne s’achève jamais.

Elle vint à manquer d’air cependant ; un réflexe la fit remonter à la surface en un mouvement de bras. Elle inspira une fois longuement, l’air lui sembla cruel et douloureux.

Elle replongea aussitôt, recommença son petit jeu avec les bulles, sentit son corps s’enfoncer avec une volupté qu’elle n’aurait jamais imaginé avant d’avoir connu cela. Un peu plus profond que la fois d’avant.

La troisième fois, elle attendit que ses poumons crient grâce pour de vrai avant de remonter d’une brasse salutaire. Elle jouait avec sa vie, avec sa mort, elle en avait bien conscience et trouvait cela d’un intérêt extrême. Elle demeurait très calme cependant, nulle adrénaline ne venait saturer son sang, elle se sentait simplement descendre gracieusement, éperdue dans la contemplation de la surface du lac au-dessus d’elle, et des étoiles brouillées par les remous des bulles. Elle se sentait bien dans l’eau, elle n’avait pas froid, ici au moins elle était à l’abri du bruit agressif. Les sons parvenaient comme au travers d’une paroi de coton à son oreille. La gorgée d’air obligatoire lui semblait une corvée dont elle se passerait volontiers.

Elle s’immergea, encore et encore, se laissant happer par le fond un peu plus profond chaque fois, tandis qu’elle sentait l’étau de l’inéluctable se refermer autour d’elle.

A la dixième fois, elle sut qu’elle ne remonterait pas.

Sans savoir pourquoi elle faisait cela, elle devina cependant que c’était cela qu’elle était venue chercher en se levant ainsi en plein milieu de la nuit. Ses pensées volèrent vers celui qui dormait toujours dans leur lit, qu’elle ne reverrait plus ; elle chargea le vent d’un baiser pour lui. Puis elle ne fut plus qu’eau.

Quand l’air vint à manquer assez pour déclencher le réflexe d’aspirer, il était déjà trop tard, elle était déjà trop profond, trop avalée par les profondeurs noires du lac Chen. Ce qui pénétra dans ses poumons fut l’eau du lac uniquement, lui offrant ainsi l’occasion qu’elle rêvait de se libérer de cette unique gorgée d’oxygène qu’il fallait remonter chercher à chaque fois. Ses lèvres bleuies par le froid s’étirèrent dans un sourire quand elle comprit qu’elle emportait dans la mort une vision sublime qu’elle n’aurait pas eu le droit d’admirer sans périr. Car la mort greffait une dimension dramatique indicible aux étoiles.
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