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Un, deux, trois, soleil ! [Tsukiyomi, Viladra]

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MessageSujet: Un, deux, trois, soleil ! [Tsukiyomi, Viladra] Sam 5 Oct 2013 - 13:27

Je suis méchante.

Tout le monde me le dit depuis très longtemps. Mais c’est vraiment pas grave, ni important, parce que tout ce qui compte c’est qu’un jour je serai une mercenaire du Chaos. Des fois avant on me demandait en rigolant ce que je voulais faire plus tard, je répondais assassin et tout le monde rigolait. Mais maintenant je sais qu’en fait je veux pas du tout devenir un assassin. Je veux être une mercenaire du Chaos, je veux que le Chaos domine vraiment tout le monde entier parce que… Je saurais même pas vraiment dire pourquoi, c’est juste que le Chaos doit être le roi et ça je le sais. Alors un jour je deviendrai mercenaire et je suis sûre que ce sera même avant ce que croit le monsieur qui m’apprend comment on fait, parce que c’est ce que je veux le plus.

Je suis méchante, mais je m’en fiche parce que quelque part je suis déjà mercenaire. Une fois, il y a un type qui m’a dit que j’étais juste une toute petite apprentie. Ca m’a vraiment, vraiment pas plu, lui il était tellement moche et nul et bête que je voulais qu’il meure et que surtout il puisse plus jamais dire un truc comme ça. J’étais très, très en colère. Je lui ai balancé un coup de pied dans la jambe le plus fort que je pouvais, parce que je savais que c’était pas possible que je le tue, et puis j’ai filé le plus vite possible, en essayant de passer dans des petits recoins dans lesquels il était trop grand pour aller, et je suis allée me cacher. Il criait très fort mais il m’a pas trouvée. Depuis j’essaie d’éviter de tomber sur lui, il vaut mieux pas trop je crois parce qu’il pourrait être encore en colère. En tout cas il peut pas être aussi en colère que moi, c’était comme si un filtre noir s’était mis devant mes yeux et que je voyais tout au travers. Mais recroquevillée dans ma cachette, roulée en boule, j’ai juré qu’un jour, quand quelqu’un dirait quelque chose comme ça sur moi qui ne me plairait pas, je lui ferais payer avec beaucoup plus qu’un coup de pied, et puis je me suis juré de toute mes forces qu’un jour, très bientôt, je deviendrais beaucoup plus forte que ce gars là, beaucoup plus forte que tous ces gens nuls et moche dans la Forteresse.

Alors en attendant j’ai décidé que j’allais m’entraîner, et puis travailler beaucoup, comme ça un jour je lui ferai payer à celui-là. Je sais même plus pourquoi il avait dit ça, peut-être que je lui avais dit que ce qu’il faisait c’était pas comme ça qu’il fallait le faire, parce qu’il devait être en train de s’entraîner… Il avait rigolé et il avait dit cette phrase, que j’étais trop petite et très loin d’être une mercenaire. C’est pas vrai, c’est pas vrai, c’est tellement pas vrai que je m’en fiche complètement de ce qu’il pense. Et puis d’abord un jour j’aurai plus de maître.

Je suis méchante, c’est vrai, mais c’est normal parce que je suis mercenaire. Voilà. Puis je fais ce que je veux. Hier par exemple je suis sortie juste quelques instants parce qu’il me manquait une plante pour faire un truc marrant. Alors là, maintenant, je suis assise par terre, en tailleur, au milieu de l’esplanade où il y a tout plein des mercenaires partout, et je fabrique un nouveau poison. Il faut beaucoup de concentration pour fabriquer un poison qui soit bien efficace ! C’est très difficile mais moi je sais très bien le faire. Ca doit être parce que je suis très forte.
Les mercenaires ils sont habitués à me voir là, en plein milieu, en train d’innover et d’inventer des nouveaux trucs trop bien. Des fois y en a même qui viennent me demander un poison. Vu que je sais super bien les faire, ben je leur donne toujours. Et puis bon, si je disais non je crois qu’ils se mettraient en colère et ça ce serait pas très drôle.

Voilà. Mon poison est fini. Celui-là, il devrait pouvoir pas trop se sentir. Il est en poudre, et une toute petite quantité devrait suffire pour faire effet. Puis surtout j’ai mélangé deux plantes qui, en principe, vont faire que la personne qui va boire ça aura l’air de mourir d’une longue maladie des poumons. J’ai hâte de le tester !

Je range tous les trucs que j’ai utilisés dans un sac de toile, faut pas que j’en oublie parce que je suis sûre que quelqu’un mes les volerait. Je mets avec précaution ma poudre dans une toute petite boîte. Faudra que je montre ça à mon maître, un jour il m’a dit que je si je trouvais un poison suffisamment intéressant, peut-être que je pourrais aller le montrer à Tsukiyomi. Elle, c’est la grande chef. Ce serait bien qu’elle voie à quel point je suis déjà mercenaire.

J’attrape mon sac de toile et je file en courant à l’intérieur de la Forteresse. Je connais vraiment bien cet endroit, puis je cours très vite aussi. Alors j’arrive vite, mais quand j’ai ouvert la grande porte de bois et que j’ai pénétré dedans, ben… J’ai plus envie d’aller à gauche, comme je le fais d’habitude, pour aller voir mon maître. Je veux voir ce qu’il y a à droite. C’est vrai quoi, ici c’est ma maison depuis très longtemps maintenant, je peux bien aller voir ce qu’il y a là-bas, non ?

Je fais un pas, et puis un autre, et puis plein d’autres vers la droite. Ca me donne un peu le tournis, parce que même si j’ai pas l’habitude de respecter les règles, ben là c’est quand même les règles de la Forteresse. C’est important quand même, même si on m’a jamais interdit d’aller dans cette direction. Et puis c’est inconnu ce qu’il y a là. Je respire un grand coup en fermant très fort les yeux. Je bloque ma respiration, je rouvre les yeux, puis d’un seul coup je me mets à courir très vite vers le bout du couloir de droite, en expirant en même temps. Je fais cette technique depuis longtemps, avant de faire un truc dangereux ou impressionnant, quand je ferme les yeux en bloquant ma respiration il y a comme un bourdonnement dans mes oreilles et y a plus rien qui existe, je pense plus à rien, j’ai pas le temps de me demander si ce que je fais c’est intelligent ou pas, quand je rouvre les yeux j’y vais et puis c’est tout. Je fais ça aussi quand il faut que j’aille voir mon maître et que je sais qu’il est en colère, ou alors quand je sors de la Forteresse sans autorisation…

Maintenant, je suis au bout du couloir. Il est très grand, très long, et il tourne à gauche une fois au fond. J’ai arrêté de courir, et je marche juste, sans faire de bruit, en essayant de respirer doucement, mon petit sac de toile accroché à une épaule et ma boîte de poison que je serre très fort dans ma main. Il y a une porte, une première, je m’arrête devant et je colle une oreille, mais j’entends des gens qui se disputent. Alors je continue, je passe devant d’autres portes, et finalement, tout au bout, il y a une très grande salle toute vide, avec personne dedans, juste un placard sur le côté et une grande table, avec des chaises, tout autour. Elles sont grandes, ces chaises, pas faites pour des enfants. J’en escalade une, il y a un nom marqué dessus. Pareil pour la chaise d’à côté. Il y a un nom sur toutes les chaises. Je m’assois en tailleur au milieu de la table. Je reconnais deux noms, Viladra et Tsukiyomi. Un jour je deviendrai comme elles et y aura mon nom sur cette table. C’est juré.

J’ai posé mon petit sac devant moi, j’ai le nez en l’air et je regarde autour de moi, je suis seule dans cette grande salle, et puis j’entends un pas qui arrive. Je tends un peu l’oreille, non, il y a deux pas. Et des voix, de voix de femme. J’ai pas du tout envie de me cacher alors je reste là, assise sur la table, bien droite et en serrant mon petit poison dans mon petit poing.
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MessageSujet: Re: Un, deux, trois, soleil ! [Tsukiyomi, Viladra] Dim 6 Oct 2013 - 17:50

Doucement couchée dans un lit de soie,une jeune femme pense. A Quoi ? Plusieurs choses. Étant la Chef de cette forteresse, il n'est pas étonnant de la voir sans cesse se questionner sur plusieurs sujet. Avec toute la grâce dont elle peut faire preuve,elle se lève et se dirige vers son placard afin d'y enfiler des vêtements. Le soleil arrive a peine a se faufiler au travers des rideaux épais recouvrant les immenses fenêtres de la chambre,créant de nombreux petits filaments de lumières flottant ainsi dans le vide. Pour une fois,le silence règne en maître autour d'elle. Il en devient même,oppressant. Cela fait un bail qu'elle n'était pas sortie de sa chambre et qu'elle s'était renfermée sur elle même. Le grand air lui ferait le plus grand bien.

D'un pas décidée elle sortie de sa chambre,le dos droit,le regard froid et son habituel air hautain peint sur le visage. Elle détestait tout le monde. Pour elle,la grande majorité des gens l'entourant n'étaient que de simples pions destinés a mourir a un moment ou a un autre. La seule personne auquel elle s'était déjà attachée, était elle même. Elle n'avait jamais aimée,et jamais personne ne l'avait aimée. Les mercenaires présents dans les couloirs ou elle passaient l'a regardait avec un air curieux. D'autres la respectait tellement qu'ils s'inclinèrent alors que d'autre la regardait avec un air envieux. Faut dire qu'a a peine 18 ans la jeune femme avait eu de la chance. Être ainsi a la tête d'un empire a cet âge est assez rare. Certains lui adressèrent la parole. Elle leurs répondit tout en continuant son chemin.

Une fois dehors,elle laissa le soleil pénétrer sa peau et la légère brise caresser son visage avec une douceur inégalée. Ses cheveux d'un rouge aussi éclatant que du sang frais tombaient en cascade sur ses épaules jusqu’à ses hanches et semblaient refléter le soleil de milles feu. Son teint toujours aussi pâle contrastait toujours autant avec la couleur de ses yeux semblable a celle de sa chevelure. D’où elle était,elle arrivait a voir certains mercenaires entraîner leur apprentie. Elle espérait que cette nouvelle génération deviendrait un jour l'élite. Certains avait choisi avec soin leur apprentie et ceux-ci avait du potentiel. D'autres...méritaient tout simplement de mourir. Seuls les plus talentueux méritent de vivre et de continuer.

Un attroupement attira l’œil de la jeune femme. Qui disait attroupement disait habituellement bagarre. Elle s'approcha de la meute de gens qui semblaient entourer deux hommes. Ou plutôt un homme et une femme. Elle n'eu pas a prononcer un mot que les gens lui bloquant le passage vers le premier plan se tassèrent afin de la laisser passer. Elle ne reconnu que bien trop la femme qui se tenait de dos devant elle. Ces cheveux aussi noir que la nuit sans étoiles et cette silhouette svelte. Elle ne croyait jamais la revoir. Au moment ou elle leva le bras, toute les voix se tut. Plus personne n'osait faire de bruit,ce qui amena les deux personnages centraux a se retourner vers elle. Elle déscenda son bras et posa sa main sur sa hanche. Un sourire dans les yeux mais avec un visage froid,elle fit un signe a la jeune femme et l’entraîna dans les couloirs de la forteresse.

- Sincèrement Viladra je ne croyais jamais te revoir un jour.
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MessageSujet: Re: Un, deux, trois, soleil ! [Tsukiyomi, Viladra] Lun 7 Oct 2013 - 23:12





Mourir ? Quelle idée...



"Bâton des exilés, lampe des inventeurs,
Confesseur des pendus et des conspirateurs,

O Satan, prends pitié de ma longue misère!

Père adoptif de ceux qu'en sa noire colère
Du paradis terrestre a chassés Dieu le Père,"




Le vent était glacial sur ma peau mais je me délectais à l’avance de ce qui allait se dérouler. J’avais fait un tour aux archipels Alines où j’avais pu retrouver Neleam et Suraby, deux petites friandises on ne peut plus distrayantes qui vivaient toujours aujourd’hui. J’avais regagné le continent, déambulé encore quelques temps puis la nostalgie m’avait gagné à nouveau et je n’avais pu m’empêcher de débloquer une part de l’imagination de mon être afin de contacter Caym, celui qui fut mon fidèle bras droit au temps où je contrôlais la forteresse. Lorsque nous nous revîmes, que nous rattrapâmes le temps perdu durant une nuit houleuse, il me fit le point des nouvelles des mercenaires du chaos et mon sang s’était figé.

Nous stagnons, il n’y a plus beaucoup de missions et le recrutement se révèle peu efficace.

« La forteresse a aussi connu des périodes creuses avec toi, Vil…
Je ne laisse pas ma création aux mains de n’importe qui pour qu’elle soit en train de stagner.»

Ma décision avait été courte à prendre. J’avais remballé mes quelques effets personnels, retrouvé ma monture que j’avais laissé à des contacts de confiance et avais pris le chemin du retour en compagnie de Caym. Le laissant tracer son pas sur le côté avant moi afin qu’il annonce mon retour malgré l’heure avancée de la nuit, j’avais patienté une heure puis avais tracé le mien et avais débarqué dans les montagnes de l’Est, nouvelle base de la forteresse. Je préférais la forêt Ombreuse… Mais avec la fouine incessante des agents de l’empire, il fallait bien bouger, et je félicitais l’initiative de Tsukiyomi s’il s’agissait de la sienne et non de celle du conseil des mentaïs. Contactant ses derniers mentalement un à un, je leur demandai de me rejoindre dans la cours principale tandis que l’effet des sphères graphs s’annulèrent à mon approche avant que je ne passe les portes principales.
L’aube commençait tout juste à pointer le bout de son nez mais des éclats d’affrontement régnaient déjà sur la terrasse. Des duos ou des trios de mercenaires s’entrainant au sabre ou bien à mains nues, ma simple présence les stoppa tous dans leurs mouvements et un silence de mort s’abattit sur la foule présente.
Oui… La plupart me croyait morte, je voyais des mines stupéfaites, ou bien craintives. Certains montrèrent néanmoins comme une once de soulagement et ce fut avec un plaisir qui m’étonna moi-même que je vis approcher la dizaine de silhouettes sombres qui composaient mon ancien conseil.

Dame Memphis, vous êtes de retour.

Posant ma main sur l’épaule de Tryss, je saluai ensuite chacun des mentaïs présents et notai l’absence de l’un d’entre eux. Demandant des explications, j’appris qu’il avait péri dans une mission dans le but de retrouver mon corps puisque l’on me pensait morte. Lâchant un fin soupir exaspéré, je posai doucement une main sur la garde de mon arme, ignorant la tension qui augmenta par ce simple geste.

Comment mes fidèles mentaïs ont-ils pu penser que j’allais périr bêtement…

Personne ne répondit à ma question et je sentis Caym se rapprocher de moi, sans doute dans le but de m’apaiser si je venais à m’énerver. Quelques excuses inaudibles se faisant entendre avant de s’éteindre dans un silence confus, je ne répliquai pas et fis un vague geste de la main pour leur signifier que j’étais déjà lasse de leur présence. Me retrouvant avec mon ancien bras-droit ainsi que quelques autres mercenaires de moindre rang qui ne s’étaient pas éloignés, je reportai mon attention sur le jeune homme aux longs cheveux noirs.

Où est Tsukiyomi.

Elle doit encore se trouver dans ses quartiers, ma Dame.

Une certaine rage m’envahit lorsque je l’imaginai, se prélassant dans ses draps alors que le jour s’était déjà levé depuis une heure déjà. Hésitant à aller la chercher moi-même, j’inspirai longuement afin de faire revenir le calme dans ma tête et repris la parole d’une voix que je n’espérai pas trop froide.

Et comment se porte ta nouvelle recrue… ?

Elle est arrivée il y a peu de temps. Elle me ressemble assez, vous le constaterez vous-même…

Voilà qui est fait pour me faire plaisir … lâchais-je dans un sombre sourire.

Un mouvement dans mon dos et une présence que je reconnus sans problème se faisant sentir, je laissai l’attroupement se désagréger et fis signe à Caym de s’en aller à son tour. Me tournant alors, je fixai cette petite silhouette rousse qui s’avançait vers moi, confiante, n’ayant en tout cas pas conscience de la déception et de la colère qui m’habitaient actuellement. S’adressant avec moi dans un naturel nonchalant, mes doigts me démangèrent une fraction de seconde tandis que j’imaginais déjà mes griffes lacérer sa gorge. Reprenant mes esprits sans qu’aucune émotion ne transparaisse, j’esquissai un fin sourire et lui emboitai le pas, attendant de me retrouvant à l’intérieur. Quand il n’y eut plus personne, je m’arrêtai alors avant de pénétrer dans une salle, ignorant la présence qui se trouvait déjà à l’intérieur. Tournant mon regard vers celle qui fut ma meilleure apprentie, elle s’immobilisa à son tour et me fit face.

Voilà plus d’un an que je me suis absentée, Tsukiyomi… Commençais-je alors, doucereuse. Plus d’un an que je quittai la forteresse, te la confiant en pensant que mon enseignement porterait ses fruits et que tu agirais avec la même efficacité que jadis, voire mieux.

J’avançais d’un pas, me retrouvant à moins d’un mètre d’elle, la forçant à lever la tête si elle voulait continuer de me regarder dans les yeux. Je voyais dans son regard qu’elle commençait à comprendre que j’étais loin, malheureusement très loin, d’éclater de joie de la revoir.

Je reviens à l’instant, repris-je sur le même ton, alors que mon voyage devait durer plus longtemps… Et pourquoi ?

« Vil… Calme-toi.
La ferme. »

Parce que l’un de mes contacts les plus anciens de la forteresse, les plus fidèles au chaos, qui arpentait déjà notre voie avant même que tu ne connaisses son existence, vient m’apprendre que notre situation stagne et que pire encore, pas un seul apprenti de véritable valeur hormis celui qu’il a ramené ne vaille le coup d’être vraiment formé.

Mon ton s’était durci, il n’y avait plus aucune trace de l’onctuosité cynique que j’aimais y glisser. Juste de la colère, une colère froide qui s’ajustait à la glace de mon regard d’acier.

Et tu m’accueilles avec une unique phrase, lâchée comme un cheveu sur la soupe. Doublée d’un tutoiement, qui plus est… Si encore j’étais revenue satisfaite.

Je laissai tomber quelques secondes de silence durant lesquelles je me concentrai sur ma respiration afin de faire redescendre la tension qui m’habitait. J’avais toujours été tentée de me défouler sur mes propres hommes, sur mes propres alliés, et je ne cachais pas avoir déjà massacré certains de mes anciens apprentis qui n’avaient pas répondu à mes attentes. Seulement là, si je tuais Tsukiyomi, j’aurais atteint un point de non-retour sur les principes moraux bafoués… Je doutais fort que quelqu’un vienne contester mon acte, mais tout de même… Elle était la seule à avoir continué dans la voie du chaos de mes apprentis, et surtout, elle était la seule encore présente. Rien que là, c’était déjà une belle réussite. Mais peut-être en avais-je trop attendu de sa part…
Reportant à nouveau mon attention sur elle, je repris la parole d’une voix un peu plus calme mais dont la froideur n’avait pas baissé.

J’ai bien envie de te trancher la gorge ou ne serait-ce que te corriger suffisamment fort pour que ton erreur soit bien gravée en toi mais comme je ne compte pas usurper la place que je t’ai donnée, je ne te décrédibiliserai pas non plus aux yeux des mercenaires. Ca reviendrait à te condamner à mort. Néanmoins… Je suis désormais de retour et comme tu t’en doutes, je n’adopterai pas le même rôle que les sous-fifres qui sont désormais obligés de t’obéir. Je reprends le contrôle exclusif des mentaïs et de l’ancien conseil qui se trouvait sous mon autorité. Libre à toi de continuer de gérer le reste… Mais je ne tolèrerai pas d’apprendre à nouveau que la forteresse faiblit et que nous n’inspirons désormais plus aucune crainte pour l’empire.

Me détournant alors, je franchis le pas de la porte qui donnait à la salle de réunion. Une petite silhouette se tenait assise en tailleur au milieu de la grande table et je retins un sourire en voyant ce petit visage fin ainsi que ses cheveux noirs entourant un visage que je connaissais à travers quelqu’un d’autre. Nour, la demi-sœur de Caym. Il m’avait parlé de son potentiel, qu’elle était prédestinée à avoir le don du dessin lors de sa puberté. J’avais décidé sans aucune hésitation que je reprendrai du service et que je la prendrai comme apprentie. D’ailleurs, c’était non-négociable. En attendant, il ne valait mieux pas se montrer trop laxiste si on ne souhaitait pas voir d’impertinence ou de mauvaises habitudes s’ancrer dès le début dans ces jeunes enfants malléables.

Certains sont morts pour moins que ça. Dis-je, tranquillement. Descends de cette table, Nour, si tu ne veux pas y être contrainte d’une autre façon.




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MessageSujet: Re: Un, deux, trois, soleil ! [Tsukiyomi, Viladra] Sam 12 Oct 2013 - 13:14

Les voix qui s'approchaient étaient vives. Elles ne parlaient pas fort mais on sentait qu'il y avait de la tension entre les deux. Mais bon, c'est un peu normal, on est à la Forteresse et ici c'est bourré de mercenaires qui passent leur temps à pas être contents et à se disputer. C'est rigolo, des fois, de les regarder et de prévoir ce qu’il se passerait entre deux ou trois mercenaires. J’aime bien me cacher et regarder les combats des fois, je regarde comment font les gens et puis après comme ça, ça me permet d’apprendre aussi et de m’améliorer, de devenir encore meilleure.

Je le veux absolument, ça, devenir meilleure que tout le monde un jour. Ca sera très bientôt, je me le suis juré. Mais pour ça j’ai besoin d’un très bon maître, et mon maître à moi ben, il est bien mais c’est pas le tout meilleur que je pouvais avoir. C’est pour ça que des fois je désobéis, et que je le respecte pas autant qu’il le voudrait. Caym, lui c’est un bon mercenaire. Quand je le regarde j’ai des frissons tellement je veux lui ressembler. Il est fort, il est très fort et il a aucune faiblesse, il est meilleur que tout le monde ici et en plus, c’est mon frère. Enfin presque, mais je préfère dire à tout le monde que c’est mon frère. Je suis très fière d’avoir un frère comme lui, ça veut dire que j’ai ça dans le sang et que le Chaos, ben c’est là que je devais être, naître et grandir.

Caym je l’ai rencontré ici, à la Forteresse. Il m’a dit que c’était grâce à lui si j’étais là, avec lui. Que j’étais sa demi-sœur, et moi je l’ai regardé et je me suis dit que c’était sûr que j’aurais jamais pu avoir un frère aussi bien. Le type qui était venu me chercher quand j’étais encore avec Maman et avec mon moche petit frère, il était devenu mon maître mais j’ai dit à Caym que je voulais que ce soit lui, mon maître, et plus le monsieur qui était pas aussi bien que lui. Il m’avait regardé en riant bizarrement, et puis il a marmonné un truc que j’ai pas très bien entendu, à propos de quelqu’un d’autre qui voudrait peut-être me prendre pour élève. Je m’en fichais moi, je voulais juste lui, je voulais juste le meilleur.

Pendant que je rêvais à Caym, que j’aimerais bien voir un peu plus souvent (bon, il m’aime bien quand même et des fois quand il y a des gens qui sont méchants avec moi, Caym leur fait passer un sale quart d’heure), les deux femmes sont rentrées dans la grande salle.

Là, je me suis dit qu’à la fois c’était bien et pas bien que je sois venue ici et que je sois grimpée sur la table. C’était bien parce que les deux femmes qui venaient de rentrer, je les reconnaissais. Tout le monde les connaissait ici. C’était Tsukiyomi Ayame et Viladra Memphis. Tsukiyomi, c’était pas la première fois que je la voyais, des fois on la croisait sur l’esplanade de la Forteresse et tout le monde la redoutait. C’était la chef. La grande chef, et moi je crois qu’elle me connaissait pas encore. C’est pour ça que c’était bien que je sois là : elle allait pouvoir me remarquer. J’aime beaucoup quand tout le monde me remarque moi !

Mais ça faisait pas longtemps qu’elle était chef, et tout le monde parlait encore de Viladra, celle qui était là avant. Caym m’avait dit qu’elle était partie en voyage, et mon maître m’avait parlé d’elle en me disant que si je la rencontrais, il faudrait que j’aie autant de respect pour elle que pour Tsukiyomi. Maintenant que je la voyais, je comprenais pourquoi ; ça se voyait tout de suite que elle, elle était très forte aussi. Ce serait chouette aussi d’avoir un maître comme Viladra. Je crois que de toute façon Tsukiyomi elle serait pas d’accord, elle prenait pas beaucoup d’apprentis, mais Viladra si. Alors voilà, c’était bien que je sois ici parce que comme ça je pouvais faire la connaissance de Tsukiyomi et de Viladra.

Mais en même temps ça m’embêtait un peu, parce qu’elles avaient l’air en colère, et moi j’étais toujours sur la table et je savais pas si j’avais le droit d’y être. Je voulais vraiment que toutes les deux elles voient en moi une mercenaire, enfin une presque mercenaire, et que le Chaos c’était vraiment quelque chose d’important, et qu’elles voient que quand je serai mercenaire je serai très forte, au moins aussi forte qu’elles deux. Du coup je savais pas trop bien ce qu’il fallait que je fasse. C’est Viladra qui m’a dit de descendre de la table. Je sais pas trop bien comment, mais apparemment elle me connaissait, et elle savait qui j’étais. C’était sûrement grâce à Caym, on se ressemblait beaucoup, et je l’avais déjà remarqué plusieurs fois. Des fois quand je marchais dans la Forteresse, il y avait des gens qui me regardaient bizarrement et qui se retournaient, je crois que c’est parce qu’ils se rendaient compte que je ressemblais à mon frère. Ca me rendait très fière.

Alors là du coup, Viladra m’a ordonné de descendre vite. J’ai pas hésité une seule seconde, et je me suis laissé glisser au bas de la table. Je crois que j’avais plutôt intérêt à me faire discrète, parce que les deux avaient l’air d’être dans une grande discussion. Pour leur montrer que je les connaissais, je les regardais toutes les deux et je leur dis :

« Bonjour Viladra, bonjour Tsukiyomi. »

J’avais pas peur et je me tenais toujours bien droite, mais c’est vrai que c’était impressionnant d’être ici, dans cette grande salle, avec les deux mentaïs les plus importantes de tous les mercenaires du Chaos. Mais je voulais pas les déranger, alors pendant qu’elles se remettaient à parler entre elles, je m’éclipsai discrètement, comme j’avais appris à le faire, sans faire de bruit. J'étais toute excitée de les avoir rencontrées ! Mais en sortant, après avoir fait quelques pas dans le couloir, je me suis rendu compte que j’avais laissé le poison que j’avais passé la matinée à faire sur la table. Là, j’ai été vraiment très embêtée. Quelle idiote, pourquoi je l’avais oublié ? Maintenant, j’allais devoir le laisser là-bas !

Non, je pouvais pas. Pas celui-là. Je me souvenais plus de comment je l’avais fait, et si je voulais en refaire pour pouvoir peut-être en donner à mon maître, ou à Caym ou à Viladra, j’avais besoin de le récupérer. Je pouvais pas non plus attendre que les deux Mentaïs sortent de la salle, elles en avaient peut-être encore pour longtemps, et puis si ça se trouvait d’autres mercenaires allaient le rejoindre, et là je pourrai plus du tout aller le chercher. Et puis d’abord c’était mon poison, et puis je faisais ce que je voulais, d’abord.

Alors je décidais d’y retourner, j’essaierai de pas faire de bruit, et de pas me faire remarquer.

Je courus jusqu’à la porte, en étant la plus discrète possible, puis je jetai un œil à l’intérieur. Elles avaient l’air de pas trop prêter attention à ce qu’il se passait dehors. Je me glissai à l’intérieur, c’était pas trop difficile vu qu’elles me tournaient le dos, et je longeai le mur. Puis j’atteignis la table, mais pas du même côté que la fois d’avant, comme ça j’étais pas du même côté que Viladra et Tsukiyomi. Je tendis le bras, mais j’étais trop petite, il faudrait que je grimpe sur une chaise pour réussir à l’escalader. Ni une, ni deux, je me hissais sur le siège le plus proche de moi, et essayant toujours de faire le moins de bruit possible. Je redressai alors un peu la tête, pour que mes yeux dépassent un peu de la table, et je vis ma petite boîte juste à côté. Je l’attrapai vite, mais j’avais à peine refermé ma main dessus que j’entendis un raclement de gorge. J’étais tellement concentrée que je n’avais même pas remarqué que les deux avaient cessé de parler. Flûte.

Je décidais alors de leur expliquer pourquoi c’était important que je le récupère. Comme ça en plus, Viladra saurait que je sais bien faire des poisons.

« Euh… C’est un poison que j’ai fait tout à l’heure, et qui sert à tuer des gens en faisant croire que c’est d’une maladie. J’avais besoin de le récupérer pour pouvoir en faire plus. »

Mince alors ! Pourquoi est-ce que ma voix était si aigüe et fluette ?
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MessageSujet: Re: Un, deux, trois, soleil ! [Tsukiyomi, Viladra] Sam 3 Mai 2014 - 17:59

Bien évidemment,j'avais été surprise de revoir viladra. Cela faisait je ne sais combien de temps qu'elle avait disparue,me faisant alors chef de la forteresse étant donné le statut de bras droit qui m'avait été attribué a une époque pas si lointaine. Ahhh...ces jeunes années ou je n'était qu'une simple apprentie avec si peu de responsabilités sur les épaules.


Tout en se dirigeant vers la salle de réunion afin de mieux discuter,viladra commença a me reprocher tout ce que j'avais fait de travers depuis qu'elle était parti. Je savais que je l'avais profondément déçue car je ne gouvernais pas avec l'efficacité dont elle croyait que j'était capable. Biensur,j'avais assez de logique pour me rendre compte que tout ce qu'elle me disait était vrai. Oui,j'avais laisser la forteresse mijoter et rien qui n'en vaille vraiment la peine s'était produit récemment. Je l'écoutais alors sans broncher,supportant son regard qui était vraisemblablement rempli de colère.


C'est alors qu'elle franchie le seuil de la porte de la salle de réunion. Assez Vaste avec de grandes chaises. Bref pour des réunions de grande envergures quoi. Lorsque j'entra a mon tour,Viladra fit une remarque qui me fit regarder vers la source de cette remarque. Une jeune fille était assise sur la table de réunion. Probablement une apprentie,elle avait l'air si jeune. ahhh...je me revoyais le jour ou j'était entrée sans cris et gare dans une pièce qui m'était interdite simplement pour demander a Viladra de devenir mon maître.  Sa faisait un bail tout sa. Avant que j'ai pu prononcer un seul mot,la jeune fille nous salua,et tranquillement quitta la pièce. La tension qui régnait désormais semblait m'étouffer petit a petit.

-Je sais. Tout ce qui tu as dit a propos de la forteresse. Qu'elle stagne et que rien d’intéressant ne s'y produit. Je suis d'accord a 100%. Tu est déçue ? En colère ? Sache que tu as le droit. Tu veut reprendre le contrôle des Mentaïs et de l'ancien conseil ? Vas-y,je ne te retient pas. Qui suis-je pour t’empêcher de faire ce que tu veut. Apres tout,tu est celle qui m'a tout appris. Je ne vois pas ce que je pourrais faire de plus.


C'est alors que je sentit une troisième présence dans la salle et me retourna. C'était cette ''nour''. La jeune fille de tout a l'heure.Je posa ma main sur ma hanche et la regarda d'un air interrogateur. La main sur la hanche. A ce que je me rappelle,j'avais toujours fait ce geste.


« Euh… C’est un poison que j’ai fait tout à l’heure, et qui sert à tuer des gens en faisant croire que c’est d’une maladie. J’avais besoin de le récupérer pour pouvoir en faire plus. »



un poison ? Mhmm... Intéressant. Je lui demanderai de passer me voir tout a l'heure pour que je puisse en savoir plus sur sa concoction. Si cette petite Maîtrise l'art des poisons,elle pourrait peut être se rendre loin. Qui sait. Mais pour l'instant,je crois que je vais m'entretenir encore un peu avec Viladra. Quelque chose me fait sentir qu'elle n'a pas terminer de me parler. Je lui demanda alors de quitter la pièce et que je la ferai sans doute faire venir tout a l'heure pour en savoir plus. Elle s'exécuta alors,me laissant de nouveau avec celle qui fut dans un passé pas si loin mon maître.
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MessageSujet: Re: Un, deux, trois, soleil ! [Tsukiyomi, Viladra] Lun 5 Mai 2014 - 11:14





Mourir ? Quelle idée...



"Bâton des exilés, lampe des inventeurs,
Confesseur des pendus et des conspirateurs,

O Satan, prends pitié de ma longue misère!

Père adoptif de ceux qu'en sa noire colère
Du paradis terrestre a chassés Dieu le Père,"





J’étais si lasse. Le voyage m’avait fatigué et ma patience chutait de seconde en seconde. J’étais tellement lasse qu’il ne me fallait pas grand-chose pour que je dérape et je pris donc le soin de respirer longuement avant de commettre un acte irréparable. Après tout, Tsukiyomi n’était encore qu’une enfant à mes yeux. Je ne lui avais pas appris tout ce que je savais, certes, mais je lui avais donné des bases solides et des compétences qui faisaient d’elle un pion bien plus important que les autres. Infantile, arrogante et indisciplinée tant qu’on n’usait pas de force ou de menace, elle avait encore beaucoup à enregistrer et je ne doutais pas une seconde qu’elle s’assagisse avec le temps ou du moins qu’elle devienne plus réfléchie. Plus mûre. En attendant… C’était de mon devoir de me contrôler et de pas faire voler la tête de la seule élève qui avait presque répondu à mes attentes. Je dis presque puisque malgré mon égocentrisme, j’avais tout de même conscience que j’en demandais beaucoup à chaque fois.

« Tu en demandes même un peu trop, parfois. Non ?
Quand je me montre plus laxiste, ils meurent pitoyablement… Ou ils désertent.
Seul Kem a trahi, les autres…
… sont sans doute en train de nourrir les vers. »

J’avais eu des tas d’élèves. Des prometteurs qui auraient pu être aussi bons voire plus que Tsukiyomi, qui sait. Je me souvenais de Dorian en qui j’avais énormément cru. Siobane, un peu faible mais avec des capacités physiques bien supérieures à la moyenne pour son âge, et puis Izaac qui, avec sa schizophrénie, serait devenu une marionnette parfaite. Et tant d’autres… Pour qu’il ne me reste plus qu’elle, cette ancienne élève. Je n’ai jamais pu aller jusqu’au bout de sa formation. Trop stricte, il lui aurait fallu plus d’une vie avant qu’elle ne sache tout ce que je sais. J’aurais été trop perfectionniste, elle n’aurait pas pu aller assez vite et aussi efficacement pour apprendre de manière presque scolaire ce que moi j’ai acquis instinctivement. Mais je devais reconnaître que si elle n’était peut-être pas encore au niveau des mentaïs les plus élevés, j’avais confiance en elle pour qu’elle ne s’arrête pas là. Après tout… Son don était peut-être limité pour le moment, mais elle arriverait bien à l’élever, ou alors à s’en servir plus efficacement.
Je me surpris alors à la fixer, songeuse, tandis qu’elle finissait de répondre à mes reproches, me disant même que je pouvais reprendre le contrôle de la citadelle. Elle avait raison, qui allait me contester ? Les plus anciens seraient même ravis de se débarrasser de cette chef, jeune et nouvelle qui imposait une nouvelle loi sans avoir eu l’épreuve du sang. Rares étaient les meneurs du chaos qui avaient réussi à se hisser à cette place sans tuer le prédécesseur ou d’autres rivaux. Mais elle avait mon empreinte sur elle, et maintenant que j’étais de retour, peu se risquerait à tenter de la tuer ouvertement. Pourtant, en lui ôtant son rôle d’élève, je lui enlevai ma protection.

« Bon moyen de la mettre à l’épreuve…
Tiendrait-elle longtemps … ? »

Esquissant un sourire je laissai passer quelques secondes avant de préparer ma réponse. Sans que l’on ne s’y attende, la petite Nour revint alors à l’improviste, tentant sans succès de se faire discrète. Remarquant qu’on la fixait, elle bafouilla quelques excuses et j’entendis Tsukiyomi lui répondre. Lui indiquant qu’elle la ferait appeler plus tard, je souris à nouveau mais attendis que la petite mercenaire fût suffisamment éloignée. Me tournant alors à nouveau vers Tsukiyomi, je plongeai à nouveau mes yeux de glace dans les siens, ses iris rougeâtres ne se dérobant pas à mon regard.

A quoi bon reprendre le contrôle de la forteresse, lâch ais-je, cynique. Je viens de gouter à une liberté que j’avais depuis longtemps oubliée et il est dans mes possibilités de te destituer de ton piédestal quand je le souhaite, alors pourquoi me hâter… Je te l’ai dit, je reprends uniquement mon groupe de mentaï qui formait l’ancien conseil. Sois heureuse, il vaut mieux pour ta vie qu’ils se remettent sous mes ordres plutôt que tu tentes de les contrôler… Tu ne tiendrais pas longtemps et je serai obligée de reprendre ma place pour m’occuper de tous ces petits désagréments…

« On va pouvoir repartir en vadrouille, génial ! »

Une dernière chose, tant que nous y sommes… Ajoutais-je alors après une courte pause.

Je la vis reporter son attention sur moi, se demandant sans doute à quelle sauce j’allais bien pouvoir vouloir la déguster ou quelle sale surprise j’allais pouvoir sortir. Mal lui en fallait de se douter de telles choses, ma solitude m’avait adouci quoique l’on puisse en dire. J’étais plus calme, plus sereine, et mes pulsions meurtrières avaient grandement diminué, m’offrant un contrôle sur mon âme et mon corps encore plus solide. Mais j’avais aussi perdu un peu de vice, j’étais peut-être… Un peu plus sage ? Rien qu’à cette idée j’avais envie de rire. J’avais passé l’âge de me perdre dans des questions existentielles…

… Cette enfant que tu viens de voir. Inutile que tu la fasses appeler, je la prends aussi sous mon aile. Après tout, puisque Kem a profité de mon absence et… de ta nouvelle place pour déserter, il faut bien que je renouvelle mon rôle de maître. Je vais prendre Nour comme apprentie, il s’agit de la demi-sœur de Caym.

Caym est certainement le mentaï le plus puissant de la forteresse, après moi bien sûr, et donc son élément le plus dangereux. Il vouait une haine féroce à l’encontre de Tsukiyomi depuis qu’elle avait accédé à la tête de la forteresse alors que tout le prédestinait à faire de lui le futur chef. Malheureusement, être apprenti de l’ancien dirigeant a ses avantages, et il ne les possédait pas. Je préférais donc prendre sa sœur avec moi, c’était plus prudent…
Ramenant distraitement ma chevelure en arrière, je balayai cette salle dans laquelle j’avais passé de longues heures à me forcer à rester calme au temps où je n’étais que simple mentaï. Un temps où la guilde n’était que désordre lorsque Leelo, ma prédécesseur, avait soudainement disparu. Ce qu’elle est devenue, nul ne le sait…

J’ai à faire, je te laisse récupérer tes bêtises. Quant à ce que je viens de dire, à propos de Kem…

Un mince sourire étirant mon visage, je dardais mon ancienne élève avec une pointe de provocation justifiée.

… c’était un camarade à toi, puisqu’il faisait partie de mes apprentis au même moment que tu l’étais. J’imagine que tu sais déjà que sa survie… ne doit être qu’un caprice du destin. Je compte sur toi pour y remédier.



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Un, deux, trois, soleil ! [Tsukiyomi, Viladra]

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