Le Monde d'Ewilan
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Même les ténèbres en tressaillent.

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MessageSujet: Même les ténèbres en tressaillent. Sam 12 Juil 2014 - 22:18

Ils s'étaient disputés. Les colères de Killian et de Kerïm s'étaient affrontées, s'étaient brisées lorsqu'un jour Nathan était resté seul et souffrant à la maison. Killian était partie pour la journée, elle lui avait fait confiance pour s'occuper du petit le temps de son absence. Il s'était exilé, et au retour de sa belle compagne, Nathan pleurait seul et affamé dans son lit. Kerïm avait disparu. Il n'était revenu qu'au cours de la nuit. Kerïm n'avait pu lui expliquer.

-Kerïm, qu'est-ce que tu fous par le caleçon de Merlin ?! On doit être prêt dans quelques minutes à peine, je ne vais quand même pas harnacher Alizé à ta place !

Nïssa lui criait des avertissements de l'autre côté du troupeau, bataillant elle-même avec ses propres montures. Ils s'étaient installés à Al-Jeit pour quelques jours, étape parmi tant d'autre de leur spectacle ambulant. Kerïm ne fit pas attention aux braillements de sa sœur. Ses yeux cherchaient imperceptiblement dans la crinière d'Alizé l'ombre gracieuse de Killian. Mais toujours elle s'éloignait de lui, il avait beau tenter de la caresser du bout des doigts, comme de l'eau elle lui échappait. Killian, où était-elle ? Son bel amour, ses beaux amours. Il n'était plus qu'un vide depuis cette triste de nuit qui les avait séparé. Les deux familles de Kerïm l'avaient déchiré en deux. Depuis, Kerïm vivait dans le silence et dans le souvenir des gazouillis attendrissants de Nathan, de la présence si aimante de sa femme. Elle avait était sienne. Elle s'était donnée à lui, tout comme il s'était donné à elle. Il n'avait, dès lors, jamais cessé de se donner tout entier à elle.

Kerïm n'avait pu lui expliquer que sa sœur Nïssa avait jailli dans la soirée, qu'elle l'avait traîné hors de ses terres sans un regard en arrière et hurlant à l'encontre de Killian et Nathan les pires insultes qui soient. Leur mère était morte, et Kerïm n'osait quitté « SA NOUVELLE FAMILLE, TU AS BRISE LA TIENNE KERÏM ! LA VERITABLE ! TU ES UN TRAITRE A TA PROPRE FAMILLE  ! MAMAN, MAMAN EST MORTE SANS TOI ! KERÏM REGARDES-TOI, TU VIS AVEC UNE FEMME ABSENTE, QUI TE LAISSE SUR LES BRAS UN GARNEMENT QUI N'EST MEME PAS DE TOI ! MAMAN EST MORTE SANS TOI. ».
Kerïm l'avait emporté, elle et ses hurlements hors de leur domaine, loin d'un petit Nathan endormi. Il l'avait cloué au sol et l'avait calmée. Nïssa était dans un état d'hystérie, des larmes de rage et de chagrin dévoraient son visage. Elle avait traversé Gwendalavir à bride abattue pour venir chercher son frère pour les funérailles. Et qu'avait-elle vu....son frère portant dans ses bras un enfant inconnu, lui murmurant d'une voix douce le nom d'une femme étrangère. D'une femme qu'il aimait de tout son être.


Il retint un gémissement dans le fond de sa gorge. Une main sur l'encolure d'Alizé, le dresseur de chevaux se releva. Tranquillement, il apposa sur son dos sa selle de cuir et commença à revêtir son costume de scène. Kerïm dissimulait chaque parcelle de peau. Il cachait toute cette chair qui avait tendrement embrassé la femme aux cheveux sombres. Killian. Sa chair lui appartenait, à elle seule. Jamais il n'aurait survécu s'il avait dû impressionner la foule dans un corps qui n'était plus le sien. Nïssa avait compris cela, et lui avait façonné un masque, un personnage pour les spectacles. Elle avait compris bien plus tard l'étendue du tourment auquel était soumis son frère. Mais elle préférait agir en sœur bornée qu'en sœur apitoyée.

-Bon damoiseau, je ne sais pas quel Brûleur je vais devoir invoquer pour venir te mettre un coup de tentacule au derrière pour te jucher sur ta selle !

Nïssa venait de lui frapper à l'arrière du crâne, dernier rappel pour qu'il se mette à cheval. Le jeune homme se passa une main sur le visage, effaça tant bien que mal les souvenirs. Mais comme les chevaux fougueux, ils revenaient sans cesse, ébranlant son âme dans un grand fracas.

Nïssa était repartie furieuse sur les Plateaux de l'Est, prévenir de l'arrivée prochaine de Kerïm pour les funérailles. Mais lorsqu'il était rentré, bien plus tard, Killian se tenait bien droite sur le seuil de la porte. Nathan dans les bras, son petit visage encore rougi par les larmes. Il vit aussitôt que la panique qu'avait dû vivre Killian s'était transformé en colère. Une colère sombre dans laquelle Kerïm se perdait comme un aveugle dans la nuit noire.
-Je t'avais fait confiance Kerïm.
-Je ne pensais pas...partir...Je vais partir...Je dois partir Killian.
Malheureusement, Killian ne lui laissa pas davantage de temps pour s'expliquer. Les tons montèrent dans un fracas assourdissant, se transformèrent en hurlements. Il se souvenait qu'avant se franchir le seuil de la porte..il lui avait crié au visage : « NATHAN N'EST PAS MON ENFANT ! GARDE –LE : VAS-Y, QU'EN AIS-JE A FAIRE ?! ET BON VENT ! ».
Killian était restée immobile au milieu de la pièce, belle comme une sculpture. Lorsqu'il était revenu quelques semaines plus tard, il avait retrouvé la maison vide. A son tour, il avait découvert que son âme tout entière pouvait s'exiler.


Un tonnerre d'applaudissement accueilli l'entrée fulgurante de Kerïm.
Alizé avait jailli au galop du fond de la carrière, jusqu'à s'arrêter dans un nuage de sable à un souffle près des spectacles. Les mains tendues vers le ciel, Kerïm offrait son visage aux nuages. Yeux fermés, il fit faire volte-face à sa monture et la mettant au galop, se mit à danser. Le dresseur glissait de sa monture, jaillissait à ses côtés. Avec Alizé, Kerïm devenait danseur. Il avait la sensation de devenir l'air qui sifflait aux côtés de la jument, d'être ses rafales de vent qui jouaient dans les foulées franches des chevaux. Le vent....Killian. Le jeune homme ouvrit soudainement les yeux, et fixa, au travers du nuage de poussière, cette ombre qui s'éloignait.

-Killian.


Alors que Nïssa lâchait l'ensemble du troupeau dans la carrière, Kerïm bondit de cheval et se mit à la poursuite de l'ombre. Quelques spectateurs retinrent leur souffle en voyant le fier acrobate se jeter entre les chevaux en furie. Mais lui ne voyait qu'une chose : l'ombre qui s'éloignait au travers du nuage de poussière et au travers de la foule. Cette ombre, Kerïm aurait pu la reconnaître dans un rayon de lumière, dans le gouffre le plus sombre, ou encore aveugle. Cette ombre était la lumière qui emplissait son âme depuis qu'elle avait illuminé sa vie. Kerïm sauta par dessus la barrière et tenta de se frayer un chemin entre les spectateurs. Sa progression était ponctuée de « poussez-vous crétins ! » ; mais il n'arrivait pas à quitter des yeux la forme sombre qui disparaissait. Il savait que Killian avait conscience qu'il la suivait, la poursuivait. Sinon pourquoi aurait-elle fuit ? Avant, l'ombre s'évaporait entre ses doigts. Là, elle s'enfuyait entre les gens, se fondait parmi la masse, s'éloignait toujours plus de lui.
C'est dans un cri qu'il réussit à s'extirper de la foule. Kerïm allait devenir fou. Devant lui, l'ombre se retourna un bref instant, fit danser autour de sa tête un voile sombre de cheveux. Son parfum vint jusqu'à lui, l'enivra. Les larmes lui montèrent aux yeux. Jamais l'ombre n'avait été aussi réelle. Mais l'ombre impétueuse fit volte-face et reprit sa fuite. Sous lui, ses jambes se dérobèrent. Il n'allait pas de nouveau l'abandonner, sa belle ténébreuse. Le dresseur s'élança, non, pas une deuxième fois. Parfois, l'ombre disparaissait entre les masses, mais Kerïm savait où elle était. Il savait tout simplement. Jusqu'à ce qu'il arrive dans une rue sombre, cloisonnée entre les bâtisses. Sa belle ténébreuse était là, il le savait, le sentait, l'aimait, l'embrassait. Son cœur tressaillit.

-Killian...si un jour tu m'as aimé, montre-toi...
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MessageSujet: Re: Même les ténèbres en tressaillent. Sam 12 Juil 2014 - 23:12



Même les ténèbres en tressaillent.


« Puis-je te pardonner ? »

feat Kerïm Val’Dor


Al’Jeit. Une ville paradisiaque. Pour ceux qui vivaient dans la lumière. Mais Killian vivait dans l’ombre depuis un certain temps. Elle était revenue de cette mission avec Edwin. Elle avait faillit mourir sous terre, enterrée vivante. Et maintenant, elle restait le plus possible au grand air. Nathan lui manquait affreusement. Alors elle aimait à grimper sur les plus hautes tours et lui parler, la nuit. Le vent lui apportait l’écho de son rire, de son gazouillement, et même de son rot.

Et par-dessus, la voix de Kerïm, quand il était partit. Quand il lui avait hurlé dessus. Sa pire peur c’était alors réalisée : que le jeune homme en est marre d’être sur place, et de devoir s’occuper d’un bébé qui n’était pas le sien.

Elle était juste partie, laissant sa maison propre et vide de tous souvenirs d’elle ou de Nathan. Maintenant, tout ce qu’il lui restait de son fils, c’était son bracelet.

Sur un soupir, elle continua à marcher, attirée par la foule qui s’agglutinait sur une grande place. Toujours en retrait, Killian observa, écouta. Et se figea. Ce spectacle, les clôtures, les chevaux, la femme plus loin… l’homme, à ses côtés. Non, impossible. Ce ne pouvait pas être possible. Pas ici, pas maintenant ! Et pourtant, Kerïm était là-bas, à quelques mètres. Son cœur se noua, la colère vint, la rancune, mais… l’amour également. Il n’avait pas changé, alors qu’elle n’était plus qu’une ombre errante. Elle observa le cavalier jouer avec sa monture, danser avec elle, virevolter. Une part d’elle voulait s’en aller, l’oublier, mais l’autre voulait… le libérer. Lui dire qu’elle avait comprit pourquoi il était parti. Qu’elle n’avait jamais eu l’intention de l’étouffer, de l’enfermer.

Alors qu’il dansait, elle s’éloigna, se frayant un chemin parmi la foule, comme un voile de fumée. Elle entendit les chevaux courir un peu partout dans leur carrière improvisée, sentit leur odeur, mais poursuivit sa route.

Il la suivait, elle entendait sa voix quand il poussait les gens, sentait son odeur, même parmi toute cette foule. Et elle continuait de s’éloigner.
Au détour d’une ruelle, elle se retourna, pour le voir émerger de la foule. Elle rejeta ses cheveux en arrière, et reprit sa route. S’ils devaient se revoir, se reparler, ce ne serait pas en présence de témoins. Cela ne concernait qu’elle et Kerïm. Elle s’amusa à l’emmener, à l’obliger de la suivre. C’était une petite vengeance pour certains points de vue. Elle le torturait, parce qu’il savait qu’elle savait qu’il la suivait, mais qu’elle ne s’arrêtait pas.

Arrivée dans une ruelle sombre entourée de bâtisses, elle grimpa sur le toit de la première, et attendit. Son odeur, sa si douce odeur, celle qui l’avait bercée toutes ses nuits qu’ils avaient partagées, approchait.
L’ombre grandit au sol, jusqu’à ce que l’homme à qui elle appartenait jaillisse de la rue.

-Killian...si un jour tu m'as aimé, montre-toi...

Sa voix… Killian déglutit depuis son perchoir, trembla même. Elle ne savait pas comment se comporter. Lui mettre une lame sous la gorge pour l’avoir abandonnée ? Le laisser là, partir de cet endroit, l’oublier ? Non, elle tentait depuis de longs mois de l’oublier, mais il la hantait sans cesse, tout comme Nathan. Souplement, elle sauta du toit, juste derrière Kerïm qui se retourna.

Il y eut un instant de silence durant lequel les deux anciens amants s’observaient mutuellement. Kerïm n’avait pas changé physiquement, mais il avait des traits tirés, tristes.

-Kerïm.

Elle ne savait pas quoi dire d’autre ! Elle serra les poings pour s’empêcher de lui mettre une baffe. Ah si… elle allait lui laisser une chance de s’expliquer.

-Pourquoi m’as-tu suivie ? Je croyais que tu n’en avais rien à faire.

Killian allait l’écouter. Voir s’il avait de bonnes raisons pour son comportement qui ne lui avait guère ressemblé ce soir-là. Lui dire, si elle avait le courage, pour Nathan.

Et au fond d’elle, brillait la lueur de l’espoir. L’espoir qu’ils puissent passer outre cet horrible épisode, et se reconstruire, ensemble. Elle était solitaire, mais avait grandement besoin d’un soutien comme Kerïm. Elle l’aimait toujours…de tout son être.

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MessageSujet: Re: Même les ténèbres en tressaillent. Lun 14 Juil 2014 - 2:59

Le mystère de Killian n'avait pas pâli depuis leur séparation. Au contraire, toutes ses chairs s'en étaient imprégnées. Des chairs qui avaient bien maigries, soit dit en passant. D'un coup d’œil, Kerïm vit que la jeune femme s'était effondrée. Il pouvait voir sous sa tenue de cuir l'ossature de ses épaules, ses pommettes saillantes et livides. Elle avait été marquée par la vie, cette belle femme sortant de l'ombre. Pourtant, à ses yeux, elle n'avait rien perdu de son éclat. Lorsqu'elle été apparue, toute l'illusion s'était effondrée devant Kerïm. Elle s'était matérialisée entre chairs et os, tout en lumière. Mais il ne pouvait rester indifférent aux cernes qui rendaient son visage morne, à la maigreur qui la rendait fragile. Malgré tout cela, elle continuait à darder sur lui son regard de velours, et en cette soirée, bien trop sévère.

Ses questions étaient tout à fait normales. Mais face à la détresse de la jeune femme, Kerïm ne put retenir un rire nerveux. Terriblement nerveux. Quiconque aurait pu voir au bout de son bras, sa main d'habitude si assurée, trembler comme les feuilles d'automne. Comment pouvait-elle douter de lui ? Lui qui s'était offert à elle dès les premiers instants, qui s'était réfugié en son âme. Depuis qu'il l'avait rencontré, Kerïm n'avait plus rien à faire de sa propre vie. Son unique fin existait en Killian, séparé d'elle, Kerïm avait perdu toutes ses convictions, son désir de toujours se porter en avant. Il s'était affranchi de son propre désir de survivre. Son unique raison, elle était devant lui à l'instant même.

-Comment...peux-tu remettre en question un amour pareil ?

Il recula de quelques pas, chancelant devant son propre malaise. Kerïm s'appuya en silence contre le mur de chaux derrière lui. Il ne cessait d'observer son amante, cette femme qui envahissait l'espace de son seul souffle. Cette femme qui lui permettait de respirer, par son seul souffle. Il connaissait toutes les ombres de son corps, jusqu'à la plus infime douceur de sa peau. Kerïm lui sourit tendrement.

-Je t'ai suivie, parce que lorsque je suis revenu il y a des mois de cela, tu avais vidé ma vie de ton existence. Parce que j'ai volé des mots à un fourbe que je t'ai lancés au visage. Et depuis, mes mots ne t'ont plus retrouvés pour te dire à quel point tu me manques et que je regrette tout cela. Je regrette tellement de ne pas avoir pris le temps de t'expliquer...

Et pourtant, depuis qu'il avait fui leur ferme, chaque jour il se remémorait cette terrible journée. Il ne se passait pas un instant sans qu'il entende de nouveau les cris, qu'il ne revoit le vide à son retour. Le pire avait été ce vide. Comme si rien n'avait existé. Killian avait soigneusement tout effacé. Il n'avait resté à Kerïm que ses souvenirs et ses sensations pour revivre son bonheur abandonné. Mais cet abandon, il ne le devait qu'à lui même. C'était lui qui était parti et qui avait proféré le plus immondicités.

-Pardonne-moi pour tout ce que j'ai pu te dire...J'étais dans une colère noire cette nuit-là. Nïssa avait traversé Gwendalavir pour m'annoncer la mort de notre mère. Elle est tombée dans l'hystérie lorsqu'elle a vu que j'avais construit une nouvelle famille, sans que quiconque en ai connaissance...Lorsque tu es revenue, je venais à peine de la calmer. J'enrageais de mon incapacité à tenir mes devoirs de fils, de frère, d'amant...de père. Et que tu doutes ainsi de mon désir d'élever Nathan, de l'aimer, de mon désir de vivre à vos côtés....cela m'a fait peur. Je me suis enflammé, et naïf j'ai brûlé d'un trait tout ce qui m'était le plus cher. Vous.

Kerïm passa une main sur son visage, tout en ne cessant de regarder sa ténébreuse droit dans les yeux. Quelque chose était mort en elle, une flamme s'était éteinte dans le brasier de son regard. Il le savait, car il voyait dans l'obscurité de ses yeux la fougue perdue.

-Je t'ai suivie parce que je veux que tu vives, que tu ne disparaisses pas comme l'ombre que j'ai poursuivi jusqu'ici.


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MessageSujet: Re: Même les ténèbres en tressaillent. Lun 14 Juil 2014 - 10:19



Même les ténèbres en tressaillent.


« Aide-moi. »

feat Kerïm Val’Dor


Sous les projecteurs lunaires, Killian vit Kerïm secoué d’un rire qu’elle pensa nerveux. Tout son corps n’était que nervosité. Comme si elle allait le tuer dès qu’il aurait finit de parler. Alors qu’au contraire, non. Elle se retenait de courir dans ses bras, de chercher sa chaleur, de pleurer la perte de Nathan une bonne fois pour toute, avec lui. Elle se faisait violence, se faisait mal, un mal qui la noyait, l’emportait depuis de longs mois, même si elle avait réussit à le contenir pour rester droite. Edwin l’avait aidée à faire ses barrières, et pour l’heure elles avaient tenues. Mais là, face à Kerïm…elles commençaient déjà à se fissurer. Et Killian n’était pas rancunière. Elle était plus du genre à vouloir tout oublier et tourner la page plutôt que de ressasser un événement affreux comme celui-ci.

-Comment...peux-tu remettre en question un amour pareil ?

Elle serra les mâchoires alors qu’il reculait. Elle, on aurait dit qu’elle était vissée au sol. Elle ne remettait pas en question, au contraire. C’était simplement qu’elle n’avait jamais comprit pourquoi il avait agit ainsi alors que justement eux deux… c’était un amour pur, fort, puissant. Au début elle avait crut qu’il s’était juste joué d’elle. Mais après, elle l’avait rejeté. Kerïm n’aurait jamais fait ça pour ça. Au fond d’elle, elle savait que leur amour était vrai et sincère. Peut-être même que lorsqu’elle avait été avec Edwin en mission, elle avait juste voulut voir si elle arriverait à rouvrir son être à un nouvel homme. Non. La réponse était non. Il n’y avait plus que Kerïm qui faisait battre son cœur.

-Je t'ai suivie, parce que lorsque je suis revenu il y a des mois de cela, tu avais vidé ma vie de ton existence. Parce que j'ai volé des mots à un fourbe que je t'ai lancés au visage. Et depuis, mes mots ne t'ont plus retrouvés pour te dire à quel point tu me manques et que je regrette tout cela. Je regrette tellement de ne pas avoir pris le temps de t'expliquer...

Là, elle se mit légèrement à trembler. Il était donc revenu. Et il regrettait. Elle sentait qu’il disait vrai, tout le proclamait. La posture de son corps, presque soumise à elle, son visage, son odeur. Il s’en voulait. Mais il ne lui avait toujours pas expliqué, pour qu’elle comprenne, qu’elle parvienne à… amorcer le processus du pardon.

-Pardonne-moi pour tout ce que j'ai pu te dire...J'étais dans une colère noire cette nuit-là. Nïssa avait traversé Gwendalavir pour m'annoncer la mort de notre mère. Elle est tombée dans l'hystérie lorsqu'elle a vu que j'avais construit une nouvelle famille, sans que quiconque en ai connaissance...Lorsque tu es revenue, je venais à peine de la calmer. J'enrageais de mon incapacité à tenir mes devoirs de fils, de frère, d'amant...de père. Et que tu doutes ainsi de mon désir d'élever Nathan, de l'aimer, de mon désir de vivre à vos côtés....cela m'a fait peur. Je me suis enflammé, et naïf j'ai brûlé d'un trait tout ce qui m'était le plus cher. Vous.

L’ouragan passa dans son corps, lui enlevant toute forme d’assurance. Elle avait l’impression qu’il l’avait poignardée tant son souffle était court. Sa mère était décédée. Et il n’avait pas été là. Elle l’avait étouffé et enfermé. Privé de sa famille. C’était elle, en fin de compte, qui était cruelle. Peut-être que la mort de Nathan n’avait été qu’une punition à cela.
Quand Kerïm prononça le nom de son fils, elle ne put plus le regarder en face. C’était de sa faute…et jamais la culpabilité ne l’avait autant étreinte…

-Je t'ai suivie parce que je veux que tu vives, que tu ne disparaisses pas comme l'ombre que j'ai poursuivi jusqu'ici.

Killian ferma les yeux et inspira un grand coup, avant de s’approcher de lui. De se mettre dans le rayon lunaire avec lui, pour qu’il voie son visage. Elle ne savait pas par où commencer.

-Je suis navrée, Kerïm, pour ta mère. Je t’ai enfermé, étouffé, empêché d’être avec les tiens. Ta véritable famille. Tu as eu raison de me crier dessus. De tirer un trait sur moi à ce moment-là, parce que ta vraie famille est plus importante que moi. Tu n’avais pas à choisir entre être un fils, un frère, un amant et un père. Les deux derniers n’étaient pas obligatoires. Surtout le dernier à présent.

Elle vit l’interrogation dans son regard. Il ne comprenait pas. Elle ouvrit la bouche, les mots soudainement bloqués dans sa gorge, les larmes venant envahir ses yeux sans qu’elle ne les aient invitées. Le dire, c’était le revivre. Sur une inspiration, elle se lança, tant bien que mal :

-Je suis partie avec… Nathan…c’était ta maison, non la mienne, je n’avais aucun droit d’y rester. On a chevauché quelques mois ensemble, à découvrir la région, tranquillement. Et au bout de trois mois… il est tombé malade… je suis allée chez les Rêveurs. Mais tout ce que je pouvais faire, c’était être avec lui jusqu’à la fin…

Elle serra les poings à s’en blanchir les phalanges, déglutit, et conclut :

-Il est… mort dans mes bras, Kerïm…mon fils. Il est parti. Depuis j’erre comme une ombre. Je… quand je crois réussir à faire mon deuil et revivre mieux, plus normalement, je retombe. Toi qui étais parti, puis lui… j’avais juste envie d’en finir, Kerïm… mais je savais que Nathan ne l’aurait pas voulut, alors j’ai continué. Tout ce qu’il me reste c’est…son bracelet…

Elle le sortit de sa poche pour le lui montrer, brillant au clair de lune.

-Tu n’as plus de responsabilité parentale, Kerïm…ne t’en veux pas pour ça. Ta famille t’attend. Je veux que toi, tu vives, que tu sois libre. Je ne m’en suis rendu compte que trop tard, que je t’étouffais alors que tu ne voulais, comme moi, que le grand air.

Killian avait juste envie de le suivre, l’aider avec son spectacle. Être ensemble, sur les routes, avec la famille de Kerïm, comme ça il n’aurait plus à se diviser. Mais elle doutait qu’on l’accepte alors que c’était à cause d’elle qu’il n’avait pas pu être là à la mort de leur mère. C’était elle, l’indésirable.

-Sois heureux. Et n’oublie pas que je t’aimerais toujours, Kerïm. Je n’ai jamais cessé… je t’aime…

Ce n’avait été qu’un souffle, et elle restait plantée là, alors qu’une part d’elle lui disait de s’en aller. Non, elle ne voulait pas repartir… pas maintenant qu’il était là… que la chance de se refaire était à portée de main…

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MessageSujet: Re: Même les ténèbres en tressaillent. Ven 18 Juil 2014 - 23:45

Nathan était mort. Pourtant, tout ce qu'avait Kerïm dans son cœur, c'étaient des gazouillis heureux. Même ses yeux à la couleur étrangère l'observaient toujours avec amour, et il n'avait jamais rien senti de plus attendrissant que sa petite main potelée posée sur son menton. Tout ceci avait été, et ce ne serait plus jamais. Il avait tenu son fils entre ses bras, et ne le tiendrai plus jamais. Il avait caressé d'un regard ses sourires. Tout ceci ne se ferait que dans ses plus doux souvenirs désormais. Et Killian, qui ne cessait de se tordre les mains. Encore et toujours, jusqu'à ce que ses phalanges en deviennent blanches.

-Tu n’as plus de responsabilité parentale, Kerïm…ne t’en veux pas pour ça. Ta famille t’attend. Je veux que toi, tu vives, que tu sois libre. Je ne m’en suis rendu compte que trop tard, que je t’étouffais alors que tu ne voulais, comme moi, que le grand air.

Il retint sa respiration. Il n'en voulait pas à Killian d'user de phrases des plus démunies de sentiments qui soient... « Tu n'as plus de responsabilité parentale ». Il n'y avait rien de plus fade que lui dire ça. Appeler « responsabilité parentale » tout l'amour qu'il avait déversé sur l'enfant. Mais il ne lui en voulait pas. Il savait que la douleur pouvait marteler l'élégance. Ces euphémismes qui apaisent l'esprit. Killian tentait de se libérer de ses horreurs, et perdait toujours un peu plus d'elle-même.  Kerïm sentait ces millions de démons qui dévoraient comme de vrais carnassiers son cœur, lorsqu'il la voyait ainsi perdue dans ses tourments.

-Sois heureux. Et n’oublie pas que je t’aimerais toujours, Kerïm. Je n’ai jamais cessé… je t’aime…

Kerïm voyait déjà le petit mouvement de retrait de la femme qu'il aimait tant. Encore une fois, elle lui souhaitait tout le bonheur du monde et allait s'évaporer dans les ténèbres. Mais même les ténèbres tressaillirent devant le désespoir de Kerïm à voir son amour disparaître de nouveau. Même les ténèbres n'osèrent lui dérober ce bel amour. Comment pouvait-il vivre heureux sans cet être qui voulait se dissiper dans l'existence ? Il fallait qu'il s'évapore avec elle. Il ne pouvait pas en être autrement. Il devait la soutenir et la relever dans la vie. Car en cet instant, Killian se faisait écraser par elle.
Kerïm sécha les larmes qui depuis le début lui dévoraient le visage. Mais malgré cela, il ne pouvait les empêcher de briller de tristesse et d'amour. Pour Nathan et pour Killian. Il s'approcha en silence, fit glisser ses doigts le long des bras de la jeune femme. Les mêla aux siens, lui offrit toute sa compassion, son amour, sa détresse. Mais sentant entre ses doigts toute la faiblesse de Killian, Kerïm la prit dans ses bras. Il la prit tout contre lui, sa tête posée sur son cœur. Il embrassa tendrement son front, plissé par ses perdition. Il la serra davantage contre son torse, la laissa pleurer contre lui. Il la laissa entrer de nouveau en son cœur et le faire battre à tout rompre par les passions qu'elle lui inspirait.

-Je ne serais heureux qu'avec toi seule Killian...Ma liberté n'est vraie que lorsque je suis enchaîné à ton amour. C'est l'unique liberté que j'ai choisi, et que je désire...

Il redressa le visage de Killian, et la regarda droit dans les yeux. Ses émeraudes plantés dans ses onyx. Il passa doucement une main sur ce regard sombre, en effaça les horreurs.

-Nous allons partir ensembles Killian, forts de notre amour pour Nathan, vivre pour lui. M'entends-tu ? Parce que je vous ais toujours aimés, et rien ne sera comme avant. Je t'enlève Killian.



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MessageSujet: Re: Même les ténèbres en tressaillent. Sam 19 Juil 2014 - 11:39



Même les ténèbres en tressaillent.


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feat Kerïm Val’Dor


Killian restait plantée là. Son corps ne voulait pas bouger alors qu’elle devait s’éloigner. Elle craignait que tout ne recommence… qu’elle l’étouffe à nouveau. Mais en même temps, avec lui à ses côtés, son deuil serait moins lourd à porter. Peut-être même pourrait-elle passer par-dessus une bonne fois pour toute et utiliser cette faiblesse pour en faire une force. Vivre pour Nathan, être forte pour lui.

Les larmes étaient là, maintenues captives par ses paupières, ses cils. Elle leur interdisait de couler. Kerïm lui, essuya celles qui roulaient sur ses joues, et Killian pouvait voir la brillance de ses yeux. Une brillance où transparaissait la tristesse, mais aussi l’amour. Il avait aimé Nathan tout comme elle, et ce même s’il n’était pas son fils légitime. Il l’avait adopté comme le sien, et Killian ne comprenait que maintenant que ça n’avait pas été un fardeau pour lui. Elle avait toujours eu peur de le lui imposer, que le jeune homme se sente obligé de devenir père alors que, peut-être, il n’était pas prêt ou n’en avait pas envie.

Immobile, elle tressaillit cependant quand Kerïm passa ses mains le long de ses bras, jusqu’à ce que leurs doigts s’entremêlent. Cette chaleur qu’il dégageait était si bienfaitrice pour son âme morcelée…
Killian se sentait défaillir là, perdre son assurance, ses barrières de Marchombre, tout. Sa carapace semblait s’évaporer au contact de Kerïm, ne laissant plus qu’une simple femme dévastée par la mort de son enfant.

Alors quand le jeune homme vint la serrer dans ses bras, elle s’y blotti, posant sa joue contre son cœur, écoutant cette douce mélodie, plissant le front alors qu’il l’embrassait à ce niveau. Il serra un peu plus son étreinte, et cela libéra le flot de larmes. Elle pleura contre son torse, déversa sa peine et son désespoir là, contre le torse de l’homme qu’elle aimait. Killian n’était qu’une femme, Marchombre ou non. Une femme sensible et émotive.

-Je ne serais heureux qu'avec toi seule Killian...Ma liberté n'est vraie que lorsque je suis enchaîné à ton amour. C'est l'unique liberté que j'ai choisi, et que je désire...

Mais… s’il était enchaîné à elle, ce n’était plus de la liberté… Si, selon lui. Sa liberté, et elle le respectait, en était même très touchée. Le visage redressé et maintenu par les mains fortes de Kerïm, Killian plongea volontiers dans son regard d’émeraude. Il n’y avait pas de colère dans ses yeux, juste de l’amour, de la tristesse. Ils avaient tous les deux soufferts au cours des derniers mois. Il était temps de remonter à la surface.
C’était ce genre de pensée qui parcourait l’esprit de Killian alors que l’homme passait une main sur ses yeux, comme pour effacer toute trace de peine.

-Nous allons partir ensembles Killian, forts de notre amour pour Nathan, vivre pour lui. M'entends-tu ? Parce que je vous ais toujours aimés, et rien ne sera comme avant. Je t'enlève Killian.

Elle ne fit qu’acquiescer en premier lieu. Parce que cela sonnait si bien à ses oreilles.

-Alors enlève-moi, Kerïm… je te suivrais n’importe où.

Killian déglutit, levant un bras pour venir caresser la joue de Kerïm tendrement.

-J’avais… avant… imaginé vous suivre, toi et ton spectacle… je ne veux pas t’en priver à nouveau, c’est ta famille, ta vie. Je n’ai pas le droit de t’en éloigner. Mais… je doute que ta sœur veuille de moi, je dois être la dernière personne qu’elle a envie de croiser et de côtoyer. Parce que c’est à cause de moi si tu n’as pas pu accompagner ta mère…

Elle le regarda, et déglutit.

-Je veux être tienne Kerïm… tu es le seul qui a le pouvoir de m’enchaîner… moi la Marchombre…

Comme lui voulait être enchaîné à elle, elle le voulait de lui. Eux deux, ou rien.

Spoiler:
 


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Même les ténèbres en tressaillent.

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