Le Monde d'Ewilan
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[QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris

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MessageSujet: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris08.02.15 21:18


-Je pense que ce rose délavé sera parfait avec cette délicieuse couleur lilas après la saison des pluies.

L’homme aux vêtements hauts en couleur qui venait de prononcer cette phrase avec un doux accent chantant pris le regard morne de l’empereur pour de l’approbation.
Mais les pensées de Sil’Afian étaient actuellement toutes autres. Il se félicitait intérieurement d’être resté ferme en refusant qu’on l’habille pour l’occasion sinon il aurait fini déguisé en grosse meringue saupoudrée de pétales de fleurs.

-Qu’en pensez-vous ?

L’image ridicule disparue avant qu’il ne commence à danser et à réciter des poèmes (les organisateurs d’évènements mondains avaient des lubies effrayantes, il valait mieux ne pas chercher à savoir jusqu’où ils étaient capables d’aller) et l’empereur se reconcentra sur son interlocuteur.
-Oui, je suis d’accord avec vous, c’est suffisant, prenons garde à ne pas surcharger de trop.

Le bon côté avec les artistes, ou du moins les personnes qui se persuadent de leur talent artistique, c’est qu’ils n’ont pas besoin qu’on leur réponde pour dialoguer.
Le regard de l’empereur se posa sur le carton d’invitation que lui proposait l’artiste. Son cœur rata un battement. C’était… rose. Avec des dorures. Cela ressemblait plus à un faire-part de naissance d’une petite fille qu’à une fête de couronnement. Il allait devoir refuser cette proposition, imposer un parchemin clair et interdire le rose sinon il perdrait toute crédibilité et serait la risée du continent tout entier (voir même au-delà) pour des générations..

*

-Il ne faut pas oublier Fil’Dralto et ses fils. Certes les actions récentes de la mère ont jeté la famille dans les affres de la perdition, leur famille a été depuis des décennies d’un important soutien. Je pense que Meryne et Fral Delgon ont, pour leur part, mérité leur invitation. Il ne va pas sans dire que la famille recomposée de Gil’Tretché …


L’empereur retint un soupir d’exaspération. Il pensait que le choix des cartons d’invitation était la tâche la plus ardue, mais il s’était trompé. Savoir qui recevrait ces cartons était encore plus ennuyeux. L’intendant qui l’aidait avait pour habitude d’être calme et efficace. Cependant l’importance de l’évènement le bouleversait et l’angoissait : s’il oubliait une des familles les plus importantes de l’empire?!
Sil’Afian n’avait pas cette crainte, ils avaient listé il y a maintenant de trop longues heures les familles nécessaires au fonctionnement du royaume alors il avait la certitude que toute crise diplomatique avait été évitée. Seulement il y avait encore beaucoup de cartons qui attendaient le nom d’invités alors il fallait choisir qui méritait de recevoir ce bout de parchemin, qui, heureusement, était d’une agréable couleur parchemin et n‘avait que quelques enjolivures colorées. Cependant l’empereur n’avait réussi à interdire le rose, certes celui-ci tendait ver le fameux lilas ça n’en était pas moins qu’une couleur rosée. « Le rose est floral et je pense que les fleurs sont ce qu’il y a de plus pur et de plus magnifique sur cette planète ! Vous ne voudriez tout de même pas mettre un cochon rôti tout de même ?! ».

Le cochon rôti était toute foi plus dans le thème.

*

-Quarante cochons rôtis est le maximum, nous n’avons pas le pouvoir de dessiner des cochons ni de les faire se dupliquer plus rapidement. Ca fait une moyenne de 15 invités par cochon, sachant que tous n’en mangeront pas, et que les femmes mangent moins, que les nordistes préfèrent manger la tête, que les habitants des côtes refusent d'en manger, voir même d'en voir, que les faels quant à eux…

L’empereur venait de se jurer mentalement qu’il s’agissait de sa dernière grande fête. Pour son mariage, si jamais une telle chose lui arrivait, il ferait peut-être l’effort de s’intéresser à la pièce montée, mais ça serait tout ! Il convoquerait ses plus proches amis et mangerait des sandwiches assis dans l'herbe.
Une fête de couronnement, il avait trouvé l’idée bien au début, cela permettrait à tous de se changer les idées et ça lui rendrait hommage, pour que même dans les villages éloignés des grandes villes ils sachent qu’il était toujours en vie. Et ce depuis vingt ans.
Vingt ans… Que le temps passe vite. Sil'Afian se trouvait soudain vieux. Fatigué. Il avait déjà vu beaucoup de crises et géré des situations qui auraient relevé quelques décennies plus tôt de l’imaginaire. Trahison des sentinelles. Découverte d’un nouveau continent, pas des plus petits. Invasion des spires par une méduse. La liste était vraiment longue et l’empereur ne voulait pas y penser. Ces évènements souvent tragiques l’avaient épuisé et le retardaient dans la mise en place de nouvelles mesures, au même titre que la préparation de cette maudite fête.
Élaborer un repas pour plus de 500 invités était extrêmement compliqués.
Non seulement il fallait dans des quantités démesurées, mais en plus il en fallait pour tous les goûts. Poissons, viandes, légumes, fruits, pâtisseries…
Sil’Afian se contentait d’écouter d’une oreille peu attentive, pressé que cette torture prenne fin.

-Bien, nous pouvons partir là-dessus.

Sil'Afian se redressa, sentant la délivrance toute proche. Ses jambes le faisaient souffrir, il avait hâte de les tendre et de marcher pour faire circuler le sang. Il voulait aussi (surtout ?) de fuir la chef-cuisinière qui ne voulait rien laisser au hasard et qui requérait l'avis de l'empereur pour le moindre détail.

- Il ne nous reste plus qu’à prévoir ce que nous proposerons comme boissons.

...

*

-Ça nous faut donc cinq affiches par ville principale, nous avons donc Al-Jeit bien entendu, Al-Vor, Al-Far, Ondianne, la Citadelle, Tintiane et je pense qu’on peut ajouter les villages les plus développés tels que…

L’empereur se maudit.
Il avait été heureux d’échapper à la séance de décoration du palais et des environs en l’honneur de ses 20 ans de règne, et plus spécialement pour sa fête, lorsqu’on lui avait annoncé une crise. Il y avait des voleurs de parchemins d’invitation ! Des personnes mal intentionnées capturaient les messagers et leurs volaient toutes les invitations pour en faire la Dame savait quoi, ce qui était problématique. Comment viendraient les invités s’ils n’étaient pas prévenus qu’il y avait une fête ? Certes les rumeurs circulaient vite, mais les invitations étaient personnelles et nécessaires pour pouvoir entrer (et profiter du buffet).
Sil’Afian avait été soulagé de voir que la réponse avait vite été trouvée (dessiner des affiches sur les murs des villes avec le nom des invités) et qu’il n’aurait pas besoin de marquer sur chaque carton « merci de ne pas voler cette invitation ». Cependant l’idée de noter cette phrase avait plût aux membres du conseil qui avaient rapidement commencé à établir une liste des endroits où déposer ces fameuses affiches en y ajoutant la phrase personnelle de l'empereur.
Peut-être que la séance de décoration aurait été mieux au final…

*

Sil’Afian fut réveillé par une délicieuse odeur de ratatouille au petit matin.
Enfin, ce n’était pas encore le matin, le soleil n’était toujours pas levé, mais les préparatifs pour la fête occupaient jours et nuits. Les cuisines travaillent sans cesse et peinaient à préparer des repas à l’empereur bien que de délicieuses odeurs replissent tout le palais. Le ventre gargouillant, Sil'Afian enfouit sa tête sous l’oreiller afin de se soustraire à cette odeur et tenter de retrouver le sommeil.

*

C’était le jour J. Enfin.
Et Sil’Afian se sentait déjà fatigué. Ces préparatifs avaient été variés et laborieux, il commençait à désespérer que cela ne prenne jamais fin. Car maintenant qu’il était vêtu d’une superbe veste pourpre ornée d’une unique rose en bouton les débats continuaient. Devait-il accueillir tous les nouveaux venus ou attendre que tous soient arrivés, même les retardataires, afin de faire son apparition ? Il n’était pas valet de maison comme lui disait son intendant. C’était mal poli d’arriver après tout le monde lorsqu’on organise une fête en son honneur dans sa propre demeure d’arriver le dernier lui affirmait l’épouse de l’intendant. L’empereur soupira et les remercia poliment en leur assurant qu’il saurait trouver la solution. Il avait gouverné pendant 20 ans cet empire, il saurait bien gérer une soirée.
Lissant une dernière fois sa veste et tentant de maîtriser ses cheveux coupés pour l'occasion, il pénétra dans la pièce principale.
Il n’y avait pas encore grand monde. Le buffet était dressé et les lumières légèrement tamisées de façon à créer une ambiance légèrement mystérieuse. Une légère musique emplissait l’air en attendant que les musiciens sur l’estrade finissent d’accorder leurs instruments.
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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris26.02.15 14:27

    Edwin finit de boutonner sa chemise au milieu de la vaste chambre que l’Empereur lui avait réservée au palais. Il se rapprocha du miroir sur pied pour vérifier que tout était en ordre. Chemise blanche, pantalon anthracite. Sobre et chic.

    Un juron étouffé le tira de ces derniers détails. Un sourire aux lèvres, il se dirigea vers la salle de bain. Il s’appuya contre l’encadrement de la porte restée ouverte, et prit le temps de contempler la femme resplendissante qui était trop occupée à dompter sa chevelure pour lui accorder le moindre égard. Elle finit par opter pour une longue tresse de côté, offrant à la vue du Frontalier une nuque irrésistible. Elle avait troqué ses habituels vêtements de cuir noir pour une robe de la même couleur, qui mettait encore une fois parfaitement son corps en valeur. Edwin la dévorait du regard.

    Satisfaite du résultat, fruit de tant d’efforts, la marchombre sourit en déposant ses lèvres sur celles de son compagnon et regagna la chambre. Le Frontalier prit juste le temps de mettre rapidement en ordre ses cheveux courts avant d’entendre Ellana lui lancer :

    - Dépêche-toi, on va finir par être en retard !

    Edwin leva les yeux au ciel, faussement dépité. Il quitta la salle de bain, attrapa sa veste qui reposait bien à plat sur le lit pour la passer au dessus de sa chemise, et tendit le bras à sa femme.
    Un même sourire étirait leurs lèvres.
    Il était profondément heureux.

    *

    La salle de réception était gigantesque. Edwin avait beau la connaître, les changements de décoration et d’aménagement la rendaient chaque fois méconnaissable. Le couple s’apprêtait à aller trouver l’empereur parmi la foule d’invités qu’ils saluaient sur leur passage, lorsqu’un cri, à la limite du rugissement, les interpela.

    - Frontalier !

    Avant même de se retourner, ils avaient compris de qui provenait ce délicat appel. Avant qu’ils n’aient pu esquisser un pas, pour aller à sa rencontre (ou pour reculer) Bjorn était déjà sur eux. Il les salua avec effusion et une discussion animée s’engagea.

    La main de la marchombre se posa sur le bras d’Edwin pour requérir son attention. Elle lui désigna du menton l’emplacement où venait d’apparaître Sil’Afian. Il acquiesça, et alors qu’il s’apprêtait à dire à Bjorn qu’ils allaient saluer l’Empereur, celui-ci le devança :

    - Tu as raison ! Moi aussi j’ai une faim d’ogre !

    Le Frontalier en resta pantois. Bjorn pensait qu’Ellana lui avait désigné le buffet. Leurs bouches se fendirent d’un sourire et leurs yeux rirent en regardant le Commandant de la Légion Noire se frayer un chemin jusqu’aux victuailles.
    Certaines choses ne changent jamais.


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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris05.03.15 1:08


Neleam déambulait dans les rues de la capitale sans réelle intension.
Comme toujours la foule était présente mais cette fois-ci Neleam n’en faisait pas partie. Elle était comme dans un ruisseau, elle se laissait emporter par le courant tout restant émergée. Elle n’était pas tout un fait un roc et ne voulait pas l’être. En fait, elle ignorait ce qu’elle voulait être.
Tout le problème était là.
Une brusque vague de mélancolie mêlé à cette terrible sensation de ne pas être à sa place.

Tout avait commencé avec cette invitation.
Neleam était enfin reconnue officiellement par l’empereur. Ça avait de quoi la réjouir, c’était le premier pas vers la gloire. Mais étrangement son cœur n’avait pas sauté de joie. Elle n’avait rien ressenti et avait lu la lettre jusqu’à la fin, en prêtant attention même aux petits caractères. Tenue de bal obligatoire et aucune arme autorisée. Neleam n’avait aucun souvenir de la dernière fois où elle s’était vête sur son trente-et-un, si un jour, elle s’était vêtue ainsi. Les robes n’étaient vraiment pas son truc. Son truc à elle s’était plus les tenues de cuir qui permettait de se battre sans aucun problème. Elle avait fini par s’habituer à l’armure, pour montrer à tous qu’elle était chevalier. Mais ça restait un équipement pesant et encombrant.
Tout est-il que la lettre avait fini sous une pile de vêtements tandis que la guerrière sortait s’aérer l’esprit.

Elle déambulait donc depuis un bon moment dans les rues d’Al-Jeit. Ses pieds l’avaient guidée jusqu’aux beaux quartiers, ceux où elle venait très rarement. Elle flânait, regardait les boutiques, les gens et l’architecture. Elle sentait la majesté d’Al-Jeit mais exceptionnellement elle ne se sentait pas touchée par cette beauté ensorcelante.
Les boutiques cherchaient toutes à attirer l’attention et surenchérissaient de décorations et de dessins.  Une boutique qui exposait des robe de haute couture –ou devrait-on dire de Haut dessin ?- attira l’attention de la demoiselle qui entra dans ce lieu intrigant. Les robes étaient toutes plus excentriques les unes que les autres. Neleam s’arrêta devant ce qu’elle considérait comme le chef-d’œuvre de cette collection : une robe bustier en forme de ..poulpe. Les tentacules étaient dotées de pierre précieuses  autour desquelles pendaient des bouts de tissus non identifiables. La texture elle-même de la robe était non identifiable, la couleur variait entre le gris, le violet, le rose et le bleu. C’était.. inqualifiable. Le mot étrange n’était pas suffisant pour décrire cette tenue. Neleam ne put retenir un éclat de rire en imaginant une femme bourgeoise porter cette robe.
Un homme aux manières efféminées et à la coupe de cheveux… inqualifiables elle-aussi vint s’enquérir des désirs de Neleam afin de savoir si elle trouvait son bonheur. La jeune femme lui retourna un sourire crispé, hésitant sur le comportement à adopter.
Surgissant de nulle part une femme d’une trentaine d’année agrippa le bras de Neleam et répondit avec joie (factisse ?) que non, le choix était trop peu varié pour qu’elle puisse trouvé son bonheur, qu’il n’y avait rien qui ne lui corresponde. Puis cette étrange inconnue à la chevelure blanche légèrement rose entraina Neleam hors de ce magasin de curiosité.
-Tu voudrais être mon modèle ?

Neleam se figea un instant et regarda avec attention l’inconnue. Elle semblait bien la regarder elle, Neleam. Modèle ? Quelle drôle d’idée…
-Tes yeux sont magnifiques et ton corps semble délicieusement proportionné. Certes tu n’es pas très grande mais j’adorerais créer un vêtement qui t’irait à la perfection afin que tous baissent le regard.

Neleam ouvrit la bouche, appréciant peu la remarque concernant sa petite taille. C’était un sujet très sensible. Mais… il n’y avait rien de méchant dans les propos de l’inconnue alors elle décida de refermer sa bouche et de ravaler les mots (insultes?) qui s’apprêtaient à sortir.
Elle déclina poliment la proposition. Ce n’était pas pour elle. Elle était faite pour se battre, pas pour porter robe et bijoux. Elle avait bien vue dans la boutique que ce n’était vraiment pas pour elle, elle s’était sentie oppressée, mal à l’aise.
-Ecoute, je ne te demande pas une réponse sur le champ. Prend le temps d’y réfléchir et viens me voir dans une semaine si t’es intéressée.

L’inconnue donna une adresse à Neleam et disparu aussi rapidement qu’elle était apparue. La guerrière resta figée quelques instants et baissa ses yeux sur le papier. Elle n’en avait pas envie. Elle n’avait envie de rien. Mais Peut-être que se déguiser en grande dame l’aiderait à retrouver sa fougue et sa joie de vivre. Etre une autre pour une journée seulement serait peut-être divertissant.

C’est ainsi que le jour J Neleam se retrouva vêtue d’une robe de Haute-couture, dessinée par une créatrice talentueuse.
La robe n’était pas ostentatoire. Elle était classe sans être vieux jeu. Une robe longue, fendue de façon à dévoiler les jambes fuselées de la guerrière. Des broderies de soie bleue venaient donner vie à cette tenue tout en faisant ressortir les yeux turquoise de Neleam soulignés par une légère touche de maquillage. Elle portait des talons hauts -avec lesquels elle s’entrainait à marcher depuis quelques jours- et ses cheveux étaient savamment tressés en un chignon haut qui laissaient sa nuque libre et dévoilaient un collier en or blanc.
Elle n’avait pas fait les choses à moitié. Elle espérait juste ne pas avoir à le regretter. Elle ne portait aucune arme et redoutait un peu la réaction de ses amis. Une telle transformation ne la rassurait pas vraiment.
Neleam avait fait l’effort d’arriver un peu en retard, histoire de connaitre au moins une personne lorsqu’elle arriverait. La foule ne la rassurait pas énormément, mais elle avait fait l’effort de se transformer en Dame, alors elle n’allait pas reculer devant des courtisans !

Lorsqu'elle pénétra dans la salle elle senti les regards se poser lourdement sur elle suivit de peu par des chuchotements. Non vraiment ce monde n'était pas pour elle. Se faire voir et être vu n'était pas dans sa mentalité. Elle était simple et n'aimait pas dissimiler ses émotions.
C'est donc d'un pas décidée qu'elle s'élança vers le buffet avec la ferme intension de profiter de l'alcool pour rendre cette soirée moins pénible.

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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris26.03.15 23:02

Siam regarda en soupirant le morceau de tissu sur son lit.

Toute cette histoire avait commencé deux ou trois semaines plus tôt lorsqu'une petite Frontalière avait interrompu l'entraînement de Siam pour lui annoncer que son frère voulait la voir. Siam avait évidemment songé à une nouvelle mission ce qui l'enchantait, d'autant qu'elle commençait à s'ennuyer. Aussi fut-elle déçue lorsque, ayant pénétré dans le bureau d'Edwin, elle apprit qu'il souhaitait qu'elle l'accompagne à Al-Jeit pour fêter les vingt ans de règne de Sil'Afian. Cependant, elle se reprit rapidement en songeant qu'elle pourrait bien y retrouver quelques connaissances qui pourraient rendre la fête plus intéressante. En fait, la discussion commença à dégénérer lorsqu'Edwin lui présenta le carton d'invitation. La figure de la jeune fille se décomposait au fur et à mesure tandis qu'elle approchait de la fin de la lettre.
Lorsqu'elle eût fini, elle releva la tête et prononça la phrase qui résumait toutes les émotions qui se bousculaient dans sa tête :

"C'est une blague ?"

Malheureusement pour elle et pour les oreilles d'Edwin, ce n'en était pas une.
La jeune Frontalière eut beau tempêter et trouver tous les arguments possibles et imaginables, Edwin resta intraitable et une semaine plus tard, Siam se mettait en route pour la capitale en maudissant de tout son cœur son frère, les nobles qui organisaient des fêtes pour n'importe quelle occasion et surtout, les assassins qui voulaient tuer l'empereur et empêchaient ainsi les honnêtes Frontaliers de garder leur sabre.
Arrivée au palais, Siam faillit réussir à échapper à la fête. Il faut dire qu'il n'était pas particulièrement conseillé de tenter de soudoyer le garde pour garder son sabre. Surtout à moins de deux mètres de son frère. Il avait fallu toute la diplomatie d'Edwin pour lui éviter de passer deux jours en prison et elle se trouvait à présent, à son grand dam, dans une des chambres réservées aux invités de marque en train de regarder d'un œil désespéré la robe gris pâle qu'elle avait plus ou moins choisi. C'était un e robe longue, légèrement évasée à partir de la taille et qu'elle ne parvenait pas, malgré tous ses efforts, à trouver laide.

Siam enfila sa robe avec un nouveau soupir puis se coiffa sobrement de deux tresses avant de se diriger vers la salle de cérémonie d'un pas qui rappelait quelque peu celui d'un condamné conduit à l'échafaud.
Elle s'arrêta à l'entrée de la vaste salle et contempla les groupes de courtisans qui envahissaient déjà la salle. Elle décida de retrouver Edwin et Ellana et se glissa entre les groupes. Soudain, un cri attira son attention :

"Frontalier !"

Siam sourit en reconnaissant la voix de stentor de Bjorn. Ce cri s'adressait sans aucun doute à son frère. Quand elle les retrouva, le chevalier appliquait de vigoureuses claques dans le dos de son frère qui tentait autant que faire se peut de rester imperturbable. La jeune fille sourit avant de se joindre joyeusement au groupe.
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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris02.04.15 3:29



L’empereur aperçu Edwin au loin et sourit. Il était heureux que son vieil ami soit ici, la soirée ne serait pas aussi pesante que ce qu’il craignait, surtout qu’Altan et Elicia avaient répondu positivement à l’invitation eux-aussi.
Mais comme le voulait le destin il ne put rejoindre son ami pour le saluer et dû se contenter d’un regard bienveillant tandis qu’il souhaitait la bienvenue aux couples qui l’approchaient pour le saluer. Il s’efforçait d’être poli et souriant tout en retenant les personnes qu’il avait déjà salué pour faire bonne figure et ne pas les saluer une seconde fois ce qui les vexerait, qui aimerait être oublié par l’empereur ? Heureusement pour lui il avait été habitué dès son plus jeune âge à retenir tout un tas de choses, plus ou moins utiles, en un temps très court. La mémoire est, selon son père, le plus grand atout d’un empereur, il fallait donc le développer au maximum.

Tandis qu’il discutait avec ses invités une jeune serveuse vint lui proposer un verre bien rempli d’un liquide alcoolisé coloré. Sil’Afian fronça les sourcils tout en refusant la boisson. Il pensait que ce genre d’erreurs serait évité, les serveurs devaient être au courant qu’il ne fallait pas lui proposer à boire d’alcool avant qu’il ait fait son discours. Il ne voulait pas que tous les regards se tournent vers lui, joues rougies et le nez cramoisie, peinant à aligner quelques mots. Il ne tenait pas l’alcool et se gardait bien de le crier sur tous les toits, ce qui l’obligeait à être imaginatif pour que personne ne remarque qu’il ne touchait pratiquement pas à son verre.

Finalement Sil’Afian réussit à rejoindre Edwin qui était maintenant dans sa joyeuse bande. Ses compagnons d’aventures étaient tous là : Ellana bien évidement, mais aussi Siam, Mathieu, Ewilan, Salim, Altan, Elicia, Illian, Bjorn,..
L’empereur senti son cœur se serrer, voir son ami si bien entouré et heureux lui faisait ressentir encore plus le gouffre affectif qu’était sa vie. Gouffre encore plus présent maintenant qu’Edwin gouvernait les marches du Nord et qu’Altan restait auprès de sa famille. Enfin, ce n’était ni le lieu ni le moment de se laisser à de telles pensées, surtout qu’elles étaient indignes d’un personnage de son rang.

-Edwin ! Dit-il d’une voie enjouée alors qu’il posait la main sur l’épaule de son ami. Il le sera ensuite affectueusement dans ses bras et s’inclina devant Ellana avant de l'embrasser galamment
(et non goulument).

-Vous êtes rayonnants tous les deux.


Pour ceux qui ne connaissaient pas Edwin Il devait avoir une tête d’entièrement, le regard vif comme s’il cherchait à fuir le plus rapidement. Mais ceux qui le connaissaient voyait dans la grimace affichée sur son visage un sourire béat et dans ses yeux des lueurs d’amour, ce qui pouvait paraitre très déconcertant.
Ils discutèrent tous trois un moment, abordant divers sujets légers tels que la décoration, l’absence de Destan et des félicitations. Pour les vingt ans de règne et pour avoir réussi à convaincre Siam de venir.

-J’ignore comment tu t’y es pris Edwin mais tous mes respects. Je te remercie pour cet effort et je dois avouer que je ne suis pas déçue de voir enfin ta sœur en robe, elle est… Superbe.

En effet Siam portait une robe moulante grise qui mettait en valeur ses formes généreuses et des tresses blondes encadraient son visage d’ange. On en oublierait presque son caractère aussi tranchant que son sabre, miraculeusement absent.
L’empereur sourit et quitta ses amis pour aller saluer Bjorn qui occupait une place stratégique devant le buffet. Le chef de la légion noire était en pleine discussion avec une jeune demoiselle qui riait aux éclats. Le charme de Bjorn devait donc faire effet sur certaines personnes du sexe féminin…

-Bjorn, je suis heureux de voir que tu profites bien (du buffet et des demoiselles) et…

L’empereur s’interrompit un instant, il venait de reconnaitre la demoiselle qui gloussait en compagnie du guerrier. Il s’agissait de Neleam, un chevalier qu’il avait nommé chef afin d’avoir plus d’emprise sur ces personnages volatils que sont les chevaliers. Décidément cette soirée était pleine de surprise car Neleam était elle aussi en robe longue et éblouissante. Sil’Afian était heureux de ne pas avoir pris le moindre pari sur qui viendrait à cette soirée car il aurait perdu, trop certain que ni Siam ni Neleam ne pourraient enfiler une robe et quitter leur sabre.

-Neleam, quelle surprise ! Merci d’avoir fait cet effort de venir, je suis certain que ça en vaudra la peine.


Le sous-entendu était à peine voilé et les joues bien rougies de la guerrière lui indiquait que contrairement à lui elle n’avait pas hésité à boire de cette boisson colorée qui cachait son haut taux d’alcool. Peut-être qu’il aurait dû interdire la moindre goutte d’alcool pour éviter que cette soirée ne finisse… Ne finisse comment ? Il n’avait aucune idée de ce qui serait le pire. Que la soirée finisse  en sauterie ? En bagarre générale ?..
Il se retira après l’arrivée de Salim et Ewilan dans le groupe. Il les salua et discuta rapidement avec eux puis s’éloigna, ne se sentant pas à sa place. Un geste d’Altan attira son attention et il se dirigea vers lui, d’un pas léger. Malheureusement son ami lui fit rapidement comprendre qu’il allait devoir faire son discours et lui tendit une coupe bien plein une lueur malicieuse dans les yeux.

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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris10.04.15 21:05

    Petit à petit, le groupe se reformait comme au bon vieux temps, si ce n’est que chacun avait fait un effort vestimentaire. Jusqu’à Siam qui avait mis une robe ! Edwin en était resté coi. Elle avait eu beau tempêter en apprenant que leur prochain voyage se déroulerait sans combat ni violence, qu’elle n’allait sûrement pas jouer les bêtes de foire en mettant une robe et des bijoux, elle avait écouté son père et s’était jointe à eux. Et elle était magnifique.

    L’empereur ne tarda pas à les rejoindre. Edwin lui rendit son salut avec effusion. Une fois que tout le monde eut obtenu sa part d’embrassades – et accessoirement vidé son verre – les discussions animées reprirent. On apprit ainsi que Destan était gardé par les deux Petits à qui Ellana faisait entièrement confiance (Edwin avait toujours du mal à réaliser que les nounous de leur enfant étaient plus petit que le garçon et ne vivaient que pour des framboises). La discussion fut ensuite amenée par Sil’Afian autour la tenue de Siam, que tous s’empressèrent de louer. Edwin était persuadé que sa sœur désirait maintenant se tenir à des lieues de là, mais que cette avalanche de compliments la rendait également fière. Ellana lui offrit toutefois une échappatoire en déviant la conversation sur les dernières aventures d’Illian.

    Sil’ Afian se devait toutefois de continuer sa traversée de la salle afin de saluer l’ensemble de ses invités, bien qu’il eût préféré demeurer parmi ses amis. Edwin suivit son ami du regard alors qu’il se dirigeait vers le buffet… et Bjorn. Il remarqua que ce dernier était en grande conversation avec une jeune femme qu’il avait pu rencontrer récemment, lors de la traque de Ren’Dabret : Neleam, chevalier. Elle aussi avait sorti le grand jeu ce soir. Une étincelle de malice traversa le regard du Frontalier lorsqu’il remarqua que Bjorn ne semblait pas insensible au charme de la jeune femme. Ellana, à qui rien n’échappait, lui demanda ce qui l’amusait. Il se contenta de la débarrasser de son verre :

    - Je vais nous chercher à boire.

    Il fendit la foule jusqu’à rejoindre le Chevalier, arrivant juste après que Salim et Ewilan l’aient abordé. Bjorn, persuadé de pouvoir impressionner la demoiselle en lui présentant le grand Edwin Til’ Illan, se précipita sur lui dès qu’il les eut rejoints. Edwin vit le Chevalier se ruer sur lui, un peu inquiet de l’éclat alcoolisé qu’il décelait dans ses yeux. Il lui passa un bras autour des épaules, un bras capable de broyer un Raï. Le maître d’armes tapota le bras qui menaçait de lui déboîter l’épaule pour tenter de recouvrer une relative liberté de mouvement, mais Bjorn ne semblait pas disposé à le lâcher. Il dut donc se contenter d’un sourire et d’un « Bonsoir Neleam » à distance.

    Le Chevalier eut un sursaut, lui qui était ravi de marquer des points en présentant à Neleam son ami. Ami qu’il était à deux doigts de haïr pour lui avoir coupé l’herbe sous le pied. Edwin en profita pour se dégager de la poigne d’ogre de son camarade.

    - Ah. Euh… vous vous connaissez ?

    La discussion n’eut pas le temps de se prolonger, le cliquetis d’un couvert sur une flûte, amplifié par un Dessin de façon a se faire clairement entendre dans toute la salle, l’en empêcha.

    L’Empereur allait commencer son discours. Edwin le vit avec effarement vider d’un trait la flûte qu’il tenait à la main. Une flûte qu’Altan s’empressa de récupérer avec un sourire victorieux. Il avait osé… Ils étaient peu à connaître les petits secrets de l’empereur. Seuls ses amis de longue date et ses plus proches collaborateurs savaient qu’il ne devait pas boire avant un discours. Edwin capta le regard malicieux du Dessinateur. Partagé entre la crainte et l’amusement de ce qui allait s’ensuivre, il regarda Sil’ Afian se racler la gorge, toussoter, puis faire signe au Dessinateur d’amplifier sa voix.

    - Mes chers amis…

    Edwin posa les deux flûtes qu’il tenait encore et se tourna vers l’orateur. L’empereur s’arrêta. Il était habituel de marquer des pauses de temps à autre dans son débit de parole. Aussi tôt ? Aussi longtemps ? Il n’en était pas sûr…

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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris04.05.15 21:01


Neleam sirotait son premier verre, voulant profiter de ce moment, elle était encore sobre alors c’était sa dernière occasion de se souvenir très précisément de cette boisson…originale ainsi que de tout le reste.
La pièce commençait à bien se remplir et seuls les goinfres s’approchaient du buffet. Pour le moment du moins.
Dans ces goinfres se trouvaient la troupe des héros, Edwin, Ellana, Bjorn… Des noms de légendes. Des personnes que tous dévoraient des yeux. Ce n’était pas tous les jours que de telles célébrités étaient à vos côtés, presque « simplement ». Mais la guerrière n’avait d’yeux que pour Bjorn.
Bjorn… Une légende nettement plus plaisante à son gout que celle d’Edwin. Et elle se sentait… déçue. Déçue par l’homme qui, on suppose, a vécu tant d’aventures extraordinaires. Il n’était pas si imposant. Il avait une belle carrure mais pas aussi envoutante que l’avait imaginé Neleam. Ses cheveux blonds commençaient à se parsemer et sa peau bronzée commençait à se rider. Et quand on notait l’estomac qui tentait de rester dissimulé sous la tunique… Non, il n’y avait vraiment plus rien de sexy ni encore moins d’héroïque. C’était tout un mythe qui venait de s’effondrer.
Neleam vida sa coupe d’un trait et en pris un autre, bien plein, qu’elle condamna au même sort. Puis elle se resservit, évitant les regards désapprobateurs des serveurs. Elle regarda son verre le cœur gros puis le porta à ses lèvres.

-Une aussi charmante demoiselle ne peut pas trinquer seule !


Neleam arrêta son geste et garda la coupe frôlant ses lèvres rougies pour la soirée. Elle eut un sourire narquois et ne trouvait pas la réponse adéquate à une telle remarque. « Je bois seule si ça me plait alors retourne d’où tu viens ! » était trop agressif, surtout qu’il s’agissait d’une soirée mondaine et qu’elle n’était pas accompagnée. « T’as raison j’aime trop le sexe pour ça » était déplacé, et elle n’était pas certaine que les gens de ce milieu connaissaient la menace des « sept ans de malheur sexuel » pour ceux qui ne trinquaient pas en regardant dans les yeux. Jeter (malencontreusement bien entendu) son verre à la figure de l’interrupteur (la personne qui interrompt et pas le bouton pour allumer la lumière) n’était pas non plus envisageable.
Neleam soupira donc et consenti à faire bonne figure, du moins à tenter. Elle se tourna donc vers son joyeux interlocuteur et senti son cœur se figer.
Bjorn Wil’Wayard.
Son cœur, très aimablement, redémarra à toute allure et elle se maudit mentalement (après s’être félicité de n’avoir rien fait des idées saugrenues qui lui étaient venues en tête) d’avoir pu douer du charme de cet homme. Il était.. Renversant.
Ses yeux qui lui avaient paru un instant au paravent vieux et ternes luisaient maintenant d’un éclat ensorcelant. Une lumière pleine de vie qui émerveillait Neleam. Le bleu des yeux de l’ex-chevalier l’attirait sans qu’elle ne puisse résister.
WWWSHHHHHH.. !!! Fit Bjorn en inspirant de l’air, les yeux exorbités. Neleam se rendit compte qu’elle avait en effet oublié de respirer et inspira elle-aussi très profondément.
Les poumons bien remplis et les joues gonflées (et légèrement rougies, par l’alcool) (ou par les palpitations de son cœur), Neleam observa Bjorn puis éclata de rire, rapidement rejointe par le guerrier. Le voilà qui venait de reprendre sa place de légende dans son cœur.
La suite se passa d’une facilité déconcertante. Bjorn était une personne ouverte et très facile. Il parlait avec décontraction et énormément d’humour. Neleam nota à peine son verre vide et se fit la remarque qu’elle devrait éviter de trop gesticuler car elle l’avait malencontreusement reversé (hum hum ! on va y croire..).  
Bjorn était tel un gamin à Noel, il peinait à dissimuler sa jubilation lorsqu’il entraina Neleam vers.. Edwin. Saisissant son ami Bjorn ouvrit la bouche, afin de présenter cette autre légende.

-Bonsoir Neleam.

Edwin fut plus rapide. Bjorn en fut dépité.

- Ah. Euh… vous vous connaissez ?


Neleam ne put s’empêcher de rire et salua Edwin à son tour.  Avant qu’elle n’ait pu parler plus un bruit attira l’attention de toute la salle. C’était l’heure du discours !

- Mes chers amis…

Neleam sourit, heureuse d’écouter ce souverain qui gouvernait d’une manière admirable. Peut-être que l’alcool lui faisait perdre sa notion critique, mais pour le moment elle se sentait l’âme d’une groupie.

-Je tiens tout d’abord à vous remercier, tous et toutes, d’être ici ce soir, à mes côtés. Voilà vingt que je règne sur le royaume et je ne sais ce que serait devenu Gwendalavir sans votre présence et précieuse aide.


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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris30.05.15 18:17

Siam en avait assez. Elle voulait bien mettre une robe, elle acceptait (un peu difficilement quand même) de jouer la jeune fille de bonne famille qui passe sa vie dans des fêtes réunissant tout le gratin, elle s'était laissée enlever son précieux sabre. En clair, elle avait fait tout les efforts possibles pour passer une bonne soirée et essayer de s'amuser. Cependant, malgré tous ses efforts, elle ne pouvait plus supporter la chaleur de la salle de réception, les regards des autres invités et surtout les commentaires à moitié moqueurs et à moitié appréciateurs de ses amis à propos de sa tenue. Cela avait commencé quand Sil'Afian avait débarqué au milieu de leur petit groupe. Dès que l'empereur l'avait reconnue, il s'était tourné vers Edwin pour le féliciter:

-J’ignore comment tu t’y es pris Edwin mais tous mes respects. Je te remercie pour cet effort et je dois avouer que je ne suis pas déçue de voir enfin ta sœur en robe, elle est… Superbe.

Quand l'empereur s'était éloigné à regret pour saluer d'autres invités, les compliments avaient plu. Siam se serait crue au déluge !

-Ah, enfin, une robe. Je peux mourir maintenant, j'ai tout vu !
-Siam, ça change ! Habille toi comme ça plus souvent, ça te va tellement bien, tu es éblouissante.


Bien sûr, cela lui faisait plaisir après tout le mal qu'elle s'était donné, mais elle ne savait pas quoi répondre et elle se sentait totalement désarmée (pour peu qu'elle aie pu se sentir armée sans son précieux sabre). Elle détestait vraiment cette sensation.
Les compliments l'avaient mise mal à l'aise. Elle décida de s'éloigner un peu, en direction du buffet, vers la table où l'on servait les boissons par exemple (destination choisie au hasard, bien sûr...). Elle commença donc à s'éloigner et s'arrêta en sentant un regard peser sur sa nuque. Elle se retourna, gênée, mais ce n'était que son frère dont les yeux gris lui lancèrent un avertissement muet.

Message reçu, je ne me soûle pas et je ne te fais pas honte...

Devant la table qu'elle cherchait, Bjorn buvait une bière en compagnie d'une femme que Siam ne connaissait pas, son plan drague de la soirée apparemment. Elle vit du coin de l'œil son frère s'approcher du buffet. Tiens, bizarrement, la table l'attirait moins à présent. Elle s'éloigna vers les grandes portes vitrées qui ouvraient sur des balcons et sur l'air frais de la nuit. Elle s'apprêtait à sortir lorsqu'un son cristallin qu'elle était désormais habituée à entendre lors de soirées comme celle-ci: celui d'un verre que l'on faisait tinter pour annoncer le début d'un discours. Elle se retourna vers l'estrade où se tenait Sil'Afian.
L'empereur regarda ses invités et commença à parler:

- Mes chers amis, je tiens tout d’abord à vous remercier, tous et toutes, d’être ici ce soir, à mes côtés. Voilà vingt que je règne sur le royaume et je ne sais ce que serait devenu Gwendalavir sans votre présence et précieuse aide.




Je suis désolée, je n'ai absolument aucune imagination en ce moment, pas la moindre petite idée.
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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris23.06.15 20:10

Spoiler:
 


    - Voilà vingt que je règne sur le royaume et je ne sais ce que serait devenu Gwendalavir sans votre présence et précieuse aide.

    L’attention d’Edwin était focalisée sur l’Empereur, et sur la menace que représentait ce verre vide que tenait toujours Altan.

    - Si je ne me souciais pas de perdre votre attention d’ici deux minutes – quatre pour les plus courageux – je me ferais une joie d’énoncer clairement le nom de chacun de vous, mes chers amis. Toutefois…

    Ce qui devait arriver arriva.
    L’empereur ne finit pas sa phrase. Sous le regard soucieux, amusé ou hébété de ses invités, Sil’ Afian ouvrit et ferma la bouche à plusieurs reprises, tel un poisson dont les branchies auraient été obstruées. Son visage devint rouge sous les attaques des vapeurs d’alcool. Alors qu’une partie des convives – les plus proches du spectacle – commençait à s’inquiéter quant à la ventilation du souverain, une autre, à laquelle Altan appartenait indéniablement, se sentit peu à peu gagner par un rire nerveux. Quant à Edwin, il fixait avec consternation son ami, s’attendant avec une once d’espoir à ce qu’il se reprenne et continue son discours. Les secondes s’égrenaient interminablement.
    Personne ne sut dire combien de temps s’était écoulé avant que l’orateur ne se reprenne. Il faut dire que la manière dont il le fit les poussa instantanément à oublier leur perception de cette insupportable attente. Car un souverain qui éructe en plein discours, c’est tout sauf banal.

    Le son, toujours amplifié par le dessinateur, se propagea à travers le relatif silence qui régnait dans la salle avec la puissance d’un Thül vendant chèrement sa peau pour être servi le premier au déjeuner. Ce silence qu’Altan se décida à briser d’un rire franc, avant que Bjorn, alcoolisé et hilare, ne lance un « Santé ! » de sa voix de stentor. Sil’ Afian, aidé par le breuvage qui se diffusait désormais dans son sang, prit le pas de rire lui aussi, ce qui transforma l’aréopage en un vaste fou-rire. Tout à sa tentative de tenter de garder contenance, Edwin passa une main sur son visage consterné, mais ses yeux eurent vite fait de se remplir de larmes, malgré tous ses efforts. Car le rire ne perdit pas en intensité avant plusieurs minutes. Jusqu’à Salim, qui manquait de faire basculer Ewilan tant il se tordait de rire en s’appuyant sur elle.

    Lorsque le bruit ambiant eut retrouvé une charge décente de décibels, Altan dut s’y prendre à trois fois pour reprendre un sérieux de façade et exiger à son tour la parole, voyant que son ami ne comptait pas reprendre son discours de sitôt.

    - Chers amis, je crois que rien ne peut être ajouté après ces propos pleins de bon sens. Aussi vais-je me permettre de me substituer à notre hôte le temps de vous inviter à rejoindre les buffets.

    Divers exclamations d’approbation retentirent ça et là, et le mouvement s’opéra dans la salle. Après avoir séché ses larmes, Edwin se décida à rejoindre Altan, partagé entre son envie de le sermonner et celle de le féliciter pour avoir provoqué ce mémorable incident, qui n'était pas sans rappeler les quatre cents coups que les amis avaient effectué ensemble avant que leurs responsabilités respectives ne les rattrapent.
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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris27.06.15 14:22

Spoiler:
 

Ellana suivit du regard Edwin tandis qu'il s'éloignait vers le buffet. L'air amusé qui avait éclairé son visage juste avant qu'il ne lui dérobe son verre n'avait pas échappé à la marchombre. Elle promena son regard sur l'assemblée, ignorant ceux qui la lorgnaient avec insistance. Les coups d'oeil envieux des femmes et ceux avides des hommes sur sa silhouette ne l'atteignaient pas. Elle n'eut pas à chercher longtemps avant de trouver la raison du sourire de son compagnon. Près du buffet, les yeux pétillants, Bjorn bavardait avec une jeune femme somptueuse. Comme Edwin avant elle, Ellana laissa la gaieté gagner son visage. Le Commandant de la Légion Noire - et quel titre! - ne semblait pas insensible à la beauté de la jeune femme. Chaque parcelle de son corps en était la preuve. Mais plus encore, ce furent les traits de l'inconnue qui attirèrent l'intention d'Ellana. Elle ne l'avait jamais vue auparavant. Cependant, à la façon dont elle salua Edwin, la marchombre devina que la jeune femme avait eu vent de leurs propres identités. Peut-être même la connaissait-elle, elle, Ellana Caldin. Elle la dévisagea un instant, à présent franchement amusée. Au vu de l'émerveillement de la demoiselle, la marchombre songea que Bjorn ne semblait pas le seul à être tombé sous le charme.


Perdue dans ses pensées, elle ne dut qu'à ses prodigieux réflexes l'évitement d'une pluie de boisson sucrée. Lancé dans une histoire qui accaparait l'attention et le rire des membres du groupe dans lequel elle se trouvait, Salim mettait un point d'honneur à rendre sa narration aussi vivante que possible et esquissait de grands gestes désordonnés. L'un d'entre eux lui avait valu de renverser son verre, ou du moins une bonne partie. Ellana le regarda d'un drôle d'air et Salim s'excusa rapidement auprès d'elle, penaud. Arborant une mine faussement contrite que l'éclat de ses yeux sombres contredisait sans peine, la marchombre mit les poings sur ses hanches et haussa un sourcil inquisiteur.

« Il me semblait pourtant t'avoir enseigné l'équilibre et la fluidité, non? Que t'ai-je donc appris en trois ans? »


Salim en resta bouche bée. Ewilan pouffa de rire, bientôt rejointe par Ellana elle-même. Le jeune homme prit une mine boudeuse, mécontent d'être rabroué de la sorte. Mais la joie qui l'entourait eut vite raison de sa mauvaise humeur et il retrouva son sourire franc. Alors que la discussion s'animait de nouveau, un tintement attira leur attention. Juché sur une estrade qui surplombait sans mal l'ensemble des convives, l'empereur Sil'Afian s'apprêtait à entamer son discours. Ellana croisa les bras et retint un soupir. L'idée de devoir écouter un interminable monologue ne l'enchantait pas vraiment, malgré le profond respect qu'elle avait pour le souverain. Elle se concentra néanmoins sur l'homme qui leur faisait face et sur sa voix, amplifiée par le Don du dessin. Lorsque l'empereur se mit à imiter de façon très réaliste un poisson d'eau douce, elle comprit que quelque chose de terrible allait se produire. Le renvoi qui suivit l'interminable silence du souverain dépassa de loin tout ce qu'elle avait pu imaginer. Médusée, Ellana ne réagit pas tout de suite. Elle en était à se demander si pareille scène était envisageable en rêve, lorsque les éclats de rire de Salim et Ewilan, à côté d'elle, résonnèrent. Bientôt, la salle entière ne fut plus qu'un immense brouhaha, l'hilarité ayant gagné l'ensemble des convives. Ellana ne se retint pas plus longtemps et joignit son rire à celui des autres invités.

Lorsque la plupart des personnalités présentes eurent retrouvé leur calme - ou du moins, quelque chose y ressemblant - et qu'Altan les eut invités à le faire, les invités se dirigèrent vers le buffet. Ellana en profita pour s'éclipser. De sa démarche féline que le port de talons n'entachait nullement, elle se dirigea vers les tables. Elle se saisit d'une bouchée que lui proposait un serveur et, après l'avoir remercié d'un sourire qui fit rougir l'homme jusqu'aux oreilles, trouva finalement les personnes qu'elle recherchait. Son en-cas toujours en main, elle s'immobilisa. L'air amusé qui avait peint son visage un peu plus tôt dans la soirée s'accapara de nouveau ses traits, comme par magie.

« Eh bien, Bjorn? Tu ne me présentes pas à ton amie? »


La marchombre se retint de rire devant l'air hébété que lui offrit le Commandant. Tendant sa main à la jeune fille inconnue, elle lui offrit un sourire sincère et prit Bjorn de court en se présentant d'elle-même.

« Enchantée. Je m'appelle Ellana, Ellana Caldin. Aurais-je l'honneur de connaître celle qui perturbe Bjorn au point qu'il en oublie de manger? Je dois vous avouer que c'est bien la première fois que je vois une chose pareille se produire.»

Elle laissa son rire cristallin les envelopper à la vue de la mine gênée du Chevalier. Les yeux brillants, elle attendit que la jeune femme réagisse à sa tirade.

Cette soirée promet d'être intéressante, songea-t-elle. Vraiment très intéressante.
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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris28.06.15 22:07

C’était l’heure du discours.
Discours qu’on attendit alors que l’empereur devenait soudainement rouge et.. Incapable de parler. Neleam pensa à un empoisonnement mais Altan était à ses côté et semblait comprendre la situation.
La guerrière attendit donc comme toutes les personnes dans la salle.
L’empereur ouvrit la bouche. Et… aucun son n’en sorti. Encore et encore. On aurait dit un poisson sorti de l’eau, agonisant Soudain un tôt retentissant la fit sursauter.

L’empereur de Gwendalavir avait roté au lieu de faire son discours ?

La foule toute entière était stupéfaite. Puis un premier rire éclata, suivit d’un autre puis d’un autre et finalement toute la salle riait aux éclats. Neleam en avait même les larmes aux yeux. Cette prestation avait été stupéfiante, et elle ne regrettait pas d’être venue ni d’avoir quitté ses précieuses armes pour une robe longue.
Finalement il n’y aurait pas de discours, ou il aurait lieu plus tard. Chacun retourna à sa conversation.
Neleam retourna à son Bjorn.

- Eh bien, Bjorn? Tu ne me présentes pas à ton amie?


La femme qui venait de prendre la parole était d’une sensualité impressionnante. On aurait dit un félin qui ensorcelait hommes et femmes sur son passage. Une terrible aura se dégageait d’elle. Neleam se sentit impressionnée.
Bjorn manquait un peu de réaction et la femme enchaina :

-Enchantée. Je m'appelle Ellana, Ellana Caldin. Aurais-je l'honneur de connaître celle qui perturbe Bjorn au point qu'il en oublie de manger? Je dois vous avouer que c'est bien la première fois que je vois une chose pareille se produire.

Neleam éclata de rire. En effet, lorsqu’on connaissait le phénomène, c’était étrange.

-Il en oublie peut-être de manger, mais certainement pas de boire !


Neleam sourit, elle se sentait bien. Peut-être que l’alcool lui permettait de prendre tout à la légère, car elle n’avait jamais imaginé rencontrer la très célèbre Ellana Caldin. Du moins célèbre dans le monde des ragots de tavernes. Une femme mystérieuse qui sait se battre mieux que beaucoup d’homme et qui a sauvé le monde. De quoi faire bafouiller n’importe quelle personne qui tenterait de lui adresser la parole.
Peut-être était-ce pour cela que Sil’Afian n’avait pu faire son discours…
Puis, saisissant la chance qui lui était offerte, Neleam chercha à discuter avec Ellana. Bjorn en profita pour aller au buffet « Pour ne pas mettre en péril sa réputation ».

-C’est un vrai plaisir et grand honneur de te rencontrer Ellana, je suis Neleam. Et je m’occupe de feu-la-guilde de Bjorn, je suis chevalier ! Il était tout naturel que je tombe sous le charme de cette brute à la langue bien pendue.

Neleam s’arrêta un court instant.

-Par bien pendue je veux dire qu’il parle beaucoup et qu’il est très divertissant. Ne rien imaginer de plus !

Neleam imagina un court instant de plus, ce que pourrait faire cette fameuse langue… Heureusement qu’Ellana était là, l’instinct de la guerrière lui criait que ça serait une très mauvaise idée.

-Alors, qu’as-tu pensé du discours de notre cher souverain ? Au moins on peut dire qu’il restera dans les mémoires !

Neleam rit, encore amusée par la réaction inattendue de cet important personnage.

-J’ai eu l’honneur de le rencontrer de très brèves foie et je l’admire beaucoup. Il s’agit d’une personne grave qui prend de terribles décisions et doit dormir avec… Je suis bien heureuse de ne pas être à sa place ! De devoir faire ce que tous attendent de lui, de ne pas faillir à ses devoirs, de ne pas laisser le vent mener ses pas… Il vit dans une cage dorée.

Neleam s’arrêta un court instant et lança un regard autour d’elle.

-Et il n’est pas le seul.. Mais au moins il a la grandeur d’esprit de s’en rendre compte et de ne pas chercher à se remuer dans le bassin afin d’éclabousser les autres.

Ce n’était pas un secret que dans la bourgeoisie tous les coups étaient permis. Certes personne ne faisait la cour à l’empereur, ça n’empêchait pas les demoiselles de l’aborder en papillonnant des yeux. Neleam remarqua soudain la queue de prétendante qui était en train de se former. Queue dans laquelle les pieds étaient écrasés et les cheveux tirés.
Neleam rit, amusée par ces comportements infantiles.
Elle fit cependant un effort (vain) pour camoufler le rire qui sortait de sa gorge lorsque certaines demoiselles expulsées de la zone « Sil’Afian » commencèrent à tourner autour d’Ewdin.


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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris09.07.15 22:00

    - Tu as osé.

    Edwin ne savait que dire d’autre à son ami. Altan se contenta d’attraper deux autres coupes d’un délicieux cocktail aux baies et d’en proposer un au Frontalier, avant de lui répondre, un peu penaud.

    - Le résultat a dépassé mes espérances…

    Le maître d’armes leva les yeux au ciel, mais le sourire qui flottait au coin de ses lèvres ne trompa pas le Dessinateur. Ils se contentèrent donc de trinquer, chose qu’ils n’avaient pas eu l’occasion de faire depuis trop longtemps. Après avoir porté son verre à ses lèvres, Edwin promena un regard circulaire sur la salle, plus par habitude que par nécessité. Tout son être et toute son attention se portaient vers l’endroit où se tenait Ellana. Il vit qu’elle s’était rapprochée de Neleam, et que Bjorn s’éclipsait d’une démarche qu’il voulait assurée, mais il en déduisit que sa compagne avait encore fait mouche. Amusé, il continua à détailler les convives. Si beaucoup de visages lui paraissaient familiers, la salle était trop vaste pour qu’il puisse citer le nom de chaque personne présente. Son attention se porta ensuite sur l’Empereur, qui devait, semblait-il, trouver du temps à accorder à la foule de demoiselles qui cherchaient à attirer son regard. Edwin interpela Altan d’un mouvement de coude, avant de lui désigner leur ami du menton.

    - Il semble que le discours de notre ami n’a pas entaché sa popularité auprès de la gente féminine.


    Altan ne put qu’acquiescer. Eternel célibataire, l’Empereur nourrissait les rêves de beaucoup de femmes de la capitale, mais aussi de Gwendalavir dans son ensemble. Chaque réception, chaque événement apportait à Sil’Afian son lot de convoitises et de numéros de charme.

    - On devrait aller lui porter secours, déclara Altan à voix basse.

    - On devrait.

    Un sourire complice étira les lèvres des deux hommes avant qu’ils ne portent de nouveau leurs verres à leurs lèvres.

    - Seigneur Til’ Illan ?

    Le Frontalier, tout à sa conversation avec Altan, manqua de sursauter devant l’étrangeté de la voix qui l’interpellait (une voix papillonnante, c’était le mot), et la soudaineté de son apparition, alors que personne ne se tenait aussi près d’eux depuis plusieurs minutes. Il se retourna pour voir découvrir face à lui (aussi près ?!) une Alavarienne qui lui était totalement inconnue.

    - Je suis ravie de pouvoir vous rencontrer ! Depuis le temps que j’attends ce moment ! Vous savez, je…

    L’attention du maître d’armes s’échappa du flot ininterrompu de paroles de la jeune femme pour se porter sur son espace vital, qui se réduisait dangereusement, brusquement envahi par toutes celles qui en avaient eu assez d’attendre le souverain. Espérant un quelconque secours (oubliant momentanément que le sauveur qu’il envisageait venait de trahir l’empereur) Edwin regarda Altan. L’éclat qui dansait dans ses yeux et le sourire qui s’épanouissait sur ses lèvres à mesure que son interlocutrice débitait sa tirade anéantirent tout espoir d’être secouru.

    - Elicia ! Mon amour !

    Et Altan se fraya un chemin jusqu’à la Sentinelle aux yeux les plus célèbres de Gwendalavir.

    Traître…
    Edwin tenta de se concentrer sur ce que disait la femme qui lui faisait face (ne reprenait-elle jamais sa respiration ?) mais son débit était tel qu’il préféra vider son verre. Il chercha désespérément à capter le regard d’Ellana. Si seulement elle pouvait le sauver, comme Elicia l’avait inconsciemment fait… Mais les premières vapeurs d’alcool ne parvinrent pas à altérer sa réflexion. Il cessa immédiatement de chercher son regard : si Ellana voyait ces femmes se pâmer devant lui, sa réaction pouvait éventuellement mettre à mal l’ambiance festive de la soirée. Il se devait de trouver un autre sauveur. Deux nattes blondes lui firent reprendre espoir. Ce qu’il lut dans les yeux bleus clairs de sa sœur cadette mirent très vite un terme à sa tentative de salut. Elle semblait vouloir lui faire payer de l’avoir entraînée dans cette soirée mondaine. En désespoir de cause, il regarda son verre. Vide. L’étrange silence qui l’entourait lui fit remarquer que la femme avait cessé de parler, et attendait visiblement une réponse. Lorsqu’il leva de nouveau les yeux vers elle, trois verres, portés par trois autres prétendantes, étaient tendus vers lui, enserrant la malheureuse de façon à l’occulter totalement. Le tout était de savoir lequel choisir sans provoquer un incident diplomatique.

    Edwin Til’ Illan retint un profond soupir.

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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris11.07.15 13:47

« Il en oublie peut-être de manger, mais certainement pas de boire ! »


La réplique fusa, précipitée et en même temps tellement honnête. Ellana, savourant son amuse-bouche, manqua d’éclater de rire et de recracher son en-cas. Elle s’amusa de la répartie de la jeune fille qu’elle avait devant elle et qui était apparemment déjà soumise aux effets des vapeurs d’alcool. Elle-même sentait ses joues légèrement rosies par le nectar qu’elle buvait depuis son arrivée ici. Lorsqu’un serveur passa près d’elle, la marchombre l’arrêta d’un sourire et s’empara d’une coupe afin de suivre son interlocutrice sur la voie de la volupté.

« C’est un vrai plaisir et grand honneur de te rencontrer Ellana, je suis Neleam. Et je m’occupe de feu-la-guilde de Bjorn, je suis chevalier ! Il était tout naturel que je tombe sous le charme de cette brute à la langue bien pendue. »


Langue bien pendue ? Ellana haussa un sourcil amusé. Décidément, cette Neleam ne manquait pas d’air. Elle connaissait le caractère exubérant de Bjorn et se souvenait parfaitement des nombreuses fois où il avait voulu faire regretter à Salim ses paroles trop osées sur sa propre personne. Elle s’apprêtait à répondre à la jeune femme qui lui faisait face mais cette dernière, se rendant sans doute soudainement compte du sens de ses dernières paroles, s’empressa d’y ajouter une explication supplémentaire.

« Par bien pendue je veux dire qu’il parle beaucoup et qu’il est très divertissant. Ne rien imaginer de plus! »

Ce n’était pas le genre de détails auxquels Ellana s’attendait. Cette fois, elle éclata de rire. Un rire cristallin, clair, qui attira les regards outrées de la noblesse alentour. Elle eut du mal à calmer sa gaieté mais lorsqu’elle y parvint, elle ne put retenir une grimace en imaginant à quoi d’autre Bjorn pouvait-il utiliser sa langue bien pendue. Elle essuya d’un geste de la main les larmes salées qui perlaient au coin de ses yeux, témoins de son hilarité récente, et parvint enfin à aligner quelques mots.

« Je crois que je préfère ne pas savoir ce qu’il pourrait en faire d’autre. »


Elle avait aperçu l’air rêveur qui avait empreint le visage de Neleam juste après qu’elle ait prononcé ses derniers mots. Si la chevalière avait en tête les mêmes images qu’elle, cela ne semblait pas la gêner le moins du monde, contrairement à Ellana. Un éclat de malice brilla au fond des sombres prunelles de la marchombre. Déjà, la guerrière reprenait la parole et Ellana sentit le flot incessant de ses mots se déverser sur elle.

« Alors, qu’as-tu pensé du discours de notre cher souverain ? Au moins on peut dire qu’il restera dans les mémoires ! »


La marchombre sourit, le souvenir de l’empereur éructant au beau milieu de son discours fraîchement inscrit dans sa mémoire. Les mouvements de bouche du souverain, rendu béat par la situation, l’amusèrent encore plus. Elle ne se fit pas prier pour répondre à la question de Neleam, toujours sur ce ton jovial qui ne l’avait presque jamais quittée depuis le début des festivités.

« Je l’ai trouvé clair et concis. Sil’Afian est décidément un locuteur hors pair. Sans compter qu’il imite à la perfection le poisson d’eau douce ! »


Elle agrémenta cette dernière remarque d’un clin d’œil malicieux et joignit son rire à celui de la chevalière. Son regard dévia un instant vers les convives qui se pressaient autour du buffet et elle ne put s’empêcher de noter une nouvelle fois les disparités présentes entre ces derniers. Pour cette soirée placée sous le signe de l’allégresse, le souverain avait vu les choses en grand. Tant au niveau du décor et des mets que du nombre d’invités. Des membres de toutes les guildes et de tous les environs parcouraient la grande salle du palais, lui donnant un visage foncièrement hétéroclite. Ellana n’eut pas le temps de se perdre dans cette réflexion.

« J’ai eu l’honneur de le rencontrer de très brèves foie et je l’admire beaucoup. Il s’agit d’une personne grave qui prend de terribles décisions et doit dormir avec… Je suis bien heureuse de ne pas être à sa place ! De devoir faire ce que tous attendent de lui, de ne pas faillir à ses devoirs, de ne pas laisser le vent mener ses pas… Il vit dans une cage dorée. »


Ellana ne put qu’hocher la tête aux dernières paroles de Neleam. Elle partageait son avis. Sil’Afian possédait certes de grandes responsabilités et une puissance considérable, mais elle ne l’enviait pas. Derrière la prestance dont il faisait preuve, elle devinait sans peine le poids que ses obligations de monarque posaient sur ses épaules. Qui plus est, son indescriptible amour pour la Liberté l’empêchait de concevoir une vie semblable pour elle ou pour Destan. Une pointe d’inquiétude s’empara de son cœur lorsqu’elle songea à son enfant. Elle se rasséréna cependant rapidement : laissé sous la garde de ses Petits adoptifs en qui elle avait pleinement confiance, la marchombre était persuadée que Destan ne risquait rien. Elle se focalisa sur Neleam, chassant de son esprit l’aura sombre qui y planait.

« Et il n’est pas le seul.. Mais au moins il a la grandeur d’esprit de s’en rendre compte et de ne pas chercher à se remuer dans le bassin afin d’éclabousser les autres. »


La marchombre suivit des yeux le regard de la jeune guerrière. Un peu plus loin, une queue de prétendantes s’était formée dans l’espoir d’atteindre le souverain. Ce dernier, en grande discussion avec des invités de marque, n’avait pour le moment pas l’intention de s’occuper de ce débordement d’affection. Ellana eut une mine radieuse. Derrière les cheveux tirés en des chignons impensables et le froufrou de leurs robes bigarrées, toutes espéraient parvenir à s’accaparer le cœur de l’empereur, dont le charme n’était inconnu de personne. Le visage de la jeune femme s’assombrit pourtant lorsqu’elle tourna encore un peu plus la tête. Certaines femmes, lassées d’attendre le monarque, avaient choisi de changer de cible et s’attaquaient maintenant à Edwin. Elle haussa un sourcil inquisiteur, se demandant comment le Frontalier allait réagir face à cet assaut d’un nouveau genre. Lorsqu’elle aperçut les trois coupes tendues vers lui et son air perplexe, elle eut pitié de son compagnon. Levant son verre pour le cogner à celui de Neleam, elle trinqua joyeusement à sa santé avant de lui glisser sur un air conspirateur ces quelques mots.

« Si tu veux bien m’excuser, je crois qu’il est temps pour moi d’entrer dans l’arène. »


Sur un dernier clin d’œil, elle s’éloigna de la chevalière. D’un geste de la main, elle ébouriffa légèrement sa chevelure ébène et vérifia le bon plissement de sa robe. Le vêtement épousait les contours de son corps et se mouvait avec grâce à chacun de ses pas. Elle s’immobilisa derrière Edwin, un feu ardent brillant au fond de son regard. Levant la main, elle tapota délicatement sur l’épaule du Frontalier afin d’attirer son attention. Lorsqu’il se retourna, elle emprisonna son regard gris et le consuma du sien. Littéralement. Elle se mordit la lèvre, geste rendu volontairement plus sensuel que nécessaire. Un sourire narquois éclairant son visage, elle ne se préoccupa pas du regard haineux que les autres femmes lui adressaient et proposa sa coupe à Edwin, lui offrant l’échappatoire tant espéré.

« Une petite soif ? »


L’amusement accompagna le désir dans ses iris embrasés. Le souffle court, partagée entre l’envie de lui sauter au cou et celle - plus sombre - d’étriper ces prétentieuses, elle attendit que le Frontalier réagisse.
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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris16.07.15 0:06



Sil’Afian se sentait terriblement mal. Et ce malgré l’alcool qui coulait dans ses veines et le faisait faire des renvois en publics. Il était maintenant descendu de l’estrade et voulait disparaitre dans la masse, que tous oublient ce terrible moment.
Mais c’était impossible car il était l’empereur.
Tous se retournaient sur son passage, le saluaient ou venait discuter. Horrible. Il avait chaud mais ne pouvait pas quitter sa tenue officielle, malgré son état d’ébriété il savait qu’il ne devait pas la quitter.
Ah ! Maudit Altan ! Qu’il s’étouffe avec un petit four et qu’il manche son pantalon de soi avec de la sauce piquante !
Ce n’était pourtant qu’un verre mais pour lui c’était comme boire d’un trait tout un verre de liqueur. Un grand verre.
Sa vision se rétrécissait et les sons se faisaient plus confus. Certes l’ensemble était agréable, ça lui donnait envie de danser (ou en étant plus réaliste de faire le concombre de mer) mais il devait discuter. Parler à des gens qui buvaient ses paroles. Il devait faire des phrases, aligner des mots et donner de la cohésion et du sens à tout ça. Entendre ce qu’on lui racontait et répondre juste.
Et l’odeur enivrante qui l’entourait ne l’aidait pas. Multiples fragrances de parfums lui chatouillaient la narine, l’embrouillant encore plus.

Une séduisante jeune femme avait ses yeux émeraude fichée dans les siens et l’empereur senti son souffle s’accélérer. La jeune fille disparue remplacée par une autre tout aussi apprêtée et jolie. Sil’Afian réalisa que a distance de sécurité était brisée. Une alarme se déclencha dans son cerveau et il se redressa. Du moins il tenta. Ou était donc cette fichue verticale ? Pourquoi toutes voulaient lui parler alors qu’il en était incapable ? Ne pouvaient-elles pas simplement se décider et laisser la jolie sirène aux yeux couleur de la mer d’été l’embrasse ? Quoi ? L’embrasser ? Quelle absurdité ! En publique ? Il n’en était pas question ! …Et pourquoi pas ? Il s’était lavé les dents et n’était pas si laid. Oui, il a choisi la couleur des napperons, pourquoi cette pimbêche lui demandait ça ? Il ne cherchait pas à savoir la couleur de sa culotte ! Au cas où elle porterait une culotte… Non, très mauvaise idée ! Lever le regard et se concentrer sur les visages ! Oui, voilà qui est mieux. Merci, votre robe est d’une incroyable beauté. Non je ne l’ai pas cousu moi-même, et je ne vous donnerais pas le nom de mon couturier. Pas que je ne veuille pas, je ne suis pas en état de refuser quoi que ce soit à une séduisante demoiselle, simplement que je suis incapable de m’en souvenir. Oui, c’est cousu à main et non je ne chanterais pas. Quoi que…. Non non et non ! J’ignore quel sera la première chanson et je ne dévoilerais pas le dessert prévu ni encore moins la surprise. Quoi ? Quelle surprise ? Une surprise ? Ah euh.. non non, oubliez !

Soudain un terrible silence parvint aux oreilles de l’empereur.
Tous les yeux étaient écarquillés et les bouches entrouvertes. Que se passait-il ?
Tien, il se sentait étrangement humide… Il devrait aller se changer car rester dans un tel costume lorsqu’il dégoulinait de sueur n’était pas élégant.
Car pour ça, il dégoulinait ! Mais ce n’était pas de sueur… Il mit un certain temps à se rendre compte que tous les regards fixaient une demoiselle aux joues bien rougies.
Elle avait voulu s’éclipser discrètement pour aller aux toilettes, eh bien c’était raté ! Elle avait trébuché, s’était pris les pieds dans sa robe et s’était rattrapée (affaissée ?) sur le groupe compact qui entourait l’empereur. Groupe compact à l’équilibre plutôt précoce. Les verres avaient alors volés et… s’étaient renversés sur l’empereur.
L’empereur regarda la jeune femme responsable. Elle se faisait petite (bien qu’elle ne soit pas très grande de base), ses cheveux étaient noirs comme la nuit et parsemés de mèches blanches. Ses yeux bleus brillaient d’un éclat qui prouvait qu’elle était dans un état d’ébriété proche de celui de l’empereur. Son large sourire semblait vouloir dire « oups ! J’en suis terriblement navrée cher messieurs, c’était vraiment, mais alors vraiment involontaire. Je fais de mon mieux pour ne pas rire mais la situation est comique. Mais je crois que tu es l’empereur alors je ferais bien de ne vraiment pas rire et de prendre un air contrit. Cela dit cet air de chien mouillé renforce ta séductivité, si, ce mot existe, et je suis certaine que tu vas grave pécho, gweÿ ! Enfin là tout de suite j’ai juuuuste envie de faire pipi. Et je pense qu’un peu d’eau froide me fera le plus grand bien. » Mais heureusement, elle n’avait pas ouvert la bouche.
Sil’Afian la fixait d’un regard (qui se voulait) noir tout en tentant de se souvenir de son nom. Il avait déjà vu cette tête. Pas ce corps de femme qui pourrait être considéré de parfaitement proportionné (mais à une échelle un peu petite, même les talons ne lui permettaient pas d’arriver à la hauteur des convives), surtout que cette robe la mettait très bien en valeur.
Il s’avança vers elle. N’étais pas ce que tous attendaient de lui ? Il mettait un pied devant l’autre sans tanguer. Il croisa le regard d’Edwin et lui lança un appel au secours. Vraiment. Un appel de détresse. Il était le seul en qui il est confiance pour ce coup, et en qui il puisse se confier.
Flûte ! Le voilà arrivé devant la jeune femme en question qui s’était statufiée. Et Edwin n’était même pas intervenu ? Mais qu’attendait-il ?! Il allait devoir penser à changer d’amis parce que les siens.. n’étaient pas si fiables.
Il avait fini par comprendre qu’il n’était pas en état de parler et que pour le bien de sa réputation il avait intérêt à ne pas tenter un nouveau discours.
Sil’Alfian tendit donc la main à la jeune femme afin de lui accorder "l’honneur" de la première danse. Au moins il n’aurait plus besoin de parler. Il espérait juste pouvoir être suffisamment ferme pour diriger. Au pire ils s'écrouleraient tous deux et partagerait sa honte avec elle.

Les convives s’éloignèrent de plusieurs pas afin de leur laisser de l’espace tandis qu’une légère musique s’élevait dans l’air.





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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris16.07.15 14:45

    Avant qu’il n’ait eu à se prononcer, Edwin remarqua les yeux de ses interlocutrices se plisser. Son attention ne tarda pas à être de nouveau requise, cette fois derrière lui. Tournant la tête pour découvrir si cette surprise serait agréable ou aussi pénible que l’instant présent, la puissance du regard qu’il rencontra améliora instantanément son humeur. Ses yeux gris se tintèrent du même magnétisme tandis qu’ils se fichaient de nouveau dans le regard charbonneux de la marchombre, après avoir glissé sur la moue délicieuse que dessinaient ses lèvres.

    - Une petite soif ?

    Le Frontalier s’empara de la coupe qu’elle lui tendait en prenant soin de laisser ses doigts s’enrouler autour des siens, mais il n’eut pas l’occasion de lui répondre : une étrange chute de volume des voix qui emplissaient la pièce, associée à un murmure de foule, attirèrent l’attention du couple. Il ne leur fallut pas longtemps pour comprendre ce qui venait de se passer ; il suffisait de focaliser son attention sur l’empereur regardant avec affliction son costume, sur les convives qui tentaient de s’éponger avec des serviettes en papier autour de lui, et sur les regards accusateurs qui se portaient sur une jeune femme légèrement honteuse qui se tenait non loin de là.
    Neleam venait indirectement de renverser une paire de cocktails sur le souverain de Gwendalavir. L’alcool et lui ne faisaient décidément pas bon ménage. L’alcool et elle non plus, apparemment.

    Se demandant comment il allait réagir, le maître d’armes croisa le regard alarmé et alarmant de Sil’Afian. Alors qu’il s’apprêtait à le rejoindre rapidement – il lui devait bien ça, puisqu’il n’était pas venu le secourir avec ses prétendantes – les mots qui se glissèrent faiblement jusqu’à ses oreilles le figèrent avant même qu’il n’ait amorcé son mouvement.

    - Mais pour qui elle se prend cette pimbêche, tu as vu comment elle le chauffe ?


    Si le visage d’Edwin n’en laissa rien paraître, la phrase qu’il venait d’entendre dans le bruit ambiant des rires et des conversations avait tiré en lui la sonnette d’alarme. Car s’il avait réussi à attraper au vol ces quelques mots peu avenants, nul doute que la principale intéressée les ait elle aussi perçu. Il fallait agir. Vite.

    Par un de ces prodigieux réflexes qui lui avaient maintes fois sauvé la vie sur le champ de bataille, le Frontalier glissa un bras enjôleur autour de la taille de la marchombre lorsqu’il la sentit prête à sauter sur le groupe de femmes qui leur faisait face, se plaçant sciemment entre sa compagne et ses futures victimes. Evitant dans un premier temps de croiser son regard meurtrier, il déposa un baiser à la commissure de ses lèvres avant de lui murmurer :

    - Merci mon Amour.

    Merci d’être venue me secourir, et merci de ne pas salir ma belle chemise avec le sang de ces malheureuses.
    Un sourire charmeur étira ses lèvres, jurant avec le sérieux du regard qu’il plongea dans les yeux sombres d’Ellana, avant qu’il ne se retourne vers l’assistance pour dissoudre le malaise. Ou l’accentuer. Ou du moins clarifier les choses.

    - Mesdames, je vous présente ma femme, Ellana.


    Espérant avoir sauvé la situation, une main plus légère toujours posée sur la hanche de la jeune femme, Edwin chercha du regard l’Empereur, pour s’assurer que lui aussi avait pu limiter les dégâts. La surprise s’empara de ses traits lorsqu’il vit de quelle façon son ami s’en était sorti.
    La classe.
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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris22.07.15 1:11

Elle frissonna. Son être tout entier n’était plus qu’un océan de sensation, dont le courant principal provenait de ce simple contact entre ses doigts et ceux d’Edwin. L’enchevêtrement de leurs phalanges décrivait un labyrinthe aux courbes harmonieuses ; elle pouvait presque sentir le crépitement s’agiter entre leurs peaux brûlantes. Pour un peu, cette chaleur aurait presque pu la blesser. Mais un mouvement sur sa droite détourna son attention, l’empêchant de se consumer.

Neleam venait à l’instant d’offrir un rafraîchissement à l’empereur. Maintenant dégoulinant, le souverain la dévisageait d’un air à la fois surpris et perplexe, et Ellana retint de justesse un éclat de rire ; l’air hébété de Sil’Afian, sûrement dû à l’alcool qu’il tenait encore en main, était une vision qu’elle n’aurait pas souhaité manquer. L’étonnement fut cependant rapidement remplacé par une crainte plus profonde ; celle de ne pas savoir comment réagir en de pareilles circonstances. Tout comme Edwin, la marchombre perçut le regard suppliant de l’empereur et ne retint pas son compagnon alors qu’il s’apprêtait à le secourir. Mais la perfidie, ennuyée d’être ainsi délaissée, trouva de quoi les percuter en pleine poitrine avant que le Frontalier ne s’éclipse.

« Mais pour qui elle se prend cette pimbêche, tu as vu comment elle le chauffe ? »

Haussement de sourcil inquisiteur. Edwin, alarmé, s’était immobilisé et semblait maintenant tenter de choisir la stratégie à adopter dans une situation comme celle-ci. Ellana dévisagea l’auteure de la tirade un moment, observant la robe bustier dont les ornements étaient – à son goût – beaucoup trop voyants, s’attardant sur les boucles anglaises de ses cheveux bruns et la pâleur de sa peau. La jeune femme lui adressa un sourire provocateur dans l’espoir de l’atteindre. Elle avait déjà fait tellement plus que cela. Ellana laissa la sournoiserie s’emparer de ses traits et plaça un poing sur les hanches, prête à en découdre. Qu’importe si le sang giclait et tâchait sans la moindre gêne le sol de la Grande Salle. Elle s’apprêtait à avancer d’un pas mais déjà, Edwin avait anticipé son geste. Nouveau frisson tandis qu’il s’emparait du creux de ses reins de sa main droite, l’emprisonnant de son empressement.

Le Frontalier se plaça entre le fauve et ses proies et Ellana dut malgré elle reconnaitre l’ingéniosité de l’idée. Il espérait que sa propre vision apaiserait un tant soit peu le bouillonnement de colère dont son être recelait. Il plongea ses prunelles dans les siennes et, dans ce regard, elle put lire la demande silencieuse. Il l’implorait presque de ne pas faire d’esclandre… Quelle ironie. Il se pencha et effleura le coin de sa bouche d’un baiser léger comme une plume, la remerciant d’avance de prendre sa demande en considération, avant de lâcher dans un murmure :

« Merci mon Amour. »


Le débordement d’affection l’atteignit sans la calmer complètement. Elle retint sa respiration quelque seconde, ne laissant pas son sourire s’amoindrir. La phrase suivante lui apparut comme une évidence, si simple qu’elle aurait dû s’étonner que ces insolentes ne l’aient pas remarquée plus tôt.

« Mesdames, je vous présente ma femme, Ellana. »


Surprise. L’une des prétendantes blêmit sous l’effet de la révélation, une autre se permit même de rester bouche bée. Seule celle à l’origine des paroles impies ne semblait pas décidée à céder devant Ellana. Elle soutint son regard, plus par fierté que par réelle envie, et ne se lassait plus de lui adresser ce sourire mesquin. La marchombre sentit un soupir lui monter dans la gorge et s’échapper par ses lèvres entrouvertes avant de se perdre facilement dans le tumulte de la fête. Elle vit du coin de l’œil l’Empereur s’élancer dans une première danse en compagnie de Neleam. Mais, si le spectacle promettait d’être intéressant, celui que la jeune femme avait choisi d’offrir maintenant se devait de l’être encore plus. Elle profita d’un détournement d’attention d’Edwin pour esquiver la caresse de sa main sur sa propre hanche. Elle s’approcha de la prétentieuse qui, contrairement aux autres dont le visage était inondé de terreur, resta de marbre. L’amusement revint éclairer les prunelles sombres de la marchombre ainsi que ses traits. Elle se mouvait avec la grâce féline qui était sienne, tournant lentement autour de sa prochaine proie en l’observant avec avidité. Elle s’immobilisa à côté de la prétendante et, tournant la tête, daigna enfin lui adresser la parole.

« Votre robe est magnifique. Ce bustier, c'est vraiment élégant. »


La proie, pas encore terrorisée mais tout de même inquiète, plissa les yeux, méfiante. A quel jeu Ellana jouait-elle ? Elle avait recommencé à marcher, achevant son premier tour autour de la jeune femme brune. Si elle n’avait pas été aussi concentrée sur ce qu’elle s’apprêtait à faire, la marchombre aurait sûrement ri, peut-être même à en pleurer. Au lieu de cela, elle maintenait sur son visage une paix fictive. L’instant tardait à arriver et pourtant, elle ne se pressait pas, savourant chaque seconde de son plan diabolique.

Elle s’arrêta de nouveau au même endroit, pencha légèrement la tête en direction de la brune et laissa le souffle s’envoler. Enfin.

« Oui, vraiment magnifique. »


Un geste. Fluide, rapide, précis. Tellement net qu’il en fut presque flou. Le bustier quitta le corps sur lequel il était installé et, dans un bruissement de tissu que le vacarme ambiant couvrit sans peine, vint se nicher aux pieds de la prétendante. Ellana profita du moment de surprise générale pour poursuivre sa tirade.

« Dommage qu’il ne soit pas aussi collant que vous. »

Elle se trouvait à présent seulement vêtue d’un corset et d’un pantalon bouffant nacré. Ellana commençait à trouver le temps long lorsque la réaction tant espérée fit son apparition. Se rendant compte de ce qui venait de se produire, la jeune femme poussait à présent des petits cris stridents. La panique la guettait et s’approchait même dangereusement. Elle avait d’ailleurs déjà réussi à atteindre les compagnes de la soupirante qui, dans un chaos indescriptible, tentaient vainement de remettre la robe en place. Un sourire satisfait étira les lèvres d’Ellana, tandis qu’un petit groupe de curieux se formait déjà autour d’eux, délaissant la première danse. Elle croisa les bras sur sa poitrine et choisit de profiter encore un peu du spectacle avant d’affronter Edwin. Elle devinait d’ors et déjà la colère du Frontalier ; mais si Bjorn avait le droit d’engloutir le buffet et Neleam de tremper l’Empereur de Gwendalavir à coup de cocktail, pourquoi ne pourrait-elle pas dévêtir une noble prétentieuse ?
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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris25.07.15 14:44



Neleam s'était retrouvée seule. Abandonnée de tous. Même se son verre, il était désespérément vide. Elle avait beau le regarder sous tous les angles, il resterait vide.
Elle avait soupiré puis décidé d'aller aux toilettes, sa vessie n'était pas sans limite. Malheureusement les talons et la robe longue ne faisaient pas bon ménage et elle avait trébuché. Tout bêtement.
Et elle se retrouvait là, à danser avec l'empereur.
Certes, elle avait légèrement poussé, malencontreusement, certaines femmes qui avaient reversé leurs verres sur l'empereur. Il avait été trempé. Mais dans le silence du moment il avait seulement tendu la main pour l'inviter à danser. C'était peut-être pire qu'un sermon ou être sortie de la fête.

Ils étaient donc en tain de danser, sous les regards de... tout le monde. Ou presque.
Neleam savait danser, elle adorait cela. Sauf que les danses mondaines étaient légèrement différentes de celles qu'elle connaissait.
Heureusement un autre incident détourna l'attention : une femme se retrouvait à moitié nue. Les gardes, habillés chic pour l'occasion, la mirent à la porte tandis que d'autres couples tentaient de tourner les regards vers eux en rejoignant le cerce de danse. Rapidement tous oublièrent la pauvre disparue et dansèrent ou se regroupaient près du buffet (ultime rempart entre eux et la danse).

Neleam approcha sa bouche de l'oreille de l'empereur et lui murmura :

-Faut que je passe aux toilettes...


L'empereur la regarda et elle cru presque discerner une lueur de soulagement dans ses yeux bruns. Mais peut-être s'était-elle trompée, son visage était toujours aussi impassible.
Galamment, il l'accompagna jusqu'aux toilettes pour dames où elle pu soulager sa vessie bien tendue. Voyant son reflet dans le miroir le chevalier se passa de l'eau sur le visage, tout en évitant les zones de maquillage, arrangea sa coiffure et vérifia son haleine. Une fois prête elle prit une grande respiration et sortit. Elle était seule. Contente de ne plus avoir le poids de la présence de l'empereur à ses côtés, elle se dirigea vers le buffet et attrapa des petits toasts de... fromage ? Crème ? Poisson ? Ca sentait bon mais elle était incapable de dire ce que ça pouvait être. Après l'avoir regardé et reniflé sans pouvoir en savoir plus elle le gouta.


_________________





Dernière édition par Neleam le 05.05.16 22:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris27.07.15 14:31

    Le Frontalier sut que la situation lui échappait lorsqu’il remarqua qu’Ellana avait profité de sa distraction pour se rapprocher de sa proie, avant qu’il n’ait eu le temps de l’inviter à danser pour faire diversion.
    Retenant un soupir, il porta son verre à ses lèvres pour se donner une contenance, tout en regardant la Marchombre tourner autour celle qui l’avait insultée. Edwin songea avec consternation qu’une meute de Thüls assoiffés était sans doute plus facile à gérer que sa compagne.

    La scène paraissait interminable, Ellana se délectant ostensiblement de ce petit jeu. Aussi la chute fut-elle d’autant plus fulgurante. Chute, au sens littéral. Le bustier se retrouva en un clignement d’yeux aux chevilles de la malheureuse. Devant le mouvement de panique qui se créa autour d’elle, le maître d’armes prit le pas de descendre son verre. Cette soirée était un désastre.

    Ellana se rapprochait de lui de sa démarche dansante. Il l’attendait de pied ferme, les bras croisés, mâchoires serrées. C’est en voyant les gardes se débarrasser de celle qu’ils accusaient d’exhibitionnisme qu’Edwin se dit que, tout compte fait, la soirée n’était peut-être pas si terrible que cela. Après tout, il était encore habillé, sec, et en pleine possession de ses moyens, à la différence d’une part croissante des convives. Et puis, il ne pouvait pas en vouloir à Ellana d’avoir défendu son honneur. Surtout que son intervention lui avait permis de se libérer de toutes ces femmes qui, si elles paraissaient très sympathiques, n’arriveraient jamais à la cheville de celle dont il était épris. Aussi se radoucit-il dès qu’elle fut parvenue à quelques centimètres de lui. Un furtif sourire amusé traversa même son visage avant qu’il ne la prenne par la main pour l’emmener attraper un verre.

    Justement, Bjorn les rejoignait avec des boissons. Quatre ?! Il les servit avec un sourire hilare, gardant un verre dans chaque main pour sa propre consommation.

    - Je rêve où je viens de voir une femme un peu… déshabillée ? Par où est-elle passée ? Peut-être a-t-elle besoin d’un couturier ?

    Le Chevalier était apparemment dans un état d’alcoolémie déjà plus qu’avancé. Il s’en alla aussi vite qu’il était arrivé, manquant de percuter Neleam et Sil’Afian en traversant la piste de danse. Edwin et Ellana échangèrent un regard mi-inquiet, mi-amusé, puis dans un haussement d’épaules, se décidèrent à trinquer. Ragaillardi par la chaleur que commençait à diffuser dans son organisme les verres précédents, le Frontalier posa leurs verres sur un guéridon proche et tendit la main, paume vers le ciel, à la Marchombre.

    - Puisque tu as fait fuir toutes mes prétendantes, m’accorderais-tu cette danse ?


    Si un sourire amusé accompagnait ses paroles, la façon dont il la dévorait du regard ne laissait planer aucun doute quant à la l’identité de la cavalière qu’il attendait depuis que la musique s’était élevée dans la salle.

    C’est ce moment que Salim choisit pour gâcher son invitation.
    Poussant un hurlement assez fort pour se distinguer au milieu des notes de musique, il traversa les quelques mètres qui le séparaient de buffet en courant, passa à seulement quelques mètres d’eux sans même les voir… pour délester Neleam du toast qu’elle s’apprêtait à déguster d’un grand mouvement de bras. Le petit-four tournoya en s’élevant dans les airs, sous l’air interloqué des convives qui avaient assisté à cette entrée fracassante, avant d’aller s’écraser, face garnie la première, sur l’épaule d’Altan. Ce dernier se demanda avec philosophie depuis quand les victuailles s’étaient mises à pleuvoir du plafond. Edwin, qui n’avait pu s’empêcher de suivre la trajectoire du projectile, ne put retenir un éclat de rire devant l’air estomaqué du dessinateur.

    Devant les dizaines de paires d’yeux qui le regardaient avec désapprobation, voire avec outrage, Salim se sentit rougir. Il entraîna Neleam par le bras dans le but de l’éloigner des oreilles indiscrètes.

    - J’ai vu que tu semblais être une amie de Bjorn, alors comme les amis de mes amis sont mes amis... je suis intervenu avant qu’il ne soit trop tard… bref, Ewilan est coincée aux toilettes depuis qu’elle a goûté à ces toasts. A ta place je choisirais plutôt les rillettes…

    L’air profondément contrit de son coup d’éclat, le jeune homme se contenta d’un sourire gêné.

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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris27.07.15 20:07




-Le karma mon cher ami, dit l’empereur à Altan Gil’Sayan tout en ôtant le toast qui trônait sur son épaule.

Lorsque Sil’Afian avait accompagné sa partenaire aux toilettes il avait été très rapidement attendu par des serviteurs qui lui avaient changé l’intégralité de sa tenue. Il était maintenant vêtu dans des tons mauves foncés avec des touches de vert. Ce devait être un complot du couturier pour lui faire porter cet habit !
L’empereur n’avait eu d’autre solution que d’abandonner son superbe costume trempé pour en revêtir un autre, joliment coloré. Enfin, sa tenue n’était que le cadet de ses soucis, un garde lui fit signe que la situation le réclamait. En effet l’un des convives avait hurlé et avait fendu la foule en direction du buffet.
Alors que Sil’Afian pénétrait dans la pièce, sans avoir eu le temps de faire descendre totalement son alcoolémie –il n’avait eu le temps de gober un seul apéritif constitué de  tomates enrobées d’algues, un gout affreux mais qui lui permettait de mieux prendre conscience de la situation- et de vérifier son haleine –oui, ces mets ont des effets secondaires désastreux- il vit quelque chose fendre les airs et tomber dans la masse des convives. Un coup d’œil vers l’origine du vol lui permis d’identifier quelques regards étonnés voir penauds qui fixaient la zone d’impact.
Neleam.
Cette fois-ci le nom était venu tout seul. C’était le nom de l’élément perturbateur. La jeune femme était une fois de plus à l’origine d’une catastrophe. Le jeune Salim était à ses côtés, y était-il pour quelque chose ? Il avait pourtant bien mûrit aux dires de ses sources…
Tout est-il que l’empereur se dirigea vers l’objet non-identifié. Fendant la foule il apparut rapidement que l’hôte involontaire du met était Altan. Finalement l’empereur allait pouvoir rester calme et gérer la situation avec facilité. Altan n’était pas susceptible et incapable de déclarer une guerre. Ca aurait pu être pire.

La sentinelle sourit, de bonne grâce. Puis proposa de trinquer à son règne, chose que déclina poliment l’empereur. Son ami avait fait suffisamment pour la soirée. Il était temps que tout revienne dans l’ordre.
Mais avant qu’il n’ait pu demander à quelques gardes de quitter les boissons alcoolisées et de sortir Neleam de la salle, la lumière s’éteignit.




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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris15.08.15 19:46


Neleam vit Salim courir vers elle alors qu’elle allait pour croquer dans son petit four. Avant qu’elle ne comprenne ce qui était en train de se passer le marchombre lui ôta le petit pain de la bouche d’un superbe revers. Tous deux regardèrent l’apéritif prendre son envol pour aller directement s’écraser sur l’épaule d’Altan Gil S’ayan, un ami proche de l’empereur et d’Edwin.
Père d’Ewilan Gil’Sayan, soit dit-en passant.
Autrement dit elle était cuite.

Neleam était cuite, pas la tartine.

Une fois de plus les regards se tournèrent vers elle, accusateurs. La guerrière, pourtant assez difficile à intimider se sentait mal à l’aise. Et toute rouge, mais c’était l’alcool. Enfin l’alcool.. il commençait à descendre rapidement. Elle ne ressentait plus autant les effets de l’alcool et redevenait maître de son corps et de ses mots.
Salim l’attira un peu à l’écart et lui chuchota quelques mots.

- J’ai vu que tu semblais être une amie de Bjorn, alors comme les amis de mes amis sont mes amis...


Neleam se sentie flattée d’être l’amie de Bjorn et encore plus d’être une amie de Salim. Ils n’étaient pas sur le même plan astral niveau réputation. Qui aurait cru que ces légendes seraient si accessibles ?

- Je suis intervenu avant qu’il ne soit trop tard… bref, Ewilan est coincée aux toilettes depuis qu’elle a goûté à ces toasts. A ta place je choisirais plutôt les rillettes…

Neleam sourit, reconnaissante.

-Ha ! Ce explique donc cette odeur persistante qui hante les toilettes… La pauvre !

La guerrière prit Salim dans ses bras tout en le remerciant d’avoir sauvé sa vie. Enfin sauvé.. elle ne donnerait pas cher de sa peau après atterrissage de l'apéritif sur un des convives les plus dangereux. Peut-être il aurait mieux valu qu’elle passe le reste de la soirée enfermée dans les toilettes.

Soudain elle senti un truc s’écraser dans son dos. C’était froid et… visqueux. Neleam, encore dans les bras de Salim - Enfin dans les bras… c’était une façon de parler, concrètement elle enlaçait le torse du jeune homme, il était relativement grand- resta un très court instant immobile par la surprise.
Quelqu’un venait de lui lancer un petit four intentionnellement ?! Quelques personnes ricanèrent. La guerrière fit volte-face et répliqua, avec les petites tomates qui étaient à ses côtés. Immédiatement la situation dégénéra. Chacun se rua sur le buffet afin de se saisir d’armes et commença à bombarder ses amis, ennemis ou la personne qui était en face de lui.

-Hum… Tout va bien ?


La voix semblait incertaine, comme gênée. Neleam revint à la réalité : elle était toujours accrochée à Salim, comme un Koala à sa branche. Relevant les yeux la jeune femme offrit un sourire contrit à Salim en guise d’excuse puis ce fut le noir total.
Pas elle ni son esprit. Seulement que toute la pièce se plongea dans la pénombre.

-J’y suis pour rien cette fois !
Cria la jeune femme tout en se détachant de Salim, lentement.
Elle attendait que ses yeux s’habituent à cette soudaine obscurité, tandis qu’autour d’elle le silence se faisait pesant.
Rapidement la foule sortie de sa torpeur. Une vague de frissons suivie par quelques cris de dames apeurées, pour ne pas dire des hurlements. Soudain des éclairs de lumière colorée apparurent aux fenêtres. Tous sortirent rapidement sur la terrasse où résonnaient d’agréables crépitements d’artifices.
Dans le ciel se croisaient des étincelles dorées et des flammes aux reflets bleus argentés, tout se mouvait avec une étonnante grâce. Il s’agissait d’évènements importants ayant eu lieu ces vingt dernières années. Le Dragon était de loin le plus impressionnant, on aurait dit qu’il était vivant. La chaleur de ses flammes venait caresser le visage des spectateurs.

Le spectacle fini Neleam resta dehors, le nez levé. Elle commençait à voir mal à la nuque mais voulait continuer à regarder le spectacle de cette nuit étoilée. Tout semblait si tranquille… La musique de la grande salle parvint jusqu’à ses oreilles mais elle restait immobile, savourant les vibrations qui avait parcouru son corps. Elle ignorait que les Alaviriens étaient capables de faire des feux d’artifices. Peut-être qu’Ewilan y était pour quelque chose et que des dessinateurs étaient à l’œuvre. Dans tous les cas ça en valait vraiment la peine.

Neleam s’approcha de la balustrade et baissa enfin la tête. La douleur la fit grimacer. Quelle idée que de rester aussi longtemps dans une telle position aussi ! Elle sourit tout en massant sa nuque. Son regard balaya la terrasse et reconnu le fameux petit groupe qui prenait l’air. Edwin, Ellana, Salim, Bjorn... C’était ceux qu’elle arrivait à reconnaitre dans cette semi-pénombre. Ils étaient une petite dizaine. Neleam les regarda.
Ils semblaient respirer au même rythme. Une épatante harmonie se dégageait de ce petit groupe. Ils babillaient joyeusement.
Sans la laisser plonger plus profondément dans son analyse une main possessive se posa sur son épaule et une voix tonitruante hurla dans son oreille (pour le coup, lui continuait à boire plus que de raison)

- HEEEYYYYYYY ! Neul….a ! Neleam haussa un sourcil devant cette transformation de son cher nom. Je me sens tout mouillé à tes côtés beauté ! (des rimes de six pieds!)

La main posée sur son épaule la força à faire face à l’individu. Elle avait l’impression de l’avoir déjà vu, mais impossible de s’en souvenir. Après tout, ça ne devait pas être une grande perte.

- Mais que fais-tu seule, beauté. Heureusement que je suis là pour te tenir compagnie comme toujours, tu vas voir comment on va bien s’amuser toi et moi… T’auras pas froid, haha !

Neleam observa, horrifiée le personnage qui s’approchait dangereusement d’elle. Il avait clairement franchit son cercle privé et continuait bien décidé d’aller au contact.
La jeune femme était immobilisé, incapable de réagir. Elle n’était pas habituée aux mondanités et s’était suffisamment faite remarquée pour le reste de la soirée. Mettre un violent coup de genoux dans l’entre-jambe du déchet serait efficace mais… violent et très mal vu. Le coup de boule assez mal élevé, surtout qu’elle ne tenait pas à s’approcher pus que ça de cette haleine qui semblait bien fétide. La claque n’aurait très certainement aucun effet. Il s’arrêterait, sourirait et se précipiterais sur elle hurlant qu’il aime les filles qui montrent les dents. Et son cerveau ne trouvait pas d’autre solution satisfaisante…

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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris17.08.15 18:43

Ellana jubilait. Son sourire sournois en témoignait, comme un symbole unique de son amusement. Elle posa une main sur sa hanche et entreprit de jouer négligemment avec l’une de ses mèches sombres, offrant aux regards furieux posés sur elle la vision d’un être enjôleur. Si douce aux yeux des convives, elle n’en restait pas moins sauvages à ceux d’Edwin. Le visage fermé du frontalier trahissait l’état de fureur dans lequel il se trouvait. Cependant, au fur et à mesure qu’elle réduisait la distance qui les séparait encore, ses dents lui parurent moins serrées et ses traits, moins crispés. Elle ne doutait pas qu’il comprendrait la nécessité de son geste ; au-delà d’une jalousie qu’elle savait passagère – qui aurait-elle pu craindre parmi toutes ces écervelées ? – il y avait une question d’honneur que personne mieux qu’Edwin ne pouvait interpréter.

En s’approchant de lui, Ellana aurait pu s’improviser funambule, déambulant sur la trame des pensées de son amant. Pourtant, elle ne craignait pas l’assaut de sa colère ; puisse-t-il avoir envie de l’assommer de remontrances, elle se savait en mesure de retourner la situation en sa faveur. Elle était ainsi, oiseau gracile que l’imprévu n’effrayait pas. Bien au contraire. Et, bien qu’il ne le reconnaisse pas, c’était peut-être l’un des aspects de sa personnalité qui plaisait le plus au Seigneur des Marches du Nord.

Lorsqu’il s’empara de sa main, un sourire fugace étirant ses lèvres, elle frémit. Doucereux frisson qu’est la chaleur de sa paume dans la sienne. Ravissante était l’idée d’une gaieté partagée. Elle se laissa guider à travers les invités, ne quittant plus des yeux la silhouette de l’être aimé.

« Je rêve où je viens de voir une femme un peu… déshabillée ? Par où est-elle passée ? Peut-être a-t-elle besoin d’un couturier ? »


Ellana retint un éclat de rire. Saisissant au passage une coupe parmi les quatre qui ornaient les mains de Bjorn. Pour que le Chevalier ait pu, dans l’état d’ivresse où il se trouvait, remarquer son léger dérapage, c’est qu’elle avait fait mouche. Tandis qu’il s’éloignait d’une démarche plus qu’hasardeuse – les effets de l’alcool étaient décidément dévastateurs sur son ami – elle haussa les épaules en découvrant le regard d’Edwin. Après avoir trinqué et vidé la moitié de son verre – elle commençait déjà à se sentir chancelante, mais l’idée de se retrouver dans le même état que Bjorn lui fit rapidement retrouver ses esprits – elle pencha légèrement la tête, ravie d’être de nouveau l’objet d’attention d’Edwin.

« Puisque tu as fait fuir toutes mes prétendantes, m’accorderais-tu cette danse ? »


Exaspérée par le début de sa phrase, elle choisit cependant d’éviter de lever les yeux au ciel. Décision judicieuse, au vu de l’embrasement qu’elle lisait dans ses iris argentés… Il ne désirait qu’elle. Elle aurait été aveugle de ne pas s’en apercevoir. Retrouvant son ironie habituelle, elle saisit la main qu’il lui tendait et prit le temps de s’avancer sur la piste de danse avant de répondre.

« Tu sais bien qu’aucune n’était meilleure danseuse que moi. Je t’ai juste évité de te faire écraser les orteils. »



Ce qui dans cette phrase ressemblait à de la prétention n’en était pas ; il ne s’agissait en vérité que d’une énième façon pour elle de se démarquer de ce groupe de prétentieuses, si tant est qu’elle en eut besoin.

Le cri de Salim interrompit leur valse avant même qu’elle n’ait commencée. Surprise, Ellana dévisagea celui qui avait jadis été son élève tandis qu’il se jetait sur Neleam. Rectification. Tandis qu’il se jetait sur Neleam et son petit-four, qui entreprit de décrire une courbe harmonieuse à en faire pâlir certains membres de la guilde. L’atterrissage du toast, néanmoins, tira à Ellana un éclat de rire, en écho parfait à celui d’Edwin qui avait dans le même temps aperçu l’air perplexe d’Altan.

La musique était sur le point de répandre de nouveau sa mélodie à travers l’immense salle des fêtes et, délaissant du regard l’étreinte de Neleam et Salim – qui apparemment, était maintenant réputé comme le tueur de toasts – elle se plaça de nouveau face à Edwin. C’était sans compter sur la pénombre qui s’invita à son tour à la réception.

Vaguement lassée de ne pouvoir achever ce qu’ils tentaient vainement d’entreprendre depuis près de dix minutes, elle choisit de ne pas se laisser émouvoir par l’obscurité. Bien au contraire : elle en fit son alliée. S’approchant d’Edwin, elle effleura ses lèvres d’un délicat baiser, réfrénant au plus profond de son ventre les affres de son désir. Lentement, elle descendit le long de sa joue, laissant son souffle glisser sur la peau brûlante du Frontalier. Son audace la mena un peu plus bas encore ; l’oreille et le cou de son compagnon n’échappèrent pas à l’assaut de ses caresses. D’un geste lascif, elle entreprit de remonter vers son menton, se délectant de sentir l’effet de ce jeu sur lui. Elle s’apprêtait à se perdre dans un nouveau baiser mais au lieu de cela… Au lieu de cela, elle s’éloigna précipitamment de lui, rompant le moment de tendresse qu’ils venaient de partager, juste à temps pour ne pas être attrapée par les premières lueurs du feu d’artifice. Le cœur au bord des lèvres, le souffle court, elle plongea ses prunelles dans les siennes et lâcha son murmure entre deux hurlements d’invités un peu trop apeurés.

« Juste à temps. »


Une phrase à double sens. Un sourire suggestif vint éclairer son visage avant qu’elle ne s’accapare les doigts d’Edwin, l’entrainant au dehors. Là, elle se prit à contempler avec ferveur les jets bariolés qui venaient rompre l’obscurité de la nuit. Filaments colorés, étiraient son cœur de sentiments qu’elle ne comprenait pas encore. Fallait-il qu’elle s’abandonna à la délicatesse de leur étreinte ? Hésitante, Ellana s’imaginait désormais fleur fragile et cette idée, loin de l’apaiser, ne faisait que l’effrayer d’avantage. Lassée d’être assujettie à l’emprise de ses craintes, elle serra les doigts du Frontalier un peu plus fort encore, comme si l’enchevêtrement de leurs doigts pouvait apporter dans sa douceur la sérénité qu’elle recherchait.

Un mouvement sur sa gauche la divertit du spectacle qui s’offrait à ses sens ; instantanément, elle devina le trouble de Neleam, face à cet homme ivre qu’elle aurait détesté repousser poliment. Un soupir s’échappa des lèvres entrouvertes d’Ellana. D’un signe de la tête, elle désigna à Edwin la source de son affliction et, tandis qu’il s’éloignait pour venir en aide à la jeune femme, la marchombre saisit un verre et s’appuya sur la rambarde, partagée entre l’envie de se replonger dans la contemplation ou celle, plus charmante, d’assister à l’intervention de son compagnon.
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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris17.08.15 23:33

    Une fois la surprise du toast volant évaporée, le couple retrouva sa disposition initiale pour enfin pouvoir profiter de la musique. Perdu dans le regard si communicatif de la Marchombre, Edwin en occulta complètement les exploits de Bjorn, Neleam et Salim, le discours raté de Sil’Afian, la délicate intervention de la femme jalouse… tant pris il était pris dans la bulle de son couple. Ces rares moments, d’autant plus rares dans des soirées de cette envergure, ne devaient être gâchés.

    La musique, qui était enfin parvenue à occulter le vacarme des commentaires qui entouraient le buffet, s’arrêta brutalement, avant même que les danseurs qui s’étaient rejoints sur la piste n’aient pu esquisser deux pas. C’était comme si la chape d’obscurité s’était abattue comme un lourd couvercle sur l’orchestre.

    L’Empereur, qui discutait jusqu’à lors avec son meilleur ami, ne put retenir un juron excédé, que seul Altan eut le loisir de partager. Il avait pourtant bien dit à ses hommes de prévenir les convives de se rendre sur la terrasse improvisée AVANT d’éteindre la lumière, mais ils étaient tellement absorbés par leur propre consommation d’eau-de-vie qu’ils n’avaient guère pensé à l’annonce.
    La vague de panique ne tarda pas à se répandre sur l’assemblée, malgré la volontaire absence de réaction des Dessinateurs chargés de tous les détails techniques de la soirée. Une voix vindicative se démarqua clairement des petits cris aigus des dames apeurées :

    - J’y suis pour rien cette fois !

    L’obscurité était trop parfaite pour être due à un incident. Aussi le couple attendit que la vague de panique l’ait épargné pour envisager de s’enquérir de ce qui allait se passer sur la terrasse.

    Une cécité temporaire avait beau s’être emparée de sa perception, le Frontalier pouvait très bien se fier à ses autres sens, qui semblaient presque palpiter tant ils étaient sollicités. Un premier frisson menaça de le cueillir avant même que leurs lèvres ne se soient rencontrées. Il lui rendit sans mal le doux baiser qu’elle lui offrait. Mais elle n’en avait pas fini avec lui.
    Se jouant de la pénombre comme deux adolescents échapperaient au regard réprobateur de leurs parents, les deux amants s’apprêtaient à enflammer la piste de danse d’une toute autre manière. Puisque la danse se refusait obstinément à eux…
    Enivré par les cocktails et les doux assauts de sa femme, Edwin en occulta complètement leur environnement. Il réduisit encore, si c’eût été possible, la distance qui séparait leurs deux corps, et inclina la tête pour trouver les lèvres tant aimées, animé par le désir d’un baiser plus passionné, plus brûlant, plus…

    Ellana lui échappa, une seconde avant que les projections de lumière (tiens, c’était donc pour cela que la nuit s’était abattue dans la salle) ne laissent entrevoir leur moment d’intimité aux regards indiscrets.

    - Juste à temps.

    Peinant à retrouver une contenance en moins de trois secondes, le Frontalier se contenta de retenir sa compagne une poignée de secondes supplémentaires afin d’effleurer une dernière fois ses lèvres, avant de se laisser mener à leurs amis et de profiter de la projection. Ils arrivèrent en même temps qu’Ewilan qui, contrairement à ce qu’avait cru Salim, n’était pas coincée aux toilettes. C’était la seule raison qu’elle avait trouvée pour le maintenir à l’écart de la surprise qu’elle avait contribué à créer, car comme elle aimait le surnommer, son « mollusque » pouvait s’avérer collant. Eût-elle su la catastrophe que cette excuse avait provoquée, elle eût probablement préféré garder Salim auprès d’elle, comme un petit frère dont on craint les coups d’éclat.

    Le spectacle était resplendissant. Digne de l’empereur. Le léger vent de cette fraîche soirée soulevait des exclamations émerveillées dans ses entrelacs de la part des spectateurs. Le maître d’armes s’était placé dans le dos de la Marchombre, les bras croisés autour de sa taille parfaite, leurs doigts entrelacés, afin de la protéger de cette brise vicieuse. A l’apparition du Dragon, éblouissant même pour ceux qui avaient eu la chance de le rencontrer, Edwin resserra son étreinte autour d’Ellana. Il ne pourrait jamais dissocier de cet être mythique le jour où il avait failli la perdre. Par sa faute.

    Mais bien vite, le Dragon s’envola pour laisser place à d’autres magnificences, laissant l’assemblée à ses fantasmagories. Ou à ses souvenirs. Le Frontalier se laissa guider par les images qui dansaient devant ses yeux, comme des rêves qui se forment et se délitent, et par la pression des doigts d’Ellana contre les siens.

    Le spectacle se termina pourtant, sous les applaudissements ravis des convives. Le petit groupe ne se délita pas pour autant, discutant sous le halo protecteur des étoiles.

    Le soupir que laissa échapper Ellana attira immédiatement l’attention du maître d’armes. Il ne lui fallut qu’une poignée de secondes, et ce malgré les verres qui se diffusaient toujours dans son organisme, pour juger de la situation. Exactement le type d’animal qui ne lui inspirait que dégoût et violence. Le visage détendu de cette soirée sous la voûte étoilée se recomposa en mine fermée, tandis toute bonhomie s’était dissoute de son regard au profit de deux iris tranchants et implacables.

    Il se fraya sans ménagement un chemin dans la foule juste à temps pour intercepter le second bras de l’indésirable, le premier étant resté obstinément accroché à l’épaule de la jeune femme.

    - Il se fait tard. Tu ferais mieux de prendre congé.


    Si les propos s’étaient montrés neutres, la voix du Frontalier ne laissait paraître aucune répartie possible. L’ivresse, ou l’orgueil, fit que cet homme jugea bon de s’attaquer à celui qui avait osé bouleverser son plan de repartir accompagné de cette soirée.

    La main qui était lourdement posée sur Neleam se retira et forma un poing qui vola directement vers le nez du maître d’armes. Celui-ci se glissa plus près de son adversaire au lieu de lui échapper, et d’une clé imparable au poignet qu’il tenait toujours, amena le lourdaud à poser un genou à terre. Hélas, l’élan de cette attaque ratée, associée à la perte d’équilibre occasionnée par l’alcool, eut pour conséquence d’entraîner l’homme plus en avant dans sa demi-chute. Sans lâcher son adversaire, Edwin se retourna vivement pour connaître l’origine de ce bruit sourd qui avait précédé la chute de l’importun.

    Trop comprimé dans la foule qu’il avait fendue pour arriver jusqu’ici, il n’avait pas senti Altan se glisser à sa suite. Le Dessinateur s’était dit que sa technique, ni moins efficace ni supérieure à celle de son ami, occasionnerait moins de dommages collatéraux à la résolution du conflit.
    Il s’en rendit pleinement compte lorsque son menton reçut le poing égaré du mufle.


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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris19.08.15 20:24

Siam ne s'attendait absolument pas à cette fin de discours. Remarque, ce n'était pas plus mal, elle peinait toujours à écouter les discours et admirait énormément son frère qui était capable d'en écouter d'excessivement long en paraissant intéressé du début à la fin et sans en écouter un mot. C'était un talent rare que Siam n'avait pas (ou un des rares talents que Siam n'avait pas, tout dépend du point de vue...) A la fin de ce discours aussi bref que mémorable elle se dirigea vers le balcon mais se ravisa et préféra auparavant scruter la foule à la recherche  de ses amis.

Ellana était en grande conversation avec le plan drague de Bjorn (qui ne l'était peut-être pas finalement). Le Bjorn en question s'était éloigné et elle ne parvenait pas à apercevoir sa silhouette autour du buffet ce qui était un fait plutôt remarquable.

C'est en effectuant un petit tour d'horizon à la recherche du chevalier qu'elle remarqua une scène fort étonnante qui manqua de lui faire recracher la gorgée de champagne qu'elle avait prise: lassées de tenter vainement de s'approcher de l'empereur, certaines femmes s'étaient éloignées pour s'attaquer à un poisson un peu moins gros mais tout aussi difficile à attraper, son propre frère, Edwin qui avait à présent trois verres collés sous le nez et semblait incapable de se décider.

Un semblant d'agitation poussa son regard un peu plus loin, où la jeune femme qui discutait avec Ellana venait malencontreusement de faire renverser plusieurs verres sur l'empereur. Celui-ci, loin de s'en offusquer décida d'ouvrir le bal avec la fautive.

Siam décida qu'il était temps pour elle de prendre l'air avant de se faire inviter à danser mais auparavant, elle décida de regarder ce que devenait son frère.
Visiblement elle avait manqué plusieurs épisodes. Ellana tournait en rond autour de l'une des potiches qui avaient accosté Edwin. Siam plaignait la malheureuse. Elle connaissait trés bien Ellana et aurait hésité à la mettre en colère. Ses craintes furent confirmées lorsque la robe de la femme s'étala par terre la laissant en dessous sans qu'elle ait pu comprendre ce qui lui arrivait. La vengeance d'Ellana arracha un sourire à Siam.
La soirée commençait enfin à être amusante. C'était compter sans Salim qui se signala à sa présence en traversant la salle vers le buffet en hurlant. Il s'arrêta devant la jeune femme dont Siam ne connaissait toujours pas le nom mais qui avait déjà fait parler d'elle notamment en ouvrant le bal au côté de l'empereur après l'avoir copieusement arrosé de champagne et Salim envoya le toast qu'elle avait à la main voler gracieusement au dessus des invités.
Siam suivit avidemment le toast des yeux jusqu'à la veste d'Altan où il s'écrasa lamentablement.

Et une gaffe de plus pour les légendes alaviriennes, une! Quelle sera la prochaine ?

Elle crut obtenir la réponse à sa question lorsque toutes les lumières s'éteignirent simultanément. Une voix lui présenta une autre éventualité.

J'y suis pour rien cette fois !

Effectivement ce pouvait tout aussi bien être une attaque quelconque, c'était l'occasion rêvée. Siam s'apprêtait à dégainer son sabre quand elle se rendit compte d'une part qu'elle n'avait pas son sabre et d'autre part que l'extinction des feux n'était que le signal du feu d'artifice, magnifique d'ailleurs, qui commençait au même moment près du balcon.

Siam rejoignit ses amis, la nuit était plutôt claire et la température trés agréable. Elle s'approcha d'Ewilan et Salim et allait entamer une conversation avec eux lorsque des cris quelques mètres plus loin attirèrent son attention. Elle eut un sourire lorsqu'elle reconnu l'une des personnes qui étaient la cause des cris. Il s'agissait une fois de plus de la jeune femme inconnue qui avait tant intéressé Bjorn. D'après ce que comprenait Siam, un homme l'avait accosté assez vulgairement et Edwin était aller l'aider charitablement à se débarasser de l'importun. Malheureusement, Altan qui s'était avancer pour proposer son aide gisait au sol, vraisemblablement à cause d'un coup perdu.

Siam poussa un léger soupir, elle l'avait bien dit à Edwin qu'ils étaient insortables (elle s'incluait évidemment dans le "ils").
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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris20.08.15 17:32


Comme en réponses aux prières muettes de Neleam, son preux chevalier frontalier, vint la sauver. Bon, ce n’était pas Bjorn, il n’avait de cheval blanc (enfin que, qui sait…) et n’avait pas de heaume (ni même d’armure). Ce n’était même pas un chevalier (un frontalier ! haha, qui l’eut cru) (…Lustucru *va se cacher*)

Tout est-il que lorsqu’Edwin Til’Illan intervint, la situation fut nettement différente.
Ou pas.
Le résultat fut identique, comme si Neleam avait choisi l’option « violence », sauf qu’elle n’y était pour rien.
Un corps gisait donc à terre.

Sauf qu’il ne s’agissait pas du trouble-fête comme elle s’y attendait. Non ce gars-là était juste emprisonné  par une impitoyable clef de fer d’un homme de fer.

En fait, cet homme à terre était...  le Sieur Gil’Sayan.

Celui-ci s’assit, frottant sa mâchoire douloureuse et massant son corps endolori par la chute. Neleam regarda cet homme, qui venait de se convertir en l’invité le plus malchanceux de la soirée. (Tout ça parce qu’il avait donné de l’alcool à Sil’Afian, le Karma ne le laisserait pas en paix)
Neleam regarda le dessinateur par terre et l’air partiellement contrit d’Edwin (oui, partiellement, ce type étant un glaçon, il ne faudrait tout de même pas qu’il enseigne trop de sentiments !). Elle se mordit les lèvres afin de résister à l’envie de rire.
Mais la tentation fût trop forte et elle éclata de rire.

Rire qui s’arrêta net lorsqu’elle remarqua que l’empereur observait la scène à deux pas de là, un air noir sur le visage.

Il semblait hésiter entre regarder Edwin et lui dire de baisser son pantalon là tout de suite pour lui donner une fessée monumentale ou atomiser de son regard impériale l’impertinente qui trouvait ça dôle et qui fichait sa soirée en l’air.
Neleam commençait à se sentir inconfortable.
Heureusement pour elle un individu masqué, tout de noir vêtu sauta pardessus la balustrade et mis fin à son calvaire. L’homme de stature moyenne ne laissa à personne le temps de réagir et se jeta sur l’empereur une dague affilée en main. Enfin il se jeta par terre plutôt que sur l’empereur. Neleam qui venait de tendre son pied laissa tomber un petit « oups !». Elle sourit, heureuse de voir que les plus vieilles techniques étaient souvent les meilleurs.

Mais quelle idée aussi qu’un type passe devant elle avec but de tuer l’empereur. Surtout qu’il ne devait pas savoir où il avait mis les pieds car les personnes les plus dangereuses de l’empire se trouvaient à cette fête.
Un flèche siffla dans l’air et vint se ficher dans le dos du mauvais ninja étalé parterre, aux pieds de Sil’Afian.

Ce fut la panique.

Ils étaient attaqués ! L’empereur fut ramené à l’intérieur de la salle où la sécurité était plus importante et les invités hurlaient et se bousculaient afin de rentrer eux aussi.

Les flèches sifflaient et trouvaient pratiquement toutes une cible. Neleam s’était accroupie derrière la balustrade et observa le mort. Elle ne pourrait rien en tirer. Elle lui arracha la flèche du dos et pris son poignard puis sauta par-dessus la balustrade afin de disparaitre dans le noir. Dans la panique elle avait pu observer trois tireur, dont un qui tirait deux flèches en même temps. Elle devait s’occuper d’eux en premier. Elle ne doutait pas que des hommes doués au corps à corps arriveraient d’ici peu, elle devait les éviter et foncer s’occuper des armes à distances. Elles faisaient énormément de dégâts. Plusieurs nobles gisaient au sol, principalement blessés. Mais leur peau ne vaudrait pas cher lorsque le balcon serait assiégé.
Il fallait qu’elle trouve rapidement ces tireurs d’élite car les grandes fenêtres ne les retiendraient pas. Mais il ne fallait pas non plus négliger les dessinateurs de talents qui étaient dans cette pièce. L’idée de la présence de brouilleurs traversa l’esprit de Neleam, mais elle ne pouvait pas tout faire seule.


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MessageSujet: Re: [QUETE IMPERIALE] Vingt Ans de règne, quelques cheveux gris22.08.15 11:51

    Une grimace semi-désolée se peignit sur le visage du maître d’armes lorsqu’il avisa son ami se redresser en se massant le menton. Et toutes les parties de son corps endolories par sa chute inattendue. Le Frontalier se contenta de répondre à son regard noir par un insolent haussement d’épaules qui signifiait : il est tout de même logique de ne pas te coller à moi quand je joue les videurs. Heureusement pour lui, il ne remarqua pas que l’empereur en personne lui adressait le même regard, il aurait sinon pu songer à cesser de rendre service, puisque lesdits services n’étaient pas appréciés à leur juste valeur.

    Estimant qu’il n’y avait pas là matière à se quereller (Altan ne semblait étrangement pas de cet avis), Edwin reporta son attention sur le type qui grognait toujours, un peu malmené par la douleur qui se répandait de son poignet à son épaule. Il voulait s’enquérir de sa bonne résolution à quitter la soirée mais un son improbable en une telle situation le coupa net dans son élan. Neleam riait à gorge déployée, bientôt rejointe par Salim, Bjorn, et une foule de spectateurs imbibés d’alcool qui n’avaient pas compris ce s’était produit. Neleam fut pourtant la seule à cesser immédiatement de rire. Edwin suivit son regard et en comprit la raison. Sil’Afian la scrutait avec exaspération. Et une petite pointe de colère. Le Frontalier s’assura que le véritable convive à blâmer ne demandait pas son reste avant de le laisser filer, escorté par un garde. Il voulut intercéder auprès de l’empereur, le convaincre que la jeune femme n’y était pour rien, mais le regard dont son ami le couvait lui aussi le dissuada de tenter quelque diplomatie. Pour le moment.

    Il préféra donc se tourner de nouveau vers la demoiselle pour s’assurer qu’elle allait bien, la rumeur des invités commentant l'incident ou dissertant de tout autre sujet ayant mis fin au silence pesant qui s’était resserré autour de la scène. Voyant qu’elle semblait terriblement mal à l’aise, il voulut l’entraîner à l’écart du regard sombre de l’Empereur, mais une silhouette volante atterrit soudainement non loin d’eux. Tous les sens en alerte, Edwin ne mit qu’une fraction de seconde à identifier la menace. Mercenaire. Pas très intelligent a priori. Alors que Neleam étendit une jambe nonchalante à son passage, Edwin avait tendu le bras au niveau de la gorge de l’ennemi qui se précipitait sur l’Empereur si bien que, dans son élan, l’individu se trouva tout d’abord projeté en avant, mais sous le coup de l’avant bras du maître d’armes, bascula en arrière, le souffle coupé en bonus. Le mouvement complet avait été en soi très artistique. Les deux complices n’eurent pas le temps de se congratuler pour cette superbe figure ; bien qu’à bout de souffle, le renégat avait déjà roulé sur le ventre et rampait vers la dague qui lui avait échappée dans sa chute. Dans un « Tut tut tut » de réprimande, Edwin écrasa la main qui s’approchait de l’arme blanche destinée à se ficher dans la personne de l’Empereur (si ce dernier continuait à leur en vouloir après ce sauvetage magistral, c’était à n’y rien comprendre !) et se pencha pour la récupérer. Il la fit tourner entre ses doigts, appréciant la qualité de la lame, lorsqu’un bruit mat se fit entendre, juste à ses pieds. Mais surtout à ceux de l’empereur. Archer.
    Il ne manquait plus que ça.

    Sans perdre une seconde, Edwin leva les yeux vers l’endroit d’où semblait provenir le trait. La panique qui avait gagné la foule, qui le bousculait sans ménagement pour tenter de sauver sa peau, ne l’aidait pas à évaluer la situation de la façon la plus lucide qui soit. Les flèches qui pleuvaient depuis différentes planques non plus. Neleam se dirigeait déjà vers l’un des archers embusqués, enjambant la balustrade comme si elle n’avait pas porté de robe. C’est alors que débarquèrent les assassins. D’un bref sifflement, Edwin avertit ses compagnons. Salim apparut dans son champ de vision, silhouette brouillée par la bousculade des convives qui se ruaient vers la salle, et d’un hochement de tête, lui indiqua qu’il s’occupait des archers. Regrettant son sabre alors que les Mercenaires étaient sur le point de se jeter sur les invités qui n’avaient pas encore atteint l’intérieur, Edwin saisit pleinement la dague qu’il venait de récupérer et se jeta au combat. Malgré sa tenue de soirée, tout son corps dégageait l’aura de danger que des adversaires avisés savaient percevoir. Aura qui trouvait sa pleine expression dans son regard d’acier.

    Il percuta un premier assaillant, épaule en avant, et profitant des trente-six chandelles qui occupaient cette première cible, le délesta de sa dague. Nouveau sifflement, à destination de sa sœur. Dès qu’il eut capté son attention, il fit décrire une courbe parfaite à l’arme qu’il venait de récupérer. Courbe qui se dessina au-dessus de la tête médusée de certains convives. Courbe qui s’acheva précisément à l’endroit souhaité.
    Dans les mains de Siam.

    A défaut d’avoir pu danser avec Ellana, Edwin entama une danse dont il avait bien plus l’habitude.
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