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Sur un simple regard. [Edwin & Ellana]

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MessageSujet: Sur un simple regard. [Edwin & Ellana] Lun 13 Juil 2015 - 1:21

Sur un simple regard.

[Edwin & Ellana]



Sa longue tresse sombre s’agitait au gré des foulées de Murmure. De son bassin, elle épousait le contour de sa selle dans un mouvement harmonieux, en rythme avec le galop de son compagnon. Elle entendait le souffle rauque de ce dernier accompagner le fracas de ses sabots sur le sol. Elle hésita à lâcher les rênes et à étendre ses bras de part et d’autre de son corps, prête à s’enivrer pleinement de ce moment de bonheur et de solitude. Cette tendre amie allait d’ailleurs bientôt de nouveau la quitter, sans qu’elle ne ressente pour autant la moindre déception au creux de son cœur. Seule, une pointe de précipitation imprégnait chacun de ses mouvements. Elle avait hâte. Hâte de retrouver ces deux êtres qui lui étaient si chers. Hâte de sentir la chaleur de la respiration d’Edwin sur sa peau et d’apercevoir l’adorable sourire de son enfant. Elle s’imaginait déjà serrer entre ses doigts les joues joufflues de Destan, créant sans aucun doute chez lui l’un de ces éclats de rire dont elle raffolait. Un sourire étira ses lèvres. D’ici quelques kilomètres, elle retrouverait tout cela.

Elle finit par se redresser et, de son mouvement d’épaule, invita sa monture à ralentir la cadence. Le souffle court, elle guida l’ébène d’une main douce au travers des arbres. Son pas sûr ne faiblit pas malgré l’absence de chemin. Elle finit par trouver l’orée du bois et, tirant légèrement sur les rênes, immobilisa Murmure. Sous ses yeux émerveillés, telle une souveraine, la Citadelle se dévoilait.

Elle souleva légèrement la capuche de son manteau de fourrure et promena ses sombres iris sur le paysage qui l’entourait. Le silence de l’endroit était trompeur et elle en était pleinement consciente. A ses pieds, de longues plaines d’un blanc immaculé s’étendaient à perte de vue jusqu’aux fondations de l’antre des Frontaliers. De ses hautes murailles de pierre grise, elle surplombait le paysage alentour et l’écrasait de sa puissance. Même les Frontières de glace, pourtant colossales, ne parvenaient pas à outrepasser sa grandeur. Le cœur de la marchombre s’accéléra, palpitation intense au creux de sa poitrine. Des volutes de fumées s’échappaient de ses lèvres entrouvertes et elle pouvait sentir le picotement entre ses doigts sous l’effet du froid ambiant. L’hiver avait beau s’être enfui du reste du continent, il ne pouvait se résoudre à abandonner le Nord. Et cela l’enchantait.

Les secousses des flancs de l’ébène se firent moins rapprochées et, d’un claquement de langue, elle l’invita à avancer. Murmure s’élança sans hésiter dans un trot ample et pressé, en désaccord parfait avec sa faible taille. Il parcourut rapidement les quelques centaines de mètres qui les séparaient de l’entrée de la cité. Trois gardes surveillaient les allées et venues des Frontaliers et, voyant la cavalière approcher, l’un d’entre eux s’avança. D’un geste de la main, aussi ferme qu’indicatif, il lui ordonna de s’arrêter. Sous sa capuche, la marchombre haussa un sourcil amusé.

« Identifiez-vous. »

L’ordre était clair, concis, et n’admettait aucune contradiction. Le sérieux du jeune Frontalier était tel qu’elle manqua d’éclater de rire. Elle avait beau être venue ici plusieurs fois et respecter plus qu’il n’était possible de l’avouer ces combattants hors pairs, elle ne s’habituerait sans doute jamais à la rigidité de leur façon d’être. Enfin, presque. L’un d’entre eux marquait l’exception à la règle. Plutôt que de laisser son nom s’échapper dans l’air glacial, la jeune femme dégagea les traits de son visage de la pénombre, dévoilant son identité. Le jeune Frontalier blêmit et se confondit en excuse qu’elle entendit à peine.

« Veuillez m’excuser, Madame, balbutia-t-il. Je ne vous avais pas reconnue. »

Elle lui adressa un sourire rassurant. Il était encore jeune et venait sans doute de terminer son entraînement. Elle comprenait l’importance qu’il pouvait donner à son nouveau statut de garde et aux valeurs de son peuple ; peuple qui avait d’ailleurs le goût du travail bien fait. Le Frontalier s’écarta avec une véhémence qui ne l’atteignit pas. Sans un mot, elle talonna légèrement sa monture et s’engouffra au cœur de la Citadelle.

Tout dans cette ville trahissait l’amour inaltérable que ses habitants portaient à l’organisation, jusqu’aux rues tracées parfaitement droites. Les bâtisses qui les bordaient étaient faites de composites plus clairs que la pierre des hautes murailles qui entouraient la cité. La jeune femme prit le temps de détailler chaque porte et rebord de fenêtres, s’attardant sur ceux dont les couleurs plus vives tranchaient avec la sobriété de la cité. Tandis qu’elle s’enfonçait vers le cœur de la Citadelle, les premières marques de reconnaissance parvinrent jusqu’à elle. Sur son passage, certaines femmes s’intriguaient à voix basse ; des Frontaliers, en découvrant son identité, inclinaient la tête dans un salut respectueux. Elle leur répondait, les yeux brillants, les joues légèrement rosies par le froid de ce début de journée. Et, toujours, ce sourire malicieux flottant sur ses lèvres pourpres.

Elle atteignit finalement son but. D’un geste souple, elle passa sa jambe droite par-dessus l’encolure de Murmure et se laissa glisser au sol. Elle s’empara des rênes de l’ébène et les déposa dans les mains du garçon d’écurie qui avait couru à sa rencontre. Après s’être assurée que sa monture ne manquerait de rien, elle poussa la lourde porte de bois sombre derrière laquelle se dissimulaient les salles du conseil et les appartements des hauts gradés. Ses pas la menèrent vers une sorte de bureau derrière laquelle était installée une jeune fille blonde. Perdue dans ses occupations, elle ne remarqua la marchombre qu’au dernier moment. Ses yeux s’arrondirent de stupeur et elle s’activa immédiatement, comme piquée par une guêpe.

« Madame Caldin ? Nous ne vous attendions pas aujourd’hui. Voulez-vous que je prévienne le Seigneur Til’Illian de votre arrivée ? »

Elle retint de justesse un soupir résigné. Hormis Aoro, rares étaient les personnes à utiliser ce titre de politesse pour s’adresser à elle. Paraissait-elle si âgée que cela ? La marchombre chassa d’un geste de la main l’impertinente question. Elle fit disparaître de son visage le semblant de mécontentement qui s’y était installé et, devant la mine inquiète de la jeune fille, s’adoucit.

« Ce ne sera pas nécessaire. Edwin n’est pas au courant de ma venue, lui non plus. Disons que ce sera notre petit secret. »


Elle lui adressa un clin d’œil amusé et s’éloigna sans attendre une quelconque réaction de sa part. Ombre silencieuse, elle évita soigneusement les gardes et s’immisça dans l’un des appartements. La pièce principale de ce dernier était grande et bien décorée. En son centre, un canapé de cuir beige venait se poser aux côtés d’une table basse faite de bois sombre. Elle ne s’attarda pas et vint se placer non loin de la fenêtre. Elle en profita pour admirer la vue. Il lui démangeait de visiter les autres pièces et de s’imprégner un peu plus de l’endroit mais elle se retint, consciente que la gloire de sa solitude touchait à sa fin.

La poignée se mit en mouvement et la marchombre se glissa dans la pénombre, aux aguets. Lorsque le Frontalier dépassa le seuil de la porte, elle s’élança, véritable fauve plongeant sur sa proie. Elle s’agrippa à son cou en riant, profitant de sa surprise pour lui voler un rapide baiser. Déjà, elle s’éloignait de lui, en feu follet qu’elle était. Elle lui adressa un sourire enjôleur et, brusquement, disparut dans la pièce d’à côté. Elle ne pouvait plus retenir son rire, qui caressait les murs de sa douce mélodie. La lueur qui illuminait son regard ne pouvait laisser quiconque se leurrer : Ellana était heureuse. Profondément heureuse.
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MessageSujet: Re: Sur un simple regard. [Edwin & Ellana] Lun 13 Juil 2015 - 14:47

    La salle du conseil se vida rapidement. Les dernières nouvelles n’en étaient pas vraiment, si bien que le soleil n’était pas bien haut dans le ciel quand Edwin quitta sa place à la tête de l’imposante table autour de laquelle se tenaient les réunions. Les nouvelles apportées au conseil n’en restaient pas moins préoccupantes : s’il se dirigeait désormais vers ses appartements, son esprit restait accaparé par celles-ci. Sur son trajet, il remarqua néanmoins l’attitude étrange de la Frontalière chargée de la permanence pendant le conseil. Elle le regardait curieusement, la bouche fendue d’un sourire, mais lorsqu’il s’approcha pour lui demander ce qui la mettait de si bonne humeur en cette heure matinale, elle se replongea précipitamment dans son travail, lui déclarant qu’elle n’avait aucune information à lui transmettre. Les yeux du maître d’armes se plissèrent avec suspicion mais, peu enclin à insister, il la salua et emprunta une série de couloirs pour accéder à l’aile privée où il résidait. L’attendrissement chassa momentanément les soucis de la Citadelle lorsqu’il se demanda si son fils serait réveillé à son arrivée. C’est sur cette pensée qu’il poussa la porte de son appartement.

    Refermant la porte dans son dos, il eut à peine le temps de sentir une présence familière dans la pièce qu’il dut reculer d’un pas sous l’assaut de l’étreinte de la femme qu’il avait espéré retrouver le plus vite possible. Un large sourire étira ses lèvres, mais avant qu’il n’ait pu refermer ses bras autour d’elle et lui rendre son baiser, Ellana lui avait échappé. Ses yeux gris étincelèrent de malice dans la faible lumière de ce début nuageux de journée alors que, parfaitement immobile malgré son envie de la rejoindre, il avisait la marchombre qui se tenait déjà à l’autre bout de la pièce. Ils ne s’étaient jaugés qu’une poignée de secondes ; déjà la silhouette féline avait disparu dans la pièce voisine, laissant dans son sillage un délicieux parfum et un rire cristallin qui réchauffaient considérablement la pièce.
    Et toutes les fibres du Frontalier.

    Derrière une apparente nonchalance – alors que tous ses muscles, comme animés d’une volonté propre, semblaient l’enjoindre à courir jusqu’à elle – Edwin se glissa à son tour dans la pièce qui lui servait de bibliothèque. Les lourds rideaux qui encadraient l’unique fenêtre de la pièce empêchaient la lumière du jour croissant de passer et plongeaient l’environnement dans une épaisse obscurité, que seule la luminosité provenant de la pièce principale parvenait à chasser à travers l’encadrement de la porte. Edwin n’attendit pas que ses yeux se soient habitués à l’obscurité ; ses autres sens lui suffisaient amplement. A peine arrivé au centre de la pièce, il fit brusquement volte-face pour capturer les lèvres de celle qui avait lâchement tenté de l’attaquer dans son dos. Puis aussi vite qu’il avait répliqué, il se détacha d’elle, bien qu’il ressentît ce simple mouvement comme une déchirure. Un sourire mutin étirait la commissure de ses lèvres, mais la pénombre dans laquelle ils se trouvaient ne permettait pas de le rendre visible. Les quelques millimètres qui séparaient leurs visages lui permirent en revanche d’entendre clairement leur rythme cardiaque s’affoler. Jusqu’à la respiration d’Ellana, malmenée par l’effleurement du visage du Frontalier le long de son cou. Chatouillé par la fourrure qui ornait la capuche de son manteau, il s’enivra de son parfum, se faisant violence pour ne pas céder à la tentation de déposer sur sa peau un baiser brûlant. Il ne lui laissa toutefois pas le bénéfice de la prochaine offensive : il reculait déjà avec un ostensible détachement, jusqu’à la pièce suivante.
    Ombre parmi les ombres, il entra à reculons dans la petite pièce qui constituait son bureau.
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MessageSujet: Re: Sur un simple regard. [Edwin & Ellana] Lun 13 Juil 2015 - 23:58

L’obscurité la happa avant même qu’elle n’entre dans la pièce. Oiseau gracile, Ellana s’approcha en quelques pas de la bibliothèque attenant au mur du fond. Ses doigts vagabondèrent le long des couvertures des livres, appréciant le contact avec le cuir vieilli par les années. Si son rire s’était amenuisé, son sourire enfantin, pour sa part, restait indubitablement accroché à son visage. Elle porta son regard de braise vers l’encadrement de la porte, attentive au moindre mouvement. Son ouïe lui apporta l’information manquante ; le Frontalier approchait. L’être redevint ombre et, d’un geste, parvint à fuir la lumière invasive qui émanait de la pièce principale. Le guerrier, rendu aveugle par la pénombre, avança jusqu’au centre de la pièce. En son for intérieur, la marchombre riait encore de la surprise qui avait peint ses traits quelques instants auparavant. Il l’entendait et la devinait, elle en était persuadée. Il ne fallut pas longtemps à la jeune femme pour prendre une décision ; elle plia les genoux et s’élança d’un bond agile jusqu’au dos d’Edwin.

Les secondes s’éternisaient. Elle s’apprêtait à effleurer son dos lorsque, d’un mouvement flou, le Frontalier se mit face à elle et s’empara de ses lèvres. L’ardeur de leurs effusions la fit frissonner. Elle insuffla dans ce baiser le mélange d’émotions qui bouillonnaient en elle, tant dans son cœur que dans son corps. Tout en elle lui criait de s’abandonner à cette étreinte charnelle et, à présent impatiente, elle se pressa contre le corps de son partenaire. L’utopie ne dura pas. Edwin s’éloigna d’elle dans ce qui lui parut être une insupportable rupture. Elle devinait l’amusement sur son visage, même sans le distinguer. Il était là. Si proche et à la fois si loin. Le souffle du Frontalier sur son visage manqua de causer sa perte. Saisissant toute la volonté qu’il lui restait, Ellana se força à ne pas céder à la tentation que causait sa proximité. Les palpitations de son cœur se firent plus rapides et, dans le silence de la bibliothèque, elle constata qu’il n’était pas le seul à s’alarmer. De véritables tambourinements claquaient à présent dans sa poitrine à un rythme soutenu, faible écho de l’étendue des sentiments qu’elle aurait souhaité lui montrer. Sa respiration se fit plus courte lorsqu’il effleura son cou de la douceur de sa joue. Elle l’entendit inspirer profondément et pressentit qu’il se délecterait de son parfum. Son sourire s’élargit. Alors qu’elle s’apprêtait à réagir à cet affront, il se détacha d’elle et entra en reculant dans la pièce annexe, la laissant seule et avide. Brûlante et dévorante.


Elle tenta de calmer l’agitation de son cœur, bouleversé par l’intensité de leurs retrouvailles. Tandis qu’elle s’avançait à la suite d’Edwin d’un pas déterminé, elle monta ses doigts jusqu’à son cou et, d’un geste sec, détacha le manteau. La fourrure vint s’écrouler sur le sol dans un chuintement feutré, seule témoin de leur excès de tendresse. Elle dépassa le seuil de la porte, le bruit de ses pas étouffé par un épais tapis. Il était tout près. A un mètre sur sa droite. Elle entendait son souffle saccadé s’échapper de ses lèvres entrouvertes. La pulsion la saisit en pleine figure et elle eut du mal à y résister. A pas lents, elle contourna son compagnon, donnant à ses doigts la possibilité d’effleurer le creux de son ventre. Elle s’immobilisa à côté de lui et, langoureusement, laissa sa main remonter jusqu’à son visage. Elle en caressa les traits, dans une danse lancinante qu’elle s’étonnait de supporter. Mais à la simple pensée d’Edwin combattant l’envie de s’emparer d’elle, Ellana ralentit encore la cadence. Douceur et volupté. Lenteur et désir. Elle approcha sa bouche de l’oreille du Frontalier et la toucha du bout des lèvres. La chaleur de son souffle s’y répandit telle une promesse. Trop loin pour qu’il puisse s’accaparer son corps. Trop près pour qu’il tente de s’en défaire. Brusquement, elle rompit le contact entre ses doigts et la peau de son amant et s’éloigna d’un pas. Une flamme dense brillait au fond de ses sombres iris, que la pénombre rendait invisible. Avant qu’il ne puisse réagir, elle s’envola. La marchombre sortit du bureau, traversa la bibliothèque et s’enfonça dans la pièce suivante.

La lumière, bien que tamisée, éblouit la jeune femme. Elle cligna plusieurs fois des yeux puis, contournant les jouets éparpillés au sol, s’approcha du lit. Un enfant y dormait à poings fermés, perdu dans la mansuétude de ses rêves. La marchombre caressa du bout des doigts les joues rosies du garçon, les laissant s’égarer dans la chevelure ébène qui trônait en haut de son crâne, encore toute ébouriffée. La tendresse déferlait dans le corps d’Ellana sans qu’elle ne tente de la retenir, et elle ressentit pour ce petit être le même élan d’amour qui la saisissait à chaque fois qu’elle posait ses yeux sur lui. Celui, incomparable et inconditionnel, d’une mère pour son enfant.

Edwin l’avait suivie. Elle détacha son regard de Destan endormi et, posant un doigt sur ses lèvres, indiqua au Frontalier que la partie n’était pas terminée. Un sourire vint s’ajouter à l’amusement de ses prunelles juste avant qu’elle ne s’échappe une nouvelle fois. Sans attendre de voir la réaction de son compagnon, Ellana quitta la chambre de Destan pour la leur.
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MessageSujet: Re: Sur un simple regard. [Edwin & Ellana] Mar 14 Juil 2015 - 12:33

    Immobile et les yeux clos, le Frontalier sentit sa compagne franchir le seuil du bureau. Elle n’hésita pas une seule seconde, ses pas la menèrent directement à lui. Elle semblait toutefois décidée à lui faire payer son affront. Avant qu’il n’ait pu complètement tendre le bras pour la retenir à ses côtés, alors qu’elle faisait mine de passer près de lui en l’ignorant superbement, elle s’était arrêtée d’elle-même. Son propre bras resta en suspens, frôlant la hanche qu’il avait failli atteindre, lorsque le contact de la Marchombre sur son ventre le figea dans son mouvement. Electrisé de la tête aux pieds, il ne put que tourner la tête vers elle, tentant vainement d’accrocher son regard dans cette obscurité quasi absolue. Puis dans un curieux mélange de douceur et de cruauté, la main d’Ellana se coula jusqu’à sa joue, en glissant le long de son torse tout en y dessinant une ligne de feu telle qu’il dut bloquer sa respiration pour réprimer le frisson qui menaçait son échine. Contrairement aux caresses qui se faisaient plus lentes et plus appuyées, la respiration du Frontalier s’accéléra. Si leurs deux cœurs semblaient faire la course, il était désormais le seul à avoir un souffle aussi saccadé. Et il savait parfaitement qu’Elle s’en réjouissait. Il ne bougea toujours pas, tentant de retrouver une certaine cohérence dans ses pensées pour reprendre l’avantage dans ce jeu à la fois insoutenable et délicieux. Elle le rendait fou, et les années n’avaient aucun impact sur le pouvoir qu’elle exerçait sur lui. Elle se rapprocha ensuite de son flanc pour se hisser jusqu’à son oreille, mais restait assez en retrait pour qu’il ne puisse mener la prochaine offensive. Le baiser qui effleura son oreille abattit les dernières défenses de sa patience.

    Dans un ensemble parfait, elle recula d’un pas en rompant le contact avec sa joue alors qu’il se tournait pour lui faire face et combler par la même occasion l’insupportable distance qui séparait leurs deux corps. Elle lui échappa une fois de plus. Interdit, il se mordit quelques secondes l’intérieur de la joue, attendant de retrouver un rythme cardiaque et respiratoire acceptable. Il traversa ensuite à son tour la bibliothèque, enjambant le manteau de fourrure qui trônait au beau milieu du passage, et arriva dans la pièce principale, dans laquelle elle avait déclenché les hostilités. Il ne mit pas longtemps à la retrouver, attendrie devant le lit de leur enfant. Il se glissa sans un bruit dans la pièce, luttant contre son besoin de se glisser derrière elle et de l’enlacer, comme il avait l’habitude de le faire toutes fois qu’ils s’étaient abandonnés à contempler leur ange dormir.

    Momentanément rassasiée de la présence de Destan, Ellana se tourna vers lui, et il lut dans son regard, et dans son corps tout entier, que cet instant n’avait été qu’une trêve. Juste avant qu’elle ne se montrât plus explicite en posant un doigt sur ses lèvres et en s’échappant de nouveau de son champ de vision.

    Edwin posa un dernier regard attendri sur le garçonnet endormi avant de quitter la pièce et de refermer la pièce dans la plus grande discrétion.
    Puisqu’il ne leur restait qu’une pièce à visiter…

    *

    Le Frontalier referma la porte derrière lui, juste à temps pour se retourner et refermer ses deux bras autour de la Marchombre, une fraction de seconde avant l’impact. Bien décidé à ne plus la laisser lui échapper, il prit possession de ses lèvres avec une fougue démultipliée par l’attente. Lorsqu’ils ne purent faire autrement que de reprendre leur souffle, il plongea son regard embrasé dans les prunelles sombres d’Ellana, sans pour autant desserrer son étreinte, avant de lui demander dans un souffle :

    - Fini de jouer ?

    Comme pour couronner leurs retrouvailles, un rayon ocre perça les nuages et se glissa à travers la vitre à l’endroit où les rideaux se rapprochaient sans se rejoindre, nimbant les deux amants d’une lumière dorée.

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MessageSujet: Re: Sur un simple regard. [Edwin & Ellana] Jeu 16 Juil 2015 - 19:46

Les rideaux, de longs voilages presque transparents, laissaient filtrer la lumière dorée du soleil, donnant à la chambre un aspect chaleureux. En son centre trônait un lit double qui l’attirait immanquablement, tel un aimant. Elle aurait aimé se plonger dans les draps nacrés et s’endormir d’un sommeil paisible, seulement bercée par les caresses d’Edwin dans son dos. Ellana ne s’était avancée que de quelques pas dans la pièce, ce qui lui permit d’entendre l’instant précis où il lui fallait agir. D’un saut élégant, elle quitta l’endroit où elle se trouvait pour atterrir directement dans les bras du Frontalier. La marchombre sentit dans le baiser qu’il lui offrit tout l’empressement et l’ampleur de ses sentiments. Il s’était langui d’elle, apparemment ; et elle adorait ça.

Mais il aurait été prétentieux d’affirmer que l’inverse n’était pas vrai également. Durant son voyage, dans chacun de ses pas, elle avait ressenti son absence sous la forme d’un picotement. D’abord infime, ce dernier s’était fait de plus au plus imposant au fil des jours, l’amenant par la suite à retrouver le chemin vers le Nord et la Citadelle. Il lui avait manqué. Indéniablement. Lui, son souffle chaud, ses prunelles argentés, le trait soucieux qui barrait son visage lorsqu’il entrait dans son rôle de Seigneur des Marches du Nord, mais aussi le sourire radieux qui illuminait ses traits lorsqu’il l’apercevait. Sans compter l’attendrissement qui emplissait son regard lorsqu’il s’arrêtait sur Destan. Tout lui avait manqué. Aussi, Ellana s’abandonna à ce baiser, le laissant se parer de l’étendue des émotions qui la submergeaient en cet instant. Elle ouvrit son cœur et son âme à Edwin, lui offrant ainsi la possibilité de s’immerger en elle et, en un geste, d’apposer ses lèvres sur le contour de ses envies. Ses poumons lui parurent soudainement bien vides ; Perdue dans les effluves de leur tendresse, elle en avait oublié de respirer.

Edwin se redressa lentement, ce simple mouvement semblant lui demander un effort surhumain qu’elle comprenait mieux que quiconque. Il plongea son regard brûlant dans le sien et elle chancela, vaguement étourdie. Elle ne dut qu’à l’étau de ses bras de se maintenir sur ses deux jambes. Elle inspira profondément, sentant immédiatement le bienfait de l’oxygène sur chacun de ses muscles, et n’entendit que le lointain écho des paroles du Frontalier.

« Fini de jouer ? »


Le doux halo du soleil vint se joindre à leur étreinte, achevant de donner au spectacle son aspect irréel. Un sourire se dessina sur les lèvres d’Ellana. Amusé. Complice. Prometteur. Le feu ardent de ses prunelles ne cessait plus de s’enivrer de l’image que son compagnon lui donnait. Elle posa le pourpre de ses lèvres sur celle d’Edwin et, accompagnant son mouvement d’un rire léger, tournoya dans ses bras pour se défaire de lui dans un premier temps. Alors qu’elle s’éloignait de son souffle embrasé, la marchombre attrapa dans son envolée les doigts d’Edwin, les emprisonnant entre ses phalanges. Elle l’attira vers le lit, ne contredisant plus la puissance incontestée que ce dernier avait sur elle et, sur cet air sournois qu’elle appréciait tant, adressa ces quelques mots au Frontalier.

« Pas encore. »


Puis, après avoir bandé les muscles de son bras droit, elle l’amena auprès d’elle et ils tombèrent ensemble sur le lit, rieurs et plus amoureux que jamais.

**********

Il semblait si apaisé. Perdue dans la contemplation de son enfant, Ellana laissait filer le cours de ses pensées sans tenter de le retenir de quelque façon que ce soit. D’un geste tendre, elle passa un doigt sur la joue de Destan, frissonnant en sentant le velouté de sa peau. Il dormait d’un sommeil paisible et elle se prit à essayer d’imaginer la beauté des rêves qui le composaient. Elle finit par cesser de le toucher, de crainte de le réveiller. Déjà, le petit garçon commençait à s’agiter, émergeant de sa douce torpeur. Encore engourdi, il mit un certain temps à s’éveiller totalement. Il cligna plusieurs fois des yeux et, désorienté, promena son regard autour de lui au hasard ; jusqu’à ce qu’il plante ses prunelles – d’un gris acier qui évoquait sans conteste celles de son père – dans celles d’Ellana.
Le cœur de la marchombre rata un battement puis, l’émotion passée, se mit à palpiter de façon incontrôlée. Un sourire à la fois ravi et étonné vint s’accrocher au visage de Destan lorsqu’il la reconnut. Il se redressa rapidement et, tendant ses petits bras potelés dans sa direction, se mit à gazouiller joyeusement.

« Maman ! »


Ellana éclata de rire et s’empara de son ange. Elle le serra contre sa poitrine, tentant en vain de ne pas céder à la bouffée de tendresse qui menaçait de s’effondrer sur elle. Elle enfouit sa tête dans le cou de l’enfant et souffla bruyamment, lui tirant une exclamation ravie. Un seul mot, cinq lettres, tout un monde pour elle comme pour lui. Elle n’entendit pas Edwin s’approcher cette fois, mais ne fut pas surprise de sentir la chaleur de ses bras les envelopper de leur cocon protecteur. Rayonnante, Ellana ferma les yeux. Elle pouvait enfin savourer pleinement le bonheur de leur réunion improvisée.
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MessageSujet: Re: Sur un simple regard. [Edwin & Ellana] Jeu 6 Aoû 2015 - 21:13

    - Il faut que j’y retourne, lâcha-t-il dans un souffle, comme si prononcer ces mots à haute voix n’allait rendre que plus inéluctable son énoncé.

    Il sentit le corps de la jeune femme se raidir imperceptiblement contre lui en réaction à cette annonce.
    Il avait profité du fait que la réunion au conseil ait été écourtée pour faire un détour par ses quartiers, simplement pour s’enquérir du réveil de son fils. Ce léger détour s’étant éternisé sans qu’il n’ait eu la force d’y résister, il se devait maintenant de retourner au travail. Retenant un soupir résigné, il serra une dernière fois la marchombre dans ses bras, enfouissant son visage dans ses cheveux qu’elle avait maintenant laissé flotter librement sur ses épaules, avant de se séparer d’elle dans ce qui lui sembla être une profonde déchirure. Après avoir embrassé son fils sur le front, il sortit de l’appartement, prenant soin de ne pas regarder par-dessus son épaule.

    Car poser son regard sur ces deux êtres qui lui étaient plus chers que tout au monde compromettrait grandement sa capacité à se remettre au travail.




    - J’ai reçu un message du seigneur d’Al-Far…

    Le Frontalier marqua une courte pause. Il n’avait jamais été adroit pour annoncer les choses, trop habitué à donner des ordres qui n’engageaient aucune discussion. Aussi s’installa-t-il plus confortablement dans son fauteuil, bien calé contre le dossier et les jambes croisées. Car il savait que ce qu’il avait à annoncer n’allait pas particulièrement plaire à Ellana.

    - Il voudrait que je le retrouve au plus vite.

    Devant l’air étonné de la marchombre, il ajouta avec un demi-sourire qui manquait de conviction :

    - Mission confidentielle.


    Son sourire s’esquissa un peu plus franchement sur ses lèvres devant la mine orageuse de sa compagne, peu encline à supporter le moindre mystère de sa part, avant qu’il ne retrouve l’air sérieux qu’il arborait dès qu’il s’agissait de ses responsabilités.

    - Il n’a pas voulu me laisser plus d’informations avant de me rencontrer, je n’en sais donc pas plus que toi.

    L’ombre de la contrariété prit possession de ses traits. Elle était à peine rentrée qu’il devait déjà s’échapper. C’était à croire que la Dame se moquait éperdument de lui. Le silence qui lui répondait le fit sortir de sa réflexion pour tenter de lire quelle réaction animerait Ellana. Mâchoires serrées, les épaules nouées par le poids de ce déplacement importun alors qu’il n’aspirait qu’à profiter de sa famille, il chercha des yeux le regard de la jeune femme. Le mélange d’émotions qu’il décela dans ses iris d’encre abattit les faibles défenses de l’impassibilité qu’il affectait, alors que lui-même n’était qu’un vaste bouillon de pensées grises.

    Se levant brusquement, il traversa la pièce pour aller s’appuyer contre l’encadrement de l’une des fenêtres qui jalonnaient le mur principal, incapable de trouver la bonne attitude à adopter face à tant de sentiments contradictoires. Il n’y avait pas à tergiverser de toute façon, il n’avait pas le choix. C’était justement cette vérité criante qui tendait tous ses muscles, alors que tout son être désirait rester ici. Avec Elle. Avec Destan.
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MessageSujet: Re: Sur un simple regard. [Edwin & Ellana] Mer 11 Nov 2015 - 16:29

Efflorescence.

Subtil, le mot s’envole et, murmure volatile, frôle le creux de ses reins. Il l’effleure, l’attire, l’enivre puis subitement s’éloigne, ne laissant au demeurant qu’un frisson insupportable. Sournois, il s’esquive encore lorsque, d’un geste hasardeux, elle tente de se l’approprier ; peut-elle à ce point se leurrer ? Plus que jamais, c’est lui qui la possède. Un soupir s’échappe de ses lèvres entrouvertes et lentement, Ellana substitue au monde l’ardeur de son regard. Attentive, elle se doit d’être attentive. Le souffle chaud qui parcourt sa nuque manque un instant de la perdre mais, en combattante chevronnée, elle refuse de se laisser distraire. Peu importe le baiser qui caresse tendrement son épaule, peu importe la main qui, l’espace d’une seconde, s’empare de ses hanches ; peu importe la bouche d’Edwin, toujours plus pressante sur sa chevelure, peu importe…

Oh, et puis zut.


D’un unique mouvement, Ellana se retourne et s’empare des lèvres de son amant. La passion la consume et se joue d’elle comme une vieille amie ; à chaque fois qu’elle tente de lui échapper, cette dernière la retient entre ses mains fiévreuses, avide de la voir une fois encore succomber. Pourrait-elle un jour contenir la puissance effrayante du désir qu’elle éprouve pour cet homme ?

Il y a deux réponses à cette question, celle du savant et celle du poète. Laquelle veux-tu en premier ?


Un sourire ourle la commissure de ses lèvres face à cette douce pensée. Lentement, elle s’éloigne de la source de son affliction – oui, le terme lui parait parfaitement approprié à la situation – pour mieux se lover entre ses bras. Le contact avec la musculature saillante du Frontalier l’apaise légèrement. De nouveau, elle se plonge dans la contemplation de la chambre de l’appartement, laissant glisser le flot tumultueux de ses pensées le long des voilages qui se balancent négligemment, suspendus à l’unique fenêtre de la pièce. Le trouble qui jusqu’alors s’emparait de son être s’estompe, la délivrant ainsi de cette sensation qu’elle n’aurait su expliquer. Comme si… Comme si quelque chose s’apprêtait à lui déplaire.

« Il faut que j’y retourne. »


Tressaillement. Déjà, la quintessence de ces moments de bonheur n’est plus. Envolés, la douceur de leur étreinte. Égarée, l’exaltation de leurs retrouvailles. Ne subsiste que l’amertume de ces quelques paroles, soigneusement choisies pour ne pas la brusquer. Peine perdue ; sans le moindre état d’âme, la phrase de son compagnon achève de balayer les derniers éclats de leur effervescence. Sur un dernier geste de tendresse, Edwin s’éloigne alors et en son cœur, Ellana sent son efflorescence s’effacer. A peine éclose, la fleur fragile n’a-t-elle d’autre choix que de faner ? Soupirante, la marchombre se dégage de la tiédeur des draps et pénètre dans la chambre de Destan. Appuyée sur le bord du lit, elle observe les rondeurs de son enfant dans une tendresse qu’elle ne cherche plus à dissimuler. Doucement, elle caresse les joues rosies de son petit garçon et, lorsque s’ouvre sur elle ce regard gris pénétrant, se noie volontiers au cœur de ces prunelles. Jamais elle n’aurait imaginé sa vie ainsi. Et pourtant, elle ne l’échangerait pour rien au monde.

*


Cœur de velours sur trame d’harmonie, qui toujours sous ce caractère impétueux ondule et s’étire, patiente et éclate. La colère qu’elle sent en son sein n’a de cesse de la tourmenter. De moqueuse, elle se meut perfide lorsqu’elle abat de son tranchant l’entièreté de sa puissance sur la jeune femme. Ellana se mordille la lèvre, accusant le coup. Silencieuse, elle se contente d’observer son compagnon et, si son corps demeure immobile, la tempête qui s’amoncelle dans son regard n’augure rien de bon. Les paroles du Frontalier s’entrechoquent encore dans son esprit, l’agaçant toujours plus.

« J’ai reçu un message du Seigneur d’Al-Far… Mission confidentielle. Il n’a pas voulu me laisser plus d’informations avant de me rencontrer, je n’en sais donc pas plus que toi. »


La contrariété de la marchombre semble hésiter lorsqu’elle perçoit le trouble d’Edwin. Malgré le sourire qu’il lui a offert quelques instants plus tôt, il ne parait pas ravi de voir leurs retrouvailles se terminer aussi tôt. Une idée effleure la jeune femme et, sans qu’elle n’ait réellement besoin de la saisir, cette dernière s’impose naturellement à elle. Tandis qu’elle suit des yeux la traversée de la chambre de son amant, les prémices de son plan d’action se mettent en place. Jamais Edwin ne la laisserait partir avec lui. A moins que… A moins qu’elle ne lui montre tous les bienfaits d’une mission en duo.


De nouveau, un sourire amusé vient se peindre sur son visage. Elle n’aurait aucun mal à trouver à la Citadelle quelqu’un de confiance qui s’occuperait de Destan le temps de leur absence. Et puis, il y a bien longtemps qu’ils ne se sont pas retrouvés un peu seul. Quoi de mieux qu’un petit voyage pour rectifier cela ? Dans un souffle, Ellana s’approche de son amant par quelques pas en demi-mouche. Du bout des doigts, elle dessine le long de son dos quelques esquisses qui n’appartiennent qu’à elle. Et, toujours, elle rassure et apaise. L’ombre de son âme n’est plus. Le sourire qui étire ses lèvres s’accentue tandis qu’elle réduit à néant la distance qui les sépare encore ; et si Edwin ne peut le voir, elle sait qu’il est en mesure de deviner sa joie qui, à elle seule, éblouirait la pièce toute entière.

Ignorant le corps tendu du Frontalier collé contre elle, la marchombre approche sa bouche de l’oreille de son compagnon et, enchanteresse, susurre ces quelques mots.

« Il me tarde de connaître les explications de sa Seigneurie. »


Si la gaieté empreint chacun de ses gestes, le ton de sa voix, lui, demeure inflexible. Sans laisser le temps à Edwin de répliquer, Ellana virevolte et, implacable, scelle ses lèvres aux siennes dans un baiser brûlant. Elle ne peut se résoudre à le laisser s’envoler maintenant. Et si cela implique de devoir le suivre dans l’une de ses missions, qu’importe ! Il s’agit d’un prix plus que raisonnable à payer. Elle se détache un instant de lui et vrille l’ébène de ses iris dans ceux d’Edwin. Qu’y lit-il ? De la détermination ? De la sauvagerie ? Ou, plus encore, devine-t-il cet irrésistible élan d’envie qui depuis toujours l’anime ? Un éclat de rire se perd dans la quiétude de la chambre. Malicieuse, la jeune femme dévisage quelques secondes encore ces traits qu’elle ne se lasse pas de redécouvrir avant de murmurer :

« Qu’attendons-nous ? »


Tendrement, elle dépose sur la joue du Frontalier un baiser léger comme une plume et, résistant à ce désir toujours plus violent de le déshabiller tout entier, s’éloigne enfin de lui. Radieuse, elle se glisse dans la chambre de Destan, laissant derrière elle l’image d’un Edwin médusé mais surtout… Vaincu.
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Sur un simple regard. [Edwin & Ellana]

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