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Lorsque rien ne reste

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Terrien__Membre
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MessageSujet: Lorsque rien ne reste Ven 10 Mar 2017 - 10:25



Lorsque rien ne reste
"-La mort est un cadeau.
-Et mon poing dans ta gueule une caresse ?"

Music




Ses ongles étaient incrustés de terre et elle ne parvenait plus à différencier les larmes de la sueur qui recouvrait son visage. Elle s’était réveillée sur la branche, avait chutée sous la violence de la réalité. Elle ne devait une nuque en place qu’à son agilité, et à la branche plus basse. Elle s’y était hissé, avait tenté en vain de calmer son souffle. Elle avait pris une seconde, sur cette branche. Elle avait fermé les yeux. Elle avait interrompu, le temps d’une pensée, le flux incontrôlé d’air qui traversait sa gorge sans jamais atteindre ses poumons. Mais bien vite, trop vite, le sang, le visage blanc et la flamme volante s’étaient frayés un chemin sous ses paupières et avaient envahi son esprit. Une larme perla alors, au coin de son œil. Une larme de colère, d’incompréhension, de tristesse, d’infinie détresse. Elle avait pris une seconde pour se plaindre, pour s’empêcher de se laisser tomber du haut de cet arbre. Comme une feuille, légère et soumise aux caprices du vent. Mieux valait le vent que la fatalité. Elle chercha du bout des doigts une de ces douceur chlorophyllienne, la trouva et l’arracha, presque avec affection. Elle la serra doucement entre ses phalanges, lentement. C’était la même texture que celle du jardin de son enfance, la même que celle des pousses de Central Park. Tout n’était pas perdu. Elle ouvrit les yeux, et prit un nouveau coup. Il ne lui restait rien. Elle était seule, égarée, affamée. Elle descendit lentement de son échelon aérien, posa un pied au sol avec précaution, comme si il risquait de s’enfoncer. Son cœur frappait dans sa poitrine avec la force d’une massue. De l’autre côté du tronc, Nahi reposait. Coup. Si on oubliait le sang qui recouvrait sa robe émeraude, on aurait juré qu’elle n’était qu’endormie. Coup. Un pas après l’autre, les jambes tremblantes, Aelya se rapprocha du corps. Puis elle sourit. Nahi était superbe. Magnifique, haussée au-delà de la banalité par ses cheveux blonds en désordre, son teint de poupée, quoiqu’un peu pâle, ses cils d’un noir profond qui n’en finissait jamais. Elle l’aurait regardé dormir encore longtemps, comme réalisant enfin la beauté de celle qui avait été sa sœur, sa meilleure amie et son inspiration. Elle s’assit à côté d’elle, passa un doigt tremblotant sur son bras de porcelaine. Froid comme de la glace. Coup.

-Nahi… réveille-toi, murmura-t-elle.

Pas de réponse. Coup.

-Nahi, tu t’es assez moqué de moi…

Pas de réponse. Coup.

-Nahi, je t’en prie…

Sa voix mourut sur le dernier mot. Nahi ne dormait pas. Elle était partie. Pour de bon. Pour longtemps. Et Aelya ne pourrait jamais rien y faire.
Il y eut d’abord un vide.
Puis une perle d’eau.
Puis une lame d’acier chauffé à blanc, qui se logea dans sa poitrine.
Vide. Silence. Et Explosion.

Elle hurla. D’une voix stridente, à un volume inouï. Elle n’était plus que hurlement. Hurlement qui se cramponnait à un corps inconscient qui ne se plaignait pas. Qui ne se plaindrait plus jamais. Qui ne pouvait savoir que près de lui, une jeune fille aux cheveux bleus affrontait un démon aux yeux fermés, à la faux destructrice et à la cape ensanglantée. Il ne savait pas non plus que la fille avait perdu, avant même d’avoir commencé. Aelya hurla, s’époumona, perdit le peu d’air qu’elle avait réussi à accumuler. Qui savait ? Si elle criait assez fort, peut-être le démon viendrait-il la chercher. Peut-être lui tendrait-il la main, peut-être qu’elle la prendrait. Et peut-être que près de lui se trouverait une blonde rieuse, qui l’accompagnerait sur le chemin mouvementé qui l’attendait. Peut-être.

Personne ne vint. Pas un oiseau, pas un humain, pas un monstre. Les lèvres de Nahi étaient blanches depuis plusieurs heures quand Aelya se décida à se lever sur des jambes peu coopératives. Elle avait des courbatures d’avoir si mal passer la nuit, mais ça lui était égal. Elle devait trouver de quoi creuser.
Ce fut une pierre plate et coupante. Pas une pelle, pas une pioche, juste un rocher qui lui donnerait du fil à retordre et qui lui demanderai des heures de travail. Peu lui importait. Plus rien n’importait. Elle essaya de creuser, n’y parvint pas. Mais il le fallait, alors elle changea d’endroit. Elle trouva finalement un coin doux, à l’ombre et abrité, où le sol était assez meuble pour qu’elle puisse le soulever. Elle se mit à l’ouvrage, ignorant l’épuisement musculaire, l’inconfort que lui procurait sa tenue et ses yeux qui tentaient malgré elle de se clore. Une heure s’écoula. Puis deux, puis trois. Le soleil était bien haut dans le ciel quand enfin elle cessa de fendre la terre de son outil inadapté. Elle avait mal, peur, la lame était toujours là, toujours incandescente. Sa robe du soir avait perdu toute propreté et était plus brune que noir. Ses ongles étaient incrustés de terre et elle ne parvenait plus à différencier les larmes de la sueur qui recouvrait son visage. Son maquillage avait coulé, et elle était devenue un étrange mélange de terre et de trainées sombres. Peu lui importait. Elle recouvrit le bas du trou de pierre plate, soigneusement, jusqu’à créer un lit de galet clair et régulier.

Le corps de Nahi fut insupportable à tirer. Le porter n’était pas une possibilité, sa cousine la dépassant en poids. Aelya traina avec peine le corps sanglant sur le chemin qui l’emmènerait à sa dernière demeure. Elle s’indigna devant la saleté qui se déposait sur l’inanimée, devant les vêtements qui se déchirait, mais elle n’avait aucun choix. Elle la conduisit jusqu’au coin d’ombre, ne s’accorda une pause qu’une fois la fosse atteinte. Elle y glissa s’abord les pieds de Nahi, avant de l’allonger dans le fond travaillé de la tombe de fortune. Sa cousine arborait encore un sourire. Sacré Nahi. Tu ne cesseras jamais d’être la boule de joie qui éclaire notre vie. Je te dois tellement. Tellement. Aelya arrangea les bras de sa cousine, détendit ses jambes, disposa ses cheveux autour de son visage, admira encore une fois son sourire et déposa un dernier baiser sur sa joue froide et sale. Elle était parfaite. Elle était passée de la jolie Nahi toujours en mouvement à une Blanche Neige aux cheveux d’or. Restait à espérer le passage d’un prince et d’un baiser enchanté, qui réveillerait même l’âme endormi de la Dil’Ryan. La jeune bleuté prit finalement une poignée de terre. Selon la tradition, elle devait prononcer quelques mots. Rendre hommage à celui qui serait touché par l’envoi du granite meuble. Elle s’abstint. Aucun mot n’était assez beau pour être le dernier, et aujourd’hui n’était pas le jour où elle le prononcerait. Elle lança le premier tas. Suivit un second, et d’autres, jusqu’à ce qu’il ne reste du corps de la belle endormi qu’un amas fraichement retourné. Aelya aurait voulu avoir une épitaphe. Nahi aimait tant la poésie. Aelya pouvait se l’imaginer sans peine. Il serait grand, rectangulaire, en jais pour l’originalité et la couleur. Non, un jais plus brillant que ça, corrigea-t-elle l’image qui se formait dans son esprit. Elle changea un angle, poli une paroi. Puis le détail le plus important. La gravure. Un joli texte, sans alambique arrogante, qu’on s’arrêterait pour lire, qui saurait redonner le sourire. Nahi avait vécue enfant et c’était ce qu’elle aurait voulu qu’on sache. La bleuté ferma les yeux, se figurant en esprit chaque lettre, chaque virgule, chaque détail. C’était beau. Exactement ce que Nahi aurait voulu. Elle ouvrit les yeux et recula brusquement, risquant à nouveau une chute. Au sommet du tas de terre, une pierre, noire de jais et brillante.


« J’ai aimé chaque seconde, chaque heure et chaque année,
  J’ai vécu, raconté, appris et enseigné,
  J’ai dansé chaque espoir, j’ai su chaque destin,
  Je m’endors en paix, il n’y a rien que je crains.
  Les hier, les aujourd’hui m’ont plus que suffi,
  J’ai touché, fait, vu du pays et tant acquis,
 Je remercie le monde qui m’a fait si chanceuse,
 J’ai vécu émerveillée, comblée et heureuse.
 Mais toi, il te reste à rendre un dernier hommage,  
 A la beauté, la vie et au bel arrivage,
Qui attends patiemment la fin de ton voyage
»

Nahi Dil’Ryan, 1998-2017

**

Quand bien même la roche magique la terrifiait, Aelya ne pouvait se résoudre à abandonner la tombe. Elle resta debout, à ses côtés, silencieuse. Elle se laissait submerger par le vide, par le sentiment d’abandon qui l’envahissait. Du moins jusqu’à ce que résonne un bruit étrange, mélange entre un grognement et un gémissement. Elle réalisa brutalement qu’elle n’avait rien avalé depuis plus d’une journée, que sa robe lui collait à la peau et que son état était déplorable. Mais peu importait. Une heure s’écoula avant que la raison et le besoin ne prennent doucement le dessus sur sa peine. Alors elle se souvint des habitations, pris conscience que si elle tenait à survivre, elle devrait les rejoindre.

Tiens-je tant que cela à survivre ?

Réveiller ses jambes ankylosées fut une nouvelle torture et elle eut ensuite le choix entre ses inconfortables talons et le salut de ses pieds. Elle choisit de sauver ses orteils, subissant les chaussures qui s’enfonçaient à chacun de ses pas. La ville se trouvait peut-être à une heure de marche, la gigantesque muraille qui la ceignait était visible. Mais c’est au bout d’une heure qu’elle s’arrêta, sans avoir ne serait-ce qu’approché le mur de pierre. Elle s’assit à l’ombre d’un arbre pour reprendre son souffle. Sa gorge était devenu un désert, son estomac se manifestait régulièrement et ses pieds la brûlaient comme jamais. Pour ne rien arranger, un fort soleil s’était montré, faisant  bouillir également son dos et son crâne. Elle avait mal.
Coup. La lame marquait son retour triomphant dans les entrailles de la jeune fille.

Elle avait mal et Nahi était morte. Coup. Morte. Coup. Le mot virevoltait devant Aelya sans qu’elle ne puisse l’atteindre. Elle tendait les doigts, chercher à le capturer pour le déchirer, l’écraser, l’enterrer, mais il lui était inaccessible. Elle avait abandonné quand il se posa sur ses lèvres, fit trembler ses cordes vocales, brisant le mutisme auquel la douleur l’avait contraint.

« Morte ».

Le mot pris un nouveau sens, un nouveau relief. Il était devenu sien, contre son choix.
De nouveau, elle hurla.
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Envoutant_Mentaï _Caym_Membre
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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Ven 10 Mar 2017 - 23:20


La silhouette aux cheveux bleus
Caym Cali ferma les yeux, savourant la caresse du vent. Changer d’air lui avait fait du bien. À Al-Jeit, les choses commençaient à se corser et il avait dû laisser tomber son travail de couverture et quitter la ville quelque temps. Les Sentinelles veillaient au grain et il sentait que demeurer à la capitale était un risque trop grand, surtout avec ce qu’il s’était passé ces dernières semaines.
Ce qu’il s’était passé… Le mentaï songea à Killian et sa dépravation, au retour de Viladra d’entre les morts… Beaucoup de choses. À cela il fallait ajouter une tentative de prise de contact avec des pirates… Et surveiller l’avancement de ses taupes tout comme des autres mercenaires du Chaos. C’est d’ailleurs pour ça qu’il était là. Il avait entendu parler de certaines missions se déroulant près de la ville alors il était venu observer de ses propres yeux.

En haut des murailles, l’homme savourait la solitude. Les rondes des gardes étaient suffisamment espacées pour qu’il puisse s’aventurer sur le chemin de ronde, se percher en haut des créneaux et laisser son regard vagabonder sans crainte d’être interpellé.
Il cherchait ses mercenaires. Ils étaient quelque part, mais il ignorait où. Et vu la quantité de mystères qui étaient faits de leur mission, ça devait être quelque chose de grand. De spectaculaire. Cali savait d’une autre chef du chaos était présente, Lyyra lui avait parlé de cette mystérieuse réunion, mais elle était également dans le vague. Si même les meilleurs envoleurs de la guilde ignoraient ce qui allait se passer…
Tirant l’homme de sa réflexion, un mouvement au loin attira son attention. Se saisissant de la longue vue qui se trouvait dans une des poches de sa veste, il scruta les ombres qui avaient attiré son regard. La déception lui mordit les entrailles, il ne s’agissait que d’un marchand, qui tirait son chariot par des bœufs et qui se faisait… attaquer. À moins que les individus qui lui tournaient autour soient de ses amis. Peu lui importait. Ce n’étaient pas des enfants du Chaos.
Cali soupira, attendant un évènement dont il ignorait tout, et surtout dont il ignorait la véracité. Si ça se trouvait, ce n’était qu’une immense perte de temps.
Et il détestait perdre son temps.

L’homme navigua sur les grandes plaines, laissant son regard porté par la longue-vue glisser sur ces vallées soyeuses, se faufiler entre les arbres… Une silhouette bleue. Seule. Se concentrant, le mentaï en déduisit que ses cheveux étaient bleus et qu’il s’agissait d’une femme. Scrutant avec attention les environs, il n’aperçut pas âme qui vive. Il remonta ensuite le chemin de l’inconnue, se demandant d’où elle pouvait bien venir mais ne trouva pas la moindre habitation, ni trace d’individu supplémentaire.
C’était étrange… Le mentaï hésita, la curiosité le poussait à aller voir de plus près ce qu’il se passait dans ce coin de la vallée, mais il sentait qu’il s’éloignerait de sa mission qui étaitde découvrir les plans de Tryss Shalion, son pire ennemi, siégeant également au conseil du Chaos.
Viladra était-elle dans le coup ? S’étaient-ils alliés ?
L’idée qu’elle lui ait également rendu visite pour lui proposer une alliance, qu’iln’aurait pas été assez stupide pour refuser lui retourna l’estomac. La colère enfla dans son cœur tandis que la jalousie lui brouillait les sens.
Les Dents crispées le mentaï descendit de son poste d’observation et se dirigea vers la tour de guet la plus proche. Il avait envie de sang. Faute de pouvoir se défouler sur cet idiot de mercenaire, ça tomberait sur les gardes, si gardes il y avait. Il trouverait dans leur planque de quoi partir à la rencontre de l’inconnue aux cheveux bleus. Quelque chose dans sa démarche lui faisait penser à une éventuelle complice de Viladra. Il ricana, tandis qu’il s’approchait du lieu de ses désirs. Il était vraiment obsédé par cette femme ! Ses pensées tournaient beaucoup trop autour d’elle pour qu’il puisse faire son travail correctement et surtout qu’il puisse avoir un peu de dignité.
Agacé, il ne repéra pas la garde qui venait de le mettre en joue. Ce ne fut qu’au dernier moment, lorsque la lance fendait les airs qu’il sentit le danger et que son instinct se réveillant. Rugissant, il avait envie de se déchaîner.
Caressant les spires, la lance fut rapidement qu’un mauvais souvenir. L’homme se tourna vers le garde, un sourire mauvais sur le visage. Au mauvais endroit, au mauvais moment. Il avait envie de se déchaîner…
Se laissant aller, le Mentaï bondit. D’un geste fluide, il dégaina ses hachettes. Le garde était entraîné, peut-être même expérimenté, mais face à un Mercenaire enragé, il n’avait aucune chance. La mort l’embrassa rapidement. Une artère sectionnée.
Le tueur était rapide et ses gestes précis. Il savait que pénétrer dans la tour de guet serait plus dangereux… Il caressa les spires et se coiffa grossièrement d’un casque semblable à celui du garde qui venait de rendre son dernier soupir. Ainsi affublé, il passa sa tête par la porte de la tour de guet, observant les individus qui s’y trouvaient. Ils n’étaient que deux… Mais soudainement, il sentit quelque chose dans les spires. Une sentinelle ! L’un de ces hommes maîtrisait son Don à la perfection. Ses pas dans l’Imagination étaient rapides, précis et légers. Il était puissant, créatif et… Sentinelle. Un frisson parcourut l’échine du mentaï.
La peur.
Le défi allait être plus compliqué à relever… Une diversion. Une trentaine de mètres plus loin, en contrebas. Un bref Dessin perturba la circulation, des cris et un grand fracas. Le Dessinateur eut l’amabilité d’aller vérifier ça, tandis que son camarade au guet resterait à son poste. Soupirant de soulagement, Cali attendit qu’il ait effectué son Pas sur le côté, et qu’il n’y ait plus la moindre trace de lui dans les spires pour pénétrer dans la pièce. Rapidement, il rejoignit le garde, qui s’avéra un peu plus coriace que son prédecesseure. Dansant avec une rapidité surprenante, le mentaï  parrait les coups d’épée de sn adversaire, se jouait de ses bottes et rit. Une fraction de seconde, ce fut tout ce dont il avait besoin, il avait déconcerté son ennemi. Il venait d’ouvrir une faille, et il s’y engouffra.
Le garde s’écroula.
Cali n’attendit pas et attrapa ce dont il avait besoin. Des provisions, de l’eau et une grande cape. Le soleil tapait dehors et aussi étrange que cela pouvait paraître, l’hiver à Al-Vor était chaud. Pas de neige, seules les nuits étaient fraîches…
L’homme disparu avant que le Dessinateur ne revienne, avec l’impression de s’être déplacé pour rien, comme s’il s’agissait d’une diversion, mais sans savoir pourquoi. Ça deviendrait une certitude, mais ça serait trop tard.


Un pas sur le côté, c’est quand même pratique, Cali devait l’admettre. Il détestait ça, c’est pour cette raison que lorsqu’il réapparut, au milieu du petit bois clairsemé, il avait dégainé ses armes, prêt à défendre clairement sa peau. Au cas où il tomberait dans un piège.
Ça n’était pas le cas, semble-t-il, rien ni personne ne bougea autour de lui. L’homme resta en position de garde et effectua un tour sur lui-même, observant les environs. Soudain il la vit. La fille aux cheveux bleue. L’objet de sa visite dans cet endroit perdu des grandes Plaines.
Les hachettes toujours sorties et dégoulinantes du sang pas encore sec de leur dernière victime, il observa la demoiselle.

Elle avait une mine affreuse, outre la couleur de ses cheveux. Elle était pleine de terre, ses vêtements étaient étranges et absolument pas adaptés à l’endroit où ils se trouvaient. N’émanait de cette pauvre fille aucun danger. Le guerrier baissa ses armes, sans pour autant les ranger, il aurait aimé les nettoyer avant, pour éviter que le sang n’abîme les lames, mais il préférait connaître en premier à qui il avait affaire.

-Qui es-tu et que fais-tu ici ?


Pas de bonjour et le tutoiement directement. Bon, ll devait admettre que son intervention ne devait pas être des plus charmantes mais ces temps-ci il était plutôt sur les nerfs. Et au moins il portait une chemise, ça lui donnait un petit côté sophistiqué.


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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Sam 11 Mar 2017 - 14:08

Une drôle de rencontre.

Clop. Clop. Clop.
Le bruit se répétait inlassablement, amenant son lent chancèlement. L'idée ou le concept n'était pas si éloigné d'un navire. A chaque vague son éclat de flots. A chaque pas son martèlement insensible. Répétitif dans une mer de nature à perte de vue. Forêt et plaine formaient un nouveau paysage. Tout était pourtant différent. Manquait de vie. Paradoxalement.

Alex ne s'était pas encore fait à son nouveau moyen de transport. Après une vingtaine d'année à parcourir les mers, ils n'avaient eu que de très rares occasions pour monter. Il l'avait pourtant déjà fait. A l'époque de sa jeunesse, de son apprentissage à la marche des ombres. Mais cela remontait si loin qui lui fallait réapprendre. Tout lui semblait différent, sorti d'un autre monde. Tout était différent. Son royaume d'origine lui était étranger.

Était-ce donc cela de ne plus avoir d'endroit à appelé "maison" ? L'impression de n'appartenir nulle part et partout à la fois. En aurait-il ne serait-ce qu'envie ? Non… Il avait tout donné. Il avait tout perdu. A lui de prendre maintenant. Sans retour. Se verserait-il encore dans le sentimentalisme ? Cette pensée lui tira une grimace condescendante à son égard. Mais en même temps, que pouvait-il faire d'autre ?

La vie sur terre était d'un ennui certain. Voilà des jours qu'ils étaient arrivés sur le continent. Des jours que ses jambes souffraient le martyre pour réapprendre les automatisme de la montée. Des jours de cheval à regarder l'horizon. Et rien d'autre pour empêcher ses pensées de divaguer au-delà du monde des vivants. Malgré lui, les images des précédentes semaines lui étaient jetées au visage comme un mur de pierre. Il s'y écrasait à chaque fois, en vie.  

Toujours. Sa poitrine se soulevait. Son cœur battait. Toujours. Il se rappelait sa chaleur. Son odeur. La courbe de ses joues. Le gout de ses lèvres. Le chant haut et clair de sa voix. Sa façon de détourner les yeux. De s'imposer dans une bagarre. D'éviter la mort en dansant… Il se perdait dans ses souvenirs. S'y noyait, ou aimerait le faire. Chaque caresse de son esprit devenait pourtant un étau sur son cœur de pierre. Faisant craquer les miettes restantes.

Le petit corps devant lui bascula doucement sur le côté, menaçant de tomber au sol de manière peu enviable. Il posa sa main sur la minuscule épaule et la redressa sur la selle. Sa paume l'enserrait comme si elle n'était qu'une poupée. Il sentait pourtant la chaleur de sa peau à travers le tissus. Elle était si petite. C'était la pensée qui lui venait le plus à l'esprit. Si petite. Lui qui avait l'air d'avoir vécu des siècles. Sa main ridée, calleuse, musclé. La peau lisse, immaculée, fragile. Le contraste l'étonnait toujours. Le monde pouvait-il se parer d'une telle innocence après tout ce qu'il avait vu ? Apparemment oui.

D'un mouvement, il cala Ambre contre son torse afin qu'elle soit plus stable. Cela faisait une bonne heure qu'elle dodelinait, perchée devant lui, refusant de s'abandonner au sommeil qui semblait trop lourd pour elle. La nuit avait été mouvementé. Un rugissement avait retenti en plein milieu, coupant court à leur sommeil. Si proche qu'Alex avait cru qu'ils étaient morts en devenir. Ils avaient pourtant réussi à s'enfuir sans voir l'ombre d'un animal, mais perdant la moitié de leur équipement dans l'affaire.

Ambre voulait y retourner et se battre. Récupérer ce qu'ils avaient laissé. Elle avait "argumenté" une bonne heure à base de regards déterminés et de dessins furieux qui s'effaçaient en poussière d'or dans le vent. Alex lui avait souri. Elle n'avait pas froid aux yeux. Même sans avoir vu la bête, le rugissement aurait suffit à donner des cauchemars à n'importe quel mioche de son âge. Elle, en redemandait. Qui sait… Peut être que la simple fureur au fond de ses yeux aurait dissuadé le félin de s'approcher ? Dans le cas contraire, il ne s'était pas senti la force d'affronter une de ces bêtes au corps à corps. Il avait donc choisi bien sagement de continuer sa route.

Ambre avait finit par abandonner, non sans une certaine moue boudeuse. Elle était fière. Il la comprenait. Pourtant, la fierté ne reposait pas. Elle avait donc cherché une position sur la selle lui permettant ne pas sombrer avec un minimum d'effort. Sans succès. Alex veilla donc sur elle. Comme il le faisait depuis des semaines.
Et comme depuis des semaines où il le faisait, il ne pensa plus à son ancienne vie.

____________________________________________________

Elle se réveilla une heure plus tard. S'étirant lentement, il l'avait senti sortir du sommeil et ouvrir ses petits yeux noirs sur le monde qui l'entourait, clignant en se demandant où elle était. Elle réagissait comme ça depuis qu'il la connaissait. Comme si le rêve n'était pas là où elle l'avait imaginé, où elle aurait voulu qu'il soit. Elle restait toujours quelque secondes à scruter les alentours en silence avant de reprendre pied dans la réalité. Là, elle s'ébrouait comme un chien et baillait silencieusement.
Bruit de clochette.

Alex baissa les yeux pour regarder la gamine, la nuque tordue vers lui. Les lèvres fermées, elle l'observait sans rien dire dans une impassibilité qui frôlait l'étrange. Plongeant son regard d'où se déchirait tant de sentiment à la fois, dans le sien. Une question pourtant flottante entre eux. Cela faisait quelques semaines qu'ils se connaissaient, Alex avait donc encore du mal à comprendre ce qu'elle essayait de communiquer.

Lassitude. Mais sans plainte.
Envie. Diffuse.
Impatience. Fatigue.


La question se forma dans son esprit.
- Je pense que nous ne sommes pas loin.

Son doigt désigna le fin trait se détachant de l'horizon et Ambre suivit son regard en plissant les yeux.
- Je pense que se sont des murailles.
Silence. Naturel.
- Si possible, essaye de te faire discrète pour le dessin.

Petit soufflement du nez. Il regardait ses cheveux en bataille en imaginant très bien l'exaspération qui peignait son visage. Ambre ne contrôlait pas son don. Il avait l'impression qu'il était parfois seulement une extension d'elle et qu'elle l'utilisait sans s'en rendre compte pour communiquer. Si pour l'instant, cela n'avait pas posé trop de problème, il était inquiet qu'une enfant si jeune disposant du don, puisse attirer les convoitise de certains.

Alex lui enjoignait la prudence, sans insister plus que ça. Il n'était pas vraiment un modèle en la matière et se tenait de toute façon prêt à qui viendrait la lui briguer. Ambre ne se formalisa pas plus que ça, elle devait avoir l'habitude. Un sourire illumina son visage pour lui. Ils étaient proche, ça semblait lui suffire.

La route continua à défiler sous les pas de leur monture. Quelques marchands et convoyeurs croisèrent leur chemin sans s'arrêter. Les deux loups n'avaient de toute façon aucune  envie d'échanger avec eux. En silence, Ambre s'amusait pourtant à dessiner ce qu'elle observait dans les nuages. Elle reproduisait une forme qui ne durait pas plus de quelques secondes et la présentait à Alex. Un chien. Un seau. Une larve. Une gros coton qu'elle s'amusa à lui envoyer dans la tête en riant silencieusement. Disparaissant un moment sous la petite masse, ses lèvres se fendirent d'un demi sourire qui disparut avec le dessin.

Ambre se redressa soudain sur la selle, son regard concentré sur la droite. Son changement d'attitude soudain mit instantanément Alex sur ses gardes. Il stoppa la monture, la main sur son sabre en observant la végétation. Les arbres et les hautes herbes voletaient au grès du vent d'une façon tout à fait banal. Aucun mouvement suspect dans les fourrés. Pas un bruit. Une petite main se souleva et un doigt pointa la direction qu'elle observait. Il l'interrogea du regard en silence.

Intrigué.
Étrangeté.
Déterminé.


Il prit de longue secondes à sa réflexion. L'attitude d'Ambre était particulière. Et frustrante. Il aurait aimé comprendre. Mais elle semblait décidée à partir sans lui s'il ne se bougeait pas rapidement. Sabre dehors, le cheval s'avança prudemment hors de la route pour suivre une piste invisible. Tous sens à l'affût, il espérait qu'elle n'ait pas repérée un tigre et décidée de se venger de leur précédente perte. Un doute s'empara de lui. En serait-elle capable ? Si c'était le cas, elle en avait plus dans le pantalon que bon nombre d'hommes.

Un fin sourire mauvais naquit sur ses lèvres. Il se mettait désormais à espérer leur rencontre prochaine. Cette gamine était intéressante. La monture accéléra encore un peu avant de s'arrêter. A quelques mètres de distance se trouvaient deux personnes. Un homme, deux haches ensanglantées aux mains. Une femme en piteuse état, les cheveux en bataille, recouverte de terre.

Une attaque ? L'homme n'était pas en garde, mais sa position n'inspirait pas vraiment la confiance. Tout autour, il n'y avait rien. Ni trace de lutte, ni cadavres. D’où venait le sang ? La jeune femme ne semblait pas blessée.

Deux regards interrogateurs se croisèrent.
Il haussa légèrement les épaules. Ce n'était pas son combat.
Elle fronça les sourcils avec une moue de reproche. Il n'avait pas été son combat non plus.
Il bascula la tête sur le côté sans conviction. La situation était différente.
Elle continua de le fixer, comme pour appuyer son précédent argument et invalider celui qu'il venait de lui offrir.
L'intelligence de cette gamine le fit soupirer. Un chuchotement se fraya un chemin à travers ses lèvres.
- On attend.


Ambre se détourna alors pour observer la scène avec un hochement de tête. Étaient-ils arrivés à un accord ou avait-elle comprit qu'ils n'avanceraient pas plus, peu importe son entêtement ? Le sabre suivant le flanc du destrier, l'enfant devant lui, ils n'étaient pas particulièrement discrets. Ils se tenaient là en observant l'échange.

Alex ne savait pas vraiment s'il interviendrait en cas d'attaque. La distance qui les séparaient empêchait de toute façon toute action précipitée. Mais leur simples regards pourraient dissuader l'homme de quoi que ce soit. Ou leur attirer plus d'ennuis. La curiosité le convainc de rester là où il était.

Ambre quant à elle plongeait son regard sur la jeune femme mal en point, ses mains crispées sur la selle.
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Terrien__Membre
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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Dim 19 Mar 2017 - 18:15



Lorsque rien ne reste
"-Que fais-tu ici ?
- C'est gentil de me rappeler que je n'en sais foutre rien.   "

Music




Le monde était flou. Sans couleur, sans forme, ce n’était plus qu’un étrange nuage dans lequel elle baignait, aveugle et incapable. Elle ne pouvait plus avancer, des étranges tremblements prenaient contrôle de ses jambes, par à-coup, avant de s’arrêter pour reprendre à peine plus tard. Elle ouvrit ses yeux, visa les murailles à moitié éclipsée par des rayons trop brillants. Les referma. C’était vain. La ville était trop loin, Aelya n’avait plus ni énergie ni foi. La survie lui semblait une consolation bien fade comparé à l’effort qu’elle devrait fournir pour l’atteindre. Elle avait presque envie de rire. Elle tournait en rond depuis qu’elle avait posé le pied dans l’enfer sylvestre. Tôt ou tard, sa volonté allait lâcher. Maintenant ou dans quelques heures, quelle différence ? Elle était pitoyable. Bien loin de la brillante exception qu’elle pensait être. Bien loin de la jeune fille forte et résistante qu’elle était.
Ce fut la pensée de trop. Elle valait mieux que ça. Bien mieux que ça. Elle devait se lever, quitter les limbes boisées même si elle s’écroulait juste devant la muraille de pierre. Ses jambes tremblaient encore et ses bras refusaient de lui obéir mais elle n’avait pas le choix. Elle avait suffisamment été minable dans les dernières heures pour le restant de son existence
Elle prit un grand souffle. Doux, léger, profond. Ses jambes arrêtèrent de trembler et elle ouvrit les yeux. Le soleil ne l’éblouissait plus. Combien de temps avait-elle passé nimbée dans sa propre vulnérabilité ? Elle posa ses mains sur le sol, tâcha de se lever malgré  l’enfoncement de ses doigts. Avec si peu d’énergie, la terre devenait aussi vicieuse que des sables mouvant. Elle se relevait doucement, à une vitesse désolante qui lui donnait une sincère envie de se claquer. Elle ne se reconnaissait plus, ne se respectait plus. Puis un homme apparut de nulle part et elle tomba par terre, aussi lourde qu’une pierre.
Il était terrifiant. Un visage fermé, qui eut peut-être été admirablement beau si ce n’était pour les deux lames de glaces qui lui tenaient place d’yeux. Deux lames de glace qui la transperçait. C’était un meurtrier, un nouveau-né aurait pu en jurer. La jeune fille aurait voulu continuer de le détailler, de le comprendre, mais il commença bientôt à bouger ses lèvres, à former des sons qui ne se frayèrent que difficilement un chemin dans l’esprit embrumée de la jeune fille. Son regard azur se limita donc au visage de l’arrivant, l’entièreté de ses capacités mentales se concentra pour tâcher de comprendre les mots qu’il avait énoncés.
« Qui es-tu ». « Que fais-tu ici ? ». C’était de l’anglais. A moins que ce soit du français. Ou de l’espagnol, du russe ou du japonais. Elle l’avait compris, c’était là son seul indice. Mais elle avait des notions de toutes ces langues. Puis, le contenu la frappa. « Qui es-tu ? ». Elle n’en savait plus rien. « Que fais-tu ici ? ». Elle n’en avait jamais rien su. L’absurdité de la situation lui explosa à la figure. Ses nerfs défaillant n’en pouvaient plus. Elle éclata de rire.
Je suis en plein délire , se dit-elle.

C’était un rire étrange, à mi-chemin entre le désespoir et la pur folie. Il se serait surement accompagné de larmes si elle n’avait pas épuisé tous ses stocks. Elle rit pendant de longues secondes, prenant presque plaisir à redécouvrir le son de sa voix. Elle voulait répondre mais ne savait pas dans quelle langue.

- Qui je suis ? lança-t-elle en anglais.

Le regard de l’homme, qu’elle n’avait pas quitté, lui indiqua que c’était une mauvaise pioche. Parfait, il la tuerait peut-être en pensant à une sorcière à l’étrange langage.

-Je n’en ai pas la moindre idée , ajoute-t-elle en français.

Ah, donc c’est cela qu’il parlait.

- Je ne sais pas ce que je fous ici. Je n’en sais strictement rien. Il y a une seconde j’étais tranquillement chez moi, dans une voiture avec ma cousine. La seconde d’après, il y a un psychopathe dans la voiture qui essaie de nous assassiner.
Si l’homme ne l’avait pas étiqueté comme folle en posant son regard sur elle, son ton devait avoir achevé de le convaincre. Tout ressortait dans un maelström des plus dérangeants. Son incompréhension, sa colère, sa tristesse.

-Pourquoi ? Je ne sais pas. Je ne sais pas non plus comment je me suis retrouvée dans cette forêt paumée. Pour tout dire, j’ai bien envie de croire que c’est un rêve. Mais vu que vous êtes trois à être apparu de nulle part, je suppose que c’est normal dans ce pays d’apparaître par magie et sans préavis ?  

Elle avait hurlé la fin de sa phrase. C’était la faute de Nahi. Elle n’aurait pas dû l’envoyer là. Partout, mais pas au milieu d’un univers magique et étrange dont elle ne connaissait rien. Sa voix tremblait. Elle voulut s’assener une nouvelle gifle. Elle était encore plus pitoyable qu’avant, et elle ne parvenait pas à changer son ton. En public, qui plus est. Elle ouvrit la bouche, voulu continuer à hurler son incompréhension au ciel plus qu’à l’homme dont elle avait déjà oublié la présence. Les yeux de glaces n’étaient plus qu’une excuse. Elle faillit poursuivre mais un regard était posé sur elle. Pas celui de l’homme. Un regard doré, doux et brillant. Un regard d’enfant, triste et rassurant. Aelya pouvait presque sentir un message de compassion se former dans l’air. Elle haïssait la compassion, sœur de la pitié, mais cette compassion-là eut pour effet de calmer les battements de son cœur. Elle ferma la bouche et empêcha sa voix raillée de hurler d’autres paroles insensées au trop grand nombre qui pourrait les entendre. Elle ne savait pas où était l’enfant, pouvait à peine repérer son regard, mais elle ne voulait pas qu’un autre de ses mots atteignent l’innocente oreille. Elle se calma et respira encore, réellement, cette fois-ci. Elle tourna sa tête, seulement pour avoir le souffle  coupé à nouveau. Elle avait repris ses esprits, assez pour avoir accès au portrait entier de l’homme qu’elle avait oublié. Au-delà de celles qu’il avait pour yeux, il avait de vraies lames. Des énormes hachettes terrifiantes, aussi réelles que se puisse, et déjà teintée de rouge. Son cœur s’emballa. Comment avait-elle pu ignorer un détail pareil ? Comment avait-elle pu ne pas voir une menace aussi large ? Elle l’avait offensé, de plus. Surement. Un homme avec des armes ensanglantés ne pouvait être ni patient ni miséricordieux. Qui était-il ? Il ne s’agissait pas de l’assassin de Nahi, elle en était convaincue. Que lui voulait-il ? Pourquoi elle ? Qu’était cet endroit ? Pourquoi était-elle sans arrêt attaquée ?
Elle allait mourir. Non. Elle ne pouvait pas mourir, pas comme ça, pas en se rendant de la sorte. Elle n’allait pas s’en aller sans se battre. Des idées, plus incongrues les unes que les autres lui traversèrent l’esprit. Ses chaussures étaient loin d’être assez solides pour ne serait-ce que retarder l’assassin. Elle était épuisée, en position de faiblesse, courir était risqué. C’était pourtant la seule option valide. S’il attaquait, elle devrait s’enfuir. Créer une diversion quelconque. Elle sera une poignée de terreau entre ses doigts. Si elle arrivait à la lui lancer dans les yeux, elle aurait quelque secondes d’avance. Peut-être même assez pour trouver la présence de l'enfant. Elle aussi serait en danger, si inconnu était belliqueux. Restait à savoir s’il allait attaquer.
La terre toujours entre ses doigts, elle se prit à rêver à un mur qui la protégerait. Tout comme celui qu’elle aurait dû atteindre, bien plus tôt, bien avant cette fatale rencontre. Simplement, un mur plus petit et transparent, pour ne pas vendre la mèche. Juste ce qu’il lui faudrait pour bloquer un coup d’épée. Il prenait presque forme dans son esprit. Transparent, arrondi et solide. Presque. Restait à savoir s’il allait attaquer.

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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Dim 19 Mar 2017 - 22:28


Trop de Dessinateurs au milieu de nul part
L’inconnue observa Caym avec surprise et en tomba à la renverse. Son arrivée devait être particulièrement frappante. Lorsqu’il l’interrogea, elle l’observait avec des yeux écarquillés, comme si le sens de ses propos lui échappait.
Tendu, le mercenaire se demanda un instant si elle n’était pas folle…
Finalement, elle sembla retrouver ses esprits, le mentaï vit son visage traversé par différentes expressions. Les mots se frayaient un passage jusqu’à son esprit et.. Elle explosa de rire. Voilà qui était étrange. Dément.
Cette fille ne devait vraiment pas avoir toute sa tête…
L’homme réalisa que ses hachettes devaient rendre son allure digne des plus grands psychopathes, donc si la demoiselle aux cheveux bleus devait réagir, ça aurait été avec un cri d’effroi. Ou quelque chose qui témoignerait de la peur. Pas un rire.
Mais Caym ne s’appesantit pas sur le rire, afin de savoir si c’était nerveux, moqueur, ou absurde, car il réalisa qu’ils n’étaient plus seuls. Un cheval venait de franchir la fine limite de la clairière. Du coin de l’œil le mercenaire observa les nouveaux venus. Un homme à cheval, par sa stature, mais sa silhouette était étrangement massive… Toutefois, le regard du Mercenaire du Chaos ne s’atarda pas. L’inconnu était armé, mais gardait une distance raisonnable, ne désirant pas intervenir.

Cali se douta que s’il attaquait la demoiselle le nouvel arrivé interviendrait. Mais peu importait, ce qui l’agaçait en cet instant, c’était qu’il n’avait pas repéré le moindre cavalier lorsqu’il avait balayé la région avec sa longue vue, alors comment était-il arrivé ici ? Un Pas sur le côté… ? Est-ce que Tryss ou Viladra étaient derrière tout ça ? Car une certitude l’habitait, quelque chose ne tournait pas rond, si bien qu’il ne rengaina pas ses lames. Il n’avait pas l’intention de s’en servir -il voulait des réponses-, mais son instinct lui criait de les garder en main, prêt à servir.
Dans l’air, le guerrier ressentit cette tension, fissurée par la voix sèche de l’inconnue.
Sa voix était faible, somme si elle avait la gorge seiche, ce qui pourrait s’expliquer par une longue marche sans quoi se désaltérer.
Ses propos n’avaient aucun sens. En fait elle ne parlait pas la langue de Caym, du moins il lui semblait.. À moins qu’elle n’articule vraiment pas… Mais les sonorités lui semblaient étrangères.

-Je n’en ai pas la moindre idée.


Ah, si, elle parlait sa langue, et elle articulait.
L’homme l’observa, essayant de savoir si elle mentait. Elle semblait concentrée sur ses propos, comme si faire des phrases n’était pas aisé. Soit elle avait du mal à aligner des mots pour en faire des phrases, soit ses pensées étaient particulièrement confuses…

- Je ne sais pas ce que je fous ici. Je n’en sais strictement rien. Il y a une seconde j’étais tranquillement chez moi, dans une voiture avec ma cousine. La seconde d’après, il y a un psychopathe dans la voiture qui essaie de nous assassiner.

Voiture. Ce mot était étrange, et pas alavirien. Caym l’identifia à un mot Terrien. Ça expliquait pourquoi cette fille était déboussolée et bizarrement vêtue. Et pourquoi elle avait les cheveux bleus. Toute fois la tentative d’assassinat était étrange, car on aurait dit un Dessinateur… Ou plutôt un mentaï. Un homme de Tryss ? Chassant cette idée de sa tête, le Mentaï se dit que son ennemi n’était pas assez puissant ou fou pour envoyer les rares mentaïs à sonservice tuer des inconnus dans l’autre monde. Dans quel but… ?
La terrienne, puisqu’il semblait que c’en soit une, reprit la parole, avec plus de fougue, comme si parler la libérait des maux qui la tourmentaient.

-Pourquoi ? Je ne sais pas. Je ne sais pas non plus comment je me suis retrouvée dans cette forêt paumée. Pour tout dire, j’ai bien envie de croire que c’est un rêve. Mais vu que vous êtes trois à être apparu de nulle part, je suppose que c’est normal dans ce pays d’apparaître par magie et sans préavis ?


Tous trois.
Tient, elle avait noté l’arrivée du cavalier, mais pourquoi eux trois… Jetant un bref coup d’œil dans la direction de l’intrus, Cali serra la mâchoire. Quel idiot. L’inconnu n’était pas étrangement constitué, il n’était simplement pas seul sur sa monture. Une autre personne se trouvait avec lui. L’homme possédait une stature assez large et se trouvait derrière une personne à l’allure plus frêle. Sa taille indiquait qu’il s’agissait probablement d’un enfant.
Le mercenaire ne s’attarda pas sur les spectateurs, et reporta son attention sur l’étrangère. Elle était dans un piteux état… Elle semblait épuisée, physiquement et mentalement. Et perdue. Il fallait admettre que pour elle, le changement devait être assez brutal, de ce que Caym connaissait de l’autre monde, ils ne tuaient pas de manière ostentatoire, ne se promenaient pas avec des haches et n’effectuaient pas de Pas-sur-le-Côté.
Les vêtements de la jeune femme étaient en lambeau, elle avait donc survécu au mercenaire qui la poursuivait… mais comment était-elle arrivée en Gwendalavir ? Et où était donc sa cousine ? Et le mercenaire… Beaucoup de questions, mais la posture défensive adoptée par la jeune femme lui indiqua qu’elle était prête à vendre fièrement sa peau, même si elle semblait au bout de sa vie.
Caym baissa ses armes, il ne comptait pas la tuer et le lui fit comprendre par la position de son corps, il quitta sa garde et s’avança de quelques pas en direction de l’inconnue lorsqu’il sentit les Spires frissonner.
Le mentaï était doué et particulièrement entraîné, l’Imagination était son terrain de jeu, si bien qu’il sentit le Dessin qui se créait autour de l’inconnue. Son esprit se glissa dans les spires, observant ce qui prenait forme. C’était un Dessin puissant, mais c’était tout ce qu’il avait pour lui. Il s’agissait d’un mur fin et théoriquement invisible. De la volonté pure, qui écrasait les chemins des spires sans se soucier du fracas causé par ce Dessin.

Une terrienne qui possédait un Don ! C’était une opportunité qu’il devait saisir…

Le Mercenaire du Chaos essuya ses hachettes contre un tissu qu’il avait volé en même temps que le sac de voyage, afin d’empêcher le sang de salir ses précieuses armes. Tandis qu’il gagnait un peu de temps, son esprit imaginait déjà la suite des évènements. Il pouvait briser le truc qui était supposé être un Dessin de l’inconnue, mais pour quoi faire ? Tandis qu’il nettoyait ses armes, il guetta les spires, se demandant combien de temps durerait le Dessin de la demoiselle à la chevelure bleue. Un tintement de clochettes le fit froncer les sourcils. Il avait entendu… un bruit. Sentit une vague caresse dans l’Imagination. Un coup d’œil en direction de l’étrangère lui indiqua quelle ne semblait pas en être l’investigatrice. Elle était bien trop barbare pour réussir un Dessin d’une telle finesse, car il était certain qu’il s’agissait d’un Dessin. Ne restaient plus que l’étranger et son gamin…
L’homme était donc un Dessinateur, il ferait bien de s’en méfier.

Cali passa ses hachettes à sa ceinture et s’approcha de l’inconnue, s’arrêtant à quelques centimètres de sa barrière.

-Ce n’est pas de la magie, et ces gens sont arrivés à cheval, rien de vraiment étonnant… Mais si tu viens de Terre, il est peu étonnant que tout te semble si étrange, surtout le Dessin… Cependant avant de poursuivre mes propos, j’aimerais savoir où sont ta cousine et le psychopathe qui essayait de vous tuer ?


Cali hésitait à dévoiler son talent de Dessinateur, l’homme à cheval pouvait être dangereux et mieux valait garder cet atout au cas où il s’avérerait belliqueux.
D’ailleurs, il était peut-être temps de les renvoyer… Mieux valait ne pas s’encombrer de curieux, surtout si cette fille pouvait se rallier au Chaos. C’était une recrue vierge de toute théologie et qui pourrait sombrer dans la noirceur, et qui possédait un Don.
Se tournant vers les cavaliers, Cali leur adressa la parole d’une voix forte, afin de s’assurer qu’ils l’entendraient. Il réalisa à cet instant que l’enfant devant l’homme était une jeune fille. Décidément, cela faisait deux fois qu’il se trompait à leur propos, soit ses facultés s’émoussaient soit ces individus arrivaient à cacher leur jeu, dans tous les cas, il devait rester méfiant.

-Merci monsieur, mademoiselle, pour votre présence et votre soutien. Toutefois votre aide n’est plus requise ici, je vous souhaite donc un agréable voyage, et qu’Al-Vor sera à la hauteur de vos attentes.


Le sourire de Caym était faux, légèrement hypocrite, mais il s’en fichait. Il demandait clairement à ces gens de disparaître, s’ils restaient… Les choses risquaient de se corser. Le mercenaire posa ses poings sur ses hanches, appréciant la proximité de ses hachettes. Il n’était pas du genre à tuer un père et sa fille, mais s’ils se mêlaient de ce qui n’était pas leurs affaires… Il n’était pas d’humeur à jouer un rôle. Quelque chose se tramait par ici et il voulait savoir quoi, et s’il pouvait recruter une apprentie, ça serait une jolie plus-value.
Par contre, s’il jouait le rôle du mercenaire du Chaos, il aurait intérêt à dissimuler son identité, sous peine de voir tout son travail à la capitale s’envoler en fumée. Il n’avait pas de masque ni même de capuche sur lui, ça serait raté, à moins qu’il effectue un Dessin, mais comme son Don est supposé rester secret pour l’instant…


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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Lun 20 Mar 2017 - 1:07

Le bras d’Alex descendait le long de sa jambe, tenant son arme d’une manière légère. Il n’y avait pas besoin de montrer une quelconque menace. Pas encore du moins. Pas pour si peu. La curiosité le poussait peut être à rester, observer, comprendre. Mais ses sens étaient aux aguets. La musique du temps se décomposait devant lui, comme passant au ralentit. Il écoutait. Les arbres, les buissons, la terre, le vent. Son regard passait des deux inconnus à la végétation alentour alors qu’il laissait l’environnement coulait sur lui. Comme des réminiscences de son enseignement passé. Celles qui avaient pris désormais corps sur une nouvelle voie qui lui était propre. Il y avait quelque chose avec ce continent qui titillait son être. Très profondément en lui. La sensation lui échappa au moment même où il cherchait à la saisir et son attention se concentra à nouveau totalement sur les personnes en face de lui. Ils étaient seuls.  
Mais le sang. Les haches. La fille. Tout était trop incongru et hors de propos. C’était ça, hors de propos. Quelque chose ne tournait pas rond. Et la sensation de danger était bien là. Ambre sous lui ne bougeait pas. Totalement concentrée, aveugle s’il pouvait dire à tout ce qui se passait autour. Après tout, ce n’était qu’une enfant. Il ne pouvait pas espérer qu’elle comprenne quand il fallait lâcher prise. Mais quelque chose lui-même le poussait à ne pas lâcher prise. Ils semblaient être arrivés au milieu d’une conversation.

- Pourquoi ? Je ne sais pas. Je ne sais pas non plus comment je me suis retrouvée dans cette forêt paumée. Pour tout dire, j’ai bien envie de croire que c’est un rêve. Mais vu que vous êtes trois à être apparu de nulle part, je suppose que c’est normal dans ce pays d’apparaître par magie et sans préavis ?  

L’accent était étrange et Ambre le remarqua au même moment. Son petit corps frissonna contre lui. Se pourrait-il qu’elles viennent toutes les deux du même endroit ? Ses yeux descendirent sur les cheveux de jais de la gamine qui étaient offert à son regard, sans réellement discerner une réponse à ses questions. Vu l’intérêt avec laquelle elle cachait son passé, il n’était pas certain que ce soit une bonne nouvelle. Et vu le sens, s’il y’en avait un, de ses paroles, il était probable que ce fut le cas. Il croisait deux personnes venant de la Terre en l’espace de quelques mois. La Dame le mettait-il sur une voie particulière ou était-ce un hasard ?

« Ne te fie pas au coïncidences. Les forces de l’univers sont beaucoup plus complexe que les simples hasards. Et s’il est difficile de les appréhender totalement, savoir en retirer des indices invisibles pour le commun des mortels est possible. Apprends à lire le monde. »

Où avait-il pu entendre ce genre de foutaises ? Peu importait. La fille, ou plutôt la femme, se calmait à vue d’œil. Pour se tendre à nouveau en découvrant son compagnon. Elle devait vraiment être amochée pour ne se rendre compte que maintenant qu’un inconnu aux armes ensanglantées lui faisait face. Il soupira faiblement, qu’est-ce qu’avait bien pu vivre cette fille ? Etait-elle sa prisonnière ? Une espèce de pervers malsain qui s’amusait à trouver une fille fragile afin de l’asservir et réaliser tous ses désirs ? L’idée pouvait être tentante. Fut-il encore avoir un esprit pervers et malsain.
Lorsque le bouclier d’Aelya se créa, Alex ne sentit rien. Ambre au contraire réagit en se redressant un peu plus sur sa selle. Plissant les yeux comme si elle cherchait la fonction « longue vue » de son arsenal génétique, sans la trouver. Son esprit rentra dans les Spires pour observer à son tour le dessin. Si Aelya n’avait mis que de la volonté dans son dessin, Ambre en était pour sa part presque dépourvue. Elle disposait d’une grande créativité et d’un pouvoir relativement fort, mais sa volonté laissait à désirer et ne permettait pas à ses dessins de vivre plus d’une dizaine de secondes. Elle se maintint donc quelques secondes à observer ce qu’elle n’avait peut être jamais vu encore. Puis sortant des Spires, elle se retourna légèrement vers l’homme derrière elle.

Etonnement.
Valeur.
Inflexibilité.


Il prit note de sa réaction sans répondre. Il ne comprenait pas ce qui s’était passé, à part la tension palpable qui était en train de naitre chez la jeune femme, qui comprenait enfin le danger auquel elle faisait face. L’homme entreprit d’essuyer ses armes avec lenteur puis les rengaina. C’était au moins ça. Mais quelque chose dans son attitude n’échappa pas à Alex. C’était un tueur. Et pas un simple tueur, mais un de la pire espèce. La bête tapie en lui s’éveilla pour braquer ses yeux sur la chose qui lui faisait face. Son corps se tendait, se ramassait sur ses étriers. Sans pour autant être prêt à bondir, c’est avec un œil nouveau qu’il observait ce formidable ennemi qui lui faisait face. Qui était-il ? Non… Qu’est-ce qu’il était ?
Ambre sembla percevoir son changement d’attitude et il la sentit se redresser comme un chiot prêt à défendre ses frères et sœurs. Sauf que si elle s’emportait, elle n’avait rien d’un chiot. Alex posa sa main sur son épaule, fermement, pour lui intimer avec toute l’autorité qu’il pouvait de rester bien tranquille. Il n’était pas question de la faire courir un risque avec la chose qui leur faisait face. Ils perçurent le reste de la conversation, vu le calme parfait qui régnait entre eux.

- -Ce n’est pas de la magie, et ces gens sont arrivés à cheval, rien de vraiment étonnant… Mais si tu viens de Terre, il est peu étonnant que tout te semble si étrange, surtout le Dessin… Cependant avant de poursuivre mes propos, j’aimerais savoir où sont ta cousine et le psychopathe qui essayait de vous tuer ?

L’homme en était donc arrivé aux mêmes conclusions. Et il ne semblait pas la connaitre. Pas de relation perverse et malsaine… ? Sa pensée lui laissa un doute. Quelqu’un essayait bien de la tuer. Etait-ce une ruse pour les faire partir ? Jouer au gentil homme afin de faire dégager les témoins. La fille semblait tellement déboussolée qu’elle aurait pu accepter tout et n’importe quoi. Plus cet homme parlait, moins il sentait qu’il pouvait avoir confiance en lui. Et qu’est-ce qu’il allait faire ? Jouer au héros et sauver la jeune fille en détresse ? Mourir en essayant ? Laisser Ambre mourir ? Ce n’était pas son combat.
Il n'avait pas été son combat non plus.
Ce n’était pas son combat.
Il n'avait pas été son combat non plus !

Il repoussa un juron au fond de sa gorge en tentant de faire taire cette voix. Comme si c’était elle qui lui avait parlé, il chuchota pour lui répondre.

- Mauvaise idée.

Soufflement contrarié du nez. Si elle croyait pouvoir faire sa loi… Mais avant qu’il ai pu répondre, l’homme continua :

- Merci monsieur, mademoiselle, pour votre présence et votre soutien. Toutefois votre aide n’est plus requise ici, je vous souhaite donc un agréable voyage, et qu’Al-Vor sera à la hauteur de vos attentes.

Sauf que cette fois-ci, ce n’était pas à elle qu’il répondait, mais à eux. Son regard se planta enfin dans celui de Caym. Il n’aima pas ça. Un frisson parcouru son échine et la bête en lui finit de s’étirer. L’animal sauvage qu’il était devenu durant ces années en mer refaisait surface et s’ébrouait. Quelque chose lui faisait écho. Et cette chose lui offrait une menace feutrée, mais une promesse bien tangible. Ainsi donc l’homme se révélait aussi facilement. Alex n’était surement pas un modèle non plus de discrétion. Et loup contre loup n’a besoin d’aucune subtilité. Il descendit à terre en rengainant son sabre. Il n’y avait pas besoin de montrer une quelconque menace. Pas encore du moins. Pas pour si peu.
Fouillant dans une poche pendue à sa selle, à l’abri des regards indiscret des inconnus, il en sorti deux griffes de métal, composées de trois lames tranchantes chacune. Il les rangea d’un geste souple et discret dans son dos, sous ses vêtements de cuir. Le geste avait été calculé, rapide et rendu fluide par les années de pratique. Il offrit un unique regard à Ambre.

Précaution.

Elle hocha lentement la tête avant de descendre à son tour. Alex retint un soupir. Il aurait du lui dire clairement de rester sur le cheval. A croire qu’ils ne parlaient pas le même langage. Ou qu’elle se fichait de lui avec le plus grand plaisir. De l’autre côté de la monture, l’enfant entreprit de détacher une gourde d’eau alors que l’ancien marchombre-pirate s’avançait de seulement quelques pas vers les deux inconnus.
Il avait décidé qu’il ne lui laisserait pas la fille. Il ne pouvait quand même pas espérer qu’ils fassent demi tour pour faire comme si de rien n’était ? C’était un tueur. Mais il devait bien sentir qu’il faisait face à la même espèce. Que donnerait un affrontement s’il avait lieu ? Il ne pourrait réellement le savoir qu’en croisant le fer avec lui. Peut être qu’il courrait à sa perte, mais quelque chose intriguait Ambre au point de les faire risquer leur vie. Les pourquoi serait pour plus tard. Voyons voir ce qui découlerait d’abord de leur altercation.
Face au mercenaire du chaos, Alex se tenait droit. Mais tout son être dégageait une sauvagerie calme. Une férocité en attente. Ambre observait la discussion, plantant ses yeux sombre sur Caym, sa gourde en main. Elle semblait prête à l’action elle aussi. Alors qu’elle n’avait qu’environ 10 ans et aucunes armes. Le bon sens aurait voulu que la peur s’empare d’elle, pourtant aucune inquiétude dans ses yeux. Etait-ce du courage ou simplement une folie latente. Alex prit la parole pour répondre :

- J’ai cru comprendre que la jeune fille ne venait pas d’ici. Et qu’un assassin était à ses trousses. Peut être que vous préféreriez avoir une escorte plus imposante ?

Il tourna la tête ostensiblement vers la fille aux cheveux bleus, signifiant à Caym qu’il n’avait pas vraiment voix au vote. Attitude dangereuse, provocatrice, mais juste.  
Ambre sourit légèrement puis tourna la tête vers Aelya. La gourde en main. Une question silencieuse.
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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Mar 21 Mar 2017 - 21:52



Lorsque rien ne reste
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- You're no angel, darlin'.  "

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Elle pouvait presque sentir les singulières ondes du mur devant elle. Il était tombé dans la réalité, avait quitté l’enchevalement de ses pensées pour se matérialiser devant elle. Comment ? Elle n’en savait rien. De quel matériau était-il fait ? Aucune idée. Mais à cet instant, alors qu’elle affrontait du regard les lames sanglantes, son incompréhension se teintait d’une douce lueur rassurante. A moins que le meurtrier ne soit magicien et ne puisse percer l’invisibilité de son invraisemblable protection, elle était sauve. Pour combien de temps était une question qu’elle préférait ignorer. Devant elle, l’homme esquissa un mouvement. Le cœur d’Aelya remonta le long de sa gorge, l’étouffant presque. Il se contenta de sortir un tissu pour nettoyer ses monstres d’aciers, avec un soin minutieux et une lenteur terrifiante. Devait-elle en profiter pour s’enfuir ? Il semblait perdu dans ses pensées, mais n’avait rien perdu de sa posture belliqueuse ou de l’agressivité qui semblait accompagner chaque once de son être. Avait-il oublié sa présence ? Allait-il l’abandonner ? Nettoyait-il ses armes simplement pour mieux les souiller à nouveau ? Dans cette position, il lui suffirait de tendre le bras pour couper court à toute fuite. Toute tentative serait vaine. Aelya fut presque tentée d’avancer la main vers la protection qu’elle sentait devant elle pour s’assurer, au-delà de l’intuition, de sa tangibilité. Elle se rabroua presque automatique. Un tel acte lui obtiendrait au pire une main en moins, au mieux arracherait le secret du mur imaginaire. Qui, pour ce qu’elle savait, pourrait aisément lui obtenir d’être brulée sur la place publique, en tant que protégée d’un démon. Démon qui devait probablement ressembler à l’individu qui, devant elle, avait achevé de débarrasser ses armes de leur couverture cramoisie. Il les rangea, toujours avec cette attention particulière qu’aucun homme ne devrait donner à un objet, encore moins à un instrument de la mort. A moins que ça ne soit l’exact raison de sa presque délicatesse.
Le cœur d’Aelya se mit à tambouriner dans sa poitrine, voulait quasiment en sortir. L’homme s’était approché, jusqu’à ce que la distance entre elle et le regard de glace soit équivalente à celle qui la séparait du mur. Il allait essayer de le traverser. Il allait se rendre compte de son existence, ameuter une foule et brûler la responsable. C’était presque aussi absurde que de se faire assassiner à l’ombre d’un arbre dans une forêt inconnu, et il ne manquait à ce scénario que quelques misérables centimètres. Pourtant non. Il s’arrêta, trop prêt pour qu’elle accuse une coïncidence. Si elle était magicienne, il connaissait tous les secrets dont elle usait. Et ce, bien mieux qu’elle, novice hasardeuse, servie par une chance inouïe. Comme pour répondre à ses questions silencieuses, il mut ses lèvres.

- Ce n’est pas de la magie, et ces gens sont arrivés à cheval, rien de vraiment étonnant… Mais si tu viens de Terre, il est peu étonnant que tout te semble si étrange, surtout le Dessin…

« Si tu viens de Terre ». Aelya  n’avait pas besoin de toutes ses capacités mentales pour comprendre ce que cela signifierait. Si elle venait de Terre, c’est qu’elle n’y était plus. Pourtant elle comprenait le langage de l’homme, sans la moindre difficulté. Cela dépassait l’entendement. De plus, « Dessin » ? Aelya pouvait sentir la majuscule, mais ne parvenait pas à y donner du sens. Etait-ce ainsi qu’ils nommaient leurs capacités à se déplacer sans user de moyens conventionnels ? Il y avait tant de terme qui convenait mieux que « Dessin ». Aelya n’aimait pas dessiner. C’était un des rares domaines où elle n’était jamais parvenue à exceller, était incapable de donner un semblant de vie à ses esquisses. « Dessin ». Hors de la Terre. C’était de la pure folie, du rêve éveillé.

- Cependant avant de poursuivre mes propos, j’aimerais savoir où sont ta cousine et le psychopathe qui essayait de vous tuer ?

S’il avait voulu lui briser le cœur, il n’aurait jamais pu mieux s’y prendre. Devant la nouveauté et la rencontre surréaliste, la mort de Nahi avait presque quitté son esprit. Mais s’il demandait, c’est peut-être qu’il pouvait aider. Restait à savoir si elle était capable de lui indiquer la tombe. Ou simplement de se lever et de rebrousser le chemin sans mourir de déshydratation en cours de route. Elle n’avait perdu de sa méfiance, mais n’avait pas d’autre choix. Il était sa seule piste, et sa voix dure d’habitué à l’obéissance lui garantissait qu’il n’était pas homme qui abandonne. L’idée de vengeance lui caressa l’esprit. Aussi douce qu’un coup de poignard, aussi prenante qu’un rêve. Qu’une ambition. Une de celle qu’elle réalisait sans se poser la moindre question.
Les paroles suivantes de l’homme ne s’adressaient pas à elle, mais à…plusieurs inconnus ? Autant Aelya avait repéré la fillette au regard doré, autant l’homme lui avait échappé. Les paroles du premier inconnu lui revinrent. C’était sûrement eux qui étaient arrivé par cheval et non pas par cet étrange « Dessin ». Ce n’était donc peut-être pas le moyen de locomotion le plus courant de cette…planète ? Univers parallèle ? Le meurtrier aux yeux d’aciers tentait de renvoyer les deux inconnus. Tentative de se débarrasser d’un quelconque témoin ?  Peut-être bien. Mais elle n’avait rien à perdre et beaucoup trop à comprendre. Si elle devait mourir, victime de l’incompréhensible plan d’un fol assassin, cela valait toujours mieux que de s’écrouler après avoir tenté d’y échapper. Il évoqua le nom d’Al-Vor. Une ville peut-être ? Celle-là même qu’elle essayait d’atteindre ?
Un nouvel homme s’avança, accompagné de la présence enfantine qu’Aelya connaissait déjà. Lui aussi respirait la menace et le sang. Ses yeux aussi transperçaient leur cible d’un bleu trop profond. Lui aussi semblait ne faire qu’effleurer le sol lorsqu’il s’avançait. S’ils semblaient ne pas se connaître, les deux hommes avaient sans l’ombre d’un doute une multitude trop importante de point commun. Un gang, peut-être ? S’était-elle retrouvée sur le lieu le rencontre d’un gang de meurtrier aux pieds de fée ?
A côté de lui pourtant, un poupon tout d’or et de diamant. Une enfant aux cheveux chocolat et aux yeux brillants. Une asiatique. Etait-elle aussi de la Terre ou avait-elle simplement autre chose que des caucasiens dans cet…hum…endroit. Elle ne quittait pas la bleuté des yeux, une tristesse adorable dans le regard. Aelya avait envie de la prendre dans ses bras et de la rassurer, de lui dire «  ne t’en fais pas, je vais bien ». Elle voulait lui conter son heure de gloire, lui montrer qu’elle était plus que la simple forme blessée qui lui apparaissait. Son orgueil la tuait, elle ne supportait pas d’être faible devant pareil ange. La jeune fille était tellement plus qu’un physique cassée, mais elle savait parfaitement que personne ici ne pouvait s’en douter. Elle n’était à leurs yeux que ce qu’ils voyaient, un oiseau à la patte cassée qui délirait, une robe du soir en lambeau alors qu’elle n’avait jamais été bien couvrante, un ensemble d’égratignure et de la terre. Des larmes séchées et un sourire inexistant. L’enfant lui souriait pourtant. Elle était la seule vraie magicienne de la scène, Aelya en aurait juré. Elle se rapprocha doucement d’elle, sur une approbation de son père. Aelya se souvint brutalement du mur, eut peur qu’il ne heurte l’enfant. Pria pour qu’il disparaisse. L’enfant traversa sans peine l’endroit où se tenait la forme magique une seconde auparavant et lui tendit une gourde d’eau. La jeune femme lui lança un regard plein de gratitude.  

- J’ai cru comprendre que la jeune fille ne venait pas d’ici. Et qu’un assassin était à ses trousses. Peut-être que vous préféreriez avoir une escorte plus imposante ? énonça l’homme avant qu’elle ne put caresser le flacon de jouvence.

L’attention la toucha. Malgré son aura inquiétante, le nouveau venu lui paraissait plus apaisant que l’autre. Surement à cause de la poupée de cire qui l’accompagnait. Aelya voulut répondre, mais le désert qui régnait dans sa gorge lui intima de désaltérer sa gorge avant de tenter toute conversation. Elle prit la gourde de la main de la petite fille, goûta la fraicheur de son contact. Elle n’avait jamais manqué de rien, avait toujours profité du rôle de privilégiée. A cet instant seulement elle prenait conscience qu’une simple gorgée d’eau pouvait être le cadeau le plus important qu’on puisse lui faire. Loin de la compagnie des deux hommes, loin des réponses à ses questions qui frôlaient l’existentiel. De l’eau. Simplement de l’eau. Le liquide tant attendu traversa finalement sa gorge, après s’être fait désiré si longtemps. Ce manque enfin assouvi, les grognements de son corps torturé calmés, Aelya reprit doucement ses esprits et la fluidité de ses cordes vocales. C’est d’une voix posée, calme, chantante mais faussement confiante qu’elle tenta de répondre.

- Je…Merci. Je suppose que je viens de loin, oui.

Elle marqua une pause, dont la fillette profiter pour attraper sa main. Aelya lui sourit. Elle ne savait pas d’où venait l’enfant, ni pourquoi elle se montrait d’une telle gentillesse à son égard, mais elle l’en remerciait. Aussi décalée dans le cadre que l’était la terrienne, sa singulière candeur résonnait droit dans l’inconfort de la bleuté. Sa main s’arrêta alors de trembler, traitresse jusque lors de la nervosité que la jeune fille tentait si mal de dissimuler.

- Je ne sais pas où est l’assassin. Je sais…je sais seulement qu’il a eu raison de ma cousine.

Tout espoir de paraître calme venait de se briser en un unique mot.

- Il nous a attaqués alors que nous étions encore dans mon monde. Apparu comme par magie, armé jusqu’aux dents.

Aelya tourna inconsciemment vers le premier inconnu, celui au regard d’acier. Elle venait involontairement de le décrire.

- Je me suis retrouvée ici alors que nous nous apprêtions à heurter un mur et à mourir écrasés.  

L’image de l’immeuble New-Yorkais se forma devant son regard, et sa main se remit à trembler. Elle ne voulait pas revivre cette scène. Elle aurait aimé que de tels évènements ne se gravent jamais dans sa mémoire. Et pourtant.

- C'est là que j'ai vu l'assassin en dernier. Je ne peux que supposer qu'il s'est évaporé pour se sauver. Je suppose que l’un des deux nous a ramené. Surement…surement ma cousine. L’assassin n’était pas présent. Il aurait essayé de me tuer. Et Nahi connaissait cet endroit. Peut-être même le meurtrier.

Elle voulait rentrer chez elle, se réveiller de cet affreux cauchemar. Sous ses accents doux et hésitants, l’histoire prenait petit à petit les couleurs du vrai. Les cris, les lames, le mur, l’arrivée en sursaut, le réveil dans la forêt, le sourire mourant de Nahi. Ses yeux fermés, sa peau glacée. Elle n’était plus déconcentré par des besoins physiologiques, et elle en souffrait presque plus. Seul la main de l’enfant lui tenait compagnie et l’empêchait de sombre à nouveau dans la douce folie qui s’acharnait à l’envahir. Un jour était loin d’être suffisant pour se remettre de pareils éléments. Mais quelque chose murmurait aux oreilles d’Aelya qu’une vie entière ne le serait pas non plus. La voix sourde et vicieuse de l’assassin résonnait encore dans ses oreilles. «  Bonsoir, ma chère Dil’Ryan ».
Le nom. Le nom la frappa avec une force qui rattrapait son retard par la violence. Il connaissait le nom de Nahi, celui de sa famille. Elle hésitait à l’évoquer. La dernière fois que le nom avait été prononcé, c’est la mort qui avait été invoqué. Et devant elle se tenaient assurément deux meurtriers. Mais pas seulement.

- Je m’appelle Aelya. Aelya Winster, murmura-t-elle à la petite fille.

Cette dernière lui répondit d’un sourire. Dil’Ryan resterait un secret. Du moins, jusqu’à ce qu’elle soit convaincu qu’il n’était pas la formule absolue d’un danger qu’elle était loin d’être prête à affronter.

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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Mer 22 Mar 2017 - 19:26


Un récit mortel
Le mercenaire du Chaos observa les intrus et resta impassible lorsque l’homme posa  pied-à-terre. Il serra les dents, faisant tressauter un muscle le long de sa mâchoire. Son souffle restait régulier bien que son corps tout entier soit tendu et qu’il ait l’envie de corriger ce type qui ne pouvait se mêler de ses affaires.
Le guerrier nota la démarche souple et assurée de l’inconnu. C’était un guerrier tout comme lui, il n’y avait pas l’ombre d’un doute. Ses mouvements mêlaient puissance et fluidité, un mélange épicé et généralement mortel. Une menace à ne vraiment pas sous-estimer.
Tandis que Cali observait ce prédateur s’approcher de lui, il nota que sa fille avait également quitté son destrier et s’était approchée de l’inconnue débraillée. Une gourde à la main, elle s’approcha du mur invisible et le mentaï hésita à la prévenir, préférant laisser faire en fin de compte. Il préférait s’occuper du gaillard à la mine peu avenante qui s’approchait de lui. Son visage était grignoté par ne barbe de quelques jours et ses mèches rebelles renforçaient l’impression de sauvagerie qu’il dégageait. Ses mains étaient calleuses et sa peau burinée par le soleil. Définitivement pas un homme à la vie paisible habitué à évoluer dans les hautes sphères.
Jambes légèrement arquées, le mentaï s’assurait de ses appuis, prêt à réagir en cas d’attaque. Il s’agissait d’un Dessinateur rompu aux arts du combat, un adversaire à sa hauteur, alors il devait rester sur ses gardes.
Toutefois, la caresse dans les spires survint brusquement et d’une manière tellement fine que le mentaï faillit ne pas la détecter. À cet instant l’homme à l’air patibulaire prit la parole, mais le Mercenaire du Chaos ne l’écoutait pas, ou à peine. Sa voix lui parvenait tandis qu’il glissait dans les spires pour…
C’était la gamine.
Dissimulant de son mieux sa surprise, le Mentaï conserva son regard posé sur l’homme à la haute stature qui lui affirmait rester afin de procurer une plus grande escorte à la demoiselle. Ces propos auraient rendu furieux le mercenaire du Chaos, qui n’avait pas envie de prendre des pincettes en cet instant, la tension qui habitait son corps le poussait à réagir, mais.. il était sous le choc. Comment une fille aussi jeune pouvait-elle dessiner ? L’homme l’avait sentie dans les spires. Une présence fraîche et particulièrement discrète. Contrairement à la terrienne, elle caressait les spires, comme si elle n’était qu’un songe. Son Dessin n’en était pas vraiment un, il s’agissait d’une caresse invisible, qui lui permit de franchir la barrière invisible. L’imagination semblait habitée d’un doux bruit de clochettes, d’un parfum sucré… Bien entendu, ce n'était qu’un lieu immatériel, et pourtant, il était habité par cette jeune fille, elle ne faisait pas que s’y glisser pour Dessiner…
Mais incapable de saisir plus longtemps la présence de l’enfant, Cali quitta à regret les Spires, reportant toute son attention sur l’homme qui le faisait face, ne désirant pas dévoiler qu'il venait de percer le secret de sa fille. Il estimait que son long silence avait parlé pour lui, en réaction aux propos de l'inconnu, tout comme son regard glacial.
La tentation de détourner le regard, brisant le duel de l’océan contre la roche, était forte, mais ce fut la voix hésitante de la terrienne qui les appela.

- Je…Merci. Je suppose que je viens de loin, oui.


Le mentaï remarqua qu’elle venait de boire dans la gourde de l’enfant. La petite fille n’était pas bien grande, elle devait avoir une dizaine d’années, guère plus. Elle possédait une longue chevelure brune et des traits fins et plein de douceur qui contrastait avec son père. Qui ne devait pas être son père après tout, car les yeux de l’enfant étaient en amande et sa peau particulièrement claire. Etait-elle même alavirienne ? Encore un mystère….

- Je ne sais pas où est l’assassin. Je sais…je sais seulement qu’il a eu raison de ma cousine. Il nous a attaqués alors que nous étions encore dans mon monde. Apparu comme par magie, armé jusqu’aux dents.

La terrienne détourna le regard en direction de Caym, qui haussa un sourcil amusé. Elle allait croire que c’était dans leur habitude d’apparaître armé par surprise, ce qui, dans le fond, n’était pas totalement faux. Même le barbu était armé. Hum, ils étaient tous deux barbus… Un coup d’œil en direction de l’autre guerrier intrigua Caym, se demandant s’il était un Dessinateur en fin de compte. Peut-être n’était-ce que l’enfant, et que lui était un simple homme de main, un protecteur…
Reportant son attention sur le récit de l’inconnue, Caym se demanda s’il s’agissait d’un mercenaire du Chaos. Probablement, rares étaient les Dessinateurs à savoir faire le Grand Pas, et plus encore ceux qui le faisaient pour aller tuer une inconnue. Probablement pas si inconnue, mais Caym nota l’information dans un coin de son esprit, ne souhaitant pas interrompre la Terrienne. Surtout que d’évoquer la mort de sa cousine semblait raviver sa douleur.

- Je me suis retrouvée ici alors que nous nous apprêtions à heurter un mur et à mourir écrasés.


Une brève pause dans le récit informa Cali que la demoiselle le revivait. Elle se souvenait de chaque instant, ses muscles étaient tendus et son regard perdu dans le lointain.

- C'est là que j'ai vu l'assassin en dernier. Je ne peux que supposer qu'il s'est évaporé pour se sauver. Je suppose que l’un des deux nous a ramené. Surement…surement ma cousine. L’assassin n’était pas présent. Il aurait essayé de me tuer. Et Nahi connaissait cet endroit. Peut-être même le meurtrier.


Nahi. C’était le prénom de la fameuse cousine… Ca sonnait quelque peu alavirien, en effet, mais de là à dire qu’elle était une Dessinatrice en exil sur terre… Mais les faits sont là. La cousine avait dû effectuer un pas sur le côté, les transportant toutes deux ici, dans cette forêt silencieuse. En effet, si le tueur avait su qu’un témoin de son exécution était en vie, il aurait fait en sorte qu’elle rejoigne sa cousine.
La terrienne avait donc aperçu le tueur, ça pourrait probablement les aider à savoir qui était derrière tout ça… Le mentaï se demanda un instant pour il aiderait cette pauvre fille, ce n’était pas un bon samaritain. Et il avait déjà joué le rôle de l’épaule sur laquelle on peut pleurer et faire le deuil de ses proches, il ne tenait pas à revivre l’expérience. Même si… c’était une occasion pour semer un peu de noirceur dans le cœur de cette demoiselle et d’éventuellement la faire rejoindre le camp des enfants du Chaos. Surtout si elle possédait un Don.

Et s’il restait en compagnie de l’étonnant tandem qui les avait rejoints, peut-être en apprendrait-il plus sur cette gamine et peut-être même qu’elle pourrait servir le Chaos. Elle était jeune. Mais quelque chose dans son expression prévenait Caym qu’elle ne semblait pas facile à manipuler, comme si une force surprenante guidait ses pas. Mais elle restait jeune, et avec un encadrement adapté elle pourrait devenir une alliée de taille, surtout si elle possédait un Don malgré son jeune âge. Une arme surprenante et particulièrement efficace… Restait son garde du corps. Un coup d’œil en sa direction permit à Caym de l’imaginer dans les gros bras des mercenaires… Finalement,il s’agissait peut-être de trois recrues, mais une chose était sûre, pour faire basculer dans le chaos de nouveaux venus, il ne faut surtout pas les laisser ensemble, autrement dit, ces trois individus, ensemble risquaient de se soutenir et de ne jamais sombrer dans la noirceur qui habitait Cali. Il allait devoir jouer finement.

- Je m’appelle Aelya. Aelya Winster.


Ce prénom n’était pas destiné à Caym, mais il l’entendit. Il observa la terrienne, qui s’accrochait à l’enfant, comme si un lien était en train de se forger entre eux, et qu’il allait perdre d’ici peu le moindre pouvoir sur cette fille.
Soupirant brièvement, le mentaï réfléchit à la suite des évènements.

-Merci pour ton récit, Aelya, et si tu as envie de trouver des réponses à… ce meurtre, je pourrais t’accompagner dans tes recherches, j’ai quelques contacts douteux qui devraient pouvoir te renseigner. En attendant, tu sembles sur le point de rendre l’âme, as-tu été blessée ? Je suis un piètre médecin, mais je pense avoir de quoi limiter les dégâts.
Désignant d’un signe de la tête le sac sr son épaule, le mentaï continua. Ensuite, je pense que nous pourrons établir un campement de fortune, près d’une rivière, non loin. Je doute qu’on réussisse à passer les portes de la ville sans attirer de trop l’attention des gardes, donc du repos et des vêtements propres seront nécessaires en premier lieu, nous verrons à ce moment-là pour la suite des évènements.

Se tournant vers l’inconnu, un sourire moqueur sur les lèvres, Cali continua.

-Je pense que votre monture pourrait permettre à la demoiselle que vous escortez de voyager sans plus se fatiguer.

Un faible rire franchit ses lèvres abîmées par le froid.

-Et mon nom est Cali.


Voilà, il s’était présenté et une fois de plus il avait donné son véritable nom… restait à espérer qu’il ne faisait pas une énorme erreur. Dans un coin de son esprit, il nota qu’il était temps qu’il se trouve un nom et un costume, pour un plus être Caym Cali dès qu’il quittait la capitale. Il était temps de dissimuler son identité et de devenir une légende de terreur sans craindre de mettre en péril son travail à Al-Jeit et ses hommes.


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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Jeu 23 Mar 2017 - 1:38

Un peu perdu dans ses pensées

Les réactions de Caym n'avaient pas échappé à Alex. Lorsqu'il était descendu, lorsqu'il lui avait fait face, lorsqu'il avait parlé. Le mercenaire n'avait pas apprécié qu'ils restent. Qu'il le défie. Et si son visage était resté impassible, son corps ne pouvait mentir aussi bien que ses traits. Chaque chose avait un chant qu'il était difficile de décrire avec des mots ou même des pensées. Chaque être vibrait dans une onde particulière. Mais celle de Caym était si forte qu'elle était cri. Cri a ses oreilles, à ses yeux, à ses sens, qui lui vrillait le cerveau avec si peu de retenu qu'il en venait à se demander si ce n'était pas fait exprès. Pourquoi hurlait en face de ceux qui vous écoutent. Si ce n'était pour détourner l'attention d'autre chose. Pourquoi se donner en spectacle de cette manière ? Que cachait-il ?

Caym n'était pas stupide. Il en avait la certitude. Il agissait comme il le faisait pour une raison bien précise. Le guerrier dégageait un sentiment de danger, certes, mais plus que ça. Beaucoup plus. Alex et lui ne jouaient pas dans la même cours. Et la question de la survit se joua en face de lui. Lui proposant deux ouvertures distinctes, l'amenant à deux endroits différents. Jouerait-il son jeu ? Fuirait-il finalement ou se soumettrait-il à ce qu'il lui imposait par sa seule volonté. Du loup au chiot, pour sa préservation, qu'était-il prêt à perdre ? Et Ambre, le suivrait-il ? Malgré lui, il ne voyait qu'une voie raisonnable, logique, rangée. Une impasse de vie dont il chercherait tôt ou tard à s'échapper. Risquant plus qu'il n'aurait engagé.
De l'autre côté, la curiosité, toujours. Jouerait-il son jeu ? Son autre jeu. Danserait-il avec la mort et la perte. Pour prouver qu'il en était capable. Pour repousser les limites de sa chance. De son quota de miracle.
Mais n'était-ce pas ce qui était émoustillant ? Qui avait-il en face de lui, réellement ? Peut être pourrait-il le mettre sur la voie du but qu'il s'était désormais fixé. S'il pouvait l'utiliser pour arriver à ses fins. Se jouer de lui, peut être.
Une idée lui vint en tête et il détailla l'homme en face de lui, des pieds à la tête. Peut être… Peut être qu'il en avait un. Qui sait ?

Il reporta son attention sur Aelya dont il attendait toujours la réponse. Mais la pauvre hère en face de lui ne semblait plus apte à répondre. A ordonner ses pensées. De plus près, elle était encore plus misérable. Depuis combien de jour vivait-elle livrée à elle-même. Poisseuse, déchirée, sale. Surement affamée, assoiffée, désespérée de réconfort. Que pouvait-on ressentir, arrachée à son monde d'origine, voir ses proches mourir, ne rien comprendre, ne rien ressentir. Ou trop ressentir. Se faire écraser par un univers aux forces beaucoup trop vaste pour soi… N'était-ce pas ce qu'il avait un peu vécu ? Un peu. S'il avait une quelconque ressemblance avec cette gamine bleu, il ne lui devait rien. Et pourtant, il était déjà enchainé à ces inconnus par trop de liens intangibles. Ambre. L'homme. L'autre monde. Ce n'était plus son cœur de bon samaritain qui le poussait de l'avant désormais. Le loup grognait. Qu’il s’adoucisse ou non à leur égard, il serait prêt à frapper si tout venait à basculer.  

Elle s'avançait vers Ambre et Alex ne la quittait pas des yeux. Aelya semblait attendre quelque chose de lui. Un assentiment ? Une confirmation ? Il ne lui offrit rien. Elle n'était d'aucune menace pour Ambre, le choix ne lui revenait pas. Il savait la gamine libre et largement capable de se défendre si quelque chose se produisait. En outre… Aelya semblait totalement subjuguée par l'enfant. Aucune pensée belliqueuse ne lui faisait écho. Plutôt une lumière dans la nuit. Ambre était devenue son phare, son attache au présent, au monde. Il avait du mal à comprendre la totale… Ferveur ? Qui faisait briller ses yeux. L'innocence avait-il ce pouvoir ? Ou l'enfant faisait-il écho à plus de souvenir en elle. La bonté. Sans retour, sans attente. Un don total. Que voyait-elle en Ambre… ?

L'enfant s'avança à la rencontre d'Aelya, calmement. Silencieusement. Elle n'ouvrait pas la bouche mais semblait pourtant alerte et à la fois détendue. Elle traversa le bouclier en levant les yeux subtilement, dévoilant sans le vouloir qu'elle savait pour le dôme invisible. Mais elle n'avait pas peur. Plutôt curieuse et un brin évaluatrice. Puis avec une moue complaisante elle offrit sa gourde à Aelya. La compassion prit le pas sur ses traits. Ambre semblait savoir ce qu'elle avait vécu. Elle resta là, à ses côtés, pour lui montrer qu'elle n'était pas seule.
- Je…Merci. Je suppose que je viens de loin, oui.

Attrapant sa main elle lui porta un autre regard. A demi amusé. Mais avec plus de sagesse qu'elle n'aurait du avoir pour son âge. Ambre semblait avoir envie de communiquer, mais elle se retint, sentant que la dévastée n'avait fini de parler. « Elle vient donc bien de la Terre » songea Alex.

Alex avait perçu le regard de Caym sur la gamine. Il l’observa à son tour, en gardien qu'il était. Le contraste entre les deux  regards était plutôt frappant. L’un gorgé d’égards et de sensibilité, l’autre d’indifférence et de machinations. Alex retint sa main de toucher le manche de son sabre. Si Ambre n’était rien pour lui, il faudrait faire très attention à ce qu’il ne décide pas de s’en débarrasser d’un moment à l’autre.
- Je ne sais pas où est l’assassin. Je sais…je sais seulement qu’il a eu raison de ma cousine. Il nous a attaqués alors que nous étions encore dans mon monde. Apparu comme par magie, armé jusqu’aux dents.

Son regard croisa celui de Cali. Il était amusé. Amusé ? La jeune fille venait de leur décrire un dessinateur assez puissant pour faire un grand pas doublé d’un assassin. Vraisemblablement un mentai… Cette engeance existait-elle encore ? Et il ne s’étonnait même pas un peu. La réaction le laissa perplexe alors que Cali se détournait déjà de lui pour repartir dans ses pensées mystérieuses. S’il pouvait se hasarder à une supposition, pourrait-il le considérer comme un mercenaire du chaos… ? Les pirates Alines avaient pu s’associer à toutes sortes d’ennemis de l’empire par le passé. Mais pouvait-ils se considérer vraiment alliés ? Il en doutait. Les mercenaires avaient toujours été un peu trop fêlé du canon, pour lui.
Peut être allait-il trop vite en besogne. Le considérer comme un mercenaire du chaos parce qu’il ne s’étonnait pas qu’un mentaï la pourchasse était peut être un peu… Non. Cet homme était trop mauvais pour écarter une telle piste.

Quant à la jeune femme… Elle devait être importante pour qu’un de ces hommes décident de traverser les mondes pour la tuer. Aurait-elle un lien avec Ambre et son don ? Elle continua son récit sans que personne ne l’interrompe. Ambre concentrée sur ses paroles, sur ses lèvres qui se mouvaient. Alex n’ayant pas bougé de son emplacement. Gardant toujours Cali dans son champs de vision.

Enfin, un murmure. Aelya était donc son prénom. Plutôt alavirien. Winster en revanche faisait plus étrange. La sonorité fit par contre écho chez la gamine, il la vit réagir subtilement. S’il résumait, cela donnait deux cousines exilées en Gwendalavir après une tentative de meurtre. Non, pas une tentative. Pourchassée par un dessinateur incroyablement doué. Sans raison. Sans passé. Ambre hocha la tête, mais Cali la pris de court avant d’avoir pu répondre, elle se tendit.

-Merci pour ton récit, Aelya, et si tu as envie de trouver des réponses à… ce meurtre, je pourrais t’accompagner dans tes recherches, j’ai quelques contacts douteux qui devraient pouvoir te renseigner. En attendant, tu sembles sur le point de rendre l’âme, as-tu été blessée ? Je suis un piètre médecin, mais je pense avoir de quoi limiter les dégâts.
Ensuite, je pense que nous pourrons établir un campement de fortune, près d’une rivière, non loin. Je doute qu’on réussisse à passer les portes de la ville sans attirer de trop l’attention des gardes, donc du repos et des vêtements propres seront nécessaires en premier lieu, nous verrons à ce moment-là pour la suite des évènements.

Alex fut presque surpris. Il ne s’attendait pas à un style aussi mielleux venant d’une figure pareille. Il ne savait pas s’il était le seul à l’avoir remarqué, mais son discours paraissait tellement faux qu’il du réprimer un éclat de rire. Cette homme avait décidément un plan qui les concernait tous les trois. Les égorger pour repartir avec sa prise ou quelque chose dans le genre. Cette remarque finit de le convaincre de rester le plus longtemps possible auprès de cette Aelya. Ou du moins jusqu’à ce que le présumé mercenaire parte. Présumé. « Si tu as envie de trouver des réponses à ce meurtre… Je pourrais t’accompagner dans tes recherches ». Bien sûr qu’il pouvait ! Il ne devait surement pas être ignorant de cette action s’il était lui-même un mercenaire. Les pièces du puzzle se recoupaient dans son esprit. Les haches, le sang, son pas sur le côté qui l’avait mené ici puisqu'il était apparemment apparu par magie ! Il en avait parlé tout au début. Mais comment pouvait-il être aussi stupide. Il n'avait clairement pas le matériel pour voyager en plein milieu des plaines, seul, à cette distance de la ville et avait trouvé par hasard une fille venu tout droit de Terre. C'était forcément un dessinateur.

Leur venue avait-elle donc réellement stoppé son meurtre à venir ? Etait-il là pour finir le boulot ? Si ce n’était pas le cas, qu’est-ce qu’un mercenaire viendrait à s’encombrer d’un tel poids mort. Quoi que… Si la femme était poursuivi par un mentaï, c’est qu’elle avait quelque chose de spécial… Donc sa présence pouvait être justifiée.

Il secoua la tête de lassitude, beaucoup trop de questions, trop peu de temps et de confiance.
- Je pense que votre monture pourrait permettre à la demoiselle que vous escortez de voyager sans plus se fatiguer.

Ah oui, il pensait ? Quel homme prévenant. Il ignora son petit sourire supérieur, si ça lui faisait plaisir, qu’il continue à se trahir aussi grossièrement. Puis un rire.

-Et mon nom est Cali.


La situation devenait surréaliste, mais il avait du mal à savoir dans quel sens. Si tenté qu’il pouvait y avoir un « bon » sens. Alex se reprit tout de même.
- Effectivement. Aelya, on va t’installer sur ma monture, tu n’es pas en état de marcher. Nous te suivrons jusqu’où tu voudras. Pour faire un campement ou aller vers la ville. Sache que les plaines peuvent être dangereuse. Nous avons failli rencontrer un tigre des plaines cette nuit.

Pour approuver les dires, Ambre acquiesça. Elle semblait légèrement moins enjouée mais elle l’encouragea d’un regard. Peut être agissait-elle ainsi parce qu’elle ne dessinait pas ? Si par miracle elle avait compris que c’était le pire moment pour s’adonner à ça, Alex n’en reviendrait pas. Mais la méfiance dont il faisait preuve à l’égard de Cali n’avait pas du lui échapper. Il espérait que ce soit ça et qu’elle ne se mette pas à dessiner au milieu de la route. Plus question qu’elle utilise son don tant qu’il n’en saurait pas un peu plus sur lui. Il se détourna et prit les rennes du cheval pour l’amener vers Aelya.

Il se planta devant elle et lui offrit sa main alors qu’Ambre s’écartait, rompant le contact. Elle était redevenu une petite fille, la tristesse parant légèrement ses traits, elle observait la scène qui se déroulait avec des yeux d’enfant peu confiant.
- Je te monte.
Ce n’était pas une question, ni une affirmation. C’était un état de fait. Il ne savait pas quel genre de femme était Aelya, mais il n’allait clairement pas s’encombrer maintenant de décence, ou d’orgueil juste pour voir une fille à moitié morte, essayait de monter comme elle pouvait. Si elle voulait une monture, c’était maintenant et sans chichi. Il planta son regard dans le sien. Ni doux, ni sévère.
- Je suis Alex Clorem. La gamine, c’est Ambre… il marqua une pause. Clorem. Elle ne peut pas parler. Donc ne vous étonnez pas.

Avait-il le droit de s’approprier l’enfant de la sorte ? Est-ce qu’elle lui appartenait ? Est-ce qu’il lui appartenait ? Il l’avait clairement désignée comme de sa famille et implicitement comme sa fille. Cette pensée le laissa perplexe, mais il valait mieux assurer leur lien maintenant, au cas où. Son regard croisa celui de la petite poupée redevenu humaine.

???
???
???

Indéchiffrable.
Qu’il ait fait une erreur ou non, c’était fait. Et il avait infiniment plus important à s'occuper pour le moment.
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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Lun 27 Mar 2017 - 0:37



Lorsque rien ne reste
"-Don't you dare tell me what to do
-Well, first try not to die, then we'll discuss this part.  "

Music




Chaque mot l’avait épuisé. Ils s’étaient gravés en elle au fer rouge, avaient traversé sa bouche en y laissant une brûlure aussi délicate qu’insupportable. Pourtant, avec douceur mais certitude, la douleur et le désespoir avaient quitté son esprit, replacée par une l’éclaircie tant attendue. Elle était Aelya Winster. Elle avait 19 ans. Elle venait de la Terre. Aucune téléportation ne saurait lui arracher son indentité. Tout comme aucun voyage n’avait jamais su l’arracher à son sang. Elle se doutait que ce même sang, qui avait trop été versé, était responsable de son arrivé, de ses larmes, de son désarroi. « Jamais une Dil’Ryan ne saurait se montrer assez noble ! » lui assenait souvent sa mère. Aelya devinait aujourd’hui la véritable étendue de la maxime. Elle avait toujours cru qu’il s’agissait d’un simple rappel d’un temps moyenâgeux où leur nom ne faisait se lever aucun sourcil. Car dieu savait que Dil’Ryan était souvent suivit d’un « comment ? ». Où qu’elle aille, elle était heureuse de se présenter avec un patronyme tout ce qu’il y avait de plus compréhensible. Aucune étrange apostrophe et rien dont elle ignorait l’origine. « De loin. » lui répondait-on lorsqu’elle posait la question, avec ce fameux sourire énigmatique qu’on lui servait à toutes les sauces. Loin signifiait Australie. Chine. Iles inconnues du Pacifique. Pas un autre monde. Pas Gwen-quelque chose. Loin signifiait que ses ancêtres avaient bravés tempêtes et océans pour atteindre une terre plus sûr, pas qu’ils étaient apparu par magie dans une rue de Londres avant de décider d’y fonder une famille. Aelya s’était toujours présenté en tant que Winster, tout en sachant que Dil’Ryan la décrivait mieux et lui promettait bien plus de surprises. Elle le regrettait presque.

« Bonsoir, ma chère Dil’Ryan ».

Elle n’avait d’autre choix que de l’assumer. Elle ne savait pas encore ce qu’il adviendrait d’elle. Loin d’être une quelconque garantie, elle savait que les deux hommes pourraient aussi bien causer sa perte. Seul l’enfant la rassurait. Quelque chose émanait  d’elle, quelque chose que la jeune femme reconnaissait et était déterminée à comprendre. L’enfant avait réagi à son nom, comme si elle le reconnaissait. Elle n’était pas d’ici, Aelya l’aurait parié. Une asiatique, qui s’était aussi retrouvée prise dans les méandres des univers emmêlés, voilà ce qu’était l’enfant.

-Merci pour ton récit, Aelya.

Son prénom sonnait faux dans cette bouche et Aelya eut presque envie de se fâcher. L’homme avait entendu la presque confidence qu’elle avait fait à la petite fille. Son prénom était l’une des rares choses auxquelles elle pouvait encore se raccrocher, elle ne voulait pas  qu’il puisse le lâcher de la sorte. Mais la raison, qu’elle recouvrait à pas de bambin, l’empêcha de réagir. Il était à deux mètres. Bien entendu qu’il l’avait entendu. C’était absurde de penser le contraire. Et Aelya Winster était loin d’être absurde.
-Si tu as envie de trouver des réponses à… ce meurtre, je pourrais t’accompagner dans tes recherches, j’ai quelques contacts douteux qui devraient pouvoir te renseigner.

Un « Oui » s’imposa dans son esprit, majestueux et absolu. Elle voulait des réponses. Elle voulait sa douce et belle vengeance. Elle voulait ficher son regard dans celui du meurtrier, lui cracher son « Bonsoir » à la figure. Sa main se remit à trembler. Seulement, c’était de haine et de colère. Elle serra le poing pour arrêter son mouvement, laissa ses ongles s’enfoncer dans sa peau pour se calmer. Soit, l’homme venait d’admettre avoir des fréquentations peu recommandable, mais cela importait peu. S’il fallait qu’elle serve dans une mafia le temps de voir l’assassin payer, elle le ferait sans hésiter. C’était un salaire qui méritait n’importe quel travail, même le plus immoral.
La colère n’était pas un bon remède à la peine, elle s’en doutait. Mais elle était incapable de trouver mieux. L’homme proposa ensuite de lui prodiguer les soins dont elle avait probablement besoin. Pour ainsi dire, elle n’en savait rien. Le cocktail d’adrénaline et de peur qui coulait encore dans ses veines l’empêchait de ressentir une quelconque zone de douleur, et ses vêtements sombres pouvaient aisément dissimuler toute blessure, même sanglante. Elle verrait plus tard. De toute façon, elle déduit que si elle était encore en vie, elle ne devait rien avoir de bien grave.

-Ensuite, je pense que nous pourrons établir un campement de fortune, près d’une rivière, non loin. Je doute qu’on réussisse à passer les portes de la ville sans attirer de trop l’attention des gardes, donc du repos et des vêtements propres seront nécessaires en premier lieu, nous verrons à ce moment-là pour la suite des événements.

L’idée de la douceur de l’eau sur son corps et du tissu frais la séduit immédiatement. La propreté lui manquait. Le plus tôt elle quitterait son misérable état, le mieux était. L’impeccable danseuse qu’elle avait toujours était se serait indignée depuis longtemps et Aelya était ravie de pouvoir la contenter. Du moins, autant qu’elle le pouvait. Elle ignora volontairement le terme « suite ». Elle ne voulait pas entrer dans les détails de cette suite-là. L’instant était déjà un cadeau trop généreux. La prévoyance n’avait pas sa place quand on était aussi perdue qu’elle l’était. C’est ensuite au nouvel arrivant qu’il s’adressa, l’invitant à prêter son cheval à la jeune bleuté. Aelya faillit protester, par pur principe. Elle n’était pas handicapée, et n’aimait pas qu’on choisisse pour elle. Une nouvelle fois, elle se retint. Ses jambes la faisait souffrir et, aussi couteux qu’il soit de l’admettre, elle était en effet dépendante des deux hommes. Marcher était un pari trop risqué, et un refus de l’aide pourrait lui coûter sa compagnie. Dès qu’elle serait remise sur pieds, elle reprendrait contrôle de sa propre existence. Au-delà d’une promesse qu’elle se faisait, c’était une nécessité. Aelya Winster n’était pas une assistée.
L’homme rit doucement. La bleuté devina alors que l’entente serait difficile. Il appréciait le pouvoir qu’il avait sur l’autre. Un habitué de l’autorité contre une rebelle endurcie. Aelya avait hâte d’être de nouveau intact. Mais elle n’avait pour l’instant aucun choix. Elle devait se soumettre à…

-Et mon nom est Cali.

Cali. Deux syllabes, finissant en i. Nahi. Cali. Etait-ce une manie de ce pays ? Cali acheva ainsi son discours, aux termes enjôleurs et que la jeune fille était trop épuisée pour envisager de refuser. Elle préférait se battre contre lui après une nuit de sommeil que d’affronter de nouveau la nuit dans la solitude qui lui couterait tôt ou tard la vie. Et si elle devait mourir d’une dague dans le dos, peu lui importait. Elle n’avait plus rien à perdre.

-Effectivement. Aelya, on va t’installer sur ma monture, tu n’es pas en état de marcher. Nous te suivrons jusqu’où tu voudras. Pour faire un campement ou aller vers la ville. Sache que les plaines peuvent être dangereuses. Nous avons failli rencontrer un tigre des plaines cette nuit, approuva tout de même l’autre homme.

Un tigre ?! Voilà qui la rassurait. Décidément, sa survie dépendait de deux inconnus qui la pensaient incapable de se déplacer. Et celui-ci cherchait à lui donner un choix. Quand bien même elle appréciait –de nouveau- l’attention, il lui était impossible de prendre la moindre décision. Elle savait à présent qu’il y avait des tigres et des magiciens dans les plaines. Mais la ville demeurait une inconnue cachée à ses yeux par une gigantesque et effrayante muraille qu’elle n’était plus sûre de vouloir franchir. A côté d’elle, l’enfant hocha la tête en direction de…cela ne pouvait pas être son père. Il n’y avait pas la moindre ressemblance, malgré l’évidence de leur lien. Un père adoptif au mieux. Ce dernier prit son cheval par la bride et l’amena en sa direction. Aelya dut se faire violence pour ne montrer aucun signe de refus. C’était une pure plaisanterie. Elle acceptait de monter mais elle pouvait faire les trois mètres qui la séparaient de l’animal, merci bien !
Pourtant elle sourit, tâchant de dissimuler au mieux son hypocrisie. Une athlète à laquelle on donnait la main pour qu’elle monte sur un cheval. Elle aurait tout vu. Aelya rit intérieurement devant sa prosaïque plainte. Elle avait vécu l’enfer mais s’indignait tout de même qu’on touche à son indépendance. Ce constat la réchauffa. Elle était toujours elle-même, avec ses défauts incompréhensibles et son intolérable obstination. Alors, lorsque l’homme planta son regard dans le sien et confirma son intention, elle lui donna sa main et monta avec légèreté sur le cheval. Puis elle s’y tint droite. Parce qu’une Dil’Ryan ne saurait se montrer assez noble.

-Je suis Alex Clorem. La gamine, c’est Ambre… Clorem. Elle ne peut pas parler. Donc ne vous étonnez pas.

Jamais mensonge ne fut plus simple à déceler. Il avait hésité avant de donner le nom de famille de l’enfant, et cette dernière lui avait jeté un léger regard de surprise. Ils n’avaient aucun lien de parenté, Aelya était prête à en jurer. Que faisait Ambre en sa compagnie était donc un nouveau mystère qu’elle se devait de comprendre. Elle n’aurait définitivement pas le temps de s’ennuyer, ici. Le mutisme d’Ambre lui serra le cœur. Toute tentative de communication serait donc vaine, même en langue de la Terre. A moins que…
Si Ambre venait de la Terre et que son mutisme était de naissance, elle connaîtrait le langage des signes. Du moins ses rudiments. La bleuté se promit d’essayer dès qu’ils seraient plus à l’abri. Pour l’instant, elle se contenta d’inviter la jeune enfant à monter avec elle. Sa présence la rassurait et Aelya ne savait pas combien de temps leur escapade durerait.

-Je vous remercie sincèrement de votre aide, et quant à la destination, commença-t-elle avec un sourire qu’elle voulait rassurant, je pense que suis la moins adapté pour…

Le mot se perdit dans le brouillard.

-Pour, se reprit-elle plus doucement, pour jouer les guides. Mais le plan de Cali, si je peux me permettre, me semble très prometteur.

Parler lui avait demandé trop d’effort. Aelya mit la difficulté sur le compte de la fatigue, qu’elle accusa de nouveau de son flottement alors qu’ils se mettaient enfin en mouvement. L’adrénaline avait été évacuée de son système, et une douleur sourde put enfin se manifester. Elle était donc bien blessée Elle provenait de son torse, à l’endroit que son bras frottait sans arrêt. Elle y porta une main, caressa le sombre tissu. Il était poisseux. Elle saignait. Depuis combien de temps ? Elle prit une profonde respiration, se força à ne pas faire remarquer sa découverte. Hors de question qu'elle prouve de nouveau sa faiblesse. Cali avait proposé de la soigner, elle pouvait bien tenir jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent. Ça ne pouvait rien être de grave. C’était une blessure légère, sinon elle l’aurait remarqué plus tôt. Elle s’était surement blessée en grimpant l’arbre. Ou en tombant.
La seule autre option, l’arme empoisonnée, l’aurait déjà tué. Elle resserra la bride du cheval, tâcha de se ressaisir. Devant elle, le chemin tanguait.


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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Jeu 30 Mar 2017 - 22:26

Alex offrit sa main à Ambre qui la prit sans hésiter. Il y'avait entre eux une espèce de rapport de force complice, mais également d'assurance et de confiance. Étrangers et proches à la fois. Ils se regardaient comme indiciblement liés par quelque chose d'inconnue. Si Alex semblait usé par la vie et que ce lien n'était que l'unique chose qui l'y raccrochait, pour Ambre, c'était tout l'inverse. Comme une force de vie qui la poussait en avant. Qui l'attirait à découvrir et explorer le monde avec une joie qui n'aurait peut être pas été la même sans l'homme.

A l'instant même, pourtant, sa joie était toujours dissimulée. Alex la hissa enfin sur le cheval et la frêle esquif qui servait de corps à Ambre se cala contre Aelya. La peau blanche de ses bras était visible au-delà d'une tunique aux tissus qui ne venaient pas d'ici. Elle était vêtue d'un pantalon pratique pour le voyage alors que le haut se parait d'une étoffe plus jolie qu'utile. Moitié aventurière, moitié poupée. Sa tenue trahirait-elle ses aspirations de petites filles normale ou au contraire, appartenait-elle à l'autre moitié ?
Ambre observa un instant le visage d'Aelya puis lui reprit les rennes avec un regard.

Compassion.
Légère condescendance.
Confiance.

Semblant effectivement confiante en ce qu'elle faisait, elle claqua sa langue pour interpeller la monture. Son corps se mouvait d'une façon à compenser sa voix mais l'animal mit un certain temps à comprendre ce qu'on attendait lui. Pourtant, l'absence de parole semblait faire passer la communication par d'autres canaux invisibles aux trois adultes. Un souffle, un bruit, une position, une réponse instinctive aux réactions de l'autre et un langage se déroulait sans qu'Ambre elle-même ne puisse en avoir conscience.

Alex hésita un instant puis la laissa faire. Il faudrait bien qu'elle apprenne un jour, ils n'allaient pas voyager sur une seule monture pendant des mois. Il s'attarda un instant pour lui donner quelques conseils. La manière de tenir les rennes, d'appréhender les mouvements du cheval et de bien le garder droit sur la route. Après ça, il rangea quelques affaires dans les sacs pendant sur les flancs de la monture. Il se désaltéra et en profita pour se passer un coup d'eau sur le visage.
Il ne savait vraiment pas comment allait finir cette rencontre particulière, mais il doutait qu'ils quitteraient le mercenaire avec de grands sourires et le soleil dans le dos. Une femme à moitié morte et son tueur embusqué. Il faudrait qu'il parle à Ambre quand il le pourrait et Aelya un peu plus tard. A ce stade là, il n'avait pas vraiment peur d'éveiller les soupçons s'il la prenait à part. En outre si un combat s'engageait, Ambre lui serait un avantage de poids si les choses tournaient mal. Beaucoup de si.

Il secoua la tête, comme s'il s'ébrouait pour se sécher de l'eau versé. Trop réfléchir le desservirait tôt ou tard. Concentration. Un ennemi mortel se trouvait à côté. Il recroisa le regard de Cali et l'invita à avancer avec eux. D'un geste, il tapa la croupe de l'animal pour l'enjoindre à commencer sa marche. Maintenant, il faudrait trouver un point d'eau ou un endroit assez sécurisé pour monter un campement.

Ambre se tordit la nuque pour regarder Aelya, de la même façon qu'elle l'avait fait avec Alex, sa tête arrivant dans la poitrine de la jeune femme. Ses grands yeux sombre dardaient leur insistance à travers son âme. Son visage de poupée fragile était comme un appel à la tendresse et à l'innocence. Pourtant dans ses petits yeux noirs bridés dansait une flamme sauvage. De plus près, Ambre ne semblait pas manquer de nourriture. Sa peau était parfaitement lisse, à l'image des enfants du même âge et même si elle était mince, ce n'était dû qu'à sa constitution propre.

Réconfort.
Curiosité.
Impatience.


Les billes noires de l'asiatique pétillaient d'envie. Mais la monture commençant à dériver, Alex rappela la gamine à l'ordre. L'écart fut de courte de durée et Ambre reprit sa tâche avec sérieux. D'une main, elle tint les rennes quand à l'autre, elle invita Aelya à se reposer sur elle. Ses petits doigts vinrent chercher un à un ceux d'Aelya pour les poser sur ses petites hanches.

______________________________________


Ils retrouvèrent la route rapidement et Alex les fit suivre la piste pendant quelques minutes, tout en s'approchant des murailles. L'idée était évidement tentante de se diriger vers la ville malgré tout. Cependant, vu l'état d'Aelya, il était fort possible que la garde se mêle de ce qui ne la regardait pas et décide de la prendre en charge. Il n'avait aucune confiance dans les autorités. Et s'il la quittait des yeux, il imaginait sans mal Cali la retrouver pour finir le travail. A ce moment là, il ne pourrait rien faire. Alors malgré lui, il bifurqua pour continuer son chemin dans les herbes hautes afin d'atteindre un bosquet. Plus ils s'éloignaient de la route, moins ils auraient de chances que d'autres personnes les repèrent et se joignent à eux.

Le court voyage avait été silencieux. Aelya semblait trop exténuée pour parler ou offrir la moindre envie de communiquer. Ambre était de toute façon… Concentrée sur sa tâche malgré la légère difficulté qu'elle éprouvait encore à faire réagir et à réagir sa monture. Alex n'était pas d'humeur à parler… Quant à Cali, il devait finir d'ourdir ses sombres plans.

Ils finirent par trouver un ruisseau courant parmi les arbres et les buissons. Les oiseaux chantaient faiblement et les frondaisons naissantes laissaient apercevoir le soleil dans une douce clarté. Alex arrêta la monture et décida de monter le camp à cet endroit. Assez loin de la route, proche d'une source d'eau et assez caché pour obtenir une certaine tranquillité. Commençant à décharger les affaires, il proposa à Aelya de s'installer sur une souche sèche sans insister et sans la surveiller.

Ambre, quant à elle, descendit et comme une mécanique bien huilée, partie seule pour chercher du bois sec. Elle revenait de temps en temps, ses petits bras ne pouvant transporter beaucoup, pour former un tas au centre du camp en devenir. Il faisait encore jour, mais un feu serait utile pour manger chaud et se reposer. Pour ceux qui en avaient besoin.
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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Mar 4 Avr 2017 - 15:52


La silhouette aux cheveux bleus
La troupe se mit en mouvement, Caym en observa les rouages. Le faux-père aida l’enfant à s’installer sur la monture, devant Aelya. Il se souvenait de son expression lorsqu’il avait prononcé son nom, un mélange de colère et d’autre chose qu’il n’avait su expliquer, car cela avait été fugace. Il était vrai qu’elle ne lui vit pas offert son prénom, à lui, mais à l’enfant. Il s’était approprié ce cadeau. En fait, il s’en moquait, son prénom était utile et plus rapide que « la fille aux cheveux bleus ». A moins que ce nom est un autre sens, mais il échappait à Cali. Pourquoi un mentaï irait assassiner une fille dans l’autre monde ? Si ce n’était pas un mentaï, qui ferait une telle chose ?
La pose altière de la terrienne était d’ailleurs étrange. Si quelques instants elle semblait à bout de force, elle trouvait encore l’énergie suffisante pour tenir droit et relever la tête. Cette fille avait du caractère, et ça plaisait à Cali, même les choses allaient probablement être plus compliquées à l’avenir. Elle remettrait probablement en question ses ordres et il lui faudrait user de beaucoup de persuasion pour parvenir à ses fins. Serrant les dents, Caym sentait que l’épreuve qui l’attendait ne serait pas de tout repos.


Le trajet s’effectua en silence. Personne ne pénétra dans les spires, Cali était aux aguets. Peut-être s’en méfiaient-elles ? Ce qui était certain, c’était que l’autre homme se méfiait de lui. Ses coups d’oeil agaçaient le mentaï, tout comme sa manière de craindre qu’il l’attaque par surprise. Il l’observa à la dérobée pendant longtemps, cherchant à percer son secret. Il évoluait avec une certaine souplesse, sans baisser les yeux pour s’assurer d’où il mettait les pieds. Son regard était vif et alerte, et la tension qui habitait ses épaules témoignait de beaucoup de choses. C’était un guerrier habitué à la furtivité. La première hypothèse était qu’ils’agissait d’un mercenaire du Chaos, mais lorsque Cali s’était présenté, l’homme n’avait pas sourcillé. Il n’avait pas reconnu son nom, malgré le fait qu’il s’agissait d’un membre du conseil. Il n’avait pas été rassuré de rencontrer l’un des dirigeants de la guilde, ni même inquiéter que celui-ci se mêle de ses affaires. L’hypothèse du Chaos était donc invalidée.
Marchombre… L’idée pouvait être séduisante, mais trop de choses ne collaient pas. Sa démarche assurée et bruyante, tout comme l’odeur de mort qu’il dégageait.
Alors, quoi ? Un légionnaire renégat ? Il ne possédait pas cette droiture caractéristique, alors où avait-il appris à se mouver ainsi ? Quels autres guerriers auraient pu lui enseigner un tel art ? Les frontaliers ? Un rictus étira les lèvres du mercenaire, c’était hautement improbable, alors… Qui ? Les Alines ? L’idée frappa Cali, lui laissant une drôle de saveur en bouche. C’était possible, mais improbable. Les pirates étaient sur les mers. Il avait d’ailleurs prévu de les rencontrer, alors pourquoi un des leurs cheminerait ainsi avec une enfant ? Une nouvelle fois l’hypothèse lui semblait ridicule, mais celle-ci avait l’avantage d’être facile à prouver, il lui suffisait d’apercevoir l’un de ses tatouages bleus et il serait fixé. En attendant qu’une telle chose arrive, il resterait toujours aussi ignorant.


Finalement l’arrêt fut décrété. Un ruisseau passait par là. Guère profond, mais suffisant pour s’y désaltérer et pour s’y laver. Les bois à cet endroit étaient plutôt clairsemés, ce qui permettait d’anticiper les éventuelles attaques. La petite troupe avait quitté depuis un moment la route principale menant à Al-Vor, ce qui leur permettrait d’être à l’abri des regards indiscrets ainsi que des éventuelles patrouilles.
Clorem proposa à Aleya de s’installer sur une souche tandis que son enfant s’éloignait ramasser du bois. Cali s’installa non loin de la souche et posa le sac qu’il portait à terre. Il entreprit d’en observer le contenu avec plus d’attention et il trouva rapidement la petite poche qui contenait le nécessaire de survie, des aiguilles, du fil, quelques plantes et un petit récipient pour y effectuer des décoctions. Voilà bien longtemps que Cali n’avait pas dû suturer des plaies ou tenter d’améliorer l’état de santé de quelqu’un.
Un fin sourire étira ses lèvres, tandis qu’il appréciait ce petit défi. Ce qu’il n’appréciait pas par contre, c’était la présence d’Alex, ça commençait sérieusement à l’agacer.
Il posa le nécessaire de survie au sol après avoir récupéré quelques feuilles séchées qu’il reconnut sans difficulté et dénicha dans le sac une ample chemise de toile (taillée pour un homme faisant probablement deux fois la largeur d’Aelya) qui se portait habituellement sous les armures. Caym tendit le tout à Aelya.

-Va te laver, l’eau sera fraîche, mais elle te fera du bien, j’imagine. Lave tes plaies, si tu en as.
Un coup d’œil en direction de la tâche brune au niveau de son ventre lui indiqua qu’il était fort probable qu’il y en ait, en effet. Ces feuilles feront office de savon, ça serait exagéré de parler de leurs vertus désinfectantes, mais avec de l’eau claire ça devrait être suffisant. Lorsque tu auras fini, on verra pour appliquer des pommades ou pour recoudre.

Cali attendit un bref instant, hésita à lui dire de prendre le temps qu’il lui faudrait et y renonça. Il n’était pas homme à s’embêter de la politesse. Du moins pas en cet instant.

Le mentaï s’accroupit ensuite et observa les différentes plantes présentes dans la trousse qu’il avait dérobée et commença à brouiller celles qui lui serviraient à la cicatrisation et à l’hydratation de la peau. Il en avait fait de même il n’y a pas si longtemps avec une prisonnière…
Le petit bois commençait à s’amasser, lentement mais sûrement. Profitant de l’absence des deux jeunes filles, Cali se releva lestement et se tourna vers Alex. Son regard était froid et les traits de son visage tirés. Il n’avait pas l’intention d’être aimable.

-Alors Clorem. Si t’as un souci avec moi, c’est le moment de me le dire. Si tu veux te battre, allons-y et réglons ça rapidement, tu commences à passablement m’agacer. Je ne te fais pas confiance et c’est réciproque, alors mettons-y un terme et le plus tôt sera le mieux.

Le regard glacé, Cali s’approcha d’une démarche féline de l’homme. Il fit jouer ses muscles désirant lui faire comprendre que s’il désirait se battre, c’était clairement le moment.


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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Dim 30 Avr 2017 - 23:54

Le calme avant la tempête.

Alex observait d’un oeil ce qu’il se passait dans le camp en finissant de décharger son paquetage de la monture. Le poids la quittant enfin, la bête s’ébroua tout en attendant qu’il retire la selle avec impatiente. Chose qu’il ne fit pas. S’il y avait bien quelque chose qui faisait défaut à Alex, c’était la fibre animale. Et il avait bien d’autres choses à penser pour le moment. Le calme de la forêt avait jeté une chape de silence sur le petit groupe. Ou bien était-ce la tension constante qu’il existait entre chacun ? Il ne savait même pas si la fille se rendait compte de la situation. Elle était totalement à l’ouest. Il espérait qu’elle ne leur claque pas dans les mains dans les prochaines heures, si Cali n’arrivait pas à ses fins lui même.

-Va te laver, l’eau sera fraîche, mais elle te fera du bien, j’imagine. Lave tes plaies, si tu en as. Ces feuilles feront office de savon, ça serait exagéré de parler de leurs vertus désinfectantes, mais avec de l’eau claire ça devrait être suffisant. Lorsque tu auras fini, on verra pour appliquer des pommades ou pour recoudre.

La pensée de cette assassin le fit soupirer. Qu’allait-il arriver désormais ? Il se baissa et fouilla dans ses paquets pour monter le camp. Il sortait les couchettes, mais également des ustensiles permettant une cuisine sommaire et d’autres outils plus ou moins contondants. Son sabre était d’ailleurs toujours à sa hanche. Aelya parti, une voie s’était ouverte. Que devait-il faire ? Mettre un terme à cette étrange association tant qu’il le pouvait ? Le regard baissé sur sa trousse de soin, il pourrait aisément le toucher avec une arme, malgré le fait d’être distant de plusieurs mètres. Il n’avait qu’à attendre qu’Ambre revienne et il aurait l’avantage. Elle saurait parfaitement quoi faire s’il se mettait à l’attaquer. Il pourrait ensuite laisser cette gamine venue de la terre, faire sa vie. Il n’allait quand même pas adopté toutes les paumées qu’il croisait. Mais le meurtre d’une innocente ? Non… Il n’était pas une bête sauvage. Une bête peut être, mais tuer pour le plaisir était l’apanage des hommes. Des plus abjects. La voix de Cali s’éleva et il se surprit à moitié à se trouver debout pour lui faire face, comme s’il avait été dans cette position depuis le début.

-Alors Clorem. Si t’as un souci avec moi, c’est le moment de me le dire. Si tu veux te battre, allons-y et réglons ça rapidement, tu commences à passablement m’agacer. Je ne te fais pas confiance et c’est réciproque, alors mettons-y un terme et le plus tôt sera le mieux.

Un sourire narquois et légèrement provocateur naquit sur ses traits.
— Tiens donc, mercenaire, tu révèle ta vraie nature. Vous êtes si fougueux, les jeunes. Mais je crois que t’as trente ans de retard pour me faire la leçon.

Une fausse lueur amusée brillait dans son regard, dissimulant à moitié l’agressivité dont il faisait preuve. Il ne cherchait pas à apaiser les choses. Les pieds dans le plats était le plus rapide, et surtout dans la gueule. Il ne comptait certainement pas passer une journée à côté d’un être aussi fourbe qui ne cherchait qu’à en finir avec eux. Il pouvait le tuer maintenant, ça faciliterait sa journée. Il écarta les bras légèrement.
— Viens, je t’en prie. Amuse moi. Ca fait longtemps que je n’avais pas vu de chaton en colère.

L’attitude d’Alex avait changé. Comme si le combat faisait naître en lui quelqu’un d’autre. La force contenu en lui se libérait de ses chaînes pour s’élever au dessus de lui comme une ombre menaçante et sombre. Il n’attendait qu’une chose, de pouvoir se laisser aller. Son souffle court, le corps légèrement ramassé sur lui même, prêt à bondir. L’animalité dans ses yeux prouvait qu’il n’hésiterait pas à se jeter dans la bataille. L’occasion était trop belle.

Ambre ne tarderait pas à revenir.
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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Lun 1 Mai 2017 - 17:54


Le jeux de la mort
Cali observa la réaction de l’inconnu, car bien qu’il connaisse son nom, il n’en demeurait pas moins un parfait étranger. Celui-ci semblait s’amuser de la scène, de l’agacement du mercenaire et lui répondit d’une voix claire et empreinte d’ironie non dissimulée.

— Tiens donc, mercenaire, tu révèles ta vraie nature. Vous êtes si fougueux, les jeunes. Mais je crois que t’as trente ans de retard pour me faire la leçon.

Mercenaire ? Il avait donc saisi…  Il est vrai que le mentaï n’avait pas cherché à dissimuler son appartenance au Chaos, mais après lui avoir dévoilé son nom, ça lui semblait une bien piètre idée, du moins pour sa couverture à Al-Jeit. Frustré et agacé, il n’avait pas réfléchi à ce plan qui lui semblait de plus en plus ridicule. Une perte de temps. Un temps que les autres mettaient à profit. Et c’est cette idée qui l’agaçaient encore que les paroles moqueuses de l’homme.
Il était un mercenaire du Chaos entraîné et il y avait longtemps que les sarcasmes et autres piques ne l’atteignaient plus. D’habitude c’était lui qui jouait ainsi avec ses proies. Lui qui les observait l’œil goguenard et un sourire ambigu peint sur les lèvres. Cette prise de conscience l’encouragea à chasser ses confrères qui l’obsédaient tant afin d’observer avec plus d’attention son adversaire.

— Viens, je t’en prie. Amuse-moi. Ça fait longtemps que je n’avais pas vu de chaton en colère.


Ainsi ils allaient se battre… Mais l’attitude de l’homme semblait pousser les moqueries encore plus loin car il ne se donnait même pas la peine de prendre sa menace au sérieux. Et traiter de chaton le mentaï… Le fit rigoler. Un rire rauque qui alluma une lueur narquoise dans son regard. Allons bon, celui qui était en face de lui ne pouvait le prendre à son propre jeu. Il mourrait d’envie de répliquer de se lancer dans des phrases moqueuses pour échauffer son adversaire mais celui-ci n’avait pas totalement tort. Il était plus âgé et avait donc plus d’expérience. Une dizaine d’années tout au plus, mais suffisamment pour que Cali sache que si celui-ci se réservait le terrain des piques verbales, il valait mieux le lui laisser. Et apprendre.
Caym n’était pas idiot. Il savait qu’il n’allait pas mourir, il connaissait ses capacités et bien qu’il ignore beaucoup de choses de l’inconnu la mort ne semblait pas lui être destinée en cet instant… Il songea au légionnaire qu’il avait dû affronter pour devenir Mentaï et se dit qu’il serait bien triste que ses jours prennent fin à cause d’un barbu au milieu de nulle part.
Peu lui importait, il sous-estimait probablement son adversaire, mais il n’avait pas peur. Il avait en fait hâte. Hâte de se battre, hâte de cesser d’être immobile, hâte d’être plus qu’un simple spectateur, hâte de couper court aux réflexions de son esprit qui s’échauffait sans cesse à cause des ses confrères du conseil du Chaos… Oui, il avait besoin de se battre. Une envie impétueuse qui écrasait tout le reste. Il ne voulait être plus que tension, concentration et sang. Sueur et douleur. Rage et précision.

Dégainant ses hachettes, Cali s’approcha de son adversaire qui ne se donnait toujours pas la peine de se mettre en garde. Du moins, une garde correcte et évidente. L'homme sut qu’il n’était pas moins sur ses gardes et prêt à esquiver, parer ou l’attaquer. La tension qui semblait l’habiter témoignait en effet d’une grande expérience en combats et le mentaï sourit, il sentait que ce combat serait intéressant.
Un moulinet avec ses armes lui permit de raffermir la prise qu’il avait sur elle, de s’imprégner du cuir qui protégeait leur manche, d’entendre leur sifflement rassurant tandis qu’elles fendaient l’air. Armé, Cali était redoutable et son adversaire lui importait peu, sauf qu’il ne savait pas encore s’il comptait lui laisser la vie sauve…

-Comme tu le voudras, vieillard… Laissons l’acier chanter.


Le sourire de Caym contrastait avec son regard froid. Les paupières plissées il observait son adversaire, le jaugeait. Il établissait sa stratégie, analysant avec grand soin son adversaire afin de trouver ses failles et de les exploiter au mieux. Il n’attendit pas plus longtemps avant de se lancer à l’assaut de Clorem.
Les coups de Cali n’étaient pas forts, ils étaient rapides et précis. Il cherchait à connaître les capacités de son adversaire, plus tard il se mettrait à danser, pour le moment il voulait jouer et trouver le meilleur moyen de mettre cet homme à terre et pour cela il devait tester ses défenses sans se mettre en danger inutilement. Son esprit se concentra sur le combat, oubliant le reste. Fini les manigances des enfants du Chaos, adieu terrienne égarée, adieu gamine étrange… Il n’y avait plus que ses hachettes et cette énergie nouvelle qui coulait dans ses veines.


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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Lun 1 Mai 2017 - 19:48

...est si grisant.

Les deux combattants faisaient face avec une animosité presque palpable. L’air aurait pu crépiter entre eux et dans le silence ambiant, la forêt semblait l’avoir compris. Les oiseaux s’étaient tus et le vent restait en suspend à travers les branches. C’était seulement dans ces moments que l’on pouvait se rendre compte que le silence total n’était pas naturel. Qu’il était seulement annonciateur d’une catastrophe. Les hachettes du mercenaire reflétaient sur le sol le peu de rayons qui se frayaient un chemins jusqu’à elles. Prêtes à servir, à danser, n’attendant que leur comparse. Qui tardait à venir.
— Comme tu le voudras, vieillard… Laissons l’acier chanter.

Son sourire répondit à celui du mercenaire, mais avec une pointe lassitude. Il ne dégaina son arme qu’au dernier moment pour sa part, faisant preuve de rapidité, pour parer le premier coup avant de se replacer un peu plus loin. Son sabre formait une jolie et large courbe, mais ne semblait pas d’une facture extraordinaire. Alex en changeait de temps à autre car il ne portait que peu d’intérêt à cette catégorie d’arme. En outre, son style de combat avait tendance à les user plutôt rapidement.

Il para un second coup, presque sans se déplacer et sans tenir de garde non plus. Il attendait que Cali lui offre des attaques dignes de ce nom. Ce qui ne tarda pas à venir tant sa position offrait d’ouverture. Le tester ne l’amusait pas. Il savait que son adversaire saurait se battre, tout en lui le criait, mais il ne pouvait s’empêcher de porter un oeil suffisant sur cet homme qu’il désirait abattre. Alors il attendait. Il attendait qu’il daigne augmenter la difficulté. Et seulement il se déplaçait avec souplesse pour palier à ses faiblesses. Quand le combat commença réellement, il apporta l’intérêt nécessaire au mercenaire.

La défense et les parades ne semblaient pas être le fort d’Alex, aussi ce petit échauffement le laissait paraître comme moins expérimenté qu’il ne l’était, malgré sa façon de bouger qui rappelait forcément les marchombres, mais également autre chose. Un style latent qui n’avait pas encore pointé sous leurs coups. Les deux armes de Cali était également un désavantage pour lui qui devait faire plus attention, mais qui faisait jouer le mercenaire un jeu d’équilibre et de force. Jeu qu’il maîtrisait plutôt bien.

Les attaques du pirates se firent soudain beaucoup plus fortes. Il reprit la main sur le combat et choisit de porter les coups plutôt que de les recevoir, mais avec une vigueur renouvelée qui pourrait surprendre au premier coup. Les suivant s’enchaînèrent pourtant avec la même violence et ne laissaient aucun moment de répit à Cali. Alex n’avait pas choisi de jouer mais de tuer le plus rapidement possible. Son style s’adapta à cette idée. Il ne voulait laisser aucune chance à Caym et tentait de l’écraser sous une pluie d’attaques rapides et dévastatrices. Il arrivait généralement à désarmer un adversaire moyen en quelques coups de cette façon, ce qui bien sûr ne fonctionnait pas avec le mercenaire.  

La créature se dévoilait enfin pleinement à Cali. Si elle manquait de finesse et d’endurance, elle compensait aisément par sa brutalité et sa dangerosité. Parer ses coups n’était pas difficile, mais en manquer un signifierait la fin immédiate du combat tant il ne lui laisserait aucune chance. Sa défense laissait à désirer dans cette manière de combattre, aussi quand Alex sentait qu’il perdait la main, il s’éloignait de quelques pas afin de reprendre ses appuis pour préparer un nouvel assaut.

Mais Cali était un guerrier redoutable, comme il pouvait s’y attendre. Sa théorie de mercenaire du chaos ou même de mentaï s’en trouvait confirmée. Il n’avait rien à voir avec un combattant de l’empire. Trop de choses témoignait contre cette idée. Alex savait très bien qu’avec son niveau de maîtrise, il n’arriverait pas à prendre le dessus sur son adversaire. Et si son style de combat lui permettait généralement de se défaire avec une aisance provocatrice de ses ennemis, un combat long ne lui était pas du tout favorable.

Profitant d’une très légère accalmie, il décocha un coup de taille censé repousser le mercenaire assez loin, puis fit un bond en arrière pour qu’il puisse mettre assez de distance entre eux. Là, il arma son bras et lança son sabre en direction du mercenaire d’un mouvement tournoyant. L’idée même de se séparer de son arme de cette manière au cours d’une bataille était impensable. Mais il ne saurait se débarrasser d’un adversaire aussi redoutable qu’en utilisant ses armes de prédilections.

Il doutait que son lancé tuerait Cali, mais la surprise pouvait parfois être la meilleure des alliés et la plus imprévisible. Aussi, dans le même temps il sortit les griffes du dos de sa veste qu’il avait récupéré dans ses affaires quelques minutes auparavant. Ces armes étaient pour leur part d’une excellente facture. Visiblement, c’était là le véritable atout du pirate. Longues de 15 centimètres, elles protégeaient ses phalanges en lui permettant de parer  avec sa main même. La créature avait retrouvé ses griffes et faisait face au mercenaire, essoufflé et transpirant.

Faisant face à nouveau à son adversaire, il ne parti pas de suite à l’assaut. Il le jaugeait avec un rictus sauvage dans les yeux. Ambre observait le combat à bonne distance, cachée à moitié derrière un arbre. Les coups échangés lui avait fait comprendre de revenir le plus vite possible au camp. Et bientôt les spires s’activèrent alors que son esprit s’y engouffrait, dessinant de longs pieux noirs sous Cali.
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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Ven 5 Mai 2017 - 23:22


Combat de coqs
Cali réalisa que son adversaire n’était pas là pour s’amuser. Il paraît ses coups avec une étonnante rapidité et il cherchait à le tuer en portant des coups forts et bien placés. L’avantage des hachettes permettait à Caym de ne pas être submergé par son adversaire. Il maniait le sabre avec une dextérité que seuls les ans pouvaient apporter, il ne cherchait pas à feinter ni à danser avec d’amples arabesques, non, il allait droit au bout, il taillait dans le vif.
Le mentaï tarda quelques secondes à s’adapter à son style qui en fin de compte déterminait le rythme de leur ballet. Il avait tenté de s’imposer, mais il n’avait pu rivaliser avec la force silencieuse de son adversaire. Il dégageait un magnétisme impressionnant. Aucun doute que les battements de son cœur fussent réguliers et puissants, Cali sentait qu’il ne devait pas jouer sur le même terrain. Parant une pluie d’attaques rapides et mortelles, le mentaï eut la vie sauve non pas grâce à la chance, mais grâce à son entraînement et son union parfaite avec ses lames. Il esquivait vivement, contraignait son corps à des mouvements infimes effectués au dernier moment, prenant garde à ne jamais être immobile. Ses pieds dansaient sur la terre battue tandis que sa concentration s’affinait. Il ne réalisait pas ce qui les entourait, il ne pouvait se le permettre, la moindre inattention pouvait lui être fatale. Cali encaissa un coup d’une violence surprenante, comme si la force de son adversaire ne cessait de croître. Pourtant, il aurait dû commencer à sentir la fatigue… Le recul que prit son adversaire permit à Caym de supposer qu’il fatiguait, il prenait quelques secondes de répits… Un sourire froid étira les lèvres du mercenaire qui ne désirait pas lui faire un tel cadeau. Avant qu’il n’ait pu effectuer le moindre pas en direction de son adversaire celui-ci lui lança son sabre, visant avec une précision surprenante. Cali n’avait pas vu l’attaque venir seul son instinct lui évita la mort. Un bloc en bois se matérialisa immédiatement devant lui, surgissant des spires. Le sabre s’enfonça jusqu’à la garde dans un bruit mat dans cette protection fortuite.
le Mercenaire du Chaos perdit de sa concentration, encore sous le choc. Il avait été surpris et n’avait pu combattre sans le Dessin, son Don venait de lui éviter la mort. Il n’aurait pu esquiver l’arme à temps, car il n’avait pas fait assez attention. Sentant une colère sourde naître en lui, le mentaï fit un pas, en direction de son adversaire qui se reculait avant de sentir. Mais il n’en fit qu’un seul avant de se figer. Les spires s’agitaient ! Il n’y avait pas prêté une grande attention, encore surpris de l’attaque précédente, et le dessin était subtil mais le bref instant où la réalité vacilla afin de se déformer permit à Cali de bondir en arrière afin d’éviter les piques acérés qui venaient de naître sous ses pieds. Serrant les dents, le mercenaire chercha des yeux la responsable et la trouva rapidement. La gamine. Comment était-ce possible… ? A peine apparu, le Dessin s’était évanoui, comme s’il sa présence dans la réalité coûtait trop à sa créatrice.

Le mentaï ne désirait pas se battre contre une enfant, mais il était hors de question de se laisser tuer, et un deux contre un ne le dérangeait pas, c’était un défi particulièrement difficile à relever. Une dessinatrice de faible puissance, mais particulièrement discrète dans les spires ainsi qu’un tueur forcené aux mouvements fluides et à la technique implacable.
Inspirant calmement, l’homme contraignit son cœur à un rythme plus calme tandis qu’il effectuait quelques étirements afin de ne pas refroidir ses muscles. Le regard fixé sur Alex Clorem, son esprit s’échappa quelques instants. Traverser les spires ne lui coûtait qu’un très modeste effort, il quittait à peine la réalité. S’immisçant dans l’esprit de l’enfant il s’adressa à elle sans que personne d’autre ne puisse l’entendre.

« Reste en dehors de ça s’il-te-plait. »


Il jeta un bref coup d’œil en direction de son visage poupin et son regard n’avait rien d’amical.

« Je n’aimerais pas faire devoir user de mon talent contre ton ami. Je l’affronte honnêtement sur son terrain, laisse-le. »

N’attendant rien de plus, mais restant attentif aux spires, Caym s’approcha de son ennemi qui avait dorénavant sorti les griffes. Un rire moqueur franchit ses lèvres tandis qu’il observait son adversaire. Voilà qui allait encore compliquer les choses. Le combat allait changer, leurs rapports ne seraient plus les mêmes et son adversaire connaissait dorénavant sa manière de combattre, mais lui.. il ne pourrait anticiper ses coups. C’était finement joué et ça agaçait le mercenaire du Chaos. Décidément ces deux crétins ne lui simplifiaient pas la tâche…
Il avait joué avec son adversaire au lieu de l’éliminer le plus rapidement possible et maintenant il en payait les conséquences. Il avait été idiot. Il entendit résonner dans son esprit le rire cruel de Viladra, lui rappelant qu’elle l’avait prévenu de ne pas jouer avec la nourriture… elle avait raison. Elle l’avait formé, mais il fallait croire qu’il n’avait pas retenu toutes les leçons. Il n’était pas comme elle, il n’avait pas cette éternelle sauvagerie en lui, il prenait le temps de penser avant d’agir. Il aimait analyser et prévoir les conséquences de ses actes tandis qu’elle, elle agissait, elle se laissait emporter. Elle trouvait les failles, brisait le temps, elle saisissait ses adversaires à la gorge sans leu laisser le temps de la voir venir. Elle ne s’encombrait pas de remords ou de doutes. Elle était invincible pour la seule raison qu’elle frappait la première, et qu’elle faisait en sorte que ce coup soit fatal.
Le regard du mentaï étudiait avec attention son adversaire, il n’était pas encore prêt à tout abandonner, à se laisser aller et à se jeter corps perdu dans cette bataille. Il n’avait certes plus beaucoup d’éléments de surprises, mais il était intelligent et c’était son point fort.
Qui était son adversaire ? Peut-être qu’en trouvant sa nature, ses origines, il comprendrait, il trouverait son point faible. Il prit la parole, tandis qu’il faisait tournoyer ses hachettes sans vraiment s’en rendre compte. Il abandonna sa garde fixe pour se déplacer souplement, les jambes légèrement fléchies.

-Alors, Clorem, qui es-tu ? Tu te bas de manière surprenante, on sent que tu as reçu une certaine éducation… Tu n’as rien d’un frontalier, ou d’un thül. Ce qui nous laisse les différentes gardes de l’empire, que tu aurais abandonné faute de conviction, mais là encore.. Tu possèdes trop d’initiative et d’originalité pour avoir été l’un d’entre eux, je pense… S’il ne fait aucun doute que tu es un habitué des combats, quelles options demeurent… ? Cali plissa les yeux, tandis qu’une nouvelle idée se frayait un chemin jusqu’à son esprit. Un rire franchit ses lèvres. Oh non, ne me dit pas que tu es un.. Aline ?!

Le mentaï ne pouvait vérifier sa théorie, Clorem était trop couvert, il ignorait s’il possédait les tatouages bleus si propres à ces êtres sanguinaires… L’homme songea au pirate Harrington, avec qui il était n train de tisser une alliance. Il se demandait sa réaction lorsqu’il lui parlerait de Clorem. Son sourire ne disparut pas, car il sentait qu’il venait de toucher quelque chose, ces mots semblaient justes. Mais il se demandait en quoi ça l’avançait. Il ne devait guère être agile sur la terre ferme, ou dans des bois, et c’est bien tout ce qu’il trouvait.
Une autre pensée s’immisça dans son esprit. Devait-il le tuer ? Est-ce que ça ne compromettrait pas ses relations avec les pirates justement ?
Mettant un terme à sa réflexion, Cali songea qu’il était temps de voir comment il se débrouillait contre des griffes. Il jeta un coup d’œil en direction de la gamine et réalisa que la terrienne n’était toujours pas réapparue, il ne tenait pas à tuer Clorem sous ses yeux, aussi étrange que celui puisse paraître.

Le Mercenaire du Chaos s’approcha de sa cible.

-Je devrais gagner pas mal en ramenant ta tête aux autorités…


Voilà, il avait choisi. Il ne comptait pas épargner le pirate. Quelques brefs mouvements des poignets firent siffler l’air et l’homme s’élança. Il devait être rapide et sur ses gardes.
Il se fendit, et une lame se dirigea droit sur le cœur de son adversaire. Il n’attendit pas de savoir s’il douchait ou non sa cible, il bougeait de nouveau, se baissa et tendit la jambe, frappant Clorem aux genoux, il se redressa, faisant gémir sa hache, frappant avec force, mais surtout rapidement. Il voulait entailler Alex, le faire saigner. Il redevenait la machine à tuer qu’il étouffait au fond de lui. Cette chose excitée par l’odeur du sang qu’il avait créée et qu’il contrôlait. Il était rapide et se méfiait des griffes, craignant qu’elles soient empoisonnées, esquivant tous les coups ou les parant, refusant d’encaisser, même si ce faisant il perdait des opportunités pour frapper en passant sous sa garde.


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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Jeu 18 Mai 2017 - 3:22

Retournements de situation.

Il menait la danse. Alex ne s’attendait pas à ce que Cali éprouve autant de difficultés contre lui. L’instinct de tueur qu’il avait vu en lui n’était donc qu’un instinct ? Non suivi par son expérience. Pourtant il résistait. Il jouait d’habilité avec les limites de son corps et chaque attaque du pirate se soldait par un échec. Malgré les failles évidentes de sa propre défense, son rythme soutenu empêchait le mercenaire de prendre l’initiative.
Il réfléchissait trop.
Tout le temps.
Il ne sentait pas le combat comme un seul et même mouvement, mais comme une succession de choix qu’il fallait prendre sur l’instant. Comme un jeu.
Il perdait du temps.
Trop.
Son manque d’initiative était heureusement compensé par une agilité presque chanceuse. Mais combien de minutes encore cela fonctionnerait-il ? Avant qu’Alex perce ses défenses, que la fatigue ne l’assaille. Cali était un habitué des combats faciles. Était-il déjà passé près de la mort ? S’était-il déjà mis en danger au point de ne pas savoir s’il allait en réchapper ? Ou avait-il préférait les combats de salon pour grand mère… A ce moment là, Alex doutait sincèrement du prédateur qu’il avait vu au fond des yeux de son adversaire. Faire le tigre quand on avait pas plus de couilles qu’un chat, il avait déjà vu, de trop nombreuses fois pour les compter.

Mais le combat prit une tournure surprenante quand il lança son sabre. Cali ne s’y était pas attendu et jusqu’au dernier moment, il avait cru que son attaque surprise allait finir ce combat aussi rapidement qu’il avait commencé. Mais un dessin avait changé la donne. L’espace d’un instant, il se demanda pourquoi Ambre était intervenue, avant de comprendre.
Mentaï.
Son arme tomba à terre, fiché dans un bloc de bois jusqu’à la garde. Elle était inutilisable désormais. Mais plus important encore, la révélation que venait de lui faire Cali à son propos, valait de l’or. Mais se révélait encore plus dangereuse. L’homme était donc capable de dessiner. Assez rapidement pour se sauver la vie en cas d’urgence. Ca n’augurait rien de bon pour la suite du combat. Mais ses pensées furent stoppées nettes par un autre dessin, d’Ambre cette fois, qu’il reconnaissait bien. Cali l’esquiva maladroitement et les pieux noirs se plantèrent seulement dans le vide. Il n’avait pas pour habitude de quémander l’aide de sa protégée, et dans la plus part de ses combats il réussissait à s’en sortir seul. Aujourd’hui, il se retrouvait pourtant en face de quelqu’un lui faisant face sur le plan technique, mais qui porterait également Ambre en défaut sur celui de l’imagination. Elle ne serait pas de taille…

L’avantage indéniable était qu’ensemble, ils avaient suffisamment déstabilisé leur adversaire pour qu’il commette des erreurs. S’ils continuaient sur cette voie, peut être qu’ils pourraient s’en défaire. L’information le poussait pourtant à revoir ce combat avec plus de prudence. S’il était capable de dessiner aussi facilement, imaginer une corde autour de son cou ne serait sûrement pas si difficile. Il affirma sa prise sur ses griffes étincelantes. La surprise. Il fallait donc jouer sur cela. Surprendre leur adversaire encore et encore. Vu les réactions du mercenaire, il avait de bons espoirs dans cette tactique.

Cali tourna la tête dans une direction alors qu’il lui faisait face depuis tout à l’heure dans un silence de mort. Il avait repéré la petite. Un grognement s’échappa des lèvres d’Alex. Il n’aurait su dire qui avait l’avantage. Le combattant capable de dessiner ou celui qui avait l’initiative des armes et du combat. Ce petit moment d’éternité entre eux était l’instant propice pour faire de la place dans l’esprit. Cali l’analysait, il le voyait. Il cherchait un point faible chez lui qu’il n’arrivait pas à trouver. Cela conforta Alex. Pour une raison ou une autre, il ne pouvait utiliser l’art du dessin en combat pur. Sinon, pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt quand il était en difficulté ? Et le pirate l’inquiétait. Ses talents guerrier n’étaient pas suffisant pour le défaire. Alors il cherchait un moyen de l’atteindre. L’enfant était sûrement la première idée à laquelle il avait pensé. Et Alex ne pourrait qu’avoir confiance en elle pour utiliser le Don afin de s’en sortir s’il s’attaquait à elle. Quel autre chose pourrait-il inventer ? Il lui devrait être plus prudent. Il pouvait tout aussi bien faire un pas sur le côté pour envoyer Ambre à l’autre bout du monde et il ne la retrouverait jamais. Cali savait qu’elle dessinait. Et une enfant de cette valeur entre les mains des mercenaires ne finirait jamais morte.

Etaient-ils dans une sorte de statut quo ? Si Alex en venait aux griffes, il ne doutait pas une seconde de pouvoir le défaire, avec l’aide d’Ambre, même si ça lui coutait quelques blessures. Mais Cali avait le dessin. Ambre était autant une faiblesse qu’une force. Et le mercenaire pourrait très bien décider de prendre Aelya en otage si elle revenait. Tout pouvait se jouer en instant. Le rapport de force était équivalent pour le moment. Alex se mit à tourner autour de leur «arène de combat», attendant qu’il ou que son adversaire fasse le premier mouvement. Mais il ne vint pas.
-Alors, Clorem, qui es-tu ? Tu te bas de manière surprenante, on sent que tu as reçu une certaine éducation… Tu n’as rien d’un frontalier, ou d’un thül. Ce qui nous laisse les différentes gardes de l’empire, que tu aurais abandonné faute de conviction, mais là encore.. Tu possèdes trop d’initiative et d’originalité pour avoir été l’un d’entre eux, je pense… S’il ne fait aucun doute que tu es un habitué des combats, quelles options demeurent… ? Oh non, ne me dit pas que tu es un.. Aline ?!

Voici donc l’analyse tant attendu. Une vision sommaire qui plus est. Mais il ne pouvait espérer des cul-terreux de l’empire de connaître tout du monde extérieur. Il existait tellement d’autres endroits où il aurait pu apprendre ce style de combat. Et il en avait vu tellement. Mais sa connaissance se cantonnait à ce qu’il pouvait trouver ici. L’affiliation pirate était donc sûrement sa dernière solution avant de déclarer forfait. Mais il ne dénia pas. Alex n’était pas dans le mensonge. Qu’il sache qu’il fut Capitaine ou non, qu’est-ce que cela pourrait lui apporter ? A moins que le fait que leur deux peuples soient alliés les pousse enfin à cesser le combats ? Cherchait-il une porte de sortie ? Allait-il faire appel à leur fraternité dans la lutte contre l’empire pour pour éviter une mort inutile ? Il était curieux de voir ce que ferait Cali avec cette information.
-Je devrais gagner pas mal en ramenant ta tête aux autorités…

Pas grand chose apparemment…
Le mercenaire eu à nouveau un coup d’oeil vers Ambre qui se cachait derrière les arbres. Même aussi jeune, elle l’inquiétait. Il était donc probable que se concentrer sur un combat l’éloigne des Spires. L’avantage était pour eux.

Cali repassa à l’attaque. Ils parcoururent la distance qui les séparait et Alex dévia la lame qui se dirigeait droit vers son coeur. Mais déjà, le mercenaire avait bougé. Le pirate senti son genoux partir, le déséquilibrant. Il ne dut la vie sauve qu’à une roulade, qui lui permit d’échapper à une méchante décapitation. Il se redressa, le plus vite possible, tout en déviant les hachettes qui s’étaient transformées en furie furieuse. Le changement de style l’avait étonné. Lui aussi cachait encore quelques tours dans sa manche. Mais ses griffes lui avaient permis de passer à la vitesse supérieure. Comme des extensions de son bras, il avait beaucoup moins d’amplitude qu’avec un sabre. Mais le style ressemblait aux armes de son adversaire. Il pouvait jouer sur deux fronts avec agilité, tout en imprimant plus de force et de rapidité. Il ne pouvait cependant pas parer de plein fouet. Ce qui le forçait à adopter un style plus en esquive et déviation, que force pure pour arrêter les attaques de Cali.

Les cliquetis de métal et les souffles court rythmaient leur combat dans une bulle où n’existait plus rien d’autre. Alex devait entièrement se concentrer sur le guerrier en face de lui. Il n’avait plus le temps de penser à Ambre, aux dessins ou à la terrienne.  Le moindre faux pas signifiait la mort. Il n’arrivait plus à mener la danse et chacun des guerriers essayait tant bien que mal de prendre le dessus. La défense n’étant pas sa prédilection, il devait rusé pour palier sa faiblesse. Mais même ainsi, les hachettes réussissait à entailler sa peau de temps à autre. Rien qu’il n’avait déjà vu, pourtant. Des secondes furieuses passèrent avant qu’Alex ne remarque quelque chose. Cali faisait absolument tout pour éviter la moindre blessure, même infime. Il déployait des efforts assez important pour tout voir, tout esquiver, tout dévier. Même si ça l’empêchait de prendre l’avantage dans le combat. Ce fut une opportunité en or pour Alex.

Il lui devint alors très facile de manipuler Caym pour le faire aller là où il voulait. Il n’avait qu’à attaquer aux endroit les plus simple pour lui. Il était sûr que Caym ferait ce qu’il fallait pour l’éviter. Et à ce moment là, le combat changea de main. Il n’avait que très peu d’efforts à faire pour obliger son adversaire à faire des pirouettes et des mouvements complexes pour l’esquiver. La fatigue lui viendrait beaucoup plus rapidement qu’Alex, qui lui se fichait pas mal des blessures qu’il recevait. Il ne comprenait pas pourquoi Cali agissait ainsi, mais par ce fait, il perdait l’avantage de l’initiative et Alex retrouvait la pleine mesure de ses capacités destructrices. Qu’il n’utilisa pourtant pas. Il se contentait de tenir le mercenaire en échec, attendant qu’il se fatigue tout seul. Ca lui permettait également de retrouver un peu de l’énergie qu’il avait dépensé plus tôt. Ou du moins, d’en perdre beaucoup moins.  Alors il en profita. Il pourrait très bien le tuer plus tard, mais récolter des informations quand il était à sa merci, c’était le bon moment.

— C’est ironique pour un mentaï de parler de remise aux autorités. Qu’est-ce que moi, j’y gagnerai ? Une petite fille et un vieillard pour te mater, ça ne doit pas faire cher payer.

Il sourit, réellement amusé par la situation sans pourtant négliger le combat. Alex était redoutable avec ses griffes. Le sabre n’était qu’une arme de seconde main, dont il n’avait l’utilité que pour les adversaires les plus faibles. Mais désormais, la bestialité qui était sienne trouvait un sens, tout comme ses mouvements. Là était réellement l’âme du pirate dans un combat.

— Je me fiche pas mal de vos soucis dans l’empire, Mentaï. Mais je me demande juste, pourquoi traquer la terrienne ? Cette gamine, quel intérêt a-t-elle pour les mercenaires ? Elle ne sait rien, ne connait même pas ce monde. Alors pourquoi la tuer avec sa cousine ?
«Je ne sais pas si c’est la Dame qui m’envoie pour la sauver, mais que je croise sa route à cet instant n’est sûrement pas un hasard. Alors si tu veux vivre, laisse là tranquille. Et je te laisserai faire ta vie et tuer qui tu voudras d’autre.


Il le repoussa à cette instant pour mettre une légère distance entre eux et observa Cali. Il pouvait continuer le combat ou lui répondre. Alex était calme, serein. Il savait qu’il pouvait gagner et il avait confiance en ses capacités.

Ambre n’avait pas réapparue. Depuis que Caym lui avait parlé, les spires s’étaient tenues tranquilles. Il n’y avait plus un bruit autre que le combat et l’enfant devait probablement se tenir cachée. Ou peut être qu’elle préparait au contraire la suite de la bataille…
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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Mer 24 Mai 2017 - 0:19



Lorsque rien ne reste
"-Mais...
-WOAH baraka ! "





L’eau mordait pour un oisillon aurait pu la picorer. Gentiment, avec douceur et légèreté. En tout autre circonstance, Aelya eut trouvé incongru, dangereux, ridicule de se retrouver en sous-vêtement dans une rivière, à quelques mètres seulement de deux hommes inconnus et partiellement inquiétants. Mais elle avait quitté avec un plaisir épuisé sa robe noir, avait débarrassé ses pieds ankylosés de leurs inconfortables chaussures et avait trouvé le réconfort tant attendu dans le froid tumultueux de la rivière qui avait achevé l’exploit de la convaincre qu’elle ne mourrait pas. Elle s’enfonça sous l’eau, plongea tout son corps jusque ses cheveux devenus filasses. Bientôt, le murmure de l’eau vint remplacer tous les bruits environnants, envahis ses oreilles et son esprit. Elle flotta quelque secondes dans le cocon ouaté que lui offrait le bourdonnement de la rivière avant que le manque d’air ne l’astreigne à s’en évader. Elle releva le haut de sa tête, prit une bouffée d’air et passa une main énergique sur la peau qu’elle avait dénudée. Puis ses doigts filèrent entre ses mèches bleutés pour les débarrasser de la poussière et de la terre qui s’y était accumulée. Elle ne fut satisfaite que lorsqu’ils eurent retrouvé un semblant d’éclat, aussi surnaturel qu’il soit, et que sur sa peau ne subsiste aucune trace de son trop périlleux voyage. Ses bras, ses jambes, son tronc retrouvèrent peu à peu la vigueur qui leur avait fat défauts pendant si longtemps, et l’impression de baigner dans un douloureux rêve éveillé s’estompât au rythme du rouge de ses plaies. Elle prenait un plaisir fou à reprendre conscience de l’existence de ses muscles trop longtemps atrophié par une adrénaline malsaine. Ses réflexes prirent dessus et, les yeux fermés, son pied pointa et son dos se cambra, retrouvant leur souplesse et leur agilité accoutumée. La baignade prit la forme d’une chorégraphie sylvestre et ingénue, qui permettait de s’affranchir autant de la lourdeur du danger que de ses résidus ambrés.  Quand elle prit fin, les plantes qu’elle avait abandonnées sur le rivage lui revinrent à l’esprit. Tout était superficiel, sauf l’énorme coupure qui allait presque de son nombril à son dos. L’eau avait permis d’en retirer le sang, mais elle n’était pas belle, ni propre. Comment avait-elle pu passer outre pendant tant d’heures ? Elle voulut sortir de l’eau mais se souvint de la précarité de son accoutrement. Elle n’avait aucun autre choix, ce qui n’empêcha la pudeur de l’inviter à scruter les environs. Personne, si ce n’était Ambre, assise au sec un peu plus loin. Sa réflexion lui revint à l’esprit. Si la fillette était muette de naissance et venait bien de son monde, elle comprendrait le langage des signes. Ne serait-ce que des bribes. Aelya sortit de l’eau, secoua la tête pour désengorger ses mèches et s’avança vers l’enfant. La taillade la faisait souffrir mais elle voulait donner la priorité à cet espoir de communication. La fillette était la seule et unique présence rassurante que lui offrait sa situation actuelle. Quand elle arriva enfin dans son champ de vision, l’enfant lui sourit. Alors, Aelya amena sa main à sa bouche, la descendit doucement vers sa poitrine. « Bonjour ». Le regard d’Ambre paraissait légèrement perdu. Aelya plia cette fois deux doigts par main, qu’elle dirigea vers elle. C’était spartiate, « comment vas-tu ? ». Ambre sembla hésiter quelque secondes puis pointa son doigt vers elle avant d’écarter sa main, et de réunir ses doigts. Elle compléta sa phrase en formant des sortes de ciseaux qui caressaient deux doigts tendus. Puis elle eut un grand sourire, qui gagna vite la bleuté. Cela ne voulait probablement rien signifier mais elles se comprenaient. la fillette avait la volonté de faire passer des messages, des émotions à la bleuté. Et c'était largement suffisant. Aelya indiqua simplement ses vêtement du doigt, signe qu’elle devait finir sa toilette et envoya un baiser à l’asiatique. Elles auraient bien le temps de faire plus amplement connaissance une fois sèche et sauve. Le sourire aux lèvres, Aelya appliqua l’onguent de fortune sur la gargantuesque plaie qui filait sa peau de satin. Ses vêtements étaient à moitié trempés, et l’idée d’enfiler à nouveau l’indécente robe noire la révulsait, mais elle n’avait aucune autre option. Le tissu collait sa peau et sa blessure, découvrait ses jambes aux multiples égratignures, mais la saleté avait abdiqué, remplacée par les tâches aqueuses qui ne tarderaient pas à disparaître sous le soleil de plomb.  Un rapide coup de d’œil lui apprit qu’Ambre avait disparu. Etrange. La bleuté passa rapidement ses doigts dans ses mèches pour les égoutter tout en cherchant la fillette du regard. Introuvable. Un vent de panique la saisie. Un kidnapping ? Un accident ? C’était une gamine, qui savait dans quels dangers elle pouvait se lancer en ignorant chaque risque. Son faux père la tuerait. Au sens littéral du terme. Aelya ne connaissait pas ce monde, elle ne pouvait être blâmée. Et Ambre semblait intelligente, elle n’irait pas se fourrer dans quelques ennuis. Pas en si peu de temps, du moins. Pourquoi diable était-elle muette ? Pourquoi ne pouvait-elle la rassurer d’un rire ou d’un hurlement ? L’ignorance rongeait la danseuse. Elle devait la trouver, et le plus tôt serait le mieux. Si elle ne le pouvait pas, mieux valait encore s’enfuir dans la direction opposée et quitter la présence des deux hommes.

- Je n’y crois pas…Ambre…

Ses chaussures en mains, incapables de tenir un pas de plus en talon, Aelya s’enfonça dans les bois, à la recherche de la brunette qui pourrait lui coûter sa peau. Elle était tentée de crier, mais une muette se doublait bien souvent d’une sourde, et son paternel fictif pouvait remarquer les éclats de voix. Elle n’était pas bien loin. Mais la raison avait abandonné la domination depuis bien longtemps.

- Ambre…murmurait la jeune fille, Ambre…

Inutile. Les arbres ne lui répondraient pas. A moins que…Un froissement se fit entendre, entre deux branches. Le cœur au bord des lèvres et sa chaussure tenue comme un poignard, Aelya s’avança et déblaya l’épais feuillage qui recouvrait la source du bruit. Son cœur s’arrêta.
Non seulement il ne s’agissait pas de l’enfant, mais elle n’avait pas la moindre idée de ce qui venait de remarquer sa présence. C’était une créature étrange, qui pouvait faire penser un daim ou à une gazelle pourvu d’une crête énorme, probablement capable de la déchiqueter. Elle tâcha de reculer doucement, pas à pas. Son pied nu se dérobait à lenteur absolu, avant de rentrer dans une épine, arrachant un cri de douleur à la bleuté. L’animal fini de la remarquer et s’approcha, curieux ou belliqueux, elle n’aurait su différencier les deux. Zyeutant le chemin qui se traçait derrière elle vers le campement, Aelya réfléchit plus vite qu’elle ne s’en serait crue capable. Elle ne se pensait pas impulsive, mais jeta pourtant sa chaussure à la tête de l’animal et s’enfuit, ignorant la douleur qui émanait encore et toujours de ses pieds dénudés. Ambre était loin dans son esprit, seul comptait la survie. Et à cette instant, survivre signifiait s’éloigner de la créature des enfers le plus vite possible, quitte à retourner affronter les deux meurtriers.

« Clic » « Clac ». Des cliquetis de métaux se faisaient entendre, plus puissant au fur et  à mesure qu’Aelya s’approchait de l’endroit de son arrivée. Echevelée et essoufflée, elle passa de nouveau une éternelle main dans ses mèches bleues, espoir final de paraître acceptable devant ceux qui l’avaient connu dans son pire état. Des éclats de voix, des bruits de coups s’ajoutèrent aux tintements des lames,dont la nature ne surprit plus la jeune fille, et Aelya ne fut ni surprise ni effrayée de voir les deux hommes s’affronter, prêts à s’entretuer. Elle venait d’être terrorisée. Sa blessure la relançait. La gosse avait disparu. Si il fallait qu’elle meure, autant que ce soit en tant qu’elle-même, et non pas pour la pâle et fade copie qu’elle était devenue, poussée par les circonstances. Elle joignit le campement, silencieusement, repéra les combattants du dimanche et leur ridicule altercation. Le niveau était élevé, la malice et l’intelligence aussi. La chorégraphie était belle et Aelya se donna une seconde pour l’admirer. S’ils ne la tuaient pas, elle demanderait à apprendre à se battre de cette façon.
La deuxième chaussure au talon sombre et aiguisé vola à nouveau, dans un lancer réfléchi et calculé. Atterri sur la tête de Cali. Aelya sortit des arbres, bomba le torse. Aucune peur dans son regard, aucune hésitation dans sa voix. Elle les affrontait d’égal à égal et peu lui importait les conséquences.

- J’ose espérer que c’est une plaisanterie, lança d’elle remplie d’orgueil. Et quand bien même cela ne le serait pas, la fête est terminée.

Après avoir risqué la mort tant de fois, Aelya se plaisait presque dans le scandaleux flirt que lui offrait la délectable provocation, une nouvelle fois. Mille fois plus vivante et mille fois plus belle, c’est dans l’insolence que la new-yorkaise se retrouvait.



Dernière édition par Aelya Winster le Lun 29 Mai 2017 - 5:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Dim 28 Mai 2017 - 17:55


Une paix momentanée. Pour « Elle ».
Cali se replongea dans le combat, cette fois-ci les sens aux aguets, n’ayant pas envie de se laisser surprendre, que ce soit par le pirate ou par la gamine.
Les griffes étaient des prolongations directes des bras de son adversaire, et ses hachettes lui permettaient d’avoir une grande mobilité, même si leur combat se retrouvait en fin de compte particulièrement rapproché. Le mentaï apercevait le froncement de sourcils de son adversaire, la concentration dans ses yeux et surtout leurs mouvements alertes qui témoignaient d’une analyse poussée du combat.
L’adrénaline faisait battre le cœur du mercenaire, qui jouait de pirouettes et de parades, mêlant force et souplesse, toujours en mouvements, et prévoyant la moindre des attaques de son adversaire. Toutefois la puissance semblait diminuer tout comme l’habileté de son adversaire. Cali tiqua légèrement, sans pour autant profiter de ce léger ralentissement. Son instinct lui criait que le pirate préparait quelque chose… Il ne se battait plus pour tuer. C’était une certitude dont les conséquences lui semblaient encore brumeuses.

— C’est ironique pour un mentaï de parler de remise aux autorités. Qu’est-ce que moi, j’y gagnerai ? Une petite fille et un vieillard pour te mater, ça ne doit pas faire cher payer.

Ainsi le pirate ne craignait pas les terrestres.. C’était l’occasion de le mettre en garde, quelque chose dans son regard agaçait le mercenaire du Chaos… Ce devait probablement être cette lueur narquoise qui lui indiquait qu’il n’avait pas peur le moins du monde.
Mais les propos du pirate n’étaient pas un gain de temps, car ses attaques étaient toujours aussi farouches, et si le mentaï les parrait inévitablement, il sentait que son adversaire jouait un sombre jeu. Sa force était toujours aussi présente et loin de décliner, contrairement à ce qu’il pensait quelques instants plus tôt. Non, il ne cherchait simplement pas à tuer Caym. Mais ça ne le rassurait pas, car bien il sentait ses bras commencer à fatiguer. Généralement ses adversaires étaient moins coriaces…
Moins coriaces.
Serrant les dents, le mentaï serra les dents et effectua un roulé-boulé afin de reprendre ses distances avec le pirate, décidé à finir ce combat qui s’éternisait trop à son goût. Son esprit cherchait la faille, l’attaque qui lui permettrait de reprendre le dessus sans conteste.
Se glissant à côté du pirate il lui administra un coup de coude dans les côtes, pivota, mais ses hachettes ne tranchèrent que le vide, son adversaire esquiva le coup qui devait lui être fatal, ne faisant que renforcer la rage du mercenaire, ce qui l’empêchait de réfléchir correctement. Comme s’il luttait contre son instinct, persuadé que son esprit lui permettrait de vaincre plus facilement, et cet entre-deux dans lequel il se débattait ne faisait de lui qu’un médiocre combattant. Enfin, disons doué, mais sans être brillant ni sanguinaire.

— Je me fiche pas mal de vos soucis dans l’empire, Mentaï. Mais je me demande juste, pourquoi traquer la terrienne ? Cette gamine, quel intérêt a-t-elle pour les mercenaires ? Elle ne sait rien, ne connaît même pas ce monde. Alors pourquoi la tuer avec sa cousine ?
«Je ne sais pas si c’est la Dame qui m’envoie pour la sauver, mais que je croise sa route à cet instant n’est sûrement pas un hasard. Alors si tu veux vivre, laisse là tranquille. Et je te laisserai faire ta vie et tuer qui tu voudras d’autre.


Haussa un sourcil, Cali ne put retenir un éclat de rire moqueur. Allons bon, un pirate qui se préoccupait d’une inconnue… Voilà qu’il chutait dons son estime. Ses déductions étaient fausses et s’il se fiait à la Dame pour jouer au sauveur, voilà qui le faisait choir tout en bas de l’échelle. Ce qui l’agaça prodigieusement, car il aurait aimé l’écraser comme on écrase un nuisible du talon de sa botte. Mais voilà qu’il lui donnait du fil à retordre… Du moins, tant qu’il restait éloigné des spires.
Le mentaï ferma les yeux, décidant de se fier à son instinct qu’il sentait feuler en lui. La bête qu’il avait appris à contrôler, cette chose que tous possédaient et qui prenait e dessus lorsque la colère les submergeait.
Cali s’élança, ouvrant les yeux légèrement, cherchant uniquement à repérer l’emplacement du pirate, tendant ses hachettes au contact de l’acier de ses doigts. Il pivota, dégageant son côté droit et éloignant sa hachette tandis que la gauche restait croisée avec les griffes, glissant imperceptiblement vers la main du pirate, prête à mordre la chair qui n’était plus qu’à quelques centimètres. Le bras droit de Cali s’arma, bien décidé à profiter de cette opportunité même s’il offrait ainsi son flanc gauche à son adversaire.
Mais une chaussure brisa l’enchantement.
Tirant le mentaï de sa concentration, il cligna des yeux, surpris par ce projectile inhabituel qui venait de lui heurter la tête. Son esprit ne s’était pas éloigné des spires, prêt à réagir au moindre Dessin, si bien qu’il avait une nouvelle fois délaissé son environnement, surtout depuis cet instant où il s’était laissé emporter par son instinct.

Le regard froid de Caym se posa rapidement sur la terrestre. Ses cheveux bleus étaient plus sombres, probablement humides, mais plus propres et presque peignés. La demoiselle s’était débarrassée de la boue et du sang qui la maculaient, dévoilant sa peau claire ainsi que quelques contusions. Ses vêtements avaient toutefois toujours aussi mauvaise mine, et elle était pieds nus.
La jeune fille s’avança vers les combattants qui s’étaient légèrement éloignés, bien que Cali conserva sa position de combat et Alex dans son champ de vision. Il nota l’allure de l’étrangère, son menton relevé et l’air qui habillait ses traits. Un sourire vint étirer ses lèvres tandis qu’elle prenait la parole d’une voix forte et dénuée de peur. Mais contrairement au pirate, ce n’était pas parce qu’elle ne les craignait pas, mais parce qu’elle provoquait. Avec dédain aurait ajouté le mentaï, amusé du caractère de cette presque inconnue.

- J’ose espérer que c’est une plaisanterie. Et quand bien même cela ne le serait pas, la fête est terminée.

Cali sourit, et décontracta légèrement ses muscles, notant l’autorité qui perçait dans sa voix, et le vocabulaire étrange qu’elle employait. Si elle le demandait il ne tuerait pas le pirate, il aurait juste aimé lui amputer une main, pour évacuer sa frustration avant de prévenir l’équipe de Harrington qu’un des leurs s’aventurait sur les Terres impériales. Peut-être que s’il ne craignait pas le courroux de l’Empire le pirate craignait celui de ses confrères.

-Ce vieux parasite s’est mis en tête que j’étais la cause de tous tes malheurs, et je n’avais pas envie de sentir son agressivité ni sa méfiance un instant de plus.

Le ton de Cali était dégagé, presque joyeux, comme s’il ne venait pas de se battre à mort. Son esprit toute fois fila dans les spires et dessina un poignard qui se matérialisa dans le dos du pirate, près à lui sectionner l’artère sans que personne ne se doute de rien. Si les deux jeunes filles savaient Dessiner, elles ne devaient être capables de saisir le frémissement des Spires lors de la création d’un Dessin.

Le regard de Caym se fit dur tout comme le sourire qui barrait ses lèvres. Il observait le pirate avec délectation, regrettant de n’avoir pu terminer.

-Mais on reprendra cette charmante conversation plus tard..

Cali retrouva son air moqueur, faisant disparaître la menace, de son visage et du dos du pirate. Il se retourna vers Aelya et lui fit signe de s’approcher du rocher de soin. Un caillou plat à côté duquel se trouvaient quelques mixtures qu’il avait préparées. Le mercenaire nota l’imposante plaie, visible à travers le trou de la robe de la jeune femme sur son flanc. Et elle semblait l’ignorer, ce qui attira le respect de Cali, qui commençait à apprécier cette terrienne.

Il lui demanda ensuite de retirer son vêtement avant d’entreprendre de fouiller dans le sac qu’il avait dérobé et de dénicher des vêtements trop amples pour la jeune femme, mais ça lui servirait probablement lorsqu’il aurait fini ses soins.
Il lui tourna le dos, le laissa se dévêtir, songeant qu’elle ne devait probablement pas apprécier cette situation puis haussa les épaules, il faisait ce qu’il devait faire pour l’aider, rien de plus.
Faisant abstraction du corps dénudé d’Aelya sous ses yeux, le mercenaire eut la décence de garder les yeux baissés et de se concentrer sur l’application de la mixture sur toutes les plaies qu’il apercevait. Ses doigts appliquaient avec une douceur surprenante pour un homme qui maniait quelques instants deux instruments mortels avec une certaine sauvagerie. Il remarquait quelques frissons parcourant la peau de la blessée et se demanda si c’était dû à son contact ou à la fraîcheur de l’air. Le soleil avait décliné et se dissimulait désormais derrière les arbres, rafraîchissant l’air et projetant des ombres sur leur modeste campement.
Cali nota la peau douce de la demoiselle ainsi que les muscles qui se tendaient imperceptiblement sous ses doigts. Elle était tendue et il ne pouvait lui en vouloir, mais il continua sa besogne respectueusement tandis qu’il observait les traits de la demoiselle. Elle était jolie, malgré sa chevelure extravagante et assez jeune. Ses traits étaient fatigués et il se doutait que son bain dans l’eau de la rivière lui avait procuré de nouvelles forces, mais uniquement de quoi bomber le torse et rendre le change. Quelle était sa vie sur Terre ?
L’homme avait gardé pour la fin la large entaille qui naissait sur son ventre jusqu’à rejoindre son dos. Il ne put retenir un sifflement en notant sa profondeur. Il lui aurait fallu un rêveur pour espérer s’en sortir sans cicatrices, mais ce n’était certainement pas un mentaï et un pirate qui lui permettraient de profiter de tels soins. Secouant la tête, il observa Aelya et la prévint que ça allait être douloureux et probablement désagréable. Il prit de l’onguent et de sa main libre écarta les bords de la blessure de manière à faire le pénétrer dans cette faille de chaire et de sang.
Cali serra les dents, imaginant que trop bien la sensation que cela produisait et agit rapidement et avec douceur. Son corps était recouvert de cicatrices qu’il avait soignées de son mieux, s’appliquant ces baumes de guérisons, appris dans son enfance et regrettant de ne pas savoir arpenter les spires pour soigner.
Lorsqu’il eut fini, ses doigts étaient rougis par le sang d’Aelya et il appliqua une autre mixture par-dessus cette ligne sanglante sur la peau si claire. Il maintint ensuite fermés les bords de la plaie appuyant fermement ses larges mains sur la longueur de la blessure, lui enserrant ainsi la taille.

-Je vais te recoudre maintenant. Je viens de te mettre un onguent particulier qui a dû désensibiliser en partie ta peau, mais je crains que cela ne t’empêche pas de sentir l’aiguille. Pourrais-tu maintenir comme ceci les bords de la plaie pendant que je m’occupe du reste ?


Cali retira sa main qui couvrait le ventre de la jeune femme et rectifia la position de ses doigts sur la blessure puis attrapa de sa main libre l’aiguille et le fil qu’il avait préparé. Il embrassa les spires de manière à ce que quelques flammes jaillissent sous l’aiguille afin de la purifier puis il pinça la peau et entreprit de recoudre Aelya en débutant dans son dos.

-Alors, Aelya, dis-moi. Comment occupais-tu ta vie sur Terre ?


C’était une piètre manière de détourner ses pensées de son travail, mais il espérait que ça l’aiderait suffisamment afin de ne pas se focaliser sur la douleur aiguë qu’il lui causait de manière régulière. Coudre sur un corps qui n’était pas le sien était étrange, mais il retrouva rapidement les gestes qui lui étaient familiers et l’onguent qu’il venait d’appliquer empêchait la blessure de saigner de trop. Il laissa le temps à la terrienne de répondre, de réfléchir à ses propos et continua son travail, avec une certaine application, penchée sur sa peau. Il s’était approché, si bien que son souffle caressait désormais cette peau nue, afin de se concentrer pour qu’Aelya ne conserve pas une marque affreuse. Sur lui, il s’en moquait éperdument, mais cette fille était jeune et séduisante, la vie l’attendait et il ne voulait pas qu’une balafre hideuse l’accompagne et lui rappelant sans cesse la mort de sa cousine. Elle devait suffisamment souffrir ainsi.
Finalement la pénombre l’empêcha de continuer à travailler ainsi, voûté à quelques centimètres de la demoiselle et il se recula et étendit son dos et tenta dedénouer les muscles de son cou tandis que son esprit fusait dans les spires pour effectuer un dessin précis. Les spires s'ouvrirent devant lui et i les caressa, effectuant un dessin léger et précis qui se matérialisa et une fraction de seconde. De la lumière blanche apparut sur les bords de la blessure, lui permettant ainsi de bien joindre les deux bords, se moquant désormais de garder ce talent caché. Alex et sa gamine étaient au courant, alors il ne tenait pas à le cacher à Aelya, c’était la seule qui lui importait réellement. La gamine avait essayé de le tuer, elle n’avait pas dix ans, mais ne craignait pas de donner la mort. Il se demanda un instant ce qu’ils faisaient tous deux avant de secouer la tête et de se reconcentrer sur la blessure d’Aelya. Il avait presque fini, désormais il était sous ses côtes s’approchant de son ventre.
L’homme leva les yeux et observa le visage de la jeune femme, hésitant à lui poser une question qui occupait son esprit. Finalement il se lança.

-Ce qui m’intrigue est ta cousine. Je sais que sa perte est récente et ta douleur encore présente, mais… Qui était-elle ? Il existe quelques rares personnes capables d’aller de ce monde au tien, et elles sont encore plus rares celles qui le font uniquement pour poursuivre une personne… Et ces individus font généralement partie de ma guilde.


Cali observa sa réaction avec attention, se plongea dans ses yeux essayant de suivre le chemin de ses pensées puis se détourna afin de lui rendre son intimité. Il venait de lui avouer ses contacts douteux, il se demandait quelle serait sa réaction. Il baissa de nouveau les yeux sur la blessure, évitant de s’attarder sur sa poitrine dissimulée sous des bandes de tissus qui laissait deviner leurs courbes et se reconcentra sur la blessure.

-Elle devait être exceptionnelle.


C'était un simple fait qu'il énonçait avec force et conviction. Rares étaient les personnes qui attiraient les tueurs dans l'autre monde.. Le mentaï se tut un instant, se concentrant sur sa blessure tandis que son esprit continuait de réfléchir à toute cette histoire.

-Aucune de mes connaissances n'a accompli cette mission, je doute même que les miens soient responsables de cette attaque, mais je t'aiderais à trouver des réponses. À toutes tes questions.


Le mercenaire releva les yeux tandis que ses doigts continuaient de faire passer le fil dans la chaire et ses yeux gris rendus sombres par l'obscurité naissance se posaient sur le visage d'Aelya. Il lui faisait une promesse. Il était sincère. Il hésita un instant avant de poursuivre, mais se tut finalement et acheva rapidement son exercice de broderie. D'un geste sec il coupa le fil et commença à le nouer tout en s'assurant de sa solidité et de la qualité de son travail. Il laissa ses doigts parcourir les bords joints de la blessure avec légèreté et un sourire vint étirer ses lèvres tandis qu'il se reculait, fier de son travail. Le dessin lumineux s'estompait, procurant à la demoiselle une certaine intimité obscure.

-Et voilà. Il faudra faire attention les jours prochains, mais en te couvrant de baume régulièrement, tu devrais cicatriser rapidement.

Le regard franc et bienveillant, Cali tendit à la demoiselle les vêtements qu'il avait dénichés dans le sac et lui tourna le dos afin de la laisser s'habiter tranquillement. Il s'étira longuement, courbaturé d'avoir conservé si longtemps une position peu agréable et craignant les courbatures du lendemain en représailles de son combat avec le pirate. Lorsque ses muscles furent détendus, il s'assit près du feu, savourant la danse tranquille et envoûtante des flammes.



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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Mar 30 Mai 2017 - 6:25

Cali ne lui répondait pas. Mieux encore, il éclata de rire. Un rire moqueur qui agaça Alex. Cet homme se pensait au dessus de tout. Son regard supérieur et condescendant se portait sur le pirate avec tout le dédain que l’humanité pouvait produire. Et c’est tout ce qu’il savait faire. Alex n’avait qu’un animal en face de lui qui n’avait qu’une chose en tête. Tuer. C’était donc à ça qu’il ressemblait quand il perdait le contrôle sur sa raison. Il n’était pas sûr d’apprécier. Mais Cali ne lui rendait pas honneur. Un instant, il aurait aimé le voir se faire déchiqueter par un ours. Il aurait pris plaisir à l’entendre crier. Mais chassant ses pensées, il para à nouveau un coup. Il était inutile de discuter. Tuer ou être tuer. Voilà la seule loi qui existait. Les attaques de Cali redoublèrent d’intensité. Mais les deux combattants fatiguait. Bientôt, ils feraient des erreurs. Et ces erreurs leur coûterait cher, jusqu’à la mort de l’un ou l’autre. Il avait déjà certaines blessures. Sur ce point ci, il avait un désavantage.

Il voyait la rage de Cali augmenter au même titre que la sienne. Si faire face à un adversaire aussi fort que lui était une chance de s’améliorer, il n’appréciait pas son combat avec le mercenaire. Bien qu’il soit un très bon combattant, tout son être le rebutait. Le mal pour le mal. Sans autre forme de procès. Les pirates avaient des buts, des motivations. Chacun avait la sienne. Mais le chaos, qu’avait-il ? A part cette envie de destruction permanente. Même les animaux se comportait plus décemment. Alex ne comprenait vraiment pas cette idée de s’allier avec des parasites pareils…

Son moment d’introspection failli lui coûter la vie. Cali venait presque de réussir un assaut mortel. Et avant qu’il ait pu répliquer sa hachette crocheta une de ses griffes d’une manière plus qu’habile. Coincé de la sorte, il était totalement vulnérable à une attaque, mais son adversaire également. Il ne réfléchit pas et s’engouffra dans la brèche. Mais tout s’arrêta brusquement quand la chaussure de la terrienne s’écrasa contre la tête du mercenaire. Comme un orchestre s’arrêtant de jouer, la bulle éclata autour des combattants. Les bruits de la forêt laissèrent place aux cliquetis des armes et la lumière inonda son champ de vision qui ne contenait qu’un homme une seconde auparavant. Les deux combattant tournèrent la tête vers Aelya au même instant. La voyant avancer comme une princesse fraîchement sortie de ses appartements.
— J’ose espérer que c’est une plaisanterie. Et quand bien même cela ne le serait pas, la fête est terminée.

Elle avait peut être le port altier, mais elle qui instant ressemblait à une pirate d’après cuite, était maintenant présentable. Peut être n’était-elle qu’une péronnelle ou peut être savait-elle que seule une attitude aussi étonnante aurait pu mettre fin au combat. Quoi qu’il en soit, ni l’un ni l’autre ne semblait impressionnée par cette démonstration. Mais la surprise eu l’effet escompté. Cali abandonna sa position et Alex fit de même. Il restait les yeux plantés sur Aelya, la jaugeant intérieurement.
— Ce vieux parasite s’est mis en tête que j’étais la cause de tous tes malheurs, et je n’avais pas envie de sentir son agressivité ni sa méfiance un instant de plus.

Alex retint un rire qui finit d’évaporer toute notion de respect. Voilà qu’il jouait les victimes pour se faire bien voir. Il n’y avait donc aucune limite à la bassesse des mercenaires. Mais il n’eut aucune idée du dessin qui naquît dans son dos. Et donc des limites que s’imposait Cali. Ou avec lesquelles il jouait.
— Mais on reprendra cette charmante conversation plus tard..

Le terrain des mots n’était pas son combat. Qu’il reprenne ce qu’il voulait tout seul, il serait bientôt parti. Aux Tsliches la Dame, aux Tsliches Ambre. Il ne se ferait pas dicter sa conduite par une gamine de 10 ans. Il n’était pas un protecteur. Le pirate se retourna, sans remarquer le dessin qui s’évapora dans les airs, puis s’éloigna vers le campement. De multiples blessures peu profondes parcourait sa peau et ses vêtements se tâchaient de sang. Tandis que Cali s’occupait d’Aelya de l’autre côté du feu sommaire comme si de rien n’était, Alex sortit une trousse avec un nécessaire de soin de ses affaires. Il siffla ensuite avec ses doigts. Le bruit strident résonna un bref instant dans la nature accueillante. Quelques secondes plus tard, Ambre sorti des fourrés, un peu crasseuse. Elle s’était visiblement cachée au sol en attendant que la tempête passe. Mais la fin du combat était loin de la voir aussi enjouée que Cali. L'inquiétude prenait forme sur ses traits et les regards noirs et méfiants se multipliaient vers le mercenaire. Elle fit un grand tour, pour éviter l’homme afin de rejoindre Alex qui sentit le trouble qui la parcourait. Il prit une voix qu’il essaya de rendre rassurante alors qu’une main se posait sur sa petite épaule.
— Ne t’en fais pas, on va bientôt partir. Mais j’ai besoin d’aide.

Alex désigna ses blessures du menton, dont certaines avaient besoin d’être suturées. Ambre hocha la tête, visiblement habituée et se mit au travail, le visage fermé. Elle n’était pas débutante, mais il la guida tout du long sans jamais montrer de signe de douleur, même si elle se trompait et plantait l’aiguille où il ne fallait pas. De l’autre côté du camp, Cali et Aelya se livrait à la même scène, le rôle des genres simplement inversé. Il s’en désintéressa pourtant pour se concentrer sur sa tâche. La vue du sang et des blessures d’Alex ne dérangeait pas la gamine. Comme si elle était habitué au sang. Aux blessures. A la mort. C’est même si elle n’offrait pas un regard dédaigneux à la tâche, comme si elle valait mieux que quelques coupures sans gravité.

— Alors, Aelya, dis-moi. Comment occupais-tu ta vie sur Terre ?

Les deux compagnons tendirent l’oreille pour une fois. Reportant leur attention plus que sur le travail non terminé. Ils écoutèrent la réponse d’Aelya en silence puis quand Cali se mit à dessiner, leurs regards se croisèrent.

Connaissance.
Surprise.
Danger.


Oui, il avait totalement oublié le dessinateur en Cali. Et le fait qu’Ambre se soit complètement révélée à lui en dessinant. Il n’avait déjà pas assez confiance dans les humains normaux pour révéler le secret de la gamine. Alors un mercenaire du chaos… Cette pensée finit de le décider. Ils s’en iraient le plus tôt possible. Enlever cette enfant pour lui laver le cerveau et en faire une mentaï parfaite devait sûrement faire partie de ses plans. Ou alors il était complètement paranoïaque. Dans le doute, il agirait. C’était ce qu’il faisait le mieux. Agir.

Le pirate hocha la tête vers Ambre pour lui dire qu’il avait compris, même s’il restait une partie sous jacente du message qu’il n’avait pas réussi à saisir.

-Ce qui m’intrigue est ta cousine. Je sais que sa perte est récente et ta douleur encore présente, mais… Qui était-elle ? Il existe quelques rares personnes capables d’aller de ce monde au tien, et elles sont encore plus rares celles qui le font uniquement pour poursuivre une personne… Et ces individus font généralement partie de ma guilde.

Bien, il venait d’avouer. Sa prochaine tâche ne lui en sera que plus facile. Il rangea les affaires après avoir passé un onguent sur ses plaies refermées et bandées puis demande à Ambre de l’aider à ramasser leur affaires. Elle s’exécuta, sans s’approcher de Cali et en lui jetant des regards noirs. Alex quant à lui vint récupérer son sabre au sol, la souche aillant disparu. La lame était quelques peu abîmée, mais rien d’irréparable. Elle reprit sa place dans son fourreau alors que Cali continuait de son ton mielleux et empoisonné à souhait. Tout en lui, même ses gestes de bonté respirait la perfidie. Mais peut être s’était-il trompé à son compte. Peut être qu’il n’avait effectivement rien à voir avec le meurtre de la cousine de la gamine et n’attenterait donc pas à sa vie. Alors maintenant il tentait de la recruter. Et ça ne le surprendrait pas qu’il ait d’autres vues sur certaines parties de son anatomie. Si cette pauvre fille tombait dans le panneau… Un soupir s’échappa de sa bouche. Que la Dame puisse veiller sur elle.

Il continua à ranger ses affaires jusqu’à la monture qu’il n’avait pas libéré de son équipement, offrant en même temps assez d’intimité à Aelya pour s’habiller de nouveau. Quand enfin, elle fut prête, il s’approcha à nouveau du feu, l’air tranquille. La monture était prête à partir, il ne lui restait plus qu’à prévenir la fille. Il s’assit, à environ un tiers du feu, laissant à Aelya l’emplacement qui la positionnerait à égal distance de Cali et d’Alex, si elle voulait. Il se demandait réellement ce qui se passait dans la tête de cette fille. Elle lui était aussi inconnu que Cali, si ce n’était plus. Elle n’avait pas l’air mauvaise, au contraire. Juste une humaine paumée, perdu dans un autre monde. Tout comme l’avait été Ambre à l’époque. Sauf qu’elle était une gamine muette. Aelya saurait se débrouiller. Même si elle finissait serveuse dans une auberge miteuse ou dessinatrice prometteuse. Mais c’était la deuxième fois qu’il croisait en peu de temps une terrienne. Une part de lui qu’il essayait de refouler au plus profond, voulait rester pour s’occuper d’elle. Il avait beau se clamer à lui même qu’il n’était pas un protecteur, il savait que c’était faux. S’il se liait d’affection à quelque chose, la raison ne comptait plus vraiment. Mais avait-il réellement envie de se lier à elle ?

Ses cheveux bleus lui rappelait l’océan. Il n’avait pas vraiment pu s’y attarder jusqu’alors, mais maintenant qu’elle était propre et qu’une atmosphère beaucoup plus posée s’était emparé du campement, il avait loisir de l’observer. Une vingtaine d’année, tout en grâce et élégance. Sa jeunesse lui rappelait Nelah, en quelque sorte. Une espèce de façon de se mouvoir, dansante. Et sa chevelure impériale qui attirait constamment le regard sur elle. Il avait beau avoir l’âge d’être son père, il ne pouvait nier qu’elle était belle. Pas plaisante à regarder, ou excitante. Belle et charmante, simplement et puissamment. Alex ne doutait pas qu’en vieillissant, elle acquiert un cachet certain qui resterait rare parmi les femmes de son âge. Sous ses airs de princesse, il arrivait également à discerner une certaine noblesse. Une réelle noblesse. Peut être un peu trop marquée à son goût, mais assez pure de prime abord pour ne pas la catégoriser tout de suite.

Il attira son attention pour qu’elle l’écoute, lui laissant le soin de s’asseoir ou non.
— Écoute Aelya, je vais te parler et après je m’en irai. Tu ne connais rien du monde, alors laisse moi t’expliquer quelques petites choses. Tu feras tes propres choix après ça.
« Gwendalavir est un autre monde, loin de celui de la Terre. Tu ne pourras plus y accéder à condition de savoir faire un pas-sur-le-côté ou de trouver quelqu’un pour t’y emmener. Et ils sont très peu à avoir ce pouvoir. Dans l’immédiat, tu es coincée ici. Je suis désolé pour toi et ta famille.


Il laissa un petit temps à Aelya en se levant pour aller chercher une carte qu’il présenta à la jeune femme. Il continua en lui montrant les informations en même temps.
— Gwendalavir est un empire qui regroupe la plus part des être humains arrivé ici il y’a trois milles ans. Il y’a des Faëls à l’Ouest, qui nous sont pacifiques. Et des pirates au sud qui le sont beaucoup moins. Ici, nous sommes dans la partie Sud Ouest, près d’Al-Vor. Et ceci… Est l’empire des hommes. Oublie tout ce que tu as pu voir chez toi, ici la moindre bestiole que tu croiseras essayera d’avoir ta peau à part dans les régions sécurisées de l’empire. Ce qui équivaut à… Pas grand chose.
« L’homme qui est à côté fait parti d’une organisation qui se fait appeler les «mercenaires du Chaos». Leur but est de détruire l’empire, simplement. Ils sèment la mort et la destruction partout où ils passent, pour apporter le chaos. Allie toi à cet homme, et tu te feras l’ennemie de tout ce qui se trouve sur cette carte. Qui plus est, seule son organisation a les moyens de parvenir dans l’autre monde pour assassiner des gens. Et la mentalité. Alors pose toi les bonnes questions avant de faire un choix. Car soit il est derrière le meurtre de ta cousine et joue avec toi. Soit il n’y est pour rien et tentera de te berner.
« Je ne suis pas là pour te pousser dans une quelconque direction. Tu es libre de ta vie. Rejoins le ou non. C’est toi que ça regarde, mais fais le en toute connaissance de cause. Les mercenaires du Chaos ont subit une très lourde défaite il y’a 5 ans. Ils ont perdu la bataille contre l’empire et leur forces ont été réduites à néant. Désormais, ce ne sont que des rescapés qui tentent tant bien que mal de retrouver leur forces pour mettre à nouveau à mal l’empire. Et si tu ne me crois pas, il suffira de te renseigner au près de n’importe quel village. Tu confirmes, Mentaï ?

Il se tourna un instant vers Cali sans laisser transparaître aucun sentiment. Attendant de voir s’il jouerait la carte de la franchise ou se déroberait comme il en a l’habitude. Il laissa la carte à Aelya, ne faisant aucun mouvement pour la reprendre. Il pourrait très bien en acheter une autre dans la prochaine ville. Il voulait s’assurer qu’elle l’écoute attentivement pour continuer. Apprendre tant de choses d’un nouveau monde n’était sûrement pas facile. Surtout dans l’état où elle devait être.
— Pour ma part, je suis né dans l’empire et en suis parti pour devenir pirate. J’ai exploré les mers et vécu d’explorations, plus que d’attaques et de pillage. Mais ce peuple et tout aussi belliqueux que les mercenaires, même s’ils ne recherchent dans le fond que le profit. Donc fais attention à eux, même si tu n’en rencontreras jamais aussi loin dans les terres. Je suis un cas à part.

Alex se releva alors. Il avait presque tout dit. Mais quelque chose le dérangeait sans qu’il puisse mettre la main dessus. Il passa une main sur sa gueule cassée et lasse.
— Cet homme est liée de près ou de loin au meurtre de ta cousine. Si nous nous sommes battus, c'est parce que je pensais qu'il en voulait à ta vie et que je refusais de le voir te sacrifier après ta famille. Je sais ce que c’est, de la perdre. Et de vouloir se venger. J’en connais le prix. Je l’ai payé. Mais je te le dis, quoi que tu fasses, ce que tu as de brisé au fond de l’âme, le restera à tout jamais. Rien ne la ramènera.

Ses souvenirs affluèrent et son équipage avec, comme le ressac des vagues sur une plage de sable blanc, laissant une trace sombre en se retirant. La souffrance de la perte emplissant son coeur, sans qu’il n’en fasse pourtant spectacle. L’image de sa femme s’imposa encore à lui. Il releva les yeux légèrement vers le ciel, comme tentant d’attraper son essence fugace parmi le vent. L’homme brisé se révélait. Celui qui avait tout perdu et qui n’avait plus rien à perdre. Plus rien…

Alex tourna la tête dans une direction, puis l’autre. Mais rien. Cela faisait un moment qu’il n’avait pas vu Ambre. Mais la forêt était définitivement vide de sa présence. Les sens en alertes, il tenta de repérer quelque chose, un signe, un son… En vain. Il siffla. Mais aucune réponse ne lui parvint. La gamine n’était pas du genre à se planquer ou à prendre peur. Au contraire. Qu’elle ait disparu n’était donc pas un bon signe du tout. Il observa le mercenaire et la terrienne, il n’avait pas envie qu’ils s’en mêlent, surtout pour Cali. Il tâcha donc de ne pas paraître inquiet.
— Je vais la chercher, après, nous partirons.

Il se rendit alors au dernier endroit où il l’avait aperçut. Pister quelqu’un, voilà quelques mois qu’il ne l’avait pas fait. Il verrait bien s’il s’en sortirait.
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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Ven 2 Juin 2017 - 23:44



Lorsque rien ne reste
"-A quel exact moment est-ce que je suis devenue pareil aimant à malchance ?
- Arrêtes de penser et cours. "

Music




L’espace d’un coup de vent, le temps s’était amicalement figé et Aelya se tenait droite, les mains croisés et le regard sombre, tremblait de l’intérieur et tâchait de se persuader de la validité de sa folie. Sa chaussure, après avoir percuté le crâne de Cali, s’était écrasée mollement sur le sol, aussi incongrue qu’ingénue dans le décor qui l’entourait. Un joli escarpin d’ébène, solitaire et abîmé, plus adapté au sol carrelé d’un antre de jeunesse délabrée qu’à une forêt fournie et fardée d’inconnus aux lames enfoncé dans les bras, chuintant pour y retourner, comme greffées par un chirurgien à l’esprit dérangé. Serait-elle rejoins par une jeunette aux cheveux azur et à l’insolence démesurée ? La terre meuble serait-elle le dernier lit où l’oreille rougie par l’humidité de sa chevelure reposerait ? Le temps figé devait rire des inquiétudes de la bleuté, puisqu’il fit durer sa pause à souhait, laissant à la jeune fille le loisir d’observer, de balader ses yeux et sa peine entre les deux hommes aux muscles encore palpitants. Que serait-il arrivé si elle n’était intervenue ? Serait-elle revenue pour trouver un cadavre ? Le survivant aurait-il bien vite fait d’achever sa tâche et d’éliminer la survivante simplette, apparue au mauvais endroit au mauvais moment ? Et maintenant qu’elle était là ? Etait-ce là sa dernière erreur ?
Le temps insolent interrompit la stérilité de ses pensées, laissant place à la certitude absolue que, peu importe ce qui se passerait, elle ne tomberait pas sans combat. Déjà l’idée de la pierre funéraire imaginaire revenait dans son esprit. Si elle était bien à son origine, peu importe quelle magie était-ce, elle devrait savoir le reproduire. Seulement, la pierre devrait se tenir en hauteur, juste assez haut et assez grosse pour que l’ombre sur la chevelure de son assaillant soit la dernière à jamais se poser sur les sombres mèches. Le regard océan de la jeune fille toujours fixé sur lui, Cali se détacha du duo mortel. Pour une seconde, Aelya regretta que sa chaussure se fût arrêtée sur lui. Il lui paraissait bien plus dangereux qu’Alex Clorem, le faux père. Si quelqu’un ici l’assassinait, ce serait lui, il n’y avait pas à en douter. Fraîchement arraché à son combat, son aura transpirait de la même malice et de la même agressivité qu’elle avait ressentie dans le taxi new-yorkais. Aelya refusa de faire le lien. Ce serait bien trop laid, bien trop étrange, bien trop pour être une simple coïncidence. Et pourtant il sourit. Ce n’était pas un sourire sincère, mais il l’était assez pour qu’Aelya s’autorise à respirer. Cela faisait presque une minute que l’appréhension retenait son souffle, sans qu’elle ne s’en rende véritablement compte.

- Ce vieux parasite s’est mis en tête que j’étais la cause de tous tes malheurs, et je n’avais pas envie de sentir son agressivité ni sa méfiance un instant de plus, lança-t-il d’un ton aussi souriant que surprenant.

Le sourcil châtain de la jeune fille se leva. Si l’inclure dans l’affrontement était une tentative de s’attaquer à son pathos, elle était bien fade. Sans oublier que le reste de sa phrase, adressée à celui qu’il ne pouvait que trop apprécier, était emplie de menace. Le personnage de Cali l’intriguait. Un mauvais acteur aux deux masques, terriblement dangereux  et probablement enfoncé jusqu’au cou dans des affaires peu enviable. L’avoir rencontré était-elle une aubaine (ces gens-là en savent toujours plus et ne rechignent pas à agir) ou un guêpier, elle ne parvenait à se décider. Il lui fit signe de rejoindre un rocher plat où reposait des concoctions qu’elle devinait médicales. Aelya se doutait que l’onguent qu’elle avait appliqué ne suffirait pas et qu’elle ne pouvait s’offrir le luxe de refuser l’aide que lui offrait l’homme, peu importait ses affinités. Ainsi elle ne montra aucun signe d’opposition et se plaça à l’endroit indiqué et soupira à peine quand elle comprit qu’il était inévitable qu’elle retire son vêtement. Heureusement, Cali se retourna pour chercher dieu-seul-savait-quoi dans son sac, bien qu’elle n’en voit pas l’utilité. Il allait la voir en sous-vêtement, quel importance qu’il n’assiste pas à la transition entre les deux états ? La danseuse ne doutait nullement de la beauté de son corps, la pudeur était pour elle un principe plus qu’un handicap. Les années avaient forgés en profondeur chacun de ses muscles, avaient affiné sa souplesse et lui avaient donné les courbes nécessaire à ce qu’aucun regard ne passe trop vite devant sa silhouette dénudée. Elle n’avait pas honte, en tirait même une certaine fierté. Pourtant, l’idée du regard en acier trempé de son soigneur se mouvant sur les dites-courbes la dérangeait. Cali l’avait peut-être deviné, puisqu’il garda ses yeux dirigé vers le sol, ne les levaient que lorsqu’une nouvelle contusion le lui imposait. Malgré sa volonté de ne point se montrer impressionnable, Aelya lui en fut reconnaissante.
Seulement, l’absence de son regard n’empêcha sa peau de frissonner et ses muscles de se tendre sous le satiné de son touché. De nouveau, son souffle voulut se coincer dans sa gorge, et il fallut véritable effort de volonté pour se ressaisir. Pourquoi une réaction pareille ? Il ne faisait que la soigner, comme mille avant lui. La bleuté tâcha de se concentrer, non plus sur l’agrément que provoquait son soigneur, mais sur ses blessures en elles-mêmes. En vain, Cali était doué et la douleur s’estompait tandis que les doigts qui parcouraient sa peau s’obstinaient à la faire frémir. Et assez tôt, les yeux de Cali perdirent leur retenue, par volonté ou par inattention, et se retrouvèrent à scruter la figure concentrée de la danseuse. Que pouvait-il bien se dire ?
Qu’en as-tu à faire, Aelya ? Il pourrait bien penser que tu es un laideron, cela ne changerait rien à ton existence, non ?
Par jeu, elle s’amusa à le détailler en retour, quoique plus discrète. Son profond regard gris, tourné vers ses pensées, était ce qu’elle avait remarqué en premier, ce qui explosait lorsqu’on posait les yeux sur son visage. Un visage séduisant, fort, que seul une minuscule cicatrice venait perturber, au coin de ses lèvres. S’il n’avait pas été si proche, elle n’aurait jamais pu la discerner. Mais la distance presque nulle qui les séparaient lui permettait une vue sur chaque détail, chaque trait de l’homme. Il ne devait pas avoir plus d’une dizaine d’années de plus qu’elle, et plus elle mouvait ses yeux sur lui, plus sa superbe devenait indéniable.  
Un sifflement de Cali la tira de ses réflexions. Il venait de découvrir l’ouverture gigantesque qui fleuretait entre son nombril et son dos. Elle se doutait fortement que celle-ci ne guérirait pas sans accroche, mais ne pus empêcher de gémir lorsque l’homme y plongea, mains nues, l’onguent. Les yeux fermés et la main tremblante, elle attendit avec impatience que Cali finisse de manipuler sa plaie béante et brûlante. Les minutes semblaient des heures. Finalement, il retira ses doigts, teinté de carmin, du ventre de la jeune fille et lui annonça qu’il ne restait plus qu’à recoudre. Aelya poussa un soupir de soulagement et, suivant ses consignes, tenus les rebords de sa blessure. Une flamme apparut sous l’aiguille, comme par magie. Cali devait être trop appliqué dans sa sorcellerie pour remarquer les gros yeux que faisait la jeune fille. Il savait donc provoquer volontairement ces apparitions magiques.
- Comm…

Aelya retint finalement sa question, relancée  par sa plaie. Elle aurait le temps de lui demander, une fois sauve et soignée. Cali plaça alors l’aiguille brûlante dans son dos, là où la gueule prenait naissance. Aelya ferma les yeux, se préparant à une nouvelle phase douloureuse.

- Alors, Aelya, dis-moi. Comment occupais-tu ta vie sur Terre ?

La question su la surprendre et ses paupières se soulevèrent. Sa vie sur Terre. Voilà qui semblait être un lointain rêve, empli de douceur et de couleur, loin de l’adrénaline et du danger qui lui broyait l’estomac et la peau.

- Je dansais, lâcha-t-elle, j’apprenais.

Deux verbes à l’imparfait qui définissaient son existence passée. Existence qui lui manquait terriblement, dans sa simplicité et sa beauté. Le visage d’Eden lui apparut brusquement. Elle devrait certainement faire le deuil de ses lèvres, de son toucher et de sa chevelure. Elle ne les reverrait pas de sitôt. Son pittoresque appartement qu’elle pouvait à peine se permettre mais qui l’emplissais de fierté. La pile de livres aux propos plus pointus les uns les autres qui reposaient sur sa table de lui et qui l’enfermait plus dans un mal de tête horrible que dans les bras de Morphée. Le club qui désignait son groupe d’amis comme « les habitués » et leurs faisait d’excellents prix tout en rémunérant grassement leurs performances. Les rires sur le canapé de Nahi, lors de ces nuits entre amis qui ne finissaient qu’au petit matin. Le ton calme et glacial de sa professeur. L’engouement qui précédait un gala et le soulagement qui le suivait. Les nuits qu’elle passait à s’émerveiller devant le ciel New-Yorkais. Les appels interminables qui les accompagnaient, les doutes sur son avenir. La certitude qu’elle avait encore la vie devant elle pour faire tout, accomplir chacun de ses rêves, un à un. Oui, elle s’occupait sur Terre. Et le souvenir de chacune de ses occupations lui déchirait la poitrine un peu plus.
La nuit commença peu à peu à envelopper les bois, et Cali semblait de plus en plus hésitant quant aux points de sa médecine. Il n’était plus qu’à quelque millimètre de la peau de la jeune fille, s’était approcher pendant que, perdue dans ses pensées, elle se remémorait chacune de ses pertes. Son souffle chaud venait mourir sur la peau tendue de la terrienne, qui se couvrait de chair de poule au rythme de la tombée de l’obscurité. Le froid, bien entendu, l’accompagnait. L’homme soupira, s’arrêta dans son œuvre inachevé. Malgré la pénombre, Aelya pu remarquer qu’il s’était appliqué. La cicatrice guérirait surement vite et bien et il n’en resterait plus qu’une mince trace. De nouveau, la reconnaissance l’envahit. Peu importe sa dangerosité, il lui avait sauvé la vie. Soudain, une lumière surnaturelle apparut. Sortie de nulle part, magique. Aelya sursauta, comme à chaque fois qu’il prouvait sa maîtrise de cet étrange pouvoir, mais ne s’en étonna plus. S’il pouvait créer une flamme, une lueur mystique ne devait pas être bien compliquée. Elle avait tant de questions à poser, tant à apprendre et tant à comprendre. Mais, prenant son mal en patience, elle laissa Cali compléter ses points de suture, silencieuse et concentrée. Ses doigts s’aventuraient à présent vers son ventre où la deuxième extrémité de la blessure se trouvait. La bleuté avait perdu la notion du temps, mais la longueur du processus et la minutie de l’homme l’impressionna.  

- Ce qui m’intrigue est ta cousine. Je sais que sa perte est récente et ta douleur encore présente, mais… Qui était-elle ?

Nahi. Qui étais-tu ? Que diable avait-tu fais pour mériter un sort pareil ? Qui est-nous, cousine ? Que m’as-tu caché ?

- Il existe quelques rares personnes capables d’aller de ce monde au tien, et elles sont encore plus rares celles qui le font uniquement pour poursuivre une personne… Et ces individus font généralement partie de ma guilde.

L’aveu fit déglutir discrètement Aelya. Elle ne s’était donc pas trompée. La similitude de gestuelle et d’énergie n’était pas une coïncidence. Cali avait plongé son regard dans le sien, tâchant surement de surprendre une quelconque réaction. En d’autres circonstances, elle aurait été terrifiée. Mais voilà presque une heure qu’il s’appliquait à la guérir et à la rassurer, avec un soin et une douceur surprenante. Elle n’approuverait probablement pas la mission des siens, mais à la personne de Cali elle donnait…il ne s’agissait pas de confiance. Juste de l’approbation. S’il avait voulu la tuer, l’abandonner sur place aurait fonctionné, tout comme ne pas la soigner ou enfoncer un couteau entre les côtes qu’il s’appliquait à soigner.

- Je m’en doutais. Vous aviez une aura similaire. Quant à ma cousine…Je pensais connaître Nahi. Sincèrement. Nous avons grandi ensemble, nous vivions ensemble. Mais de ce que je savais, elle n’était qu’une danseuse extravertie et fêtarde. Une casse-cou, mais en aucun cas capable de s’attirer des problèmes. Tu es sûrement plus apte que moi à comprendre pourquoi est-ce que…ta guilde enverrait un meurtrier chez nous. Je ne connaissais ni l’existence de ce monde, ni l’implication de ma cousine. Je ne sais pas non plus comment elle a réussi à nous changer de monde ni pourquoi elle l’a fait. Nous aurions été plus en sécurité dans un hôpital ou dans nos quartiers, au moins.

Sa voix tremblante, Aelya marqua une pause.

- Mais Nahi ne faisait jamais rien sans raison. C’était une fille à la logique implacable.

Et ce, même complétement soumise à l’alcool. Ou à la peur. Nahi ne faisait rien sans raison valable, débattue et réfléchie.

- Si je suis là, c’est qu’elle l’a voulu, et qu’il y a une bonne raison derrière.

Ne manquait que l’explication.

- Aucune de mes connaissances n'a accompli cette mission, je doute même que les miens soient responsables de cette attaque, mais je t'aiderais à trouver des réponses. À toutes tes questions, promit Cali.

Les paroles touchèrent Aelya, si bien qu’elle ne fit même pas remarquer les occasionnels coups d’œil que l’homme jetait à sa poitrine. Bien entendu, il fallait que tu mettes un push-up à dentelle.

- Je risque de te prendre au mot, Cali. Et dieu sait que des questions, j’en ai bonne réserve, lança-t-elle avec un sourire.

Finalement, le mercenaire boucla le nœud de la couture, admira son travail avec un sourire satisfait et mérité, avant de lui assurer qu’elle guérirait bientôt, plein de bonté. La lumière magique disparut, laissant place à une douce obscurité naissante. Seules les boucles bleues d’Aelya, à présent sèches, brillaient encore. Il lui tendit ensuite des vêtements cent fois trop larges mais plus confortables que sa robe et alla s’assoir près du feu pour se reposer. Aelya ne savait comment le remercier à justes termes. Le personnage qu’elle s’imaginait s’était retrouvé métamorphosé en un homme qu’elle pouvait envisager le plus méliorativement du monde.
La tenue était composée d’une large tunique qui arrivait mi-cuisse de la jeune fille, qui se considérait pourtant loin d’être petite et d’un pantalon capable de la recouvrir jusqu’au nombril. Elle abandonna vite l’idée d’enfiler ce dernier, puisque le tissu frottait contre sa cicatrice toute neuve et se contenta de la simili-robe sombre. Elle était encore peu couverte, mais toujours plus qu’avec les lambeaux qui restaient de son vêtement.
Au coin du feu, les deux hommes avait pris place, largement éloignées les uns des autres. Seule Ambre restait éloignée. Parce que oui, la gamine avait retrouvé son chemin toute seule et ne s’était pas faite dévorée le moins du monde par la créature que la bleuté avait aperçue. Tant d’inquiétude pour rien. Elle voulut remercier plus expressivement son soigneur, mais l’autre, Alex Corem lui fit signe d’approcher.

- Écoute Aelya, je vais te parler et après je m’en irai. Tu ne connais rien du monde, alors laisse-moi t’expliquer quelques petites choses. Tu feras tes propres choix après ça.

La curiosité et les circonstances l’amenèrent à reporter ses remerciements. Elle se place plus au centre, près de son nouvel interlocuteur, apparemment pressé de s’en aller.

- Gwendalavir est un autre monde, loin de celui de la Terre. Tu ne pourras plus y accéder à condition de savoir faire un pas-sur-le-côté ou de trouver quelqu’un pour t’y emmener. Et ils sont très peu à avoir ce pouvoir. Dans l’immédiat, tu es coincée ici. Je suis désolé pour toi et ta famille.

Gwendalavir. C’était cela le nom que ça cousine avait dit, avant de glisser vers l’au…ailleurs. Et il existait bel et bien des personnes capables de la ramener. Restait à prier qu’ils ne soient pas tous meurtriers. Il apporta ensuite une carte et la lui explicita. Gwendalavir ressemblait quelque peu à l’Angleterre dans sa forme et semblait assez étendue. Il était entouré d’eau, qu’elle put nommer  «  Océan des Brumes » ou « Grand Océan du Sud ». Il y avait également un nombre impressionnant de pics, de chaines de montagnes ou de relief. Un désert ici, une forêt là. La topographie de ce continent était aussi incongrue que fascinante.
Alex commença à lui parler différents peuple. Pirates, elle comprenait. Faëls, c’était une autre histoire. Le mot sonnait joliment mais elle n’avait aucune image en tête. Puis, Alex insista sur le danger qui se cachait au quatre coins du continent. Elle voulut bien le croire.

- L’homme qui est à côté, continua-t-il en désignant Cali, fait partie d’une organisation qui se fait appeler les «mercenaires du Chaos». Leur but est de détruire l’empire, simplement. Ils sèment la mort et la destruction partout où ils passent, pour apporter le chaos. Allie-toi à cet homme, et tu te feras l’ennemie de tout ce qui se trouve sur cette carte. Qui plus est, seule son organisation a les moyens de parvenir dans l’autre monde pour assassiner des gens. Et la mentalité. Alors pose-toi les bonnes questions avant de faire un choix. Car soit il est derrière le meurtre de ta cousine et joue avec toi. Soit il n’y est pour rien et tentera de te berner.

Ah. Un discours pareil, alors que le principal concerné se tenait armé à quelques mètres. Un tel manichéisme la surprit. Elle ne voulait, pour ainsi dire, pas véritablement y croire. La tendresse du prétendu mercenaire à son égard l’avait convaincu que ses intentions n’étaient pas purement mauvaises. Autant elle le voyait sans peine mener des opérations douteuses, autant « semer la mort et la destruction » lui paraissait suinter d’absurde.  

- Je ne suis pas là pour te pousser dans une quelconque direction. Tu es libre de ta vie. Rejoins-le ou non. C’est toi que ça regarde, mais fais-le en toute connaissance de cause. Les mercenaires du Chaos ont subi une très lourde défaite il y’a cinq ans. Ils ont perdu la bataille contre l’empire et leurs forces ont été réduites à néant. Désormais, ce ne sont que des rescapés qui tentent tant bien que mal de retrouver leurs forces pour mettre à nouveau à mal l’empire. Et si tu ne me crois pas, il suffira de te renseigner auprès de n’importe quel village. Tu confirmes, Mentaï ?

Elle se tourna vers Cali, cherchant elle aussi une confirmation ou une infirmation. Mais le mercenaire demeura impassible. Cela faisait beaucoup d’information qu’elle ne pouvait vérifier. Elle ne voulait pas, ne pouvait pas croire l’homme sur parole. Au mieux, elle ferait preuve d’un minimum de méfiance envers le mercenaire. Mais retourner seule vagabonder dans la forêt jusqu’à espérer trouver une ville (dans laquelle elle ne saurait que faire, d’ailleurs) était hors de question. Or, Alex Clorem ne semblait pas déterminer à jouer le rôle de guide, contrairement à Cali.
Il lui apprit ensuite être lui-même pirate, peuple aux mœurs tout aussi peu enviable que les soi-disant mercenaires du chaos. Rassurant. N’aurait-elle pas pu tomber sur un Faël plutôt que sur deux meurtriers en herbe ? Enfin. De ce qu’elle en savait, les Faëls pouvaient tout aussi bien être des cannibales au goût particulier pour les jeunes égarées.

- Cet homme est lié de près ou de loin au meurtre de ta cousine. Si nous nous sommes battus, c'est parce que je pensais qu'il en voulait à ta vie et que je refusais de le voir te sacrifier après ta famille. Je sais ce que c’est, de la perdre. Et de vouloir se venger. J’en connais le prix. Je l’ai payé. Mais je te le dis, quoi que tu fasses, ce que tu as de brisé au fond de l’âme, le restera à tout jamais. Rien ne la ramènera.

Merci, j’avais véritablement besoin d’un rappel que mon cas est sans espoir.
- Et si je ne désire qu’une simple vengeance, bête et méchante ? murmura-t-elle, imperceptible.

Elle ne demandait que justice. Elle se doutait qu’arracher la tête du meurtrier ne changerait en rien la réalité. Que rien ne ramènerait plus Nahi. Que plus jamais elle ne verrait son sourire. Reste que rendre la monnaie de leur pièce aux responsables était la seule idée qui lui apportait un quelconque réconfort. Sa réaction était puérile et irrationnelle, mais c’était l’unique issue qui se présentait. Elle ressentait la nécessité de mettre fin à cette histoire avant d’envisager de se lancer dans quoique ce soit de neuf. Ce serait là son ultime hommage à sa passeuse.

- Je vais la chercher, après, nous partirons.

Aelya sortit de ses pensées et tourna la tête vers l’homme qui se levait en direction des aires boisées. Il devait parler d’Ambre. La gosse avait donc encore disparu…

- Attendez, je vous accompagne.

La bleuté se leva, tâchant de ne pas faire remonter son modeste accoutrement. Ils l’avaient assez vu en sous-vêtement pour le restant de ses jours. Le ciel s’était largement assombrie, s’ils ne trouvaient pas Ambre dans la dizaine de minutes qui suivait, la nuit tomberait et la fillette risquerait de prendre peur et deviendrait bien plus difficile à trouver dans le noir. La jeune fille balada ses yeux à travers les feuillages, chercha une singularité dans le décor vert qui fonçait de seconde en seconde. Une tâche noire, couleur des cheveux de l’enfant, apparu au loin et la terrienne décida de la suivre, ignorant royalement les chemins empruntés par les deux hommes.

- Ambre ?
Plus elle s’enfonçait, plus elle réalisait que la fillette n’était pas près de là. Le noir n’avait dû être qu’une illusion d’optique. Pourtant, le sol semblait récemment foulé, les herbes étaient écrasées et un chemin boueux se détachait. Peut-être s’était-elle simplement éloignée ? La bleuté traqua les traces visibles et s’engagea encore plus profondément.  

- Ambre ?

Le souvenir de la bête qu’elle avait croisé lors de sa première traque de l’enfant lui revint à l’esprit. Elle espérait sincèrement de pas faire de mauvaise rencontre supplémentaire.
Bien entendu, une seconde n’eut pas  le temps de s’écouler qu’un hurlement inhumain résonna puissamment entre les branches et les buissons. Alors, la chose responsable des traces apparut enfin. Aelya fit autant de pas en arrière qu’elle put, terrifiée et incapable de bouger ou de hurler. C’est une sorte de cochon bipède vert, sorti tout droit de ses pires cauchemars. Ses faciès étrange était couverts de boutons tous plus purulents les uns les autres et son corps était négligemment recouvert de bouts de métaux liés entre eux. S’ajoutait à cet horrifiant portrait une paire de crocs qui ferait pâlir Dracula et un sourire malsain de prédateur ayant trouvé une proie. Aelya ne savait plus où se mettre.
Puis, il grogna, prêt à charger pour attaquer la terrienne. Alors, l’idée de la pierre lui revint à l’esprit. Allez magie insensée, c’est maintenant ou jamais . Elle traça dans son esprit un bloc d’obsidienne immense, à la masse dépassant aisément la tonne. Elle le plaça un mètre au-dessus de la tête de l’être puis pria très fort pour que son plan fonctionne, supplia la magie qui régissait ce monde d’être de son côté. Elle sprinta dans la direction opposée, plus vite qu’elle ne s’en pensait capable, le souffle court et le cœur battant à la chamade. Derrière elle, le « boum » de la chute de pierre retentit à l’infini, surprenant aussi bien la chose que la jeune fille. Puis, un nouveau grognement, qui ne tarda pas à lui glacer le sang.  

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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Mer 7 Juin 2017 - 18:47


Les sanguinaires cochons nocturnes
Cali resta immobile tandis qu’il fermait les yeux, écoutant les respirations des individus qui s’étaient réunis autour du feu. Le pirate restait proche de la fillette tandis que la terrienne s’installait entre le mentaï et ladite fillette. L’air sentait, outre la fumée du bois de sapin, la tension de chacun. La méfiance était de mise et le mercenaire s’en moquait éperdument. Il n’avait guère l’intention de se faire des amis…
Ses pensées se tournèrent vers Aleya, qui lui avait avoué danser. C’était étrange, bien qu’évident. Ses mouvements étaient calculés et son port de tête altier. Il essaya de l’imaginer danser dans son monde, mais… bien que le résultat soit plaisant, il se doutait que cela était particulièrement éloigné de la réalité. Quant à sa défunte cousine… Nahi, c’était étrange. Peut-être qu’il pourrait poser quelques questions à certains hommes toujours bien renseignés, mais que ferait-il de la réponse ? Que se passerait-il s’il s’avérait que sa guilde avait tué Nahi et désirait en faire de même avec Aelya ? Les choses étaient plutôt simples chez eux, alors il craignait en partie de découvrir le fin mot de cette étrange histoire, et surtout de perdre la Dessinatrice. Son Don était jeune et puissant, si elle les rejoignait, elle pourrait être une alliée de taille.

Sortant le mentaï de ses réflexions Clorem prit la parole pour expliquer Gwendalavir dans les grandes lignes et le silence se fit dans la forêt. Lorsqu’il en vint à parler des enfants du Chaos, Caym l’observa avec attention, le visage immobile. Dans ses yeux gris se reflétait le miroitement des flammes et un sourire cruel vint étirer ses lèvres. Il ne démentait pas, il n’avait pas cherché un seul instant à se dissimuler ou à prétendre être un autre. Les intentions de l’homme étaient peu claires, surtout qu’il en vint à parler des pirates qui n’étaient guère plus présentables que les mercenaires du Chaos en fin de compte.

Finalement, il allait les quitter. Tant mieux. Cali regrettait le départ de l’enfant dessinatrice, son potentiel était grand, et si elle partait, il était presque certain que le Chaos n’aurait nulle manière de la voir combattre à leurs côtés. Mais peut-être que le pirate entacherait suffisamment son âme pour qu’elle répande le Chaos sans pour autant porter la bannière des Mercenaires.
Tandis qu’il la cherchait des yeux, Cali réalisa qu’elle s’était éclipsée discrètement. Il nota dans un coin de son esprit que le pirate la sifflait. Un rire moqueur étira ses lèvres tandis que ses deux compagnons se levaient pour se lancer à sa recherche. La nuit était presque totalement tombée, il était possible que l’enfant ne retrouve jamais le campement, malgré la lueur du feu qui éclairait les sous-bois.
Le mentaï se leva et observa les environs tandis que la terrienne s’élançait dans une direction. Elle n’avait enfilé que la chemise qu’il avait volée aux gardes. Celle-ci était suffisamment grande pour recouvrir la moitié de ses cuisses, mais dans le clair-obscur de la scène, ses jambes galbées semblaient particulièrement longues. Leur teint blanc ressortait dans la végétation qui les entourait et Cali nota qu’elle était pieds nus. Elle ne semblait pas réaliser la légèreté de sa tenue ni même l’incohérence de s’avancer ainsi dans les bois, et il songeait plus à l’état de ses pieds qu’à un profiteur puisqu’il savait qu’il n’y avait personne dans ces bois.
Personne…
L’instinct de Cali fit prendre à ses pensées un tournant nettement moins agréable. Le soutien-gorge en dentelles et la courbe galbée des seins de la terrienne laissèrent place à son instinct de chasseur. L’heure n’était plus à l’amusement.

Un bruissement de feuilles. Un éclat de lune et un frisson lui parcourant l’échine avertirent Cali d’un danger.
Pliant les genoux et en position de garde, l’homme s’approcha de la lisière, les yeux plissés, essayant de percer l’obscurité. Les ombres des arbres dissimulaient probablement leurs agresseurs. Se fiant à ses sens, le mercenaire du Chaos sentit qu’ils étaient en train d’être entourés. Ou presque. Le piège allait se refermer sur eux lorsqu’un assaillant sortit de la pénombre protectrice pour attaquer. C’était idiot. Il brisait l’effet de surprise et permettrait aux proies de s’échapper sans trop de difficultés.
Les hachettes de l’homme semblèrent se matérialiser dans ses mains tant il les dégaina rapidement. Ses réflexes étaient aiguisés et d’un mouvement du poignet il lança son arme vers son assaillant, lui tranchant la gorge sans plus de cérémonie.
Le groin luisant, le visage recouvert de pustules et la silhouette hirsute, le raïs s’effondra sans un bruit. Un raïs. Cali écarquilla les yeux, rendu soudainement immobile. Ils étaient entourés de Raïs. Comment était-ce possible ? Jamais ils n’avaient autant pénétré les terres Alaviriennes ! C’était tout bonnement impossible… Tandis que Cali s’élançait pour récupérer son arme, une idée s’imposa à son esprit. Tryss Shalion. C’était donc ça son plan ?!
Un cri déchira la nuit et Cali se redressa brusquement. Aelya devait être en train de rencontrer un raïs. Avait-elle la gamine ? Comment se défendrait-elle ? Étrangement au fond de lui, il sentait que cette jeune fille était pleine de ressource et qu’un seul de ces monstres ne mettrait pas en péril sa vie. Par contre son travail de couturier risquait d’être mis à mal.. Agacé, le mentaï serra les dents et se tourna vers le pirate. Sa voix était dure, bien que sincère.

-J’espère pour toi que ta gamine a eu la présence d’esprit de se cacher…

Si son chemin croisait celui d’un raïs il ne faisait aucun doute qu’ils la tueraient, mais au moins ça serait rapide. C’était le meilleur des cas, le pire étant que ces guerriers cochons la kidnappent pour la ramener aux Mercenaires. Là, sa situation serait bien pire, surtout s’ils venaient à découvrir son pouvoir… Cali était plutôt civilisé, du moins il se plaisait à penser ainsi, mais il savait que certains de ses congénères n’avaient pas ses états d’âme.
Ainsi cet abruti de Tryss avait réussi à convaincre quelques mentaïs de travailler pour lui ? C’était étonnant… mais révulsant. Jamais Cali n’aurait effectué de pas-sur-le-côté avec un raïs ! Et encore moins plusieurs…
Le reste de la bande ne tarda pas à sortir des bois pour attaquer. Cali réalisa qu’ils devaient avoir reçu des ordres, au moins envers les autres Mercenaires, pour ne pas se retourner contre eux. Comment s’y étaient-ils pris ? C’était totalement incohérent.
Tandis que les raïs hurlaient et faisaient un boucan du diable dans leurs armures rouillées, le mentaï prit la parole. Il ignora les lames ébréchées, et tachées de sang qui n’avait jamais été essuyé, qui se dirigeaient vers lui et ne il recula pas d’un pas.

-Arrêtez-vous ! Sa voix respirait l’autorité et il espérait que cela aurait un quelconque effet. Je suis un enfant du Chaos et vous devez respecter mes ordres !

Il tentait le tout pour le tout et apprécia la brève pause de ces créatures hideuses et sanguinaires. Mais cela ne dura pas et les créatures reprirent leur course dans des grognements que Cali interpréta comme des éclats de rire.

-Dommage.


Le mentaï fila dans les spires et avant que les assaillants n’aient pu faire deux pas supplémentaires des traits semblables à des rayons de lune s’élevèrent du sol dans un frôlement musical. L’air vibra sous l’apparition de ces cordes et le son cristallin assura Caym de la réussite de son dessin. Ouvrant les yeux il observa ces hautes cordes qui formaient une délimitation entre les raïs et le campement où se trouvaient Cali et Clorem. Le premier raïs ne tarda pas à rejoindre cette barrière invisible qui reflétait les flammes du feu et contre toute attente s’y jeta avec force. Les cordes le laissèrent traverser une fraction de seconde avant de se tendre et de le renvoyer avec force d’où il venait. Ses compagnons rebondirent également sur cette surface inattendue et trop subtile pour eux. Les fils étaient élastiques, mais aussi durs que du diamant si quiconque tentait de les briser.

-Je te laisse chercher ta gamine, je m’occupe d’Aelya. Si au passage tu pouvais éviter de trop les tuer, ça serait sympa. Les raïs sont bêtes, sème-les et fais-les tourner en bourrique. Dans l’obscurité et les bois, ils n’ont aucun avantage.

Car il restait un mercenaire du Chaos et même s’il se faisait attaquer par des raïs il savait qu’en les tuant il détruirait le plan d’un de ses frères. Un frère qu’il haïssait. Réduire son glorieux plan à l’état de bouille d’os et de sang lui plaisait particulièrement, mais c’était lui déclarer ouvertement la guerre et mettre en danger ses hommes, car travailler sous couverture était particulièrement dangereux.

-Et si jamais tu es submergé, tu peux hurler…


La raillerie de Cali fut accompagnée d’une œillade moqueuse puis par quelques propos plus sérieux.

-Si je tombe sur ta fillette je te le ferais savoir.


Cali ne perdit pas un instant de plus et attrapa le sac qu’il avait dérobé. Ni lui ni Aelya n’avaient de propriétés si bien qu’il était déjà prêt à s’élancer dans les bois. Il était temps d’abandonner le campement. Sans plus un regard pour le pirate il se dirigea dans la direction qu’avait empruntée Aelya, le regard rivé au sol. Comme il avait vu Clorem le faire un peu plus tôt il pista la jeune femme. Il ne tarda pas à la retrouver, immobile, les yeux fixant la créature devant elle. Cali sourit, il n’avait pas eu tort, elle avait réussi à se débarrasser d’un raïs, seule. La pierre qui avait enfoncé le crâne de la créature témoignait d’un Dessin.
Le mentaï ne tenait pas à s’éterniser dans les environs, il s’approcha de la bleutée et lui saisit le poignet. Il lui chuchota à l’oreille quelques mots afin de ne pas signaler leur présence à d’autres raïs déboussolés.

-Joli travail Aelya. Les raïs sont des créatures sanguinaires en plus d’être hideuses, il faut frapper en premier. Mais pour le moment on va éviter tout conflit et passer par en haut.

Il lui désigna les branches qui courraient au-dessus de leurs têtes. Les raïs n’étaient pas habitués aux zones arborisées. Ils pénétraient toujours sur le territoire par les montages ou les grandes plaines, mais jamais ils ne passaient par la forêt. De plus leur morphologie tout comme les bouts grotesques d’armures qui les recouvraient les empêchaient d’escalader les arbres. Peut-être même qu’ils n’y avaient jamais songé…

Caym entraîna Aelya vers un arbre doté de branches basses et s’élança. Prenant appui sur le tronc il se hissa sans grandes difficultés sur une large branche qui supporta son poids sans frémir. Il observa la terrienne et songea qu’elle n’apprécierait pas son aide. Il rangea la main qu’il s’apprêtait à lui tendre et se contenta de lui adresser un clin d’œil avant de s’élancer de nouveau. Il avait vécu pendant de longues années dans la forêt d’Ombreuses, ici les arbres étaient plus épais et espacés, mais il retrouva rapidement ses habitudes. Tout en s’assurant qu’Aelya le suivait, il se faufilait entre les branches, alternant toutes sortes d’acrobaties. Il sautait, crochetait certaines branches, prenait appui sur certains troncs, ses mains et ses pieds dansaient dans l’obscurité des bois avec un certain naturel. Seuls le bruissement des feuilles et quelques craquements de branches témoignaient de leur présence. Cali fit signe à Aleya lorsqu’ils passèrent au-dessus de trois Raïs qui semblaient fouiller la forêt avec rage, mais aucun ne remarqua les humains au-dessus de leurs têtes.
Cali sourit, savourant cet exercice particulier et s’arrêta lorsqu’il repéra la silhouette de Clorem. Il jeta un coup d’œil à la terrienne, notant son visage plongé dans l’obscurité, ses yeux brillants et sa chevelure une nouvelle fois emmêlée par les branches. Il lui sourit, hésitant à lui parler, mais s’abstient. Ses yeux glissèrent sur son corps et ses jambes interminables avant de chuter quelques mètres plus bas sur la haute stature du pirate, qui semblait pister sa fille. Ou la fille qui l’accompagnait puisqu’elle ne semblait pas être de son sang.

-Clorem.


La voix du mentaï était suffisamment faible pour ne pas attirer les créatures qui rodaient dans ses bois, mais il supposait que le pirate était sur ses gardes et que cela suffirait à attirer son attention.


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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Lun 19 Juin 2017 - 15:03

Quelques marques dans la terre. Légères. Des pas peut être. Ou des pattes. Traquer un enfant était à la fois plus complexe et plus facile que les adultes. Leurs mouvements étaient erratiques mais leur traces plus légères. On ne chassait pas le lapin comme la biche. En outre, Ambre était particulièrement frêle et délicate. Mais également imprudente. La végétation florissante et immaculée du printemps lui offrit ce qu’il lui manquait. Quelques plantes écrasées, quelques brindilles fendues. Et une ligne droite. Alex porta son regard aussi loin qu’il le pouvait dans le jour déclinant. Ambre avait vu quelque chose. Elle n’était pas partie explorer ou elle n’avait pas fui. Elle avait suivi une seule direction sans se retourner.

Le pirate porta son regard alentour, Aelya avait disparue. Il se redressa pour apercevoir ce qui aurait pu motiver sa soudaine fuite. Ou poursuite. Le calme des bois fut sa seule réponse, oppressant. Et Alex n’appréciait guère de se retrouver à nouveau en compagnie de Cali. Mais là n’était plus la question. Il devait suivre sa piste et tant pis pour les deux autres. Même si la terrienne lui avait offert son aide, il ne lui devait rien. Il fallait qu’il se tienne à cette idée. Au vu de ses réactions, elle n’achetait sûrement pas les explications que lui avait fourni Alex. Et la façon dont Cali la regardait comme un loup affamé ne lui donnait pas grand espoir quand à son envie de l’abandonner. Il allait partir quand un chuintement l’en empêcha.

Cali venait d’abattre un ennemi d’un seul mouvement, comme l’on pouvait s’y attendre d’un guerrier de sa trempe. En revanche, ce dont Alex n’avait pas prévu, c’était de tomber sur un guerrier cochon. Il observa la masse ensanglanté plus loin. C’était parfaitement inhabituel, même pour lui. Un Raïs aussi loin des frontières ? Il  ne fit que quelques pas en direction du mercenaire avant que le cri ne déchire la nuit. Un autre. La situation devenait de plus en plus problématique L’humaine risquait de se faire tuer. Il avait plus confiance en Ambre, mais la petite restait une gamine. Il suffisait d’un moment d’inattention pour qu’elle se prenne une claque et qu’elle finisse dans les vapes.
— J’espère pour toi que ta gamine a eu la présence d’esprit de se cacher…

Alex croisa le regard du mercenaire. Sans répondre. Il ne savait pas ce qui était le pire. Ambre ne se cachait pas. Qu’elle ait un tigre des plaines en face d’elle ou une armée de Raïs, il était sûr qu’elle serait totalement inconsciente et foncerait dans le tas. Si elle ne se faisait pas tuée par une flèche bien ajustée avant. A croire qu’on lui avait appris qu’elle ne pouvait pas mourir. En l’occurrence, si elle ne se cachait pas… Les dégâts pourraient faire mal. Ambre pouvait perdre le contrôle, il le savait. Et si elle tombait sur la terrienne pendant une de ses crises… Il ne donnait pas cher de sa peau.

Alex sortit son sabre de son fourreau avant que les autres Raïs ne les encerclent. Leur présence aussi loin dans l’empire devra trouver une réponse plus tard. Mais pour l’instant, il fallait retrouver la gamine le plus vite possible. Et cette masse de combattants étaient très problématique. Les guerriers cochons étaient aussi belliqueux que ce que l’on racontait. Et aussi idiot. Ils criaient et agissaient comme des animaux. Comment une armée pareille pouvait tenir tête à l’empire… Il se le demandait.

— Arrêtez vous ! Je suis un enfant du Chaos et vous devez respecter mes ordres.

Alex haussa un sourcil lorsque la horde s’interrompit, prête à fondre sur eux. Il y aurait presque cru. Le temps sembla s’arrêter un très bref instant. Et il reprit son cours tout aussi vite. Les Raïs déferlèrent sur eux. Mais le dessin de Cali stoppa l’assaut une nouvelle fois. Des rayons de lumière diffuse s’élevaient vers le ciel, tout autour d’eux. Les protégeant. Même s’il méprisait le mercenaire, il ne pouvait s’empêcher de jeter un regard impressionné à son travail. Voilà donc l’étendue de son pouvoir et de sa maîtrise. Étrangement et malgré le fait qu’il ne l’aurait jamais avoué, cela lui insufflait une certaine notion de respect. Et d’humilité. Nul doute désormais que Cali aurait pu aisément vaincre lors de leur combat. Mais il s’était retenu. Son don l’avait même protégé indépendamment de sa volonté. Jusqu’où la puissance de cette homme s’arrêtait-elle donc…

Les Raïs rebondissaient contre la paroi immatérielle et Alex se promit de ne plus sous estimer Cali. Ni même de lui chercher querelle. Sa vie en dépendait, ainsi que celle de la gamine. Le pirate se reprit au moment où le mercenaire reprenait la parole.
— Je te laisse chercher ta gamine, je m’occupe d’Aelya. Si au passage tu pouvais éviter de trop les tuer, ça serait sympa. Les raïs sont bêtes, sème-les et fais-les tourner en bourrique. Dans l’obscurité et les bois, ils n’ont aucun avantage.

Le conseil était logique. Et c’était de toute façon ce qu’il comptait faire. Mais qu’il le lui offre était surprenant. Il observait Cali d’un oeil nouveau, bien que méfiant, se demandant si un certain code d’honneur pouvait se cacher sous ses traits de vipère.
— Je ne compte pas passer la nuit à combattre, c’est certain. dit-il en hochant la tête dans sa direction.
— Et si jamais tu es submergé, tu peux hurler…

La plaisanterie faillit produire une esquisse de tremblement au coin de ses lèvres. En y repensant, il n’était sûrement encore vivant qu’à cause de la présence de la terrienne et de son propre lien avec l’enfant. Cette pensée ne lui sembla pourtant pas effrayante de la façon dont il l’aurait voulu. S’il mourrait, ce n’était pas lui qui en pâtirait. Alex se contenta d’hausser un sourcil vers Cali pour lui signifier que ça ne risquait pas d’arriver. Il ne s’essayait que rarement à l’humour mais…
— Si jamais c’est le cas, je prendrai la voix de la terrienne pour que tu accours plus vite.
— Si je tombe sur ta fillette je te le ferais savoir.

Alex ne savait pas s’il pouvait lui faire confiance, mais il n’avait pas le choix. Sans plus attendre, il s’engouffra par la piste laissée par l’enfant. La nuit approchait et c’était sa dernière chance pour la retrouver sous les épaisses frondaisons. Il s’éloigna du campement et de la lueur du dessin de Cali pour se retrouver seul. Ses sens en alerte ne percevaient aucun autre ennemi dans les parages. Vu le bruit qu’ils faisaient, rater les guerriers cochons n’était plus une option pour lui. Il ne pouvait cependant pas se risquer à appeler Ambre sous peine d’être révélé. Dans les bois, les cris des raïs se multipliaient, se séparaient, se regroupaient. Il lui était assez facile de les éviter, pour l’instant.

Alex continua son évolution parmi les arbres. Il avançait vite, mais devait souvent s’arrêter pour vérifier que la piste s’étalait toujours devant lui. Des traces de sang apparurent et rapidement le premier Raï encerclé d’une boue ensanglanté. Mort. Les blessures encore fraîches laissaient couler les dernières gouttes du cadavre exsangue. Des petits trous, comme percés par des lances effilées. La trace d’Ambre. Toujours les mêmes techniques de combat. Comme un petit soldat entraîné depuis son plus jeune âge aux meurtres et aux massacres. Mais tellement efficace au vu de son don si particulier. Alex se redressa après avoir observé les impacts du corps du guerrier cochon. Il ne lui faudrait donc plus qu’à suivre la piste de cadavre.

Il croisa la route de trois autres Raïs morts de la même façon. Les plaies béantes, sans avoir eu l’ombre d’une chance. C’était inquiétant. Chaque nouvel ennemi ferait s’approcher Ambre de son point de crise. La soif de sang risquait de se réveiller. Et avec elle, le monstre.  Alex ne pouvait s’empêcher de penser au formidable pouvoir qu’elle détenait. Les dessinateurs étaient tous capable de ces actions, mais le fait qu’elle soit si jeune ouvrait tant de possibles. Aussi lumineux qu’obscures. Que deviendrait-elle. Une enfant maudit, incapable d’accepter les règles de ce nouveau monde. Un outil, utilisée par les puissants afin d’assouvir leurs désirs égoïstes. Ou un danger incurable, vouée à disparaître sous la lame des justes. Le pirate voyait difficilement un avenir radieux et simple pour elle. La vie ne l’avait plus habitué à croire et espérer.  

Des bruits. Un corps tombant à terre sous les cliquetis d’une armure dépareillée. Mais pas une parole ou un borborygme. En écartant la branche du buisson qui lui cachait la scène, Alex ne perçut qu’un instant trop tard, l’appel de Cali. Il ne pouvait plus se permettre de se retourner. De répondre ou de faire un geste. Son attention était totalement focalisée sur le point devant lui. A la manière des marchombres et dans le silence le plus total, il avança vers le Raï qui venait de mourir. Devant lui, la fillette. Debout, elle regardait le cadavre, immobile. Il fallait qu’il l’atteigne. D’une manière ou d’une autre. Et dans le meilleur des cas, qu’il l’assomme. Tout autour, les autres guerriers cochons rôdaient. Le martèlement de leur sabot, leur langage animal. Ils devaient se sortir de ce guêpier.

Un pas après l’autre. La tête d’Ambre se souleva légèrement, comme si elle suivait un papillon s’élevant lentement dans les airs. Pour se stopper. Soudain, elle regardait Alex. Comme s’il n’y avait eu aucune transition. Sa tête se tournant si vite vers lui, comme si elle avait toujours su. Mais elle n’avait pas pu le savoir. C’était impossible. Quand les yeux d’Alex se posèrent sur les billes noires de la gamine, une décharge d’adrénaline fusa dans ses veines. Le temps ralentissait alors qu’une énergie folle pulsait dans ses muscles, là où le calme parfait régnait quelques secondes plus tôt. La peur avait tout remplacé. Avec la certitude qu’il allait mourir. Sa position n’était pas bonne. La distance non plus. Ni le temps dans lequel il était. Rien n’allait. Et il savait que dans une seconde, tout au plus, il allait subir ce qu’il avait si  souvent vu. Le dessin naissait sous ses pieds. Il ne le sentait pas, mais il le savait. Dans ce temps d’éternité que lui offrait son corps pour contempler sa propre mort, il avait tout loisir d’élaborer des plans savant jusqu’à la fin du monde ou de revisiter sa vie passée.
Tout.
Doucement.
Vers
La fin.

Malgré son inéluctabilité, Alex avait un avantage, comparé aux victimes précédentes d’Ambre. Il savait ce qui allait lui arriver. Il l’avait vu. Petit soldat mécanique. Reproduisant les mêmes schémas. Alors peut être qu’il pourrait… Pousser sa jambe droite. Plier son cou. Déplacer son bassin. Se ramasser légèrement sur ses genoux. Et une fraction de seconde après qu’elle se soit retournée…
Les pieux noirs s’enfoncèrent dans sa chair, comme des lames de lave. Perçant sa peau, déchirant chaque centimètre de muscles, fendant les os qu’elles croisaient jusqu’à ressortir à l’air libre. Le cerveau d’Alex mis une seconde à traiter l’information multiple de la douleur qu’il recevait. Seconde pendant laquelle il eut le temps de se rendre compte d’une chose très simple. Il avait réussi à survivre. Un pieu s’enfonçait dans son épaule en traversant l’aisselle. Un autre avait manqué sa jugulaire, laissant un sillon de feu dans son cou. Un autre avait traversé sa jambe, manquant l’artère fémorale. D’autres encore avaient évité les organes vitaux. Il pourrait survivre. S’il n’avait pas été dans une forêt, encerclé par des guerriers.

Les pieux s’évanouirent alors que la souffrance l’assaillait. Ambre n’avait pas bougé. Seule la perplexité se peignait sur ses traits. La surprise même. Puis, comme un début de compréhension de ce qu’elle venait de faire. Une réalisation soucieuse. Mais toujours la même noirceur au fond des yeux.

Alex ne perdit pas de temps et s’avança vers elle en gémissant. Son corps était en état de choc. La multiplicité des agressions qu’il venait de subir laissait son cerveau dans la confusion. Trop occupé à s’organiser, à faire face à toutes les informations chaotique qui s’enchaînaient, à la peur et la suite qui allait arriver. Il savait qu’il souffrait, mais il ne le sentait pas. Tout était apaisé derrière un voile de brume, qui se levait petit à petit. Alors de ses dernière forces avant de se faire immergé, il allait agir. Arrivant à la hauteur de la gamine qui l’observait toujours, il lui envoya un coup dans la tête. Assez fort pour la faire tomber dans les vapes sur le coup. D’une main, il la rattrapa avant qu’elle ne tombe à terre et la fourra sur son épaule. Ses plaies suintaient le sang à divers endroit de son corps, mais au moins il bougeait. La scène n’avait duré que quelques secondes. Rapide et irréelle.

Tout autour la forêt baignait d’obscurité lui semblait étranger. Alex voyait le monde entier à travers un film opaque. Comme s’il était enfermé dans une bouteille de verre. Il attendait. Il savait qu’il devait attendre. Mais il ne savait plus pourquoi. Pour quelqu’un ? Ses yeux scrutaient les arbres sans qu’il se déplace. Il devait économiser ses mouvements. Chaque son résonnait et il lui était difficile de comprendre leur origine. Partout à la fois. Les ennemis continuaient-ils de les encercler ? Il ne savait pas. Mais il faudrait bientôt fuir.
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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Mer 28 Juin 2017 - 21:38



Lorsque rien ne reste
"I remember when, I remember, I remember when I lost my mind..."
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Qu’étaient-ils ? Quelles maudites créatures des Enfers étaient à nouveau venues se venger de sa survie ? Les questions fusaient dans son esprit, les mots s’enchaînaient plus vite que ses pas maladroits dans l’obscure forêt. Elle était terrifiée à nouveau, comme si les rares instants de calme devaient se contenter du rôle d’accalmie dans l’horreur qui tonnait, irrégulière mais déterminée à rester. Son pied se prie dans une pierre et elle se réceptionna miraculeusement sur ses bras, s’évitant une nouvelle blessure. Derrière elle, les grognements s’étaient arrêtés. Ne restait des cris et des appels que bien au loin. Il y en avait d’autres, c’était indéniable, mais dans l’immédiat, elle ne risquait rien. Mais pour très peu de temps. Elle devait urgemment regagner le camp. L’exploit qui l’avait débarrassé de la première bête ne serait pas aisé à reproduire. Une fois debout, son regard s’envola à nouveau vers la créature qui baignait dans la lueur légère de la lune, comme si il lui était imposé de s’attarder sur ce qu’elle venait d’annihiler. Une pierre était enfoncée profondément dans son crâne, révélant des bouts de cervelles qui trempaient dans un liquide épais, rouge et sale. Purement écœurant. Malgré ses haut-le-cœur, Aelya ne pouvait détacher son regard du morbide spectacle. Elle était, qu’elle le désire ou non, la cause du décès. La créatrice de cette scène gore et surréaliste. Du bout de sa mémoire, elle caressa l’étrange pouvoir. Elle avait voulu qu’apparaisse un énorme rocher pour la débarrasser du monstre, et un énorme rocher était apparu et l’avait débarrassé du monstre. Elle n’était pourtant ni dieu ni magicienne, à sa connaissance. Si ? Son aventure prenait de plus en plus les couleurs d’un rêve, d’un cauchemar. D’un coma. Peu importe dans quelle illusion elle se retrouvait, ça ne pouvait en aucun cas être la réalité. Les monstres à tête de cochons n’existent pas. Les étranges pouvoirs non plus. Il n’y avait rien que Google n’ait su répertorié, et aucune recherche ne menait à pareilles choses, n’est-ce pas ? Ça se saurait, si des adolescentes pouvaient créer des objets à volonté.  Le New York Times y aurait consacré un numéro entier, et elle n’en ratait pas un. Les théories comploteuses elles-mêmes ne s’aventuraient pas si loin, se limitaient peut-être à du vaudou et autre cérémonies dont les conséquences ne sont pas véritablement vérifiable. Elle n’avait mis nulle épingle dans aucune poupée, et aucune magie n’était décrite comme aussi affreusement efficace que celle qui avait créé ce rocher. Et les hybrides cochons-humains à crocs dépassaient même le plus malsain des esprits. C’était nécessairement, logiquement, rationnellement un rêve. Alors pourtant tremblait-elle ? Pourquoi ses réflexes de survies étaient-ils en garde, attendant qu’une nouveauté sorte des buissons ? Pourquoi se sentait-elle si petite et en danger ? Après tout, si rien n’était vrai... Ou alors, peut-être ce contact doux et fort qui englobait son poignet, comme s’il n’était qu’une main d’enfant était-il réel. Mais Aelya ne voulut se prononcer sur la voix chaude qui vint lui murmurer à l’oreille des paroles auxquelles elle ne prêta pas attention. Peut-être avait-elle crée Cali comme elle avait créé cette roche. Ce monde pouvait parfaitement être une entière création d’un esprit malade ou drogué. Elle avait peut-être avalé un aliment peu net dans la boîte de nuit. Mais pourquoi diable un rêve l’attaquerait-elle ? Cali l’entraîna dans un arbre, sûrement pour échapper aux monstres. Elle suivit le mercenaire par automatisme, sans réfléchir, contrairement à son habitude. Son esprit ne reprit conscience de la réalité qu’une fois que Cali commença à grimper, après lui avoir lancé un clin d’œil charmeur. Il exagérait. Ou alors, elle interprétait mal les gestes de cette illusion étrange au  regard d’acier et aux muscles saillants. Illusion ou non, il ne tarda pas à l’impressionner. Jamais Aelya n’avait vu tant de légèreté et de beauté dans un geste, tant de naturel et d’aisance entre des branches. Loin de grimper, il volait, le tout dans une chorégraphie aérienne du meilleur goût. Tandis qu’elle suivait des yeux son jeu entre les branches, la mémoire kinesthésique d’Aelya s’activa, réveillant ses muscles et sa posture. Son plus beau sourire sur les lèvres, son regard suivant savamment le bout de ses doigts, elle balança sa jambe à travers la branche, ne se priva pas d’un tour. Dans sa tête, la mélodie du Rubis de Balanchine résonnait. Provocatrice, dissonante et superbe, parfaitement adaptée. Elle se perdit bientôt dans ses vielles habitudes. Son corps reprit candidement les arabesques et attitudes dont il avait été privé, dans les airs comme un poisson dans l’eau. La douce caresse de l’air semblait avoir doté la bleuté d’ailes, et elle ne se privait pas d’en user.  Cali ne la regardait peut-être pas, mais elle rivalisait de souplesse, d’élégance, d’audace, parvenant tout de même de conserver le silence nécessaire à leur survie. Seules les prises de ses mèches bleues dans les branches créaient un froussement discret. La vue était magnifique, et Aelya cessa parfois sa dance pour chercher du regard les monstres, ou la petite fille. Celle-ci était toujours portée disparue, même si l’arrivée de Cali l’avait rassuré. Cela devait signifier que son père la recherchait plus activement, et qu’il savait le danger qui guettait. Elle releva sa tête vers le haut, croisant le regard furtif du mercenaire qui la traversa, en s’attardant à nouveau. Cela devait être la troisième ou la quatrième fois. Dans l’obscurité, elle s’empourpra légèrement. Elle ne parvenait pas à décrypter ses pensées. C’était aisée, d’accoutumé. Elle savait reconnaîtra la jalousie, le désir, le mépris, l’admiration. L’opinion des autres n’était en aucun cas un secret pour elle. Du moins, jusqu’à ce que son chemin croise celui de Cali, qui demeurait à la fois fasciné (c’était la seule émotion qu’elle devinait), fascinant et indéchiffrable. Son regard revint sur elle et s’accompagna d’un sourire auquel elle répondit timidement. Il la perturbait grandement, mais elle n’aurait jamais osé l’avouer.
« Clorem » lança Cali dans l’obscurité, le regard fixé vers le sol. Celui Aelya le suivit, et reconnu rapidement le pirate au sol. Avec une discrétion féline, il traquait, cherchait, s’infiltrait, retrouvait, essayait et s’éloignait. Un tigre recherchant sa proie, un tigre sauvage devant lequel aucun ours n’aurait eu sa chance. Les deux hommes n’étaient pas normaux. Et elle n’était vraiment pas fameuse. L’arbre, qui s’était pourtant montré allié  jusqu’ici, commença à gagner en abrasivité.  Le souffle de la jeune femme s’écourtait à nouveau et Aelya sentait la couture près de la hanche se mouvoir sous les frottements successifs des feuilles. La douleur qui en émanait était sourde mais aigüe, juste ce qu’il fallait pour la déconcentrer. Ses doigts s’accrochèrent avec difficulté à la branche suivante. Elle voulait s’arrêter, mais Cali était encore haut. Elle monta donc son bras une nouvelle fois, dans une ultime tentative. Avec un petit cri, elle lâcha la branche, ne se rattrapant que de peu. Son poids entier tenait sur sa pointe tendue et une petite excroissance du tronc principale qui lui tenait lieu de prise. Aelya ne se risqua pas à regarder en bas. Elle reposa avec précaution sa pointe et laissa son autre pied rejoindre la même branche. Puis, elle encercla le tronc et appuya son front contre le bois, qui acheva de la convaincre qu’elle rêvait. Un battement résonnait à travers l’arbre, au rythme régulier et lent. A moins que ce ne fût sa tempe qui menaçait d’exploser. Elle ferma les yeux un instant, reprit son souffle. Quand elle les rouvrit, il faisait toujours nuit, elle était toujours dix mètres au-dessus du sol et Cali l’attendait toujours plus haut dans les branchages. Elle soupira et reprit son ascension, plus doucement et plus sûrement, prenant gare à assurer ses prises et à n’effleurer aucune des zones qui avaient été recousue. Auparavant, elle se pensait assez résistante mais réalisait brutalement à quel point telle avait eu tort. Elle ne devait sa survie qu’à la chance. Ses muscles étaient faibles, son endurance déplorable et même sa souplesse ne valait pas celle du mercenaire. Elle avait énormément à apprendre. Ce dernier s’était arrêté à peine quelques mètres plus hauts, sans qu’Aelya sache s’il avait pris sa chute en compte ou non. Sans demander son avis, la danseuse agrippa sa cuisse et l’usa pour rejoindre une branche à peine en dessous de la sienne.


- Je ne rêve vraiment pas, non ? lâcha-t-elle après un court silence.

La question était devenue rhétorique. Elle s’étaient pincée bien assez de fois pour savoir qu Elle se servit une nouvelle fois de l’homme pour s’équilibrer et laissa son regard se perdre dans la drue forêt. Ils devaient être quinze ou vingt mètres au-dessus du sol, et la vue était à couper le souffle. Des mouvements grouillants au sol, semblables à des fourmis, lui confirma que les monstres étaient toujours présent, et toujours vivant.


- Que sont-ils exactement ? Et que veulent-ils ?


Quelque chose lui disait que Cali savait quelque chose. Peut-être était-ce même en rapporta avec cette guilde contre laquelle Alex Clorem l’avait mis en garde. Avait-elle eu tort de ne pas le prendre au mot ? Elle balaya l’idée d’un coup de tête. De nouveau, il lui avait sauvé la vie. Ne pas lui faire confiance était de l’ingratitude pure et simple, en plus d’être folie et danger. Ses intentions pouvaient ne pas être les plus lumineuses qui soient, restait qu’elle ne respirerait surement pas si il n’avait pas été là. Mercenaire ou pas, elle lui devait beaucoup trop.
D’un geste las, elle passa sa main dans ses cheveux et les débarrassa de l’excès de feuilles qui les avait envahis. Ses cheveux bleus avaient gagné un volume assez ahurissant et lui donnait un air sauvage sous la pâle lumière lunaire. Elle fit jouer son coup et ses articulations, se permit même un étirement fort bienvenu bien qu’assez étrange dans une situation semblable. Elle n’avait pas peur du vide, et c’était fort heureux. Une fois désengourdie, elle figea son regard bleu dans les yeux aciers de mercenaire. Ils semblaient luire dans l’obscurité, ajoutant au mysticisme qui entourait l’homme. Encore une fois, indescriptibles. Qui donc était-il réellement ?


- Une dernière question, Cali, murmura-t-elle. Comment ai-je fait pour faire apparaître la pierre ? Elle sortait de nulle part. Et ce n’est pas la première fois.
En bas, la foule immonde semblait converger vers un point précis. Un cercle d’affreux s’était formé dans une clairière aux alentours.


- Attends…

Une nuée sombre venait d’apparaître, paraissait décimer les monstres qui tombaient un à un dans des grognements à faire pâlir à mort, comme terrassés par une peste fulgurante. Au centre, deux formes humaines, une minuscule et l’autre…à genoux, touchée elle aussi. Il ne devait pas y avoir tant d’humains dans la région. C’était nécessairement…


- Ambre et Alex ! s’écria-t-elle en désescaladant.
La prudence dont elle avait fait preuve s’était évaporée. Les monstres savaient-ils manier de cette étrange magie, eux aussi ? Si c’était le cas, ils étaient responsables de la nuée meurtrière et les deux compagnons ne feraient pas long feu. Elle sauta des branches, fit des chutes contrôlée et l’ascension qui avait duré presque une dizaine de minute se vit annuler par une descente de quelque secondes. Aelya ne demandait même pas à voir l’état de sa chevelure. Ses pieds résonnèrent douloureusement sur le sol quand elle atterrit, sans qu’elle y prête attention. A l’heure qu’il était, Alex et ambre risquait peut-être la mort, celle-là même qu’elle avait tant évincé.

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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Lun 3 Juil 2017 - 23:27



Des morts inopportuns

Une voix douce caressa les tympans du mercenaire du Chaos, produisant un échos un peu trouble avec ses propres pensées.

-Je rêve vraiment pas, non ?


Caym Cali, lui, rêvait.
Un rêve incongru et pas désagréable, loin de là. Une chaleur douce se répandait dans son corps, brûlant ses chaires par le simple contact d'une main sur son corps.
La jeune femme venait d'agripper sa cuisse, le faisant pratiquement sursauter. Il se désintéressa de la scène qui se passait sous eux pour se concentrer sur cette main fine qui enserrait dorénavant sa cuisse avec vigueur. Les longs doigts agiles de la demoiselle portaient quelques griffures rouges qui ressortaient sur leur peau pâle, faisant réagir le corps du mentaï, désireux d'approfondir ce contact, promesse de caresses électrisantes. Ce contact ne pouvait être innocent.
Cette fille était fascinante et elle semblait prête à jour à ce terrible jeu de la séduction qui se finirait par la fusion dévorante de leurs corps. Et si elle avait agi inconsciemment en s'agrippant ainsi au mercenaire cela serait encore plus amusant puisque son subconscient venait de s'exprimer. Il l'observa, les yeux brillants d'un éclat affamé, prêt à relever le défi quelle venait de lui lancer sans même s'en rendre compte. Toutefois la situation se rappela à lui, le tirant de son observation appétissante des membres fuselés de la terrienne. Sa douce voix dissimulait mal la terreur qui l'habitait, et les questions qui devaient tourbillonner dans son esprit fraîchement initié aux secrets Alaviriens. Tout devait lui sembler nouveau, et les raïs en faisaient partie.

-Ce sont des raïs...

Caym lui répondit avec la discrétion du vent dans les branchages, son murmure se perdit dans les feuilles qui les entouraient, les soustrayant du monde et de ce qu'il s'y passait. Ils n'étaient plus que deux observateurs lointains, détachés du monde bien que curieux quant à ses péripéties.
L'homme se tut, n'ayant pas de réponse quant à ce que désiraient ces créatures vaguement humanoïdes... Aelya avait déjà avoir sa petite idée à ce propos, quiconque en rencontrait savait que ces guerriers cochons ne vivaient que pour tuer, tout en eux respirait la mort et l'horreur.

- Une dernière question, Cali. Comment ai-je fait pour faire apparaître la pierre ? Elle sortait de nulle part. Et ce n’est pas la première fois.

Le mentaï ne comptait pas lui expliquer le Dessin en quelques secondes alors qu'ils étaient perchés sur des branches au-dessus de raïs. C'était un sujet bien trop important et complexe pour être négligé. Il opta donc pour une information partielle en attendant un moment plus propice, notant néanmoins que ce n'était pas son premier dessin depuis son arrivée, et donc la fatigue qui devait couver non loin.

- Le Dessin, c'est comme ça qu'on l'appelle, ce Don qui nous permet de faire basculer dans la réalité tout ce qu'on imagine. Cette fois-ci c'était une pierre, ça aurait pu être de la lumière, un buisson... n'importe quoi. Je te ferai...

Mais avant qu'il n'ait pu finir sa phrase, la bleutée désigna ce qu'il se passait sous eux. Cali, expérimenté et guidé par son instinct, se détourna de la jeune femme et se replongea sans grande difficulté dans l'observation de la scène qui se déroulait non loin d'eux. Ses yeux balayèrent le triste paysage, analysant la situation. Les protagonistes avaient changé, le pirate avait rejoint des raïs qui s'écroulaient les uns après les autres sans que le mentaï puisse voir la raison de leur mort, car il ne doutait pas que ces corps encore chauds venaient d'expulser leur dernier souffle.
Clorem s'élança dans la direction d'où semblaient provenir les attaques mystérieuses et Cali réalisa qu'il s'agissait de l'enfant. Le pirate se dirigeait vers elle, mais loin d'être rassuré, le mentaï sentait que quelque chose n'allait pas. Son esprit adopta rapidement les capacités meurtrières de l'enfant, il ne faisait désormais aucun doute qu'elle tuait tous ces raïs avec une facilité déconcertante, mais ce qu'il ne saisissait pas, c'était l'immobilité de la fillette et... Les spires. Réalisant qu'il connaissait le talent secret de l'étrange enfant, le mentaï plongea dans les spires tandis qu'à côté de lui la terrestre tombait de l'arbre. Enfin, elle le désescaladait avec rapidité, force et précision, comme si ça lui était aussi naturel que de fouler de l'herbe, mais il n'y prêta que peu d'attention car le Dessind'Ambre était aussi délicat que ceux qu'il avait surpris. L'enfant était un bruissement dans les Spires, guère plus. Insaisissable.

Le Dessin était rapide et efficace, le mentaï n'essaya même pas de l'atténuer, ça aurait été chose impossible.

Tout n'était qu'une question de temps, de secondes et d'instants. Chaque combat, chaque vie se consumant, chaque battement de coeur... Tout n'était qu'un ballet au-dessus du gouffre sombre de la mort, une danse hypnotique et aérienne qui pouvait cesser sans que le danseur s'en rende compte.

Le pirate était seul face à sa fille, qui semblait vouloir lui accorder la même mort rapide qu'à ses assaillants.

Cali sentait que ce qui se passait sous ses yeux et ceux d'Aelya n'était pas anodin. C'était contre nature, c'était une tempête invisible. Un secret dévoilé, un mensonge impossible à dissimuler.
Des flèches fendirent les airs tandis que le mercenaire du Chaos rejoignait également le sol, se laissant tomber sur un cadavre qui amortit aimablement sa chute. Il ignora le sang qui gicla sous l'impact et son regard ne se posa pas un instant sur ce corps hideux déserté par la vie, auparavant doté de quelques fins trous et désormais avec quelques fractures ouvertes supplémentaires.
À peine eut-il posé le pied à terre, que c'était fini. Il avait manqué le dénouement de la scène, mais il ne doutait pas qu'il avait été tragique. Des piétinements de pas indiquèrent au mentaï que tous les raïs n'étaient pas morts. Il s'élança et attrapa le poignet de la terrienne alors qu'elle se précipitait vers ces inconnus qui n'avaient offert que leurs noms et quelques conseils. L'empêchant de se dévoiler ainsi et de s'élancer dans les bras de la mort, il la frôla, coulant son corps contre celui tendu de la jeune femme. Il s'interposa, se plaçant entre elle et la scène qui n'attendait plus qu'eux.

Les deux corps se frôlèrent, un contact discret qui électrifia l'air. Savourant cette tension, qui décuplait ses sens, enserrant toujours l'autre poignet de la jeune fille il diminua sa poigne jusqu'à ce que sa main ne soit plus qu'une ombre sur la peau laiteuse d'Aelya, lui dérobant caresse. De sa main libre, Cali fit glisser la main délicate de la terrienne sur sa ceinture, la guidant d'une main chaude marquée par les combats. L'homme referma ces doigts qu'il sentait musclés sur la hampe d'une de ses hachettes. Son regard devenu gris par la tension qui habitait son corps, il plongea dans les iris abyssaux d'Aelya. Il nota son visage crispé, son air inquiet et cette étincelle qui brillait au fond de ses yeux. Son souffle caressa le temps d'une unique respiration la peau veloutée de la jeune femme avant qu'il ne se détourne, abandonnant dans une ultime pression de la main l'une de ses précieuses armes.
Il préférait savoir la terrienne armée sans avoir besoin de se glisser dans l'Imagination.
En tueur expérimenté Cali se retourna et se dirigea vers la scène du massacre, qui était désormais soustraite à leurs yeux, la végétation au sol offrant de lieux de dissimulation.

L'oreille tendue, l'homme se glissa le long d'un tronc et s'accroupit tandis qu'il faisait signe à Aelya de rester discrète. Il la fixa un instant, son index sur les lèvres, puis se détourna afin de sortir sa tête en direction du lieu de combat. Dissimulé derrière un buisson négligé, l'homme s'avança, sur ses gardes. La pénombre ne l'aidait pas à saisir la scène, mais... il lui semblait que les raïs s’approchaient lentement d'une silhouette à l'équilibre précaire. Elle n'avait pas l'air humaine, mais l'attitude des guerriers cochons incita Caym à se douter qu'il ne s'agissait pas d'un des leurs et qu'ils allaient l'achever. Qu'avait fait Clorem ? Était-ce bien lui ? Des questions qui demeureraient sans réponse, car le temps pressait, les assaillants ne tarderaient pas à se battre pour être le premier à planter ses crocs dans cette chair tendre.
Filant dans les spires, Cali esquissa son plan, simple et pourtant... Le temps et la complexité du Dessin rendaient cet exercice ardu, mais palpitant. Sa concentration atteignant un pic, une hachette au tranchant éméché et à la lame tachée de sang, fendit les airs en direction de l'humain vacillant.
Dans l'esprit du mentaï, la scène était claire, épurée. Un homme avançait péniblement, portant sur son dos une enfant, autour il n'y avait rien. Seule la hache importait. Le métal se transforma en une texture molle, mais collante, au bruit mat. La hache s'enfonça sur les humains, mettant un terme à leur fuite qui menait inexorablement vers leur mort.
Le Dessin était réalité. Il demeura fiché dans le dos du pirate, qui se laissa tomber au sol, tandis que les raïs observaient avec colère leur cible mourir sous leurs yeux. Ils ne tardèrent pas à s'invectiver, pour découvrir lequel d'entre eux avait lacé sa hache et ainsi achevé leur amuse-gueule.

Les raïs ne tardèrent pas à s'éloigner bruyamment, laissant le champ libre aux deux humains.
Leurs grognements de frustration ne tardèrent pas à être recouverts du silence pesant qui enserrait ces bois, les cliquetis de leurs armures s'atténuèrent jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'un souvenir malfaisant. Se levant, toujours sur ses gardes, Cali s'approcha de ce qui ressemblait à un champ de bataille. Les cadavres étaient suffisamment nombreux pour recouvrir la presque totalité du sol. Par endroits, la terre était gorgée de sang. Partout, l'air était saturé par la mort, son entêtant parfum âcre assaillant les survivants.

-Surveille les environs, je vais voir s'ils ont survécu.

La voix de l'homme ne tremblait pas. Il n'avait pas haussé le ton, mais l'ordre était limpide. Il enjamba les cadavres des raïs, notant qu'ils portaient tous les mêmes blessures et il sut que la gamine avait fait ça, toute seule. Ils étaient tous morts de la même manière, tout aussi nombreux qu'ils soient.
Il songea également qu'entre tuer un raïs et le pirate, elle avait préféré s'attaquer à l'humain, alors quel lien les unissait ? Le suivait-elle de son plein gré ? N'avait-elle pas décidé de lui ôter la vie quelques secondes plus tôt ?
Finalement, il aperçut le corps inerte de Clorem, allongé face contre terre, les vêtements tachés de sang. Il avait chuté, portant sur son épaule l'enfant. Dans quel but ? Ces deux là étaient particulièrement étranges, mais Cali observait le dénouement de la scène, Ambre ne l'avait pas tué et il avait tenté de la ravir. Mais entouré de raïs ?
Soupirant, l'homme chercha le pouls et la respiration de l'homme, qui était vivant quelques instants plus tôt, tandis que son esprit abandonnait la hache, qui disparut sans laisser la moindre trace dans les corps inertes du pirate et de sa fille. L'homme perdait beaucoup de sang, mais le mercenaire finit par sentir un battement, faible, mais présent. Il n'était pas encore mort.
Son regard se posa ensuite sur le corps de l'enfant et il ne tarda pas à trouver également son pouls. Elle ne semblait pas blessée, aucune plaie ne venait baigner son corps de ce liquide poisseux qu'était le sang, contrairement à Clorem. Pour sa survie, il fallait espérer qu'aucun organe vital n'ait été touché, puis que sa blessure ne s'infecte pas. Et tout ça uniquement si les raïs les laissaient en paix pour le reste de la nuit.

Le mercenaire observa les environs et, rassuré de ne voir aucun intrus, prit Ambre dans ses bras. Il la confia à Aelya avant de se charger du corps du pirate. Il était grand temps pour eux de quitter les lieux, et de trouver un endroit où ils seraient en sécurité. Il se félicita d'avoir conservé le sac dérobé aux gardes, regrettant de ne plus avoir beaucoup de plantes pour soigner ces multiples blessures, chassant immédiatement la possibilité d'effectuer un pas sur le côté avec les blessés pour les abandonner dans un village. Cali n'était pas un bon samaritain, soucieux d'aider son prochain, il y avait en ces deux étrangers plus de noirceur qu'au fond de son cœur, ils étaient néfastes et porteurs de lourds secrets, à ce titre il ne désirait pas leur faire la moindre faveur ni les laisser disparaître.


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Lorsque rien ne reste

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