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Lorsque rien ne reste

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Terrien__Membre
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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Jeu 6 Juil 2017 - 22:52



Lorsque rien ne reste
"Ô doux soleil du matin, qui éclaire nos jours et fait rougir le destin
Chaque soir, je n'attends rien, si ce n'est le geste tendu de ta si belle main"

Music




Cali ne tarda pas à la rejoindre, le regard inquiet. Qu’était donc ce nouveau cataclysme qui s’abattait sur les créatures ? Cela n’avait aucun sens. Ce ne pouvait pas être les « Raïs », comme le mercenaire les avait nommés. Ils ne pouvaient pas être fous au point de causer leur propre disparition. Était-ce l’enfant, alors ? Aelya l’avait pourtant cru terrienne. Les apparences prouvaient encore une fois leur inconsistance dans cet univers, et la gamine aux yeux de biches était-elle aussi une sorcière ?
L’attaque avait été éclair. Le temps d’un souffle, d’une chute, et il ne restait plus au sol que des cadavres troués de milles coupures. Le spectacle était morbide et écœurant. Les raïs, déjà laids dans leur vie, devenaient horrifiants une fois allongés mollement sur le sol. Aelya tâchait de ne pas se concentrer sur leurs restes immondes, et d’oublier l’odeur exécrable qui avait envahi la forêt qu’elle avait une terrible envie de quitter. Il lui fallait tout de même retrouver Ambre et son père. Que leur était-il arrivé ? Qu’était cette avalanche de traits meurtriers ? Les questions se bousculaient dans son esprit, comme à leur agaçante habitude, tandis qu’elle essayait d’éviter au maximum les corps des hommes-cochons. Heureusement que ses pieds n’avaient pas pris l’habitude d’être choyés. Elle sautillait, frôlait le sol d’une pointe légère, parvenait à maîtriser son équilibre. Sa progression eût sûrement été rapide si Cali ne l’avait pas retenu par le poignet. Il rejoint, comme une ombre mouvante au contact brûlant, ses côtés. De sa présence et de sa proximité émanait une force que la jeune fille pouvait difficilement ignorer. Il lâcha progressivement son poignet, presque avec regret, jusqu’à ce que sa poigne sévère ne fût plus qu’une douce caresse qui s’estompait.  Son autre main, non moins forte ni fiévreuse, dirigea bientôt les doigts tendus de la jeune fille vers le manche d’une des lames qui reposait autour de sa taille. La danseuse devinait ses intentions, qu’il confirma de son regard d’acier. Sa tension et son appréhension se plongèrent dans le gris à la fois dur et rassurant de l’homme et elle agrippa fermement l’arme. Bien vite, trop vite peut-être, il ne devint qu’un vif soupir sur sa chair et l’abandonna dans un dernier frisson pour rejoindre la tragédie dont il lui interdisait l’accès. Il lui fit signe de demeurer dissimulée et silencieuse. La bleuté s’exécuta à contrecœur, moitié confiante, moitié inquiété. Tandis que le mercenaire s’évaporait derrière un buisson, Aelya regarda la hachette. Elle était d’une taille respectable et affreusement aiguisée. La jeune fille ne douta pas une seule seconde de son potentiel meurtrier. D’un doigt curieux, elle caressa son tranchant et jugea de la ligne vermillon qui ne tarda pas à se tracer. Elle leva un sourcil, entre suspicion et approbation. Elle n’avait jamais utilisé d’autre arme blanche que le petit canif de New-yorkaise qui la suivait lors de ses escapades nocturnes. La hachette était un tout autre niveau, et elle se demandait sincèrement si elle parviendrait à la manipuler. Toujours est-il qu’elle la tint fermement, tranchant vers le haut et à deux mains. Restait à espérer que ses instincts de bûcheron caché suffiraient.
Elle s’avança doucement, avec précaution. Autour d’elles, les corps lacérés se multipliaient. On eût cru à un paysage d’apocalypse, d’Armageddon. La fatalité avait frappé chacune des créatures, sans leur laisser la moindre chance de survie. Que serait-il arrivé si Cali n’avait pas eu la présence d’esprit de monter dans l’arbre ? Elle jeta un dernier regard au végétal salvateur qui disparaissait dans l’obscurité nocturne. Un nuage passa devant l’astre lunaire, rendant le décor encore plus difficile à distinguer. Aelya ne pouvait deviner que les contours de Cali, furtif et glissant, aussi fuyant que la lumière pâle du satellite de la Terre. La bleuté secoua la tête. Elle devait arrêter de comparer, de comprendre ce monde comme la terre. Qu’un astre voisin y soit également visible n’était en rien une garantie. Un bruit sourd détourna l’attention de la jeune fille, la dirigea vers une bande de raïs insatisfaits. Certains avaient donc survécu à l’attaque. Quelle fade fatalité que voilà ! Cali, toujours aussi à l’aise dans la pénombre, se tourna de nouveau vers elle.

- Surveille les environs, je vais voir s'ils ont survécu, lui ordonna-t-il

« Survécu ». Le terme la frappa l’espace d’un instant avant qu’elle n’acquiesce silencieusement. Elle serra la hachette encore plus fortement entre ses doigts. L’arme commençait à lui peser, malgré sa masse acceptable. L’homme s’avança vers la partie la plus fournie en cadavre, au centre laquelle trônait leurs deux compagnons. Que c’était-il passé ? Le père était allongé sur le ventre, empli de terre et d’égratignure sans compter…la hache ?! Une hache énorme était figée dans son dos. Les raïs avait-il réussi à le toucher ? En plus de la tempête noirâtre ? Aelya faillit oublier les recommandations de Cali et se jeter sur le pirate. Un coup de hache situé si stratégiquement était fatal. A l’instant où cette pensée se frayait un chemin dans son esprit, l’arme s’évapora. Pouf. Plus rien.
La bouche d’Aelya s’ouvrit. Se ferma. Se rouvrit. Se referma. La question faillit obtenir de privilège de passer par ses cordes vocales, avant qu’elle ne s’arrête. Le calme olympien de Cali lui répondait. Ce devait un dessin. Ainsi, au-delà de savoir faire apparaître des objets, il était capable de les faire disparaître à sa guise, comme s’ils n’avaient jamais existé. Avaient-ils seulement existé ? Ces apparitions meurtrières n’étaient-elle que de sinistres illusions ? Si oui, comment avait-elle écrasé le crâne du Raïs ? Les Raïs existaient-ils vraiment ?
L’absurdité de son questionnement frappa encore une fois la jeune fille. Elle était à quelques secondes près de remettre en question le bleu du ciel. Ou son noir, vu l’heure. Près d’elle, Cali prit l’enfant dans ses bras, usant encore de cette douceur qu’elle ne lui comprenait pas. Il la lui confia avant de se rediriger vers son sac de soigneur. Il allait une nouvelle fois sauver une vie. Comment pouvait-on espérer qu’elle le pense meurtrier ? Un assassin tuait des gens, ne les guérissait pas. Ambre pesait un peu dans ses bras, et Aelya prit bien gare à tenir la lame de la hachette éloignée d’elle. Elle avait l’air intact, immaculée, touchée ni par les flèches ni par les bêtes. Elle la lova contre son torse, sa tête endormie sur son épaule. Le souffle léger qui résonnait près de ses oreilles la rassura. Elle devait tout bonnement être épuisée.
L’odeur entêtante de mort se rappela soudain aux narines d’Aelya. Elle devait s’éloigner, et éloigner l’enfant du désastre.

- Je retourne au campement, je vais essayer de l’arranger un peu, lança-t-elle à l’homme

La fillette, bien qu’elle soit exempte de cicatrice, était recouverte de terre et ses cheveux avaient pris une texture poisseuse. Rien qu’un peu d’eau ne sut arranger. La lune avait eu la gentillesse de se montrer, et son chemin fut légèrement plus simple à trouver. Fixée sur son objectif, Aelya ne baissa pas son regard sur les corps atterrés. Assez d’horreur pour la journée. Elle ne rêvait plus que de se blottir sous une couverture ou dans des bras conciliant, et attendre que tout se passe. Une fois arrivée, elle posa mollement la fille non loin des flammes et se mit à la recherche d’une gourde. Elle n’avait ni l’énergie ni la volonté de retourner à la source aqueuse. Après avoir farfouillé pendant quelques minutes, elle la trouva et rejoint la jeune fille, éclairée par le lèchement des flammes.
Tout en nettoyant au mieux l’enfant, les paroles inachevées de Cali lui revinrent à l’esprit. Il avait dit qu’elle avait « dessiné » une pierre, mais que cela aurait tout aussi bien pu être de la lumière. Elle l’avait interrompu devant la vision d’Alex et d’Ambre, mais l’idée l’avait frappée. Le dessin ne se limitait donc pas aux objets matériels. Une fois l’enfant propre, débarrassée de toute poussière, la jeune femme la recouvrit du bas de la tunique que Cali lui avait donné, faute de mieux. Le soir commençait à se faire froid et un rhume serait une conséquence bien absurde d’une telle aventure. Le vêtement était si large qu’il recouvrait sans peine l’enfant.
Aelya se leva et s’étira. Son dos et ses articulations étaient dans un piteux état. Dans un soupir salvateur, elle se plia en deux et saisie ses chevilles, laissant ses cheveux caresser le sol. Elle tint la pause quelques secondes puis se releva, et développa sa jambe tout aussi engourdie. Devant son absence de pantalon, elle arrêta sa progression aux genoux, goûtant tout de même la force de ses muscles et son pied pointé à l’extrême. Cela devait faire un peu plus de vingt-quatre heures qu’elle n’avait pas enfilé son justaucorps et la danse lui manquait affreusement. Elle se leva, étira ses bras et mis fin à sa chorégraphie basique. Il eut été inconvenant d’en commencer une plus complexe dans un tel environnement. Elle s’assit alors près du feu. Le dessin de la lumière. L’idée l’intriguait. Si le processus était le même pour toute genre de création…Elle ferma les yeux, tâcha d’ébaucher une lueur douce, chaude et discrète. Pas une bougie ou une lampe, simplement son effet. Un cercle chatoyant qui apparaîtrait devant elle. L’ébauche se précisa, prit des nuances, du relief. Alors, un bise de froid lui embrassa l’épaule et un frisson la parcouru. Derrière elle, Cali frôlait un buisson.



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Envoutant_Mentaï _Caym_Membre
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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Dim 9 Juil 2017 - 16:33



Initiation
Cali serrait les dents, portant son lourd fardeau. N’était-il pas plus simple de laisser mourir ce pirate ? Ne désirait-il pas le tuer moins d’une heure auparavant ?
L’homme se dirigeait vers ce qui avait été son campement, avant l’attaque inopinée des raïs. Il n’était pas certain qu’y retourner soit si judicieux… mais l’endroit était pratique pour surprendre d’éventuels assaillants, et il ne devait y avoir qu’un seul cadavre de guerrier cochon, ce qui était nettement mieux que l’endroit où il se situait en cet instant.
Il rejoignit rapidement le campement, n’étant pas d’humeur à apprécier la beauté de cette forêt aux branchages majestueux et scintillants au clair de lune. Non, ses pieds foulaient la terre meuble, brisant sans remords les brindilles qui venaient abandonner leur dernière sève sur ce sol obscur. Le corps qu’il avait basculé sur son épaule saignait, tachant le mercenaire du chaos et se heurtant sans douceur aux branches qui tentaient de le retenir.
Mais avant que le mentaï ne se ravise, il était arrivé au campement où il aperçut la silhouette bleutée de la terrienne et celle, dissimulée sous un large morceau de tissu, de l’enfant.
Un pirate était un ennemi de l’empire par définition, lui sauver la vie l’endetterait auprès du Chaos. C’était une épine dans le pied pour Gwendalavir, alors Cali se concentra sur cette excuse pour ne pas laisser choir le corps au sol. Il l’allongea avant de rejoindre Aelya près du feu, dans ses mains les feuilles pour la mixture qu’il utilisait pour désinfecter et aider les chairs à cicatriser.

-Aelya… Si tu désires que Clorem vive, ce dont je ne suis pas encore totalement persuadé, je pourrais avoir besoin d’un peu de ton aide. Il faut nettoyer les plaies du pirate, puis déchirer son vêtement déjà en piteux état afin d’en faire de fines bandelettes qu’on utilisera pour bander ses plaies une fois l’onguent appliqué.

Le mercenaire du Chaos se saisit ensuite de la vasque qui avait reçu un peu plus tôt les mêmes plantes et commença à les émietter, tout en y incorporant de l’eau. Il s’assit en tailleur sur le sol, non loin du feu et du corps immobile du pirate.
N’ayant pas besoin de son entière concentration pour effectuer cette tâche, l’homme observa la jeune fille à côté de lui. Elle possédait le Don mais ignorait tout à son propos.

-Beaucoup de personnes de ce monde possèdent le Don, mais il n’y en a que très peu qui sont capables de l’utiliser pour faire autre chose qu’allumer un feu. Le Dessin est constitué de trois entités qui lui permettent d’exister : le pouvoir, la volonté et la créativité. Si une de ces entités manque, le Don sera inexistant, plus ces entités sont importantes, plus la personne sera capable d’effectuer des Dessins importants et complexes. Des analystes consacrent leur vie à définir la taille de ces entités de ceux qui viennent le leur demander. Ta cousine, pour avoir réussi un Grand Pas, devait être très puissante…


Cali se tut, sa mixture était fin prête. Il dégagea les plaies qui étaient particulièrement profondes mais très étroites. Il s’agissait de trous comme ceux que font les flèches, bien qu’il n’y ait pas la moindre trace d’une telle arme.
L’homme prit un peu de son onguent et approcha ses doigts du premier trou, reprenant la parole.

-Le Dessin permet de créer tout ce que notre esprit désire, mais il n’est pas éternel. Enfin, il peut l’être, mais c’est un autre sujet. Chaque Dessin existe pour cesser d’exister, c’est son créateur qui, en l’imaginant, lui influe sa durée d’existence. Plus la création devra durera dans le temps, plus le Dessin sera difficile à réaliser et il demandera beaucoup d’énergie. Lors de l’attaque dont nous avons été témoins, les armes qui ont massacré tous les raïs étaient des Dessins, si bien que lorsqu’on est arrivé, ces Dessins avaient cessé d’exister, une poignée de seconde leur avait suffi. Ces quelques secondes où ces flèches ont été matérielles, elles ont agi comme l’auraient fait de vrais objets, et les dégâts qu’elles ont causés demeureront même lorsqu’elles disparaissent. L’empreinte d’un Dessin perdurera même lorsque celui-ci s’évanouira.


L’homme observa les plaies, désormais toutes recouvertes de la mixture verdâtre et il attrapa un morceau de tissu pour commencer à les bander afin de limiter leur saignement. Il avait été beaucoup plus rapide en soignant le pirate qu'avec Aelya, mais il devait avouer ne pas s'inquiéter d'être doux puisque son patient avait perdu connaissance, et surtout qu'il ne l'appréciait pas. De plus, les blessures qui lui avaient été infligées ne permettaient pas d'être recousues, donc il lui faudrait du temps pour que son sang colmate et qu'il récupère de ces attaques meurtrières, rien que Cali ne puisse faire.
Lorsqu’il eut fini de penser Alex, il se redressa et s’étira lentement, les muscles crispés par les soins qu’il venait de prodiguer. Il fit jouer ses épaules et leva ses mains dans l’idée de se masser le cou, mais lorsqu’il les vit couvertes de sang et d’onguent, il renonça à l’idée pourtant attrayante. Ses yeux bleus descendirent ensuite sur sa chemise ensanglantée et il grimaça.

-Je pense qu’un bain ne le fera pas de mal…


Il regarda ensuite Aelya, se rendant compte qu’il interrompait ses explications sur le Dessin, ce qui devait être plutôt frustrant.
L’homme commença donc à déboutonner sa chemise, dévoilant un torse musclé sur lequel couraient des traînées de sang, afin de s'accorder quelques secondes supplémentaires d'explications. Quelques cicatrices le recouvraient également, témoin de sa vie sauvage. Le regard indéchiffrable, Cali observa le visage de la terrienne, savourant ses courbes difficilement dissimulées sous son ample chemise et la grâce qui s’échappait de chacun de ses mouvements. L’idée qu’il avait eue un peu plus tôt lui revit à l’esprit et un sourire étira ses lèvres tandis qu’il se rapprochait de la demoiselle, ses doigts dénouant les ultimes boutons de sa chemise.

-Si tu veux m’accompagner... tu es la bienvenue.


Ses propos chargés de sous-entendus accentuèrent le sourire ravageur qui étirait désormais ses lèvres et il s’arrêta à quelques centimètres de la peau si fraîche d’Aelya. Il savoura cette proximité un bref instant puis frôla cette créature si appétissante, se dirigeant vers la rivière en emportant avec lui quelques fragments de son subtil parfum.
S’éloignant, il laissa tomber au sol sa chemise, dévoilant ainsi son dos musclé qui portait lui aussi les stigmates de sa vie chaotiques. Il fit jouer rapidement les muscles de son dos puis s’éloigna de sa démarche féline, désireux de rendre à sa peau son éclat naturel et surtout, curieux de savoir si la terrienne allait lui emboîter le pas.


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Terrien__Membre
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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Lun 10 Juil 2017 - 3:57



Lorsque rien ne reste
" You lying so low in the weeds
I bet you gonna ambush me
You'd have me down, down, down, down on my knees
Now, wouldn't you ? "

Music




La boule lumineuse s’évada, comme un soupir. Une seconde avant, elle était prête à franchir le rêve pour s’installer dans le réel, celle d’après, elle n’était plus qu’un vaporeux souvenir. Aelya laissa un soupir s’échapper de sa bouche et avança ses mains vers les flammes. Etait-elle incapable d’user volontairement de cette magie ? Cali, pourtant….
Derrière elle, les pas flottants du mercenaire se firent entendre, et elle décida de remettre ses entrainements à plus tard. Si elle y était arrivé par accident, aucune raison ne lui valait de ne pas réussir par la volonté. Quel que soit cet étrange pouvoir, s’il était sien, il n’avait aucun espoir de demeurer incontrôlable et désinvolte.
La jeune femme pivota son cou pour accueillir du regard l’arrivant. Cali portait le pirate sur son dos comme vulgaire sac. L’inconscient était dans un état piteux, sanguinolent et recouvert de ce qui n’était devenu que guenille et haillon. Si l’attaque en était la cause, la figure qu’empruntait le mercenaire prouvait que son soin n’avait en rien essayé de limiter les dégâts. Lui-même n’était que peu épargné. Sa chemise, son pantalon et ses bras étaient recouvert d’un épais liquide rouge où se mêlait maladroitement la poudreuse meuble forestière. Cette attaque avait fini de se peindre de toutes les couleurs de l’absurde et du drame. Aelya craignait pour le futur que cet univers avait à lui offrir. En vingt-quatre heures, ses deux rencontres avaient ouvertement dénoncé les tendances criminels l’une de l’autre, sans qu’aucun ne daigne nier les faits. Des monstres au faciès porcin les avait attaqué après – ce devait être la tendance – être tombé du ciel. Ces mêmes monstres s’étaient vus ravagé jusqu’au dernier par une nuée de traits sombres sortis, qui sait, de l’imagination d’une nymphe invisible. Et à présent, elle berçait une enfant qui se réveillerait peut-être pour se retrouver seule au monde. Cali, l’air toujours pensif (cet homme se divertissait-il de temps à autres ?) vint prendre place à ses côtés, après avoir négligemment disposé le pirate au sol. Baigné dans la lueur chimérique des flammes, il balançait entre  l’effrayant et le beau. Effrayant par les gouttelettes au rouge acariâtre qui recouvrait trop de parcelles de son habit et de sa peau puis par son air préoccupé et songeur. Beau, par les jeux d’ombres qui illuminaient ses gestes et son visage aux yeux sévères qui se teintait, non plus d’un simple gris acier, mais d’un bleu que le négatif révélait. Patiemment, savamment, il mixait plante et eau dans un silence absolu que la danseuse n’aurait jamais osé briser. Il suffit cependant de quelques minutes pour que Cali émane de sa transe médicale pour s’adresser à sa compagne de mésaventure.

- Aelya… Si tu désires que Clorem vive, ce dont je ne suis pas encore totalement persuadé, je pourrais avoir besoin d’un peu de ton aide.

Comment ? Il pensait qu’elle pourrait souhaiter la mort du pirate ? Alors même que sa fille reposait quelques mètres plus loin ? C’était insensé et la pensée n’avait même pas traversé son esprit. Elle retint son indignation. S’il présentait l’hésitation comme étant celle de la jeune femme, c’est qu’elle était en réalité sienne. Le mercenaire ne dévouait définitivement aucune amitié au pirate. Cela se comprenait. Les deux, après tout, s’étaient lancé un duel et avait frôlé la mort mutuelle, qui n’avait été évité que par le sacrifice du talon d’Aelya. Il lui aurait suffi de tarder de quelques minutes et il n’y aurait possiblement plus eu d’Alex Clorem à sauver. L’idée que Cali ne gardait l’homme en vie que pour son bon plaisir lui traversa l’esprit. Elle la balaya d’un coup de tête. C’était peut-être le seul scénario encore plus insensé.

- Il faut nettoyer les plaies du pirate, puis déchirer son vêtement déjà en piteux état afin d’en faire de fines bandelettes qu’on utilisera pour bander ses plaies une fois l’onguent appliqué.

La jeune femme acquiesça et entrepris de séparer le tissu dégradé du corps du mourant. Un souffle et un rythme cardiaque était perceptible, mais leur faiblesse n’était définitivement pas de bon augure. La nymphe aux flèches meurtrières n’avait aucunement lésiné. Ses jambes, ses bras, son torse et mêmes ses joues étaient recouvertes de coupures profondes. Dans des conditions pareilles, la présence d’un pouls était miraculeuse, et une simple infection y mettrait une fin définitive. Cali s’activait de son côté et quel que soit ses motivations ou sa volonté, il semblait décidé à sauver la vie de cet homme.
Il tourna son regard vers elle, l’inspecta à nouveau à travers les deux lames en fusion qui lui tenaient place d’yeux puis lui offrit enfin les réponses, ou du moins les explications qui la faisait se languir d’impatience.

- Beaucoup de personnes de ce monde possèdent le Don, mais il n’y en a que très peu qui sont capables de l’utiliser pour faire autre chose qu’allumer un feu.

Bien évidemment, Cali parlait de ce qu’Aelya désignait, faute de mieux, de magie et de sorcellerie depuis le début de son escapade dans le monde gwendalarivirien. Ainsi, dans cette contrée, c’était un, ou plutôt « le »  Don. Rarissisement puissant mais présent chez beaucoup, de ce qu’elle comprenait. Aelya ne parvenait pas à se placer sur l’échelle qu’il venait de dresser. Un feu était donc le minimum pour être vu comme un doué, mais un rocher était-il vu comme plus simple ou plus élaboré ? La danseuse était-elle puissante, ou une hasardeuse bonne à rien ? Après tout, elle avait été incapable de se concentrer suffisamment pour faire apparaitre de la lumière du premier coup, aussi étrange qu’en soit le concept.

- Le Dessin est constitué de trois entités qui lui permettent d’exister : le pouvoir, la volonté et la créativité. Si une de ces entités manque, le Don sera inexistant, plus ces entités sont importantes, plus la personne sera capable d’effectuer des Dessins importants et complexes. Des analystes consacrent leur vie à définir la taille de ces entités de ceux qui viennent le leur demander.

Pouvoir, Volonté et Créativité. Aelya ne put retenir un pouffement intérieur, quand bien même elle prêtait la plus grande attention à chaque mot qui franchissait la bouche de Cali. Et ce, malgré les reflets des flammes qui s’adonnaient à un grandiose ballet sur les douces lèvres du mercenaire. Restait que ce Don ressemblait beaucoup au pouvoir d’un mauvais film fantastique. Mais le tout lui semblait cohérent. Elle se savait créative et obstinée. Et elle se donnait toujours les moyens d’atteindre ses objectifs, vivait une vie bohème artiste selon le mantra : «  Quand on veut, on peut ». L’idée était saugrenue, mais que ces trois mots se traduisent en trois énergies occultes qui se mêlaient en elle pour être la cause d’un étrange Don lui paraissait…juste.

-Ta cousine, pour avoir réussi un Grand Pas, devait être très puissante…

Grand Pas. Sans doute le passage de la Terre à Gwendalavir. Nahi aurait été non seulement une personne secrète, mais une puissante dessinatrice. Dans les méandres de ses souvenirs, des connexions se formèrent. Bien sûr. Cela expliquerait pourquoi sa cousine avait été initiée aux mystères familiaux avant elle, pourquoi elle disparaissait si souvent sans raison valable. Si le secret de sa famille était ce fameux Don, sa complexité et son potentiel danger justifiaient bien des comportements qu’elle avait vus comme irrationnels ou lunatiques. Un secret qui avait fini par coûter la vie à Nahi. Quelque part, Aelya n’en voulait même pas à sa mère, sa tante ou sa cousine de l’avoir tenu loin de ces histoires. Simplement, l’espoir que l’un des membres de sa famille soit en train de la cherche naquit. S’ils connaissaient le Don, le Grand Pas et Gwendalavir, ils viendraient tôt ou tard. Non ?

-Le Dessin permet de créer tout ce que notre esprit désire, mais il n’est pas éternel. Enfin, il peut l’être, mais c’est un autre sujet.

Tout. Ce mot était affreusement et merveilleusement large. Pouvait-elle, si elle le désirait, créer un parfait clone d’elle-même ? Si il lui venait à l’esprit de faire surgir une cité des entrailles de l’univers, le Dessin lui permettait-il ? L’idée d’un dessin éternel, bien que Cali en ait fait une simple digression, la perturbait. L’éternité. Voilà un concept bien obscur. Que des hommes comme lui puisse le tromper la dérangeait.

-Chaque Dessin existe pour cesser d’exister, c’est son créateur qui, en l’imaginant, lui influe sa durée d’existence. Plus la création devra durera dans le temps, plus le Dessin sera difficile à réaliser et il demandera beaucoup d’énergie. Lors de l’attaque dont nous avons été témoins, les armes qui ont massacré tous les raïs étaient des Dessins, si bien que lorsqu’on est arrivé, ces Dessins avaient cessé d’exister, une poignée de seconde leur avait suffi.

L’éternité n’était donc qu’un leurre, qu’une exception, qui se payait en sueur de front. Mais la mort, elle, était une réalité.

-Ces quelques secondes où ces flèches ont été matérielles, elles ont agi comme l’auraient fait de vrais objets, et les dégâts qu’elles ont causés demeureront mêmes lorsqu’elles disparaissent. L’empreinte d’un Dessin perdurera même lorsque celui-ci s’évanouira.

En un soupir, et sans laisser de trace, un Dessin avait donc massacré tout une horde de monstre te laissé en piteux état un combattant chevronné. Il lui semblait là tenir la description de l’arme parfaite. Du crime parfait.
A cet instant, Cali s’interrompit, laissant la jeune femme sur sa faim. Il entreprit de panser avec zèle les blessures recouvertes d’onguent du pirate. Prenant sur elle, Aelya ne le relança pas et prit un bout de tissu pour faire avancer l’opération. Cette dernière n’avait dû durer qu’une dizaine de minutes, contre la presque-heure qui avait servi à la guérir. Assez rapidement, les bouts de tissu et les plaies ouvertes vinrent à manquer, et Cali se leva pour s’étirer.

-Je pense qu’un bain ne le fera pas de mal… lui lança-t-il, après avoir inspecté sa chemise sanglante.

On aurait en effet dit qu’il revenait d’un abattoir. Il entreprit ensuite de poursuivre son discours sur le fameux Don, mais la danseuse n’entendit goutte de ce qui suivit. Pour la seule et très bonne raison que, pour accompagner ses paroles, il détachait un à un, dans une lenteur atroce, les boutons de sa chemise. Et c’est finalement non plus sur le Dessin de l’irréel que s’attarda Aelya, mais sur celui de la musculature du mercenaire. Chaque trait, chaque courbe, chaque proéminence musculaire venait s’allier pour offrir un spectacle que l’œil le moins intéressé n’aurait pu ignorer. Des cicatrices prenaient insolemment place sur la peau basanée de  l’homme, souvenir d’une vie menée loin du calme et de la quiétude mais n’enlevaient rien à la perfection exaltante du corps du mercenaire. Le temps que la danseuse s’arrache à ses observations peu chastes pour revenir au visage de Cali, il avait arrêté de parler. Mince. Il avait très certainement remarqué son égarement, ainsi que sa cause. Comme pour le lui confirmer, un sourire naquit sur les lèvres de l’homme, si féroce que la pénombre elle-même ne parvenait pas à le dissimuler.

-Si tu veux m’accompagner... tu es la bienvenue.

Pour appuyer ses paroles, il combla la distance qui les séparait, jusqu’à ce que la bleuté puisse sentir son souffle mourir sur son cou. Il n’avait qu’un pas à faire pour que leur contact prenne une ampleur tout autre. Un seul pas, un geste de la main, et Aelya n’aurait certainement pas plus réfléchi, pas plus réagi. Elle se serait laissé aller, si à ce moment précis, Cali s’était avancé. Mais il s’éloigna vers la rivière qui avait tant servi la jeune femme, non sans son sourire carnassier et en abandonnant au passage sa chemise, achevant de révéler son torse de rêve. Bien entendu, il le savait. Il connaissait avec exactitude son pouvoir de séduction, en usait et en abusait. Cali était le type d’homme qui obtenait toujours ce qu’il voulait et pour qui une femme n’était certainement rien de plus que l’objet d’un soir. Peut-être souhaitait-il simplement s’amuser avant de la laisser mourir dans les bois. Peut-être avait-il vu la jeune fille perdue avant les ongles incrustés de terre. Peut-être s’imaginait-il qu’elle chercherait le confort à tout prix, d’où qu’il vienne et qu’elle qu’en soit la forme. Ce serait bien mal connaître Aelya Winster, pourtant.
Après avoir laissé quelques minutes d’avance à l’homme, elle prit elle aussi le chemin vers la source d’eau. Quelque part en chemin, Eden apparut dans son esprit. Que devenait-il ? Que penserait-il de sa petite amie s’il la savait dans une situation semblable ? Il était à l’opposé de Cali. Il n’aurait jamais osé faire une demande aussi exhaustive et directe. Malgré les attraits qu’il se connaissait, il ne vivait que de subtilité et de douceur et comprenait que l’appréhension et l’attente valaient l’accomplissement dans ces cas-ci. Aelya aurait aimé retrouver la sécurité de ses bras. Dans le couple qu’il formait, le temps des questions avait été relégué au passé, et jamais Aelya n’aurait ainsi trainé des pieds en lui rendant une visite, même au cœur de la nuit. Surtout pas au cœur de la nuit.  
Cali était déjà dans l’eau, et ses cheveux trempés témoignaient qu’il avait déjà entrepris de laver son corps d’apollon. Aelya, toujours vêtue de sa longue tunique qui ne cachait pas grand-chose en somme, alla s’assoir discrètement sur le bord de la rivière, ne laissant que ses pieds tremper dans l’eau froide.

- Ne te fais aucune idée, Cali. Je ne suis là que pour comprendre et obtenir des réponses sur l’étrange Don que je pense posséder.
Elle figea son regard bleu dans celui, acier de l’homme, une lueur joueuse de défi dans les yeux. Son ton était devenu  doucereux, lent et calculé. Chacun de ses mots avait pris une pression nouvelles et elle prenait plaisir à les faire rouler sous sa langue.

- Alors, commences par m’expliquer comment je fais pour provoquer le Dessin volontairement, et si ta réponse me plait et me sert…

Un sourire narquois naquit sur ses lèvres, et elle laissa s’échapper un petit rire.

- L’autre... conversation pourra possiblement reprendre son cours.

Comme pour l’étayer dans sa provocation, sa tunique tomba au niveau de son épaule, révélant sa clavicule et le haut de sa poitrine. Elle passa alors l’autre main dans sa chevelure bleue, tandis que ses jambes jouaient toujours à clapoter dans l’eau. Si Cali pensait être le seul à savoir obtenir ce qu’il voulait, il avait tort.



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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Mar 11 Juil 2017 - 4:59



Un bain instructif
Caym Cali éclata de rire devant la réaction de la terrienne, son chant s'envolant dans les ténèbres. Cette fille ne cessait de le surprendre, son caractère s'enflammant par instants et lui promettant de ne pas se laisser faire, ce qui augmentait l’envie du mercenaire de la posséder.



Il avait senti, avant de se diriger vers la rivière, son corps perdre de sa droiture, comme si elle s’apprêtait à succomber, bien que son immobilité laisse le champ libre aux interprétations. Mais l’homme l’avait laissée haletante, préférant s’éloigner. Quelque part, il avait envie d’intimité et même si la supposée famille était dans les brumes de l’inconscience, leur jeu était privé et Caym ne désirait nul voyeur. En fait, ce qu’il désirait réellement en cet instant, outre goûter à la peau de la bleutée, c’était de quitter tout ce sang et cette poussière qui lui collait à la peau.
La rivière n’était pas loin, mais des buissons et quelques arbres modestes la dissimulaient du campement. L’homme laissa tomber son pantalon au sol après avoir ôté ses chaussures et après une hésitation son sous-vêtement rejoignit les vêtements délaissés. L’eau fraîche mordit les orteils du mercenaire, lui tirant une grimace tandis que ses pieds se mouvaient sur les galets afin de préserver son équilibre. Le courant était relativement fort et l’eau particulièrement claire. Quelques pas supplémentaires permirent à l’eau cristalline d’atteindre ses cuisses tendues par le froid. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas pris de bain naturel, il s’était habitué à un certain confort, mais son entraînement ne tarda pas à reprendre le dessus, les battements de son cœur se calmèrent tandis qu’il se laissait couler sous les flots torturés de la rivière, savourant la force qui tentait de le broyer et la volonté qui désirait l’emporter.
Après avoir immergé sa chevelure brune, l’eau semblait moins agressive, bien qu’il eut l’impression que sa tête allait exploser. Alors qu’il débutait sa toilette, sans compagnie féminine, il eut l’agréable surprise de voir surgir son futur encas. Ses yeux perçants notèrent sa démarche assurée et son menton haut. Il l’observa rejoindre la rive d’un pas léger, attendant patiemment sa décision, mais lorsqu’il la vit s’asseoir, il sut qu’elle comptait lui résister. Amusé, il se laissa de nouveau submerger par l’eau, refroidissant son corps qui s’échauffait en la voyant assise ainsi, sa tunique relevée sur ses longues jambes, dévoilant une grande partie de ses cuisses. La droiture de son dos contrastait avec l’indolence de ses jambes, sa chemise jouait de séduction au contraire de son visage sévère.

- Ne te fais aucune idée, Cali. Je ne suis là que pour comprendre et obtenir des réponses sur l’étrange Don que je pense posséder.

Cali haussa un sourcil tandis qu’un sourire étirait ses lèvres devant le ton ferme de son interlocutrice qui en aurait refroidi plus d’un. Mais la dureté de sa voix ne faisait que l’encourager à jouer à ce jeu, la voir se débattre pour échapper à ses filets décuplait sa motivation, et s’il aurait été lassé d’une fille trop passive, il devait avouer préférer celles qui avaient du caractère et qui étaient prêtes à jouer des poings.
Mais c’était peine perdue pour elle, il était déjà en train de se faire des idées en la voyant ainsi assise non loin de lui. Elle avait choisi une berge en léger surplomb ou la terre se mêlait à de puissantes racines, immobile dans les airs, combattant la gravité pour ne pas chuter brutalement dans l’eau. L’homme était immergé jusqu’au cou et effectuait quelques mouvements pour se maintenir à flot, savourant cette vision en contre-plongée inondée de la clarté scintillante de l’astre lunaire.

- Alors, commences par m’expliquer comment je fais pour provoquer le Dessin volontairement, et si ta réponse me plaît et me sert…

Le sourire de Cali s’évanouit, acceptant peu de recevoir un ordre. Le ton était impératif et il lui hérissait les poils, plus encore que l’eau glacée. L’ironie était sa meilleure arme, et il était prêt à la dégainer, lui rappelant qu’il était en possession des réponses, et donc qu’il se moquait éperdument de lui plaire, qu’elle n’avait pas vraiment de quoi fanfaronner.
Un léger rire semblable à un frémissement de clochettes s’échappa de ses lèvres roses, démontrant qu’elle s’amusait de la situation et qu’elle comptait rester en maîtresse.

- L’autre... conversation pourra possiblement reprendre son cours.


Tiens donc… Cali sentit la colère qui grondait dans son cœur s’évanouir, tandis que l’amusement remontait à la surface, frémissant d’anticipation. La demoiselle dénuda une de ses épaules, sa large chemise glissant et dévoilant sa peau laiteuse.



Et il avait ri. Il s’était esclaffé dans quelques éclaboussures, alors qu’Aelya comprenait que la séduction était un jeu à double tranchant, et qu’elle aussi pouvait tirer son épingle du jeu, et en ce cas précis, obtenir les réponses qu’elle désirait.
Son épaule dénudée appelait aux caresses, elle avait bien compris le pouvoir qu’elle avait sur Caym, la tentation qu’elle représentait.
Ce qu’elle n’avait pas prit en compte, c’était que Caym aimait séduire, et que prolonger le jeu n’avait rien pour lui déplaire, surtout lorsqu’il savait qu’il lui produisait un certain effet. L’homme se redressa tandis qu’autour de lui l’eau se mouvait, cherchant à l’emporter dans quelques discrets tourbillons. Immobile, il fixa Aelya de son regard gris bleuté puis joignit ses mains frigorifiées, capturant l’eau vive avant de la laisser ruisseler sur son visage, emportant la saleté qui s’y trouvait encore. Ses doigts vinrent caresser son visage tandis qu’il fermait les yeux, quelques gouttelettes survivant à ses mains puissantes continuaient de perler sur son front, ses pommettes ou ses fines lèvres.
Il s’avança vers la terrienne sans se soucier des quelques remous ainsi créés derrière lui. Une de ses mains vint ébouriffer ses cheveux humides, les planquant en arrière et dévoilant son front dans sa totalité. Une brise fraîche rappela au mercenaire sa nudité, le faisant frissonner et contracter ses abdominaux recouverts de gouttes qui glissaient le long de cette peau discrètement bronzée.

-Madame a d'importantes expectatives... que je comblerais avec plaisir.


Il lui sourit avec gourmandise, ne désirant pas lui dire que dans tous les cas il lui aurait raconté tout ce qu’elle désirait savoir à propos du Dessin. Il s’exécuta donc, se rapprochant lentement de la terrienne, cette fois-ci avec lenteur, sans créer le moindre remous. L’eau en cet endroit atteignait ses hanches, laissant son corps dissimulé sous la surface réfléchissante de la rivière.

-Tu Dessines sans en avoir conscience, le pourquoi et le comment.. c’est compliqué. Disons que dans l’urgence, ton esprit a cherché à te protéger, tu as désiré de toutes tes forces que cette pierre apparaisse, tu l’as imaginée. C’est un Dessin bien que tu n’ai pas conscience de l’avoir réalisé. La question qui t’intéresse, je pense, c’est comment dessine-t-on. Ton subconscient a compris plus ou moins comment ça se passait, mais ton esprit lui, l’ignore. Alors, concentre-toi. Visualise tout ce qui nous entoure. Ferme les yeux, et laisse ton esprit caresser tout ce qui nous entoure. Caresse les aiguilles du pin derrière toi, la terre meuble, l’eau glacée… Tout ceci existe, mais ton esprit doit les sentir. Ne lutte pas, car il connaît déjà le chemin vers l’Imagination. C’est dans cet endroit qu’il te faudra te rendre pour que tes Dessins deviennent réels. Il te faudra du temps pour le saisir complètement, pour l’admirer et comprendre tout son fonctionnement, pour l’instant on va se contenter de modifier la réalité.

Le mentaï guida ensuite Aelya afin qu’elle essaye de modifier ce qui l’entourait, ce qui était plus simple que de Dessiner un objet directement. Peindre l’herbe autour d’elle par exemple. Sa voix grave était sereine, il se souvenait de son apprentissage plutôt difficile et des nuances qu’il avait ensuite appris à connaître.
Il était désormais à moins d’un mètre de la terrienne, et continuait à lui parler, essayant de décrire le plus justement la manière de réaliser un Dessin, et surtout la limite fragile entre le rêve et la réalité.


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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Mar 11 Juil 2017 - 21:53



Lorsque rien ne reste
"- Dessine moi un mouton "
Music




Il avait ri.  De grands éclats sonores avaient résonnés à travers les eaux et les airs, créant d’indolents cercles dans le tumulte vif de la rivière. Le doute avait alors envahi la jeune fille et elle avait presque eu envie de se lever et de disparaître. Rien dans ses traits, son ton ou son regard ne trahissait cette prise de conscience, mais elle réalisait qu’elle jouait avec un feu dont elle ne connaissait ni l’étendu ni l’agressivité. Il n’était pas inhabituel pour elle de faire appel à ses charmes, d’adoucir sa voix ou de battre des cils pour aider une décision à se prendre ou un privilège à s’accorder. Seulement, elle savait usuellement que la cible de son influence était inoffensive, tandis qu’elle venait potentiellement de dénuder son épaule devant un meurtrier. Elle se ressaisit rapidement. Un homme demeurait homme, et Aelya savait qu’elle ne laissait pas celui-là indifférent. Si elle laissait une quelconque faiblesse transparaître, elle ne donnait pas cher de sa peau. Dans tous les sens du terme. Alors, elle demeura de marbre tandis que Cali se frayait bruyamment un chemin vers la rive où elle reposait. La tête légèrement penchée, sur le vif mais laissant cette tension imperceptible. Elle se permit même un léger soupir en fixant les yeux pâles de l’homme qui se rapprochait dangereusement. Lui-même ne détachait pas son regard des joyeux turquoises d’Aelya et elle le lui rendait farouchement, y mêlait défi et fermeté. Elle avait affaire à plus expert, plus vicieux qu’elle. Elle n’aurait su dire si son rire était moqueur mais n’en écartait pas la possibilité. Sa seule chance de remporter cette bataille enjôleuse était de demeurer assise sur sa décision, et par conséquent, sur la berge. Il était trop tard pour reculer et exclu d’avancer. Sans la quitter du regard, Cali passa de l’eau sur sa chevelure brune et permit à l’eau de dégringoler négligemment sur son visage et son torse. Aelya avait remarqué la pile de vêtement non loin de la rivière et ne prit nullement le risque de baisser les yeux sur le corps nu du mercenaire, qui se révélait à mesure qu’il s’approchait. Rien ne devait trahir sa constance ni ses intentions, et un regard qui glisse est bien trop simple à remarquer. La bleuté s’en rendait compte à chaque instant, puisque le mercenaire ne se donnait, lui, pas la peine de discipliner ses yeux qui se mouvaient avec gourmandise sur la peau ivoirine de la danseuse, s’attardaient sur chaque courbe visible et chaque parcelle de nudité qu’elle offrait. Enfin, « parcelle » eut été appréciable, puisqu’en réalité, sa tenue ne recouvrait que la partie supérieure de son corps. Elle cambra légèrement son dos pour l’étirer et passa une main lasse sur sa chevelure bouclée avant de placer une épaisse mèche au-dessus de son épaule pour la dissimuler. Pensive, elle s’inquiéta momentanément du futur de sa teinture. Si pour l’instant, aucune racine n’était visible, elle doutait de trouver des coiffeurs en Gwendalavir capable de reproduire cette couleur. Ils étaient sains et beaux, mais une Aelya sans couleur d’autre-monde n’était plus qu’une pâle copie d’elle-même, fade et commune.
En face d’elle, l’homme ne se tenait plus qu’à quelques mètres. De minuscules points étaient visibles que sa peau, réaction à la fraicheur de l’eau. Aelya n’y avait trempé que ses pieds chauffé à blanc, mais elle se souvenait du froid glacial qui l’avait baigné précédemment. Peut-être aurait-elle dû attendre la fin de son bain pour exiger des informations pratiques. Elle mit sa décision sur le compte de l’attention particulière qu’elle aurait pu voir s’évaporer. Jamais elle n’aurait osé s’avouer que le mercenaire la tentait autant qu’elle le tentait. Aelya n’était pourtant pas une fille sage, loin de là. Elle ne l’avait jamais été et ne comprenait pas l’attraction que certaine personnes accordaient à ce titre. Elle se plaisait dans son indépendance et ses moyens peu innocent. Sa moue travaillée ne se démonta pas lorsque l’homme s’arrêta, son sourire charmeur toujours et encore éclairé par la lune. La lumière pâle et rêveuse recouvrait la scène d’un parfum d’irréel. Aelya aurait pu se réveiller brutalement dans son lit sans la moindre surprise, simplement perturbée par l’étrangeté de ce que son imagination avait pondu. Mais la voix de Cali, qui oscillait entre le brûlant et le polaire, imperturbable, caressait bien réellement ses oreilles.

-Madame a d'importantes expectatives... que je comblerais avec plaisir.

Son sourire était bien trop féroce pour qu’elle l’ait imaginé, de plus. Il combla encore plus la distance qui les séparait, cette fois doucement, sans perturber l’eau. Une nouvelle fois, Aelya fut impressionnée par tant de légèreté. Comment pouvait-il être musclé à la perfection tout en étant aussi souple et léger qu’un rêve égaré ? A ce niveau, l’eau ne recouvrait qu’à moitié son nombril et il était affreusement proche.
Aelya tâcha tant bien que mal de garder sa figure stoïque et décidée, de ne pas montrer l’once d’un intérêt pour le corps dont elle pouvait presque sentir la douce chaleur. Il avait cédé à ses demandes et c’est tout ce qui importait.
Il commença alors à lui prodiguer des conseils. Sa voix sûre avait perdu toute once de provocation ou de séduction et il semblait prendre son rôle de professeur au sérieux. La danseuse prêtait une oreille toute attentive à chaque mot qu’il prononçait, cherchait activement à faire basculer le Dessin de l’arrière de son esprit vers sa volonté active. Elle clôt ses yeux, comme il le lui intima. Elle fut légèrement surprise quand il lui indiqua non pas de créer un nouvel objet, mais simplement de comprendre son environnement pour l’altérer. Elle ne savait pas que c’était possible. Il avait prononcé les mots « modifier la réalité » comme s’ils n’étaient qu’un geste routinier et tout à fait normal. Sans doute l’étaient-ils pour lui. Le vrai n’était-il devenu qu’un canevas pour le mercenaire, qu’il pouvait dessiner, gommer et modifier à son loisir ? Cette image en tête, Aelya se concentra sur l’herbe qui frôlait ses mains. Elle la serra légèrement dans une douce poigne, la caressa du bout de doigts. Elle oublia la sensation que causait son humidité sur sa peau, ne se concentra que sur sa texture et ses bouts irréguliers. Guidée par la voix patiente de Cali, elle essaya de se représenter la verdure qui les entourait. Bientôt l’image se forma dans son esprit. Non. Pas dans son esprit. Un peu plus loin. Comme si elle tendait une main imaginaire, Aelya essaya d’attraper la représentation plus vraie que nature des milles brins qui l’entourait.
Elle s’évada doucement de sa place au bord de l’eau, ignora l’herbe qu’elle serrait entre ses doigts et ne garda en vue que celle qui s’éloignait, qui voulait lui échapper. Le temps qu’Aelya la rattrape, elle était entourée de milles chemins qu’elle ne s’était pas vu franchir. D’autres s’étendaient à perte de vue, vers un horizon inatteignable. Les lois physiques ne devaient très certainement pas s’appliquer dans un endroit pareil. Aelya retourna alors sa concentration vers l’herbe et repensa aux paroles de Cali. Ce dernier paraissait loin, perdu, comme dans un autre monde. Et pourtant, sa présence résonnait, même dans les chemins nuageux et aériens qui s’ouvraient à elle. Elle reprit le contrôle de l’incarnation des brins d’herbe, et vit que ce simple ascendant sur leur image l’invitait à emprunter certains des chemins. Sans se poser aucune question, Aelya s’enfonça dans la traverse imaginaire et une palette de couleurs et de possibles se présenta à elle. Elle opta pour un rouge rubis vif, qui serait bien visible sous l’éclat de la nuit. Elle avait un jour porté cette couleur avant d’opter pour le bleu qui lui servait depuis plus d’un an. Elle teint alors l’herbe, joua de nuances et d’ombres comme elle l’aurait fait avec…un crayon. Si c’était bien ce qu’elle était en train de faire, le nom de Dessin prenait tout son sens. Elle intensifiait ici la couleur, l’adoucissait là, reproduisait un angle qui ne lui plaisait pas. Des animaux et insectes lui apparurent à travers l’herbe, elle décida de les ignorer dans son œuvre, ne voulait avoir à faire qu’aux végétaux. Elle se souvint de la durée qu’avait évoqué Cali, décida qu’une demi-heure suffirait plus que largement. Une fois contentée de son esquisse mentale, elle la fit- à moins qu’elle ne la laissa - glisser dans l’herbe du pré. Il n’y avait alors plus de différence entre l’herbe qu’Aelya tenait entre ses doigts et celle que son esprit venait de dépeindre. Les deux s’étaient confondus dans la nouveauté et le rouge étincelants que la jeune danseuse leur avait fait prendre.
Elle revint vers son propre corps comme on se réveillait doucement d’un rêve. Sa conscience s’éveilla sous l’effet des doux rayons de soleils qui caressait agréablement son esprit et elle expira lourdement avant de battre deux fois des yeux pour les ouvrir. Ses longs cils obscurcirent temporairement sa vision avant que le visage de Cali n’apparaisse, encore plus proche que lorsqu’elle l’avait précédemment laisse.  Elle pouvait à présent voir chaque nuance de son regard bleu à la pâleur si absolue qu’il se fondait dans un gris étincelant, de même que ses traits à la finesse digne du reste de sa personne. Chaque goutte d’eau qui s’attardait sur ses joues ou ses lèvres s’esquissait dans un détail qu’elle n’aurait pu demander. La danseuse savait que si elle se penchait de quelques centimètres, elle pourrait sentir son souffle se poser sur sa peau.
Le souvenir de l’herbe, qui lui était temporairement sortie de l’esprit, lui revint. Elle n’y croyait pas sincèrement. Elle baissa les yeux sur sa main, donna quelques secondes à sa vision pour qu’elle s’accommode au manque de lumière et…rouge.
L’herbe était devenue aussi brillante qu’un rubis. Sur le coup de l’étonnement, Aelya perdit tout sérieux et toute contenance. Elle sursauta et lâcha un «  Oh ! » des plus féminins. Seulement, elle n’avait pris gare à l’endroit où elle était assise et son sursaut ne tarda pas à la faire glisser. Son équilibre, habituellement maîtrisé, se trouva annulé par sa surprise et la végétation trempée, ne sut la garder sur la rive, malgré une vaine tentative de se raccrocher à l’homme qui lui faisait face.
Bientôt, l’eau glaciale la recouvrit entière, n’épargnant ni le tissu qui la recouvrait ni aucune de ses mèches bleues. Le clair de lune n’éclairait plus que l’herbe rouge et le flot d’écume qu’avait provoqué la chute de la dessinatrice qui était à son origine.




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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Jeu 13 Juil 2017 - 19:35



Enivrants remous

Caym observa les sourcils froncés par la concentration de la terrienne, et caressa à son tour les spires, cherchant la présence de la jeune femme. Il l’avait déjà vu dessiner et elle était particulièrement bruyante, si bien qu’il tarda quelques instants à la trouver, plongée dans l’Imagination. Son esprit était totalement immergé et particulièrement concentré sur son Dessin, si bien qu’il ne dû même pas percevoir la présence du mentaï. Dans les spires, l’herbe prenait une teinte rouge, chaque brin d’herbe se teintait d’une couleur vermillon tandis que Cali continuait de conseiller son élève, l’encourageant dans cet exercice qu’elle était sur le point de réussir. Le Dessin ne tarda pas à basculer dans la réalité et, sous les yeux amusés du mercenaire, les berges de la rivière furent recouvertes d’un rouge rubis qui scintillait doucement sous le clair de lune, illuminant d’une étrange couleur flamboyante la scène.
Le mercenaire du Chaos n’était plus qu’à quelques centimètres de la jeune femme lorsqu’elle ouvrit ses yeux d’un bleu enivrant. Leurs regards s’accrochèrent tandis que le corps de l’homme s’embrasait sous l’intensité de l’océan qui le dévorait. Ces lèvres pulpeuses et teintées du même rouge que l’herbe qui s’étendait autour d’eux lui semblaient si attirantes et elles l’appelaient, en demeurant entrouvertes et laissant échapper un souffle chaud et profond. Elles étaient si proches, un pas supplémentaire et il pourrait les cueillir, ces lèvres si mûres et tremblantes…
Mais la nymphe brisa l’envoûtement, ses yeux glissant sur l’herbe désormais rouge. La surprise se peint sur son visage aux douces courbes, ses lèvres s’entrouvrirent formant un élégant O, ses yeux s’écarquillèrent tandis qu’elle laissait échapper une discrète exclamation.

La suite fut aussi surprenante que rapide, car l’équilibre de la jeune femme bascula et la gravité se rappela à elle dans une gerbe d’eau. Sa pose sensuelle n’était donc pas feinte ni même hasardeuse, mais bien calculée et le mentaï chassa la surprise qui l’envahissait pour savourer l’instant. Il se laissa couler dans la rivière, chahutée par l’arrivée soudaine de la jeune femme, et observa les arabesques aériennes de sa chevelure bleue tandis qu’il se rapprochait d’elle.
Ses mains musclées se glissèrent autour de sa taille et ses gestes précis la tirèrent rapidement hors de l’eau, tandis que le très bref aperçu du corps d’Aelya avait réveillé ses appétits. L’eau mouvante s’était glissée sous sa chemise, la faisant flotter autour de son corps fin et dévoilant la totalité de ses cuisses, mais le mentaï mit fin à ce spectacle qui mettait son corps en ébullition malgré l’eau froide qui l’emprisonnait de toute part.

Les visages des baigneurs nocturnes brisèrent la surface de la rivière, aspirant une goulée d’air tandis que l’eau ruisselait sur leurs visages. Leurs corps se frôlaient, leurs peaux nues s’électrisaient et Cali prit conscience qu’il était entièrement dévêtu devant elle, tandis qu’elle portait une chemise désormais transparente qui lui collait à la peau, la moulant et dévoilant ses formes féminines. Le regard du mentaï s’attarda sur ce corps qui ne dissimulait plus le moindre secret, sur ces morceaux de tissus noirs qui dissimulaient les plus précieux trésors de la demoiselle, sur leur motif en dentelle, sur ses épaules arquées et son cou gracieux.
Le souffle du mercenaire s’approcha de cette peau ruisselante et son visage frôla celui d’Aelya jusqu’à ce que sa bouche soit suffisamment proche à son goût de son oreille. Ses murmures envahirent le silence de la nuit.
-Je n’imaginais pas que tu me désirais au point de sauter me rejoindre dans l’eau glacée…
Un sourire amusé et gourmand habilla le visage de Caym tandis que son visage s’écartait très légèrement de manière à pouvoir observer le visage d’Aelya. Sa peau scintillait sous la lune, ses cheveux s’étaient assombris et elle semblait plus pâle que quelques instants auparavant, lorsqu’elle était encore juchée sur la berge.

- J’ose difficilement imaginer tes récompenses pour les prochaines réponses que j’aurais à te donner à propos du Dessin.


La bouche affamée du mercenaire s’approcha du visage de la jeune femme, tandis que son souffle caressait sa peau, tout comme ses pouces qui désormais dessinaient des cercles lascifs sur les hanches de la terrienne.

- En attendant, je vais honorer ton geste héroïque…

Le regard de Caym était vibrant, ses yeux s’étaient obscurcis par le désir et il ne comptait pas résister un instant de plus à ces pulsions, à l’appel de cette peau refroidie par l’eau glacée, à ces lèvres entrouvertes, à cette chemise trempée qui faisait galoper son esprit…
Les lèvres chaudes de l’homme étouffèrent l’espace qui les séparait de celles d’Aelya, les frôlant tandis que leurs souffles se mêlaient dans une salutation qui aurait semblé timide si elle n’avait pas été si voluptueuse. Les yeux gris de l’homme observèrent un dernier instant ce visage avant de se clore tandis qu’il approfondissait ce baiser, écrasant leurs lèvres et jouant de sa langue dans un ballet charnel. Les mains de Cali s’animèrent, plaquant le corps svelte de la jeune femme contre le sien, lui tirant un gémissement tandis que sa poitrine venait s’échouer sur son torse puissant. Glissant sur sa silhouette aux courbes enivrantes, les mains musclées glissèrent sous la surface de l’eau, appréciant la fermeté des fesses de la jeune femme autant que leur courbe rebondie. Ses gestes dégageaient une force animale et il lui écarta les jambes, la juchant sur ses hanches, au-dessus de son bas-ventre en feu. Les jambes agiles et douces de la jeune femme vinrent naturellement lui enserrer la taille tandis que le souffle court, ses lèvres relâchèrent la pression sur la bouche de la jeune femme avec regret.
Cali ouvrit les yeux, incapable de cacher plus longtemps le désir qui l’habitait, la faim qui le tenaillait et comme une promesse, ses yeux brillaient dans l’obscurité. Portant la jeune femme, Cali fit quelque pas en direction d’une autre petite plage de galets et l’eau ne tarda pas à passer leur ceinture et à chatouiller leurs côtes tandis que les doigts du mercenaire remontaient sur cette peau d’albâtre, soulevant la chemise qui n’était désormais qu’un voile sur ce corps envoûtant. Ils se débattirent sur ces boutons, mais engourdis par le froid, le peu de patience du mentaï vola aux éclats et, le souffle court, il les fit sauter, déchirant avec force et adresse, mettant à nu cette poitrine qu’il désirait embrasser. Le soutien-gorge aguichant de la jeune femme put apprécier les caresses du mercenaire, qui y délaissait une de ses mains tandis que l’autre rejoignait le dos cambré d’Aelya avant de redescendre tandis que les lèvres de Cali s’emparèrent de nouveau de celles de la jeune femme après avoir goûté à la saveur de sa peau, sa langue s’attardant un instant dans le creux de son cou.


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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Lun 17 Juil 2017 - 15:07



Lorsque rien ne reste
"You’re not easily impressed, baby
I got more under my dress"

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Aelya n’eut jamais cru que l’eau gelée put la brûler. Ce fut pourtant une étreinte enflammée qui l’accueillit au creux de la rivière. Sa chute, le contact glacé et marmoréen de la surface de l’eau l’avaient sonné. Ses yeux s’étaient fermés et elle s’était laissé couler pendant quelques secondes. Près de la rive, la profondeur était moindre et elle aurait certainement attendu que ses pieds touchent le fond pour retourner à l’air. C’était sans compter sur les bras puissant qui la cueillir presque immédiatement pour la mener en-dehors de la prison aqueuse où elle avait chuté. Dans son esprit, l’herbe rouge, la flamme, la roche défilaient, les milliers de possibilités qu’elle avait aperçues dansaient devant ses yeux, offrant un trop plein de réponses au trop plein de questions qui les avaient précédés. Elle saisissait la réalité du Don, était déterminée à le contrôler, mais la nature d’un tel pouvoir ne pouvait laisser son esprit indifférent. La sensation de brouillard qui l’avait envahi pendant son voyage mental l’empêchait de se remémorer clairement la fonctionnalité et les étapes qu’elle avait franchie. Cali avait nommé l’endroit l’Imagination. Il s’agissait d’un nouvel univers, tout entier, qu’elle se devait de découvrir, d’apprivoiser, de comprendre. C’est dans une osmose entre appréhension et excitation que son souffle repris. Elle accueillit avec soulagement la douceur de l’air nocturne, reconnaissante de ne pas avoir bu la tasse et gouta une profonde inspiration avant de passer ses mains sur son visage pour le nettoyer de l’eau qui le recouvrait. Ses cheveux bleus trempés reposaient négligemment sur ses épaules, débarrassés de tout le volume qui les décrivait précédemment. La bise légère traversât sa peau, dès lors humide, et la fit frissonner. Finalement, ses yeux turquoise s’ouvrirent et, quoique sa conscience soit encore recouverte de ouate, elle réalisa sa position. Le frisson qui suivit n’avait rien à faire avec la fraîcheur ambiante. La poigne qui l’avait récupéré au cœur de l’eau était, bien entendu, celle de Cali et c’était un miracle qu’elle ne s’en soit rendu compte qu’à l’instant. Elle se tendit imperceptiblement en sentant la peau entièrement exposée du mercenaire contre son vêtement. Son regard se repaissait encore des courbes d’Aelya, que la chemise gorgée d’eau ne parvenait plus qu’à cacher et, pire, accentuait. Le tissu épousait chaque forme et révélait une peau blanche et tremblante. Seules ses sous-vêtements sombres demeuraient opaques. Une lueur féroce, sauvage éclairait les yeux de l’homme qui n’avait pas lâché sa taille. Il approcha dangereusement de son cou, son souffle bouillant allant réchauffer la peau humide de la jeune femme. Il s’arrêta près de son oreille, si proche qu’une de ses mèches vint caresser la joue rosée de la danseuse, et son murmure vint troubler le bruit régulier de l’eau que le couple perturbait.

- Je n’imaginais pas que tu me désirais au point de sauter me rejoindre dans l’eau glacée…

Dans d’autres circonstances, Aelya aurait certainement relevé la prétention et l’inexactitude de ses paroles. Elle lui aurait jeté un regard au sous ton méprisant et aurait joué d’ironie.  Mais sa chute, non-contente de l’avoir mis à moitié nue dans les bras forts du mercenaire, l’avait privée de toute verve et la laissait incapable de réagir devant la scène qui se déroulait. Et particulièrement, devant l’homme qui en tenait le rôle principal.

- J’ose difficilement imaginer tes récompenses pour les prochaines réponses que j’aurais à te donner à propos du Dessin…

Les yeux de Cali brûlaient de désir, ses intentions ne laissait plus place à l’erreur. Ses doigts s’amusaient sur sa peau de sa hanche que la chemise ne recouvrait plus, frôlait occasionnellement le tissu noir de son bas. Bien qu’elle soit encore immergé dans l’eau froide, la bleuté sentait l’afflux de sang colorer ses joues alors que Cali s’approchait, ses yeux argentés figés dans les siens. Il n’y avait plus rien qui les séparait et lorsque les lèvres du mercenaire vinrent caresser les siennes dans un ultime murmure, elle ne put que clore ses paupières et goûter le contact tremblant. La baiser ne tarda pas à perdre toute innocence, les deux se lançant dans un ballet enflammé où lèvres et langues se mêlaient sauvagement. Les mains d’Aelya prirent place derrière le cou du mercenaire, s’attardèrent sur sa peau, se délectèrent de sa douceur arctique. Cali n’était pas en reste et la serra avec force contre lui. La danseuse ne put retenir un gémissement lorsque son vêtement trempé vint s’accoler au torse puissant du mercenaire. Ses mains avides laissaient un sentier bouillant sur le corps humide de la jeune femme qui ne se lassait ni de la poigne imposante de l’homme ni de  ses lèvres. Ses doigts s’infiltrèrent sous la chemise pour mieux apprécier le corps de la jeune fille et elle se tendait sous la pression dévorante qui n’épargnait aucune parcelle de sa personne, se mouvait pour appuyer le toucher impatient de l’homme. Brûlant et insatiable qu’il était, il la souleva et la logea sur ses hanches, bassin contre bassin, lui arrachant un nouveau cri. Ses jambes se refermèrent, emprisonnant le corps du mercenaire contre le sien et comblant finalement le peu d’air qui les séparait. Aelya ne pensait plus à rien, si ce n’était à la caresse du mercenaire contre sa peau, que la chemise venait gênait. Ce dernier détacha ses lèvres de celles de la jeune femme, l’abandonnant haletante et avide de plus. Les yeux de la belle s’ouvrirent pour rencontrer ceux du mercenaire, où le désir tenait dorénavant la place du gris. Elle rapprocha ses mains, les passa délicatement sur le torse suturé de l’homme, goûtant les formes qui avaient su précédemment attraper son regard. Cali commença quelques pas en direction d’une plage proche et elle eut pendant quelques secondes le loisir de contempler son visage, plus proche encore qu’il ne l’avait jamais été. Il s’arrêta, ses doigts se plaisant toujours à brûler la peau fraiche et trempée de la jeune femme. Il avait dû se faire la même réflexion sur le bout de  tissu qui ne recouvrait plus qu’en songe le corps que les mains du mercenaire avaient déjà explorer en détails, puisque sa poigne se décala pour tâcher de dénouer les boutons qui maintenaient la chemise. Elle n’eut pourtant pas la chance d’être retiré avec douceur et le mercenaire finit par l’arracher purement et simplement, réduisant l’ultime barrière d’Aelya à un morceau de textile sacrifié dans l’eau froide. Mains contre peau suivirent, mains gourmandes du mercenaire contre la peau de la poitrine exposée de la jeune femme. Seules les dentelles sombres empêchaient le contact direct qu’il cherchait et ses doigts impatients glissèrent dans son dos alors que ses lèvres faisaient de nouveau flancher la bleuté. Elle s’accrocha à l’homme, se cambra et dégagea son cou, laissa ses cheveux bleus pendre derrière elle, savourant chaque caresse et chaque signe d’impatience que le mercenaire lui montrait. Ses lèvres rosées se firent plus entreprenantes, elle se releva pour les glisser sur la peau brûlante de Cali et finit par se nicher dans son cou tandis que ses ongles s’enfonçaient sur le torse musculeux. Son ventre, débarrassé de sa couche de tissu, ne se faisait pas prier pour se serrer contre le brun. Elle sentit les mains de Cali dans son dos, stressant l’accroche de son soutien-gorge sans parvenir à le dégrafer. Elle sourit en pensait qu’il ne tarderait sûrement pas à l’arracher si elle ne réagissait. Et il y avait là la possibilité d’un jeu dont la nécessité s’imposait, comme la suite et fin de leurs enlacements humides. Elle passa sa bouche tout le long du cou de l’homme jusqu’à atteindre ses lèvres, qu’elle emprisonna de nouveau entre les siennes et caressa un instant ses cheveux trempés avant de recouvrir les mains impatiente du mercenaire des siennes. Sans arrêter le baiser, elle descendit ses jambes, frissonna lorsque l’eau gelée recouvrit son nombril et se pressa contre le corps à moitié immergé de Cali. Cali. Elle ne connaissait que la moitié du patronyme et avait deux gages à proposer. Un sourire narquois se traça sur ses lèvres qui s’écartèrent de celles du mercenaire pour aller se placer près de son oreille. Elle laissa un petit rire s’y échapper et s’éloigna légèrement, se défaisant de la poigne de fer qu’elle désirait pourtant si hardiment. Elle passa sa main sur les bretelles sombre de son vêtements, le descendit jusqu’à la moitié de son bras, une lueur joueuse dans le regard. Elle n’avait plus rien à cacher, la réciprocité de la flamme se lisait sans peine et surtout sans gêne. C’était un jeu à deux, et elle refusait d’avoir trop à perdre. Le souffle de Cali, haletant et impatient, était toujours aussi proche, et la voix mélodieuse d’Aelya n’eut pas à se forcer pour se faire entendre.


- Ces deux-là ont un prix…


Sa main désignait les deux bouts de tissu restants, que le regard du mercenaire suivait avec une lueur brûlante et sauvage.

- La première, commença-t-elle d’une voix aguicheuse, ne demande que ton nom entier.

Elle s’appuya sur une berge proche et se leva légèrement. Juste assez pour que le second tissu noir, dont l’opacité avait été mise à mal par l’humidité, se montre.

- Le deuxième, lui, est un peu plus…exigeant.

Sa voix s’était faite miel et ses hanches se mouvaient au rythme sensuel de l’eau qui la caressait. Aucune trace de froid ne se lisait sur l’albâtre qui recouvrait son corps. Elle brûlait. Elle savait qu’elle lui céderait, que le mercenaire accepte sa demande ou non.

- Il souhaite la garantie que lorsque le soleil se lèvera, je ne me retrouverais pas seule et abandonnée à mon sort dans l’inconnu.


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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Ven 21 Juil 2017 - 3:08



S'enivrer de plaisir
Caym sentit la jeune femme frissonner contre lui et son corps se crispa. Leurs peaux se réchauffaient dans quelques étincelles invisibles et charnelles tandis que leurs bouches affamées se dévoraient, augmentant leur faim de l’autre. Le mentaï inspira et s’enivra du parfum de la terrienne, de son odeur si étrangère tandis que sous sa langue sa peau exotique le faisait s’envoler vers une terre promise lui assurant la jouissance.
Mais aussi vive que l’eau elle se libéra de son étreinte, leurs corps humides jouant au milieu des flots. Une fois encore, sa vivacité et sa souplesse surprirent le mercenaire du Chaos, qui jouait sur sa force brutale dans cette étreinte sensorielle. Le froid l’attaqua immédiatement, chaque parcelle de sa peau hâlée fut dévorée par le froid de l’absence d’Aelya. Son regard devenu gris par l’envie témoignait du tourbillon d’émotions qui l’habitait tandis qu’il observait la bleutée.

La colère qui grondait dans la poitrine du mercenaire s’apaisa avec les mots de la jeune femme. Elle ne s’était pas échappée de son étreinte parce qu’elle ne voulait pas lui céder, mais parce qu’elle avait des requêtes. Elle voulait jouer et dominer la situation.
Le sourire de Caym s’élargissait au fur et à mesure qu’elle lui proposait de quitter les maigres vêtements qu’il lui restait.
Son regard s’attarda sur la silhouette de la jeune femme, l’imaginant déjà privée de ces atours, sa poitrine s’offrant à lui… Et que dire du bas. Inspirant afin de reprendre ses esprits, l’homme répondit à Aelya, sans prendre le temps d’hésiter.

-Caym Cali.


Il s’approcha de la terrienne, fendant les flots dans quelques éclaboussures qui tentaient de calmer le feu qui brûlait en lui, mais ce fut peine perdue. Les mouvements lascifs de la jeune femme brisaient tout éventuel contrôle. Ses côtes se soulevaient à un rythme aussi rapide que le sien, qui témoignait de la frénésie qui les habitait. Les yeux devenus sombres s’agrippèrent au regard brillant de la jeune femme, se glissant avec délice dans l’eau glacée de son regard tandis que son corps se retrouvait désormais à portée de main. L’air semblait devenir soudainement plus chaud tandis que Cali lui fit signe d’ôter le premier vêtement.
Il s’arrêta tout de même à une certaine distance afin d’observer la poitrine qui se dévoilait désormais devant lui. Sous les braises de son regard, il put apercevoir ces seins fièrement dressés, sa peau aussi lumineuse que la lune elle-même et ces auréoles sombres et pointues qui témoignait du désir qui habitait Aelya. Le souffle court le mentaï approcha ses mains de ce trésor miroitant et le caressa, d’un frôlement d’abord, puis avec plus de force jusqu’à ce que sa bouche vienne rejoindre ce ballet qui exaltait leurs sens et attisait leur désir.
Ce ne fut qu’après de langoureuses caresses et des baisers fiévreux que Cali se détourna de cette poitrine avenante. Ses lèvres glissèrent sur la peau humide d’Aelya, y déposant d'ardents baisers jusqu’à atteindre son oreille alors que leurs corps se touchaient dans une étreinte électrique. Les mains du mercenaire reprirent leur ballet tandis qu’un gémissement s’échappait de ses lèvres. Son corps plaqué contre celui d’Aelya, écrasant ses formes contre son torse, s’appropriant avec force son fessier et jouant avec ce petit morceau de dentelle qui ne l’empêchait pas de toucher cette chaire onctueuse.

-Au lever du soleil, je serais encore à tes côtés. Je te le promets.


Il aurait pu lui dire beaucoup plus, si son cerveau n’avait pas saturé sous cette avalanche de testostérone. Il lui aurait dit qu’elle était bien trop précieuse pour être abandonnée. Il lui aurait dit qu’elle serait avec un inconnu dans l’inconnu. Il lui aurait dit que son sort n’était pas forcément favorable en sa compagnie. Mais il ne dit rien. Il en était incapable, car désormais, l’ultime rempart allait chuter. Glisser le long de ces cuisses galbées et si douces. L’homme s’éloigna très légèrement, mais suffisamment pour qu’il puisse observer le visage hautain et émoustillé d’Aelya. Leurs souffles se mêlèrent tandis que leurs lèvres se dévisageaient avec expectation, la tension atteignant des sommets tandis que le cœur de Cali tambourinait dans sa poitrine.


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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Mar 1 Aoû 2017 - 21:27



Lorsque rien ne reste
"Take me away, into the night
Far and out of the lights"

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L’eau, ses remous, son calme légendaire. La danseuse goûtait chaque vaguelette qui, successivement, cachait et révélait son nombril, venait perler sur sa peau, s’en allait, revenait. Son corps exaltait en silence mais ses yeux demeuraient fixes, brillaient dans le noir, turquoises chatoyantes, insolentes, fixes dans le regard de l’homme qui lui faisait face, fixes face à ce visage que la lune ne révélait qu’à moitié. Petits rayons joueurs qui défiaient le regard bleu de bouger, de leur tenir compagnie dans l’exploration des traits et formes que l’exquis être offrait. Rien ne l’empêchait de céder, de rejoindre cette partie de voyeurisme ardue mais d’autant plus appréciable. Rien, si ce n’était ce marché qu’elle venait de proposer, pour que son autre…divertissement soit plus intéressant. Elle ne doutait pas de la saveur du jeu, mais il eût été absurde de se brûler les lèvres lorsqu’une d’une nuit si jeune, si fraîche, si belle lui offrait patiemment ses grâces.

Il n’y eut pas d’attente dans la voix de l’homme, pas la moindre hésitation. Juste deux mots, tout droit sortis du four, qu’elle avait réclamé sans trop y penser. Elle ne prit pas le temps de se surprendre devant la découverte d’un prénom différent de celui qui hantait ses pensées. Ces dernières, tout comme ses yeux, devaient demeurer fixe dans ceux qui approchaient et son sourire rose et délicat n’aurait su perdre le moindre centimètre de leur sourire narquois. Elle l’étendit même, lorsque ses doigts allèrent se poser sur l’agrafe de son vêtement, habilement, geste rodé par l’habitude. Mais l’habitude n’y était pas, et se fut lentement et avec assurance qu’elle pinça le tissu. L’élastique se détendit, glissa d’abord rapidement puis lentement sur sa peau trempée et libéra la taille qu’il enserrait jusqu’à présent, tâcha de tenir un instant de plus, en vain. Ses yeux n’avaient pas quitté le gris bleuté qui se trouvait à présent à portée de souffle. Elle ne comptait pas baisser les yeux. Lui ne tarderait pas. Son sourire gagna encore du terrain lorsque le soutien-gorge alla flotter dolemment devant elle, s’éloignant au grès de la rivière, comme s’il savait que son rôle dans l’affrontement était fini. Et Aelya jugea fièrement de sa victoire dans la bataille de regard qu’elle s’était amusée à lancer.

Mais toute porte de l’esprit qu’ils fussent, les yeux ne suffisaient jamais. L’esprit, dans un tel théâtre, était un invité que nul ne voulait accueillir et à qui on montrait négligemment la porte pour se replonger dans le régal de la chair. Le regard n’était jamais que l’avant-goût, le héraut. La danseuse retrouva alors et avec délice la proximité du corps du mercenaire, ses doigts qui tanguaient entre le doux et le fort, ses lèvres aventureuses et ensorcelantes. Les yeux turquoise, malgré leur audace et leur outrecuidance tant désirée, ne tardèrent pas à se fermer. Il était vain de voir, comme il serait bientôt vain de penser. Elle n’était plus que fleur indolente qui pliait au grès de la force qui la possédait sans peine et gardait ses mains posée sur son corps de porcelaine, comme si elle risquait de s’envoler. Mais elle était ben là, décidée à rester et arracher sa part de contrôle de de toucher dans le duel effrontés qu’ils menaient, abrité par de sombres reflets et par la discrétion subtile de la forêt. Ses cordes vocales se laissaient emporter et ne s’évadaient que çà et là soupirs, murmures et gémissements, plus de paroles, juste le chant incessant d’une passion que rythmait les glissements avides de la main de l’homme sur son corps, de ses mains sur le corps de l’homme. Comme pour se venger de la distance que l’affèterie bleutée avait précédemment mise entre eux, Caym brisait toute marge, ses mains agrippant son dos et plus bas pour la serrer contre lui. Il ne serait nullement venu à l’esprit de la jeune femme de s’en plaindre. Elle se délectait du corps contre lequel elle était serrée, s’appuyaient d’elle-même et s’agrippait contre la peau rendue fuyante par l’eau. Elle se fondait et se coulait entre ses bras sans quitter ses lèvres et sans méconnaitre le sillon brûlant que traçaient ses doigts de plus en plus bas.
Dans un murmure, il lui souffla la réponse à la deuxième requête qu’elle avait déjà oubliée. Le lendemain lui paraissait déjà loin, porteur d’une accalmie ensoleillée dans e tumulte passionné qu’elle ne voulait pas quitter. Elle demeurait rassurante, il lui accordait, sans le moindre doute, ce qu’elle demandait. Aelya n’avait plus la moindre crédibilité à accorder à sa méfiance ou à ses inquiétudes. Elle rejeta ses cheveux en arrière dans un léger éclat de rire et revint, les yeux ouverts cette fois, pour mieux juger de la flamme qui consumait le regard de Caym. Caym. Le nom nouveau glissa sur sa langues et fit vibrer un instant ses cordes vocales, unique mot complet qu’elle prononçait depuis que le brouillard étourdissant avait corrompu sa raison. Elle se doutait qu’elle n’en était pas à sa dernière fois avec cette syllabe captivante.

Elle posa ses doigts sur la main du mercenaire, toujours dans cette douce lenteur, inquiète d’entretenir le brasier hurlant qui régnait entre eux. Elle la conduit sur l’ultime tissu, la dernière dentelle qui chuta avec fluidité, en un geste presque.  Le rempart final à sa passion rejoins la première dans l’eau fraiche dont le niveau dissimulait encore ses jambes. Eve n’avait plus rien à lui envier. Son expression de prédateur lui allant toujours aussi bien, Caym ne tarda pas à la soulever pour arracher la jeune fille le peu de décence que la rivière lui accordait. Ses yeux se fermèrent à nouveau et elle sentit la caresse de l’herbe sur son dos et se redressa sur la berge où Caym l’avait posé pour s’offrir plus de confort et surtout, d’audace.

Le brasier affamé qui était né de la rencontre des deux corps trouvait enfin satisfaction, sans frontière, sans vulgaire tissu ni opposition. Un unique nom franchissait le bord de ses lèvres, dès lors qu’elles n’étaient pas occupées à titiller l’inlassable mercenaire et à retrouver le délice de leur pas de deux. Dans la nuit silencieuse, des battements désordonnés et vifs faisaient se lever la poitrine de l’homme, échos au tambour du cœur de la jeune femme. Elle réclamait, ondulait et se mouvait comme si ses os avait fondus sous la chaleur de l’air électrique qui les entourait. Elle avait toujours jouie d’une grande souplesse. Elle se donnait pour mieux arracher, à coup de griffes et de baiser, son plaisir dans cette danse enflammé où le mercenaire se révélait brillantissime partenaire. Puis leurs souffles se calèrent l’un sur l’autre, uniquement interrompus par les gémissements que ni l’un ni l’autre ne voulaient plus cacher. La décence, l’esprit, la raison. Tout cela s’en été allé, porté par l’eau ou le vent peut-être, avait coulé, s’était noyé dans les baisers et les regards qui s’affrontaient. Tout cela avait été remplacé par deux peaux brûlantes qui fondaient l’une sur l’autre, l’une dans l’autre. Le bleu se mêlait au brun sous le regard discret des astres. La nuit, témoin invisible, ne semblait pas vouloir laisser place au petit matin, pour le plus grand plaisir des amants qui s’y donnaient à cœur joies, porté par les remous qu’eux-mêmes causaient, sans question, ni pensées. Seul résonnait le chant d’une passion partagée.

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MessageSujet: Re: Lorsque rien ne reste Mer 9 Aoû 2017 - 5:06



Les braises de la passion au petit matin
Laissant tomber ses feuilles jusqu’à être totalement nue, Aelya resplendissait. Son corps était noueux, fort et doux. Si ses muscles auraient pu desservir sa féminité, ce n’était pas le cas car son corps affamé vint électriser celui du mentaï, répondant à l’appel de ses courbes écrasées contre son corps. Sa peau était fondante et sucrée, ses lèvres épicées et brûlantes, ses yeux étaient clos mais ses sourcils témoignaient de la tension qui l’habitait.
Un arbre tourmenté par un vent puissant. Subissant les foudres d’un ciel capricieux.

Cali l’emporta vers la berge, jouant avec ce corps nu et dévorant Aelya avec passion. Chaque instant était une multitude d’explosion et quand leurs corps nus s’échouèrent sur l’herbe humide par la fraîcheur de la nuit, ils atteignirent des sommets, s’envolant sans cesse plus loin dans les cieux de la jouissance.
La rosée recouvrit leurs corps en ébullition tandis que leurs lèvres se cherchaient sans cesse, susurrant d’une voix rauque le nom de leur amant, les autres mots se perdant dans un flot de soupirs et de gémissements incontrôlés, étouffés par des baisers dévorants.

Finalement, dans une ultime crispation, un dernier cri et un plaisir mutuel, la tourmente prit fin, les laissant palettant et épuisés. Leurs corps rassasiés restaient immobiles blottis l’un contre l’autre tandis qu’ils reprenaient leur souffle, savourant la sensation de plénitude qui les habitait désormais.

Les minutes s’effilochèrent, les paupières demeuraient closes et les souffles réguliers. Le sommeil emportant Caym sans qu’il cherche à lutter, trop fatigué pour établir son habituel champ de protection. Il parcourut le pays des rêves sans s’y arrêter, reprenant des forces tandis que la lune disparaissait à l’horizon.
Les premiers rayons du soleil ne tardèrent pas à venir chatouiller la peau des amants endormis, mais Cali demeura immobile, trop fatigué pour daigner rejoindre le campement ou faire toute autre chose.


Quelques heures plus tard, le soleil avait atteint une hauteur de croisière et caressait ces corps nus, réchauffant leurs peaux agressées par la fraîcheur nocturne. Cali soupira tandis que le sommeil le quittait aussi rapidement qu’il l’avait envahi, et se détacha d’Aelya. Son regard, rendu bleu par le ciel limpide et le soleil qui les inondait, parcourut la frêle silhouette d’Aelya, notant ses contusions et son imposante cicatrice. Il sourit en apercevant quelques traces de leurs ébats nocturnes sur la peau diaphane de la terrienne. Le contraste avec sa chevelure bleue était impressionnant et particulier, mais le mercenaire n’était pas contre l’excentricité.
Il réveilla rapidement Aelya, sans faire preuve de tendresse malvenue –de son point de vue- ni de violence démesurée –ça serait tout aussi malvenu compte tenu de la nuit qu’ils venaient de passer- et se redressa. Des brins d’herbe étaient incrustés sur sa peau et glissés dans ses cheveux, si bien qu’il opta pour une nouvelle douche, surtout que leur campement se trouvait de l’autre côté de la rivière. Comme par hasard.
Une fois dans l’eau froide, ses pensées s’organisèrent et il se souvint du blessé dans la clairière non loin et des règles premières de la politesse.
Il salua donc Aelya, les yeux malicieux en lui demandant si elle avait bien dormi. Lorsqu’il eut ôté les saletés de la nuit en plein air de son corps, il ressortit de l’autre côté et délaissa les vêtements déchirés et ensanglantés qui traînaient par terre. Il se glissa dans les spires afin de se dessiner des vêtements simples le temps qu’il en trouve de véritables. Ils ne dureraient pas une journée, mais ce dessin lui permit de s’assurer qu’il avait récupéré suffisamment d’énergie pour redevenir le grand mentaï qu’il était. Il proposa ensuite de prêter quelques vêtements à Aelya, le temps de rejoindre le campement, il pourrait lui enseigner plus tard à effectuer ce tour de passe-passe.
Son ventre se rappela à lui dans un grognement qui n’avait rien de furtif et il proposa à Aelya de déjeuner. Il devait vérifier l’état de leurs infortunés compagnons avant de s’occuper de chasser, pêcher ou cueillir quoi que ce soit, mais si elle voulait, elle pouvait déjà commencer à préparer leur repas, il la rejoindrait aussi rapidement.
C’est donc vêtu d’une tunique brune lui tombant mi-cuisse et d’un pantalon en cuir le laissant libre de ses mouvements qu’il pénétra dans la clairière où il avait délaissé au cours de la nuit, le corps inanimé de la fillette et de son -faux- père.


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