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Luyana, faëlle de vie.

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Faël__Membre
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MessageSujet: Luyana, faëlle de vie. Lun 22 Mai 2017 - 18:38

 
 
Luyana Nokomis


 

 

Votre Heros


  Nom : Nokomis
  Prénom : Luyana
  Surnom : L’Oracle, la sorcière, chamane.
  Sexe : Femme
  Naissance : 6 septembre
  Âge : 33 ans
  Peuple et/ou métier : Faëlle.
  Objectif(s) : Marchande de secrets.
 


 


 

Un peu de Vous


  Âge : 26 ans
  Présentez-vous avec un mot ou une citation : «La nature de l'homme n'est pas de tuer des agneaux ou de casser les pierres, mais de circuler une rose à la main.»
  Comment avez-vous connu le forum ? Double compte d’Alex Clorem
  Validé le :
 

 

 

 

Capacités


 
— Viens là, ma fille.

La jeune créature se déplaça à travers les hautes herbes en suivant la douce voix qui s’était adressée à elle. Elle était trop petite encore pour que son regard puisse porter au delà des taillis touffus, mais la nature était… Et bien, comme une seconde nature pour elle. Depuis aussi loin que pouvait remonter sa mémoire, ses parents l’avaient initié aux forces qui régissaient le monde. Qu’elles fassent partie de cette forêt qu’elle parcourait en ce moment ou de l’imagination qu’elle effleurait de temps en temps. Ainsi, elle se mouvait avec une aisance naturelle dans ce qui était comme une part d’elle même. Elle esquivait les racines trop imposantes ou les trous des terriers laissés à l’abandon, faisait la roue au dessus d’un serpent pour ne pas lui marcher dessus et évoluait d’un pas dansant parmi la végétation dense, sans jamais tomber. S’amusant d’un rien que pouvait lui offrir la nature.

Luyana sortit des fourrés sur une piste toute fraîche. A en voir les traces, il devait s’agir de loups. Six, peut être sept. Mais la petite faëlle était bien incapable d’en dire plus. Son père était beaucoup plus doué qu’elle avec les animaux et il aurait parfaitement pu identifier chaque trace avec chaque individu de la meute. Sa mère par contre était beaucoup plus à l’aise avec les plantes. Arbres, arbuste, racines, algues ou fleurs. Luyana avait l’impression qu’elle connaissait tout du monde et que rien n’avait de secret pour elle ! Elle était d’ailleurs accroupie sur le bord de la piste, lui offrant son dos nu à sa vision au travers de ses vêtements tressés. Sa mère semblait absorbée par quelque chose de beaucoup plus important que les traces laissées par les animaux. En s’approchant, Luyana découvrit une petite fleur au ras du sol. Une pervenche dont la tige malmenée penchait sur le côté. Elle était mal en point et presque sur le point de se briser.
— Elle était sur le passage des loups.

Luyana observa la piste torturée laissée par les animaux. C’était la seule fleur dans les environs à avoir pu en réchapper.
— On peut la sauver ?

Sa mère eut un instant faux de réflexion, mais qui était bien assez convaincant pour tromper une enfant.
— Je pense oui. Mais seule une personne aussi jeune que cette fleur pourrait le faire. Et comme tu le sais, moi je suis bien trop vieille. Tu veux bien t’en charger à ma place ?

Luyana ouvrit de gros yeux devant le poids de la responsabilité qui lui incombait. Sauver une vie ! Elle se reprit pourtant, elle ne décevrait pas sa mère. Ni cette plante. Après un hochement de tête très solennel, elle se mit à genoux dans la terre juste en face de la petite chose fragile et ferma les yeux. Elle n’avait jamais réussi à faire ce que lui avait montré sa mère. Elle n’avait pourtant pas désespéré et continuait chaque jour à lui apprendre à ouvrir son esprit à la nature qui l’entourait.

Et sans le savoir, elle ouvrait son esprit à une part de l’imagination méconnue des hommes. A l’image des sculpteurs de branches ou des rêveurs, elle ouvrait la voie à quelque chose d’unique qui lui permettait de réaliser ce que nul autre ne pouvait faire. Luyana ressentait les arbres, le souffle du vent dans leurs branches, les animaux aux alentours qui se cachaient dans leur terrier ou qui au contraire osaient s’aventurer dehors pour chasser des graines pour l’hiver. Elle ressentait aussi la souffrance des plantes malades s’abreuvant à une mare infectée par un cadavre non loin ou encore le bonheur qu’elles pouvaient éprouver quand le soleil leur offrait ses rayons dorés et gorgés de vie. Elle ressentait les plantes et les animaux alentours, comme si chaque être vivant était une partie du monde physique, mais également de l’Imagination dont elle avait accès. Elle ressentait la vie et la mort, la brutalité et la beauté de la nature. Un cycle aussi indispensable qu’enchanteur.

La faëlle laissa son esprit dériver pour trouver, dérouler, imaginer ou encore choisir un chemin qui convenait. Elle n’avait pas de verbe pour expliquer sa progression dans l’endroit où l’Imagination l’emmenait. Ni ne savait combien de temps elle avait mis, mais en ouvrant les yeux, elle aperçut sa mère lui offrir un sourire rayonnant. Au sol, la petite fleur s’était redressée. Sa tige réparée, elle se tenait maintenant droite et fière dans le vent. Dans les yeux de Luyana, scintillaient mille étoiles.
— Wah…  
— Tu vas devenir une grande gardienne, ma fille. Une magnifique fleur. Et nous t’apprendrons tout ce que nous savons du monde. Jusqu’à ses plus grands secrets…


 

Description Mentale


 
Les jours tranquilles passés au cœur de la forêt de Baraïl étaient bien loin désormais. L’insouciance de l’enfance avait laissé place aux responsabilités de la vie, mais toujours avec respect et admiration pour le monde qui l’accueillait en son sein. Quand elle repensait à ses jeunes années, Luyana souriait béatement comme un tournesol en plein zenith. Ses parents lui manquaient. Ils lui avaient appris tellement de choses durant ses vingts premières années. Et ils l’avaient aimé tellement.

Mais la vie l’avait appelée ailleurs, là où la forêt avait eu besoin d’elle. Depuis quelques années, elle s’occupait avec un bonheur sans pareil d’un endroit perdu aux frontières de l’empire des hommes. Un morceau de forêt sauvage, quelques terrains accidentés et un petit lac était désormais son domaine. Si elle croisait rarement des membres de son espèce, qui passaient quelques jours avec elle sans jamais s’attarder, elle n’avait jamais eu l’occasion de faire la connaissance d’humains. Ses seuls compagnons étaient donc les créatures qu’elle avait recueillis au fil de ses longues marches et qui s’étaient retrouvés en trop mauvais état pour survivre par eux même. Ainsi elle prenait sous son ailes les chats sauvages, renardeaux, chèvres égarés ou autres rongeurs et prédateurs. Si pour la plus part, ils rejoignaient la forêt au bout d’un certains temps, d’autres plus rares restaient à ses côtés. S’attachant à elle, ils l’accompagnaient dans chacun de ses déplacements, peu importe où Luyana se rendait. Et elle pouvait parcourir d’impressionnantes distances pour soigner la forêt malade grâce à son don. Rien ne pouvait l’empêcher d’atteindre ses objectifs quand elle décidait d’une marche à suivre, pas même les petits cris plaintifs des plus faibles qui se traînaient à l’arrière du groupe. Ce n’était pas de la cruauté, c’était la vie.

Luyana n’infligeait jamais de souffrances inutiles aux êtres vivants. Mais elle comprenait les forces qui régissaient le monde. La mort, la vie, la maladie, la naissance, le sang et la sève. Chaque être faisait parti d’un tout, d’un équilibre. La mort de ses compagnons n’avait rien de triste, elle permettrait d’aider les prochaines générations. Certaines choses devaient être laissées telle quelle. D’autres au contraire, pouvaient être changées et transformées. C’était sa compréhension du monde qui lui avait permis de développer son art divinatoire. De longues heures durant, elle pouvait étudier les signes de la nature environnante, qu’ils fussent dans la façon dont tombaient les gouttes d’une branche jusqu’à une flaque d’eau ou dans le mouvement des nuages soumis au vent. Elle arrivait à en tirer des tendances dans la toile du temps. Des idées ou même des détails, beaucoup plus fins. Elle prévoyait le temps qu’il faisait, mais ressentait également les troubles qui accaparaient le monde des hommes non loin. Ou simplement un oiseau tombé du nid à quelques kilomètres, gazouillant en appelant sa mère disparue.

L’univers s’offrait à elle. Et elle s’offrait à lui en retour, sans retenu. Parmi les rosiers dansant.    


 

Description Physique


 
Le torrent était glacé. Les neiges de la chaîne du Poll commençaient à fondre en ce début de printemps, grossissant les rivières et les ruisseaux dans un déchaînement presque jouissif. Luyana riait pourtant en plongeant son corps entier sous la surface pour remonter dans une gerbe d’eau, qui passait presque inaperçue dans les remous plus violent encore. N’importe quel humain aurait considéré comme de la folie de tremper un seul pied dans cet eau gelée au milieu des rochers meurtriers. Elle aurait pu à tout moment en percuter un et mourir noyée et inconsciente. La faëlle se jouait pourtant de prudence et évoluait parmi les eaux troubles à la manière d’une sirène. A côté d’elle, quelques chèvres suivait son aventure, bien au sec sur les berges. Cela faisait quelques minutes qu’elles descendaient le cours au rythme des éclats de rire de la faëlle et l’herbe était abondante ici. Aussi, c’est dans une danse presque joyeuse que le troupeau se mêlait au bonheur communicatif de Luyana, bondissant de pierre en pierre à la recherche du prochain coin de végétation goûteux.

Quand enfin elle fut sortit, c’est entièrement nue qu’elle accueillit ses compagnons. Mais au milieu des bois, loin de toute civilisation, il n’y avait personne pour le lui reprocher. Elle remonta donc la rivière sous les bêlement impatient. Sa peau noire séchant au soleil de midi dans une fraîcheur, qui après le passage du bain, avait des airs d’été. Plutôt fine, la faëlle était d’une taille standard pour sa race, mais assez petite pour celle des hommes. Elle arborait une poitrine plutôt mince, qui lui faisait souvent se dire qu’elle ne serait pas une bonne mère nourricière si l’occasion se présentait un jour. Sa chevelure était formée de longues dreads noires lui descendant jusqu’aux aisselles. Le manque de soin et de temps qu’elle était disposée à offrir à cette partie de son corps en avait résulté en une crinière rêche et sale qui lui correspondait totalement. Et ainsi trempée, il lui faudrait quelques heures pour sécher.

Luyana était attirante à sa propre façon. Petite et fine, elle donnait une impression de fragilité que son regard sauvage démentait pourtant avec succès. Telle une rose aux épines acérées, elle appelait à elle par son charme ensorcelant et son authenticité. Luyana avait confiance en elle et savait ce qu’elle faisait. Elle dégageait une aura mystérieuse de connaissances bien gardés et s’attirait très facilement la confiance des animaux, si ce n’était la ferveur, qui voyait souvent en elle plus qu’une mère. Une reine peut être.

Un voile sombre dans le ciel attira son attention alors qu’elle finissait de s’habiller. Ses vêtements lui venaient de ses rares rencontres avec son peuple. Elle récupérait des habits usés pour en faire de longues robes descendant jusqu’au sol et travaillait le bois pour en faire des bijoux de toute sorte. Elle se parait également de métaux brillant et clinquant dans un style propre aux bohémiens de l’autre monde. Quand elle n’était pas nue, c’était donc sous une couche impressionnantes de bracelets, colliers, bagues et boucle d’oreille que Luyana se sentait bien et elle même. Chaque objet avait sa signification et son temps. Chacun correspondait à une pensée, une idée ou un souvenir qui lui était cher. Et dont elle ne voulait jamais se séparer.

Tout cet attirail était une partie d’elle même, dont elle aurait pourtant aimé se débarrasser aujourd’hui. Alors qu’elle courait vers la fumée noire qui s’élevait de sa forêt, elle se prenait sans cesse les pieds dans sa robe et tombait à la renverse, ne se rattrapant parfois qu’inextrémis. Ses bijoux, si nombreux sur ses avant bras qu’ils devenaient un poids pour sa faible constitution, se brisaient à chacune de ses chutes et ses mains se paraient de milles coupures. Mais elle ne pouvait pas s’arrêter. Pas quand sa maison brûlait avec tous ses habitants à l’intérieur. Les animaux fuyaient vers l’endroit d’où elle venait, les sangliers manquant de la blesser dans leur passage. Et réussissant même parfois. Le bois d’un cerf lui laissa une entaille profonde sur un flanc, si douloureuse qu’elle dut s’arrêter. Le liquide écarlate et chaud coulant sur sa robe et le long de ses jambes. Son corps se souviendrait encore longtemps des blessures que lui avait infligé les animaux affolés, la piétinant presque sans s’en rendre compte. Mais elle refusait d’abandonner.

Le feu continuait de se propager avec une vitesse affolante. Elle n’arrivait pas à comprendre pourquoi elle n’avait rien vu dans les signes. Pourquoi toutes ces années se réduisaient en cendre aussi facilement alors que cela faisait tant de temps qu’elle les protégeait. Elle ressentait la mort et la souffrance de tant d’être vivant que son cœur se brisait dans sa poitrine. Tout en elle lui criait que ce n’était pas normal. Que ces flammes n’auraient jamais du voir le jour. Mais quelque chose était arrivé. Quelque chose de sombre et malveillant… En pleurs, elle arriva devant l’orée de l’incendie. La chaleur atroce lui léchait le visage alors même qu’elle se tenait à des dizaines de mètres de la frontière. Tout au delà n’était que brasier incandescent. Sa maison était perdue. Même avec tous les pouvoirs du monde, elle ne pourrait rien faire pour la sauver.

Elle s’effondra, les larmes coulant sur ses joues pour s’évaporer presque aussitôt, enserrant ses genoux contre sa poitrine.
La silhouette recroquevillée se laissa lentement mourir.  
Il ne lui restait plus rien à faire en ce monde.


 

Histoire


 
8 ans plus tard


La pièce était éclairée d’une lumière diffuse et tamisée, alors même que la nuit avait posé sa chape d’ombre sur le monde depuis quelques heures. Le scintillement des étoiles perçait difficilement au travers des fenêtres de la serre embuée et les quelques bougies disposées ça et là offraient une ambiance particulièrement calme et reposante. De part et d’autres étaient disposées de multiples étagères remplies de pots et des bacs de terre. Le tout était occupé par un nombre impressionnant de plantes aussi diverses qu’exotiques. Dans la moiteur ambiante, un corbeau noir se posa sur le rebord d’une petite fenêtre ouverte.

Habilement, il passa à l’intérieur pour se poser sur une table au milieu de la végétation. Après avoir picoré quelques graines, il releva le bec pour observer la pièce. La bâtisse était entièrement silencieuse et vide. Une oreille fine pouvait cependant distinguer de légers bruits dans une pièce à côté. Grattement, plissement, souffles indistincts. Dans un coin de la serre, des vêtements de femmes étaient disposés sur une chaise. Une longue robe dépareillée aux tons rouge ainsi qu’une petite montagne de bijoux. L’oiseau s’en rapprocha par petit bond, ses petits yeux noirs brillant dans la pénombre. Après un moment, les traits du corbeau ondulèrent puis s’effacèrent pour dévoiler une faëlle mince aux longues dreads. Entièrement nue, Luyana s’étira et quitta son perchoir, la table, pour retrouver le sol sous ses pieds. Sa sortie l’avait revigorée et apaisée. Elle était ravie d’avoir eu le temps de s’autoriser ce petit plaisir, beaucoup trop rare ces derniers mois. Le travail passait avant son plaisir. Et si elle restait absente trop longtemps, on risquait de découvrir son secret. Enfin… Un de ses secrets.

La Faëlle alluma quelques bougies disposées sur un chandelier pour y voir un peu plus clair et entreprit de s’habiller. Ses vêtements portaient des douces effluves florales qui finirent de la ravir. Et après avoir placé tous ses cliquetant accessoires autour de son cou et de ses bras, elle parcourut la pièce. Évitant les feuilles imposantes, les épines sournoises ou encore les lianes téméraires avec une grâce dansante. Sa longue robe rabibochée et colorée se frayait un chemin avec aisance sous ses mouvements assurés et connaisseurs jusqu’à une vigne s’élevant un peu plus haute que les autres. Se penchant, elle riva son regard cerné de noir sur les trois petits oisillons encore endormis dans le nid. La branche enserrait ce dernier comme si elle avait été grandit dans l’unique but de recueillir ces égarés. D’un souffle chaud sur leurs ailes informes, elle tenta de les réveiller.
— Bonjour mes chéris, il est temps de se nourrir...

Comme une formule magique, les petits êtres ouvrirent les yeux en frétillant avant de se mettre à piailler de façon stridente. La Faëlle ne put retenir un léger rire et sa voix de velours fissura à nouveau la pièce calme :
— Doucement, doucement. Comme vous êtes impatients ce soir.

D’une main, elle détacha la petite gourde à sa hanche, au milieu de tout un tas d’autres aux contenus connus d’elle seule. En approchant, de petites gouttes d’eau sucrée tombèrent dans le bec de chacun et eurent pour effet de calmer leur piaillement incessant. Un autre mouvement de main à sa ceinture découvrit une boite où se cachaient de petites larves grouillantes. Quelques secondes plus tard, les oiseaux repus s’endormirent à nouveau.

Luyana les observa quelques instants, ses souvenirs voyageant loin dans son passé et les premières fois où son père lui avait montré comment s’occuper des oiseaux tombés du nid. Sa façon de leur parler, de comprendre leur attentes, de les aider à s’envoler, d’offrir à chaque être qui croisait leur route et de recevoir en retour leurs dons, quel qu’ils soient.

« Le monde est un tout. Manquer de respect à une seule chose, c’est manquer de respect à l’ensemble de la nature. Être le tuteur des êtres vivants est la raison d’être des gens comme nous. Les Faël, les humains, les thuls et d’autres encore. Mais bien souvent, nous oublions notre rôle au monde, à l’Imagination. Tu es plus grande que tu ne le crois, Luyana et beaucoup plus petite que tu ne pourras jamais l’imaginer. »

Elle avait mis du temps avant de comprendre le sens de ces paroles. Qui liait toute chose. Mais quand enfin les mots avaient percés les frontières de son esprit, l’univers s’était offert à elle, littéralement. Comme un entrelacs de fil sur une pelote de laine, si l’on réussissait à le dérouler de la bonne manière, il était possible d’atteindre une connaissance sans mesure. Ses parents lui avaient appris à maintenir cette boule en main assez longtemps pour en démêler les secrets, à la manipuler avec les précautions nécessaire, à la caresser avec assez de tendresse pour lui faire ouvrir son écorce.

L’enfant de Vie. C’était ainsi que ses parents l’appelaient pour qualifier ses dons. Autant de voyance que de nature. Elle n’avait cessé depuis lors de s’ouvrir au monde et à ses forces, à l’image d’une fleur dans la rosée du matin. Elle prenait ses bien faits pour grandir encore plus belle et colorée que la veille. Du moins jusqu’au jour de l’incendie. Le jour où sa vie avait basculé à tout jamais.

Des petits bruits feutrés la tirèrent de ses pensées. En se retournant, elle aperçut la silhouette de Mystine dans la pénombre. Le renard roux la rejoignit avec légèreté, glissant sur le sol comme une ombre. Il tourna une fois autour de ses chevilles, se frottant contre sa robe usée avant de lever la tête vers la faëlle.
— Notre invité est donc arrivé ?

L’animal se lécha les babines avant de donner un coup de tête vers le sol, puis sa fourrure de feu disparut vers la sortie aussi discrètement qu’à sa venue. Pile à l’heure. Luyana se redressa pour se diriger vers un tiroir dans un meuble de bois. Elle en sortit une petite poche de cuir boursouflée qu’elle plaça à sa ceinture. Puis en rajustant ses longues mèches autour de son visage sombre, quitta la pièce vers l’avant de la boutique d’un pas léger.

Un amoncellement d’objet impressionnant se battaient en duel avec diverses cages de bambous et vitrines dans lesquels dormaient une grande variété d’animaux. Araignées, serpents, scorpions, lézards et chuchoteurs côtoyaient grigris, attrape rêve, armes, bijoux et talismans de bois de sa propre conception, dans le plus grand chaos. Des collections de livres formaient des colonnes montant parfois jusqu’au plafond et les étagères étaient remplies de bocaux et de fioles aux liquides mystérieux. La pièce oscillait entre un musée aux bizarreries et la cabane d’une sorcière comme pouvait si bien décrire les contes pour enfant. Il y régnait pourtant une fraîcheur étrange, comme la nuit s’infiltrait dans la maison sans soucier des murs qui l’entourait.

Au milieu de l’échoppe désordonnée, se tenait un homme aux riches apparats et au ventre rebondi. Il observait autour de lui avec inquiétude et méfiance, semblant vérifier que les bêtes venimeuses étaient toutes bien à leur place. Il paraissait sur le point d’abandonner et de faire demi-tour, quand dans la pénombre, il remarqua un léger croissant de lune grisé et flottant dans l’air. Celui-ci s’élargit en venant à sa rencontre. Dans l’obscurité, il discerna enfin la femme arborant ce sourire, s’arrêter en face de lui. Les lumières s’allumèrent dans la pièce, mais l’homme était beaucoup trop absorbé par la beauté sauvage qui lui faisait face pour se rendre compte du petit singe qui passait de bougie en lampe à huile. La Faëlle bien que d’un aspect à l’hygiène négligé, rayonnait d’un charme qu’il avait rarement pu observer chez quiconque. Ses larges mèches de cheveux noirs emmêlées entouraient son visage sombre avec grâce. Ses vêtements étaient un rafistolage de couleur et de tissus débordant de fioritures qui laissaient une impression de fouillis pourtant harmonieux et travaillé. Quant à sa manière de bouger, elle rappelait inlassablement un rosier s’étendant, tout en ondulation et aux bourgeons hypnotiques.
— Bonsoir, seigneur Vil’Enam. En quoi puis-je vous hêtre utile ?

L’homme frissonna malgré lui. Sa voix et son accent marqué avait réussi à percer sa retenue, mais tout en la caressant avec une douceur presque indécente. C’était comme succomber au baiser d’une autre femme. Sa raison lui enjoignait de partir, mais ses sens en éveil ne pouvaient que rester pour observer cette curiosité. Avec l’envie de se jeter dans la gueule du loup dans une délectation coupable. Son visage était relevé, il lui fallut quelques secondes pour reprendre contenance sous le regard impitoyable et amusé de la Faëlle.
— Notre contact commun m’a demandé de passer ce soir pour ce dont nous avons convenu.

Malgré le trouble qui l’assaillait, le seigneur s’exprimait sans hésitation et réussissait à garder contenance. Une qualité qu’apprécia discrètement Luyana.

— Bien sûr, votre commande est prête, lui annonça-elle en hochant lentement la tête. Vous havez de quoi subvenir à votre demande ?

L’homme approuva d’un signe de tête avant de plonger sa main au fond d’une poche pour en ressortir une bourse qu’elle devina pleine de douceurs. Il lui tendit, restant à bonne distance de la créature tout droit sorti d’un conte. Sorol, le singe, grimpa sur une commode proche et vint lui chiper son bien pour l’amener à sa maîtresse. Elle fit éclore sa main pour récolter quelques pièces triangulaires afin d’en vérifier le contenu puis déposa le tout sur une vitrine juste à côté. A son tour, elle approuva et lui tendit l’escarcelle de cuir qu’elle avait pris un peu plus tôt, mais sans la relâcher.
— Votre prix m’intéresse, mais il est d’une chose plus précieuse encore que je recherche…

Une lueur intriguée chez l’homme répondit à celle, mystérieuse, de sa compagne.
— Que voulez-vous, exactement ?
— J’ai entendu dire que vous haviez quelques informations qui me serait hutile concernant une certaine guilde appréciant l’ombre protectrice.

Et alors que le primate grimpait sur l’épaule de Luyana en s’accrochant à sa chevelure pour se planter sur son épaule, le seigneur resta silencieux un moment, jaugeant la demande particulière. On lui avait affirmé que la Faëlle qui vivait là disposait d’un commerce tout à fait extraordinaire. Et depuis son premier pas dans cet antre hors du temps, rien n’avait pu le contredire. Mais une Faëlle douée d’un pouvoir étrange et de dons de divinations pouvait-elle suffire à ce qu’il baisse sa garde et dévoile certains secrets ? Dans quelle mesure les informations qu’il pourrait révéler pourrait lui porter préjudice si cela venait à se savoir ? Il retournait les questions au rythme de son regard qui ne cessait d’aller et venir entre la femme et l’objet qu’elle lui tendait à moitié. Il ne pouvait cesser de la dévorer des yeux, aussi séduisante qu’intrigante. Dans quelle enjôleuse d’Hulm s’était il fait le prisonnier… Son maquillage noir faisait ressortir ses yeux si vivant alors que ces lèvres de charbon l’appelait silencieusement. Il voulait qu’elles s’ouvrent pour lui, que sa voix résonne au rythme des mouvements de sa chair, entrapercevoir sa langue rouge si prometteuse, comme un fruit prêt à être croqué. Il sentait la chaleur de son baiser, l’odeur de sa peau qui l’enivrait, sa douceur florale et pourtant impartialement violente. La loi de la jungle. Il était prêt à s’y laisser perdre pour un baiser. Une douceur de sa part. Rien qu’un mot. Un souffle…

________________________________

Quand le seigneur Vil’Enam passa la porte, le vent lui claqua au visage. Le monde reprit ses couleurs sombres et froides. La fadeur s’imposa à lui avec la déception d’un amoureux transi, éconduit. Sa rencontre lui laissait un goût qu’il n’aurait su décrire. A la fois heureux et frustré. Mais l’idée d’avoir fait le bon choix s’imposa à lui en tâtant la bourse que la Faëlle lui avait remis. Les choses que vendait la sorcière avait des pouvoirs disait-on. Des pouvoirs qu’on  ne pouvait trouver nul part ailleurs et capables de merveilles. Avec ces petits sachets d’herbe, elle lui avait assuré la venue prochaine d’un héritier mâle, s’il les consommait. Sa famille était dans une position précaire et son nom ne serait bientôt plus qu’un souvenir. Si c’était vrai. Si elle lui donnait réellement un héritier... Il s’était fait une alliée de taille ce soir et il serait prêt à la protéger coûte que coûte. Cette femme serait son premier jalon sur la voie de la renommée. Il en était certain. Mais il aurait cependant aimé avoir pu s’approcher d’elle…

En se retournant à demi pour observer Luyana dans l’encadrement, sa silhouette était différente. Plantée au milieu de la salle, ses membres de ronces s’enfonçaient dans un entrelacs d’épines au parquet de la maison, tournoyant lentement, grandissant. Des boutons de roses naissaient et s’ouvraient en lieu et place de ses longs cheveux rêches et son visage d’écorce le fixait avec un sourire malicieux et impénétrable. Le rosier épineux semblait aussi attirant qu’inquiétant. Il appelait et mettait en garde, envoûtait et sifflait d’un air menaçant. Hypnotique. Mais un battement de cil plus tard fit apparaître la belle et droite faëlle à sa place. Elle lui offrit un léger et gracieux signe de main avant de se détourner. Le petit singe vint alors refermer la porte derrière lui, le laissant seul avec le monde. Interdit, il resta planté un long moment devant la bâtisse de bois aussi mystérieuse que sa propriétaire, perdu dans ses interrogations. Il se détourna finalement pour rentrer chez lui. Il y avait des choses en ce monde dont il ne valait mieux pas percer les secrets.

Une philosophie de vie que ne partageait pas Luyana…



Dernière édition par Luyana Nokomis le Mar 23 Mai 2017 - 17:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Luyana, faëlle de vie. Lun 22 Mai 2017 - 18:48

Re-bienvenue à toi :)

J'aime trop ta fiche :)
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MessageSujet: Re: Luyana, faëlle de vie. Lun 22 Mai 2017 - 19:30

Mais quelle surprise :D personne ne s'y attendait

Je suis bluffé par ta fiche, ton personnage est vraiment intéressant, mystérieux avec une histoire profonde mais comportant des zones d'ombre. De plus ton style d'écriture est super plaisant à lire. J'adore !

Pour ma part je ne vois rien à y redire, tant sur le fond que sur la forme, mais on va tout de même attendre l'accord de notre grande admine Myya ;)

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MessageSujet: Re: Luyana, faëlle de vie. Lun 22 Mai 2017 - 22:23

Hello! Re bienvenue j'en connais une qui va être contente ;)

En tous super ta fiche, hâte de croiser cette demoiselle en rp!
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Sexe et âge:
Aptitudes:
MessageSujet: Re: Luyana, faëlle de vie. Lun 22 Mai 2017 - 23:31

Superbe fiche...

Bienvenue

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"Je ne trouve pas ça stupide.
Vous avez toujours l'air de vous attendre quelque part.
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MessageSujet: Re: Luyana, faëlle de vie. Mar 23 Mai 2017 - 17:02

Eh bien merci à tous pour vos messages. C'est motivant pour continuer de la même façon ! :)
En tout cas, c'était un plaisir à créer ce personnage. Et il promet beaucoup de choses pour la suite.
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MessageSujet: Re: Luyana, faëlle de vie. Ven 26 Mai 2017 - 10:09

Hello hello :P

Bon faisons fi des banalités et passons aux choses sérieuses ... J'adoooooore ta fiche

Outre que ce soit une Faëlle (qui soit dit en passant double notre effectif de guilde enfin, à moitié ... nous seront désormais 3 xD) ta fiche est passionnante. Une façon d'écrire extrêmement intéressante, pleine de secrets et à la fois très complète.

Personnellement je n'ai rien à redire, si ce n'est que je veux savoir ce qu'il s'est passé après l'incendie

Non, honnêtement cela me va, et comme dit j'ai déjà eu l'occasion de la lire donc, rien à signaler pour moi. Tu expliques correctement ton Don et compagnie.s

Juste une question, dans tes aptitudes au niveau du profil tu te dis métamorphe et dans l'histoire on comprend que tu peux te transformer en corbeau. C'est un mystère, du coup je me demandais si tu comptais expliquer l'origine de ce don dans un futur RP ou pas? Car si tu préfères le garder secret tout du long, j'aimerais quand même que tu nous explique certaines choses, genre une petite partie avec la première fois où tu te transforme.

Bref, maintenant si tu as prévu une explication plus tard je pourrais te valider sans problème ^^
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MessageSujet: Re: Luyana, faëlle de vie. Lun 29 Mai 2017 - 11:34

Bon du coup tu es validé suite à ton MP où j'ai pu avoir de nombreux détails concernant ton personnage et son état de métamorphe.

Si à l'avenir, l'idée de RP solo s'éloigne de ton esprit, je te demanderais alors soit de le rajouter dans ta fiche soit de mettre un coin spécial dans ta chronique pour ceci ^^

Sur ce, re bienvenue et profite de ce second personnage ;)
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MessageSujet: Re: Luyana, faëlle de vie. Lun 29 Mai 2017 - 11:44

Eh nous aussi on veut les informations secrètes concernant Luyana :o (ça sent la corruption de validation à plein nez !)

Re bienvenue à toi et profite bien de ton nouveau personnage :)

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MessageSujet: Re: Luyana, faëlle de vie. Lun 29 Mai 2017 - 11:53

Disons que je ne veux pas gâcher la possibilité d'un RP solo xD Et au pire, s'il me trompe, je te laisserais sortir le fouet haha
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MessageSujet: Re: Luyana, faëlle de vie. Lun 29 Mai 2017 - 13:14

Eh bien merci ! :D
Et non, je ne vous tromperai point, mes amis !

A nous le monde, ma chère faëlle.
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Luyana, faëlle de vie.

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