Le Monde d'Ewilan
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Quête événementielle : À la croisée des Abysses !

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MessageSujet: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Ven 7 Juil 2017 - 23:12



Vendredi 7 juillet - 01h34
Été CC+5
Rue d’Al-Chen


Dans la nuit noire une silhouette apparut dans l’encadrement d’une porte. Malgré la pluie et le grondement du tonnerre, on pouvait entendre des rires et des chants à travers la lumière.
Claquement, la porte se referma sur elle-même. Dans les ténèbres de la nuit un homme s’avança.

Âgé d’une cinquantaine d’année, Emerik Aïlya essayait avec peine de s’avancer dans la rue. L’eau atteignait ses genoux. Avec difficulté, il parvint à traverser trois mètres puis s’arrêta à court de souffle.
Il soupira. Voici plus d’un mois que le climat était désastreux. Depuis une petite semaine plus aucun habitant de la ville ne se risquait dehors. Mais étrangement, de tout Gwendalavir, seule Al-Chen était touchée. Depuis trente jours, aucun rayon de soleil n’avait traversé les sombres nuages qui plongeaient la ville portuaire dans l’obscurité.
Lui, simple tavernier, perdait tout profit à son commerce. Plus aucun touriste ne se risquait par ici, il songeait même à fermer l’échoppe.
Les rues étaient inondées, encore quelques mètres et le Lac Chen engloberait toute la ville. C’était uniquement grâce aux pouvoirs des Dessinateurs que le lac ne débordait pas. Mais les Dessinateurs d’Al-Chen étaient peu nombreux, dans très peu de temps ils succomberaient à la fatigue. Et quand ce moment arriverait, que la Dame leur vienne en aide !
Toute une partie de la ville était déjà condamnée, notamment le port. Il avait été évacué et seuls les Dessinateurs y avaient accès.
Le seigneur de la ville avait été jusqu’à faire quérir de l’aide à Al-Jeit, d’où l'Empereur avait alors envoyé un groupe de l’Académie, guidé par les Sentinelles. Des rumeurs couraient sur la présence même d’Ewilan Gil’Sayan.
Tout en continuant de « nager » vers le bâtiment opposé, le regard d’Emerik se tourna vers la ruelle longeant son établissement. Un mouvement avait attiré son attention. Soucieux, il plissa les yeux, tentant de découvrir ce qui pouvait bien avoir produit ces remous dans l’eau. Il était sûr d’avoir aperçu un être, une forme humanoïde se dessiner dans la pénombre. Inquiet, il tenta d’interpeller la personne. Malgré le temps peu enclin aux sorties, on rencontrait de drôles de gens dans les rues.

« Qui va-là ? »


Mais aucune réponse ne lui parvient. Au bout de quelques minutes, Emerik continua son chemin. Avec plus d’ardeur cette fois-ci. La chose qu’il avait perçue n’était pas humaine, il en était certain. De plus, il avait la désagréable sensation d’être épié. Ce fut dans la peur qu’il chercha à rentrer chez lui…

Au coin de la ruelle, deux lueurs turquoise fixaient l’homme pénétrer dans le bâtiment. Dans l’ombre, la chose se laissa couler.
Son heure n’était pas encore venue...

***

Vendredi 7 juillet - 14h07
Été CC+5
Al-Chen
Palais du Seigneur de la Ville


Regardant les rapports des Dessinateurs, la lettre de l'Empereur, ainsi que les conclusions scientifiques, l’homme tomba sur son siège. Il passa une main dans ses cheveux, se frotta les yeux puis une fois encore il se pencha vers les documents qui s’étalaient devant lui.
Aeor Jil’Fay ferma les yeux. De tous les papiers sur la table, aucun n’apportait de bonnes nouvelles. Aucune explication n’avait été trouvée concernant la bulle climatique dans laquelle sa ville se trouvait.
Et comme si ce n’était pas assez, Maître Ilys lui faisait part de son inquiétude, lui confiant que ses Dessinateurs ne pourraient bientôt plus tenir la digue. Aeor envisageait déjà la catastrophe, ne sachant que trop bien que dans quelques jours le barrage se romprait, et qu’à ce moment-là, il ne faudrait pas compter quelques heures avant l’inondation complète de la ville.
L’aide que le seigneur de la ville avait fait quérir à Al-Jeit n’allait pas tarder à arriver, mais l'Empereur ne pouvait pas lui faire parvenir plus d’une vingtaine de Dessinateurs. Les attaques Raïs dans le Nord, ainsi que les massacres des villages côtiers au Sud ne pouvaient leur permettre de faire déplacer de trop importantes troupes de Dessinateurs.
Messire Jil’Fay se sentait submergé, mais il fallait qu’il agisse sinon la ville serait perdue. Pourtant il ne savait comment faire.
Il regarda à travers la fenêtre : toujours le même temps lugubre, une pluie torrentielle qui ne s’arrêtait jamais, des nuages qui englobaient la ville entière et le tonnerre qui rugissait. Al-Chen était-elle perdue ? Cela servait-il encore de se battre ?

« Amenez-moi Fuyil »

Dans l’ombre un serviteur partit chercher l’intendant. Quelques minutes plus tard, la porte s’ouvrit dans un fracas et un homme entra essoufflé.

«  Messire ... »
«  Fuyil sonnez l’évacuation de la ville ! »
«  MESSIRE !!!! »

Aoer Jil’Fay se tourna vers son employé, s’interrogeant sur la raison de ce cri.

«  Messire, le ciel ! »
« Quoi le ciel ? »
« La ville est englobée, un dôme s’est formé »
« Mais qu’est-ce que ... »

En trombe il sortit sur son balcon. Les yeux écarquillés de peur, il regarda autour de lui. Les nuages s’étaient dispersés, laissant seul le centre de la ville dans la brume. La pluie avait cessée, mais surtout, il y avait cette paroi transparente qui montait dans le ciel. Il tourna sur lui-même et constata que toute la ville était encerclée. Les nuages noirs, oppressants, se collaient contre le dôme qui venait de se former autour de la ville.
Il leva les yeux. La pluie avait cessé mais aucun rayon de soleil ne paraissait, il faisait toujours aussi sombre. Mais ce n’était pas le temps qui lui faisait peur. Non ce qui l’effrayait plus que tout autre chose c’était cette barrière de nuages qui avait pris forme autour de la cité : Al-Chen était enfermée à l'intérieure d’une immense bulle.

« Que..? »

« Nous n’avons aucune idée de ce que cela pourrait être Seigneur. Maître Ilys est stupéfait, les Dessinateurs sont plongés dans le noir ! »
« Dans le noir ? »
« L'Imagination messire, elle est inaccessible... » chuchota Fuyil d’une voix tremblante dans laquelle on ressentait la frayeur.

Terrorisé, Aeor Jil’Fay se plongea dans les Spires car lui aussi possédait le Don. Certes faible, mais les basses Spires lui permettaient parfois de créer de petits Dessins. Alors, il ouvrit la porte de l'Imagination mais s’en retrouva immédiatement éjecté.

« Par le sang des Figées ? Que se passe-t-il ? »

« Le dôme est apparu il y a une heure environ, les Dessinateurs se sont retrouvés éjectés des Spires alors qu’il contenait le Lac. Mais ce n’est pas tout … »
« Faites immédiatement évacuer la ville, envoyez un émissaire à Al-Jeit de tout urgence, que l’Empereur soit prévenu ! »
« MAIS C’EST IMPOSSIBLE MESSIRE !  Nous sommes pris au piège. La paroi qui constitue le dôme, elle est invisible mais indestructible. Nous ne pouvons ni entrer, ni sortir... »
« Enfermés comme des bêtes, hum ? »
« Que faisons-nous monsieur ? »

S’accoudant contre la rambarde, Aeor fixa la barrière de nuage.

« Rien, l’aide devra venir de l’extérieur. Prions juste pour que le lac ne déborde pas et surtout que rien d’autre d’anormal ne nous arrive... »



***


Samedi 8 juillet - 00h03
Été CC+5
Al-Chen


En premier le Dôme.
En second l’Imagination.
En troisième Eux !

Alors que la panique était à son comble, ils étaient apparus de nul part. Au début seulement quelques-uns, puis peu à peu ils se multiplièrent.
On les nomma d’abord les Mangeurs d’eau, car après avoir pris forme, ils absorbaient de la surface liquide aux alentours. Les êtres, entièrement constitués d’eau, ne mesuraient pas plus d’un mètre. Mais ne faisant qu’un avec l’élément naturel qu’était l’eau, ils avaient la capacité de se constituer à n’importe quel endroit où il se trouvait une surface liquide. Fusionnant avec celle-ci, ils se déplaçaient où bon leur semblait tant qu’il y avait de l’eau. Les rues de la ville étaient leur terrain de jeu.

Inoffensifs au départ, ils ne faisaient qu’observer avec leurs grands yeux turquoise. Mais rapidement ils devinrent agressifs.
Les premières attaques ne comptaient pas de bilan humain, de simples blessures pour les personnes se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment. Mais peu à peu, ils se mirent à suivre les habitants le long des rues, invisibles et pourtant présents, ils commencèrent à se montrer hostiles.
Ce ne fut qu’une question d’heures avant les premières victimes.
Hypnotisantes, les créatures se déplaçaient jusqu’à leur cible, se fondant dans l’eau elles encerclaient les personnes, puis formant un tourbillon autour d’elles, elles les entrainaient dans les profondeurs pour les noyer lentement.
Leur constitution les rendait invulnérable, et le Dessin étant inaccessible, aucune arme ne pouvait les blesser. Au mieux elles pénétraient leur carapace d’eau pour se figer à l’intérieur, au pire elles ne faisaient que les traverser.

Puis un historien se souvint d’une légende, une légende parlant d’êtres d’eau invulnérables appelés les Nérosiens. Des êtres cruels noyant leurs victimes pour, selon ses dires, « aspirer leurs âmes ».
À partir de ce moment ils adoptèrent donc le nom de Nérosiens.
De ce fait, la population déjà effrayée devint terrorisée.

Alors Al-Chen devint une arène.
Pour ceux à l’intérieur de la ville, il ne restait qu’une option : survivre.
Pour ceux de l’extérieur qu’un seul et unique but : entrer.
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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Mar 11 Juil 2017 - 16:08

Parfois, il y a des jours où l'on regrette de s’être levé. Des jours où tout va de travers. Des jours où toutes les catastrophes du monde nous tombent dessus, et au lieu d’aller se recoucher pour tenter d’oublier cette terrible journée, on hausse les épaules en se disant qu’avec toute cette malchance, on ne peut rien avoir de pire, que la chance finit par tourner. Et c’est à cet instant qu’une galère surgit, vous prouvant que vous aviez tort, et que la journée est loin d’être finie.


Telle était la journée de Navid Sil’Afian, empereur de Gwendalavir.



Tout allait de travers en cette journée qui, pour marquer le coup, était particulièrement pluvieuse et morne. Les péripéties qui lui étaient arrivées jusqu’à cet instant présent n’étaient qu’une mise en bouche, était-il en train de réaliser. Tout venait de s'écrouler, avec la certitude d’avoir touché le fond, après qu'un conseiller menu et échevelé ait pénétré dans la salle du conseil en hurlant « Al-Chen a disparue ! ».
La réunion en cours, bien que particulièrement importante puisqu’elle avait attrait aux attaques des villes côtières au Sud de l’Empire, prit immédiatement fin dans un vent de panique, après que chacun ait digéré comme il pouvait l’information.
Le monde devait être devenu fou.
Il n’y avait d’autre possibilité. L’empereur se ressaisit alors que ses conseillers étaient déjà sur leurs pieds, prêts à se précipiter vers on ne savait trop où puisqu’Al-Chen n’était pas visible depuis la capitale, mais qu’importait, la panique régnait et chacun désirait partir en courant et avertir sa famille. La voix du souverain tonna dans l’air, comme un ordre impétueux.

-Messieurs ! Et mesdames, ajouta-t-il en direction des deux seules femmes qui travaillaient à ses côtés. Al-Chen n’est pas de votre ressort, si vous êtes ici aujourd’hui, c’est pour discuter des attaques des Pirates Alines sur nos terres. Pour trouver un moyen de leur barrer le chemin et évincer toute menace supplémentaire qui serait issue des Mercenaires du Chaos.


Sa voix était toute aussi grave que le sujet abordé. Cette réunion avait lieu presque tous les deux jours, faisant à chaque fois des comptes-rendus des mesures appliquées et des observations faites par les sentinelles dépêchées surplace. Et aujourd’hui était un jour de deuil puisqu’une ville, avait été attaquée et, elle aussi, rasée. Réduite en cendres.
Les attaques étaient espacées, mais d’une violence inouïe et exécutées avec une rapidité sidérante. Un réseau de Dessinateurs-guetteurs avait été mis en place afin de réagir le plus rapidement possible dès qu’une ville semblait assiégée. Mais cela n’avait pas suffi. Les Dessinateurs envoyés par l’empereur, accompagnés par quelques légionnaires, avaient pu sauver des vies, mais pas toutes. C’était encourageant, disaient les conseillers, car leur technique leur permettait de sauver des innocents et l'empire leur témoignait son soutien, mais pour l’empereur c’était loin d’être suffisent.

-Je vous laisse continuer la réunion sans moi, les idées énoncées en début de réunion me semblent prometteuses, je vous fais donc confiance pour réussir à établir de nouveaux plans afin de rendre notre empire plus sûr.

L’empereur était début alors que ses conseillers étaient désormais assis autour de la longue table, le visage baissé, probablement honteux d’avoir oublié leur mission principale.
Le regard habituellement chaleureux de l’empereur balaya chacun de ces visages les yeux légèrement plissés, agacé par les évènements qui ne cessaient de surgir. Il les salua d’un bref mouvement de la tête après les avoir informés qu’il prendrait connaissance des nouvelles mesures le soir même.
Sil’Afian sortit de la pièce, de sa démarche altière et régulée, bien qu’il ait envie de précipiter pour obtenir plus d’informations et de secouer comme un prunier ce conseiller idiot qui avait ainsi interrompu sa réunion. Peut-être devrait-il rappeler à tous que lorsqu’on possède le pouvoir, ou qu’on s’y frotte, il faut savoir garder son calme en toutes circonstances. Un pas de travers et c’est la fin de votre carrière. Alors ouvrir avec fracs des portes et courir jusqu’à l’empereur pour hurler que c’est la fin du monde, c’est l’exemple même de choses à éviter.

Les deux hommes se dirigèrent vers une salle non loin, qui offrait une vue imprenable sur les jardins impériaux. Ses murs étaient recouverts de tapisseries qui contaient différentes histoires, toutes relatives aux successifs empereurs Alaviriens. La pièce, initialement assez exiguë, accueillait avec difficulté une table ronde et quelques meubles en bois finement sculptés, l’était encore plus maintenant qu’une dizaine de personnes s’y trouvaient.

C’était le signe d’une catastrophe imminente. Surtout lorsqu’il voyait les visages anxieux, voir paniqués ou atterrés des hommes et femmes qui se trouvaient dans cette pièce. L’empereur sentit la migraine pointer et soupira avant de se jeter dans l’arène.
Les informations lui arrivèrent rapidement, les Sentinelles avaient été parmi les premiers à être au courant et lui firent un rapport complet et détaillé. La ville d’Al-Chen se trouvait sous une sorte de cloche, ou de dôme, opaque. Il était impossible de franchir cette barrière ou de savoir ce qu’il se passait derrière. Et comme si ce n’était pas suffisant, le Dessin n’avait aucune emprise sur ce dôme, c’était comme s’il possédait la même propriété que les gommeurs. Il était donc impossible pour les Sentinelles d’effectuer le moindre pas sur le côté afin de se rendre à l’intérieur de la ville ou de tenter de Dessiner une ouverture sur ce dôme.



Telle était la situation, et l’empereur regretta une fois de plus de s’être levé.
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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Mar 11 Juil 2017 - 20:47



 
Elle savait qu’elle aurait du quitter Al-Chen dès le lendemain de son dîner avec Neleam. Dîner qui avait laissé la Chevalier soupçonneuse, ce qui déplaisait grandement à Killian. Car son âme balançait toujours et encore entre Lumière et Obscurité, entre Harmonie et Chaos, entre Marchombre et Mercenaire. En présence de Caym, ou même Viladra, elle se sentait Mercenaire. Mais une fois seule, les doutes l’assaillaient, et sa gentillesse naturelle revenait. Pourtant, son feu intérieur brûlait d’une flamme froide et mortelle. Elle s’était donc dit que rester quelques temps dans sa ville natale lui ferait du bien.
 
Elle avait eu tort.
 
Les pluies s’étaient abattues sans relâche sur la ville, l’empêchant de se ressourcer comme elle l’avait imaginé. Certes elle était à l’abri, mais elle se sentait enfermée et commençait à devenir folle à force de rester entre quatre murs.
 
Quand enfin la pluie avait cessé, elle s’était précipitée à l’extérieur, avait harnaché Taï’Dashar, et avait pris la direction de la sortie, l’étalon peinant à avancer tant la gadoue obstruait les rues. Il fallait dire aussi que le lac avait bien faillit déborder, mais l’aide de plusieurs Dessinateurs les avaient tous sauvés. Proche de la sortie, elle croisa un villageois paniqué qui la stoppa.
 
-La ville est prise au piège ! On ne peut pas sortir !
 
Killian fronça les sourcils.
 
-Comment ça ? Des débris obstruent la porte ? Ou la boue ?
 
Il fit non de la tête de façon énergique.
 
-Une paroi invisible nous en empêche ! Et apparemment elle entoure toute la ville ! On ne peut plus sortir ni voir ce qui se passe dehors !
 
Quoi ? Non ! Killian soupira, sentant la colère et la frustration l’envahir. Le ciel avait décidé de l’embêter ou quoi ?!
 
-Et d’où elle est venue cette paroi ?
 
-Aucune idée…
 
Il haussa les épaules et s’éloigna, perdu. Killian elle, poursuivit sa route, bien décidée à voir tout ça de ses propres yeux. Sur place se trouvait une petite foule assez bruyante, chacun voulant des réponses à ses questions. Mais personne ne répondait. Laissant son étalon plus loin, elle s’avança, se faufila dans une brèche, et se planta devant ce qui était normalement la porte de sortie. Elle était bien là, mais au lieu de donner sur la plaine de Gwendalavir, elle donnait sur un paysage blanc immaculé. S’approchant, elle tendit la main, sous les cris et les « oh » des gens. Elle posa la main contre. C’était lisse, tiède, et en toquant, elle constata que c’était épais et solide. Flûte.
 
-Les Dessinateurs ne peuvent pas briser cette paroi ? Y creuser un trou pour qu’on sorte ? S’exclama-t-elle, énervée.
 
Un soldat lui répondit :
 
-Ils n’y arrivent pas. Ils disent que l’Imagination leur est interdite.
 
Killian soupira. Super… rebroussant chemin, elle reprit son étalon et retourna vers l’auberge où elle logeait. Assise sur le lit, elle réfléchissait. Comment sortir ? Et à l’extérieur, étaient-ils au courant de leur situation ? Oh… ainsi privée de tout, la ville allait vite se retrouver à court de provisions. Les gens allaient laisser leur instinct de survie prendre le dessus, et voler, piller, détruire. Devait-elle se faire une réserve de denrées ? Prendre le risque qu’on la vole, qu’on la tue pour un peu de viande ? Killian hésitait. Elle savait se défendre, et tuer des innocents lui était moins difficile à présent, mais l’idée de devoir rester constamment éveillée l’insupportait. Elle aviserait au fur et à mesure. Pour le moment, elle avait encore des réserves.
 
Elle finit par ressortir et simplement errer dans les rues, ses bottes maculées de boue qu’elle lavait dans les flaques qu’elle croisait, sans se rendre compte que des yeux turquoise la suivaient dès qu’elle reprenait sa route. Elle avait peur oui, mais savait garder la tête froide. Elle devait trouver un moyen de sortir, et surtout de survivre. Peut-être y avait-il des connaissances en ville ? Ou des alliés potentiels ? En tout cas, elle doutait laisser son côté sombre ressurgir trop souvent. Elle avait besoin d’alliés, et en étant une Mercenaire, elle n’y arriverait pas.
 


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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Mer 12 Juil 2017 - 1:22





Quelle beauté... le blanc de ces nuages semblent plus pur, parfait, rêveurs..


Allongé sur le dos, sur le toit d'une chaumière et trempé jusqu'à l'os Kiriel tente de reprendre le contrôle de son corps. Haletant, tremblant de tous ses membres, il s'agrippe à la réalité en observant les nuages déformé par le dôme et en empoignant à s'en faire blanchir les phalanges la garde de sa rapière. La peur a été le facteur déclencheur de cet état. Du temps. Encore un peu de temps, pour qu'il reprenne le contrôle de son esprit.

Tout s'est passé si vite et il ignore encore ce que c'était.

Il était à Al-Chen depuis peu, il découvrait les beautés de cette cité et de sa proximité au lac avec attention. Il faisait de nouvelles rencontres dans des tavernes bien accueillantes. Et faisait apparaître de jolis sourires sur de doux visages féminins. Certaines demoiselles lui accordaient également une danse avec sa musique entraînante. Ses seules craintes étaient de faire de fausses notes et la seconde de voir entrer un compositeur de la Terre porter plainte pour infraction aux droits d'auteurs.

Il jouissait avec un sourire heureux cette nouvelle vie. Ce nouveau monde si tranquille. Pas de maladies en vues, ni de batailles périlleuses, rien de tout ça. Kiriel avait mis de côté ses craintes et avait enlevé de ses épaules certaines appréhensions. Il lui paraissait revivre.

Puis il a plu.

La pluie n'avait jamais été un problème pour notre héros, venant d'un monde où il l'a côtoyait très souvent, il ne la craignait nullement.

L'eau montait légèrement et le tavernier affirmait que ce genre de chose arrivait.

- On ne contrôle pas les éléments, ah ! Enfin, pas moi personnellement..

Cette boutade avait tiré un sourire à Kiriel, qui se remit à accorder son instrument à cordes. Le vent soufflait dehors, et alors qu'il s'imaginait un être gigantesque en train de souffler du cors. Un son énorme qui aurait pu éveiller une sombre créature du fond des abysses des plus profond océans, la porte s'ouvrit avec fracas. Laissant Kiriel sursauter d'un bond.

Chose qui en fit rire plus d'un dans la salle. Jusqu'à ce que l'eau les rejoigne en quelques secondes. Ce qui doucha leur bonne humeur assez rapidement.

C'était effrayant, en si peu de temps tous étaient trempés jusqu'au genoux. Un peu plus pour ces petits êtres que l'on nomme Faëls. Un grand homme aux épaules larges et aux tatouages couvrant son épais épiderme s'en alla fermer cette maudite porte. Il y parvint presque lorsqu'il s'acheva soudainement comme immobilisé. Il semblait observer quelque chose en particulier. Kiriel en avait aucune idée quand il s'approchait pour l'aider à fermer le portail. Et il vit deux comètes danser à une rue d'eux. S'en était troublant et enivrant à la fois.

Le vent hurlait telle une créature enragée. Le courant changea subitement, la porte se ferma soudainement, poussant Kiriel au dehors la tête en première.

Les eaux frénétiques se battaient, se fracassaient contre toutes parois, tous murs, toutes portes. Mais tout cela n'inquiétait en rien notre héros. Il était ébahis. Un spectacle magnifique se dessinait face à lui. Les astres célestes lui accordaient une démonstration de force, aussi esthétique que lumineuses. Cela lui donnait l'impression de flotter.

Avec vents et marées, il dévalait les rues, les places et certaines échoppes sans quitter des yeux ce délicieux moment.

Le souffle céleste poursuivait son dessein. L'enseigne d'une baraque de poissonnier était balancée avec force. Ses chaînes qui la reliaient faiblissaient devant une telle hargne. Leur endurance s'épuisa. L'enseigne virevolta avant de tomber à l'eau, de flotter. Pour ensuite rencontrer Kiriel de très près.

Le choc fut saisissant et terriblement douloureux. Sa tête tambourinait, mais il y avait pire, il avait du mal à respirer. Il comprit alors.

L'adrénaline du moment le poussait à agiter avec frénésie ses bras et jambes pour ne sortir que le bout du nez hors de l'eau. Ou encore de tendre suffisamment les bras vers un appuis sur. Il s'approchait bien trop rapidement du lac. Ce même lac qu'il ne trouvait plus aussi apaisant qu'à leur première rencontre. Les étoiles filaient encore non loin de lui.

Après un effort redoutable il parvint à s'accrocher à une grille. Il l'enlaça comme s'il lui était venu subitement de l'aimer et que rien ni personne ne pouvait les séparer. Les étoiles dansèrent en se rapprochant de lui. Il fit le rapport. Ce n'étaient pas des astres, mais des yeux !

Une flamme dansa dans les siennes et il sorti avec hargne son épée et il plongea sa pointe sur l'une d'elles. Le courant changea intégralement sous lui, comme fou. Lame toujours en main il se mit à grimper sur la grille puis sur une terrasse et enfin sur le toit. Il s'y accrocha et pria que tout cela cesse.

Il les entendit à son tour. Des cris, des appels à l'aide..

Et Kiriel restait, immobile, face aux nuages.


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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Mer 12 Juil 2017 - 9:31

Une expédition qui tourne mal




---------- Quelques jours après l'apparition du dôme...

L’esquif de bois glissait lentement sur l’eau calme. Les remous de l’embarcation dessinait un cône de vaguelette qui s’étendait depuis son passage jusqu’aux murs à moitié immergés des rues environnantes, pour disparaître peu après. La brume envahissait entièrement cette partie inondée d’Al-Chen et on ne pouvait y voir à plus de quelque mètre. Le clair-obscur qui régnait également sur la ville depuis des mois rendait l’atmosphère lugubre. Se retrouver coincé dans ce quartier fantôme était peu enviable, surtout depuis l’apparition des Nérosiens, comme ils l’appelaient. Mais Luyana avait malheureusement du s’y contraindre.

A l’aide d’une rame qu’elle enfonçait dans l’eau depuis l’arrière de sa barque de pêcheur, elle avançait avec prudence au travers des ruelles immergées. Tous les habitants avaient fui les zones inondés quand la digue avait cédé. Plus l’on s’approchait de l’ancienne berge, moins l’on pouvait y trouver âme qui vive. Al-Chen n’était plus que l’ombre d’elle même. Les bâtiments s’élevaient toujours fièrement face au lac, mais celui-ci reprenait ses droits sur ses terres. L’eau était claire, mais le manque de mouvement la transformait peu à peu en marais nauséabond. Les odeurs suivant volontiers cette idée. Depuis son perchoir, Luyana pouvait apercevoir les échoppes et les tavernes laissées à l’abandon comme au premier jour. Tout le monde était parti au même moment pour échapper aux flots dévastateurs. Et personne n’osait plus s’aventurer dans les zones trop profondes de peur d’y croiser les créatures.

La Faëlle fit pivoter sa godille et l’embarcation tourna lentement dans une ruelle au fond boueux. Bientôt, elle aperçut ce pourquoi elle avait entrepris cette excursion. La boutique d’une herboriste se trouvait là. Inondée, comme toutes les autres. Mais elle espérait bien pouvoir trouver ce qui lui fallait. Négociant habilement son arrêt, Luyana fit signe à l’homme qui l’accompagnait de se tenir prêt. Ce dernier, posté à l’avant, se releva légèrement en observant les environs, ses armes effilées pendant à ses flancs. Elles ne lui seraient d’aucune utilité, mais son ardeur au combat pourrait peut être acheter quelques secondes à Luyana en cas d’affrontement. Pour l’instant, il n’y avait aucune trace des Nérosiens. Elle hésita à sonder les environs, mais préféra ne pas s’attarder dans cette partie de l’imagination pour l’instant. Ces créatures pouvaient sortir n’importe où et à n’importe quel moment. Avec une grimace elle ramassa un petit bocal de verre et la remplie de ce qu’elle avait disposé au fond de la barque. Un mélange de sable et de terre homogène. Luyana espérait qu’il pourrait réussir à maintenir les créatures à distance. Elle enjoignit l’homme à faire de même  qui après un moment d’hésitation suivit son exemple, sans conviction.

Elle se sépara enfin de sa longue robe dépareillée tout en gardant ses accessoires, la faisant glisser au sol avec délicatesse devant le regard étonné du mercenaire. Elle l’avait engagé dans l’un des camps de réfugié aménagé dans les quartiers toujours émergés. Comme beaucoup d’autres voyageurs et itinérants, il s’était retrouvé coincé par le dôme et n’avait eu d’autre choix que d’attendre. Aussi, le guerrier avait sauté sur l’occasion d’accompagner une belle femme dans une mission dangereuse en territoire inconnu.
— Est-ce vraiment nécessaire ?

Un sourire amusé et doux lui répondit qui sembla attiser la flamme dans ses yeux. Elle ne portait plus que des bandes de tissus pour cacher son intimité et sa poitrine presque inexistante. La nudité ne la dérangeait pas, mais les humains avaient une autre façon de voir les choses.
— Je préfère retrouver des vêtements secs. Pas vous ?
— Disons que cela fait une source de distraction en plus. Mais je n’ai pas peur d’un peu d’eau.  
— Vous devriez, Alaimk. Vous devriez…

Le vent se leva doucement, faisant voleter ses longues dreads noires de chaque côté de son visage. C’était l’heure d’y aller. Luyana enjamba la coque et plongea les jambes dans l’eau qui lui arriva jusqu’au bassin. Elle avança alors en poussant la porte de bois, munie d’un sac et de son bocal. Derrière elle, elle entendit une gerbe d’eau et quelques grognements, sûrement dû à la froideur. Elle sentit la vague de sa chute atteindre son bassin et la dépasser pour entrer dans la boutique et se répercuter dans les meubles de la pièce. Un frisson parcouru son échine. Pourquoi fallait-il que les humains soient si bourrus et idiots… Un soupir s’échappa de ses lèvres sombres alors qu’elle sentait le regard de l’homme suivre ses mouvements. Ou plutôt, ses courbes.

La boutique était plongé dans l’ombre mais quelques bougies humides trônaient encore sur le comptoir. A l’aide d’un briquet, elle tenta d’en allumer une pendant quelques minutes avant de réussir. Son exploration pouvait commencer. La pièce rectangulaire contenait de nombreux étals et rangements. Il lui faudrait quelques minutes pour tout fouiller.
— Et moi ? Je me tourne les pouces ?
Luyana retint un roulement d’yeux et lui sourit tendrement.
— Ne faites pas l’enfant, Alaimk. Vous hétes payé pour me défendre en cas d’ennuis. Attendez les donc sagement.

La fermeté de sa voix réussit à détourner le regard du mercenaire sur autre chose que son corps. Si elle aimait séduire et attirer la fragilité entre ses serres, elle n’appréciait guère le faire au détriment de sa vie. Elle n’était pas habituée aux missions dangereuses et devait d’autant plus redoubler de prudence. Mais si personne ne la protégeait, cela pourrait mal se terminer. Voyant que l’objet de sa mission était redevenue sa priorité, Luyana se détourna à nouveau vers le sien. Elle passa la pièce au crible en récoltant toutes les graines et les plantes qui pourraient lui servir. Principalement médicinale, mais aussi celles des marais et contrées humides. Même si l’imagination lui était toujours accessible, contrairement aux dessinateurs, elle n’avait pas du tout été préparée à cette situation en se rendant à Al-Chen. Et les ressources lui manquait en nombre. Malheureusement, cette boutique ne contenait quasiment rien. Le peu digne d’intérêt avait été noyé.

La faëlle s’approcha d’une grande jarre lui arrivant à la poitrine, qu’elle pensait remplie de terre fertile. Elle failli lâcher le couvercle d’argile en découvrant son contenu. La jarre était remplie d’eau. Et deux yeux turquoises et luminescents l’observaient de l’intérieur. Sans tête. Sans corps. Juste deux yeux. La créature ne faisait qu’un avec le liquide et demeurait quasiment invisible. Impassible. Meurtrière. Sa main accrochée au bord du récipient, Luyana était hypnotisée. Fille de la terre et de la lumière rencontrait le fils de l’eau et des profondeurs. Deux mondes s’observaient. Aussi différents que complémentaires. Qu’était la terre sans eau pour la nourrir. Qu’était l’eau sans fond pour la retenir. Mais quelque chose clochait. Elle ne savait rien de ce peuple, même si elle l’avait toujours sentie habiter les entrailles de Gwendalavir. Qu’attendaient-ils, que voulaient-ils ? Elle s’était laissée surprendre et la voilà à la merci de la créature. Elle n’avait pas l’habitude d’être la proie. Et l’idée que les rôles pouvaient être inversés lui faisait ressentir une douce frayeur.

Le mystère qui entourait ces nouvelles créatures sorties de nulle part la fascinait également. C’était la première fois qu’elle en voyait un et l’envie de sonder à nouveau les énergies qui l’entouraient se faisait de plus en plus pressante. Mais le faire la mettrait en danger. Elle devait jouer intelligemment. Lentement, très lentement, elle referma le couvercle sur les fenêtres meurtrières qui restèrent immobiles. Heureusement, le mercenaire ne l’observait pas et ne put remarquer son étrange comportement. Les joyaux disparurent petit à petit sans qu’elle n’ait même ciller. Il fallait croire que son pouvoir ensorcelant faisait même effet sur ces bêtes. Mais l’air se mit à vrombir à ses oreilles, à hurler et battre furieusement. Le bâtiment trembla violemment, prêt à s’effondrer sur elle alors que des rivières de poussières et d’échardes s’échappaient du plafond. Le monde était devenu assourdissant, comme si la terre s’éventrait et se déchirait juste sous la faëlle. L’eau emplit alors ses poumons, prenant chaque parcelle d’air pour lui imposer ce liquide mortel. Elle suffoquait et ses yeux se remplissait de larmes. Elle allait mourir, la certitude la frappa avec force tout comme le calme qui l’entourait…

La vision avait disparu. La faible lueur de la bougie illuminait la jarre totalement vide. Elle le referma en se retournant. Ce n’était pas la première fois qu’elle expérimentait ce genre de chose et garder son calme, même après s’être vu mourir, était devenu naturel. La mise en garde avait au moins le mérite d’être claire. Ils arrivaient. Alaimk était resté près de la porte à faire le guet. Avec son pot de terre, Luyana s’était sentie en sécurité. Elle devait se rendre à l’évidence, elle avait surestimé ses protections. Un bouclier contre une armée ne durait bien longtemps. Ses lèvres de charbon se pincèrent d’embarras.  
— Nous devons partir. Maintenant, lui annonça-t-elle d’une voix qui ne laissait pas place à la discussion.  
Elle traversa la pièce à grandes enjambées, se fichant des remous qu’elle provoquait, pour rejoindre le guerrier. Son arme sortie, il sondait la rue. Luyana n’avait que son pot et son sac contenant les plantes.
— Vous êtes sûre que la barque tiendra ? d'une voix de moins en moins rassurée.

Sans répondre, elle s’approcha de l’encadrement en laissant derrière l’herboristerie. Dans la rue, la brume s’était levée et l’eau était parsemée d’ondes diverses. Quelque chose s'y trouvait… Une vague plus grande que les autres renversa soudainement leur embarcation sans aucune raison, déversant le contenu de la terre au fond de l’eau, avant de couler. Mortifiés, les deux compagnons observèrent leur unique protection sombrer dans les flots peu profonds. La stupeur les laissèrent pantois pendant quelques secondes. Si les Nérosiens voulaient attaquer maintenant, ils seraient à leur merci.  Avec calme, Luyana chercha un moyen de les sortir de là. Ils se trouvaient au milieu de la ruelle et bien loin d’un quelconque passage émergé. Leur seul salut pour le moment était de retourner dans l’échoppe et d’atteindre l’étage supérieur.
— Merde et merde, qu’est-ce qui s’est passé ? Vous avez vu ? Qu’est-ce qu’on fout maintenant ? Vous m’aviez dit qu’on ne risquait rien ! Qu’est-ce que j’ai été foutre à suivre une faëlle…

Luyana réprima une pensée de dégoût pour l’homme et planta son regard d’acier dans le sien. La colère flamboyante de ses yeux se confronta à la peur de l’homme. Et son incompétence. Il fallait qu’elle le calme. Une fois sa robe gorgée d’eau récupérée, elle prit une poignet de terre dans le bocal. Il était impensable de continuer dans la rue. Il fallait espérer qu’ils pourraient trouver une solution à l’étage. Peut être que Luyana pourrait créer un artefact qui les protégerait, si elle en avait le temps. Elle reprit d’une voix rassurante
— Comportez vous en homme et calmez vous. Nous devons nous mettre à l’abri. Prenez de la terre et avancez.

La faëlle brandissait son poing serré comme une arme. Frêle, elle était loin d’imposer sa présence comme une menace. Son coeur battait la chamade, à tout instant ils auraient pu l’attaquer. Elle avait pour habitude d’être en embuscade, non l’inverse. Le piège s’était refermé sur eux et une pointe de honte se profilait sous sa peau tant son plan avait été déjoué avec facilité. Elle se sentait stupide. Mais il ne fallait pas se retourner sur le passé. Un regard derrière elle lui indiqua que l’homme était prêt à la suivre, mais sans tenir compte de son conseil. Tant pis pour lui. Elle n’était pas une gardienne. Mais la fragilité de sa propre arme la faisait douter de ses chances de survie. Comment déterminer une menace invisible ? Les plantes, les animaux, la nature, elle en était capable. Mais les monstres… ? La faëlle prit une inspiration et avança parmi ses hésitations.

Les bougies qu’elle avait allumé étaient toujours présentes dans la pièce, mais projetaient des ombres déformées au fond de l’eau mouvante et sur le bois pourri. Chaque agitation de leur membres provoquaient des reflets aux allures meurtrières aux coins de leurs yeux. Mais aucune n’eut assez de pouvoir sur eux pour les faire s’arrêter. Juste avant d’atteindre l’escalier, deux joyaux bleus apparurent devant eux, plongés. Luyana s’arrêta pour observer les réminiscences du futur qu’elle avait observé.
Attaque.
Avec un cri, elle se laissa tomber dans l’eau, la robe portée devant elle en bouclier chétif. Elle senti l’étoffe se déchirer de tout son long alors que l’eau froide enveloppait sa peau d’ébène en un instant, l’engloutissant totalement. Sous l’eau, elle put les entendre. Les bruits, les cris des Nérosiens. Comme si une armée entière se terrait en trépignant. Prête à donner la charge. Les yeux de Luyana s’écarquillèrent devant la masse qui s’élevait désormais au dessus d’elle, à la surface. Une vague à forme humanoïde et aux yeux turquoises. Immense. Alaimk n’eut aucune chance. La créature fonça sur lui, s’enfonçant dans sa bouche pour noyer son cri naissant. Sous l’impact, l’homme fut projeté aux côtés de la faëlle, où il se débattit en frappant de son épée à l’aveugle. Agonie inutile d’une tempête enfantine. La lame entailla l’épaule de la femme dont le liquide vermeille se répandit en volute poétique autour d’eux. Le cri de Luyana lui fit perdre le peu d’air qui lui restait et la douleur la poussa à refaire surface. Haletante et blessée, elle nagea à moitié accroupie vers l’escalier qui représentait son seul salut. Si la créature tuait le mercenaire avant, elle viendrait la chercher.

Avec l’énergie du désespoir elle atteignit la première marche hors de l’eau et se hissa à la force de ses membres valides alors que les mouvements d’Alaimk ralentissaient pour finalement s’éteindre. Luyana continua son ascension, le sang traçant une ligne de feu sur le bois des marches. Elle atteignit enfin le premier étage où elle s’écroula sur le palier. Au pied de l’escalier, deux joyaux bleu-vert l’observaient depuis le fond de l’eau. Elle était prisonnière…
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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Mer 12 Juil 2017 - 17:10

Un dernier souvenir avant de s’éteindre… Une auberge… Elle attendait quelqu’un. Mais qui ? Elle s’endormit. Pour toujours ? Non. C’était son état d’ivresse qui lui faisait croire cela. Elle était juste endormie par le taux d’alcool trop élevé dans son sang. Un temps difficile pour sortir dehors, s’était-elle dit. Aller à l’auberge en attendant son compagnon était une bonne idée, si elle n’avait pas commandé un verre, puis deux… Puis cinq, six…
Elle se réveilla. Cela faisait combien de temps qu’elle dormait ? Une heure ou plus ? Quoi qu’il en soit, il était temps de se lever; la météo dehors s’était sûrement calmée. Elle se leva, enfin, elle tenta. Juste le temps de relever sa tête puis celle-ci retomba lourdement.

Splith sentit quelqu’un la bousculer. Elle rétorqua sans savoir elle-même ce qu’elle disait; on eut cru entendre un grommellement digne d’un Raï fatigué. L’ivrogne qu’elle devenait prit quand même son courage à deux mains et se releva, peut être avec un geste très peu gracieux mais elle y arriva. La Frontalière reprit ses esprits en secouant sa tête et manqua de tomber de son tabouret à côté du bar. L’aubergiste la réinterrogea et cette fois Splith compris :

- Hum, madame, je vous disais qu’il faudrait payer vos boissons et songer à vous dégourdir les jambes…

La Frontalière fouilla ses poches et trouva une belle somme d’argent, qu’elle avait sans doute obtenu lors d’un voyage qu’elle avait escorté. Ne voulant pas faire d’histoires elle demanda avec une voix encore maussade en essayant de bien articuler tous ses mots.

- Pourriez-cous me dire combien je vous dois ? Et ne me dites pas n’importe quoi, où vous aurez affaire à moi !

L’homme à qui elle s’adressait paressait étonné de son attitude parce qu’en la voyant il trouvait son allure raffinée mais cet homme oubliait les ravages que pouvait causer l’alcool. Pendant un instant, il eut l’air pensif; au bout d’environ dix secondes, l’aubergiste déclara :

- Vous avez commandé en tout cinq verres de bière et trois bières frontalières. Woaw. Rien qu’en y pensant, je ne sais pas comment vous avez tenu avec tout cet alcool.

Il annonça le prix. Il fit mal au portefeuille à Splith. Le coût était très élevé à cause des bières frontalières car leur temps de préparation en plus de l’exportation vers Al-Chen revenait presque au prix d’une caravane à louer. Heureusement pour elle, il y avait assez d’argent pour payer… Sauf si on prenait en compte qu’il ne lui restait que trois pièces de bronze.
La Frontalière prit la porte, pour sortir mais également pour s’accouder à celle-ci. Elle regarda le sol dehors : un déluge, et on pouvait presque penser que la ville d’Al-Chen entière était un lac. La jeune femme jeta un coup d’œil vers le ciel, grisé par les nuages, qui eux-mêmes étaient presque noirs.

***

Pourquoi avait-il fallut qu’elle s’oblige à sortir, qui plus est par cette pluie battante pouvant à elle seule ravager une ville ? Malgré cela, elle ne trouvait pas l’idée de se dégourdir les jambes méprisable. Cela pouvait être bizarre à entendre ou à s’en rendre compte, mais c’était en même temps une expérience agréable et désagréable. Au moins, les rues étaient calmes, excepté le son fort des millions de gouttes d’eau qui s’écrasaient à la seconde sur les pavés salis par la boue.
Personne, à part les marchands partis trop tard étaient de sortie en ce jour pluvieux, même pas les voyageurs hardis et impulsifs qui rêvaient d’aventure. Presque une heure plus tard, la Frontalière cherchait un abri et un logement pour se réchauffer et se sécher par la même occasion. Dans la tête de la jeune femme, tellement son corps avait absorbé d’eau qu’elle était limite en train d’en devenir; elle ne croyait pas si bien dire…
Le lendemain, ayant séjourné dans l’auberge, une nouvelle se répand très rapidement dans la ville entière : un dôme s’est formé au-dessus de la ville et personne ne peux ni le briser ni le traverser, et encore pire, les spires sont inaccessibles !
Pour Splith, le temps n’est pas encore à paniquer, mais à trouver de l’argent pour payer son logement…
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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Mer 12 Juil 2017 - 19:32


Non ! Non, non et non !
Une énième fois le marchombre donna un coup de griffes dans un Nérosien dont l’eau s’éparpilla au sol, avant que l’être liquide ne se reforme un peu plus loin. Gagnant ainsi du temps, il attrapa le bras de Splith et la traina avec lui. L’eau leur atteignait la taille, ne facilitant pas leurs déplacements, mais le jeune homme parvint à se hisser sur un balcon, tirant son amie par les épaules pour qu’elle fasse de même. Là, relativement au sec, il put enfin souffler. Comment Stormer en était-il arrivé là ? Comment en était-il arrivé à entraîner Splith contre vents et marées dans une Al-Chen apocalyptique ?

***
Plus tôt, le Vendredi 7 juillet à midi.

Stormer en avait enfin terminé avec cette chasse aux trésors de Merwyn. Désormais sur le dos de sa jument, il faisait route vers Al-Chen. Cette fois Splith devrait être arrivée à l’Auberge de la Chouette Endormie… du moins le marchombre l’espérait. Quoi qu’il en était, dans le cas contraire il la croiserait sûrement en chemin. Faisant passer Eclair d’Hiver au pas, l’homme aux cheveux blancs constata qu’il faisait relativement beau sur la route. Un timide soleil perçait les nuages, caressant sa peau avec douceur. Ce n’était pas comme à Al-Jeit où de sombres cumulus obscurcissaient le ciel, laissant aléatoirement tomber quelques gouttes de pluies aux quatre coins de la cité… Enfin, le jeune homme espérait que le temps qui l’accompagnait durerait à Al-Chen.
Son vœu ne fut pas exaucé. Des trombes d’eau tombaient, inondant la ville entière et rendant certaines rues impraticables à cheval. Sa jument renâclant, le cavalier fut obligé de descendre et de guider sa monture par la bride tout en recherchant l’Auberge de la Chouette Endormie. Au terme de deux bonnes heures de marche à travers la cité, le marchombre réussit à trouver un moyen d’accéder à son lieu de rencontre. Il installa Eclair d’Hiver à l’écurie la plus proche moyennant quelques pièces de bronze, puis il put passer les portes de l’auberge.

En pénétrant dans l’auberge il referma précipitamment la porte, mais quelques flots parvinrent tout de même à mouiller l’entrée. En effet, au-dehors l’eau atteignait les chevilles. Il s’excusa mais l’aubergiste lui fit signe que cela ne faisait rien. Alors le marchombre balaya la pièce du regard et il s’arrêta sur Splith assise à une table. Ses yeux s’illuminèrent et il alla s’installer à ses côtés.

- Splith ! Cela faisait longtemps ! Comment vas-tu ? Le sourire qui avait commencé à naître sur ses lèvres s’estompa à la vue de l’air étrange de son amie. Qu’y-a-t-il ?

Lorsqu’il apprit la formation d’un dôme au-dessus de la ville Stormer soupira. Il s’était encore embarqué dans une situation impossible… Après avoir fait le point sur leur position, les deux compères discutèrent de leurs mutuelles aventures et parvinrent à se détendre après les mauvaises nouvelles. Quand vint l’heure de dormir un peu, Stormer décida de payer leurs deux chambres puisque Splith avait apparemment tout dépensé dans la boisson. Mais avant de se coucher, le jeune homme demanda :

- J’ai laissé ma jument à l’écurie d’à côté. Et toi ? Es-tu venue à pieds ou as-tu pris ton cheval… Montagne, c’est cela ?

Cette discussion close, les deux amis allèrent se coucher dans les chambres à l’étage. Mais la nuit ne fut pas douce. Aux alentours de quatre heures du matin, un grand fracas résonna dans toute l’auberge, réveillant Stormer. De suite sur ses gardes, il s’habilla et saisit ses griffes. Il ouvrit la porte avec précaution et aperçut de l’eau dans les escaliers qui menaient au rez-de-chaussée. Intrigué, il s’approcha… mais fit un pas en arrière lorsque l’eau devant lui s’anima pour devenir un être aux yeux couleur topaze bleue. Il se mit à onduler devant le jeune homme, ses yeux continuant de le fixer. Le marchombre était indécis. Que devait-il faire ? Mais un autre homme sortit d’une chambre voisine en criant :

- Qu’est-ce que c’est que ce boucan ? On ne peut pas dormir tranquille ici ! On a payé alors laissez…

Il s’interrompit en apercevant la créature qui avait posé son regard sur lui suite au bruit qu’il avait créé. L’homme cria. La créature recommença à onduler, mais plus rapidement cette fois. L’homme partit en courant. Non, l’homme voulut partir en courant. La créature s’était jeté sur lui avec une rapidité surnaturelle et l’entraînait désormais dans les escaliers. Stormer lança une de ses dagues mais elle ne fit que traverser la créature. Il suivit l’être liquide et son prisonnier dans les escaliers, mais arrivé en bas il était déjà trop tard. Dans la salle principale de l’Auberge de la Chouette Endormie, l’eau avait submergé tables et chaises et un homme était en train de se noyer dans un tourbillon d’eau, des yeux de topaze bleue fixés sur lui. Stormer se retourna ; Splith était derrière lui. Pensant qu’elle avait comme lui assisté à la scène, il lui souffla :

- Il faut partir, nous sommes en danger ici !

L’homme aux cheveux blancs remonta dans sa chambre en courant en demandant à son amie de la suivre et il ouvrit la fenêtre. Il sauta et atterrit dans l’eau qui inondait la rue. Un homme se sauvait à la nage en hurlant :

- NE LAISSEZ PAS LES NEROSIENS M’ARRACHER MON ÂME !!!

Ainsi, le marchombre et la Frontalière tentèrent tant bien que mal de se frayer un chemin parmi les eaux d’Al-Chen et de survivre face aux belliqueux Nérosiens. Vers le petit matin, Stormer pensa enfin avoir trouvé un endroit au sec pour qu’ils puissent se reposer. Il se hissa sur un balcon et tendit ses mains à Splith pour l’aider à faire de même. Epuisé, il s’assit alors et soupira.

Enfin une pause dans ce monde de fous…

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Dernière édition par Stormer Nuva le Lun 16 Oct 2017 - 19:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Sam 22 Juil 2017 - 14:05



Les paysages défilent devant ses yeux. Pittoresques étaient-ils, digne du Gwendalavir quel aimait tant. Elle avait beau avoir quitté un monde pour en retrouver un nouveau, à force de le parcourir, celui-ci restait toujours aussi merveilleux. Peu importe le nombre de fois où Ewilan s’était déplacée à travers ces contrées, elle se sentait chez elle.

Elle montait Aquarelle. Depuis qu’Ewilan était Sentinelle, rare était les fois où elle se permettait un déplacement en cheval. Désormais elle n’hésitait plus à faire un Pas sur le Côté pour se transporter d’un endroit à un l’autre. Le Dessin étant une seconde nature chez elle, plus aucune limite ne la restreignait a utiliser son pouvoir avec modération. Gardant bien évidement les conseils des Maîtres Dessinateurs, et celui toujours gravé de Maître Duom dans son esprit, elle devait respecter les forces de la Nature et ne pas abuser de son Don. Cependant sa progression dans l’Art du Dessin lui offrait milles possibilités et plus la jeune femme grandissait, plus les Spires lui était naturellement accessibles et utilisables.

Malgré tout , aujourd’hui elle faisait exception à la règle et profitait d’un bon voyage à dos d’équidé. Retrouver Aquarelle fût un réel plaisir. À peine fût-elle hissée sur sa selle qu’une multitudes de sensations lui revinrent à l’esprit. La raison de ce voyage était simple. En tant que Sentinelle de l’Empire, Ewilan Gil’Sayan se devait de protéger les Alaviriens de toutes sortes de dangers. C’est pourquoi, quelques semaines auparavant, l'Empereur l’avait envoyé, elle ainsi que deux autres Sentinelle, à Al-Chen.

Depuis plus d’un mois la ville vivait sous l l’orage. La moitié de la population avait migré tellement le temps était atroce. Les activités commerciales se dégradaient et, aux dernières informations, le port était inaccessible. À force de tomber, la pluie faisait monter le niveau du lac Chen, et bientôt la ville succomberait sous les vagues torrentiels. C’est grâce aux quelques Dessinateurs de Chen que la digue restait en place. Mais ceux-ci étaient débordés et le seigneur de la ville, Aeor Jil’Fay, avait fait quérir de l’aide à l'Empereur.

C’est pourquoi Sil’Alfan, avait demandé à Ewilan de s’occuper personnellement de l’affaire. Mais elle ne pouvait y aller seule, elle devait emmener plus d’une quinzaine de jeunes Dessinateurs de l’Académie. Ils avaient fait leurs preuves mais la plupart ne savait tenir un Pas sur le Côté sans s’épuiser pour la journée entière. Accompagnée de Liven et Kamil, elle faisait donc office de berger de troupeau. Le convoi était escorté par quelques Légionnaires, Frontaliers et Thüls.
Une deuxième raison avait poussé l'empereur à lui demander telle chose, elle devait juger les jeunes recrues de l’Académie pour y déceler quelques talents. Pour le moment la jeune femme ne s’y préoccupait guère, quelques observations lui avait fait repérer un ou deux personnages intéressants, mais rien de concret pour le moment.

D’un coup, elle fut tirée de sa rêverie. Dans quelques minutes elle devrait apercevoir la ville. Soudain ces certitudes s’envolèrent, et dans un instant de surprise Ewilan se retrouva face à l'improbable.
Devant ses yeux la ville avait avait disparu sous un couvercle de nuage. Comme si le ciel avait envoyé toutes ses foudres sur la cité, elle était ensevelie. Mais le plus inquiétant arrivait par la suite, d’un seul coup, les nuages se scindèrent en deux. Pendant l’espace de quelques secondes elle aperçu les tours d’Al-Chen et le lac en arrière plan. Mais aussitôt, sortit de nul part, un gigantesque dôme prenait naissance. Celui-ci était invisible, mais avec les nuages noirs, chargés de colère l’entourant, elle distinguait parfaitement les rebords translucides de celui-ci.

Par réflexe la jeune femme se jeta dans l’Imagination. Dessinant le palais de Chen dans son esprit elle voulait faire un Pas sur le Côté. Mais quelque chose d’invisible lui interdisait un Dessin précis. Comme poussée par une force hors des Spires elle se retrouvait à perdre toute précision dans son Dessin. Inquiète elle sortit des Spires pour jeter un regard affolé à Liven, il semblait être dans la même posture qu’elle.

Regardant une nouvelle fois la formation du dôme, elle lança Aquarelle au galop. Cherchant à entrer dans la cité avant que le dôme parvienne à toucher le sol.
Pendant quelques instant elle y crut. Sa jument filait à grande vitesse, et dans sa tête Ewilan pensait réussir à franchir la barrière. Mais elle se leurrait, le dôme se referma devant ses yeux.

L’incertitude la rongeait plus que la peur. Le sentiment d’être incapable de Dessiner un pas sur le côté dans Al-Chen l’avait brusquement ramené à la réalité : l’Imagination était inaccessible. Elle tenta alors un dessin basique, celui-ci ce réalisa sans problème. L’Imagination devait être inaccessible seulement à l’intérieur du dôme ? Et si on envoyait un objet contre celui-ci ?
Elle s'exécuta, mais comme par magie la poutre en fer qu’elle avait dessinée se dissipa au contact du dôme.

Ewilan descendit d’Aquarelle pour poser sa main contre le phénomène qui se dressait devant elle, la surface était lisse, impénétrable. La jeune femme se projeta dans les Spires, tentant d’apercevoir le dôme à l’intérieur de l’Imagination, mais quelque soit le niveau où elle allait, il était invisible.
Liven arriva à ses côtés au moment où elle retira sa paume du dôme.

« Il faut envoyer un message à l'Empereur, on va avoir besoin de renfort. Qu’il fasse quérir la guilde des analystes, les divers spécialistes du Dessin… il nous faut détruire cette chose, ou Al-Chen est perdue ! »
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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Sam 29 Juil 2017 - 14:35

Il faut que je sorte de là. Tous de suite. Mon regard vient surveiller par dessus mon épaule. Rien. Mon souffle est bruyant. Erratique. Mon cœur semble vouloir s'échapper de mes côtes.
Tu es à l'abri sur ces toits. Stop.
Je n'écoute qu'à moitié Samuel. J'ai l'impression que ces monstres vont apparaître d'un instant à l'autre. Comme tous à l'heure. Je ferme les yeux un bref instant aux images qui me viennent.
Ne panique pas. Pas maintenant.
J'accélère un peu plus. La fin du toit se rapproche au fil de ma course.
Qu'est-ce que tu fais Alice ?!
Comment il disait Tony déjà ? Faire confiance à ton corps ? C'est ce que je fais. Tous ce que je veux c'est m'éloigner le plus possible de cet endroit. Le toit sous mes pieds. La seconde d'après il n'y a que le vide. Si sombre.. Je refuse d'y prêter l'attention. Je bondis. Pendant un instant il me semble rester suspendu puis le retour de la gravité. Violent. Mes pieds rencontrent les tuiles du toit opposé, s’emmêlent lamentablement entre eux. Je bascule en avant. Le monde semble tourner. Tourner. Puis je me stoppe. La chute a réveillé les douleurs du combat. Je me recroqueville sur moi même dans une plainte, ne prêtant pas à l'humidité qui s'infiltre de partout. Même si je me demande comment cela peut être possible vu comme mes habits étaient déjà imbibés d'eau. Alors que mes bleus me rappellent violemment à l’ordre, je ne peux m’empêcher de repenser à ce qui s'est passé. Cherchant la logique, une explication.


Avec l'argent récoltée j'avais pu me payer un chambre dans une auberge. Elle n'était pas l'une des plus connus mais j'avais rêvée d'un lit depuis tellement longtemps que je n'allais pas faire ma difficile. Et il s'était mit à pleuvoir. Longtemps. En accord avec Samuel nous étions rester dans la chambre, regardant le temps devenir fou. Les rues ont commencés à se remplir d'eau. Millimètre par millimètre. Puis plusieurs centimètres. Le temps que je me décide à bouger, voyant qu'il n'y avait aucune amélioration il était trop tard. Il s'était formé de véritables rivières. J'avais tenté quelques sortis, aidant quelques personnes mais cela fatigué rapidement et de nombreuses maisons furent engloutis. Les gens commencèrent à paniquer, voulurent partir. Je ne sais pas si ils réussirent. Mais la menace que la duigue puisse s'écrouler était présente dans la tête de tous
Si cela cela avait été que ça..
Il y a eu le dôme. Immense, transparent et il bloqua la pluie. Mais à quel prix ? D'abord il y a eu l'Imagination bloqué. Ce lieu qui permet aux dessinateurs d'utiliser leur Don. Problématique, mais cela ne m'atteignais pas réellement. J'en ai toujours une appréhension limité de ceci, ne comprenant pas son importance. Mais il y a eu ces êtres.

Nous étions dans la rue. L'eau m'arrivait à la taille. Marcher était un enfer avec le léger courant. Je me sentais pas à l'aise. L'ambiance était pesante avec ses rues silencieuses et les multiples objets qui dérivaient. Puis la fillette dans les bras de son père s’exclama :

-Des lucioles !

Mes sourcils se froncèrent tandis que tous le monde cherchait des yeux ces fameux lucioles. Je levai la tête. Les nuages qui s'accumulaient ne laissaient rien deviner si c'était le jour ou la nuit mais étrangement je pensais pas que la nuit était tombé. La gamine tendait son doigt vers l'eau en continuant à s'extasier. Des lucioles dans l'eau ? Non ce n'est pas possible.
Alice il faut aller sur les toits.
Pourquoi ? La fillette doit fabuler et.. Soudain je le sentis. L'eau elle devenait plus vive. Elle se pressait sur mes jambes. L'eau s'évacuait t-elle quelque part ? Je souriais. On allait peut être en finir avec cette inondation. Soudain un cri résonna. L'eau s'était élevé, formant une forme humanoïde. Ses yeux lumineux fixait le petit groupe, immobile.
Alice bouge d'ici. Maintenant.
Je fis volte face et commençais à avancer comme je pouvais jusqu'à une maison. Alors que j'essayais de sortir de l'eau, je les vis. Les être d'eau se multipliaient. Trois se dressaient maintenant dans la rue, s’avançant dans un bruit de vague.
Grimpe. Pas le temps de s'émerveiller.
Je m’exécutais. Certains de mes compagnons voulurent bouger eux aussi. Mais on leur laissèrent pas l'occasion. Les êtres se jetèrent sur les malheureux, les plongeant dans l'eau ou les accueillant dans une étreinte mortelle.  Les premiers cris de peur me stoppèrent alors que je me trouvais en haut du toit. Pendant un instant je regardai horrifié puis quand la fillette tenta elle aussi de fuir je me décidai. Prenant un inspiration je commençai à faire demi tour. Mais la voix de Sam' me stoppe net.

Non. Tu n'y va pas.
-Mais ils vont la tuer.
Et te tuer toi aussi.

Les cris s'élèvent, ainsi que les pleurs. Les supplications.

-Je ne peux pas les laisser. La laisser.
Tu le dois. Tu ne peux rien faire pour eux. Le couteau du mec n'a rien pu leur faire qu'est-ce que tu penses toi, pouvoir faire ? Te faire noyer aussi ?

Je ferme les yeux, tente d'ignorer les bruits.

Tu peux essayer de trouver une solution. Mais là tu bouges. Aller.

Ce qui me fis bouger est lorsque je remarquai que l'un d'entre eux s’était tourné vers moi, me dardant ses yeux sans expression.


Je me redresse lentement. Je ne veux plus bouger. Je suis fatigué et mon corps me semble trop lourd. Trop douloureux.
Alors réfléchis
-A quoi ?
Comment se débarrassé de ces trucs.
Posant ma tête sur mes genoux je m'y mets, laissant mes yeux errer sur la rue en contre bas.
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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Dim 30 Juil 2017 - 17:06





Au premier regard, une étincelante beauté
Au deuxième, un bien sombre danger.






Le vent se calmait, devenait moins fort et plus doux. Des sensations douloureuses par endroits de son corps se faisaient davantage ressentir.
Il n'avait plus froid et ses vêtements étaient de nouveau sec. C'est ce qui l'embêtait, il ne pouvait rester plus longtemps sur place et devait trouver un endroit plus sûr. Mais il devrait pour cela se mouiller une nouvelle fois. Et cela l'agaçait. Il savait pertinemment ce qu'il fallait faire.
Le soleil commençait à baisser et son abri ne semble plus aussi sur qu'auparavant. D'autant plus, que sa dernière confrontation aquatique avait attisé une rancune présente parmi l'un d'eux.

Faisant fît de discrétion au possible, il se dirigea toujours au toit vers l'arrière boutique d'où il découvre une trappe menant à l'étage inférieur.

Chaque planche de bois grinçait sous les bottes de Kiriel. Il ne manquait qu'une marche avant de rejoindre de nouveau le sol inondé au rez-de-chaussée. Seul la lumière de son passage permettait de voir un faible aperçu du lieux. Il s'agissait sûrement d'un poissonnier, à l'odeur il le devina sans difficultés. Il vit ensuite une bouteille alcoolisée à ses pieds, flottant. Et une idée germa en lui. Faisant naître une lueur d'espoir.

Attrapant une besace vide, il y plaça sa trouvaille ainsi que certains tissus encore sec accrocher à un mur. Et s'entreprit ensuite d'ouvrir la porte centrale avec sa clé déjà dessus.

dessus ?

Cela voudrait-il dire que son propriétaire est toujours présent ? Après une courte réflexion, il ouvrit bien grand la porte, en poussant sur ses jambes dessus. Suite à cela une grande quantité d'eau pénétrât dans la pièce et fît reculer notre héros brièvement. S'accrochant il se hisse hors du lieux. Et ressent une gêne.
Il n'est pas seul.

La suite des événements est un peu floue. Il courut longtemps en regardant brièvement derrière lui, à regret. Des ondulations se faisaient avec au centre, deux lueurs bleutée.

Fuir était son seul objectif, courir pour sa survie. Il avait mal, et l'eau l'empêchait d'accélérer. Il haletait, la faim serrait son estomac, il n'était pas au plus grand de sa forme. Et sentait peu à peu son endurance baisser.
Il prit donc les tournants et les petites rues d'Al-Chen. Les rues étaient, le plus souvent désertes et les habitation verrouillées et aux nombreux accès bloqués par des renforcements.
Il vit enfin une rue qui commençait à monter. Il l'emprunta vivement et expira à chaque foulées telle une locomotive. Et il dût s'arrêter en urgence.
Cul-de-sac !


- Non, pas maintenant.


Il pensa à rebrousser chemin, mais s'il aurait du faire face à son prédateur, il craignait de s'en sortir avec une enseigne cette fois-ci. C'est alors qu'il vit quelques caisses flottant non loin de lui. La réflexion dura un court instant avant qu'il se dépêche à les placer près du mur. Haut d'environ 3 mètres et épais d'une trentaine de centimètre.

Il grimpa sur la caisse de bois qui commençait à craquer sous son poids, prit sa dague et s'élança en la plantant le plus haut possible.

La caisse était devenu inutilisable, la dague plantée à 10 centimètres et Kiriel suspendu les jambes pendantes. Alors que la lame commençait à plier dangereusement, il ramena son autre main à l'appui et se hissa difficilement en équilibre sur le mur. Sous les yeux lumineux et peut-être déçus de sa mauvaise prise.

Kiriel s'accrochant au mur, s'installe un moment et se met soudainement à rire, heureux d'avoir échappé à son trépas.


- Hahaha, tu n'as pas fini de te rincer l'œil ?!


Enlevant son chapeau en guise de salut il lui annonça, fièrement et théâtralement:


- Eh bien ce fut irréaliste, mais sympathique.. allez ciao l'am..


Les yeux lumineux dansaient de nouveau face à lui et perdant l'équilibre suite à cela, il tombe. De l'autre côté du mur.
Se relevant en soupirant et rattrapant rageusement son couvre-chef flottant face à lui.


- Encore... mouillé.

...

Quelle est donc cette malédiction ?!



Alors qu'il se remettait sur ses deux pieds en râlant brièvement, un bruit - hélas connu -d'eau en mouvement le pressa de reprendre sa course.

Il pénétra dans un tout autre dédale de rues et croisement. Pour ensuite s'enfoncer dans une sombre et longue ruelle donc sa sortie s'affichait en très petit. Il courut.

Tout lui devint peu à peu flou. Faible, il devait puiser dans ses réserves afin d'espérer arriver au bout du chemin. Alors qu'il observait derrière lui, les yeux hagards en quête d'un ennemi. Il ne put nullement faire face à ce qui lui arrivait en quatrième vitesse.

Sa tête lui sonnait de multiples alarmes. Tout ce qui l'entourait tournait dangereusement autour de lui. Il tentait vainement de se relever mais ses bras, flageolantes, l'empêchèrent toute ascension.

C'est alors qu'il reprenait doucement son souffle que certains détails effleurèrent l'esprit de Kiriel.

Ce n'était pas son souffle qu'il percevait.

Il se rendit peu à peu compte qu'il ne reposait pas au sol mais sur le corps d'une personne. Le rouge montant au joue, il vit également qu'il était sur une femme, sa tête au niveau des coupoles de la cathédrale de Milano. Il voulut exprimer des excuses, dire quelque chose. Il ouvrait la bouche mais rien n'en sortait.

C'est alors qu'il découvrit son chapeau sur un visage inconnu. Elle semblait sonnée, évidemment après pareil choc, qu'espérer de plus. Et elle gémissait faiblement.

Il parvint à se redresser et se mettre de côté. Et tenta de l'éveil leur par quelques mots.


- Ouille... Toutes mes excuses. Vous avez un très beau chapeau.


S'enquit-il d'un sourire fatigué mais amical.

Aucune réaction. Il laissa son chapeau. Souffla un bon coup, pris une grande gorgée de gnôle afin d'oublier un moment ses nombreuses douleurs et s'approcha de cette jeune femme.

Son visage était fin et gracieux, on aurait aisément trompé sa peau avec de la soie. D'un blanc pur, ses traits démontraient sa beauté sous diverses formes. Il s'arrêta un instant sur chaque partie de ce tableau dont les plus grands artistes se sont attelés. Ses lèvres fines s'ouvraient faiblement mais suffisamment afin de laisser l'air s'échapper de son corps. Son nez était également fin et ses petites narines s'ouvraient d'une douceur rythmée. Quant à ses yeux il n'ouvrit nullement ses paupières de forces, mais laissaient sur lui une curiosité et un désir de savoir très grand.

Laissant cela de côté un instant, il se reprit. Et se mit à la porter.
Ses jambes tremblèrent sous ces nouveaux efforts. Il regarde derrière lui. L'eau s'agitait une nouvelle fois.


- N'ayez crainte et gardez courage jeune demoiselle..

Je nous emmène en sûreté.




Et il courut, mouillé, une fois de plus.



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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Lun 31 Juil 2017 - 17:02



 
Rares étaient les habitants dans les rues d’Al-Chen. L’eau était présente partout, s’infiltrait par les toits quand elle pouvait, dégringolait les ruelles pentues, se faufilait sous les portes et par n’importe quel trou laissé sans surveillance. L’air était humide et les vêtements ne séchaient jamais complètement, gardant une texture rêche et difficile à supporter.
 
Depuis des heures, Killian marchait au hasard, ne souhaitant pas rester au même endroit trop longtemps. Elle avait passé la nuit dans une auberge abandonnée et déjà mise à sac, ne mangeant qu’une bouchée de viande séchée, et était repartie à l’aube. Il devait être près de midi et rien ne bougeait, heureusement. L’eau restait sagement dans ses flaques, aucun œil ne venait s’ouvrir devant elle. Ses créatures étaient un subtil mélange de beauté et de cruauté qui faisait frémir Killian. La veille, elle avait assisté, impuissante, au meurtre pur et simple d’une femme, dont les yeux s’étaient emplis d’eau, celle-ci allant jusqu’à jaillir de ses narines et sa bouche, avant qu’elle ne soit entraînée au fond par la créature. Les bulles s’étaient très vite estompées. Peu après, Killian elle-même avait faillit connaître le même sort. Elle avait sentit de l’eau sur sa jambe, et l’avait secouée dans l’espoir de la retirer. En vain. La chose était accrochée comme une ventouse.
 
Et l’eau avait débuté l’ascension de son corps, commençant aussi à s’infiltrer par les oreilles et presque les yeux. Killian s’était débattue, et avait sortit sa dague pour trancher dans le vide, jusqu’à ce que la bête se retire, sans qu’elle ne comprenne la raison exacte. En tout cas, cet instant de répit lui avait été bénéfique et Killian avait tenté de tuer la créature. Personne n’était invincible ou immortel ! Mais rien. Sa dague et son bras traversait juste le corps translucide de la bête, qui penchait la tête et la regardait de ses grands yeux. Elle eut beau faire, Killian n’avait même pas pu la blesser. En revanche, la créature avait réussit à retourner la dague contre son propriétaire, et, mue par une force irrésistible, Killian s’était éraflée le bras, tranchant sa tenue en cuir et entamant la peau. Elle avait gémit et avait vivement retiré sa main, reculant le plus possible. Et cette saloperie avait eu en prime le culot de lui voler sa dague !
 
Rageuse, Killian s’adossa à un mur, devant réfléchir au calme. Sa plaie ne saignait plus, mais il aurait fallut qu’elle la bande pour éviter une infection, seulement elle n’avait plus de bandage, et aucune auberge ni aucune personne n’avait pu lui en fournir. Donc tant pis.
 
Bon et à présent ? Que faire ? Elle ne connaissait personne à Al-Chen. Sa famille vivait heureusement plus loin et était donc épargnée par cette malédiction. Un mouvement furtif attira son attention. Se redressant, sur ses gardes, Killian ne sortit pas sa seconde dague ; si c’était l’une de ses créatures, cela ne lui servirait à rien et puis elle avait comprit : avec elles valaient mieux fuir. Quelques secondes plus tard, elle vit la silhouette liquide s’approcher, passant de flaques en flaques. Jurant dans sa barbe, Killian se mit à courir. La bestiole aussi.
 
Elle s’amusa à tourner dans toutes les ruelles, essayant de perdre son poursuivant, mais ce dernier semblait deviner en avance ses mouvements et ne se laissait absolument pas distancer. Killian slaloma encore un peu, puis sauta sur une caisse détrempée, s’agrippa au bord du toit et se hissa souplement malgré sa plaie, la caisse se fracassant en bas en petits morceaux. Là haut normalement, elle devait avoir plus de chances… et non. L’eau était là aussi et la créature apparut très vite devant elle. Crotte ! Elle courut, glissa, se rattrapa, prit de l’élan, sauta sur le toit d’en face. Elle reprit sa course, mais cette fois, tandis qu’elle regardait rapidement en arrière, son pied dérapa et avec l’élan elle chuta, roulant le long du toit, ne parvenant pas à attraper le rebord, et atterrissant sur des caisses brisées.
 
Légèrement sonnée, Killian gémit et se releva, remerciant les caisses. Elles avaient légèrement amortis la chute. Retirant quelques échardes, la jeune femme reprit son souffle, regardant à droite et à gauche pour tenter de se repérer. Elle se trouvait dans une ruelle, et quand elle regarda encore à gauche, les yeux turquoise étaient là. Mais ils n’étaient plus seuls. Il devait y avoir au bas mot trois paires qui l’observaient, et seul Merwynn pouvait dire combien se terraient dans l’ombre des maisons.
 
Jurant encore, elle reprit sa course, puisant dans ses dernières forces pour aller au maximum de sa vitesse. Elle jongla à nouveau entre les rues, regardant fréquemment derrière elle. Ce dut être à cause de cela qu’elle ne remarqua pas l’arrivée d’un obstacle droit sur elle. D’un coup son corps fut au sol, et sa tête cognait violemment les pavés mouillés, son visage se couvrant d’un voile étrange. Elle gémit, sentant un poids sur elle, sonnée. Son cerveau semblait écrasé, presque broyé, tant sa tête la lançait. Son corps aussi avait prit cher, mais il se remettrait plus vite que la tête. Au moins elle respirait encore…
 
L’objet sur elle bougea, et elle sentit un souffle quand on retira le voile de son visage. Ouvrir les yeux était trop dur pour elle. Mais bon sang, réalisait-elle, quelqu’un était sur son corps et ne semblait pas vouloir le quitter ! Elle voulut lever les mains, mais elles n’obéirent pas. Des mots tentèrent de se frayer un passage, elle ne comprit que le mot « chapeau ». Ah donc le voile était un chapeau ? Mais… elle n’avait pas de chapeau. C’était difficile de se concentrer.
 
Puis, d’un coup, elle sentit son corps flotter dans les airs. Le vent caressait sa peau et surtout la bosse qui devait se former sur son crâne. Elle comprit les termes de « sûreté » et de « courage », mais ne comprit pas où on voulait en venir. Alors elle laissa tomber, préférant laisser à son corps le temps de se remettre.
 
Quand elle émergea, elle était dans une pièce sombre. Ses yeux n’eurent de se fait aucun mal à s’acclimater, puisqu’il n’y avait qu’une bougie pour éclairer les lieux. Les fenêtres étaient barricadées, les dessous de portes aussi. Chaque trou ou interstice avait été soigneusement fermé, colmaté, pour éviter à l’eau de pénétrer les lieux. Killian gémit et porta une main à sa tête. Ouh, jolie bosse ! Elle se redressa en grimaçant, et vit qu’on avait même soigné sa coupure au bras. Si la personne l’avait dévêtue, elle avait eu la décence de la rhabiller en tout cas. Assise dans… un lit ? Killian se demanda où elle se trouvait. Ses souvenirs étaient flous. Elle se rappelait la course pour échapper aux créatures, de plus en plus nombreuses. Puis un choc, le sol contre sa tête, quelques mots, et plus rien.
 
-Où suis-je ? Il y a quelqu’un ? S’enquit-elle d’une voix pâteuse.
 
Par pur réflexe, après coup, elle pensa à ses armes. Elle les trouva à leur place. Bon… donc son bienfaiteur ne lui voulait, apparemment, pas de mal. Mais qui était-ce ? Et où se trouvait-il ? Elle ne sentait rien de particulier ici, puisque tous les vêtements avaient la même odeur. Sa Greffe ne lui servait plus à grand-chose… ah si. Une vague odeur de fumée lui parvint aux narines. Il y avait donc un feu quelque part proche d'elle. Tendant l'oreille, elle n'aurait su dire si elle percevait des crépitements de flammes dans une cheminée, ou si c'était son imagination.
 
Elle posa les pieds par terre, s’immobilisa le temps que tout cesse de tourner, et voulut se lever. Rien, ça tournait encore un peu trop.
 
-Ohé ? Il y a quelqu’un ?
 
Répéta-t-elle. Et si on l’avait enfermée ? Non… pourquoi donc ? Un Mercenaire ? Un Marchombre qui aurait apprit le pot aux roses ? Merde ! Non… impossible, les deux l’auraient désarmée. Et ils n’auraient pas prit la peine de la soigner. Mais alors… qui ?
 

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Dernière édition par Killian Delkaïron le Jeu 3 Aoû 2017 - 17:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Mar 1 Aoû 2017 - 3:15

L’empereur ôta l’anneau d’or qui ceignait son front avec délicatesse et le posa dans le coffret qui se trouvait devant lui. Sur son front, la couronne laissait encore une trace visible, délicatement mélangée à de fines rides tandis que ses sourcils demeuraient crispés dans une expression de concentration.
Son regard brun et sévère observa le seau qui se trouvait à côté du précieux coffre et se dit que décidément, le monde ne tournait pas rond. Oh, il s’agissait d’un seau banal, en métal léger et peu épais, il était légèrement cabossé dans le fond mais il ne possédait aucun trou, ce qui contrairement à toute logique, n’enchantait pas l’empereur. Pour certains, un trou dans un seau était synonyme de fuite et donc d’inutilité. Mais pour Sil’Afian, c’était autre chose. C’était une goulée d’air frais, un rai de lumière, un maigre espoir. Mais il n’y avait aucun trou.
L’homme cessa de torturer l’esprit et glissa ses doigts sous l’anse et retourna le seau sur sa tête afin de l’enfiler.
Heureusement pour lui, il était seul dans ses appartements, il l’avait exprimé de manière particulièrement claire car moins de cinq personnes étaient au courant des capacités de cet objet ménager et quiconque d’autre l’aurait surpris dans une telle position aurait mis en cause sa santé mentale. Et c’était bien la dernière chose dont il avait besoin. Ca et découvrir que toutes ses chaussettes étaient trouées, mais l'Empire ne risquait pas de s'effondrer à cause d'une telle situation, alors ça ne comptait pas vraiment.

L’empereur de Gwendalavir avait donc la tête dans un seau et sous ses yeux s’étalait Gwendalavir. Cette prouesse magique était l’œuvre de l’illustre Dessinateur Merwyn Ril’Avalon, qui avait créé une sorte de Vigie portative qui avait la capacité de réduire à néant toute personne l’utilisant.
Se concentrant, Sil’Afian fit défiler Al-Jeit sous ses yeux. Tel un oiseau, les tours élancées de la capitale tentaient de le frôler vainement tandis qu'il fendait les cieux, le regard scrutant attentivement le sol. Il s’élança vers le nord en remontant le Pollimage qui s’était enfin calmé après de longs mois de tempêtes. Ce qui l’intéressait se trouvait non loin. C’était Al-Chen. Cette perle nichée sur les rives du lac Chen et qui semblait avoir disparu. La panique s’était rapidement répandue, surtout lorsqu’il avait été établi que rien –pas même un Dessin- ne pouvait franchir le dôme qui s’étendait au-dessus de la ville et du lac.
Rapidement, le fameux dôme s’offrit à son regard et le monopolisa. Il était massif. Si imposant et pourtant, on aurait dit des parois faites de cristal et de nuages orageux. Mais l’heure n’était pas à la contemplation, si au moins il pouvait voir l’intérieur de la ville, savoir que ses citoyens étaient en sécurité, les choses seraient un peu moins dramatiques. Les derniers jours avaient laissé la ville d’Al-Chen affaiblie et pratiquement submergée par les flots, les renforts constitués de quelques sentinelles n’aveint pu atteindre la ville avant qu’elle ne soit totalement fermée. Même Ewilan était restée dehors. Elle aussi s’était fracassée contre cette paroi effrayante.

L’empereur ne voyait rien. Il venait de plonger dans le dôme et il ne voyait rien. Il était comme dans une mer de nuages, dans une obscurité dévorante. Il se concentrait, cherchant à découvrir quelques points lumineux ou une faiblesse dans cette barrière irréelle, mais les nuages semblaient se dérober sous son regard. Rien n’était fixe, rien n’était net. Tout était gris et flou. Plus le temps passait, plus la colère gonflait en lui. L’absence de réponse était la pire des choses, avec l’incapacité d’agir. Et ces deux cas se profilaient lentement mais sûrement, rendant son avenir aussi sombre et terrifiant que ce dôme.
Mais il refusait d’abandonner.
Les secondes devinrent des minutes, s’étirant lentement jusqu’à devenir des heures… Lorsue Soudan, il vit. Une vision fugace mais suffisante pour être gravée dans son esprit. C’était dans un des faubourgs d’Al-Chen, il avait vu une rue vide. La ville n’était pas submergée, mais il n’y avait guère grand monde dans la rue. Il lui avait semblé apercevoir quelques silhouettes se déplacer rapidement, et peut-être même une sur un toit, à moins qu’il ne s’agisse d’un chat. Peu importait. Avec beaucoup de patience et de persévérance, il était possible d’entrevoir ce qu’il se passait dans la ville disparue.

La flamme de l’espoir brûlait désormais dans son cœur, bien qu’elle soit frêle et vacillante. Quittant ce terriblement ridicule couvre-chef, Sil’Afian se redressa et remit son anneau d’or à sa place avant de quitter ses appartements pour une nouvelle réunion d’urgence.
Dans la pièce, l’attendaient Ewilan Gil’Sayan, qui s’était portée volontaire pour être la porte-parole de l’empire auprès des Dessinateurs sur place, Bjorn Wil’Wayard, le commandant de la légion noire dont les hommes se dirigeaient à bride abattue vers Al-Chen et qui s’occuperait de la protection de la ville –enfin du dôme- et de l’organisation de toutes les forces armées. Un historien du nom de Derket Mil’Duranter était également présent afin d’aider à résoudre au plus rapidement cette crise et qui coordonnerait les recherches dans toutes les archives du continent. Le dernier invité présent était un Navigateur qui se joignait aux recherches et aux tentatives de franchissement de cette barrière en apportant l’aide de ses confrères ainsi que ses connaissances particulières liées à l’eau, aux éléments et au Dessin. Il s’appelait Jalin Treyian.
La longue table au milieu de la pièce était recouverte de divers documents, e plus imposant était sans conteste la carte de l’Empire désormais tatouée d’un cercle démesuré. Deux scribes étaient également présents et annotaient les différents points à aborder lors de la réunion ainsi que l’organisation qui serait nécessaire à la résolution de ce conflit inédit. Sil’Afian pénétra dans la pièce et salua chaque personne s’y trouvant, prenant le temps d’aborder quelques sujets légers avec chacun afin de détendre leurs esprits angoissés et surtout de les faire patienter le temps que son conseiller principal les rejoigne.
Quelques minutes plus tard, ils étaient tous les huit en pleine discussion, chacun parlant à son tour et écoutant les informations qu’avaient les autres à lui offrir même si pour l’instant elles étaient maigres et loin d’être satisfaisantes.

Les recherches s’organisèrent lentement.
Les Dessinateurs allaient devoir éprouver continuellement le dôme. D’abord en tout point, afin de voir si certaines zones étaient plus fragiles que d’autres, puis en un seul et unique point sans jamais cesser de solliciter cette barrière magique –puisqu’il ne semblait pas s’agir d’un Dessin, autant employer ce mot fantastique- en employant tantôt l’osmose, tantôt les capacités expérimentés des peuples de l’Est ou d’autres techniques plus discrètes. Ewilan avait le champ libre et devait connaître les limites réelles de ce dôme avant de se plonger dans son étude détaillée à l’aide des historiens et autres théoriciens.
Les soldats devaient préserver la zone mais également vérifier la dureté de cette barrière et son étendue. Continuait-elle sous terre ? Si un homme ne passait pas, est-ce qu’un objet inanimé en était capable ? Une autorisation spéciale avait même été donnée afin d’utiliser quelques objets des terriens afin d’effectuer plus de tests et de savoir si ceux-ci étaient plus à même de franchir cette barrière.
Mil’Duranter allait fouiller toutes les bibliothèques privées comme publiques de l’Empire afin de chercher d’éventuels cas similaires ou toute information qui pourrait s’avérer utile, une référence à une matière infranchissable, aux capacités des gommeurs et les études qui ont été faites à leur sujet…
Et les Navigateurs allaient effectuer également des tests, voir s’il était possible de franchir le dôme sur l’eau ou dessous. Si l’eau elle-même était capable de franchir ce dôme. Si l’air en était également capable. Puis ils étudieraient de leur mieux la matière du dôme qui semblait être organique, en travaillant en collaboration avec des Dessinateurs, leurs savoirs se complétant.

La nuit était bien avancée lorsqu’Ewilan effectua son pas sur le côté accompagné de Bjorn et de Jalin en direction d’un campement non loin d’Al-Chen-la-disparue. L’empereur avait annoncé après leur avoir fait juré de garder e secret qu’il avait été en mesure de voir l’intérieur de la ville et que la ville ne semblait pas submergée par l’eau. Toutefois deux personnes se relaieraient jour et nuit afin d’observer la ville et de tenter d’apercevoir leurs concitoyens.

L’empereur rejoignit ses quartiers et soupira, sentant la fatigue lui peser sur les épaules, en plus de la pression qui lui enserrait les membres. Le repos salvateur ne serait pas pour tout de suite, il le savait et la fatigue s’accentua un peu plus tandis qu’il apportait le seau Merwynesque dans une aile à accès réservée du Palais et fit venir le premier guetteur afin de lui expliquer sa mission.

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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Mar 1 Aoû 2017 - 9:55

C'est l'aube. Il retrouve avec joie l'air chaud de son atelier, remplie d'une odeur particulière. Mais cela n'a pas duré. Il prend un temps pour regarder les différentes lettres arrivées durant son absence. La plus récente attire son attention. Cela vient d'un cousin pour qui il a déjà travillé pour des cargaisons. Il déchire le papier, parcourt le message court et directe sur le papier épais. Il avait entendu parlé de ce qu'il se passait à Al-Chen. La pluie ne cessait de tomber, rendant les alentours dangereux. Le lac Chen menaçait de déborder, ou est-ce déjà le cas ? D'un geste il repose les lettres restantes sur une table, et glisse celle ouverte dans une poche. Il ne peut refuser cette requet à son cousin. Il doit aider son clan et si par la même occasion il peut aider à stopper cet étrange situation, cela le motive encore plus. Il ne lui faut pas longtemps pour réunir ses affaires. Sa hache vient retrouver sa place dans son dos, alors que deux poignards viennent décorer ses cuisses. Un caresse pour Fable qu'il n'en mènera pas avec lui. Quoi qu'il se passe, elle n'est pas un cheval de guerre. Et puis ce serait dommage de perdre une telle jument. Son sac sur l'épaule, il se dirige vers le centre de Al-Jeit.

La bas une escorte se prépare. Il y régne un certaine excitation, même si Idir remarque que certains de ces frères sont bien sérieux. Après tous même si la plupart des siens aime se faire connaître durant des missions qui requiert honneur et force, ici cela semble différent. Les dires sur Al-Chen semble devenir de plus en plus étranges, presque fantaisistes. Et ne pas savoir dans quoi s'embarqué peu changer bien la donne. Après avoir salué chacun des membres de l'escorte, accordant un signe de tête aux soldats de la légion noire, il prépare sa monture échangeant avec quelques Thüls. Puis le signal est donné. Il remarque la fameuse Ewilan Gil Sayan, qui accompagné d'autres personnes désigné par Sil Al'Fian pour aller aider les habitants d'Al-Chen. Ce sont ceux eux qui devront être protégé. L'escorte se met tous de suite en place. Les Thüls d'un côté, la Légion de l'autre. Le jeune homme tente de ne pas se soucier des regards des habitants quand ils traversent la ville. Des murmures et il ressent l'inquiétude. Les temps sont dures et étranges en ce moment..

Durant le trajet, son cousin prend le temps de l'informer sur la situation réel des lieux. Et c'est mentir si il a du mal à se l'imaginer. Un dôme isolant la ville. Et il stopperai les nuages, la pluie et impossible de dessiner à l'intérieur... Durant le trajet, il préfère chasser ses pensées de son esprit, se concentrant sur la protection de la troupe. A part quelques escarmouches, le voyage s'est bien passé. Les yeux du Thül s'agrandissent en voyant le spectacle qui s'offre à lui à l'approche de la ville. Immense, le dôme s'élève dans le ciel. Les nuages sombres l'entourent, se pressant sur la paroi. Tandis que les dessinateurs et autres s'approchent du dôme pour l'examiner, la troupe reste un peu à l'écart. Comment peu bien se débrouiller les civils à l'intérieur ? La pluie ne semble pas atteindre l'intérieur du dôme mais les jours précédents ont dû laisser la ville s'en dessus-dessous... Et surtout comment pourront-ils les aider ?
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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Ven 4 Aoû 2017 - 2:12



Le vent soufflait doucement, faisant onduler l’herbe et frémir les arbres qui brodaient la route. À cette litanie silencieuse s’ajoutait le martèlement régulier des sabots d’un cheval sur la piste de terre. Les récentes pluies avaient détrempé et transformé cet agréable chemin en une rivière boueuse qu’aucun Alavirien ne se risquerait à emprunter à pied. Mais Neleam n’était pas à pied et se concentrer sur l’environnement qui l’accompagnait dans sa chevauchée lui permettait d’éloigner les inquiétudes de son cœur.
Les pans de sa robe claquaient dans le vent, traînant derrière ce duo semblable à un ciel nocturne sans nuages. La mélodie l’accompagnait et rendait étrangement le silence plus pesant. Les choses n’allaient pas.
La guerrière accompagnait chacun des mouvements de Firmament, allongée sur son encolure afin de lui faciliter la tâche. Emryss, sa précieuse arme se trouvait dans son dos et la rassurait en cas d’attaque de brigands, car bien que la robe offerte par Merwyn soit plus efficace qu’une armure, elle s’inquiétait d’être aussi légère. Sa liberté de mouvement était presque parfaite, le vêtement épousait ses formes tout en dévoilant par endroits sa peau laiteuse, car il était fait après tout pour être élégant et pratique.
Neleam portait donc des robes. Enfin, une robe en particulier. Et c’était cette idée amusante qui l’accompagnait tandis qu’elle gravissait l’ultime colline qui empêchait ses yeux d’apercevoir Al-Chen. Al-Chen la mystérieuse. Les rumeurs s’étaient répandues à une vitesse folle, encore plus rapidement que pour la chasse au trésor fantomatique. Un dôme avait recouvert la ville et le lac, rendant impossible tout franchissement. Une barrière opaque séparait la ville du reste du monde.
Et Neleam s’était attachée à Al-Chen. Depuis plusieurs mois elle y avait pris ses habitudes, avait sa piètre demeure, son amant et surtout du travail. La ville était en train de chuter lentement mais sûrement, le climat s’acharnait, réduisant à misère les cultures, anéantissant le moral des habitants et inondant les rues. C’était l’endroit rêvé pour qu’un chevalier puisse servir son prochain, protéger et améliorer le monde. C’était pour cette raison que Neleam était restée. Enfin en partie, Reagan y était également pour quelque chose, Al-Chen était devenue leur point de base et même s’ils s’éloignaient pour diverses missions, ils y revenaient toujours. Et aussi étrange que cela puisse paraître, Neleam ne regrettait pas le Chevalier qui Gondole.
Elle avait sa propre vie, et pour une fois, elle trouvait les chevaliers bruyants et parfois ridicules. Mais ça, elle le gardait pour elle car elle était l’une des leurs, portant fièrement son pendentif l’attestant.

La sortant de ses pensées, Firmament se stoppa tandis que la guerrière levait les yeux vers la surface qui se dévoilait désormais sous ses yeux. Elle était arrivée en haut de la fameuse colline et elle ne voyait rien, si ce n’était cette immensité grise et scintillante.
C’était donc vrai. Tout était vrai. La ville était inaccessible.
Refoulant la vague de panique qui l’envahissait, la jeune femme s’ébroua et talonna sa monture afin de s’approcher. La guerrière qui était en elle ne comptait pas se laisser intimider ou même baisser les bras. Elle allait trouver les renforts et se joindre aux efforts de guerre, bien que l’Empire ne soit pas en guerre. Du moins pas encore, car la chevalière se doutait qu’un tel évènement aurait de sombres répercussions sur tout l’Empire.



Neleam finit par trouver un campement assez important, non loin de la barrière. Elle l’avait éprouvée en essayant de la franchir à pied, à cheval, en sautant… Elle s’était à chaque fois cognée contre le dôme sans laisser la moindre trace contre cette structure étrange. Elle avait également essayé de jeter des cailloux et autres objets inanimés sans résultats.
Elle sourit en apercevant les tentes des légionnaires, leur présence était rassurante, même si en y réfléchissant bien cela signifiait que la situation était grave.
D’un pas assuré, elle guida Firmament au milieu de la ville qui se déployait autour du dôme. Il s’agissait d’un campement de fortune aux dimensions… exceptionnelles. Les alaviriens qu’elle croisait étaient tous différents, il y avait des jeunes, des vieux, des guerriers… Mais il n’y avait pas son roux. Tandis que la jeune femme parcourait les hautes silhouettes masculines du regard, à la recherche de son Homme, elle s’immobilisa en reconnaissant l’une d’entre elles. Idir Faragan. Son ami thül forgeron.
Un large sourire s’étala sur ses lèvres tandis qu’elle se précipitait dans sa direction et lui sautait au cou. Ils se connaissaient -du moins ils se fréquentaient véritablement- depuis moins d’un an et pourtant le lien qui les unissait était solide. Aussi dur que l’acier et pourtant aussi souple qu’un élastique. C’était l’une des rares personnes à qui elle se confiait véritablement.
Les retrouvailles furent joyeuses, même si l’ambiance générale ne l’était pas. La situation était grave mais la jeune femme, avec son énergie et son optimisme habituel entreprit d’évaluer la situation à son tour.


Le jour se levait à peine, mais Neleam était déjà au pied du dôme, avec Idir et un de ses compagnons de voyage. Ils étaient en train d’installer une forge tout contre le dôme, afin d’observer sa réaction lorsqu’il était soumis à des températures particulièrement élevées.
Quelques récalcitrants à ce plan -qui semblait prometteur à la chevalière- l’informèrent que les Dessinateurs avaient déjà tout essayé et que si le feu permettait de créer une brèche dans ce dôme, il y a bien longtemps qu’il n’existerait plus. Cela faisait trois jours que le dôme était apparu et aucune solution n’avait encore été trouvée. Il était donc hors de question de ne pas tenter leur expérience.
Les premières étincelles surgirent au crépuscule, embrasant les bruches installées et Neleam répondait aux moindres demandes d’Idir afin que le feu prenne le plus rapidement possible.


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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Dim 10 Sep 2017 - 17:47



Extérieur du dôme.
Campement des Dessinateurs.


Des tentes avaient été disposées un peu partout. Voilà plus d’une semaine et demie que le campement avait été installé. Au début il ne composait qu’une vingtaine de Dessinateurs, mais très vite ils avaient été rejoint par des soldats, des Thüls et des Frontaliers. L'Empereur Sil’Alfian avait fait quérir de l’aide là où il pouvait, la situation d’Al-Chen était le problème numéro un. Sans la cité portuaire plus aucun commerce maritime ne pouvait avoir lieu, de nombreuses entreprises voyaient leur chiffre faillir et l’économie de l’Empire s'effondrait peu à peu. Commercer par l’intérieur des terres, par chariot et caravane était une solution, mais pas la plus rapide.
Cependant l’économie importait peu le dirigeant, seul comptait le nombre de vies humaines enfermées dans cette ville. Plus d’une semaine que des centaines de gens étaient piégés dans un dôme qui n’avait aucune existence propre. Il était visible à l’oeil nu, mais invisible dans l’Imagination. On pouvait le toucher, mais point le briser … Les plus braves avaient tenté de le brûler, mais cela n’avait affecté en aucun cas les parois.
De nombreux spécialistes du Dessin, des analystes, des maîtres d’Académie avaient partagé leurs connaissances dans le but de résoudre le problème. Mais rien, rien ni personne ne semblait pouvoir contrer la Volonté du Dôme.

Les Sentinelles avaient toutes accouru à l’appel de l'Empereur, seul deux manquaient, ayant le devoir de surveiller les frontières.
Suppositions et théories … afin d’élucider l’énigme d’Al-Chen-la-disparue les propositions des savants ne contenaient aucune base solide, interprétant des phrases énigmatiques dans des bouquins de l’Âge de Mort aucune solution ne paraissant.

Tandis que les troupes quadrillaient le tour du dôme, qui s’étendait sur plus de deux kilomètres autour de la ville et scindait le lac en deux, des guets avaient été placés aux endroits stratégiques. Leur priorité principale était qu’aucun citoyen ne s’approche du dôme. Mais il avait aussi la mission de relayer toute information susceptible d’être utile au dénouement du mystère.

La chose la plus étrange concernait le lac très certainement, celui-ci était scindé en deux par le dôme, mais rien n’y laissait paraître. Le dôme disparaissait tout simplement dans l’eau, et lorsque des expéditions de plongé sous-marine avaient été tentées pour passer par dessous, les plongeurs s’étaient retrouvés face au même phénomène qu’en surface. Une paroi lisse et indestructible.
Ce qui était cependant intéressant noter était la présence des poissons et divers animaux. Du côté non-enfermé du Lac, l’écosystème marin était identique à l’habitude. La vie dans les profondeurs se faisait sans aucune bizarrerie. Tandis qu’à l’intérieur du dôme, aucun poisson, aucun animal marin n’était visible. Un grand bleu froid, sans fond, immobile et sans vie.

C’est en milieu d’après-midi du dixième jour après l’apparition du dôme que quelque chose d’anormal se passa. Enfin anormal, rien n’était normal depuis le début.
Un crissement affreux se fit entendre, comme un tremblement de terre. Tandis que les hommes se bouchaient les oreilles, le bruit infernal continuait. Telle la terre qui se fissure, on sentait le sol trembler, l’eau s’agiter, le vent souffler tel un ouragan. Le climat devenait instable et on crut à la fin du monde.
Puis d’un coup, tout s’arrêta. Après un long moment de silence, des rayons de soleil traversèrent les nuages, le bruit avait cessé, aucune brise ne se profilait.
Toujours au même endroit le dôme se tenait. Mais il n’était plus invisible.

Liven Dil’Ventin se jeta dans l’Imagination, une fraction de seconde après Ewilan Gil’Sayan. Son sang se glaça quand il vit la réalité. Au milieu des Spires, la paroi invisible et indestructible du Dôme avait prit sa place dans l’Imagination. Par réflexe il tenta une approche brutale, mais elle échoua pathétiquement.
Tandis qu’il envoyait mentalement un message à sa coéquipière, il émergea en silence de l’Imagination.

« Ewie … mais qu’est-ce que c’est que ça ? »
«  Tu ne comprends pas Liven, l’as tu sondé avant de foncer tête baisser ? »
« ... »
« Ce Dessin est éternel, du moins je le présume, ce n’est qu’une quantité incommensurable de Volonté, de Pouvoir et de Créativité. Seul un pouvoir plus grand peut briser telle chose ! »
« Tel pouvoir n’existe pas ! »
« Peut-être pas le Pouvoir, mais de la Volonté oui ! »

***

Intérieur d’Al-Chen.
Plus haute tour du Palais, versant Ouest.
QG-de la Résistance.


Au total il devait y avoir assis une cinquantaine de personnes. Hommes et femmes, de tous âges. Un brouhaha incessant régulait l'atmosphère. Au milieu du groupe, une table ronde était installée et quelques hommes et femmes discutaient vivement. Soudain l’un des hommes, assez âgé, barbu avec un visage recouvert de cicatrices frappa son poing sur la table.

« Que cela cesse, on n'a pas de temps à perdre pour des chamailleries !  Voilà maintenant plus d’une semaine que nous sommes enfermés comme des rats, je pense qu’il n’y a rien à espérer de l’extérieur désormais. Je suis certain que l'Empereur et les Dessinateurs font tout leur possible pour nous sortir de là, mais vu le résultat je pense que la solution ne doit pas venir de l’extérieur, mais bien de l’intérieur. Il nous faut découvrir comment sortir ! »

« Ce ne sont que des paroles en l’air Jilyan, tout le monde sait qu’il faut qu’on se barre de ce foutu endroit. Tu ne penses pas qu’on en a marre des incessantes expéditions dans le Berg pour trouver une solution au problème. Je pense que cela doit cesser, nous avons perdu assez d’hommes pour l’instant ! »

« Que fais-tu des survivants Genuil ? » Rétorqua une femme d’une trentaine d’années, aux cheveux de couleur argenté.

« Nous avons ramené quasi tous les survivants dans les hauteurs de la ville. La plupart se sont installés dans le palais, dans les étages en dessous de la salle même où nous tenons notre réunion. Pour les autres ils ont dû faire de même chacun dans leur coin en attendant des renforts. On ne leur sera pas d’une grande aide. Nous avons à peine assez de vivre pour survivre un mois de plus. »

« J’ai convoqué une assemblée d’urgence parce qu’il nous faut trouver une solution. » dit soudain un homme assis dans l’ombre. « Prenons le temps de faire un point sur la situation et d’envisager les possibilités ».

« Seigneur Aeor… j’ai bien peur qu’il n’y ai pas de solution. Concernant le niveau de l’eau il ne fait que monter, le Berg gagne du terrain de plus en plus. Les Nérosiens agrandissent leur terrain de chasse, si le dôme ne tombe pas d’ici un mois ils atteindront les hauteurs des tours et nous seront tous fichus ! »  commença Jilyan.

« Dans l’eau il est impossible de survivre, le feu fait fuir les créatures, mais l’humidité empêche une combustion pendant trop longtemps. La solution la plus efficace pour s’échapper, outre le feu, est de leur jeter de la terre. Celle-ci semble les blesser, au lieu de traverser leur corps comme le métal elle s'agglutine formant une pâte autour de leur corps qui les empêchent de bouger. Mais nous n’avons plus accès au sol, comment récupérer un élément qui nous est indisponible ? Vous voulez leur jeter des pots de fleurs ? »  Le fameux Genuil avait pris la parole.

« Il ne faut pas oublier les monstres … les Nérosiens font pâle figure face à eux désormais, et ceux-ci peuvent se déplacer hors de l’eau. »  La femme aux cheveux argentés avec repris la discussion.

« Les monstres Nérosiens sont le cadet de nos soucis pour le moment, un seul a été aperçu. Diverses descriptions nous le décrive avec une taille de plus de deux mètres, ses bras se termineraient en une forme ronde agencé de piques, recouvert d’algues, de vases, de bois mouillé et de coquillage. Il était lent, et on a le temps de s'enfuir. Il nous faut stopper l'avancée du Berg! »

« L’eau provient bien d’un endroit précis non ? Il nous faut localiser l’endroit et le détruire ! »
« Mais comment ? Cet endroit existe-t-il seulement ? »
« On sait que le lac n’est pas l’origine de l’écoulement, bien que la première digue soit percée et que l’eau a englouti le port, son niveau n’a pas baissé d’un pouce et la seconde digue haute de plus d’une vingtaine de mètres, retiens le lac hors de la cité. »

« Mais lorsque le Berg dépassera la hauteur de la digue hein ? Comment feront nous pour que celle-ci ne tombe pas mêlant le lac au Berg ?  Si le lac Chen et le Berg se rencontrent les Nérosiens seront indestructibles et le lac sera condamné … nous devons empêcher ça ! »

« Pour le moment c’est notre survie qui m’inquiète le plus, si la digue tombe le niveau de la Breg descendra et ... »
« Et Al-Chen ne sera plus qu’un tas de ruines inondées ! » rétorqua le Seigneur de la Ville.

« Je propose d’envoyer une nouvelle fois une expédition dans la Berg. Nous savons que les Nérosiens sont le plus nombreux à l’extrémité Sud de la Ville, près de l’entrepôt Wil’Halfia. Le monstre a d’ailleurs été aperçu par là-bah. Je suis sûr que c’est à cet endroit que nous trouverons nos réponses ! »

« C’est du suicide Jilyan ! »
« As-tu une meilleure idée Genuil ? »
« ... »

Aeor Jil’Fayan se leva.

« Demain nous enverrons une équipe à l'entrepôt pour découvrir ce que cachent les Nérosiens. C’est dangereux, voir une mission suicide. Mais pour détruire notre ennemi, tenter d’empêcher la montée de la Berg qui détruirait la digue et la ville par la même occasion, il nous faut découvrir d’où provient la source !  Jilyan et Annia vous formerez une équipe de volontaires. »
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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Sam 16 Sep 2017 - 16:44



Un Aveugle pour sauver les aveuglés

Campement de la Légion Noire, Extérieur du Dôme




Deux jours après l'apparition du Dôme la Légion fut appelée par l'Empereur en renfort. Les nouvelles avaient mit du temps à parvenir jusqu'aux Marches du Nord, où Esrin était cantonné. Dès qu'il apprit la nouvelle il s'inquiéta pour la vie de Dan, son père adoptif. Il était peut être en danger. Le Capitaine réunit les hommes pour une réunion d'urgence devant sa tente. L'Empereur voulait que le plus grand nombre d'entre eux puissent se rendre à Al-Chen rapidement. Seuls resteraient trois escouades de la Section. L'escouade d'Esrin, dont il était le Lieutenant depuis quelques mois, se porta immédiatement volontaire pour la mission. Le Légionnaire ordonna à ses hommes de démonter les tentes et d'empaqueter leurs affaires. Deux heures plus tard l'escouade était prête à partir.

Le voyage dura plusieurs jours et lorsqu'ils arrivèrent à proximité d'Al-Chen ils furent tous frappés par la vision cauchemardesque de ce dôme entourant entièrement la ville. Un immense campement s'étendait à proximité de celui-ci, plaine de tentes et abris montés à la hâte. Une véritable fourmilière, qui n'avait qu'un seul but : élucider ce mystère et rentrer coûte que coûte dans la ville. Les Légionnaires installèrent leur camp à côté des autres sections de la Légion déjà présentes. Esrin se retrouva par la suite avec les autres officiers du campement pour faire le point sur la situation. Malgré l'afflux d'aide provenant des quatre coins de l'Empire, le dôme restait toujours une énigme et rien de ce qu'ils avaient tentés jusqu'à présent n'avait réussit à le percer. La Légion effectuait son quadrillage, afin de retrouver d'éventuels rescapés ou de découvrir des points faibles dans sa structure. La réunion achevée, Esrin retourna vers ses hommes, songeur. Il n'avait pas osé interrompre le commandant durant la réunion, mais il ne comprenait pas qui pouvait infliger ça à une ville de l'Empire. Les Mercenaires ? Ils s'étaient considérablement affaiblis suite à la chute de leur capitale.  Les Pirates ? Ils étaient de piètres dessinateurs. Les Raïs ? Impossible !

Mais alors, qui ?

La pluie tombait depuis des heures sur le petit de Légionnaire. Esrin était trempé jusqu'à la moelle et commençait à frissonner de froid, malgré l'épaisse fourrure qu'il portait par dessus son armure. Ils avaient commencés le quadrillage de ce coin il y a seulement quelques heures et déjà la fatigue se faisait sentir. Il était fatiguant de se déplacer dans cette boue où on s'enfonçait jusqu'au genoux à certains endroits. Leur mission consistait à "palper" le dôme, pour y trouver une faille ou la moindre anfractuosité. Malheureusement le mur de verre était on ne peut plus lisse. La sensation au toucher était très étrange pour l'aveugle, lui qui s'attendait à un contact froid comme du verre. Au contraire la paroi était chaude et il ressentait quelque chose d'étrange. Comme si le dôme palpitait. C'était presque imperceptible, mais pas pour lui. Il ne pouvait expliquer ce phénomène. C'était comme si... Il était vivant.

A mesure qu'ils avançaient, un bruit prenait de l'ampleur. Celui du martèlement d'un marteau, comme dans une forge. Un de ses éclaireurs lui annonça qu'il y avait une petite forge un peu plus loin, accolée à la paroi, avec un petit groupe de personnes à l'intérieur. Les Légionnaires suivirent cette direction, continuant leur quadrillage. Une fois sur place, Esrin ordonna à ses hommes de faire une pause, puis il pénétra dans la bâtisse, une main sur la paume de son épée, ne sachant pas à qui il avait à faire.

Une forte chaleur régnait dans la forge et l'aveugle entendait clairement le crépitement d'un immense feu.

- Bonjour, il y a quelqu'un ? demanda-t-il poliment



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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Dim 17 Sep 2017 - 19:58

-  En Musique  -
La flaca duerme de día, dice que así el hambre engaña
cuando cae la noche, baja a bailar a la Tasca
Y bailar y bailar, y tomar y tomar
una cerveza tras otra


 L’idée de Neleam s’avéra judicieuse. Créer une forge conte le dôme permettait de l’attaquer constamment et même si les effets semblaient inexistants, ça n’en restait pas moins une action offensive, que la guerrière préférait grandement à creuser pour voir jusqu’où allait le dôme (à au moins 15m sous la surface du sol, le trou à une centaine de mètre de la forge pouvait en attester) ou à l’escalader. Les attaques directes avaient rapidement été stopées car elles faisaient plus de mal aux attaquants qu’au dôme. Et c’était sans parler de l’état des sabres/lances/haches/autres objets contondants qui se retrouvaient salement effilées.
Et la forge permettait de produire des armes, ce qui était d’une grande aide pour tous ceux qui vivaient désormais autour du dôme. Donc c’était tout bénef pour la chevalière qui aidait Idir à la forge et gagnait ainsi une certaine quantité d’argent, car il était évident qu’Idir ne travaillait pas gratuitement et que ses services, étant d’excellente qualité, se payaient cher.
Tout est-il que Neleam travaillait donc depuis quelques jours à la forge et sa peau semblaient plus tannée qu’à l’habitude. Elle portait un tablier de forgeron afin de protéger sa robe-magique, car elle n’avait pas envie d’observer sa réaction au contact de la chaleur de la forge. Non, la jeune femme préférait la garder dans le coffre de son voisin de tente et la revêtir lorsqu’elle cessait de travailler. Elle effectuait une sorte de roulement avec Idir afin qu’il y ait toujours au moins l’un d’eux aux fourneaux, mais il passait beaucoup plus de temps qu’elle à travailler à la forge. Neleam préférait prendre de longues poses pour aller savoir ce qu’il se passait à côté et aider ceux qui étaient dans le besoin, car au fond elle, elle demeurait chevalier, et donc altruiste. Vendre ses services ne l’empêchait pas d’aider à construite des tentes pour ceux qui en avaient besoin ou à chasser de quoi dîner. En fait, elle aimait ces longues pauses, car le travail à la forge avait beau être passionnant elle s’en lassait parfois, ces mouvements répétitifs, cette chaleur… S’aérer lui faisait un grand bien.

Lorsqu’elle retourna à la forge, elle eut la surprise d’y trouver un légionnaire. Sa belle armure de vargélite le différenciait de tous les autres guerriers. Les légionnaires étaient arrivés un peu plus tôt et Neleam se demandait quelle serait sa place à l’avenir, en tant que chevalier.
Haussant les épaules elle s’approcha, bien décidée à faire bonne figure et à aider ce pauvre légionnaire égaré. En effet, l’homme semblait observer les lieux, sans doute à la recherche du forgeron ou de quelqu’un, mais la guerrière remarqua rapidement le bandeau qui était noué autour de sa tête et sa stature lui fut soudain familière. Le trois-quarts de son profil se dévoila à elle et elle reconnu cette fois-ci sans peine Esrin, le légionnaire qu’elle avait accompagné dans la quête de Merwyn. La joie l’envahit soudainement. Cela faisait plus de trois mois qu’elle n’avait pas vu son ami et leurs correspondances avaient été particulièrement… sporadiques.
Un sourire tapissa les lèvres de la jeune femme tandis qu’elle prenait son élan pour se jeter sur Esrin. Elle l’avisa toute fois de sa présence par un cri de joie : ESRIIIIIIIIIIIIIIIIIIN.
Mieux valait qu’il la reconnaisse, sinon elle risquait de se prendre un vent, ou un poing dans les dents. Mais le guerrier prévenu, se laissa presque faire lorsque la jeune femme lui sauta au cou et l’encercla de ses bras qui avaient désormais l’habitude de soulever le lourd soufflet.
Après de longues secondes à manifester sa joie de le revoir, la jeune femme lâcha le légionnaire et l’inonda de question. Que faisait-il ici ? Quelle surprise de se croiser à l’improviste. Comment allait-il ? C’était super de le retrouver. Toujours aveugle ? Question bête mais il lui avait terriblement manqué. Besoin d’arme ? Elle travaille actuellement à la forge avec Idi, son ami forgeron. Les nouvelles de l’empire étaient bonnes ? Que leur réservait l’avenir ? Comment ça il n’était pas devin ? Ah mais qu’est-ce que ça lui faisait plaisir de le revoir…
Finalement, la jeune femme se tut, réalisant qu’elle monopolisait la parole et que ses phrases n’avaient pas grande cohérence entre elles et qu’elle commençait à se répéter. Elle souffla tandis qu’un sourire illuminait son visage. Elle entraina ensuite le légionnaire par le bras, comme elle l’avait fait par moment pendant la quête, lorsqu’elle le guidait sur des chemins épineux.

-Toi et moi, on va aller prendre une bière dans la cour –qui se trouve être un bout de terre juste à côté, entouré de planches de bois, où se trouvent les réserves d’eau de la forge, et de deux petits tonneaux de bière à ma demande- et tu me raconteras tout ! Et je vais te présenter Idir aussi, c’est un thül, mais.. différent. Je dirais bien qu’il est civilisé, mais je crains que ça ne soit pas vraiment correct. C’est probablement mon plus proche ami…


Tandis qu’elle parlait, la coupant dans son nouveau monologue, la terre se mis à trembler. On aurait dit un tremblement de terre, le sol se secouait dans tous les sens et si Neleam ne tombait pas, elle avait soudainement le mal de mer. Ce fut pire lorsque moins d’une seconde après le bruit arriva. Un bruit insupportable, qui parvenait à la jeune femme malgré ses oreilles bouchées. On aurait dit… elle ne savait pas trop. Que la planète entière était en train de se déchirer, de hurler sa douleur… Abominable.


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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Ven 22 Sep 2017 - 15:47

Quand Neleam lui avait proposé son idée il avait sourit. Après tous pourquoi pas. Il était là quand ils avaient essayé d'affaiblir le dôme. Les armes n'y pouvaient rien semblait-il. Alors autant essayé tous ce qui était possible. Rapidement il avait laissé arme et ces quelques pièces d'armures dans sa tente et s'était attaqué à la construction de la forge. Il avait prévu quelques bricoles mais rien d'extraordinaire. Donc ils durent la fabriqué à la dure : faire le foyer à l'aide de terre et paille colmaté ensemble, y relier à l'aide de tuyère le soufflet. C'était loin du confort de sa forge mais vu la situation ils n'avaient pas le choix. Des armes avaient besoin d'être réparer rapidement puisqu'ils ne savaient pas bien ce qui pouvait leur tomber dessus. Et il était difficile de ramener les matériaux nécessaire pour une forge plus solide. Ainsi les voilà depuis quelques jours plus ou moins accroupis vers le sol en attendant que le fer chauffe, aussi pour actionner le soufflet. Il n'avait vu aucune réaction de la part du dôme à l'attaque de la chaleur étouffante qui régnait à l'intérieur de la tente.
Profitant de cette situation, Idir continu à montrer à Neleam comment réparer les lames, refaire leur tranchant et les tremper. Heureusement que le thül avait tenu à amener quelques affaires de forge. Tour à tour ils se relaient au soufflet, même si il continu à expliquer chaque étape à la jeune femme et lui fait essayer quelques trucs. Elle est courageuse il faut bien se l'avouer. Malgré la dureté des taches et la chaleur qui ne baisse jamais, elle tient le coup. Il ne lui en voulait pas quand elle disparaissait de longues heures. Après tous, il a toujours su travailler seul donc ce n'est pas maintenant qu'il va devenir dépendant de quelqu'un. Et puis quand elle n'était pas là, il avait l'impression de mieux avancer. Pas de parole, ni de surveillance juste lui et ses pensées. Il faisait payer ses réparations mais bien moins cher que en temps normal. Après tous la situation était différente et les armes feraient la différence en cas de pépin.

Il était en train de refaire le tranchant d'une hache quand quelqu'un entre. Il lui faut un moment avant de s'en rendre compte. Quelques coups de marteau, la remettre au feu, actionné le soufflet et il le voit. L'armure en vargelite rend très identifiable l'homme. Un légionnaire. Les cheveux longs, le visage usé par les combats il pourrait être un légionnaire parmi tant d'autre. Mais le bandeau qui recouvre ses yeux le rend clairement identifiable. Idir va pour lui demander ce qu'il veut quand un cri se fait entendre. Un cri de joie, provenant de Neleam semble t-il. Celle-ci se jette au cou de l'homme. Les laissant à leur retrouvaille il continu son travail. Il est comme ça, il n'aime pas s'imposer surtout qu'il a du pain sur la planche. Il a encore des lots de sardines à faire pour les nouveaux arrivants. Soudain le terre se met à hurler de douleur. Un crissement s'éleve, affreux. Sous ses pieds le sol tremble. Avec stupéfaction il voit sa forge de fortune se fissurer, les outils rebondir sur la table avant de tomber au sol. Aussi vite que cela a commencé, cela prend fin. Un brouhaha dehors se fait entendre. Sans un mot Idir va hors de la tente, abandonnant la tête de hache et marteau sur l'enclume. Tous le monde parle entre eux, fixant quelque chose. Il tourne la tête. Avec surprise il voit le dôme se détacher clairement dans le ciel alors que le soleil vient d’apparaître hors des nuages. Qu'est-ce que cela signifiait ? Qu'est-ce qui se passe pour ceux coincé dans la ville ? Leur avait-il arrivé malheur ? Ce pourrait-il que cette chose soit destructible ? Il secoue la tête. Non, aussi visible il semble seulement s'être ancré un peu plus dans la réalité.
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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Ven 22 Sep 2017 - 15:52

Je cours de toit en toit. La faim me tord l'estomac, tandis que ma gorge semble être du papier de verre. Quand le niveau de l'eau était suffisamment bas, Je m'étais aventuré dans les maisons, cherchant de quoi grignoter. Mais maintenant la plus part des maisons sont envahis d'eau, à la merci des monstres. Un jour je m'étais glissé par une fenêtre malgré le haut niveau de l'eau. Celle-ci glacé me comprimait le corps. Mes réserves se faisaient maigres, il fallait que je trouve autre chose. Finalement j'ai réussi à trouver de quoi grignoter mais un monstre m'avait aussi trouver. J'ai couru, nagé comme je pouvais. La peur me donnait des ailes, les cris de peur de ceux qui ont été noyés quelques jours plus tôt me revenaient en mémoire. Et ils continuent à me hanter lors des nuits. Je suis monté jusqu'à l'étage où l'eau recouvrait le sol de quelques centimètres. Un regard derrière mon épaule et je le vis. Il me suivait, mortellement silencieux, immense dans cette pièce. Mon ralentissement m'a faillis être fatal. Il était proche. Beaucoup trop proche. Mon frère a hurlé quelque chose. Le pot je crois. Instinctivement je me suis exécutée. Celui-ci se renverse sur le monstre lors de sa chute. Avec surprise je vois la terre stagner, se colmater au niveau de sa tête. Un instant d'arrêt. J'en ai profité. Sans un regard en arrière j'ai filé par la fenêtre ouverte. Voyant le niveau de l'eau toujours montée malgré la fin de la pluie et les monstres augmenter j'ai dû continuer à les étudier. Ma survie en dépendait.

-Tu crois que mis à part les ralentir cela à d'autres conséquence ?
-Je ne sais pas. Tu pense à quelque chose ? Tu crois que cela pourrait les fragiliser ?
-Oui. La dernière fois, sa tête ressemblait un peu à une espèce de sculpture de sable. On pourrait simplement taper et voir.
-Et si il aspire le coup ?
-On ne peut pas fuir infiniment. L'eau ne cesse de monter et tu ne pourras pas toujours réussir à grimper de maison en maison.
-Il a raison chérie. Il faut oser de temps en temps
-Oser pour quoi ? Pour mourir par la suite ? Non merci je ne suis pas fan de la voyage
-Pauvre petit lapin effrayé..


La voix se tait après un rire moqueur. Je ne tressaille plus quand elle se manifeste. Je me suis fais une raison. Elle est maintenant presque aussi présente que Sam', donnant des conseils à sa façon. Je n'ai pas encore réussi à lui donné un nom. C'est seulement la voix ou elle. Rien de plus. Je ne l'apprécie pas. Pourquoi nommer quelque chose que nous n'aimons pas ?

-Regarde.

Je ne sais pas où je suis exactement dans la ville. Je me suis déplacé au gré des monstres et recherche de nourriture. J'ai croisé peu de monde. Du moins de groupe. Sauf que s'en ai bien un qui se trouve à quelques mètres de là. Armés de la plus part, ils semblent essayer de se faire le plus discret possible. Qui sont-ils ? Je me méfie des groupes importants. Il n'a pas fallu longtemps pour les gens errants dans la rue deviennent des espèces de vautour. L'esprit de camaraderie est devenue rare. Ainsi je préfère être seule que mal accompagnée.

-Suivons les. Ils ont l'air en meilleur état que nous.

Comme si c'était possible.
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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Mer 27 Sep 2017 - 17:51

Un homme passa la porte de l’auberge, on entendit le son de la clochette accrochée à la poignée de celle-ci. Ce doux son et fort à la fois ramena Splith hors de ces pensées; un peu de poésie sans poésie, se dit-elle. Elle reconnut entre mille le bruit des pas qui se rapprochaient d’elle.

- Splith ! Cela faisait longtemps ! Comment vas-tu ?

Stormer, elle le savait. A force de se côtoyer, on se connait par cœur; le jeune homme se rapprocha légèrement plus, s’appuya sur le comptoir afin de s’assoir sur un tabouret. Ses yeux étaient pétillants à la vue de sa coéquipière, assez pour redonner le sourire à la guerrière. Ayant d’abord vu son air mi dépressif, mi alcoolique, il demanda :

- Qu’y-a-t-il ?

- Comment t’expliquer… Ah oui ! En t’attendant à l’auberge, j’ai commandé quelques chopes et mon portefeuille est maintenant plutôt vide. Elle se frotta la tête en ricanant de sa bêtise.

Stormer réagit; malgré cela Splith prit la peine de lui expliquer le nombre de situations plutôt négatives qui se superposaient et empêchaient la jeune femme de faire quoi que ce soit : le dôme était très embêtant notamment pour trouver un travail d’import-export et gagner un minimum de monnaie avant d’entreprendre quoi que ce soit ou alors uniquement sortir de la ville.
Les créatures bleuâtres qui avaient apparemment envie de migrer à Al-Chen n’étaient pas non plus très inoffensives; il était donc presque impossible de sortir dehors… Dans l’intérieur du Dôme plutôt… Et à l’extérieur des bâtiments également… Bref ce n’était pas gagné d’avance. Cela fit –sans surprise- soupirer le Marchombre, et cela amusa en même temps l’ex-Frontalière (il serait temps d’arrêter de nommer Splith ainsi ?).

Après avoir bien discuté, il était temps de se coucher. La guerrière devança son ami.

- Excuse-moi mais je ne pense pas avoir l’autorisation de dormir ici avec mon budget. Une idée peut être ? Bien sûr je suis bête. Peux-tu m’avancer ? Promis je te rembourserai une fois qu’on sera sortis de ce pétrin.

Le Marchombre acquiesça et paya les deux chambres. Ouf. Heureusement qu’il était là… Non pas que pour l’argent, autrement ils ne voyageraient pas ensemble, mais il la sortait d’un autre de ses problèmes actuels. Lorsque les deux compères entraient dans leur chambre respective, le jeune homme remarqua qu’il avait entreposé son destrier dans une écurie du coin, et demanda par la même occasion où était Montagne, l’ancien cheval de Splith. Elle voulut tout lui raconter, amis dû finir à voix basse à cause des autres clients lui disant de se taire.

***

Un homme cria. Splith se réveilla en sursaut et accouru en robe de chambre dans le couloir où elle avait entendu la nuisance sonore. Elle vit tout d’abord l’homme dont elle était persuadée d’avoir entendu la voix, puis Stormer, immobile par une des bêtes qui étaient sûrement la cause de l’incident du Dôme.
Couleur de l’eau, car il était peu probable que ce soit de la vraie, une forme vague mais des yeux luisant d’une couleur bleue menaçants et envoûtants à la fois, la créature commençait à onduler avec grâce, mais d’un seul coup elle se mit à devenir floue. Tout se passa très vite. Elle emmena avec vivacité l’homme qui s’était plaint, glissa avec lui vers la sortie de l’auberge qui fut submergée par les flots aussitôt. Stormer avait lancé une dague qui n’avait fait que caresser la matière qui constituait ce corps.
Splith n’arriva pas à tout suivre : elle suivit les directives de Stormer en sortant par la fenêtre de sa chambre, le tout en restant en robe de nuit, sans chausses, sans arme ou armure quelconque pour éviter d’être trop lent et se faire attraper comme le malheureux peu de temps avant. Elle entendit comme un cri en mettant les pieds dehors : les cris d’homme en danger de mort et des Nérosiens parcourant l’auberge; elle ferma les yeux en signe d’excuse, de bonne chance éventuellement. Elle suivit donc son compagnon aveuglément sous le déluge qui était maintenant omniprésent dans cette ville portuaire.
Nageant pendant un moment dans les rues, se cachant derrière un mur pour éviter ces majestueuses et mortelles créatures, l’exercice physique était rude. Tout son corps était fatigué, dès l’aube, et même après une formation de Marchombre cela devait relever du génie pour arriver à tenir d’aussi durs efforts. Heureusement, au bout de plusieurs heures de fuite, Stormer dénicha un balcon sécurisé et à l’abri, à la fois de la pluie battante qui ne se calmait pas et des Nérosiens qui ne se calmaient pas eux non plus. Le jeune homme sauta, s’accrocha à la rambarde et une fois de l’autre côté de celle-ci, il attrapa la main de la femme toute trempée pour l’aider à se hisser sur ce balcon.

Stormer s’assit, soupira et Splith s’assoupit. La sensation des vêtements mouillés étaient habituellement désagréables, mais étonnamment confortable avec une robe légère. Elle s’essora sa chevelure et posa ensuite la tête sur le mur derrière elle; Splith ferma les yeux et s’endormi.

***

Elle leva ses paupières, et vit en premier lieu un visage qui lui était familier, en évidence son ami et compagnon d’aventures. Le soleil était invisible mais la lumière était là. La guerrière sans arme s’étira et bailla, ce qui fut communiqué à l’homme svelte car lui aussi bailla. Ceci fit rire Splith; elle se sentait de meilleure humeur lorsqu’elle était accompagnée par une personne qu’elle portait dans son cœur. Elle s’essuya les yeux par les larmes de rire qui venaient de couler, et proposa :

- Pourrait-on voir comment ça se passe à la bordure du Dôme ? Certes nous seront à nouveau mouillés mais je pense qu’il est important d’être au courant des évènements liés aux Nérosiens. Et peut-être passer également à l’auberge car je souhaite récupérer mes affaires.

Stormer répondit d’abord à la seconde proposition qui découragea la jeune femme de faire marche arrière. En revanche, il leur était possible de faire escale au bord de l’arène des créatures. Ils prirent le temps de se reposer encore un peu, puis ils repartirent. Splith jugea correct de briser la vitre qui menait à leur balcon afin de chercher à manger. Malgré les avertissements du Marchombre elle passa à l’acte. La maison était abandonnée, ils commencèrent donc cette chasse qui fut fructueuse. Ils se remplirent donc l’estomac avant le départ.

La même situation que la nuit précédente se produisit : cache-cache et natation étaient encore au rendez-vous. Après une périlleuse excursion, ils étaient proches de la bordure. Comme si cela était prévisible, Un nombre plus important d’eaux vivantes rôdaient là. Splith conseilla de se cacher à nouveau et s’adossa à un mur.

- Comment pourrait-on les distraire pour se rapprocher au maximum de la bordure, une idée éventuelle ?
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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Lun 9 Oct 2017 - 17:21

Un bain dans les eaux du lac Chen
           

           


Eté CC+5, vendredi 7 juillet

Sa monture au pas, Xaïl laisse dériver ses pensées sur le fil de la lisière de la forêt d’Ombreuse. Après la Chute du Chaos, nombreux sont ceux qui ont tenté de s’y aventurer avant de se rappeler que si elle a aussi mauvaise réputation, ce n’est pas uniquement à cause des Mercenaires du Chaos. La Frontalière n’a encore jamais exploré cette forêt et c’est l’un des rares endroits qu’elle ne connaît pas avec l’Œil  d’Otolep, le royaume Raïs et plus généralement ce qui se trouve au nord des Frontières de Glace, l’archipel des Alines et les territoires de l’Est. Un jour viendra où elle visitera ces endroits… Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui elle n’en a pas envie.

Son regard glisse sur l’immensité bleue du lac Chen qui s’étend à sa droite. Au loin, on distingue très bien les imposants nuages noirs amoncelés au-dessus de la ville qui ravalent celle-ci au rang de village prétentieux. Rien de tel qu’un bel orage bien violent pour rappeler à l’être humain sa condition d’insecte dans ce vaste monde. Toutefois, sur la rive occidentale du lac, les eaux sont calmes et invitent à la baignade… Après tout, pourquoi pas ? Personne ne l’attend, elle n’est pas pressée et cela fait longtemps qu’elle n’a pas rendu visite aux poissons.

Elle arrête ses chevaux et descend souplement de selle. Malgré l’âge qui commence doucement à se faire sentir, elle reste en forme et ne doute pas de ses capacités physiques. L’entraînement frontalier a cela de bon qu’il endurcit le corps, surtout lorsqu’on a passé presque vingt ans dans l’armée. Elle sait qu’elle a vécu beaucoup de choses, visité nombre de lieux exceptionnels et rencontré une multitude de gens tous intéressants, pourtant elle s’étonne toujours de goûter à la vie avec tant de simplicité, d’être capable de s’émerveiller pour les choses simples de la vie, de sentir une telle vitalité en elle, vitalité qu’elle partage au monde, se nourrissant de la force tranquille de l’Univers qui l’entoure. Peut-être qu’on ne peut atteindre cet état de plénitude qu’après un certain âge, après avoir traversé de terribles épreuves. Peut-être qu’au fond, toute sa vie ne s’est déroulée que pour cet instant précis, ce moment magique où elle comprend qu’elle n’est rien face au monde et pourtant qu’elle est un engrenage essentiel du Destin, ou bien peut-être que tout ceci n’est que les élucubrations d’une vieille femme qui se sent enfant…

Xaïl écarte les bras et éclate de rire, effrayant les oiseaux qui s’envolent dans un ballet improvisé. Elle inspire profondément, ferme les yeux, se laisse porter par le vent qui murmure monts et merveilles à son oreille. Elle a appris avec le temps à se méfier des promesses du vent et à apprécier ses caresses. C’est un bon ami, pour peu qu’on fasse attention à lui. Elle le laisse jouer un instant avec ses cheveux détachés avant de retrouver un air sérieux. La Frontalière se tourne vers ses destriers qui l’attendent sagement. Elle flatte leur encolure et les laisse se balader tranquillement sur la berge. Depuis bien longtemps, elle ne les attache plus. Confiance mutuelle, construite sur des années de voyages partagés. Ils seront là lorsqu’elle aura besoin d’eux. Pour l’heure, ils peuvent bien aller où ils veulent. Elle les décharge et les desselle, dissimulant ses affaires sous un rocher tant pour les protéger de la convoitise mal avisée d’un voyageur que de la pluie. Les chevaux s’ébrouent et partent au galop se dégourdir les pattes tandis que Xaïl se dévêt lentement.

Elle plonge le premier pied dans l’eau et frissonne sous la morsure fraîche et inattendue du lac. Le deuxième pied suit sans tarder puis les mollets, les genoux, les cuisses, le ventre, la poitrine, les épaules. Elle avance sans hésitation mais sans empressement, savourant l’effet purificateur de l’ondée. Après deux ou trois mouvement de brasse, elle prend une profonde inspiration et plonge sous la surface de l’eau. Les yeux grands ouverts pour ne rien rater du spectacle, elle scrute les reliefs des profondeurs dans l’espoir d’apercevoir des poissons ou autres créatures aquatiques. S’aventurant toujours plus loin, toujours plus profondément, elle poursuit une pieuvre, admire une méduse sans toutefois s’en approcher, elle compte les étoiles de mers, entend claquer les huîtres qui se referment en sentant le courant qu’elle produit en battant des pieds. Elle imagine qu’elle flotte dans l’espace, au milieu des étoiles et des galaxies, qu’elle frôle des astéroïdes qui sont en réalité des cailloux emportés par le courant. Elle croit qu’elle vole et au fond, c’est ce qui se passe. Elle vole dans l’eau.

La baignade se prolonge et Xaïl n’a aucune envie de sortir du lac. Elle adore la sensation de liberté absolue qui l’envahit lorsqu’elle nage nue. La caresse de l’eau sur sa peau, plus douce que celle du vent, les tourbillons, provoqués par les habitants du lac, qui jouent avec ses cheveux, la transformant tantôt en rocher couvert d’algues, tantôt en méduse et tantôt en comète. Elle aime tenter de contrer les courants avant de cesser toute résistance et de se laisser emporter sans se soucier de la destination, elle aime flotter à la surface, le visage tourné vers le ciel, les oreilles sous l’eau pour ne rien entendre d’autre que les remous et les battements de son cœur.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin et lorsque la Frontalière s’aperçoit que l’orage qui noie Al-Chen a décidé de s’étendre à tout le lac, elle regagne lentement la rive à la nage. Lorsqu’elle a de nouveau pied, elle siffle quelques trilles pour que ses chevaux, s’ils sont dans les parages, la rejoignent. Elle s’arrête un instant, l’eau à la taille, pour essorer ses longs cheveux blonds auxquels se mêlent, elle l’a constaté il y a peu, des cheveux blancs. Xaïl accorde peu d’importance au physique mais elle sait que cela va accentuer sa ressemblance avec sa mère, qui croît au fil des ans. Quand elle regagnera la Citadelle, elle aura droit aux remarques des gens qui ont connu ses parents. Cette pensée la fait sourire, l’idée que sa mère vive encore à travers elle est très séduisante.

La Frontalière, toute à ses pensées, avance sans prêter attention au chemin que prend ses pas, aussi tombe-t-elle des nues lorsqu’elle heurte un obstacle et se retrouve sur les fesses. Les yeux écarquillés, elle scrute la berge devant elle mais ne remarque rien d’anormal, à part la soudaine obscurité due aux nuages qui arrivent à grande vitesse. Elle se relève alors qu’un coup de tonnerre retentit non loin et que le ciel ouvre les vannes pour déverser sa tristesse. Pourtant, pas une seule goutte ne tombe sur Xaïl… Abasourdie, elle regarde la pluie ruisseler sur une vitre invisible qui la protège. Les bras tendus en avant, pour ne pas se cogner contre cette mystérieuse vitre, elle avance lentement jusqu’à toucher la paroi. Lisse et froide, elle n’a pas la texture du verre ni même d’une quelconque matière connue. En tâtonnant, la Frontalière s’aperçoit que la paroi monte haut dans le ciel et descend jusqu’au sol dont elle semble épouser la moindre aspérité, le moindre relief, car à aucun endroit ne subsiste un petit espace pour glisser les doigts.

Sans se décourager, Xaïl longe la barrière dans un sens puis dans l’autre, dans l’espoir d’en trouver la fin ou le début, mais en vain. Si cette chose s’arrête à un moment, ce n’est pas dans le coin. Et c’est bien embêtant car toutes ses affaires se trouvent de l’autre côté… Elle se retourne et observe le paysage pour trouver une sortie, un trou dans la paroi, quelque chose, mais l’obscurité l’empêche de distinguer les choses à plus de quelques dizaines de pas. Elle lève les yeux pour maudire la nuit précoce créée par les nua… Non. Pas les nuages. C’est toujours cette même paroi qui forme un dôme au-dessus du lac et qui s’assombrit au fur et à mesure qu’elle monte. Et si c’est un dôme, cela signifie qu’elle est prise au piège dessous… Enfin, dedans.

Soufflant un bon coup, la Frontalière s’assoit et se prend la tête entre les mains. Si elle récapitule sa situation, elle est coincée sous un dôme dont elle ne connaît pas les dimensions, elle ne sait pas comment en sortir, elle est éloignée de toute civilisation et elle n’a aucune affaire avec elle… Malgré l’état désespéré de la situation, elle éclate de rire. La voilà nue comme au premier jour de sa vie et elle va sûrement devoir aller chercher de l’aide à Al-Chen ! L’oiseau qui tourne en rond au-dessus de sa tête pousse un cri, comme pour la rappeler à l’ordre, avant de tenter une nouvelle fois de s’échapper, sans succès. Le pauvre volatile se heurte une fois de plus à l’étrange paroi et, visiblement sonné, il plane maladroitement jusqu’à un rocher non loin.


- Te voilà aussi coincé que moi, mon pauvre ami à plumes !

Bien décidée à se sortir de là, Xaïl se relève et commence à marcher le long du dôme, malgré les cailloux qui rendent la route tout à fait désagréable. De plus, elle grelotte car la température a fraîchi et elle est encore mouillée de sa baignade. Il faisait meilleur dans l’eau… Sitôt que cette pensée surgit, elle y retourne pour se mettre à l’abri du vent qui, étonnamment, souffle toujours à l’intérieur du dôme. Ses pieds retrouvent avec délice le doux sable qui recouvre le fond du lac et elle alterne en marche et nage. Le chemin le plus court pour rejoindre Al-Chen, outre la traversée du lac qui est tout à fait impossible, est de longer la rive nord mais malheureusement, ce n’est pas le chemin le plus simple car elle se retrouve à contre-courant. Lorsque le soir tombe et qu’elle décide de faire une pause, elle constate avec une grimace qu’elle n’a parcouru que quelques kilomètres. A ce rythme-là, elle n’atteindra pas la ville avant des semaines…

Un autre problème se pose : si chasser, pêcher ou cueillir pour se nourrir ne lui pose pas de problème, elle ignore en revanche comment allumer un feu sans briquet et surtout sans bois. En effet, le seul combustible éventuel qu’elle a trouvé c’est du bois flotté, détrempé. Avec un soupir, la Frontalière se résigne à ramasser baies et algues pour un frugal repas qui ne la rassasie pas vraiment. L’absence de feu pose aussi problème car Xaïl n’a pas de quoi se réchauffer ni s’éclairer et ce n’est pas la peine de compter sur la lueur des étoiles ou de la lune, le dôme les occulte. Frigorifiée, elle décide finalement de reprendre la route, espérant que les mouvements de ses muscles lui apporteront un peu de chaleur.

Dans l’obscurité de la nuit, la Frontalière bute tous les trois pas sur un rocher, une branche ou des choses visqueuses qu’elle préfère ne pas voir. Encore une fois, elle choisit de retourner dans l’eau et le claquement de ses dents diminue un peu, bien que ses lèvres restent bleues. Elle avance sans aucun repère pendant ce qui lui semble être des heures, ne pouvant se situer avec les étoiles ni avoir une idée de l’heure. Elle avance, bloc de volonté pure, ignorant les obstacles, la température, les créatures qui lui frôlent les jambes et dont elle se convainc que ce ne sont que d’innocents poissons qui ont seulement une peau étrange. Elle avance, entêtée, refusant l’échec, refusant l’immobilité qui serait un premier pas vers l’abandon et la mort. Elle avance, perd la notion du temps, perd conscience de ce qu’il se passe autour d’elle. Elle avance dans une sorte de rêve éveillé, de somnolence les yeux ouverts, le regard dans le vague.

Noyée dans une éternité de silence liquide, son regard capte finalement une lueur au loin. Elle est tremblotante et incertaine mais elle est bel et bien présente. A ses côtés, semblant flotter sur la ligne d’horizon, une deuxième lueur faiblarde s’allume. Xaïl s’approche, fronce les sourcils et plisse les yeux dans l’espoir de mieux les distinguer. Ce doit être des gens sur une barque car il n’y a pas de terre dans cette direction. La Frontalière lance un bref sifflement et agite les bras pour attirer leur attention et signaler sa présence. Les lueurs se rapprochent avant de s’arrêter à quelques dizaines de mètres du rivage. Elles sont bleutées, parfaitement immobiles au ras de l’eau. Pestant contre les écueils qui empêchent la barque de venir plus près du rivage, Xaïl s’enfonce dans l’eau et commence à nager vers son salut. L’embarcation est plus loin qu’elle ne le croyait car il lui faut bien cinq minutes avant d’atteindre les lumières… Qui disparaissent brusquement sous la surface du lac.

Ebahie, la Frontalière balaie du regard l’eau qui l’entoure. Nulle trace de bateau bien sûr, tout cela n’était qu’un mirage. Pourtant elle est persuadée d’avoir vu ces lueurs bleues… Elle scrute l’ondée et aperçoit de nouveau ces loupiotes, à quelques mètres sous l’eau. Après avoir pris une grande inspiration, elle plonge et en quelques battements de pieds, se trouve à plusieurs mètres sous la surface. Les lumières sont là, face à elle, ondoyant légèrement dans le courant. Si elles n’étaient pas aussi isolées de tout organisme vivant, Xaïl jurerait qu’il s’agit d’yeux. Deux autres lumignons s’allument à sa gauche, puis deux autres un peu en retrait, encore deux… Elle se retrouve encerclée par des dizaines de créatures, car c’est certain à présent que ce sont des êtres vivants, qui l’observent avec semble-t-il curiosité. Ils n’ont peut-être jamais vu d’humain avant elle. Et ils ne savent peut-être pas qu’elle ne peut pas respirer sous l’eau.

Elle remonte brusquement à la surface, son geste éparpillant les yeux lumineux. Elle inspire de profondes goulées d’air avant d’en emmagasiner un maximum et de replonger. Elle n’a pas à attendre longtemps pour que les créatures reviennent. Elles se mettent à tourner autour d’elle, la détaillant. La Frontalière tend la main pour en effleurer une mais elle ne sent rien de plus sous ses doigts que de l’eau en mouvement. Les créatures tournoient de plus en plus vite, se rapprochant d’elle au fur et à mesure. Elle se sent prise au piège dans un maelström d’eau et de lumière bleutée. Le liquide s’infiltre à travers ses lèvres et ses narines, jusqu’à ses poumons. Elle suffoque, tousse pour évacuer l’eau mais ne parvient qu’à perdre quelques précieuses bulles d’air. Elle ne voit plus rien, n’entend que le vrombissement de l’eau dans ses oreilles et les battements erratiques de son cœur. Le monde est devenu turquoise et mortel. Elle ne sait plus où est le haut ni le bas, elle agite ses bras dans le vain espoir de remonter à la surface avant d’abandonner tout espérance de respirer à nouveau. Elle expire une dernière fois et plante son regard dans les deux grands yeux qui la fixent avant que tout devienne noir.

La surface du lac explose dans la nuit et une blonde, les cheveux plaqués sur son crâne, toussant et crachant, en émerge. Elle se traîne péniblement jusqu’à la rive, s’accroche au ponton mais n’a pas la force de se hisser hors de l’eau. Elle respire goulûment cet air qui lui a tant manqué, retrouvant peu à peu ses esprits. Il s’en est fallu de peu pour qu’elle y reste. Si les créatures ne l’avaient pas laissée remonter au dernier moment, son cadavre reposerait au fin fond du lac, là où la lumière ne brille jamais et où il fait toujours froid. Ereintée, elle reste allongée au sol, la moitié inférieure du corps encore dans l’eau, les yeux clos. Des bruits de pas la font sursauter mais elle n’a pas la force de de redresser ni même de tourner la tête en direction du son. Elle se laisse simplement glisser dans l’inconscience sans savoir que plus d’une semaine s’est écoulée entre le moment où elle s’est retrouvée entraînée sous l’eau et le moment où elle en est ressortie…


           
           

           
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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Lun 16 Oct 2017 - 19:18


Epuisé par son rude parcours, le marchombre s’était de nouveau assoupi. Ce furent les mouvements de Splith, dormant à ses côtés, qui le réveillèrent des heures plus tard. Stormer entrouvrit les paupières et constata qu’il était toujours sur le balcon, seul refuge de la montée des eaux. C’était l’aube, un jour s’était donc écoulé depuis leur première rencontre avec un Nérosien. Il passa ses mains sur son visage pour se tirer des bras du sommeil chaleureusement tendus vers lui puis se leva. Une sensation désagréable vint alors l’étreindre ; l’air était très humide et ses vêtements lui collaient à la peau. Maugréant contre la fureur des éléments, le marchombre alla se pencher au bord du balcon et remarqua que le niveau de l’eau était encore monté jusqu’à atteindre la limite de la plateforme, ce qui n’était pas pour arranger la situation.
Splith gémit derrière lui, ce qui le tira de ses pensées. Il se retourna et la vit doucement s’éveiller tout en lui transmettant un bâillement communicatif. Elle ria, et lui ne put s’empêcher de sourire. C’était si bon d’être à nouveau ensemble ! Même s’ils se retrouvaient englués dans une situation bien périlleuse, l’homme aux cheveux blancs n’aurait voulu s’échapper pour rien au monde. Mais il ne fallait pas oublier qu’ils étaient désormais en danger constant.

- Pourrait-on voir comment ça se passe à la bordure du Dôme ? proposa alors la jeune femme. Certes nous serons à nouveau mouillés mais je pense qu’il est important d’être au courant des évènements liés aux Nérosiens. Et peut-être passer également à l’auberge car je souhaite récupérer mes affaires.

- Je crains malheureusement que retourner à l’auberge nous soit impossible… réfléchit Stormer en jetant un œil aux créatures aquatiques qui n’espéraient que les voir descendre de leur promontoire. Du moins en prenant le chemin de tout à l’heure. Peut-être qu’en marchant sur les toits…

Mais Splith avait déjà abandonné l’idée de faire marche arrière, décidant par élimination d’aller inspecter les barreaux de leur prison de nuages. Stormer céda mais enleva sa veste de cuir noir pour la donner à son amie, ne souhaitant pas la laisser en simple chemise de nuit détrempée par l’eau omniprésente. Il se retrouva ainsi lui-même en chemisette, bras nus, mais n’oublia pas d’alerter Splith de la présence de multitudes d’objets plus ou moins coupants dans les innombrables plis de sa veste. Ainsi, une fois qu’elle jugea qu’ils étaient prêts, la jeune femme cassa la vitre de la maison au balcon, quoique le jeune homme lui répétât : « Splith ? Que fais-tu ? Non, tu ne vas pas piller cette demeure rassure-moi ? Splith ? » Puis il capitula et comprit qu’aider sa partenaire à réunir quelques victuailles pour manger serait plus constructif, bien qu’il n’aimât pas se servir chez les gens de cette manière. Puisqu’il était parti à emprunter des biens appartenant à autrui, il chercha également des affaires pour son amie, mais curieusement il ne trouva rien. Pas une veste, pas un pantalon. Seulement un drap qu’il fourra dans sa besace en prévision d’éventuels problèmes ou blessures. Il abandonna alors cet objectif pour se concentrer uniquement sur la nourriture. Une fois leurs ventres remplis, ils repartirent.

Les compagnons traversèrent donc la cité que bientôt l’on nommerait engloutie tant l’eau était montée. Courant principalement sur les toits, ils ne bravaient les flots que lorsqu’aucune autre option ne se proposait. Dorénavant, rares étaient les endroits pavés où l’un des deux compagnons avait pieds. Ainsi, se dissimulant et retenant leur souffle quand ils apercevaient des lumières bleutées, les comparses n’avaient pas besoin de dire un mot pour réagir. Mais bien que vigilants, ils faillirent se faire enlever plus d’une fois par les êtres aux yeux d’azur.

Enfin, arrivés assez proches de leur but pour pouvoir nettement discerner la bordure, les deux amis remarquèrent également la présence de Nérosiens se comptant par dizaines. Splith attira le jeune homme aux cheveux blancs avec elle, dos au mur d’un large bâtiment. Là, elle lui demanda s’il n’avait pas une idée pour les distraire. Le marchombre ouvrit la bouche pour lui répondre mais se figea. A quelques mètres d’eux, un Nérosien les observait. Il frétillait légèrement sur place, sans pour autant plus s’approcher. Stormer prit doucement l’épaule de la jeune femme pour la retourner, faisant apparaître de ce fait la créature aquatique dans son champ de vision. Sans geste brusque, il indiqua ensuite le faitage du bâtiment, soufflant :

- Monte, j’assure tes arrières.

Etant donné que le mur ne présentait que peu de prises, l’homme aux yeux de glace aida sa camarade à l’escalader, au passage remarquant avec consternation que le Nérosien ne tentait pas de les attraper. Au contraire, ou peut-être n’était-ce qu’une impression, il semblait se délecter de les observer. Les compagnons terminèrent finalement de grimper puis se positionnèrent au milieu de la toiture, toutefois après un regard en contrebas d’où la créature continuait de les fixer avec délectation. Après avoir repris son souffle, Stormer répondit à la question qu’avait posée son amie avant qu’ils ne remarquassent l’étrange être aquatique :

- Si tu veux quelques secondes pour examiner ce Dôme, je peux te les donner. Mais je te préviens, ce ne seront que quelques secondes. Il faudra que tu sois rapide et que tu choisisses méticuleusement tes actions pour avoir le temps de te remettre en sécurité avant le retour des Nérosiens.

Finalement, une fois tous deux prêts, Stormer sauta du toit pour atterrir dans l’eau en un grand fracas. Son corps s’immergea entièrement dans les flots gelés, mais un habile coup de pied au fond le fit refaire surface sans trop perdre de temps. Ouvrant les yeux, le marchombre constata qu’il se trouvait quelques mètres des créatures aux yeux avides, mais aussi qu’il avait attiré l’attention de l’ensemble des Nérosiens des environs. De suite, une multitude de lumières bleutées commencèrent à se diriger vers lui tandis qu’il nageait de toutes ses forces en direction d’un autre bâtiment émergeant. Il réussit à l’atteindre et commença à grimper sur la façade en lâchant un soupir de soulagement. Cependant, alors qu’il ne lui restait plus que son pied gauche à ôter du lac, le jeune homme sentit un frisson d’effroi courir le long de son dos. Un objet glacé était en train de serpenter le long de son mollet gauche. Stormer escalada alors de plus belle mais le liquide avait une emprise si forte qu’il restait accroché à sa jambe tout en le tirant vers les eaux. Détrempés, les doigts de l’homme aux cheveux blancs glissèrent rapidement puis il fut entraîné vers l’ondée aux yeux azurs.

- SPLIIIIIIITH ! eut-il juste le temps de hurler avant d’être malmené par un courant tourbillonnant.

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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Dim 22 Oct 2017 - 5:32



Tout cesse, le monde reprend vie, et le temps sont court. Tout est redevenu à la normal, mais tout semble différent.
La chevalière se redresse, le cœur encore palpitant de la peur qui s’est saisie d’elle. Ses yeux balayèrent les environs, cherchant le danger, ou une piste sur ce qu’il venait de se produire. Soudain, ses yeux clairs se posèrent sur Esrin et la panique la saisit. Si la situation avait difficilement été soutenable pour elle, elle ne pouvait imaginer ce qu’avait perçu son ami aveugle. Elle se précipita vers lui, l’aidant de son mieux.
Lorsque son ami retrouva ses couleurs et qu’il fut debout sur ses deux pieds sans trop vaciller, elle accepta de le lâcher et partie prendre des nouvelles d’Idir qui était resté dans la forge afin de s’assurer de sa santé et que pendant l’incident le feu n’avait pas fait des siennes.
Lorsque Neleam fut rassurée elle prit quelques secondes afin de se remettre du choc et de la peur qui l’avait étreinte, puis elle s’activa comme elle savait le faire. Chercher des explications, s’accaparer toutes les rumeurs afin de comprendre la situation et de pouvoir agir au mieux. La jeune femme en avisa ses amis et partit discuter avec les autres à la recherche de réponse.
L’instinct de la guerrière l’encouragea à récupérer sa tenue de combat ainsi qu’Emrys avant de retourner à la forge. Elle sut qu’elle eut raison lorsque les rumeurs intéressantes luis parvinrent finalement. Quelqu’un avait vu que les Dessinateurs s’étaient affolés et semblaient avoir de bonnes nouvelles. Tous étaient plongés dans les spires et semblaient travailler, alors le silence s’était fait, les gens autour d’eux osaient à peine respirer, mais rien ne semblait avoir changé… Les spéculations allaient bon train, chacun y allant de sa théorie, mais la chevalière ne s’attarda pas. Elle pénétra dans la forge et fut accueilli par la chaleur habituelle. Elle sourit et s’adressa au thül et au légionnaire.

-Les Dessinateurs semblent avoir apprécié « l’incident », peut-être en sont-ils à l’origine… Personne ne sait vraiment ce qu’il se passe, mais les Dessinateurs sont actuellement tous concentrés, donc peut-être y aurait-il du changement dans les prochaines minutes. Ou heures. Qui sait…


Comme pour lui donner raison, un bruit étrange leur parvint aux oreilles et le groupe hétéroclite sortit et posa ses yeux sur le dôme. Le son étrange qui leur parvenait semblait en provenir… Etaient-ce les Dessinateurs ? La jeune femme l’espérait. Reprenant espoir, elle remarqua soudain la couleur du dôme à l’endroit où se trouvait la cheminée de la forge. Si les jours passés, le dôme avait gardé son teint grisâtre et particulier, en cet instant il semblait…. Rouge. Noir. Ardent.

-La forge affecte le dôme !

La jeune femme ne put contenir un petit rire qui trahissait son impatience et sa joie, puis elle tira Idir par le bras afin de faire tourner la forge à plein régime. Lorsque la paroie sera chauffée à blanc, il sera probablement temps d’aller la travailler et de voir comment elle réagit. Leurs efforts allaient peut-être payer !

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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Mer 15 Nov 2017 - 18:14

Splith était dos au mur qui les séparait des Nérosiens, toujours accompagnée de Stormer. Hésitante, elle finit par demander à son acolyte :

- Comment pourrait-on les distraire pour se rapprocher au maximum de la bordure, une idée éventuelle ?

L’homme esquissa un semblant de phrase, mais il s’arrêta net de parler lorsqu’il vit une des créatures les regarder fixement avec insistance, à quelques pas d’eux seulement. La femme l’aperçu quand son compagnon lui toucha l’épaule en signe d’alerte; elle se retourna en se mettant en garde, s’attendant au pire. Elle s’étonna d’apercevoir ces mêmes yeux d’azur qui avaient fait tant de dégâts dans la ville déjà, mais cette fois le Nérosien semblait attiré par quelque chose, ou plutôt quelqu’un, et n’avait pas l’air de vouloir du mal de qui que ce soit. Stormer fit une longue expiration, puis discrètement, le Marchombre chuchota de grimper sur le toit du bâtiment.

À l’aide de l’homme aux yeux de glace, ils réussirent finalement à monter sur la toiture. Splith, et apparemment lui aussi, jetèrent un œil sur le curieux Nérosien : en effet celui-ci continuait de les regarder sans même cligner une seule fois des yeux ou détourner le regard; c’était à la limite de l’effrayant. La guerrière eu pendant un instant la sensation que la créature la regardait elle en particulier, mais rejeta cette hypothèse de suite en pensant qu’il n’y avait aucune logique à ce que ce soit elle uniquement dont la vague vivante avait intérêt. La femme revint à elle et pris le temps d’écouter les informations que son acolyte donnait.

- Si tu veux quelques secondes pour examiner ce Dôme, je peux te les donner. Mais je te préviens, ce ne seront que quelques secondes. Il faudra que tu sois rapide et que tu choisisses méticuleusement tes actions pour avoir le temps de te remettre en sécurité avant le retour des Nérosiens.

Le Marchombre sauta aussitôt dit, mais se ramassa lourdement dans l’étendue d’eau qui faisait face à la bordure. Bien qu’il réussisse à remonter à la surface indemne, les créatures bleuâtres avaient senti les vibrations dans le semblant de lac. Splith se retint de respirer et mit les mains sur sa bouche. Elle ne pouvait pas laisser son compagnon périr dans les griffes de ces flaques démoniaques !
Stormer se dépêcha de nager jusqu’à la rive et pensant que son ami était hors de danger, elle se mit à courir vers la bordure. Elle ne sentait plus ses jambes tellement elle poussait ses capacités ! Elle sauta du toit, réussit de justesse à se raccrocher sur une autre toiture, puis repris sa course… Le cri de Stormer la stoppa net.
Elle virevolta et vit d’un regard horrifié la situation dans laquelle s’était fourré son compagnon. Soit elle perdait le Marchombre, soit elle perdait du temps. Le choix fut simple : La guerrière fronça les sourcils, de quoi effrayer un ours élastique, et s’élança en criant ! Sans attendre, elle réussit à dessiner un chemin de pierre vers le Nérosien grâce à l’adrénaline; elle effectua un bond, puis fit apparaître une masse rocheuse dans ses mains qu’elle utilisa dans l’immédiat. Elle écrasa la créature qui retenait son ami d’un coup, et celle-ci se volatilisa littéralement en fumée. À la fois surprise de son exploit et en colère par l’affront qu’elle avait subi, la Frontalière utilisa une fois de plus les spires et transforma sa masse en hache et elle fonça sur les autres monstres qui leur barraient la route.
Elle divisa le premier en deux parties par un coup horizontal dans son abdomen, le second fut lacéré par une attaque tourbillonnante mais un troisième lui gela le mollet droit; elle riposta en lui transperçant la tête d’un coup précis entre ses yeux !
Splith voulut s’approcher des Nérosiens restants mais sa jambe ne lui permettait pas cette action; la femme boita et tomba dans l’eau sous ses pieds. C’est à ce moment que Stormer, étant près d’elle, reçu de sa part une rapière fraichement dessinée. Elle sorti sa tête de l’eau et toussa avant de confier au Marchombre :

- Allez, vas, bas-toi ! Je vais me mettre à l’abri seule, je ne suis plus capable de me battre…
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MessageSujet: Re: Quête événementielle : À la croisée des Abysses ! Sam 18 Nov 2017 - 17:55

Adosser contre un arbre, notre héros attend, impassible.
-Vise bien
Le couteau alla se planter pille au-dessus de sa tête et fendit la pomme qui était posée dessus, en deux .
-Joli lancé ! Hum ? Qu'y a-t-il ?
-…
-Hum. Je vois, ma foi c'est une bonne idée. Va et garde toi de te faire repérer
.


Cela faisait maintenant deux jours que Lino espionnait les moindres faits et gestes qui se passaient dans le camp. L'ordre du grand manitou était clair : rapporter un maximum d'informations sur ce dôme dont tout le monde parlait depuis près d'une semaine et si possible empêcher par tous les moyens les autres guildes de détruire le dôme. Lino, qui appréciant trop la citée, passerait au dessus de cet ordre et il raconterait un mensonge à son patron comme il en avait l'habitude.
Il était arrivé en même temps qu'un convoi de légionnaires. Mais qu'est-ce qu'ils foutaient là, eux ? Ça allait compliquer la tache de Lino… Ceux là, ne semblaient pas être des rigolos. Il fallait la jouer en finesse…

Il s'était donc caché sur une petite côte qui surplombait le camp et avait commencé à noter tout ce qui se passait. Il éclatait souvent de rire à les voir se prendre le chou pour briser cette boule à neige géante. Bon, il rigolait mais il avait commencé à se poser pas mal de questions aussi et à élaborer des stratégies :
- Donner des coups d'épée : échec
- Escalader la paroi : échec
- Dessiner un marteau et taper dessus : échec (les dessins disparaissent)
- Foncer dessus la tête baissée en imaginant qu'il n'y a rien : échec ( # ça fait mal)
- Attendre devant : échec
- Sésame ouvre-toi : échec et tu passes pour un imbécile
- Plus d'idée …
À l'aube du troisième jour il avait décidé une approche plus ambitieuse. Il savait ce que faisaient les Alvariens il savait qui serait où à quelle heure mais il ne savait pas pourquoi hier un son horrible s'était fait entendre, la terre s'était mis à trembler et lui au bord du promontoire avait glissé dans le vide et avait manqué de peu de se faire repérer, sa seule hypothèse : le dôme se fracturait et ce n'était peut-être pas une si bonne nouvelle… Il avait donc décidé de rentrer dans le camp pour voir ce qui se passait à la forge. Rentrer dans le camp fut un jeu d'enfant, dans la forge, facile comme tout. Le seul hic, car il y a un hic sinon ce ne serait pas marrant, c’est que dans la forge il y avait une surexcitée du bocal qui faisait fonctionner la soufflerie. Un détail normalement, seulement cette dernière portait une arme et elle devait savoir l'utiliser, elle ne devait sûrement pas être seule. Deux options. Un : il l'affronte et il gagne mais il risque a) d'être blessé b) d'attirer la garnison. Deux : Il retourne à son point de départ pour réfléchir pendant des plombes sur : comment entrer…
- Ou alors…
Il se détourna et alla un peu plus au sud du camp.

Une sentinelle était là. La relève aurait lieu dans cinq minutes. Il attendrait perché dans un arbre. Et il attendit. Il attendit. Il attendit. Le nouveau légionnaire arrivait pour prendre le tour de garde. Il était jeune vêtu de sa simple armure de vagelite et d'une épée en fer flambant neuve. « Il sort de l'académie … pourquoi c'est toujours les mêmes qui se tapent les novices ? »
Les deux légionnaires discutaient un instant avant que la dernière sentinelle aille faire son rapport. Lino attendit encore quelques minutes, descendit discrètement de son arbre et alla se placer en silence derrière le légionnaire, ce dernier se retourna et se retrouva avec un bout de tissu qui lui bloqua la respiration. Son épée avait disparu ! La dernière vision qu'il eut fut celle d'un gant blanc qui lui masqua la bouche pour plus de sécurité.
- Un mètre soixante, *soupire* … Et en plus c'est un nain…
Lino se décida quand même à revêtir l'amure par-dessus la sienne. Impossible, elle était trop petite. Problème. Lino avait exactement une heure et demi pour se débarrasser du cadavre, de l'armure et de prendre place en tant que sentinelle. Et entre parenthèses de survivre à une garnison entière de Thüls, de légionnaires, de dessinateurs, ainsi qu'à des mercenaires du chaos potentiels qui voudraient profiter de la situation, car Lino s'en doutait, il y en avait surement. À moins que… À moins que… À moins que le patron l'est encore envoyer en mission suicide…
- *soupire* C'est vraiment ma journée…

Au bout d'une heure et demi la relève arriva. Lino avait tout arrangé, le cadavre avait été enterré avec son armure dans une clairière à un kilomètre du camp et lui, portait son manteau légèrement en arrière ce qui faisait plus penser à une cape qu'à un manteau et ainsi il laissait découvrir son armure mi-cuir mis-vagelite.
- Rien à signaler ?
Un Thül ! C'était un Thül ! « Mais pourquoi ? Pourquoi moi ? » Pensait Lino. « Depuis que j'ai assommé un chef de clan, c’est limite si je suis l'ennemi numéro un de la moitié des clans Thüls… Pourtant se doit être un des seuls peuples dont je n'ai tué personne ! »
- Rien à signaler, le calme plat… !
Igäri ! Le thül en question se nommait Igäri. Il était présent lorsque Lino avait assommé son chef de clan. « S'il me reconnait je suis de la chair de raï bon à donner en pâture aux ogres ! »
- hum… on ne se serait pas déjà rencontré .
- Heu … non .
- Si.
- Non
- Si.
- … et merde …
- C'est toi le légionnaire d'hier ! Tu à jeté ta bière sur un des tes supérieurs, non ? HAHA. Jamais vu quelqu'un d'aussi bourré  !
- ??? Ah oui,… c’est moi mais n'en parle à personne hein ? Héhé …
Depuis cette rencontre Lino est continuellement sur ses gardes il n'attendait plus qu'une chose : la nuit. Le moment où la forge est le moins gardée. Avec un peu de chance tout se passera bien .
Une personne s'est néanmoins assise en face de lui et ne l’a pas lâché du regard depuis. Lino croise le regard de cette personne.

Repéré !
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