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La vérité fait mal
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23.01.20 21:15
Tu n’as pas trop réfléchis aux possibles conséquences lorsque tu as commencé à courtiser la fille de l’homme le plus riche du village. Oh, il est loin d’être comparable aux nobles des grandes villes, mais tu sais que c’est bien grâce à lui que la majorité des habitants arrivent à vivre décemment. La demoiselle t’a tapé dans l’oeil dès ton arrivée, si bien que tu as décidé de mettre ton voyage en pause pour passer un peu de temps avec elle. Tu n’avais rien de plus en tête que flirter et peut-être mettre tes mains sur elle, avec son consentement bien sûr.

Tu lui as fait part de tes intentions et ce, dès le départ. Elle sait que tu es un pirate et que bien que tu sois présentement en train de voyager, tu retourneras un jour à ton ancienne vie. Elle sait que tu ne gardes pas d’attache ou que ce soit et, surtout, que tu ne l’aimes pas. Mais il semblerait que la jeune femme se soit faite des idées à ton sujet, aveuglée par son affection et son espoir que tu changes d’idée pour elle. Malheureusement, ça n’a pas été le cas.

Tu te retrouves donc encerclé en plein centre du village par un groupe d’hommes, que tu croises tous les jours depuis ton arrivée, et qui préfèrent se ranger du côté de ce qu’ils considèrent être le chef du village. Ton sabre en main et un sourire sur les lèvres, tu les regardes un après l’autre. Tu es certainement désavantagé au niveau du nombre, mais tu crois être en mesure de les repousser assez longtemps pour ensuite prendre les jambes à ton cou. Après tout, tu es plus rapide que bien des gens et bien plus que des hommes d’un certain âge.

Petit imbécile! Je vais te faire payer pour ce que tu as fais à ma fille! Tu hausses les sourcils. Ce que j’ai fait à votre fille? Excusez-moi, cher monsieur, je ne savais pas qu’offrir du bon temps à une demoiselle était un crime! Il commence à être rouge de rage devant cette humiliation. Tu vois la jeune femme qui se tient derrière lui, embarrassée par la situation, les larmes coulant sur ses joues. Tu sais qu’elle est allée se plaindre à son père. Tu lui as fait savoir que tu allais bientôt quitter le village pour aller vers d’autres horizons, et elle n’a pas accepté ton départ. Elle croyait encore dur comme fer que tu accepterais de rester pour elle… Qu’elle était spéciale. Elle pensait que son père te forcerait à l’épouser. Je suis désolé, Vanya, mais j’ai été honnête dès le départ. Des relations exclusives, ça ne m’intéresse pas. De toute façon, croyais-tu vraiment que ton père accepterais de me donner ta main? Tu sais ce que je suis.

Tu vois les gens se consulter du regard, incertains de ce que tu veux dire par là. Le père se tourne vers sa fille, qui se met à pleurer de plus belle. Elle sait que tu es un pirate, mais c’est un détail que tu caches à tout le monde. Tes tatouages ne sont pas visibles à moins que tu retires tes vêtements. Je me fiche de ce que tu peux bien dire. Ma fille ne trouvera jamais un mari par ta faute! Tu hausses les épaules, geste qui indique que tu n’en as pas grand chose à faire. Elle était consentante. Tu n’as rien à te reprocher. Attrapez-le! Ah, voilà que l’action commence, et le bruit des épées qui s’entrechoquent se fait rapidement entendre. Mais il y a plus d’hommes que prévu. Il semblerait que tout le village se soit mit contre toi.
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23.01.20 21:58
Huring lui avait parlé de quelqu’un. Il ne désirait plus prendre d’apprenti lui, du moins pour le moment, il avait exprimé son besoin de se recentrer un peu, de s’ouvrir à la Voie autrement pendant un temps. Il avait besoin de solitude, avait-il dit, et pourtant il avait croisé un jeune homme qui lui avait semblé prometteur. Pressé par le temps, par sa rencontre avec son ancienne apprentie justement, il n’avait pas pu s’octroyer le loisir d’observer cette personne et de déterminer avec certitude son potentiel mais au cour de la conversation, il avait transmis quelques informations à Aeterna. Au cas où ça l’intéresse. Et elle n’avait tout d’abord pas su quoi en faire.

Elle n’était pas prête à prendre un apprenti, du moins elle le croyait. La Voie était exigeante et elle ne souhaitait pas prendre le risque de faire erreur et d’entraîner avec elle une âme innocente qu’elle aurait mal éveillée à l’Harmonie et à la liberté. Mais désormais les marchombres se faisaient rares. Traqués par les mercenaires et surtout par les mentaïs, peinant à reconstruire leur guilde… Elle devrait peut-être prendre confiance, accepter la responsabilité de prendre un apprenti sous son aile. Ou en tout cas, elle pouvait aller trouver ce jeune homme et y réfléchir en chemin. Tant qu’elle n’avait rien proposé, elle était encore libre. Et puis, il valait mieux être sûr d’avoir en face de soi un certain potentiel avant de se lancer. Tant qu’elle n’aurait pas vu de qui il s’agissait, elle ne pourrait certainement pas se décider.

Alors Aeterna avait quitté Al-Jeit, le point de rencontre avec son ancien maître. Attirée autant par une destination qu’elle ne connaissait que peu que par l’opportunité d’une avancée nouvelle sur la Voie. Elle avait voyagé tranquillement, avec son vieux cheval, elle avait déjoué les pièges qui se tendaient toujours sur sa route, comme sur celle de toutes les âmes qui se hasardaient à voyager ces derniers temps. Temps troublés. C’était partout pareil ces temps-ci, le Chaos agitait le monde et il fallait que chacun tente d’y résister et d’y survivre comme il le pouvait… La marchombre y réfléchissait, alors que son cheval la menait d’un pas tranquille jusqu’au prochain village. Une petite halte ne serait pas de refus pour la vieille bête, et Aeterna commençait à songer qu’il faudrait bientôt lui offrir une retraite bien méritée et se trouver un destrier un peu plus à même de suivre ses folles aventures…

Mais le repos ne semblait pas être pour tout de suite. Même si elle se trouvait à l’entrée du village et qu’il serait bien étrange qu’il soit attaqué par des Raïs ou des pirates vu l’heure et la situation géographique. Aeterna fronça les sourcils, demandant également à son cheval d’accélérer la cadence pour atteindre un peu plus vite la petite place d’où venaient les bruits qu’elle entendait. Les esprits semblaient passablement échauffés, et elle aperçut bien vite un groupe d’hommes. Il n’y avait qu’une seule fille, qui paraissait presque se cacher derrière quelqu’un qui avait l’âge d’être son père – et une attitude qui concordait visiblement avec cette supposition.

Attrapez-le!

Voilà qui surprit encore un peu la voyageuse. Celle-ci ne prit pas la peine de descendre de son cheval, alors qu’elle voyait nettement tout le monde tirer l’épée pour se jeter sur un pauvre garçon roux qui devait avoir son âge – et qui n’avait l’air ni inquiet ni surpris, lui. Ce n’étaient sans doute pas ses affaires, mais Aeterna ne comprenait pas ce qui pouvait susciter autant de haine. Dans les petites communautés les gens se laissaient facilement convaincre de choisir le camp du plus fort, il est vrai. Mais pourquoi contre cet homme ?

- Qu’est-ce qui se passe ici ?
Demanda-t-elle d’une voix assez forte pour couvrir le bruit de métal des armes qui commençaient à frapper.

La plupart des hommes furent assez décontenancés pour suspendre leurs coups, et peu d’entre eux osaient soutenir le regard de la marchombre. Il fallait dire que la cicatrice qui la défigurait faisait comprendre aussi facilement que son aura si particulière qu’il valait mieux ne pas plaisanter avec elle. Avec souplesse, elle posa finalement pied à terre, tandis que le père de la demoiselle se tournait vers elle d’un air mécontent. Elle avait apparemment interrompu quelque chose qui allait dans son sens, et il devait en être… Gêné.

- Quoi, vous voulez prendre sa défense ?
Commença-t-il sans rien cacher de sa colère.

Quand elle lui rétorqua qu’elle ignorait tout de l’affaire, il ne tarda pas à répondre que c’était normal, et qu’à ce titre elle ferait justement mieux de ne pas s’en mêler et de passer son chemin. Seulement, ce n’était pas le genre de consignes qu’on pouvait donner à la demoiselle sans risque. Jusqu’à preuve du contraire, elle ne pouvait considérer que cet homme était coupable au point de mériter qu’on l’égorge ici… Parce que s’il avait été un voleur ou un meurtrier, on le lui aurait dit sans tarder. On ne se serait pas caché en lui disant de regarder ailleurs. La marchombre dégaina ses poignards dans un bruit métallique qui parut sonner le retour du combat pour tout le monde.

- Vous ne préférez toujours pas m’expliquer ?
Continua-t-elle en affichant un sourire qui tranchait avec ses paroles. Certains villageois semblaient avoir reconnu que la grâce de ses mouvements et son habileté faisaient d’elle une adversaire redoutable. Marchombre. Les rangs ne tarderaient pas à se clairsemer.
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23.01.20 22:33
Tu commences à suer, mais ton sourire ne quitte pas tes lèvres une seule seconde. Tu aimes l’adrénaline que te procurent les confrontations, tu aimerais simplement ne pas avoir à faire couler le sang. Pour toi, c’est un peu comme un sport, un moyen de dépenser de l’énergie et donner une correction à ceux qui le méritent. Tu n’aimes pas particulièrement avoir à te battre dans le but de blesser ou de tuer, même si tu n’as pas toujours le choix de le faire.

Même si tu es agile, que tes pirouettes te permettent d’esquiver les coups et que tes années d’expérience en tant que pirate te donnent définitivement un avantage à côté d’une bande de paysans, tu sais que tu ne pourras pas tenir longtemps. Tu peux gérer plusieurs personnes en même temps, mais pas toute la populace masculine d’un village.

Une voix féminine, mais empreinte d’autorité, s’élève alors que tu repousses un homme d’un coup de botte assez violent. Tout le monde tourne la tête, intrigué par cette intruse qui ne vient clairement pas du coin. Tu remarques tout de suite son allure atypique. Cette femme n’est clairement pas du genre à vouloir être enroulée dans la soie et se faire servir. En fait, tout à fait le contraire de la jeune Vanya, qui est aussi surprise que les autres malgré sa crise de larmes.

Tu hausses un sourcil en la voyant dégainer ses armes. Tiens tiens, une jeune femme n’ayant pas peur des altercations? Tu en croises rarement, à l’exception de quelques pirates alines féminines qui manquent bien souvent de classe. Te faire défendre par une femme ne te fait pas particulièrement plaisir, mais d’un autre côté… Tu ne peux pas nier que son intervention joue en ta faveur. Toujours sur tes gardes, le sabre tendu dans la direction de tes attaquants, qui semblent hésiter, tu te tournes vers la nouvelle venue en souriant.

Ma seule faute, mademoiselle, a été de fréquenter la progéniture de ce monsieur durant quelques semaines. Je tiens à préciser qu’elle était consentante et très au courant que je n’avais pas l’intention de la prendre en charge après lui avoir… Le père se tourne alors vers toi en te gueulant de te taire. Tout le monde est au courant de vos petites activités dans la grange, mais les gens préfèrent faire semblant du contraire. Tu hausses les épaules en roulant les yeux. Il a volé la vie de ma fille, c’est un crime suffisant! Maintenant, passez votre chemin et laissez-nous s’occuper de lui!

Tu lances un regard à la femme à la cicatrice, attendant de voir si elle va prendre ta défense. Tu te mets aussi à rigoler devant le ridicule de la situation. Voyons, un crime? Pour qui est-ce que vous me prenez? J’ai fais bien des choses, mais je peux vous assurer qu’une offense personnelle n’est pas punissable par la loi. Adieu, Vanya, je te souhaite de devenir un peu plus, disons… responsable. Tu fais une légère révérence, profitant du fait que personne ne soit en train de t’attaquer, avant de te mettre à courir vers la femme aux cheveux blanc. Suivez-moi si vous me croyez innocent!
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24.01.20 14:33
Aeterna ne comptait pas renoncer. Le crime de cet homme ne méritait pas telle punition – y avait-il seulement crime ? Pas d’après lui, puisqu’il précisait que la demoiselle était consentante. D’ailleurs, personne ne sembla songer une seule seconde à contester ce fait, ce qui allait dans son sens. La paysan n’avait l’air de ne considérer son enfant que comme une femme à marier qui venait de perdre sa valeur et la fille… Elle ne faisait que pleurer, difficile dans ces conditions de deviner ce qu’elle pouvait penser de tout ça. Elle n’ouvrit même pas la bouche, se contentant de se vider de ses larmes. Aeterna n’appréciait pas ce genre de démonstrations. Elle n’appréciait que rarement les gens qui se laissaient faire sans rien dire.

La marchombre n’avait pas l’intention de tuer qui que ce soit aujourd’hui. Il n’était néanmoins pas inenvisageable du tout qu’elle se permette d’en assommer la plupart. Epargner était parfois bien plus dur que tuer, lancer des coups de sabre dans la mêlée était bien plus facile. Mais cet homme n’avait visiblement pas besoin qu’on aggrave son cas en se permettant de verser du sang sur la place du village. Disons en tout cas que ça ne ferait pas pencher l’opinion publique en sa faveur. Il avait l’air de s’en moquer et de prendre les choses à la légère, il ne se rendait peut-être pas tout à fait compte de ce qui risquait de lui arriver s’il se faisait défaire. Peut-être imaginait-il fuir jusqu’au village voisin mais les grandes plaines n’étaient pas les plus peuplées, et une fois que la rumeur se serait répandue jusqu’à là-bas qu’il avait combattu tout ce que le hameau précédent comptait d’hommes… Aeterna doutait qu’il reçoive un excellent accueil.

Mais après sa dernière insolence, le rouquin s’élança vers elle en lui criant de le suivre si elle le croyait innocent. La balafrée hésita une seconde. Elle n’irait peut-être pas jusqu’à « innocent » si on lui demandait son avis : il avait effectivement fait ce dont on l’accusait. Mais étant donné qu’il n’y avait pas de crime et qu’ils pouvaient encore éviter de faire couler trop de sang… Elle barra la route de ses opposants en tirant légèrement sur la bride de son cheval qui, vieux et tranquille, ne tarda pas à se mettre au milieu du passage. Un homme tenta de passer ce barrage improvisé en se glissant sous l’encolure de l’animal mais Aeterna attrapa son col dans un geste calculé et précis, l’attirant à elle avant de frapper son crâne avec le plat de sa lame. Et puis elle disparut.

Les marchombres étaient des gens discrets dont on murmurait parfois qu’ils savaient chevaucher la brume. Aeterna n’était pas capable de tels prodiges mais se fondre dans le décor était une de ses attributions. On n’entendait même pas les bruits de sa course, alors qu’elle rattrapait l’homme à l’origine de tout ce trouble… Elle n’avait pas vraiment pensé à ce genre de retraite pour son cheval mais si les villageois ne lui faisaient pas trop de mal – entêté qu’il était, il serait difficile de le faire coopérer sans doute – elle tâcherait de se rattraper. Elle n’avait pas non plus pensé à ce genre d’entrée en ville, d’ailleurs, mais ce qui était fait était fait et la justice lui criait bien de ne pas laisser tomber cet insolent. Avoir fricoté avec une demoiselle ne devrait pas se transformer en condamnation à mort ou à l’errance – mais s’il s’était permis ce genre de choses et n’avait pas été forcé d’épouser la fille, c’était sans doute qu’il errait déjà un peu.

Il ne fut pas difficile de retrouver la trace de ce garnement, même s’il semblait assez futé pour choisir un coin que les villageois ne fouilleraient pas tout de suite. Aeterna ne s’inquiétait pas trop. Elle savait qu’elle n’avait pas grand-chose à craindre d’un groupe de paysans, elle pourrait aussi bien disparaître que les empêcher de la suivre trop longtemps. Alors elle se glissa dans la grange qui était peut-être le lieu du crime, l’endroit où ils ne penseraient jamais trouver celui qu’ils cherchaient. C’était bien vu. Surtout qu’avec l’apparition impromptue du cheval, ils avaient eu assez d’avance pour que les villageois ne voient pas le direction qu’ils empruntaient exactement.

- Alors ?
Se contenta-t-elle de lui dire en même temps qu’elle se montrait à lui, sortant des ombres. J’imagine que tu ne comptes pas te terrer ici jusqu’à la fin des temps sous prétexte qu’une fille t’as trouvé un peu trop de charme, mais j’avoue que je ne vois pas vraiment en quoi ton innocence ou ta culpabilité me concerne. Mais je suis bien curieuse de savoir ce que tu attends de moi, pour m’avoir demandé de venir avec toi.
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24.01.20 20:16
Tu continues à courir sans regarder derrière, sautant par-dessus les obstacles ou glissant en-dessous. Tu as l’impression de vivre, d’être complètement libre et ce, même si une bande de villageois frustrés est probablement en train de te poursuivre en ce moment. Tu sais que tu vas probablement arriver à leur échapper. Ils ne sont pas entraînés, c’était évident dès l’instant où certains ont saisis des objets divers et des épées pour t’affronter. Toi? Tu manies le sabre depuis ta plus tendre enfance. Tu te lances d’un pont de bateau à l’autre en te balançant au bout d’une corde depuis le moment où on t’a considéré assez vieux pour participer.

Malgré le fait que tu sois rapide, tu sais que tu dois te réfugier quelque part le temps de brouiller les pistes et de pouvoir reprendre la route en évitant de n’avoir aucun endroit où aller en pleine nuit. Tu décides donc de retourner à la grange où tout a commencé. Tu sais qu’ils n’iront pas te chercher là-bas, et c’est probablement le dernier endroit où ils croiront que tu te trouves. De plus, tu as laissé tes effets personnels, à l’exception de ton butin bien sûr, à l’étage qui te servait de chambre depuis quelques semaines.

Tu rejoins rapidement la grange, t’assurant que la voie est libre, et tu te glisses à l’intérieur. Tu te retrouves bien vite sur la plateforme et tu ramasse toutes tes choses pour les remettre dans ton sac, qui quitte rarement ton dos. Un bruit attire ton attention, te faisant dégainer ton sabre. Tu t’approches du rebord de la plateforme, prêt à sauter sur la personne qui voudrait peut-être ta peau, mais ton regard se pose plutôt sur l’inconnue aux cheveux gris. Hé bien, il semblerait qu’elle ait décidé de te suivre.

Tu l’écoutes avec attention avant de te mettre à rire. Tu aimes bien son attitude. C’est différent des filles typiques comme Vanya, qui est probablement en train de remplir une bassine de ses larmes à l’heure qu’il est. Tu ranges ton sabre et tu t’accroupis avant de te laisser pendre de la plateforme et de sauter sur le sol. Chaque chose en son temps, mademoiselle! Tout d’abord, les présentations. Reagan Sellick. Tu exécutes une petite révérence. Effectivement, ça ne te concerne pas, mais ça pourrait potentiellement t’être profitable.

Tu te laisses tomber sur une botte de foin se trouvant à quelques pas derrière toi. Alors, vois-tu, le cher monsieur que tu viens d’avoir la chance de rencontrer, disons qu’il a de l’influence dans le coin… Il risque d’envoyer des gens me chercher dans les villages alentours. Je suis là depuis un moment, je connais bien la région… Alors j’ai un truc à proposer, peut-être que tu as besoin d’un guide pendant quelques jours… En échange, tu fais exactement ce que tu as fait tout à l’heure si quelqu’un me prend par surprise. Tu attends sa réponse. Peut-être qu’elle va te dire d’aller te faire foutre, peut-être que non. Tu prends le risque. De toute façon, tu n’as absolument rien à perdre.

Reagan..? Tu tournes la tête vers la voix qui t’appelle et que tu reconnais très bien. Tu soupires en roulant les yeux alors que Vanya se glisse à son tour dans la grange pour vous faire face. Elle a arrêté de pleurer au moins. Quoi? Tu vas dire à ton père que je me cache ici? Elle secoue la tête négativement en regardant le sol. Je sais ce que tu vas dire. Que tu étais au courant mais tu espérais quand même que j’allais rester, et en désespoir de cause, tu es allée pleurer à ton père pour qu’il me force à rester ici. Son silence t’indiques que tu as raison. Je sais que tu vas retourner naviguer un jour, mais… Tu lui fais signe de se taire d’un mouvement de la main. Vous avez déjà eu cette discussion. Justement. Je n’ai pas d’attache. C’était clair dès le départ. Maintenant, tu m’excuseras, mais je parle affaire ici.
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24.01.20 22:59
Le type se mit à rire, ce qui tira un sourire à Aeterna. Pas vraiment inquiet, il rengaina son sabre d’un mouvement qui laissait voir facilement qu’il avait l’habitude de cette arme, avant de sauter pour la rejoindre sur la terre ferme, de se présenter et d’effectuer une petite révérence. Un peu ridicule, cela dit. Est-ce que c’était avec ce genre de manières de noble raté et de casanova débutant qu’il avait embobiné cette pauvre fille ? Enfin, embobinée… La marchombre ne se serait pas vraiment permise de juger si vite. Elle était peut-être moins idiote qu’elle en avait eu l’air – mais probablement pas moins niaise.

L’homme ajouta même que le fait de l’avoir suivi jusqu’ici lui serait peut-être profitable et cette fois la femme rit. Elle ne voyait pas en quoi se mettre à dos un village inconnu – et dans lequel la réputation des marchombres était peut-être déjà assez entachée pour qu’elle ait des ennuis – allait lui être profitable. Mais l’insolent, toujours tranquille, commençait à se laisser tomber dans une botte de foin et à raconter du même coup sa petite histoire.

Alors j’ai un truc à proposer, peut-être que tu as besoin d’un guide pendant quelques jours… En échange, tu fais exactement ce que tu as fait tout à l’heure si quelqu’un me prend par surprise.

Un guide ? Aeterna pourrait se débrouiller seule, et elle ne voyageait que rarement avec un guide. Généralement la destination lui importait peu, elle se concentrait davantage sur le voyage. Mais cette fois elle cherchait quelqu’un, et l’aide d’un autochtone lui aurait été bien utile. Reagan, puisqu’il se nommait ainsi, pourrait peut-être tenir ce rôle : à défaut d’être du coin il semblait le connaître. Il prétendait le connaître, en tout cas.

- Je préférerais arrêter de mêler mon cheval à tes histoires, il se fait vieux tu sais
, répondit-elle d’un air amusé.

Elle se doutait bien qu’il ne voulait pas dire qu’elle devrait faire exactement la même chose, elle avait bien saisi qu’il cherchait auprès d’elle une forme de protection. Même si elle n’avait aucune envie de faire de mal à ces gens qui ne lui avaient rien fait, elle devait reconnaître que Reagan méritait sans doute qu’on veille un peu sur ses arrières en ces temps troublés. Et puis quoi, le bruit se répandrait sûrement dans deux ou trois villages, au-delà de cette zone d’influence il devrait être relativement tranquille. Du moins, jusqu’à ce qu’il recommence ses bêtises avec une autre fille. Aeterna ne le connaissait pas beaucoup, mais il n’avait pas l’air d’être du genre à apprendre de ses erreurs.

Elle entendit le bruit de la demoiselle qui approchait, ça n’aurait pas pu échapper à des oreilles aiguisées comme les siennes, même si elle ne l’avait reconnue puisqu’elle n’avait de toute façon pas daigné quitter Reagan des yeux. Elle aurait d’ailleurs pu dire que ça ne devrait échapper à personne, mais elle savait que ce n’était pas le cas. Tout le monde n’était pas aussi observateur que les gens de sa guilde. Mais la liberté dépendait souvent de ce qu’on était capable d’entendre ou de voir. Ou alors on finissait libre, mais mort.

Reagan..?


C’était la première fois qu’elle entendait la voix de la demoiselle, mais ça ne l’empêcha pas de savoir que c’était elle. La fille. Elle reniflait encore à moitié d’une manière désagréable mais elle ne pleurait plus. Heureusement. Elle aurait sans doute rameuté tout le monde avec elle, à moins que son père soit assez délicat pour respecter son chagrin mais la marchombre en doutait fort. Aeterna recula un peu, tranquillement, laissant les deux protagonistes se faire face et discuter ensemble. Comme elle l’avait déjà dit, ce n’était pas vraiment ses affaires.

Les mots qu’ils échangèrent achevèrent de démontrer que cet homme n’avait finalement pas tant de choses que ça à se reprocher. La fille ne semblait rien contester de ce qu’il avançait et la manœuvre qu’elle avait effectuée en espérant se retrouver marier à cet homme exaspérait la marchombre au plus au point. Elle avait au moins l’honnêteté de reconnaître tout ça. Pauvre fille. Ne comprenait-elle pas qu’un homme comme Reagan, obligé de rester près d’elle qui plus est, n’aurait fini que par la haïr pour lui avoir offert ce destin ? Elle ne s’imaginait tout de même pas fonder une famille avec lui ? Il n’était pas laid mais tout son être criait qu’il n’était pas d’ici, et qu’il n’avait pas vocation à s’établir pour l’instant. Ou peut-être qu’à force de parcourir la Voie, Aeterna commençait à avoir quelques facilités pour cerner les gens vis à vis de leurs envies de liberté.

Justement. Je n’ai pas d’attache. C’était clair dès le départ. Maintenant, tu m’excuseras, mais je parle affaire ici.


Affaire ? Il n’avait été question que d’un petit arrangement entre eux, qu’Aeterna n’avait envisagé d’accepter que par envie d’éviter la mort à un pauvre type coureur de jupons mais qui ne méritait pas ce qui allait lui arriver… Et par envie d’écourter son propre voyage aussi. L’impatience allait mal aux marchombres mais elle devait avouer la ressentir un peu. Huring lui avait recommandé quelqu’un. Un possible apprenti. Il y avait de quoi être excité.

- Je ne tuerai personne, mais je ne laisserai personne te tuer. Ça te convient ?
Reprit Aeterna.

La fille sursauta comme si elle avait oublié la présence d’une troisième personne. Il fallait avouer que la marchombre savait disparaître, malgré sa cicatrice, ses cheveux trop blancs pour son âge, et son aura… Féline. Elle semblait effrayée d’entendre parler de tuer qui que ce soit – même pour dire que justement ça n’aurait pas lieu. Son regard volait d’Aeterna à Reagan sans rien dissimuler de sa panique. Elle n’était pas assez bête pour penser qu’ils étaient ensemble au moins, c’était déjà ça… On ne savait jamais à quoi s’attendre avec ce genre de problèmes.

- Mademoiselle, si je peux me permettre un conseil, tu devrais te prendre en mains, ce n’est pas en faisant dépendre ton bonheur des autres que tu seras heureuse.


A sa place, si elle avait considéré que l’amour de Reagan -ou du moins sa compagnie – ferait son bonheur, elle l’aurait harcelé pour l’accompagner plutôt que d’espérer qu’il reste. Mais visiblement elles n’avaient pas la même vision des choses. Cette fille devait trop s’inquiéter de ce que son père ou les autres pourraient penser d’elle. Ou considérer que cette vie là ne lui conviendrait pas. Mais pourquoi donc chercher à clouer un oiseau au sol auprès d’elle, qui ne voulait pas voler ? Ce serait sacrément égoïste. Se tournant alors vers Reagan, puisqu’elle considérait que son conseil était suffisant, elle lui dit donc :

- J’imagine que nous n’allons pas faire de vieux os, alors excuse moi : je vais récupérer mon cheval.
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27.01.20 18:44
Tu regardes la jeune femme, un peu incrédule. Tu remarques aussi Vanya, qui vous regarde l’un après l’autre à répétition. Vous ne venez clairement pas du même monde, c’est clair. Mais cette fille, qui n’a toujours pas mentionné son nom, d’ailleurs, semble s’y connaître un peu plus. Tu retiens un sourire en entendant son commentaire, puisque tu ne pourrais pas être plus d’accord. Tu te lèves ensuite de ta botte de foin, secouant tes vêtements pour retirer la matière qui aurait pu rester collée dessus.

Je précise que je n’ai jamais mentionné de tuer qui que ce soit. Je préfère faire diversion que d’avoir à faire couler le sang, même si c’est malheureusement nécessaire parfois. Tu entends une petite exclamation et tu tournes la tête vers celle qui, jusqu’à tout récemment, était ton amante. Elle semble te regarder d’un autre oeil, comme si elle venait d’apprendre une vérité choquante à ton sujet. Qu’est-ce que tu croyais? Que je suis parfait? Elle baisse la tête, évitant ton regard. Je savais que tu étais un… un pirate, mais… Je pensais que tu étais… différent. Tu roules les yeux. Cet échange commence à s’étirer un peu trop longtemps, et tu entreprends donc de te diriger vers la sortie pour accompagner l’inconnue jusqu’à son destrier. Si tu veux dire que j’ai une certaine morale, alors oui. Mais le reste… Dans ce monde, Vanya, tu as deux choix face au danger. Te faire tuer ou tuer en premier. C’est équivalent pour toi, aussi… Tu peux décider de continuer d’être une brebis qui attend de se faire dévorer par le loup ou tu peux prendre contrôle de ta vie. Allez, salut.

Vous vous retrouvez bien vite à l’extérieur de la grange et tu ne quittes pas les environs des yeux, vérifiant que personne ne vous surprendra alors que vous tentez de fuir. Tu réfléchis à vos options, songeant qu’il vaudrait mieux éviter de vous diriger vers le village le plus près. C’est définitivement là qu’ils iront vous chercher en premier. Tu comptes donc les devancer en passant par les villages avant que le père en furie n’envoie ses hommes là-bas. Tu arrives finalement à la hauteur de la femme, ayant l’intention de lui expliquer ton plan rapidement. Tu ne sais pas encore pourquoi elle a accepté ta proposition, mais tu te doutes qu’elle a probablement besoin de ton aide. Tu lui proposes rapidement d’aller à l’ouest du village, en ligne droite, puisque tu sais très bien qu’ils iront vers le nord, là où ils vous ont vus pour la dernière fois.

Vous vous mettez rapidement en route. Heureusement que tu as une très bonne endurance et rarement mal aux pieds. Tu ne possèdes malheureusement pas de cheval et tu as donc l’habitude de marcher pour te rendre là où les événements te mènent. Concernant ce que Vanya a mentionné un peu plus tôt… Oui, effectivement, je suis un pirate. Beaucoup de personnes aimeraient me voir pendre au bout d’une corde pour cette simple raison. Moi, tout ce que j’ai à dire, c’est que je n’ai pas de souvenir plus ancien que celui d’être sur un navire. Est-ce qu’il est honorable de juger une personne car ses parents étaient pauvres ou stupides? Je ne crois pas! Tant que je ne fais de mal à personne, je ne pense pas mériter que l’on m’en fasse. Oh, j’y pense, par quel nom devrais-je t’appeler? Je me suis présenté, mais généralement, les présentations se font dans les deux sens. Tu lui fais un petit clin d’oeil en ajustant ton sac sur ton dos.
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27.01.20 20:36
Récupérer son cheval n’était pas bien compliqué : il n’intéressait personne. Le pauvre animal ne semblait même pas réellement traumatisé par ce qu’il venait de traverser et les paysans n’avaient pas passé leur colère sur lui. Ce n’était qu’un vieux bourrin fatigué par la vie, que ses nombreuses mésaventures avec sa maîtresse avaient fini par rendre peu impressionnable. Les hommes s’étant dispersés pour partir à leur recherche, ils n’allaient probablement pas perdre leur temps à surveiller un vieux canasson que sa propriétaire avait abandonné sans vergogne. Ils auraient dû. Et pendant qu’Aeterna cherchait ce qui lui appartenait, elle ne pouvait s’empêcher de ruminer.

Se plaindre n’était pas son genre, et regretter non plus. Cette fois pourtant il y avait de quoi ! Elle repassait en boucle sa conversation avec Reagan et la demoiselle, Vanya. Celle dans laquelle elle découvrait qu’elle avait accepté de passer un arrangement avec un pirate. Oh, elle ne reviendrait pas là-dessus : elle avait des principes. Elle n’avait jamais abandonné Huring durant les trois ans qu’avait duré sa formation (l’unique autre issue possible étant la mort, certes), quelle valeur aurait sa parole si elle se permettait de rompre ainsi les accords qu’elle passait désormais ? Et puis il fallait aussi bien se rendre compte d’une chose : il n’était pas moins innocent sous prétexte qu’il était pirate, en tout cas au sujet de ce crime-ci. Reagan semblait conscient de ce que sa situation inspirait à la marchombre, à moins qu’il ait simplement des préjugés qui devaient courir ici sur les gens de son espèce. Un pirate sur un bateau, c’était normal, dangereux, et détestable, pour les Alaviriens. Un pirate hors de son bateau… Sur la terre ferme… Il avait bien de la chance de ne pas s’être fait étriper plus tôt. Est-ce que les villageois avaient connaissance de cette donnée ou Vanya avait-elle seulement dit qu’il n’était pas d’ici ?

Concernant ce que Vanya a mentionné un peu plus tôt… Oui, effectivement, je suis un pirate. Beaucoup de personnes aimeraient me voir pendre au bout d’une corde pour cette simple raison. Moi, tout ce que j’ai à dire, c’est que je n’ai pas de souvenir plus ancien que celui d’être sur un navire. Est-ce qu’il est honorable de juger une personne car ses parents étaient pauvres ou stupides? Je ne crois pas! Tant que je ne fais de mal à personne, je ne pense pas mériter que l’on m’en fasse. Oh, j’y pense, par quel nom devrais-je t’appeler? Je me suis présenté, mais généralement, les présentations se font dans les deux sens.

Il touchait sans le savoir un sujet qui ne pouvait que convaincre la marchombre. Rejeter Reagan au simple motif qu’il appartenait à un peuple de pirate, ce serait se comporter comme les marchombres qui avaient tenté de la tenir éloignée de la Voie au motif que son père était un mercenaire du Chaos à la bien sinistre réputation. Elle jeta un regard vers son nouvel acolyte, puisque les circonstances avaient fait d’eux un duo pour un temps, et remarqua alors un clin d’oeil qui aurait pu lui tirer un éclat de rire si elle n’avait pas tant tenu à rester discrète. Elle grimpa une nouvelle fois sur le dos du pauvre Caprice, se jurant que même si cette fois n’avait pas été la bonne il aurait le droit à un repos bien mérité après l’avoir tant servie.

- Aeterna
, répondit-elle tout simplement, moins bavarde que Reagan.

La plupart des gens ignoraient tout de la sombre histoire qui accompagnait le nom des Adresil, parce qu’elle ne concernait finalement que deux guildes entourées d’une aura de mystère assez conséquente. Les pirates n’ayant pas souvent l’occasion de survivre sur le continent, il était même tout à fait probable que Reagan ignore jusqu’à l’existence du mot marchombre… Cette pensée amusée Aeterna, qui se demanda en même temps ce qu’il pouvait bien penser d’elle en la regardant. Elle était toute entière dévouée à l’Harmonie avec la nature, y avait-il des voies semblables à celle-ci de quelque manière que ce soit, chez eux ? La curiosité d’Aeterna était sans doute ce qu’on pouvait le plus facilement réveiller chez elle.

- Tu disais connaître la région, c’est ça ? Alors où allons nous ?


La marchombre était certes impatiente mais elle n’était pas pressée, et si elle pouvait éviter de mettre en application ses talents pour tirer leur petit groupe d’affaires, elle l’aimait autant. Il valait sans doute mieux éviter de se rendre au village le plus proche mais encore fallait-il savoir exactement où il se trouvait : quand on voyageait à la manière d’Aeterna il y avait de grandes chance qu’on n’en sache rien jusqu’à tomber dessus par hasard si on avait pris la bonne direction. A force de sillonner l’Empire elle connaissait beaucoup de lieux comme sa poche mais pas ces plaines. Pas encore. Chaque chose en son temps.

Alors qu’elle disait tranquillement ces quelques mots, juchée sur le dos de son vieux canasson entêté, elle entendit nettement les bruits des villageois qui approchaient : il valait mieux partir vite d’ici avant qu’ils ne les repère au cours de leur battue. Fidèle au marché qu’ils avaient passé, et n’ayant pas vraiment envie de perdre du temps et de l’énergie à mettre en déroute des villageois au risque de leur donner à son tour une mauvaise image de sa guilde, Aeterna tendit sa main à Reagan et lui faisant un signe de tête pour qu’il monte derrière elle, sur la croupe de Caprice.

Le cheval était vieux, il ne les conduirait pas bien loin ou pas bien vite, mais ce serait toujours mieux qu’à pieds. Ils pourraient peut-être prendre un peu d’avance si les pas lourds de l’animal n’attiraient pas trop l’attention de leurs poursuivants. Et si Reagan ne refusait pas cette invitation là.
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27.01.20 22:43
Tu as enfin un nom à coller sur ce visage singulier. À la regarder de plus près, Aeterna possède définitivement un visage et une apparence atypiques. Elle doit certainement attirer l’attention, ne serait-ce que grâce à sa chevelure dépourvue de couleur. La longue cicatrice sur son visage est elle aussi, difficile à ne pas remarquer. Pourtant, tu n’irais pas jusqu’à dire qu’elle la défigure. Tu te dis plutôt qu’elle semble faire partie de son apparence, de l’image qu’elle projette. La cicatrice est moins dérangeante à l’oeil que les épaisses couches de maquillage que certaines femmes se mettent sur le visage. Tu les évites, celle-là. Oh, tu n’as pas d’exigences particulières quand vient le temps de choisir une demoiselle, même si certaines t’attirent plus que d’autres. Tu trouves tout simplement qu’une femme qui se cache sous une tonne d’artifices pour avoir une once de confiance en elle, ça n’a rien de séduisant.

Tu l’écoutes avec attention, préparant ton plan d’action dans ta tête. Il te manque encore plusieurs éléments importants même si tu as déjà une bonne idée de la prochaine direction à prendre. Tu allais lui répondre mais les éclats de voix parviennent aussi à tes oreilles. C’est le moment de déguerpir. Vous pourrez discuter de votre prochaine destination lorsque vous aurez une longueur d’avance sur eux. Tu te prépares à courir, mais tu remarques la main qui se tend vers toi. Est-ce qu’elle est en train de te faire signe de monter derrière elle? Il semblerait bien que oui! Tu hésites. Tu aimes prendre des risques et tu as fais des choses bien plus dangereuses dans ta vie, et pourtant… L’idée de t’installer sur le dos d’une bête ne te dit rien qui vaille.

Tu veux refuser, mais les voix se rapprochent de plus en plus. Et tu sais que les villageois sont en colère. Tu grognes et tu empoignes solidement sa main pour te hisser sur l’animal. Ta tentative est très boiteuse et de loin, tu dois avoir eu l’air bien stupide, mais c’est la première fois que tu montes à cheval. Au moins, tu l’as fais du premier coup, sans trop de mal. Ça aurait pu être pire. Le vrai défi, maintenant, c’est d’arriver à trouver une certaine stabilité alors que le cheval se met en route. Tu trouves l’expérience vraiment inconfortable. Les vagues ont beau donner la nausée à bien des gens, elles donnent moins de coups que le derrière d’un cheval.

Continue vers l’ouest. Ils n’iront pas dans cette direction avant un moment, mais nous n’allons pas croiser le premier village avant très tôt demain matin. Ils ne vont pas prendre la chance de s’y rendre à pied, ils vont probablement aller au village le plus près, au nord, et demander à faire passer le message. Ça nous donne un peu de temps supplémentaire. Mais en fait, tout dépend de ce que tu veux. WOOH. Tu perds presque l’équilibre alors que le sabot de votre destrier s’enfonce subitement dans la terre, le forçant à faire un petit bond vers l’avant pour s’en extirper. Tu essayais de garder l’équilibre en bougeant tes hanches, mais voilà que tu tiens fermement le bras d’Aeterna.

Ah, bien désolé pour ce petit faux pas. Comment est-ce que vous faites pour chevaucher durant des jours en vous arrêtant à peine? Et ensuite, on vient me dire que les navires sont horribles parce que les vagues donnent envie de vomir… Je trouve les moyens de transport à terre bien pires. Alors? Si tu as accepté ma proposition, c’est que tu as besoin de quelqu’un qui connaît le coin. J’écoute. Tu poses tes mains devant toi, de chaque côté du cheval. Avec un peu de chance, il va éviter de sauter pendant un moment.
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28.01.20 10:39
Il hésitait, c’était flagrant, et la marchombre ne comprenait pas vraiment pourquoi. Il n’avait qu’à saisir sa main et se hisser sur le cheval, ils fuiraient à vive allure un moment, jusqu’à se retrouver hors d’atteinte des villageois. Ou hors de leur vue, mais les plaines n’étaient pas les endroits les plus pratiques pour ce genre de disparition… Surtout quand elles se trouvaient au bord de la mer, et n’étaient donc pas vraiment boisées. Les voix des paysans se faisaient plus proches et même s’ils n’avaient pas encore repéré les deux fugitifs, ils pourraient le faire sans difficulté quand ils approcheraient encore, il leur suffirait de tourner la tête du bon côté au prochain croisement. Alors Reagan poussa un grognement qui ne cherchait pas à dissimuler le peu d’envie qu’il avait de s’installer sur le dos de Caprice… Qui ne devait pas avoir plus envie que ça d’accueillir un nouveau passager non plus.

Reagan tira si fort sur la main d’Aeterna qu’elle dut serrer ses jambes avec plus de forces autour du ventre rond du vieil animal pour l’aider à se hisser derrière sa selle. Reculant une jambe avant de serrer les mollets d’un mouvement expert, la demoiselle fit galoper son cheval sans difficulté. Ça faisait de nombreuses années qu’elle montait à cheval et son corps semblait épouser les mouvements de Caprice sans la moindre difficulté, en Harmonie avec lui. On ne pouvait pas en dire autant du pirate qui, malgré des efforts évident, n’était pas bien à l’aise. Aeterna se doutait que ce ne devait pas être son moyen de transport de prédilection : on n’avait pas vu souvent de chevaux sur un navire.

Continue vers l’ouest. Ils n’iront pas dans cette direction avant un moment, mais nous n’allons pas croiser le premier village avant très tôt demain matin. Ils ne vont pas prendre la chance de s’y rendre à pied, ils vont probablement aller au village le plus près, au nord, et demander à faire passer le message. Ça nous donne un peu de temps supplémentaire. Mais en fait, tout dépend de ce que tu veux. WOOH.

Le sol de la plaine avait été détrempé par les eaux et toute la bonne volonté de Caprice ne l’empêchait pas de s’y embourber plus ou moins par moment. Ses sabots foulaient la terre avec assurance mais le poids de l’animal le poussait à mettre beaucoup de force pour s’en dégager, ce qui entraînait parfois quelques… Rebondissements. Reagan n’en avait visiblement pas l’habitude, puisqu’il attrapa brusquement le bras de la cavalière pour éviter la chute. Heureusement qu’Aeterna ne manquait pas d’équilibre, elle ne flancha pas et permit à son passager de rester sur le dos de Caprice au lieu de tomber dans l’espèce de gadoue qui avait retenu le sabot de l’étalon. Elle demanda finalement à l’animal de ralentir la cadence : ils étaient hors de la vue des villageois et si le pirate avait vu juste, ils ne seraient pas poursuivis tout de suite. Enfin, disons qu’ils se tromperaient de piste, et que ça les arrangerait bien.

Ah, bien désolé pour ce petit faux pas. Comment est-ce que vous faites pour chevaucher durant des jours en vous arrêtant à peine? Et ensuite, on vient me dire que les navires sont horribles parce que les vagues donnent envie de vomir… Je trouve les moyens de transport à terre bien pires. Alors? Si tu as accepté ma proposition, c’est que tu as besoin de quelqu’un qui connaît le coin. J’écoute.

- Je cherche quelqu’un
, répondit tout d’abord la marchombre sans prendre la peine d’argumenter pour défendre l’équitation au détriment de la navigation. Elle n’avait pas eu souvent l’occasion de voguer sur les flots et il ne lui semblait pas non plus avoir essuyé de tempête… Difficile dans ces conditions de prétendre y connaître quoi que ce soit. Il s’appelle Arahn, il habite dans un village des plaines, mais on ne m’a pas donné beaucoup de précisions. Tu l’as peut-être croisé ?

Il ne restait plus qu’à espérer que ce fameux garçon n’habitait ni le village qu’ils venaient de fuir, ni ceux qu’ils allaient consciencieusement éviter pour le moment. Aeterna aimait le voyage et n’était pas du genre à craindre un quelconque retard : elle n’avait pas d’autre obligation que celle de suivre la Voie où qu’elle la mène. Cependant, elle aurait aimé pouvoir remonter à Al-Vor pour la grande foire…

- Et, c’est très confortable le cheval… Quand il n’est pas aussi vieux que celui-ci, quand on est tout seul dessus, et quand on a une selle. Tu auras peut-être l’occasion d’essayer, un de ces jours. Si tu restes sur le continent, du moins.


Et cette dernière réflexion éveilla à nouveau la curiosité d’Aeterna qui ne ressentit pas vraiment l’envie de la faire taire, cette fois. Elle avait promis son aide, pas spécialement son silence, même si habituellement elle n’aimait pas gaspiller sa salive.

- D’ailleurs, que fait un pirate si loin de la mer ?

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28.01.20 20:24
Hmm… Tu te mets à réfléchir, te concentrant autant sur ses paroles que sur ta position sur son cheval. Le nom, en lui-même, ne te dit pas grand chose. Tu voyages dans les environs depuis un moment déjà et tu as visité la majorité des villages. Tu aurais pu t’enfoncer plus loin dans le continent, mais tu préférais commencer par t’habituer à la vie sur la terre ferme dans un endroit facile d’accès et un peu plus sécuritaire. De toute façon, tu vas bien devoir te procurer un cheval, un jour, si tu veux voyager plus loin. Et tu dois aussi élargir ton butin pour avoir plus de richesses et d’argent.

Tiens, c’est à son tour de poser une question. Ça te surprend un peu. Tu as cru comprendre qu’elle est bien moins bavarde que toi, mais il faut croire qu’elle n’est pas entièrement fermée à la socialisation. Étonnant, n’est-ce pas? En fait, ce n’est pas de la mer que je me suis éloigné, mais d’un navire en particulier. Tu rigoles un peu, mais pas trop, car tu crains encore de tomber en bas de votre moyen de transport. Tu vois, tous les trucs que les gens racontent sur les pirates… La grande majorité est vraie. J’ai grandis avec un équipage qui suit un code d’honneur qui ne me convient pas. Je n’aime pas tuer ou détrousser n’importe qui, j’ai plus de principes… Mais plus le temps avançait, plus mon capitaine s’attendait à me voir dans le feu de l’action. Et moi, je préférais me sauver pour visiter le coin, vois-tu. Alors j’ai déserté. Tu souris, bien qu’Aeterna ne puisse pas voir ton visage. Tu as fais ce que peu de pirates osent faire, apparemment. Pour l’instant, je compte rester un moment. Difficile de retourner sur l’eau sans navire ou équipage.

Tu lèves les yeux vers le ciel. D’ici quelques heures, le soleil aura terminé sa descente et vous serez plongés dans l’obscurité, à mi-chemin entre le village que vous êtes en train de fuir et celui où vous trouverez ensuite refuge. Vous risquez de devoir passer une nuit au froid et dans le noir si vous ne trouvez pas de quoi faire un feu. Et sur une plaine, la tâche sera nettement moins facile. On devrait s’arrêter au prochain arbre qu’on croise. Et concernant celui que tu cherches, Arahn… Est-ce que tu as plus qu’un nom? De quoi il a l’air? Qu’est-ce qu’il a de spécial? Pourquoi est-ce que tu le cherches? Tu poses une tonne de questions sans lui laisser le temps de répondre mais après tout, il faut bien que tu en saches un peu plus sur cet homme mystérieux que vous recherchez. Sinon, le processus sera aussi difficile que de chercher une aiguille dans une botte de foin.
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29.01.20 12:59
Reagan ne se fit pas prier pour répondre à Aeterna. Il étala en plusieurs longues phrases ce qu’une seule aurait sans doute pu contenir, c’était du moins l’avis de la marchombre qui se retint de tout commentaire. Ce pirate ne lui ferait pas aimer davantage les siens en avouant que toutes les rumeurs à leur sujet étaient vraies – et de toute façon elle le savait déjà, surtout étant donné le raid dont elle avait été témoin sur sa route pour venir ici. Mais l’homme qui se tenait derrière sa selle, lui, gagnait un peu en sympathie à mesure qu’il se désolidarisait des siens. Les paroles ne remplaceraient jamais les actes, mais le simple fait qu’il paraisse si convaincu de ce qu’il disait jouait en sa faveur. Reagan n’aurait probablement jamais la même vision du monde que les habitants du continent, mais Aeterna ne pouvait pas vraiment se vanter de la partager avec eux non plus. Ils avaient plus de points communs tous les deux qu’elle n’en aurait jamais avec les nobles d’Al-Jeit… Voilà qui faisait réfléchir.

Le pirate annonça alors que pour l’instant il comptait poursuivre sa vie sur le continent, parce qu’il n’avait ni navire ni équipage pour retourner en mer. Etant donné le désamour des alaviriens pour la piraterie – et même plus généralement pour la navigation – Aeterna doutait que son voyage lui permette de réunir du monde. Mais peut-être réussirait-il à amasser un petit pécule (ou un petit pactole) qui lui suffirait à embaucher du monde. Elle se demandait si ce serait vraiment la meilleure manière de procéder, cela dit. Empêcher des hommes trop libres de continuer à se comporter comme des sauvages sans foi ni loi ne pouvait se faire que par la persuasion, et probablement pas par l’unique appât du gain. Enfin, ce n’était que son avis

Caprice avançait d’un pas lourd désormais, probablement fatigué par cette longue cavalcade, lui qui avait déjà bien travaillé en portant sa propriétaire jusqu’au village où ils étaient censés s’arrêter avant toute cette histoire. Les deux voyageurs pesaient sur son vieux dos, et la marchombre laissait désormais l’animal continuer la route au pas. Un jour, elle se le promettait encore, elle lui offrirait une retraite digne de ce nom. Pauvre cheval, il avait déjà vécu l’équivalent de plusieurs vies à ses côtés étant donné toutes les embuscades dans lesquelles il avait fini impliqué. L’une d’entre elle lui avait d’ailleurs coûté son œil.

On devrait s’arrêter au prochain arbre qu’on croise. Et concernant celui que tu cherches, Arahn… Est-ce que tu as plus qu’un nom? De quoi il a l’air? Qu’est-ce qu’il a de spécial? Pourquoi est-ce que tu le cherches?


Un arbre ? A moins que Reagan ne se soit pris d’une passion pour l’escalade depuis son arrivée en Gwedalavir (parce qu’après tout, on ne pouvait que difficilement pratiquer ce genre d’exercice sur un bateau en dehors des mâts), il devait sûrement vouloir profiter du bois. Pour un feu ? Ils n’en auraient probablement pas bien besoin, après tout il n’y avait pas de goules ici, ni d’autres animaux aussi dangereux que ceux que l’on pouvait trouver sur le plateau d’Astariul. Un feu risquait surtout d’indiquer leur présence à des kilomètres à la ronde vu comme le terrain était plat.

- Il est roux, il doit avoir environ dix-huit ans, je crois que ses parents vendent des chevaux. Et je n’ai pas envie de te dire pourquoi je le cherche,
conclut Aeterna.

Il n’y avait pas d’agacement dans sa voix, Reagan pouvait poser toutes les questions qu’il le souhaitait sans que ça ne l’embête mais il apprendrait vite qu’en conséquences, elle ne se sentirait pas toujours l’envie ni l’obligation d’y répondre. Expliquer qu’elle était marchombre, que son maître lui avait parlé d’un talent qui pourrait devenir un apprenti prometteur, ce serait déjà en dire trop, et surtout au sujet d’une guilde plutôt secrète. Reagan était loin d’être concerné par ces histoires.

Sans rien ajouter, la marchombre recula ses doigts et fit promptement arrêter son cheval. Ils venaient d’approcher d’un arbre, et elle suivait donc le conseil du pirate. Elle commençait de toute façon à se lasser de monter pour aujourd’hui – et son compagnon d’infortune ne tarderait pas à avoir très mal au derrière s’il persistait, surtout sans selle. Le soleil ne s’était pas couché mais il ne faudrait pas bien longtemps avant que ce soit le cas, autant choisir de faire une halte tout de suite pour pouvoir s’installer correctement. Aeterna sortit une couverture de ses fontes et l’étendit un peu à l’écart de l’arbre. Elle n’avait pas envie que des branches lui gâchent la vue des étoiles quand il serait l’heure. Se tournant vers Reagan, elle se demanda un instant s’il avait le don du Dessin, et s’il saurait leur dessiner un feu. Même si la marchombre avait plus que l’habitude de s’en charger, elle ne boudait jamais son plaisir quand quelqu’un avait l’opportunité de s’acquitter d’une tâche pour elle. Et ce n’était probablement pas sur un navire qu’on s’entraînait le plus à ce genre d’exercice. Enfin, les pirates vivaient sur leurs îles et pas toujours sur leurs bateaux, il serait idiot de sous-estimer ainsi Reagan.

- Tu t’occupes du feu ? Je nous cherche à manger
, ajouta Aeterna en détachant l’arc qui pendait à sa selle et le carquois qui allaient avec.

Elle avait toujours été une redoutable archère, c’était d’ailleurs son arme de prédilection bien que son utilisation soit assez restreinte à des circonstances particulières. Ils n’auraient probablement pas de gros gibier pour ce soir – qu’en auraient-ils fait de toute façon à part le gâcher ? - mais elle ne tarderait pas à leur apporter un ou deux petits animaux à faire griller c’était certain. Elle avait l’oeil, et la maîtrise de son arme. La démarche silencieuse de ceux de sa guilde lui permettait souvent d’approcher les animaux sans qu’ils ne s’en aperçoivent. Chasseresse de gibier ou d’hommes, il n’y avait de toute façon qu’une bien maigre différence.
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11.02.20 21:53
Tu réfléchis à la brève description qu’elle vient de te donner. Des roux de dix-huit ans, il doit y en avoir une tonne sur le continent. Excluant le fait que ses parents vendent des chevaux, tu correspondrais presque à cette description. Ton absence de pilosité donne un peu trop souvent l’impression que tu es plus jeune que ton âge. Tu hausses les sourcils. En réalité, tu te fiches de savoir pourquoi elle le cherche. Bien que tu sois de nature curieuse, tu n’es pas non plus intéressé à tout connaître sur tout le monde et à poser des questions juste pour en savoir plus. Vous avez une entente. Tu l’aides à trouver le type qu’elle cherche et en échange, elle fait déguerpir ceux qui te causeront potentiellement des problèmes. Tant que tu as assez d’information pour trouver le jeune et que tu restes en vie, le reste t’importe peu.

Comme proposé, la demoiselle décide de s’arrête au prochain arbre. Tu vois qu’elle t’observe quelques instants, mais tu ne dis rien. Après tout, tu fais la même chose, de toute façon. Ouais, d’accord, je m’en occupe. Ça risque de te prendre un long moment, mais tu n’as pas vraiment le choix. Oh, tu sais comment faire du feu, mais ça prend beaucoup de patience. Tu as dû apprendre il y a longtemps, lorsque vous mettiez pied à terre. Il fait froid la nuit lorsque le vent vous claque en pleine figure. De plus, c’est difficile de cuisiner de la viande sans feu. Les produits salés, ça aide à survivre mais parfois, vous préférez avoir des trucs un peu plus frais.

Tu commences par délimiter une section sur le sol et à creuser un peu du bout de ta botte. Tu n’as pas du tout envie que votre feu s’étende et cause un incendie en plein milieu de la plaine. Après tout, l’herbe brûle excessivement vite. Une fois satisfait, tu te fais une boule d’herbe de taille satisfaite et tu te mets à la recherche de bois et de branches. Heureusement, tu arrives à en trouver sur le sol, mais tu sais que vous n’aurez pas le choix de briser quelques branches plus grosses pour faire survivre le feu un peu plus longtemps. Il ne tiendra pas jusqu’à l’aube mais au moins, vous aurez quelque chose dans l’estomac.

L’étape la plus emmerdante arrive enfin, mais tu es préparé. Tu as appris à traîner toute tes possessions sur toi et, surtout, à conserver des choses nécessaires à ta survie. Lorsque tu as commencé à penser à ton évasion, tu as dû réfléchir aux difficultés que tu rencontrerais sur ta route. Dormir à l’auberge et acheter un repas déjà préparé, c’est bien, mais quand on souhaite conserver son argent ou qu’on voyage à pied, c’est un luxe qu’il n’est malheureusement pas toujours possible d’avoir. L’une des choses les plus importantes est donc d’avoir de quoi faire du feu. Tu t’es donc assuré de toujours avoir ton couteau en acier et de la pierre adéquate.

Au bout d’un moment, à force de frapper les deux ensembles, tu réussis à produire assez d’étincelles pour voir un peu de fumée s’élever de l’herbe. Tu ne perds donc pas de temps à souffler dessus et l’insérer dans ton petit amoncellement de bois, continuant de lui fournir de l’air jusqu’à ce qu’un petit feu prenne vie. Tu es satisfait de ton accomplissement. Le feu est prêt juste au moment où ta comparse revient avec votre repas de ce soir. Avoue, tu ne pensais pas qu’un pirate qui passe sa vie sur l’eau serait en mesure de faire un feu à partir de rien, hein! Qu’est-ce que tu nous ramène? Tu te laisses tomber au sol, un peu fatigué de ta journée. Tu vas te contenter de dormir directement dessus et de te couvrir avec la couverture que tu traînes. Tu as l’habitude de dormir n’importe où, de toute façon. Tu sais, je pense qu’à environ une journée de marche d’ici, il y a quelqu’un qui vend des chevaux. J’étais curieux de savoir si je pouvais me permettre d’en acheter un – la réponse est non, d’ailleurs. À cheval, ça risque de prendre quelques heures seulement.
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